Archive for the ‘tanku’ Category

Le haïku, c’est… – Py

31 août 2010

°

Le haïku
c’est le monde
de l’extérieur.

Le monde intérieur
ou de l’intérieur,
c’est autre chose :
c’est tanka, c’est poésie lyrique,
romantique, occidentale, etc. =
c’est tout le reste.

°

d.(31/8/10)

Publicités

Boucherville (QC) 4) – juillet 2010 – Py

29 juillet 2010

124)

Tanka court aux carpes :

dans l’étang aux carpes,
de ces fleurs aquatiques,
la dorée :
ma préférée !

125)

Haïbun au rideau :

Il s’agit moins de voir
des choses extraordinaires
que de voir extraordinairement
les choses

rideau,
le jour bouge.

126)

bras en croix –
un clou dans le dos

127)

seul sur la terrasse :
le vent
les feuilles

128)

sur son gazon
ramassant
ses crottes de chiens

129)

invalide
de verre la bière
renverse
sur la nappe

129 b)

les bulles de la bière
montent
la douleur descend
dans le bras

130)

(tanka à la professeure de musique :)

A onze ans :
amoureux
fou
de ma professeure de musique
toujours absente
toujours enceinte

131)

milieu de la pelouse
au soleil
soudain
le chien
aboie

132)

une araignée
nettoie
son rétroviseur ?

133)

seuls au monde
sous une pluie battante
deux amoureux s’embrassent

134)

les tambours
des Arashi Daiko *
sous une pluie battante

* : « tempête de tambours » : taïkoïstes Japon-Québec, Longueuil, 16/7/10)

135)

deux larmes tombent
sur les épaules de ma femme
qui vient d’accoucher

(Pithiviers, 45; 28/7/83)

136)

il est minuit
la sueur sur son corps
qui va au lit

137)

rumeurs :
l’entonnoir de la ville
par la fenêtre

138)

c’était beau,
un rêve poussait
un nuage…

139)

restaurant :
regardant les tables alentour
ornées de femmes

140)

((Two seasons / Deux saisons :))

a leaf falls
enjoy the deer

and the long prophecy
of the white

une feuille tombe
appréciez le cerf

et la longue prophétie
du blanc

141)

(chanson :)

1er couplet :

tant de maris
tant de marins…

2ème couplet :

tant de mains
tant de marins…

142)

ce matin
le soleil sur le carnet
vient sculpter les mots

143)

le soleil brille :
les mots recommencent à courir

144)

un avion passe au loin –
les mots sur le papier

145)

– Ah, chéri,
une grosse araignée !

146)

le  » haïku-vérité  » :

un haïku qui ne gâche,
qui ne mâche pas
ses mots

147)

Voyant un point sur la page.
Ne l’écrasant pas.

148)

 » Les écureuils sur l’autoroute  »
dit Micheline : je vois un écureuil
le long du fil électrique

149)

( » un oiseau siffle / je perds mon nom « ) :

je
disparaît
dans le bec de l’oiseau

/

je disparaît dans le bec de l’oiseau

150)

A Longueuil,
une rue
de Maricourt

151)

6 ou 12 (syllabes) =
l’unité de base
du haïku français ?

/

le haïku français :
son flirt avec l’alexandrin –

: vers un haïku alexandrin ?

152)

en forme de bite
l’os (du chien) en plastique
rongé

153)

l’orage approche –
grognement du chien

154)

(sieste :)

une non-mouche
sur mon doigt
une non-bague

155)

l’orage crève –
il s’assoupit

156)

Ainsi entraîne-t-on les lévriers :
chats devant !

157)

vagues de vent
dans les feuillages
l’orage

158)

paquets de pluie
bien délivrés
: facteur-orage

159)

dans les tuyaux
de mes narines
l’odeur de l’orage

160)

(« tanku » = tanka court :)

la pluie qui tombe –
les femmes qui se sont éloignées !…

161)

orage –
le monde de plus en plus fort
– dormir

162)

(taille-crayons :)

le souci
des sourcils
dessinés

163)

l’orage a laissé
la chaleur enfermée
dans la maison

165)

orage
la première fleur d’hibiscus
cassée

165 b)

au milieu de la table
la fleur d’hibiscus
cassée par l’orage

166)

samares
et coccinelle
sauvée des eaux
de la piscine

167)

début de soirée
le couple âgé
apprécie
sa piscine

168)

quelquefois un haïku
semble
frapper  » juste  » *

sometimes a haiku
seems to hit
the  » right  » spot

* : a atteint la cible : le centre de l’o ?

169)

juillet –
une petite feuille d’érable
sur le parquet du patio

170)

 » La grenouille de Bashô
a une épaule verte !  »
dit Micheline
de la piscine

171)

sur la terrasse accueillir
les premières gouttes
de la pluie du soir

172)

5/7/5 :
l’ancienne coquille
du haïku !

173)

(matin -)

coin de mur animé :
le rideau, la fenêtre
brouillés de feuilles

174)

hérons (en vol), carouges, monarques :
une berge du Saint-Laurent

175)

bleuets
disparus
de mon enfance …

176)

le fleuve change :
au retour
d’autres personnages
posés autrement

177)

ma vie c’est les mots qu’il en reste…

178)

grand plouf :
gros voisin
dans sa piscine

179)

insecte se balançant
d’un côté
de l’autre
sur ses pattes immobiles
avant de sauter
loin devant

/

un insecte sauteur
me fait calligraphier
le mot  » haïku  »

180)

reste une roue
du vélo
au poteau

(Montréal)

181)

ça grince sur un parquet –
( sous-sol d’été )

182)

un très long train qui se mettrait à passer –
la pluie qui se met à tomber

183)

(matin :)

une goutte
plus forte qu’une autre
réveille la grenouille en moi ?

184)

Y
la pluie tombe en entonnoir
goutte le long de la branche
drip drip

185)

lirécrire c’est souvent toutun

186)

chacun forant sa galerie

jusqu’à ce que le château
s’écroule ?

187)

après l’amour
il retire
sa deuxième chaussette

188)

things here,
at the same time as us :
haiku

les choses, ici,
en même temps que nous :
haïku !

189)

je m’allonge
et là je lis
: la jolie phrase !

(à Eulalie)

190)

un pied en coulisse …

191)

le vieux chien
du vieux couple …

192)

plusieurs espèces se partagent
les branches du matin :
fruits sonores

193)

inséparable,
comme un stylo
de sa capuche

(des fois qu’il pleuvrait des mots !…)

194)

quelquefois je lis
des tercets
et aussitôt m’écrie/s :
ceci n’est pas du haïku,
retournez l’école !

195)

Aylmer : prononcez  » elle meurt !  »

196)

dans les lampions rouges
le jour resplendit

– grappes de fruits
d’un chant d’oiseau

197)

secouer ta phrase
pour en faire tomber
les mots inutiles

198)

entre le jour
et les yeux clos
des pépiements d’oiseaux

199)

piscine
une bulle
 » parle  »

/

l’air
gobe
une bulle
d’eau

200)

(kyôbun aux laveurs de carreaux :)

2 window cleaners
the sky half-cloudy

deux laveurs de carreaux –
le ciel mi-couvert

Dans le haïku il y a deux bords. Ce qui se passe entre ces deux bords, c’est le haïku.

…/…

Boucherville (QC) 2) – juillet 2010 – Py

28 juillet 2010

C) Boucherville

1)

sur le pont Champlain
enjambant l’Ontario
un singe ?
écrasé

on Champlain bridge
crossing over the Ontario
a monkey ?
run-over

2)

dans le bus
elle dort –
elle a des ronds partout

3)

(Portrait Greyhound 2))

à travers le tissu
de sa robe
– il fait chaud –
je crois voir
le tip
de son tit

le bout de son singe…

4)

sur un papier-haïga
bruit d’un tonnerre lointain

5)

bien des années plus tard
savoir écrire
ce haïku

6)

sur le siège des toilettes
ce matin
ma couille prend l’eau

7)

cardinal
cet oiseau
qui te siffle ?

8)

plus il est nu
plus l’arbre-haïku
produit !

9)

matin du onze –
un arbre cligne de l’ombre
sur le parquet

10)

les vagues d’un klaxon
venant de loin –
chirps of birds *

* pépiements d’oiseaux

11)

Écrire
ce qui n’a jamais été
lu

11 b)

creuser
sans cesse
la terre
de l’écrire

11 c)

avec nos mots
forant
le blanc

11 d)

déchiffreurs
de l’encore non-lisible

11 e)

accoucheurs d’aubes

11 f)

les mots
pour sculpter
le blanc

12)

dans le bois tendre amour
dans la pierre dure toujours

12 b)

a coffin of words *

* un cercueil de mots

13)

me prendre au sérieux
– quel ennui !

