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juin 1973 – poème py

6 janvier 2011

°°°

(Émigrant)

La lune sur l’aile de l’avion
Trempe ton pied dans le nuage
Sacré coton !
Dans l’oeil dansent les étoiles du blanc

(Paris-Johannesburg, juin 1973)

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Migné-Auxances, 25/11/90

22 juillet 2009

°
9 heures sonnaient au carillon de la brume
Un fusil ajouta le dixième coup
– De quoi se plaignaient les corbeaux ?
Un coq ajouta sa touche à l’orchestration du matin
Quelques bruits humains : casserole
qu’on heurte dans le jardin,
porte qu’on ferme, rumeurs de voitures,
percussion de pas.
Seuls les arbres faisaient encore silence dans l’immobile du matin
Le coq réitérait son appel
une pie traînait le fardeau de sa queue
quelques gouttes bien rondes
sur une feuille à l’envers
Les voitures négociaient les virages
Vers les hauteurs les vents tournaient
– Il voulait s’éloigner des hommes
(difficile de leur échapper !) –

Odeurs d’humus –
Dans le jardin un ciré jaune
étranglé au cou
en guise d’épouvantail
Dedans la lumière
et l’homme assis attablé
de dos à la porte
regarde la télé couleur
Il est 9 heures passées de café
et les oiseaux joutent déjà de leurs instruments agiles
Le ciel aussi s’agrandit
s’approfondit d’un avion
Le jour / la lumière prend son relief
bientôt le rêve la brume et l’inconscient seront rejetés
glisseront de l’autre côté du globe

bientôt un ensemble de maisons
Chirico à portiques carrés
comme un décor d' »un-hol(l)y-wood » *
aux volets tous vert tendre
d’une horreur irréelle

* =  » forêt-profane  » ?

°
d.(Migné-Auxances, 25/11/90)

suite tunisienne – 47 haïkus (7-2003)

20 juin 2009

SUITE TUNISIENNE

°

une mouche tunisienne
sur la vitre du bus
vers Monastir

°

cinquième étage – clim
et vue plongeante
sur la piscine de l’hôtel

°

petit bassin :
deux jeunettes –
et deux dauphins
au fond

°

grosse chaleur
deux jeunettes
sous l’eau s’enlacent

°

Nuit de fiançailles –
Personne dans la piscine
que des dauphins peints au fond

°

au vu de tous
la fiancée s’évente
sur son estrade

°

Soseki
en vacances avec moi
– Tunisie

°

s’endormir
aux sons de l’orchestre
des fiançailles

°

fiançailles terminées
l’on replie les chaises
– lune rousse

°

fiançailles terminées
les cigales
et un coq

°

cigales,
clim –
la rondeur de la nuit

°

premiers appels des minarets
au milieu des coqs
et des cigales

°

gare à la bagarre !
le bleu va de nouveau
triompher

°

le bleu
partout va renaître
– piscine

°

déjà la chaleur
sur les dernières pentes de la nuit
– la clim à fond

°

la clim
et dormir nu –
cigales et coq

°

les tables rangées
la lune repartie

°

ce qui ressort de cette nuit :
le palmier
au milieu de l’hôtel

°

ce qui reste de cette nuit :
fragrance des fleurs d’orangers

°

insomnie –
mais l’odeur des fleurs d’oranger !
la mer s’allume

°

les muezzins recouchés ?
coqs,
de loin en loin

°

arceaux et crénelures
coqs et cigales
sur Monastir

°

le dos des dauphins arrondis
au fond des deux bassins
en forme de haricots

°

dernier ressort d’un coq –
les grues allumées
et le phare du port

°

cinq heures du matin
dans l’ascenseur de l’hôtel
une grosse fourmi
et moi

°

fleur d’oranger
sous ma narine
le jour se lève

°

deux chats matinaux
vers la mer
un avion vient se poser

°

l’heure exquise
de flore immobile –
premières ondulations chantées

°

la  » boutique dromadaire  »
déjà allumée
un chat saute d’une poubelle

°

un homme à petits pas joggés —
le rouge du soleil qui monte
juste au coin de la mer

°

cinq heures du matin
à Monastir
déjà bien des gens
à la baignade

°

une tente de police   fermée
sur la plage –
femmes qui entrent habillées
dans la mer

°

robes
et châles
des femmes
à la mer

°

grosse fourmi
à longues pattes
sur mon pied –
insensible

°

une chaussette à la mer
et un voile –
Monastir

°

une serviette verte
à sécher au balcon
fait signe au loin

°

les anses
du sac plastique
bougent
sous le ventilo

°

dans les champs clairs
l’ombre noire des oliviers
sous la pleine lune

(El Jem – Monastir)

°

l’enfant tunisien
qui shoote dans le melon
qu’il rapporte

°

chassant avec un chiffon
les mouches de ses fruits
– marché couvert

°

de son rocher
un chat guetteur
se retourne

°

où tu vas
les mots

(partout)

dans tes poches
– liberté

°

un bambin sur la terre poussiéreuse
un âne sous l’olivier

°

cinq dinars
brillant
au fond de la piscine :
dernier cadeau de Monastir

°

en panne
dans un no man’s land –
chaleur d’oliviers

°

l’ombre d’un nuage
au centre d’un lac
– retour

°

des feux à terre clignotent
suivant la progression de l’avion
– soleil

°°°

Paris-Monastir-Paris, 11/13-7-2003.