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Haïkus… Py – août 2009

20 avril 2010

°

sous le cerisier
brunes, rabougries,
nombreuses

(2/8)

°

grillons et cigales –
la lune
entre les peupliers

(3/8)

°

pleine lune
il se tripote
mollement

quittant les violons irlandais :
grillons et cigales —
pleine lune d’aout

°

quiétude
du jardin :
son jet d’eau
ses pigeons

°

feuilles et plumes
du marronnier :
deux pigeons se crêpent

°

stridulences
sporadiques
dans la nuit

(4/8)

°

un avion
vers le soleil du matin —
étirements de course à pied

(5/8)

°

toutes ces femmes
non osées,
terreau de mes rêves…

(Fab.)

sur tout son cou
des grains –
jusqu’où ?

son visage
scelle
ma nuit

mes yeux
sur leurs formes
se posent

où le pourraient
mes mains
mes lèvres
avides…

pentes incommensurables,
vertigineuses,
paysages infinis …

(idéaliser la lumière)

pleine lune
un sommeil
rêvé de vous

pleine lune
son sommeil assailli
de mystères féminins

pleine lune
sa nuit toute
en féminie !

°

valises
dans le matin tôt
: fin du stage

°

le 9/8/7 l’ami disparu
le 7/8/9 la fin du stage de musique

(Loches, 7/8/9)

°

par la vitre
entr’ouverte du métro :
une femme horizontale

feuille ? –
tombant facilement
sous le charme…

(toutes saisons)

Jardin des Plantes
Les valises
des visiteurs

agrippés
aux grilles :
jeunes singes

valise
repartant du parc
avec une feuille rousse

°

(S.S.S.)

Les dorures des ordures

(8/8)

°

Balancez la lumière !

°

une pendule
cognait
au mur…

: les trois points
du temps
qui reste

°

(Kyôkus :)

1)
Ce qui est amusant dans le haïku, c’est de brouiller la piste du sujet.

2)
L’avantage de l’interrogation, c’est d’ouvrir tous les champs des possibles…

2 bis)
En dire moins
pour ouvrir plus
l’imaginaire du lecteur

3)
À force d’écrire,
arriver au langage
coulant

°

la valse
des valises
avalées
par le ruban

au jardin des plantes
la corolle d’une femme…

aujourd’hui c’est le 9
le soleil « se lève »
les mondes jonglent
ô globes !

°

(Castillon, 06 :)

figues
sur les marches d’un escalier,
fleurs de Kobé
dans un autre

fontaine :
sculpture
devenue végétale…

en terrasse :
chaud, chaud, le melon !

soleil –-
un drapeau dans le vent
flotte

cloche de midi au village –
crissement sporadique

une mouche
en silence
dans la chambre

(9/9)

°

(kyôku :)

Le haïku, c’est une histoire de :
très vrai
très près
très frais

°

dès que retourné :
s’envole du bol

blanches barbes
sous la rambarde :
vent du matin

(10/8)

°

le lac
des attractions
féminines …

°

quand l’écriture est un don
(être ouvert à ce don)

l’éclair de noter !…

(11/8)

°

61 –
when will I see
my first firefly ?

les lucioles ?
Il paraît qu’elles existent –
61 ans

nuit blanche
mots noirs

°

je lui parle de Loches
Elle me répond limaces

à l’angle du matin
un chien

après-midi
le tilleul fume
sur la terrasse

(12/8)

°

sur la table
un miroir –
pas de lune
cette nuit

sur la table
un melon –
pas de lune

sur la table
un verre vide –
pas de lune

un melon
sur le balcon –
soleil d’août

(13/8)

°

(kyôbun :)

Le haïku dépasse l’intellect.
Il fait appel / mobilise
tous les sens…

Chétif, malingre, le haïku qui n’est que de tête.