14)

un des buts
du haïjin * :
provoquer
la joie
((du lecteur))

* = faiseur de haïkus

15)

ce matin
le cardinal
a sifflé –
la fin
de la Coupe *

* du Monde de football, R.S.A.

16)

le haïjin
tend un pont
que franchit le lecteur

17)

allongé sur juillet
l’air frais du ventilateur
balaye mes couilles

18)

l’air de la nuit
par la fenêtre ouverte
vient
insensiblement
lécher notre peau

19)

(fragment – 12/7 :)

Le rire
est le propre
du chien

20)

une télé, décervelle ?

21)

le haïku c’est
Voir l’instant.

22)

des oiseaux
se partagent
le ciel

(…)

23)

croassements de corbeaux –
le dessin d’une oreille

24)

Toujours remonter à la source (du haïku)
pour en connaître le sens, l’esprit –

Moins être original
qu’originel !

24 a)

La source c’est l’instant présent

25)

Aylmer,
un océan de haïkus,
un virage d’écriture…

26)

s’endorgémir

27)

le nuage s’approche de la montagne – –
rivière Richelieu

(Beloeil)

28 )

une araignée
fait la poubelle
vide

29)

sur la page :
un fil d’encre
un cheveu

30)

la tondeuse passe
avec son bruit
derrière ma fenêtre
ça sent

30 b)

le moteur
de la tondeuse
s’arrête sous ma fenêtre
– chaleur

30 c)

la tondeuse
à gazon
n’a pas coupé
la chaleur

the lawn-mower
did not mow
the heat

30 d)

d’un côté la tondeuse,
de l’autre l’herbe
qui s’agite

31)

le chat
sur la radio
-chaleur

32)

avant l’orage
les voisins
sortent
dans leurs jardins

32 b)

plus vive
la couleur des fleurs
avant l’orage

32 c)

l’arc-en-ciel
traversé par un éclair ;
la pluie dans la piscine

32 d)

il pleut dans la piscine
– tonnerre de Boucherville !

32 e)

pour recevoir la pluie
dans les oreilles :
ouvrir les fenêtres

32 f)

la fraîcheur de la pluie
sur ma peau
– fenêtre poussée

33)

à la fenêtre qui bleuit,
l’astre de la lampe

33 b)

les mots
s’agglutinent
autour de la lampe

34)

après-demain :
l’anniversaire de ma pomme !

(clin d’œil à Machi Tawara, pour : L’Anniversaire de la salade, recueil de tankas.)

34 b)

Machi Tawara :
c’est déjà le premier vers
d’un tanka !

33 c)

nuit noire à la fenêtre
l’encre (des haïkus) court
sur les carnets

35)

Si un haïku n’est pas sensuel,
qu’est-il ?

36)

veillée :
les mots,
le bruit du ventilo-

37)

le pipi
dans la lunette
module son chant
– peu pressé

38)

tango :
la résille danse –

39)

(tanku :)

je noircis
le papier
– et mes cheveux ?

40)

jour libre :
que des haïkus

41)

réveil
le café
s’infiltre
dans ma
narine

42)

il sort
de la
salle de bain
ça sent
le chien

43)

fin de matinée :
quelques diamants
sur les feuilles du lilas

44)

arrachant des herbes –
sa bretelle

44 b)

arrachant des herbes
l’odeur de l’humus
monte quelques marches

45)

deux mouches
sur deux versets voisins
d’un renga *

* composition de haïku faite à deux (ou plusieurs poètes)

45 b)

certains,
du premier jet ;

moi, je suis un peine-à-écrire

45 c)

Désintéressons-nous des mots !
Explorons l’espace alentour !

45 d)

les mots émergent
quand l’encre
baisse

46)

elle faillit renverser
la tarte Tatin

47)

le voisin
scie son arbre
au jardin :
déjeuner reporté

47 b)

haut débit des branches
sur l’avenue

48)

mouettes
au-dessus du déjeuner –
une fourmi
descend du parasol

49)

rideau
sur l’après-midi
la pluie

50)

chaleur
l’odeur
du poil de chien

51)

s’endormant
le carnet
replie
ses ailes

52)

bulles pulsées
dans la piscine
pas de grenouilles

53)

un merle américain
sur le fil électrique
Boucherville, Québec

54)

sur le fil électrique
des gouttes de pluie
silencieuses

55)

haïku :
écrire
le moins possible

56)

au-dessus du hamac
les lampions rouges
se balancent

57)

Ah, les maisons de poètes !
: dans tous les coins
des trésors…

58)

ce soir
regardant le ciel
je me demande si la lune …

59)

vaincu par le sommeil,
le livre lui sursaute
des mains …

60)

le haïku est
une décomposition
poétique

61)

deux maisons de haïkistes québécois :
une odeur de tabac
une senteur de chien

62)

carnet ouvert
la nuit se pose

63)

l’appel du cardinal :
Bleuir

64)

(kyôka ?)

le célèbre sourire
du président

sortant

pisser ?

65)

dans la casserole
des grains tombent
esquissant un bruit
de marimba

66)

le chien lape
le bon matin
de sa gamelle

67)

grand vent du soir
le feuillage de l’arbre
semble plus blanc

68)

les lampions
dans le jour
coqueliquent

taïka et tanku : rien à voir !

27 juillet 2010

°

Après avoir lu l’article de Michael McClintock sur le « taika » (dans « About taika », extraits du Tanka Teacher’s guide de Modern English Tanka – voir :
http://www.modernenglishtanka.com ),

je m’aperçois que ce « taïka » n’est pas du tout la même chose que ce que j’entends par « tanku » ! :

Pour lui, le « taïka » est un tanka, un haïku un peu « prolongé » en 5 vers (ça ne me paraît pas toujours très clair, sa démonstration !),

alors que pour moi le « tanku » c’est un tanka réduit à trois lignes !

où l’on peut à la fois trouver une caractéristique du haïku (par exemple le mot de saison, le plus souvent) avec une caractéristique propre au tanka : l’expression du soi, de ses sentiments… = c’est, autrement dit, une mixture, un pot-pourri des deux, sous la forme brève du haïku !

Voici un exemple que Michael donne du « taïku » :

one flash
and it was gone –
a meteor
at the time of sunset
seen through honeysuckle vines

un flash
et elle avait disparu –
une météore
au coucher du soleil
vue à travers des tiges de chèvrefeuille

(M. MacClintock)

, qu’il commente ainsi : « dans (ce poème) de style « taïka », la voix objective perdure ; les deux dernières lignes développant plus avant l’imagerie de l’unité des trois premiers vers semblables à un haïku.

Mon « tanku », lui, au contraire, introduit au sein des 3 lignes semblables à celles du haïku, un ou des éléments lyriques, subjectifs, qui n’y apparaissent normalement pas, mais qui ont, par contre, habituellement cours dans le tanka :

la chaleur
de son au-revoir
– soir de juillet

(d.p.)

pas insensible à son charme –
le feulement d’un chat
dans la nuit

(d.p.)

, quoique là, le sujet (« je ») n’est pas aussi directement exprimé qu’il pourrait être / qu’il l’est habituellement dans le tanka.

– Dans mon deuxième exemple, la première ligne serait / pourrait être – normalement – dévolue à un tanka, et les deux dernières à un haïku.
– Dans l’ exemple premier, les deux premiers vers pourraient appartenir à un tanka, le dernier à un haïku.

– Reprenant mon dernier exemple, je pourrais très bien le transformer en un tanka (court (?)) :

pas insensible
à son charme –
le feulement
d’un chat
dans la nuit

, puisqu’il est à peu près assez long pour cela; ce que n’est pas le tout premier !

Voilà donc clairement définies les différences entre taïka = un tanka(-ïku) – de 5 lignes, généralement –

et « tanku », un haïku lyrique (!) – de 3 lignes, généralement –

Rien à voir, donc !

voilà,
merci !

d.(27/7/10)

P.S. On pourrait également ranger les « haïkus » de Masajo Suzuki (voir l’anthologie Kemmoku-Chipot Du Rouge aux lèvres, éd. Albin Michel, à partir de la page 75 ou 95 ( ma mémoire me fait défaut : n’arrivant pas à mettre la main sur cet ouvrage ce soir ! -) où nombre de ses tercets (généralement assez lyriques) pourraient être apparentés à ce que je nomme des « tankus  » !

bien à vous,
d.

bientôt le « tanku » ou « taïka »

27 juillet 2010

Bientôt, ici, un article sur ce que j’appelle le « tanku » = un tanka court, sous forme de haïku, autrement dit, un  » haïku lyrique « .
L’auteur l’appelle « taïka », et je vais vous le traduire ( d’Outre-atlantique) !

d.

