Posts Tagged ‘5/7/5’

Pour contrer Barthes (et autres Sieffert…) ?

21 novembre 2011

Retrouvé, de Jean Sarocchi, dans la Revue d’études Japonaises « Daruma » n°1,
du printemps 1997, au sein de son article « traduire le haïku », pp.17-80 :

°

« les 17 syllabes du haiku traditionnel, réparties 5/7/5, sont souvent rendues,
en français ou en anglais, par un compte à peu près égal de syllabes, réparties
en trois vers. Il suffit de lire des haiku dans leur graphie japonaise pour
s’apercevoir à l’oeil nu (c’est-à-dire non armé d’intellection) que les trois
vers n’y sont pas, ou rarement. Or le spécialiste patenté, René Sieffert,
s’applique, tel un scrupuleux écolier, à ce comptage, sans éviter pour autant le
mécompte. (…) En revanche, fasciné par Barthes, dont l' »Empire des signes »
figure, dans la décennie 1970-80, une sorte de livre canonique, [Maurice Coyaud]
ne s’interroge nullement sur la sorte d’intimité que Barthes entretient avec le
haiku. Et si je fronde les spécialistes parce qu’ils échouent à traduire, il me
faut avec eux m’étonner que les traductions soient reçues telles quelles, sans
soupçon, par des écrivains aussi subtils que Barthes. Mais Barthes n’est pas un
poète, le signe a trop d’empire sur lui. »
(p.19)

°
(p.29 :)

« si Roland Barthes se leurre dans l' »Empire des signes » quand il espère
s’initier là-bas à une « systématique de l’inconcevable », ils ([Merleau-Ponty et
Barthes] nous charment, l’un et l’autre, par ces « abstracts » de philosophe ou de
sémiologue, qui trahissent leur ancrage d' »Occidentaux ».

°

(p.31)
« Je n’ai pas lu Bashô, Barthes non plus ne l’a pas lu, ni même Bonnefoy ou
Jaccottet : font comme si ; leur contradiction, c’est d’avouer qu’ils n’y
entendent rien, puis de commenter ou de célébrer comme s’ils avaient entendu  »

°

(p.42)
« On peut s’étonner que Barthes, si fasciné par les signes, et convaincu qu’un
signe ne s’ouvre jamais que sur le visage d’un autre signe, n’envisage pas,
citant des haiku, les signes japonais, chaque fois, correspondant, et leur
calque phonique, pire, qu’il ne s’interroge même pas sur la qualité de ces
signes traduits dont il se suffit comme s’ils appartenaient à « l’empire des
signes », au même titre que la tempura ou le sashimi. A fortiori s’étonnera-t-on
que Bonnefoy, poète, lui, et de surcroît capable sur l’écriture-peinture du
haiku d’une pénétrante réflexion, se hasarde à interpréter des poèmes dont il ne
vérifie pas le graphisme et la sémantique, s’exposant ainsi à des bévues. »

°

(p.51)
 » L’on prétend que le haïku suspend le sens, ne veut rien dire (Barthes), donc
le commentaire serait impossible. Faux ! Le haiku veut toujours dire quelque
chose. L’idée que ça ne veut rien dire est une coquetterie de sectaires
précieux. Buson écrit : « c’est le soir, l’automne je pense seulement à mes
parents ». Si le commentaire ici n’est pas de mise, ce n’est pas que le sens soit
manquant, c’est qu’il est transparent. Mais nombre de haiku tels quels
(traduits) décevants pour le lecteur étranger gagnent évidemment à être
commentés. »

°

(p.58)
« Question de mouche, je ne sens aucune différence entre Issa (« dans la véranda
la mouche frotte ses mains suppliantes on la tue ») et moi. Tout le discours de
Barthes sur la différence japonaise s’effondre : capucin de cartes truquées. »

°
Bien à vous,
D.

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Kyôbun aux insomnies (dont un 5/7/5) – py

18 septembre 2011

°

perdu le sommeil
pendant cinq nuits – enfin *
nous nous retrouvons

* ce « – » qui fait / qui est une pause compte pour une mesure sonore; la ligne compte donc bien sept temps.

