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Réponses Py au questionnaire AFH pour le livre (3) : Anthologie à 10 (2006)

19 avril 2010

Questionnaire livre 3 AFH – Daniel Py – (… auquel j’ai renoncé à participer) :

°°°

1) Quelle place tient le haïku dans votre vie quotidienne ?

– Quasi omniprésente.

2) Quel a été votre premier contact avec le haïku ?

– a) le premier saisissement ravi – choc extatique – ressenti à la lecture du haïkaï de Buson : « sur la cloche du temple / un papillon / endormi » (fin années 1960).
– b) le premier essai (transformé) de rédaction d’un « haïku » (début 1971) : « de branche en branche / l’oiseau envolé / la lumière se balance »

3) Quelle définition minimale donneriez-vous du haïku ?

– Celle de Bashô : « Le haïkaï, c’est simplement ce qui se passe ici, maintenant. »

4) Comment situez-vous le haïku dans la poésie ?

– Ailleurs. Autrement. Aux antipodes :
Alors que le poète (occidental) développe ses sensations ET son ressenti ( : pensées, commentaires, sentiments) en enjolivant, en embellissant, en ornementant, le haïjin, à l’inverse, cherche à nous faire voir le plus simplement, le plus clairement, le plus justement possible la scène dont il a été témoin, en s’abstrayant de son moi, des mots encombrants, et de tous les artifices littéraires prévalant en poésie (« occidentale ») –
Le haïku est un a – poème.

5) Y a-t-il un lien entre haïku et spiritualité ?

– C’est historiquement indéniable : Le Bouddhisme indien, le Bouddhisme chinois puis le Bouddhisme japonais ; le Taoïsme, le Zen chinois puis le Zen japonais ; le Confucianisme ; (la poésie chinoise puis le waka et le renga ; l’art chinois puis la peinture japonaise) furent les différents courants de « sentiment-pensée » qui permirent – et aboutirent à – la « création » du haïkaï par Bashô et ses disciples.
– D.T. Suzuki, entre autres introducteurs éminents du Zen à l’Ouest, considéra le haïku comme l’expression du Zen en poésie.
– Vladimir Devidé, un haïjin croate contemporain, avance qu’« un haïku est la (seule correcte) réponse au koan zen suivant : « On ne peut pas exprimer son expérience en mots, et cependant il faut le faire. Alors, parle, parle ! »
– Onitsura (1660-1738), à la question : Quelle est l’essence du haïkaï ? répliqua : « Un camélia fleurit dans le jardin ».

6) Comment inscrire sa pratique du haïku entre modernité et héritage des Anciens ?

– a) Vivre le jour, vivre l’instant présents et
– b) Étudier sans cesse les maîtres anciens (qui nous disent également de vivre l’éternel éphémère !) afin d’apprendre et de comprendre la signification véritable du haïku, son pourquoi, son comment… Un seul conseil : « Bashôtez ! »

7) Quelle particularité reconnaissez-vous au haïku francophone ?

– Quelle curieuse question ! Le haïku francophone existe-t-il ? Peut-on, doit-on le singulariser ?
– Au cas où il existerait, sa particularité serait celle d’être écrit en français !

8) Quel rôle joue la communauté haïkiste dans votre pratique ?

– Important. Celui d’un échange réciproque quasi quotidien.

9) Autre chose sur votre pratique du haïku ?

– Épure, épure, épure.

(D.Py, Paris, juin 2006).

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