Haïku, etc. de Py, mai 2010

2 juin 2010

°

Petite pluie
Premier baiser de mai

°

avec un bout de plume
du cygne blanc
le moineau
s’envole

°

Haïku :
Fais taire ta tête,
Observe.

°

guerre ;
grand père ramasse
les clous rouillés,
les redresse…

°

fruit d’un magnolier
sur un banc

°

il prit son para-ploc
et sortit

°

Mettre les bougies doubles

°

quittant ma mère
ce soir
le chant du merle
me semble triste

°

mes pas avec
une cloche en silence

°

Patine :

Ah oui, la patine du bon vieux temps *
Les outils usés de grand-père
Le cuir lui, le bois lui

* vers laquelle nous nous sentons irrésistiblement attiré : sa chaleur, son bien-être, son confort. Les marches usées d’un escalier.
Ces objets qui se sont déformés, affinés,
qui ont pris leur forme idéale, qui luisent d’usage, de la répétition journalière du travail des mains de l’artisan disparu…
la trace (vivante), le souvenir présent
de qui fut…

°

Comment la lune ?
: mi-pleine décroissante
par la vitre du train de retour

°

champ de bataille :
le contrôleur
dans des rangs d’endormis

°

nos genoux
dansent en cadence :
train de nuit…

°

un pétale blanc
sur une feuille verte

°

de la pièce le mendiant
ne peut s’empêcher d’estimer
la grosseur

°

j’enterre mon lapin
j’en perds mon latin

°

l’épouvantail :
T-shirt noir
au milieu des corbeaux

°

« Au moment même où un grand nombre de poètes, choqués par la dégradation de l’art du haïkaï,* prônaient le « retour à Bashô »

: René Sieffert, in Introduction à Jours d’Hiver (de Bashô), POF, 1987, p.7

* comme je le suis moi-même en ce début du XXIème siècle !

« cette nouvelle poésie (de Bashô), épurée, débarrassée des allusions alambiquées empruntées au Chinois, ainsi que des vulgarités du Danrin décadent, se rapproche de la poésie lyrique par son lyrisme contenu, tout en conservant les audaces de pensée et de langage du haïkaï-renga. »
ibid.

°

Au pied de la Croix Rouge Française
un oisillon
mort

°

devant la Croix Rouge Française
le restaurant corse Casaluna
rue de Beaujolais

°

8 mai –
les martinets
fendent l’air

°

(Haïku) :

À défaut de saisir l’essence,
on saisit la forme (5/7/5)
C’est (plus) pratique, (plus) facile !…

°

elle éteint celle
qui s’est tôt
mise en pyjama

dans la chambre
de la voisine
la lumière seule

cuisses croisées
la voisine
la télé

vers vingt-deux heures
elle m’offre à voir
son déshabiller

Ascension
le soleil éclaire
son lit vide

°

une belle merde
vert doré
jad(e)-mire

(trottoir de mai)

°

tout le soir
le concert de la pluie
– baguettes magiques

°

la ceinture
scinde la poitrine
de la conductrice

°

Scoop du jour :
« Le travail est de plus en plus
mauvais pour la santé »

: « Vingt Minutes », p.12, 13/5/10.

°

belles gambett’a
qui traverse l’avenue
du même nom

°

ce soir
sur la table
nos deux tasses
emboîtées

demi-lune
toi et moi
séparés

half-moon
you and I
apart

les martinets
ce soir sifflent
la fin d’un amour

°

l’écrit des martinets
ce matin
sur la basse roulée
des pigeons

°

loin dans juin
les martinets de mai

°

partout
au-dessus de la ville
ces martinets
– solitude

°

diplo(docusto)mate

°

dans le ciel profond du lac serein

°

mon père, il conduit une omelette
d’autres préfèrent avoir la télé,
lui, il conduit une omelette…

°

nuit d’encre ;
quelles traces
au matin ?

°

cour de la crèche,
dimanche –
le vent pousse
un ballon

°

un parterre du parc
couvert de plantes de pieds
mi-mai

°

de sous la couverture
dépasse une main
sur la sébile

°

les premiers pas d’un saule
pleurant la vérité éternelle

°

dans le gobelet
de la mendiante
deux amandes

°

pendant
la « posture de l’arbre »
un merle siffleur

°

ce drogué
se met
en
piqué

°

les ventres gonflés
du milieu de mai

°

elle se penche
sur le billard
– boules !

°

aujourd’hui iris
rime avec cuisses
jardin de Pentecôte

°

ce soir vide
rempli de rien
ni de personne

les martinets
strient le couchant

soir vide,
« sans affaires » ;
des martinets circulent

°

jouissance tactile
des outils patinés
de grand-père

°

ce monde (si) consensuellement soporifique
/
ce monde (si) soporifiquement consensuel

°

L’exigence de la patience…

°

coin de la rue
un tout jeune à patinette
ébahi par
un tout vieux à patinette

°

Avenue Guy Mosquée

Avenue Gai Mocky

°

des grains de bonté …

sa poitrine un ciel
constellé de grains de beauté

(bus 66)

°

samedi de Pentecôte
les couvreurs
à l’œuvre

tombée du jour :
les couvreurs
toujours sur le toit

°

les pendules
chez maman
– quatre-vingt-dix ans

°

Elle alla voir son ologue…

°

6 h 55 –
les martinets
ouvrent le matin

°

cadenas
enserrant
le pied d’un arbre

°

Qigong au jardin
L’odeur du pin chaud

°

j’écris :
« le cancer de l’impôt »,
le bus passe devant le
Ministère de l’Économie et des Finances

°

accoudée à son balcon,
sa main sous son sein,
dimanche de Pentecôte

°

planes
over cranes :
a May sunset

des avions
par-dessus des grues :
crépuscule de mai

°

par les toits
la ville enfile
son habit de lumière
– premiers martinets

°

swifts’ shrill cries
in thy May sky

°

entre les échafaudages
des martinets

parfois
le bruit de leurs ailes

°

les yeux dans la vague…

°

21 heures 37
déjà pyjamassée
télé au lit

°

lundi de Pentecôte
les zébrures de sa robe

°

à la la
verie elle pousse la porte
puis se ravise

°

la moto en passant
fait gicler un peu d’eau
matin de Pentecôte

°

les pratiquants du Taï-Ji-
pensent à étaler leurs gestes —
sur le banc
elle s’étale
sa crème solaire

°

swiftly
in the sky

°

sa poitrine
(que je tente d’ignorer)
éclairée par son écran

(SNCF)

°

Rue dans les coins

°

pas-de-porte :
rectangle d’eau
pour paillasson

°

Du passé faisons table rose…

°°

d.py (mai 2010)

Haïkus, etc. de Py – avril 2010

8 mai 2010

°°°

pour sortir son chapeau
il choisit les jours sans vent

(Il n’avait qu’une angoisse :
que son chapeau s’envolât.)

°

Pour qu’il y ait haïku, il faut qu’il y ait déclic :

1°) « L’instant-haïku »

(S’il n’y avait qu’un critère, ce serait celui-ci.)

Le haïku n’est pas une pensée linéaire. Il y a souvent une rupture dans le haïku, une surprise, une confrontation (de deux éléments, souvent)

Et un sens – très fort – du présent.
L’espace-temps y est souvent très réduit. Il est étincelle, étoile filante presque aussitôt filée.

Il est court. Il va à l’essentiel. Pas de mot(s) inutile(s). Pas de fioriture. Pratiquement pas de verbe(s) conjugué(s), d’adverbes, d’adjectifs (peu)… de conjonctions, de pronoms relatifs voire personnels… c’est une grammaire dépouillée au possible. Pas de discursif…
Le moins possible de comparaison, de métaphore.

De la sensation à l’état brut – ou presque.

Du concret, du très concret.

C’est (au mieux) un instantané – ou une prise de conscience soudaine.
L’incongru n’y est pas étranger, le surprenant, le frappant, (…)

ton toi
dans tes pieds
quand tu recules

la pluie s’arrête à l’aube
des pigeons lentement commencent à arpenter
le toit

avec son épée
dans le ciel incertain
– matin de Pâques

posture de l’arbre °
au milieu de mille oiseaux

° posture (statique) de QiGong

quel fouillis d’oiseaux piailleurs !
– premier dimanche d’avril

surpris
par une feuille rouge
sur le trottoir gris
(de gris avril)

(méprise :)

« un bracelet électronique
pour Marie Violant »
(France-Culture, 4/4/10)

un porte-manteau
canard
sur le trottoir

(joeufs de mots ?)

né aux œufs
(nauséeux)
: Pâques

la roue avant du vélo crevée
: galère pour l’école

s’épanouissent
piaillements d’oiseaux
– et bourgeons

alignés en terrasse
: une brochette
– début d’avril

(tanku :)

Faisant mon pain
Pensant à toi
au Burundi

mardi de Pâques
un pigeon posé
sur le trottoir

sur un panneau
dans le métro :
« voter
rend
con »

sobre
il passa
rue Bouret °

° 75019.