[D’un côté il y a le haïku
d’un autre il y a le 5/7/5.

Quelquefois je m’amuse à « composer » des 5/7/5. Ils sont, en général, moqueurs, sarcastiques…parce que bien trop souvent les 5/7/5 sont à mes yeux des « faux-kus » !]

°
D.(18/9/11)

faux-ku à la rue – Py

14 septembre 2011

°

je rue, tu rues, il
rue, nous ruons, vous habi-
tez chez vos parents ?

°

D.(14/9/11)

Des huit règles du haïku (selon George Swede)

8 octobre 2010

Je me propose de vous exposer (d’après l’essai de George Swede : The Modern
English Haiku
, Columbine Editions,Toronto, 1981 / Le Haïku moderne en anglais, à
paraître aux éd. Gammes, QC.)
les différents points et arguments qu’il énonce, règle après règle, à travers
ses chapitres 3 et 4. Cela pourra servir de base à un échange éventuel, une
discussion, un débat, sur les définitions et redéfinitions possibles du haïku,
ce qui, plus que jamais, me semble primordial pour notre discernement !

Du Chapitre 3 « Une Introduction à la Forme du Haïku », voici la

RÈGLE N° 1

Idéalement, le haïku classique :

1) est bref, se compose de 17 syllabes – le nombre approximatif de syllabes
qu’on peut énoncer confortablement en un seul souffle. Au Japon le haïku se
présente sur une seule ligne, et en anglais sur trois, en 5/7/5 syllabes.
(…)
Par exemple, la règle la plus liée au langage japonais – la longueur de 17
syllabes – est aussi une des règles les plus souvent transgressées. En japonais,
les syllabes se comptent différemment qu’en anglais – aucune syllabe ne
contenant plus d’une consonne, et les voyelles longues comptant pour deux
syllabes. Cela explique pourquoi un haïku de 17 syllabes en japonais peut n’en
contenir que la moitié en anglais. Autrement dit, un haïku de 17 syllabes en
anglais semblera inadéquatement long pour un lecteur japonais. Une autre manière
encore d’appréhender ces différences est de comparer le nombre de mots d’un
haïku. Le haïku japonais ordinaire en compte cinq ou six, alors qu’un haïku de
dix-sept syllabes en anglais peut en compter 12 ou 13, en omettant les articles.
Cette divergence du compte syllabique a eu pour conséquence qu’écrire un
haïku se fait différemment dans les deux langues. Tandis que le haïku japonais
de 17 syllabes tient toujours facilement sur une ligne, un haïku de 17 syllabes
en anglais doit s’écrire sur plus d’une ligne, sinon il déborderait de la page !
Une autre raison d’avoir adopté le tercet est que les traducteurs avaient
l’habitude de mettre en lignes le poème japonais monostiche. Ils pensaient que
le lecteur occidental serait trop dérouté par le monostiche. Par goût esthétique
évident, ils initièrent la convention d’arranger les lignes en 5/7/5 syllabes.
Un autre problème que soulève la différence du compte de syllabes concerne la
longueur de la respiration. En japonais, les syllabes sont plus uniformes qu’en
anglais, c’est-à-dire que 17 syllabes japonais requièrent généralement un seul
souffle. En anglais, cela dépend de la longueur, et de la facilité avec laquelle
ont peut prononcer ces 17 syllabes sur un seul souffle. Les haïkus suivants, par
exemple, écrits par Amann et Buckaway possèdent le même nombre de syllabes.
Celui de Buckaway cependant est beaucoup plus difficile à dire d’un seul trait :

Les noms des morts
sombrent de plus en plus
dans les feuilles rouges

E. Amann (Canadian Haiku Anthology, p.19).

Vent d’un matin d’automne
et les oies sauvages appellent…
bord coupant du ciel

C.M. Buckaway (Canadian Haiku Anthology, p.32).