°

pêché des pommes
dans la fontaine :
jog du 14 août

assis sur la terrasse :
la montagne
les nuages

en bas
la mer

sur le balcon
les coups
de la cloche

(midi)

(kyôbun à la pomme acide :)

pomme acide –
les nuages
sur la montagne

Poser,
puis se demander quels peuvent être les liens * (/ quel peut être le lien *) entre les deux images du haïku

* autre(s) que logique(s) (, évidemment).

(14/8)

°

(kyôbun aux mots qui font lumière :)

Écrire
c’est déblayer
des mots importuns
pour (ne) laisser
(que) ceux qui
font
lumière

°

la fontaine aux pommes
le banc-paysage
les infimes présents

sons de ces cloches animalières
sur deux notes
accrochés au flanc de cet après-midi
du milieu d’août

mi-août
le portable
silencieux

(15/8)

°

chut, un truc se trame !

une mouche sur un chat –
le tonnerre au loin

(16/8)

°

le chat,
la montre :
même attitude
à la sieste

°

(K. :)

écrire en creux

Écrire
c’est
faire la lumière

°

giggling fifteen…

(17/8)

°

le bleu glisse
de la pente de la montagne
vers la mer

l’angélus couvre tout le paysage :
le ciel et la montagne et la mer là-bas
mais bientôt tout reprend sa place
et
je me souviens qu’elle fuit la caresse de ma main gauche sur son bras…

( : Dom.)

duodécaplés :
12 babies
(a Tunisian woman)

complicité des pierres
et des racines-
aiguilles de pins au soleil

arrêtez le chronomètre
et alors la rose sent

(il y aurait là déjà de quoi
faire « la » révolution.)

jog du 19 août :
le chien dans la fontaine,
fourmis à leur repas sur une pomme

°

120 à l’heure sur l’A7 :
boucles blondes
devant le conducteur

(20/8)

°

les voisins déménagent –
l’orage gronde

sous silence
sur parole

la ficelle du thé
dans le courant d’air
d’août

un caillou
une flaque
lui suffisent pour jouer

(21/8)

°

(tanka en prose :)

et quand nous n’y serons plus,
les ombres de l’arbre continueront-elles de jouer sur le mur du fond,
au mois d’août ?

(Lyon, 22/8)

°

Qu’elle est furtive – fugitive l’admiration de la beauté des femmes qui passent qui ne font que passer qui arrivent que l’on croise et qui continuent leur chemin et toi tu restes là les yeux comme des soucoupes à quémander quoi de leur beauté passée ?

(25/8)

°

(Kyôbun au haïku monostiche :)

Retourner vers le haïku monostiche –

: effacer (/ essuyer ?) les vers
qui coupent (même un tant soit peu) artificiellement.

Couler (les mots) comme l’eau,
disait déjà Santoka
(l’ivrogne)…

le débit de l’eau
le débit des mots …

… la coupure artificielle du vers

°

dans la cabine téléphonique
le mendiant en chaise roulante
abrité de la pluie

°

Johnny didn’t get his gun ce soir :
le cinéma de plein air
sous la pluie

le pétard mouillé
de Johnny got his gun :
cinéma en plein air sous la pluie

Johnny didn’t get his gun tonite
The outdoor movie show
Down the rain

(Place A. Courtois, Lyon, 25/8)

°

huile d’amante douce

°

pourtour d’eau :
un souvenir de feuille

silhouette mouillée
d’une feuille absente
: trottoir lyonnais

°

visite nocturne
d’une coccinelle :
fin août parisien

nuit parisienne :
coccinelles d’entrer
dans ma chambre

(26/8)

°

un stylo égaré
au pieds d’un puits
n’écrit (probablement) plus

aile verte
au bout d’une branche

aile blanche
qui s’élève du feu

(Nogent s/Oise, 28/8)

°

un rayon de lumière
posé
en haut d’un meuble

sur ses paupières fermées
danse la lumière –
dernière demeure

(Lyon, 31/8 – Anne van Dyck, 1953-2009)

°

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