« Noces de sang »
un pigeon
macadam

quinze jours de vacance(s) heureux
(la mort n’est jamais loin,
tapie sous le buisson d’un mot)

°

(kyôbun au cygne noir :)

Au lecteur (du haïku) de recomposer (à sa manière) la scène
dont l’auteur (ne) donne (que) quelques éléments.

d’un côté
le sac plastique blanc
de l’autre
le cygne noir

°

héron gris
sur la pièce d’eau
qigong au parc

au centre du cercle de QiGong
tombe
une feuille de printemps

loin, loin,
au-delà des grues, des antennes,
et ramener au centre

deux garnements
le héron s’envole

un confetti encore
hors de mon sac
– déjà lointain le début de l’an !

les fous du roi
au silence ?
Sarkorizyble

je me gratte les cheveux
un pigeon s’envole

autarcissique

anguille sous proche

candide =
blanc comme un singe
sous la neige ?

dans la cuisine
la pomme
(attend
…la dent…)

samare
prend le train avec moi
(sur mon sac)

/

une samare
par le train

ses yeux éclairés
par son portable
– voile intégral

(Vitry s/Seine)

partout où elle va
elle emporte son chat
(…)

les tambours silencieux :
laverie
du vendredi soir

cela fait bien des lunes !
et toujours les cerisiers fleurissent…

(= contre ceux qu’agite la pensée de devoir en finir avec les thèmes anciens ( – éléments constants ! – ) dans le haïku, dans la poésie…)

replanté
où le voulait ma sœur :
le chat visqueux

(paradoxe :)

(Nous sommes) limités
cependant
sans limite

car où
le carcan
du corps

l’imagination
déborde

la ceinture
scinde la poitrine
de la conductrice

en rentrant
m’accueille
l’odeur du pain

une porte
en grinçant
siffla le début du concerto pour violon de Mendelssohn

la déco
d’une samare
sur sa veste

/

une samare
au revers
de sa veste

liberté
l’absolue

ou
rien

cette parisienne entrevue aujourd’hui :
l’ampleur, la totale liberté de son corps…
de son cœur, de son esprit ?

un pigeon
à deux pattes
sur sa baguette viennoise

« Sarkozy au plus bas »
– va crasher
son karcher ?

(le) silence infini
du soir qui tombe
sur mon chapeau

un fil à l’oreille
: musique partagée

en cuisses
sur son scooter
– avril parisien

le tissu s’écarte :
cuisse

(rue de la Jonquière, 14/4)

violettes ses cuisses
sur son vélo
louée

Dans la mer
elle s’élance
Nous la suivons des seins

(7/09)

trop de mots
chassent l’esprit

amenuisier

Gorge Saint-Lazare …

savon de Marseille
au cou, aux manches
avant la lessive :
grand-mère

confetti la fête
tout autour de l’école

tout arrive
la mort arrive
reste tranquille

Lâchez les mots !
(Lâchez les chiens !)
Laissez-les s’échapper !

(kyôbun aux doigts / « Cœur d’instant » )

Pour aller au cœur de l’instant :
les mots courts
– l’émotion grande !

Ce ne sont justement pas les mots qui comptent
mais le sens qu’ils pointent !
Le mot n’est qu’un doigt vers une lune !

« Si c’est l’instrument qui joue,
Pourquoi ne joue-t-il pas dans son étui ?
Si la musique sort des doigts du musicien,
Pourquoi n’écoutes-tu pas les doigts ? »

Su Dongpo.

« cette fonction opacifiante de l’esprit »
D. Odier, in Chan & Zen, Pocket n° 13856, , 2006, p.125

Les mots opaques

Effacer. Ces mots opaques
qui obscurcissent le sens,
opacifient le réel –

Ne pas s’y fier !

°

les vaches broutent
le milieu de l’après-midi
les tgv au loin

premières hirondelles
rue Principale
pas un magasin

(Mondrecourt, D.126)

une boîte jaune de La Poste
quelques pissenlits à son pied

le paysan
arrête son tracteur
pour faire un brin de causette

il espère avoir fini de traire
à l’heure du dernier tgv
(22h30)

marché trois heures (et plus)
(dans la Meuse)
– et pas un point de bière !

sur le bus-navette tgv
« Le plaisir de bouger en Meuse »

les roses artificielles,
les gouttes de rosée
artificielles
– intérieur (bourgeois)

traces de pisse
descendant les pentes
du trottoir

(matin d’avril / ensoleillé)

un petit moineau
dans le sable s’ébroue
après-midi d’avril

soleil du soir
citron
sur les poissons

un gros nounours
à la rue
ce matin de bonne heure

rouge
d’avoir couru
elle descend à Blanche

le bleu nuit gravement à la santé ?

au supermarché
grimbergen
et
gingembre

les oiseaux du printemps
babillent gazouillent –
le bleu encore profond

crépuscule
la Loire
entièrement rouge

le soleil se couche
sur le champ de colza
une biche

champ de colza
pleine lune

(kyôka court :)

Chaque matin,
polir la vitre du poème

… que les mots transparaissent

effacer la distance
des mots
au réel

dans un jardin
du parc du château :
« nombril de bonne sœur »

le haïjin
se méfie des mots

sur son gros bidon
son livre posé

sous l’arbre aux fleurs roses
(qu’il perd),
canards, pie, pigeons –
l’odeur de l’eau

devant les fleurs roses
dérivant sur l’eau,
un canard, posé

n’a pas voulu que je le photographie,
le pigeon sur l’arbre aux fleurs roses

/

sur une branche
de l’arbre aux fleurs roses
un pigeon

un coup de vent
les fleurs (se) lâchent
(de) l’arbre rose

cris d’amour
en tous sens, parades :
fin avril au parc

un calendrier
pour l’anniversaire de mère
– 90 ans

un narguilé
à la poubelle
– petit matin

tout élément qui surprend
peut être haïku

le vent secoue
l’odeur des lilas
– le parc en ville

elle écrit
jambes croisées
des mots croisés

au milieu des marguerites
le cygne blanc

une feuille
devant moi
tourne

– quelle séduction ?

les mots s’en viennent
les pétales tombent

le cygne (et moi ,)
posé(s)

la bouilloire
joue un air folklorique
(derniers jours d’avril)

les racines de l’art :
si l’on ignore les racines,
on ignore l’art
( : ainsi du haïku !)

pleine nuit
le trot du réveil

je travaille de la langue

travailler
trouvailler…

son message :
seul le chant
de la mésange huppée

ouvrir l’appétit,
ouvrir la narine,
ouvrir l’esprit (par la raréfaction des mots),
voilà ce à quoi devrait (/ pourrait) tendre
le haïku

chant diphonique
de plus en plus proche :
la bouilloire

°°°

Haïkus… (Carnets) Py sept 09

18 avril 2010

°°°

Dernière fourmi
dans l’évier de l’appartement
que l’on récure
et quitte

(/ que l’on astique
et quitte)

(Lyon, 1/9)

°

(Anne v. D.)

sur ses paupières fermées
danse la lumière –
dernière demeure

(31/8/09)

belle-sœur
incinérée –
pleine lune de septembre

(1/9/9)

°

écrire
c’est se vider
de mots

(3/9)

°

ses photos de femme ronde
– veille de la pleine lune

(3/4-9)

°

(« Elle accuse la quarantaine » :)

De quoi accuse-t-elle
la quarantaine ?