Pour quelques haïkistes et érudits japonais, le nombre de syllabes et la
longueur du souffle ont une importance capitale. Selon Kenneth Yasuda, la raison
d’être du haïku est d’exprimer ce qu’il appelle le saisissement d’un moment (the
« ah-ness »). Le témoin d’un coucher de soleil enchanteur ou d’une fleur
séduisante pousse « en un souffle une exclamation de ravissement : « Ah ! » 1)
Pour Yasuda, donc, le haïku parfait dépeindra ce moment sur une longueur de
souffle qui, en japonais, dure l’équivalent de 17 syllabes.
Toutefois la plupart des haïkistes occidentaux ne tiennent pas vraiment
compte d’une équivalence entre longueur de souffle et nombre de syllabes. Ils
s’intéressent plus au pouvoir d’association de leur langue. Il est intéressant
de constater qu’ils construisent habituellement leurs haïkus avec beaucoup moins
que 17 syllabes. Et, ironiquement, ces haïkus plus courts se rapprochent en fait
de la longueur (et probablement de l’esprit) des haïkus japonais. Avec ces
haïkus plus courts, le problème de l’équivalence entre longueur du souffle et
nombre de syllabes devient secondaire. Les haïkus plus courts peuvent se lire
plus lentement, avec plus d’emphase, tandis que les plus longs n’offrent pas
cette flexibilité et doivent souvent être parcourus rapidement.
Le tercet qui suit possède cette brièveté vers laquelle tendent beaucoup de
haïkistes nord-américains :

Si facilement
s’ajoute une mouette :
mât de totem

W.J. Illerbrun
(Canadian Haiku Anthology, p.61)

Sa longueur (huit mots) s’approche grandement de celle du haïku japonais
standard.

DIFFÉRENTS GENRES DE HAÏKUS

De nos jours l’expérimentation des formes du haïku est en plein essor. Nous
avons déjà donné quelques exemples de haïkus traditionnels en 5/7/5 et de haïkus
en trois lignes non traditionnels. Des combinaisons de haïku-senryû telles que
celle de Chuck Brickley sont également populaires :

Retirant
. . . . . . nos caleçons : étincelles
. . . . . . . . . dans le noir…

(Canadian Haiku Anthology, p.28)

Il existe également des haïkus de 4, 2 et une lignes. Ces derniers gagnent le
plus en popularité, probablement parce que leur longueur sur une seule ligne
aide à leur brièveté.

dérivant en nuage l’écriture du ciel

Michael Dudley
(Canadian Haiku Anthology, p.41)

Nous séparant . . . . la lune nous suit tous deux

Anna Vakar
(Canadian Haiku Anthology, p.95)

Une forme peu fréquente mais intéressante est celle du haïku vertical :

Le . . . . . . . j’ . . . . . . sous
sommet . . . .assure . . . . mon
atteint . . . . . . la . . . . . . . pas
. . . . . . . . . montagne

Tao-Li
(Cicada, 1/3 (1977), p.37)

Les haïkus visuels ( « eye-ku » = « œil-ku ») deviennent de plus en plus
fréquents. Le poème suivant est typique :

out of the fall mist
a duck
. . . . . f
. . . . . . e
. . . . a
. . . . . t
. . . . h
. . . . . . e
. . . . . r

brouillard automnal —
d’un canard
. . . . . . . . . . l
. . . . . . . . . a

. . . . . . . . . p
. . . . . . . . . . l
. . . . . . . . u
. . . . . . . . . . m
. . . . . . . . . . . .e

LeRoy Gorman
(Canadian Haiku Anthology, p. 51)

À cause de ces expérimentations, la distinction entre haïkus et poèmes courts
s’estompe souvent. Une telle confusion est, bien entendu, inévitable, parce
qu’en littérature rares sont les distinctions tranchées. La plupart des
haïkistes s’en tiennent à une approche médiane de définition. Tant que le poème
est court et suit la plupart des règles traditionnelles, alors c’est du haïku.
Il y a cependant deux petits groupes, mais qui font entendre leur voix, qui
prennent des positions extrêmes. L’un affirme qu’un poème doit respecter les
huit règles pour pouvoir être qualifié de haïku, l’autre croit qu’aucune des
règles ne doit être suivie sauf celle, implicite, de la brièveté.
Le rejet des règles traditionnelles n’est certes pas le fait unique des
haïkistes anglophones. L’histoire du haïku japonais (surtout au XXème siècle)
est pleine d’expérimentations et de controverses. Au Japon coexistent
aujourd’hui différentes écoles de haïku allant de la traditionaliste à la forme
expérimentale libre. Tout ce que cette activité, des deux côtés du monde,
montre, c’est la formidable versatilité et vitalité de la forme du haïku.

