Archive for the ‘Tai Ji Quan / Ji Gong’ Category

Ne pensez plus ! – taï-ji-quan

28 mai 2011

°

Ma professeur de tai-ji-quan dit :
ne pensez plus !
Si vous pensez,
c’est trop tard ! *

°

d.(28/5/11)

* = vous serez en retard !

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Haïkus, etc. – Py – oct. 10

1 décembre 2010

°

un cri noir
traverse ce matin –
brossage de dents

dans le métro
il fait monter
l’odeur de la boulangerie

nos deux réveils
aussi
ensemble

Maguelone * :
pas grand chose
d’autre
à se mettre sous l’Adam !?

* plage naturiste de –

dès sept heures
leur télé allumée
: l’hypno-teaseuse …

un saule
pleure
au bord de l’autoroute

une araignée
joue de la lyre
dans le soleil du soir
(forêt de Sénart)

je tombe en spirale,
forêt de Sénart

le grand détachement des feuilles
– octobre sans vent

la cloche
peu à peu
s’associe
au silence

le café
filtre
sous la porte

ta peau
encore froissée
par les draps

mmmh !
ce pain qui cuit :
jouissance absolue

portée
l’ombre
chante

ce soir
lumières jaunes
télés multicolores

par-dessus les toits
des grues
des antennes

des avions
limaces rosées
entament
la toile
du ciel

contempler
le « c’est ainsi »
des arbres

ralentis ton regard
ton esprit
tranquillise-le
pour entrer en contact
enfin
avec la sève

une plume
sur le trottoir
n’écrit rien

une vieille chaussure –
au bord de la route

il faut qu’un haïku
soit
ouvert

a flurry of pigeons
all at once

un petit cheval
de nuage
s’envole
dans le matin
, mi-octobre

boules ramassées
pigeons
de la fenêtre des toilettes

lumières fixes
écrans mouvants de télés
dimanche soir d’octobre

son de l’ampoule
contre l’abat-jour
une cloche de vache

le plancher de mon voisin
du dessus grince
pas seul !

pas
du voisin du dessus :
pas seul !

jusqu’à mon dernier souffle
le souffle du haïku,
probablement

dans le bol de tisane
l’ampoule
vers le haut

passant manches de chemises
et cols
au savon de Marseille
avant lessive :
grand-mère

un petit cheval gris
de nuage
évolue
dans le ciel

feuilles rousses de platanes
sur la pelouse
le soleil se repose

nous pompant l’air,
l’inlassable ressasseur
de leçons !…

au-dessus des embouteillages matinaux
un corbeau
croasse en passant

ma voisine
entame
do majeur
au violon
– l’heure de la sieste

mon miroir est petit
la Thaïlande est loin
je pense à toi

21 octobre
lavant les vitres
une guêpe

premiers avions :
après mes vitres
propres

grosse lune d’octobre
entre les deux tours
d’incinération de déchets

les vaguelettes
que fait l’âge
au dos de sa main

pluie d’octobre –
la goutte au nez
de la vieille dame
sous l’abri-bus

cette femme
vue ce matin
vue aussi ce soir
dans le métro

une page du journal
sou le vent

ondule au vent
la page du journal

pleine lune d’octobre
à la fin de la nuit :
le ciel immaculé

la pleine lune d’octobre
dans le petit matin –
dans ton avion
les hublots clos ?

vol matinal :
par un hublot
le soleil,
de l’autre côté
la pleine lune

pleine lune d’octobre
un premier cri noir

pleine lune d’octobre
en ce ciel
si immense

À l’été les Roms,
À l’automne les Jeunes :
Sarko casse.

pleine lune d’octobre
nuages roses
une cheminée fume

posture de l’arbre :
la pleine lune
entre ses bras

accumulation d’énergie :
il invite
la lune
à lui

séance de Qi-Gong :
la pleine lune
peu à peu
descendue

(disparue
sous les toits)

au-dessus de la grue
des nuages lourds

elle se serre contre moi
lendemain de la pleine lune

à ma mort,
un service fun-zèbre !

lever du seuloeil –
la lumière sur les
traits étirés d’avions

à la porte du bar
des bouteilles de champagne
– rosée

terrien, t’es pas grand chose !

vignes roussies
roches rouges
vers Lodève

l’heure rose
sur la montagne des Causses
vers novembre

luisant de pluie
penchant plus :
l’arbre pleureur

ce matin
goûté à ton thé
au jasmin
de Thaïlande

la blondeur du biloba
en l’air
et au sol

dernier octobre
l’éventail rutilant
des arbres

passage à niveau —
regardant passer
le train

épuisant sa salive
en arguties…
– feuilles à terre

à la grand-mère l’enfant,
à la mère le chien :
promenade du dernier octobre

voiles s’envolant au vent
la veille de novembre

le haïku est un chemin
le long duquel nous marchons
chaque jour…

entre l’appareil photo
et le ginkgo biloba jaune
deux pigeons trop prestes

l’entonnoir en étain
de l’Hôtel du Commerce :
retrouvé dans la niche

sur la table de la cuisine
pinceaux
près de l’assiette au raisin
et deux demi-citrons

feuilles
sous le banc
la pluie d’avant novembre

odeurs :
la pluie sur le trottoir de Millau
dernier jour d’octobre

dans sa mare multicolore
le cygne blanc
sous la pluie

dans la flaque
des bulles trembleuses
l’une après l’autre

toute l’après-midi
mère martelant
ses noix

nous sommes uniques
et cependant semblables,
feuilles, bulles, humains…

« filliforme » :

filiforme –
à la boulangerie
plus de baguettes

(cf : sept 10)