(b)rut de pomme…

(4/9/9)

°

elle efface
la table bouge :
encolure

(médiathèque de Reims, 5/9)

°

dans la lumière du projecteur
insectes de nuit
– fugaces lucioles

après le gazon froid des Buttes-Chaumont
le siège chaud du métro

lune ronde
et une étoile
au-dessus du Festival
de courts métrages

(5/9/9)

°

En pleine nuit
l’odeur du pain
cuit

(6/9/9)

°

(kyôku :)

le haïku, c’est la sensation
immédiate(ment) faite mots

°

groupe de Japonais
à vélo
vers le soleil couchant

(dim. 6/9, rue du Four, 75006)

°

au pied de son poteau
sa bière,
sa flaque

(Reims, 7/9)

°

Le choix de :
travailler peu
gagner peu
dépenser peu
– avoir (/ prendre) le temps de vivre ( à sa guise )

°

la naphtaline
roule son parfum
permanentement

trouverture

kidordi / Qui-dordi…

sur le toit
une tuile de traviole :
9 / 9 / 9

il est midi
/ minuit
moins deux secondes,
à toutes les pendules du RER

son regard aiguisé au point
où n’avoir à caresser les femmes
que des yeux…

sur le quai
étendu
sous une couverture
de survie dorée
des pompiers tout autour
et une perfusion
que l’un
debout
tient

(9/9/9)

°

(Bashôtage au burin urbain :)

brouhaha urbain –
les coups d’un burin
pénètrent la pierre

l’ombre
traverse l’allée
la feuille
se pose

(→ 10/9/9)

°

regret ? (1) – tanka :

sur le quai
la belle jeune femme
a passé —
sa trace ici
comme à regret

(9/9/9)

°

« La vierge et l’enfant » :

l’œuvre pie
de Marie °
déboutonnée
par Jean Fouquet
à Loches

° = Agnès Sorel

(début août – 10/9)

(Auto-école :)

entre ses seins sa cein-
ture de sécurité :
jeune conductrice
arrêtée au feu

(Sèvres, 10/9/9)

°

sur ses carreaux
les gouttes
de nombreuses pluies

ses gouttes séchées
salissent le dehors …
septembre gris

(9/9/9, 50 rue de Meaux, 75019)

°

(senryû par France-Culture (?) :)

Depuis que N.S. a été élu,
la situation
Empire

(10/9/9 : M. Lévy et Laure Adler)

°

(kyôbun a minima :)

le rideau d’en face
s’écarte

: écrire
le rideau d’en face…

: tout ce que révèle
– en s’écartant –
le rideau d’en face

: tout ce que dévoile
le rideau d’en face

°
tanku (= tanka court) :

son reflet
dans la vitre
et pfui !

(11/9)

°

la branche de l’arbre
descend en spirale
vers les pigeons
sur le gazon

(sq. des Batignolles, 11/9)

°

Un idéal : la
TRANSPARENCRE

= haïku(/kyôku) d’un (seul) mot !

(–> 11/9)

°

Préparer
– activement –
sa retraite :

Far niente

Prenez un paquet de gâteaux
quelque(s) livre(s)
le banc d’un parc
un jour de soleil *

Laissez passer le temps
comme ces pigeons
installés dans le gazon

– feuilletez le temps –

Des feuilles tournent
dans le cours d’eau
descendent d’un côté
remontent de l’autre
en lent ballet paisible

( le « sourire du Tao » ?)

* un jou(i)r de soleil (?)

(11 septembre 09)

°

la queue de la pie
qui vient picorer l’eau,
puis un pigeon


(ceci n’est pas un haïku au pigeon :)

ce pigeon
dans le gazon
couve le temps

(pie et cygne :)

cette pie
descend sur ses roulettes
boire au bassin

le cygne noir
mine de rien
patrouille

(ceci est un haïku gris :)

sur la tête
du vautour gris
un pigeon gris

( : square des Batignolles, 11/9/9 – Au milieu du bassin, une statue de vautours dérisoires : proie d’oiseaux vifs…)

(onze septembres :)

11 septembre
feuilles et plumes
sur le bassin

des canards
jouent les sous-marins
midi onze septembre

onze septembre
une feuille
sur l’eau
se pose

jeans, chemisette et chaussures de ville,
il jogge
– 13 heures, 11 septembre

°

Redécouvrir
ce 11 septembre *
que les Américains
ont recouvert
du leur

* coup d’état militaire au Chili, le 11/9/1973, qui renversa Salvador Allende,
avec l’aide (jamais démontrée, selon Wikipédia) de la C.I.A.

aujourd’hui
le leurre
de leur
onze septembre

aujourd’hui
mon fils
à Ground Zero

(11/9/09)

°

Dobranoc *
lui souhaita-t-elle
sur son écran
Il éteignit.

* = Bonne nuit ! (Pol.)

°

Kukaï au parc :
du soleil à l’ombre
puis
de l’ombre au soleil

kukaï sur la pelouse :
il écrit
le cul en l’air

Après-kukaï (à Gwenaëlle) :

coucher de soleil :
des perles de bière
dans sa moustache

(Buttes Chaumont, 12/13-9)

°

Au kukaï de Paris, aux Buttes Chaumont, le 12/9/9, J.A.(le président) a pris un bide : 3 haïkus, 0 voix.

°

six mesures de levain
un orage se prépare

°
(rêve :)

quand je montre mon chien
je suis mon chien ;
quand je mange mon chien
je suis mon homme

Ce qui sort de moi
paraît étrange ;
et justement parce que ça (me) paraît étrange,
je le sors de moi.

°

chapelet de colombes
sur les toits du dimanche
matin

Ides de septembre –
le soleil couchant
sur l’emballage du pain d’épice

le sable
qui dérobe son assise
sous votre pied…

(11-13/9)

°

il pisse sur sa peinture
nu
sous la pluie

(13/9/9 : d’une scène du film de Philippe Fernandez :
« Léger tremblement du paysage ».)

°

cataracte –
après l’implant :
les lucioles noires

(14/9)

°

(square René-Viviani, attenant à
St-Julien-le-pauvre :)

pour contenir le tronc
du robinier quadri-centenaire
un contre-tronc de ciment

(75005, 15/9)

°

gros titre d’un quotidien parisien :
 » grippe A, le décès
qui change  » toux !

gros titre rémois :
 » Patinoire sur le parvis :
L’église dit non  »

°

Jouissance :
étaler le temps,
espacer

espacer –
laisse passer !

°

Persévérer – (kyôku à la mer :)

Prenez exemple sur la mer :
polissez votre
haïku

(16/9)

°

(sur le haïku :)

Une amie proche ( a.) me dit que si son haïku est « raté », c’est qu’elle n’a pas su « voir » correctement la « scène-haïku ».
Pour ma part, je considère plutôt que l’on voit, entend, perçoit bien la scène, mais qu’on ne sait pas la mettre en mots justes – ce qui implique un travail postérieur (et acharné ?) de ré-écriture pour « coller » la langue / le langage, les mots, à la sensation vécue.

(16/9)

°

« le fond de la poésie en tant que véracité »
Kim Myong-in

« Si je parvenais à gagner la poésie en me dérobant à moi-même, qu’est-ce que cela aurait à voir avec moi ? »
Kim Myong-in,
in : Introduction à L’Accordéon de la mer, et autres poèmes. Ed. Le Temps des cerises.

°

(rêves :)

heureusement leurs rires sont liés
à l’arpège de la neige

et je n’ai pas le temps d’attendre
demain matin demain matin ses mains

S.O.B.* :

Save
Our
Bodies

Save
Our
Buddies

* To sob = pleurer à gros bouillon, sangloter.
* A sob = un sanglot
* A sob story = un « tire-larmes » (= a tear jerker ; a soap opera = un mélo.)

(17/9/9)

°

Ménage ~
ce matin
ses seins
à la corbeille

(18/9/9)

°

Kasher
son sein
que je saurais boire …

°
Le haïku était (au moins) jusqu’à l’arrivée des occidentaux au Japon (1868) égo-décentré.
C’est (toujours) le véritable esprit
du (véritable) haïku.

°

hypocrisie grippale :
ne plus se serrer la main
ne plus s’embrasser

ne plus faire l’amour
: se masturber.
: mater.

restriction croissante,
répression
des libertés individuelles

rire
de leur crise
pruritaine

Arrêtons leur cinéma !

L’hypocrise (financière)

Ingérence(s) croissante(s)
dans nos vies
privées
de plus en plus
/ de tout

Aux chiottes
leurs mots d’ordre
et de salubrité !

Faire peur au(x) peuple(s) :
leur mot(t)o –
pour asseoir
leurs pets d’échap/pement /pétoire /patoire

°

(kyôku :)

a)
Plus les mots sont polysèmes,
moins besoin d’en employer !

b)
plus les mots polysèment
moins il en faut !

°

(Certains, autour, à côté du haïku :)
À défaut d’en sentir l’esprit, ils n’en captent que la forme… et sont simplement « à côté de la plaque ».

°

Un mauvais traducteur est-il un trouducteur ?

°

Un haïku 5/7/5
c’est un haïku
qui ne sait pas se détacher
/ qui ne s’est pas détaché
du moule japonais.

°

minimalistes : haïcou-courts

°

(Senryû :)

Journée du patrimoine :
Il va voir sa grand-mère

°

(senryû :)

France 2007 :
36 millions de porteurs de lunettes.

La France ne voit pas clair :
elle élit n’importe qui.