Voici maintenant, extrait du Chapitre 4 « Vers une Définition du Haïku Moderne
en Anglais. »

Un examen plus approfondi de ces règles n’a que trop tardé, afin d’envisager
lesquelles ont toujours leurs raisons d’être et lesquelles n’ont plus la
nécessité de perdurer.

1ère règle : le haïku est un poème bref.

Cette règle a trois corollaires :
a) le haïku devrait comporter 17 syllabes.
b) le haïku devrait être disposé sur trois lignes, de 5/7/5 syllabes de
préférence.
c) En le disant, il devrait durer approximativement la longueur d’un souffle.

Aujourd’hui le haïku en anglais continue d’être court (peut-être même plus
court qu’avant). Cependant quelques haïkistes en vue continuent d’écrire des
poèmes d’exactement 17 syllabes. La plupart reconnaît maintenant que la longueur
de 17 syllabes était calibrée en fonction des caractéristiques de la langue
japonaise, pas de l’anglaise. (Voir chapitre 3 pour explications.) Très peu de
haïkus de 17 syllabes en anglais ont autant d’efficacité que leurs homologues
japonais. La plupart ont tendance à être maladroitement rembourrés de mots
inutiles.
Comme nous l’avons déjà mentionné au chapitre trois, la règle des trois
lignes n’est pas véritablement une règle classique – au sens japonais du terme.
C’est simplement une convention occidentale pour arranger les 17 syllabes
anglaises. Tandis que la plupart des haïkistes de langue anglaise continuent de
respecter cette règle d’écriture sur trois lignes,
l’on écrit de plus en plus de haïkus sur une, deux lignes, ainsi que des haïkus
visuels et verticaux. En voici quelques exemples (pour plus de choix,
reportez-vous au chapitre 3) qui montrent comment, malgré des changements
radicaux de forme(s), quelque chose d’essentiellement haïku perdure. Ces
éléments essentiels sont ce qui devrait constituer la nouvelle définition du
haïku.

neige par la fenêtre des fleurs de papier ramassent la poussière

Clarence Matsuo-Allard
(Cicada, III,2,(1979), p.44.)

Court de tennis déserté.
. . . . . . . . . . le vent à travers le filet.

Gary Hotham
(The Haiku Anthology, p.51).

. . . . . . . . . . . . . . . . . . S . . N . . O . . W . . .F . . E . . N . . .C . . E
after the blizzard . . . . SsunNsunOsunWsunFsunEsunNsunCsunE
. . . . . . . . . . . . . . . . . . S . . N . . O . . .W . . .F . . E . . N . . .C . . E

LeRoy Gorman
(Canadian Haiku Anthology, p.51)

. . . . . . . . . . . . . . . . . B . .A . .R . R . I .È . R . . E . D . E . N . E . I . G . E
après le blizzard . . . . B.soleil.R.soleil.È.soleil.E.soleil.E.soleil.I.soleil.E
. . . . . . . . . . . . . . . . . B . .A . .R . R . I .È . R . . E . D . E . N . E . I . G . E

Snow . . . . . . . . . the . . . . . . . . looms
on . . . . . . . . . . . white . . . . . . . in
the . . . . . . . . . . .head . . . . . . . .the
mountain . . . . . .of . . . . . . . . . . mirror
. . . . . . . . . . . . . .Tao-Li

Neige . . . . . . . . la . . . . . . apparaît
sur . . . . . . . . . tête . . . . . . .dans
la . . . . . . . . . blanche . . . . . .le
montagne . . . . de . . . . . . . miroir
. . . . . . . . . . . Tao-Li

