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(Ma) critique du ‘Pape Volant’ de B. Natsuishi

24 novembre 2013

CRITIQUE DU PAPE VOLANT de B.N.

Ces textes ont l’apparence du haïku. Ils sont en trois lignes. Ils se conforment probablement au moule du 5/7/5 japonais.

Ce sont des petites histoires, des récits ; Or le haïku n’est pas discursif.
Ce sont des fictions, des lubies, des fantasmes intellectuels ; Or le haïku est en prise avec le réel, le concret. Il fait appel au corps, aux sens, aux sensations…
Tout y est dit ; Or le haïku suggère, laisse la place à l’imaginaire du lecteur.
Un sujet tient en permanence le rôle principal ; Or le haïku laisse la place à l’ambiguïté, même du sujet, parfois.
Ces textes sont « sérieux », écrits par quelqu’un qui se prend probablement au sérieux ; Or le haïku cultive la légèreté, l’humour, la dérision…

Ces textes ne m’apportent ni jubilation, exultation, ni bien-être ou mieux-être. Ils me sont inutiles, voire indifférents. Je les ai oubliés pratiquement aussi vite que je les ai lus.

Si, malgré tout cela, on les considère (encore) comme des « haïkus », ils ne me sont d’aucune qualité.

Mais à vous de lire, d’apprécier, de vous faire votre propre opinion, bien sûr !

D.

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‘Seulement l’écho’ : Kyôbun critique sanguinolente – Py

23 février 2011

°

Aérez votre haïku !
Il est trop souvent
fenêtre… fermée !

(= en marge de :

La solitude
Plus lourde que la montagne
De ma fenêtre

C. Rigutto, in Seulement l’écho, antho de D.C., p.202)

L’intérêt de « tercets philosophiques » (dans cette « anthologie de haïkus francophones »), alors que l’on sait qu’ils ne sont en rien du haïku ?
A quoi bon ces thèmes recensés, resucés (, léchant « la bave des Anciens » ?), platement calqués sur une anthologie nonagénaire, tels que « quatrains à la façon des haïkaï japonais » ?
La pertinence de ces aléatoires « ruines », « voyages », « paysages », ou bien « enfants », « fêtes », « coeur », « 14 juillet »… à la manière de mots-clés (que s’évertuent par ailleurs à imposer des tenants d’une ligne dite « moderne » du haïku – même au Japon !) ?

Nombre de ces « haïkus » – choisis par un seul compilateur – ont l’infortune de ne rien susciter en moi (ou si peu !); leur saveur m’en est souvent fade, leur intérêt minime…

Certains auteurs qui n’ont qu’un ou peu de haïkus me paraissent (paradoxalement ?) être des meilleurs, de ceux qu’on aurait aimé beaucoup plus (pouvoir) lire et apprécier, à la différence de certains autres, cités en nombre surprenamment plus élevé…

Pour y revenir, des « haïkus » trop souvent « complets », qui en disent « trop », qui disent « tout », fermés, qui ne laissent pas assez de place au lecteur pour rêver, imaginer, ressentir, comme il devrait pouvoir le faire, à la lecture de tout « bon » haïku…

un peu trop lourds
un peu trop indigestes
quatre-quarts haïkus ?

Trop sages ? trop prosaïques ? « sérieux », ennuyeux à la longue ? Où est passé l’humour (: Qu’a-t-on fait du cocasse) ?

de l’esprit plaisant(in)
du haïkaï
seul un trop faible écho !

Dans cette (trop ?) épaisse recension ( plus de 350 pages, plus de 100 auteurs, plus de 500 haïkus ) la quantité ne noie-t-elle pas la qualité ?

Enfin, contrairement à ce qu’avance, simpliste, le compilateur, « choisir chaque haïku individuellement » n’est nullement « un gage de qualité » (p.7). La lecture de l’ouvrage tend à le confirmer : le choix est trop lâche, l’exigence de qualité insuffisante.
Il aurait suffi d’y travailler un peu pour gagner en force, en légèreté, en crédibilité…
Lorsqu’on cherche à plaire au plus grand nombre, * on affaiblit son propos et l’on déçoit d’autant…**
Nous aurions préféré nous enthousiasmer.
Une autre fois ?

Daniel Py, 19-24/2/2011.

* : travers de maint anthologiste – soucieux de « faire du chiffre » ? –

** « L’art de plaire est l’art de tromper. » Vauvenargues.