°

(Paris-Trouville) :

Li-
plein les
sieux *

* par où l’on passe, célèbre pour sa basilique que l’on ne peut que voir lors de l’arrêt du train en gare, avant de continuer vers Trouville-Deauville.

Trouver Trouville –
Dove ° Deauville ?

°°°

UN JOUR À DEAUVILLE :

dès la gare :
l’iode
les mouettes

fond d’écrin :
des cris
de mouettes

°

de mouette
une plume
sur le trottoir

°

Elvis
amarré
devant le casino

le cri répété d’une mouette,
les roues d’une voiture

le grincement d’une balançoire,
les mouettes

Lissant un peu plus
les planches de Trouville —
Caillebotte *

* auteur d’une peinture (célèbre) qui montre le travail de rabotage d’un parquet par plusieurs raboteurs

au fond du lavabo
des toilettes publiques
un dépôt de sable

(un) quatuor
acrobatique
de cerfs-volants :

cerfs-volants –
une grue
au-dessus de la ville

quatre cerfs-volants
se suivent
et se ressemblent…

quatuor
de cerfs-volants
en tir/e-groupé

Fascinating rhythms *
du quatuor
de cerfs-volants

* nom (mais au singulier) d’un fort célèbre standard de jazz, joué, entre autres, par Yehudi Menuhin et Stéphane Grapelli.

les entrechats
du quatuor de cerfs-volants ;

en marge d’une affiche de Savignac :
LES 4 CHATS
TROUVILLE SUR MER

D’un côté quatre cerfs-volants
de l’autre quatre maîtres

quatre cerfs-volants groupés
quatre maîtres groupés

ballet aérien :
quatuor d’ailes
domptées

d’un côté
quatuor de cerfs-volants
de l’autre
colonie de mouettes

(ceci n’est pas un haïku :)

quelques mouettes
applaudissent la régate
dans un soleil brumeux

(un) papillon de septembre
le long des planches *
de Trouville

* « promenade le long de la mer, à Deauville et à Trouville, immortalisée par Claude Lelouch dans son film « Un homme et une femme » !

la mémoire,
(elle est) comme un océan sans fin
qui te remplit les poches

(: ça non plus n’est pas un haïku !)

à l’ombre du muret
sieste sur Trouville

la sieste
à l’ombre des mouettes –
samedi, Trouville

vivre
libre
vibre

appel sporadique
d’une mère sur la plage
le soleil se couvre

maillot mis à sécher
sur la rampe d’un escalier –
une mouche pressée

écho lointain
d’une dispute –
tonnerre au fond du ciel

vague dispute –

la mer au loin

la balle au bond
où sont les chiens ?

pissant sous l’escalier
un avion passe

trois cerfs
qui s’envolent
– la fin de l’été

retour vers la civilisation
et ses trop (haut) parleurs

marche tranquille
des oiseaux
dans le sable bas

en dernier :
coquillages
et l’instructrice de chi-kong

sous leur étreinte allongée
son string noir

le soleil couchant
sur ses pieds :
grains de sable

(retour en train)

de ses chaussettes retournées
les grains de sable
sautent

°

parti à la mer –
fait un plein de mots
à trier …

°

des mouvements de sa main
pour ventiler son vernis –
soir de septembre

les décolletés bientôt
vont plonger dans l’hiver –
pommes d’automne

(19/9)

°
quelques kyôkus – et autres :

un haïku 5/7/5
c’est un haïku

qui ne s’est pas détaché
du “moule” japonais

ce bien vieux 5/7/5…
Est-il utile ?
Est-il pertinent en français ?

°

Ils savent du souffle

(du seul souffle, comme de l’unique trait de pinceau ?)

ce qu’on leur en a dit…
guère plus, à ce qu’il semble,
singes savants (?) qui répètent à l’envi leur leçon…

Cela leur suffit-il ?
Expérimenter ?
Ô Rimbaud, la peur de l’inconnu (!) les fige (!) les momifie !

Ils ont le moule. Surtout ne pas le casser ! Il n’y aurait plus jamais de gâteaux !
Ô peureux, Ô figés du haïku, restez dans vos momies,
dans vos chambres sacrées, dans vos tombeaux pyramidaux !

– De l’air, de l’air, de l’air !

(19/9)

°

(à la ramasse :)

du pommier
en gare de Deauville
mes emplettes

°

ce soir :
jus frais
du pommier
de la gare de Deauville

°

ce soir
du caniveau :
mon marché de pêches

(Compotes en vue !)

(19-20/9)

un canard dit au-revoir au soir –
jardin public

un couteau
oublié dans le sac :
écrasé

burqa,
masque anti-grippe :
même combat !

suicides au travail :
cadenciel enfer

suicides
en prison :

l’enfer
en tôle

(20/9)

°

bouclée
derrière ses barreaux
: la Jeanneke Pis *

La Jeanneke Pis
n’a que 24 ans –
Elle est déjà
sous le verrou

Il (/Elle ?) pisse sa Pils

* : Bruxelles

°

tous les matins
le bouclier de ton sein
me désarme

toutes ces arabesques
sur sa main :
la fin du ramadan

sieste aux Buttes –
une corneille
par-dessus l’orchestre

consignes
signes cons

le paysage en pente
commence à prendre couleurs
demain l’automne

(Avenay)

veille de l’automne
long embrasement du ciel
en apéritif

(Reims, 21/9)

*
« des miettes sur la table /
ton pain dévoré. »

: M-A. (21/9/09)

°

l’odeur du pain
la pleine nuit

°

la gueule du four
la pleine nuit

(25/9/09)

°

dans le haïku
le je
n’est que décor,

participant dilué
dans le paysage

Le haïku n’est pas écriture du « je »
Mais écriture du monde
(dont l’homme n’est que bulle en surface, témoin modeste…)

Plus tu disparais,
plus le monde est grand

plus tu es petit
dans le haïku,
plus il a de place

plus l’auteur prend de place,
moins son haïku est intéressant

Plus tu prends de place dans ton haïku,
moins il en reste
pour ce qui importe !

(23/9)

°

haïku
trace
qui passe
se pose
ne pèse

trop rapide
pour être compliqué

sans réfléchir :
martiale attaque ou riposte,
spontané.

*

haïku
d’un seul trait (d’encre),
d’un seul élan
haïku vif

semblable en cela
à l’écriture automatique
des surréalistes,
celle du haïjin…

haïku jet d’encre
d’un unique coup de mots
: l’idéal – haïku

haïku d’un seul coup

(23/9)

°

Dans le haïku,
essaie d’estomper
au possible
ce soi
s’insinuant sans cesse !

°

du haïku
le soi banni…

du haïku
le soi haï ( ? )

(27/9)

°

« anti-crise sandwich
2 euros »

(rue d’Amsterdam)

(gros titre :)

« Le palmarès
des hôpitaux »
!!!!!

musicien de métro :
sa flûte dans un sac
Leader Price

(22/9/09)

°

(S.S.S.) :

Suppression de la CNDS (Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité) =

Impunité
Police :
100 pour sang !

(23/9)

ceux qui nous voilent la face
ont quelque chose à cacher…

(Dé)voiler la farce ?…

(26/9/09)

°

(S.S.S.) :

Le moi est un tyran
(domestique / ou pas)

Regardez le MoiJe
qui nous gouverne ! :

une telle (t)erreur de casting !

(23/9)

°

La forme 5/7/5 (du haïku) me paraît généralement artificielle, contrainte (/ contraignante). *
Or le haïku – bien que certains aient beaucoup de mal avec (cette notion) ! – est / doit être / rester aussi naturel que possible.
Écrivez donc vos haïkus LIBREMENT. Ils n’en auront que plus de fraîcheur, de souplesse, de spontanéité, de force !

* C’est pour moi un jeu inutile et stérile.

La forme, au fond, on s’en fout ! (pourvu qu’elle colle au (rythme du) sens !)

Tout dépend de ce que tu mets dans ton poème :
des mots
ou
du sens

 » Faire  » du 5/7/5 (pur et dur) c’est – surtout – se mettre des bâtons dans les pieds

(25/9)

°

un haïku
rapide, direct,
d’un seul trait d’esprit,
de plume,
oiseau qui traverse le blanc
et disparaît

(d’après M-A. D.)

Fulguraïku,
un haïku désintellectualisé
(/non intellectualisé, sans réfléchir)
direct, rapide,
immédiat…

(27/9)

°

dire ce qui est
et que les mots s’effacent

(d’après Alix Helme-Guizon)

(22/9)

°

Bien sûr que le « je » est sous-jacent (dans la plupart des cas), et qu’il est « traduit / transcrit » du japonais (cf Bashô The Complete haiku par Jane Reichhold (Ed Kodansha) où l’on trouve un certain nombre (limité, il va sans dire) de pronoms personnels (traduits) de la 1° personne.
Il doit rester discret au possible et ne pas être mis devant, au centre, etc.