Tao-Li
(Cicada I,3 (1977), p.37

Comme on peut le constater par ces exemples, l’esprit-haïku ne réside pas que
dans le 5/7/5. La règle des 17 syllabes et celle des trois lignes devraient être
éliminées de la définition du haïku moderne en anglais. D’ici à ce qu’elles le
soient, les poètes vont s’efforcer inutilement de façonner une forme
artificielle plutôt que de se concentrer sur l’essence du haïku, son contenu.
La troisième règle corollaire à propos de la brièveté, de la longueur d’un
seul souffle, devrait cependant être conservée. Elle offre un chemin concret
pour indiquer ce que bref sous-entend. Bien sûr, il existe d’autres formes
poétiques tout aussi brèves, tel le proche senryû (poème semblable au haïku qui
implique uniquement la nature humaine) et l’épigramme occidental. Une nouvelle
définition devra distinguer le genre haïku de ces autres gendres. Néanmoins, que
la règle d’une longueur de souffle soit une bonne règle peut se fonder sur le
fait que presque toutes les sortes de haïkus écrits de nos jours peuvent être
émis sur une seule longueur de souffle (voire moins).

(…)
 » L’examen des huit règles classiques révèle (donc) qu’il n’y en a que cinq qui
restent essentielles aujourd’hui :

1) Le haïku doit être bref (d’un seul souffle à la lecture).

George Swede.

°°°

À vos plumes, s’il vous dit de commenter sur cette première règle !

daniel

coquille-haïku

19 juillet 2010

5/7/5 :
l’ancienne coquille
du haïku !

d.(17/7/10)

Pseudo-haïku (humeur 1 et 2)

16 juillet 2010

*

Mettant n’importe quoi
dans un moule-haïku
Le baptisant haïku !

+

Le danger de 5/7/5 :
prendre le moule pour le gâteau

*

d.(16/7/10)

Kyôbun à la gêne – d.p.

14 avril 2010

°

Kyôbun à la gêne

un bon haïku
mal traduit
fait chou blanc

Exemple :

 » Sur la branche morte
un corbeau se tient perché
l’automne à la brune  »

Bashô
(p.127 de Le Haïkaï selon Bashô, POF, 1983, trad. R. Sieffert.)

Pas d’émotion ressentie… = pas assez de « simplicité » ?

 » la « ,  » se tient perché « ,  » à la brune  » (me) gênent; mon esprit s’égare, accroche, s’éloigne de l’essentiel… Quelle en est la raison ? : vouloir faire 5/7/5 à tout prix ! (Trop de mots également ! ; et pas assez simples ni fluides…)

Ce qui compte dans le haïku, c’est bien l’esprit (-coeur), l’essence *, plus que (, au-delà de) la forme !

 » Le miroir est éblouissant lorsqu’il reflète l’essence et non la forme.  »

(Daniel Odier, in Chan & Zen, Le jardin des iconoclastes, Pocket Spiritualités, 2006, p.61.)

* : d’où l’essentiel, le centre, le juste (, le simplifié, le minimalisé).

Minimalisez !

Écourtez vos mots !

D’un mot de trois syllabes préférez un synonyme (exact) de deux, voire d’une syllabe :
on y gagne en promptitude, en « éclair-cie » !
Le (haï)coup porté est plus franc, plus direct, touche plus fort, plus vite, plus profond, plus mortel !

en cuisses
sur son scooter
– avril parisien

Dire (le plus souvent) a minima
pour le champ mental (/ émotionnel ?) le plus libre, le plus large, du lecteur
= Concentrez !

°

d.p., 14/4/10

5/7/5 – schluss (?)

25 septembre 2009

°

La forme 5/7/5 (du haïku) me paraît généralement artificielle, contrainte (/ contraignante). **
Or le haïku – bien que certains aient beaucoup de mal avec (cette notion) – est / doit être / rester aussi naturel que possible.
Écrivez donc vos haïkus LIBREMENT. Ils n’en auront que plus de fraîcheur, de souplesse, de spontanéité, de force !