Tout un recueil en 5/7/5 ?
J’ai bien peur de finir par m’y ennuyer, malgré toute les qualités d’écriture et le talent de l’auteur(e), à cause de la monotonie de la répétition du même rythme – fût-il impair, il finit par ronronner de systématisme ! – de son systématisme donc. (De la même manière qu’à l’école finissaient par me bercer et m’endormir les sonnets sur les vagues de leurs alexandrins…)
Chaque poème dit quelque chose de différent. Il devrait le dire différemment à chaque fois, à ce qu’il me semble (voir le fameux poème de Guillevic :

Le poème :

Un contenant
Qui trouve sa forme

Au fur et à mesure
Qu’il se remplit

: Guillevic, Art Poétique, Gallimard 1989, p. 125.)

°

le haïku
trouve sa forme
entre trop
et pas assez

= trouver « le point H(aïku) » !

°

mouche d’automne
en vol silencieux
dans la chambre

(24/9)

°

cruchifié… :
une histoire à la Perrette
et à son pot cassé ?…

entre la merde
et l’urine :
le nouveau né.

(cf Cécile Guilbert, in Sans Entraves et sans temps morts, NRF Gallimard, p.267)

toutes télévisions éteintes,
la nappe de la nuit

°

courir à côté du train :
les rires de l’enfant

(gare de Lyon, 27/9)

°

(S.S.S. :)

« Liberté, Égalité, Fraternité » :
le drapeau de chagrin
rongé 4 à 4
par Sarko
et (ses) boys

croisé dans la rue
une refaite …
: seins et face

(Place de Clichy, 29/9)

°

une femme de méninges…

°°°

Haïkus … de Py – oct. 09

23 février 2010

°°°
(kyôbun :)

Passage Dieu
une fille
téléphone

: Mettre en contact –
Espérer l’étincelle

/ Espérer que le contact se fasse,
que l’étincelle jaillisse

°
(Jog du jour :)

dès le début d’octobre
balayeurs
de feuilles rousses

« Célesta, tu rentres
ou je te mets dans la poussette !…
un … deux … »

bain de siège des pigeons
dans une retenue d’eau
du square

Fin de jog –
en haut de l’escalier
mes pieds
mordent les marches

(2/10/09)

°

Porter un haïku
/ Porter des haïkus

Il lui porta un haïku
mortel
en tête…

°

(dieu est loin
j’écris
pour rapprocher les distances)

Sous Sarko
la France :
de plus en plus de mal à l’aimer

°

vanne de caniveau :
les pigeons s’en donnent
à corps-joie

Plus le « je » s’efface
Plus il s’universalise

Bon diamanche !

Il a de la témérité = il est témérite !

soleil –
la rue tourne

qu’il est coloré
le lierre
en haut du mur du cimetière !

°

Le haïku
(-zen) : idéalement
simple, concret, spontané.

(3/10/09)

°

de leur fenêtre
les pigeons
regardent
parfois
les gens
chez eux

arrêt du bus –
les mouvements de sa main
pour ventiler son vernis

(19-9/4-10)

°

première pluie d’octobre
il secoue la salade
de son parapluie
– métro

°

La volupté des lents voyages…

dans le compartiment du train, vide, que j’élis, je pénètre, ferme les rideaux donnant sur le couloir, relève les accoudoirs, prépare à une extrémité un oreiller fait de mon sac à dos, de ma veste, retire mes chaussures, prends un livre, un carnet, de quoi souligner, de quoi écrire, puis m’allonge et entreprends de lire, d’écrire ou de dormir

Ah, la volupté des lents voyages !

Le paysage et la pluie filaient de chaque côté
Il était (allongé) au milieu du temps
et ne bougeait guère
(// que pour sentir autour de lui l’agitaion qui secouait
le train du monde
Il ferma les yeux
et se reporta
des kilomètres plus tard,
frais,
disposé,

paresseureux.

(5/10)

allongé –
le train arrive à Dormans

temps humide –
dans le train
bébé chouine *

* gniarde

°

grignotant son pain en rond –
pleine lune

(5/10/09)

°

le moi de la mode
ou
la mode du moi ?

°

rue du Jour *
à la tombée de la nuit
, doux octobre

(6/10) * 75001.

°

Penchez-vous un peu,
Anges de la béatitude universelle !

°

(Dialogue :)

À John Hendricks (88 ans), chanteur Afro-Américain de jazz :
– J’ai une question … stupide… à vous poser
J.H. :
– Ne vous inquiétez pas, nous avons aussi tout un tas de réponses idiotes possibles !

(Cinéma Le Balzac, 75008, le 4/10/09)

(8/10)

°

(Mot de saison /)
Mot de seize ans

°

Un canard s’ébat des ailes
au-dessus du plan d’eau
– octobre radieux

dur de s’alléger :
tours répétés du parc,
souvent

à côté de la rue de mes Pompes…

(8/10)

°

Laurent lut à travers la ville
: première ligne d’un texte à
débiter le plus vite possible ou
presque pour un happening
demain dans mon rêve : un bloc
compact et carré dont je ne re-
transmets ici que la forme de
cube où le hasard est ambolie
définitivement stoppé(e) net ici

(9/10/9)

Asseyons-nous à
la table de je, et é-
crivons des moïkus !

Mortefeuille

La pluie
va passer la nuit
à sa fenêtre
(ou pas)
éteinte
et doucement
assourdie…

il éteignit,
laissant la pluie jouer
sa partition
à la fenêtre
dans la nuit de vendredi
à samedi

du haut de l’invention du vacarme

(9/10)

°

(Le Va-t-en-guerre :)

Attention !
L’homoncule est dangereux !
Ce petit représidentant du commerce nucléaire
avec tous ses déchets
pour des milliers d’années
damnées !

(Naboléon S. tressé)

cette « journaliste » :

lèche-bittines ?

(Contre-proposition :)

Avoir réussi
pour un homme de 50 ans
(ou de n’importe quel âge d’ailleurs),
c’est
de ne pas avoir de montre.

°

la fin des tongs
au fond d’étang

(cf Buson…(?))

°

(d’après Gilles Brulet :)

la vieille
à son volet :
ZZZZ

(10/09)

°

champignons poussant
sur les façades :
la réception du monde ?

de :  » Casablanca ville moderne « , vidéo de Sébastien Verkindere (1976-2008)

corbeaux volant
au-dessus du terrain de sport
– les Murs de la prison

de :  » Car tu porteras mon nom « , vidéo de Sébastien Verkindere (1976-2008)

(10/10)

°

un sherpa
utilise-t-il
une serpe
une hache
une perche
une harpe
un pare-chemin
pas chers ?

°

(kyôbun :)

Le meilleur haïku
ne serait-il pas celui qui vous échappe ?

(sans que vous y ayez eu « conscience » véritable ?), sans contrôle (« intellectuel »), spontané, direct, « inconscient », donc !… ;
sans retouche, tranchant,

Soyez vide
et les mots viennent
– faire un haïku …

(parfois)

°

Obama
Nobel Price for
Peace in Afghanistan ?

Obama
Prix Nobel de la
Paix en Afghanistan ?

°

le moucheron
entend-il
le bruit du couvercle qui tombe
dans la cuisine ?

un chat
en rond dans
un pot de fleurs

(11/10)

°

Centre Municipal de Santé
Elsa Rustin (e ?)
Bagnolet

°

(Kyôbun :)

L’ambiguïté *, le mystère,
voilà une des facettes amusante(s) du haïku –

* causée par l’usage du participe présent, par exemple, qui parfois noie le sujet – et peut
provoquer le questionnement, l’humour
Noyer (/ diluer, délayer) le sujet (au fond) du haïku : une entreprise jubilatoire
– au contraire de le dire, l’exposer : le sous-entendre, le dissimuler : c’est plus drôle !

ce « je » qui s’efface comme le chat du Cheshire derrière son sourire (L.Carroll)

2200 mamans
au stade
de la Tétée Géante

(Charléty, le 11/10/9)

Lucifer à cheval …

°

(Kyôkus)

La Hache du haïku :
Le haïku faut qu’ça coupe !

: la césure,
le haïcou(peret)

Le kukaï :
un bon baromètre,
un galon d’essai !

°

un pan de lumière
s’est installé sur le toit,
réfléchi

matin frais d’octobre –
les canards semblent attendre longtemps
avant de se lancer à l’eau

au bout de la canne blanche
un chapelet de billes
argentées

son allure
sans son galure !…

Meeting révolutionnaire ? :
Voyageurs autour
du panneau des départs

nous ne sommes que deux
mais nous sommes très amis

(anna + d.)

salle de bains –
des feuilles de vigne
à la fenêtre

(14/10/09)

°

le dernier cycle (?) :
le cycle amen ?

°

Oser réduire : (kyôbun)

Réduire un haïku
à son strict minimum vital
c’est comme
effeuiller une fleur
pour un bouquet.

Salle de bains –
des feuilles de vigne
à la fenêtre

(15/10/09)

°

dans les sens
de plus de sens :
moins de mots

moins de mots
donnent * plus de sens
( : de directions)

* peuvent emprunter plus de directions.

S’abstenir (/s’abstraire) des verbes
(qui trop orientent).

Abrège le haïku :
Il s’élargit.

Vers le moins :
Pas un mot de trop !
Rien d’inutile !

°

Fiction :

Je l’ai rencontrée
il y a quelques semaines.
Elle est prof’ de fuck’

°

(tanku, à M-A.)

caressant
la page blanche –
pensant à toi

°

(Puisé de la marmite automatique :)

l’amitié roule dans le jardin
jusqu’à la couleur des tuiles

(Laisser venir les mots.)

°

(E.)

dans le métro
un jour (cette année) vu
une jeune femme blonde
: ce fut comme
te voir
autrefois

… lambeaux d’amours

°

Il fait bien son âge !
: trois heures

°

ce soir
un nouvel œil :
cataracte

dans sa blouse
deviner ses rondeurs
: Quinze-Vingts

°

L’Empereur :
« – Trop de notes, trop de notes, Mozart ! »
Mozart :
« – Pas une de trop, Sire ! »

°

Les amis
c’est en périphérie

Les amants
c’est au centre

qu’ils embrassent

°

(la) volupté
du pied
qui entre
dans son chausson

(16/10)

°

Manifestation agricole :
un âne
rebaptisé
« Sarkozy »

°

A-t-il imprimé
son pas dans le goudron frais
contre une engueulade ?
– trottoir parisien

°

réveil :
l’odeur du pain
tout juste cuit

°

ce rendement
qu’on nous « demande » *

: on rend,
on vomit,
on dégueule !

* / impose !

Travailler plus
pour gagner plus
vite la mort

(17/10/09)

°

verni noir
du bec aux bottines,
l’oiseau du dimanche

(Buttes-Chaumont 18/10)

°

l’OMAFAM…

°

Trouver la meilleure formule,
celle qui fait choc :
telle était sa vanité d’auteur…

°

(un Olgarythme :)

endormie nue
allongée sur la moto
à la lueur du réverbère
ses habits dans le bar
qu’elle a quittés fermé

°

coco
sur l’eau
radeau
rateau

( : sa puissance sexuelle en question …)

(19/10)

°

être accueilli chez soi
par l’odeur du pain *
– mmmh !

* aux noisettes !

°

chant de machine ce matin –
un pigeon transite
sur un toit

résection apicale :
l’école
de la dentiste

(métro – Paris)

ses jambes fines
montent jusqu’au paradis

(enthousiasme / admiration…)

les cils blancs
de la brune en noir
jusqu’à son portable…

coucou !
fit-il au pigeon
qui l’accompagna

(22/10/09)

°

Entendez-vous
Les cris de la corbeille ?

La corbeille
n’a pas pieds …

°

restaurant :
tête à tête romantique
… avec la bougie

(24/10)

°

le pain s’arrête
la nuit continue

(26/10, 4h30)

°

sur les genoux de l’homme (noir)
en fauteuil roulant
son enfant
traversent la rue

°

(Paradoxes / kyôbun :)

un haïku est riche
quand il est pauvre

Écrire en creux

°

richesses de la pauvreté
pauvreté des richesses

tout s’équilibre
et tourne …

°

On dirait que
Monsieur (de) Sarkozy
a un problème
avec la Nationalité Française

(27/10)

°

(Rendez-vous amoureux,… :)

L’imminence rose …

°

(kyôbun :)

Dans le haïku, discerner les mots « pleins » ( : lourds de sens, vivants…) des mots « creux » ( : vides de sens, morts…). (Les mots pleins sont ceux qui donnent du sens, le sens.)
Éliminer (/se passer des) les mots « creux » au possible.

°

au bout du pin
un fil
prend le soleil

the pine’s end –
a thread
catches
the sun

(Montpellier, 29/10)

°

(kyôbun :)

Si le haïku « exalte » l’asymétrie, aucun (de ses) vers n’est de longueur semblable…

°

ouvrant la fenêtre :
accueillir le jour,
cueillir le jour

°

prenant la première vague du rêve
et me laissant bercer :
voyager loin …

(chez anna)

la flûte shakuashi
les volutes du thé *

* : masala

(30/10)

°

bande en chiant
le chien du coin
de la rue –
dernier octobre

°

embrasser
la boulangère
comme du bon pain

(31/10)

°°°

Haïkus … de Py – déc. 09

20 février 2010

°

ce matin
pleine lu(car)ne

(3/12/09)

°

talons
pointes
talons :
l’approche musicale
d’une belle femme

°

le blanc de
l’en-creux

la lumière
de
l’en creux

(4/12)

°

un coup de torchon,
tout le toit s’envole

(8/12)

°

Buvant à tue-tête

– je vous doigts ?

(14/12)

°

(tanku :)

réintègre mon rêve,
ô douce amie
de cette nuit !

(15-16/12)

°

ce matin
la toile d’araignée
prend la neige

(Choisy-le-Roi, 17/12/09)

°

Nuit –
les gouttes de pluie sur le toit,
le pain qui cuit

narine soulevée
par l’odeur du pain –
les gouttes de la pluie

La narine
ouverte par le pain
Les gouttes de la pluie

°

trottoirs
gadouteux :
neige et sel

°

été 2003 :
personne de vacciné
contre la canicule *

* = « 20 000 morts »

°

l’amour l’après-midi
la neige sur le toit

(18/12)

°

(D’un dernier voyage dans l’Aveyron, ceux-ci :)

traversant le pays
vers Noël,
arriver à l’idéogramme
 » neige  » *

* = pluie + main

essuyant la vitre blanche,
un sachet de sucre à la main

le pays couché sous la neige
le soleil se lève

à défaut du livre de haïkus
oublié chez soi,
en écrire un

°

cette envie du peu…
de la simplification

( : parce que compliqué, touffu d’abord…)

tous reliefs blanchis…

… les os …

« dussent blanchir mes os » … *
demain
sous la neige

* : Bashô.

°

trois chevaux
sur un champ de neige

moutons
un peu sales
sur la neige

Il fallait qu’il jouât
des mots …

(des coudes des mots…)

Maison des moins Jeunes

le soleil roule
sur le plateau (tout) blanc
– deux-tiers décembre

(les) lourdes branches blanches des sapins

les ailes de papillon
du bus sous la neige

au creux d’un tronc,
la neige blottie

petits chapeaux de neige des piquets
l’on tire une auto d’un fossé

un troupeau
au milieu d’un champ de neige
regarde passer le bus

Un point de vaches
au milieu d’un champ
de neige

La neige tout enseigne…

(19/12)

°

les feuilles glissent
sur le blanc –
21 – 12

°

je me souviens
de ta croix
entre tes seins nus
balayant ma poitrine

puis tu partis en voyage
et n’es jamais revenue

mais ta croix
et tes seins
et ton nom
oublié
se balancent encore
devant moi

ce matin de Noël

(RSA, 1974?-25/12/09)

°

deux belles femmes
l’une après l’autre
à la même table
du restaurant

°

le temps
ça va
ça vient
ça repart en arrière
ça s’élance vers demain
chronos fou

(le temps cet instable…)

°°

ce lourd silence
fin de l’an

(29/12)

°

Qu’est-ce que j’admire le plus, cette nuit :
la dernière lune de décembre
ou les nuages
qui devant elle
sans cesse fuient ?

morning of four –
for the moment
no clouds
across
full moon

tonite
I look at the moon
and I look
too
at beautiful you

le phare de la tour Eiffel
tourne dans la nuit humide

les percus de la pluie
sur la dernière nuit

caracolant
sous son caraco

dernier jour de l’année
le gris du ciel
sur les toits

le toit
du ciel
déteint

dernier soir de l’année
« la merditude des choses » *

* film de F. van Groeningen, Belgique-Pays-Bas, 2008

31 décembre
un père emmène son fils retardé
voir
« la merditude des choses » *

°

31 décembre
un sapin déjà
dans le caniveau

31 décembre,
taillant mes crayons

Creuser le sillon d’écrire…

°

passer à l’an neuf
avec un p’tit ballon orange
ramassé dans la rue

(31/12)

°