** C’est pour moi un jeu inutile et stérile.
( Je conseille aux gens qui me demandent un avis de s’en défaire – purement et simplement ! – )

La forme, au fond, on s’en fout !

 » Faire  » du 5/7/5 (pur et dur) c’est – surtout – se mettre des bâtons dans les pieds

°

D.(25/9/09)

quelques kyôkus – et autres

19 septembre 2009

°

Certains, autour du haïku, à côté du haïku…

À défaut d’en sentir l’esprit,
ils n’en captent que la forme
et (ne) jugent (que) par elle.
Ils sont simplement
 » à côté de la plaque « .

°

un haïku 5/7/5
c’est un haïku
qui ne sait pas se détacher
qui ne s’est pas détaché
du « moule » japonais

°

Si on déborde de leur cadre *
ils sont perdus
les frileux du haïku

* 5/7/5

°

ce bien vieux 5/7/5…
Est-il utile ?
Est-il pertinent en français ?

°

Ils savent du souffle
(du seul souffle, comme de l’unique trait de pinceau ?) ce qu’on leur en a dit… guère plus, à ce qu’il semble, singes savants qui répètent par coeur leur leçon…
Cela leur suffit-il ?

Expérimenter ?
Ô Rimbaud, la peur de l’inconnu (!) les fige (!) les momifie !
Ils ont le moule. Surtout ne pas le casser ! Il n’y aurait plus jamais de gâteaux !

Ô peureux, Ô figés du haïku, restez dans vos momies,
dans vos chambres sacrées, dans vos tombeaux pyramidaux !

De l’air, de l’air, de l’air !

°

daniel. (19/9/9)

sur le 5/7/5 par anna

9 septembre 2009

°

un haïku ne s’écrit pas avec un souci de rythme, de syntaxe et autres options
sémantiques… tout ça ne sont que balivernes et nous éloignent de l’essentiel
et de la compréhension du haïku…

je ne dis pas qu’il faille apprendre le japonais, pour saisir cette inadaptation
du 5/7/5 à notre langue… mais, pour moi en tout cas … son étude me permet
entre autres de comprendre combien, par exemple, le 5/7/5 n’a aucune importance
dans le haïku lorsqu’on l’ écrit en français … et que si d’aucuns s’y plient
avec restriction c’est certainement pour s’imposer des règles et des barrières
qui les rassurent… or, la langue japonaise n’a rien à voir avec le
français… son sens des phrases et sa syntaxe sont totalement différentes… et
si pour les japonais le 5/7/5 a une raison d’être, pour nous français cette
restriction syllabaire est une hérésie qui rétrécit le haïku a une simple
gymnastique de l’esprit …
sûr, que c’est une autre façon de l’approcher … mais si peu intéressante
qu’elle ne mérite pas qu’on s’y attarde …

le haïku, qu’il soit français ou japonais ou de n’importe qu’elle autre langue,
prend sa force, dans son extrême simplicité que seule sa spontanéité peut lui
apporter… il doit avant tout être direct et concis …
le haïku est un trait de pinceau … il s’écrit avec la même énergie dont
a besoin le peintre pour exposer son état d’esprit … peu importe la couleur,
le sujet ou le support qu’utilise l’artiste pour traduire son impression…
c’est la force et l’énergie qu’il y met, qui donne un sens à son oeuvre … il en
va de même pour le haïku … et c’est, par ailleurs, ce qui rend un bon haïku
universel et indépendant…

: anna
sur la liste haiku-de-vent :
http://fr.groups.yahoo.com/group/haikudevent/

°

Inutile de dire que je suis entièrement d’accord avec anna sur ces points qu’elle clarifie !

Il est vrai qu’on peut avoir besoin de cette armature (5/7/5), quand on commence à écrire du haïku (occidental) …
On apprend(ra) peu à peu à s’en détacher, et l’escargot pourra commencer à sortir de sa coquille !…
la chenille pourra devenir papillon !…

d.

°