°

d.(oct. 10)

pleine lune d’octobre 2010 – Py

25 octobre 2010

°

pleine lune d’octobre
à la fin de la nuit :
le ciel immaculé

pleine lune d’octobre
au petit matin –
dans ton avion :
les hublots clos ?

pleine lune d’octobre
un cri noir
traverse

en ce ciel
siimmense…

pleine lune d’octobre
nuages roses dans le matin
une cheminée fume

posture de l’arbre :
la pleine lune
entre ses bras

accumulation d’énergie :
il fait descendre en lui
la pleine lune

séance de Qi-Gong :
la pleine lune
peu à peu
descendue

vol matinal :
« d’un côté
le soleil,
de l’autre
la pleine lune »
(d’octobre)

°

d.(24-25/10/10)

Haïkus, etc. de Py, juin 2010

30 juin 2010

°°

constellations de somolive *
dans mon masala **
– premier juin

* margarine « bio »
** boisson à base d’épices

Monsieur avec Madame Bouchaoreille

Une carabine téléphonique

Horties :

Exhorte-feu
Cohorte-feu(x)
Escorte-feu

rapiat
rap(i)ace

traversant mai
martinets
en juin

parfois un martinet
pris dans la toile
de l’échafaudage

Traverser
dans les haïklous

QiGong
le long de l’odeur
du pin

sur le rebord de ma fenêtre
un coin de ciel
en zinc

une samare
prend
le R.E.R.

Parc de S(c)eaux
sous la pluie
les oiseaux

juin
le nouveau couvre-lit vert
de la voisine

son sein arrogant
ma main caresse

bavant seul sous la lune

(cf Li Po : « Buvant seul sous la lune »)

(patine :)

les couleurs passées
des tulipes
sur l’assiette

Lisant le synopsis d’ « Hatchi »
(film de Lasse Hallström),
éternuement.

belles gambett’a
avenue du même nom

(→ 13/6/10)

troncs d’oliviers
ornés
de mues de cigales

°

aux gros seins
elle se penche :
salle de lecture

dans son décolleté
ce
« haïku »

°

Dans « Première Neige »
le « caquette ô caille »
de Kakei

(cf Jours d’hiver de Bashô, POF p.25)

Boulevard Moustachès

( : Boulevard Barbès)

Tromparaître

tous ces copeaux de zinc
sur le chantier
le ciel gris

sur chaque vague
qui se forme
un liséré de lune

(2003 ? -→ 17/6/10 ? cf L’Année Haïku de D.Py, ’tHoge Woord 2003)

Sa mort le trouve.

coloriage :
mouvement rond de sa main
ronde poitrine

°

soir de match
aucun cri dans la rue
= pauvre France / ?

Vuvuzelas –
le si grand silence
de la rue

°

Une relation amicâline

métro –

dans son décolleté
un grain de beauté

Haïku-vache :

la vache
entoure l’océan
une ceinture de nuages

poète :
voit son avenir
en vers

téton
titillant
le centre de la main

on perce le bois
on creuse des trous :
réfection de cathédrale

été subito
la roue du vélo voilée

son sexe ploie
inopportunément
flop !

Serrons-nous – ( : ancien :)

Serons-nous tous ainsi
entassés dans la mort ?

– métro

sirène de beauté…

(ancien : 199? – rue du Fbg St Honoré)

vendredi 13
un aveugle pénètre
dans une miroiterie

le soleil se couche
et bientôt la voisine ?
– fièvre

je regarde :
elle passe
son haut de pyjama

Kyôka – en lisant une e-revue : –

un « haïku »
qui ne décolle toujours pas,

tout englué qu’il est
dans (de) la « poésie » !

les martinets
sifflent de frais
fin juin

Kyôku :

Étendre,
Repousser les limites / les confins
du haïku…
(?)

°

(Par cinq) :

une petite fleur
le silence

( : à Marcel Peltier.)

bousculant l’aube
les oiseaux

l’empyrée
sur mes épaules

une fois aussi
la lenteur

°

ce haïku
non inscrit
sur le rouleau
de la mémoire

disparu(s)
de la mémoire
haïku(s)
blanc(s)

oublié
haïku
blanc

°

Ah, les merles !
sur fond de moineaux –
dernier dimanche de juin

°

Kyôbun olfictif :

Le haïku français,
ça peut être un alexandrin
+ … ? :

douceâcres les odeurs de nos corps en amour

°

Kyôku au « dieu-haïku » :

du haïku
comme de dieu :
taire le nom (?)

Religion :

D’yeux que pour ses seins …

mots noirs
sur nuits blanches
et qui bougent …

Croquille

une voiture course l’aube –
dernier jour de juin

un homme
le regard vers
les mollets d’une fille
qui passe

v’entr’aperçu…

piste cyclable
en pente douce
son encolure

sa mélancolure

Veille de juillet
martinets
crient

°°°

d.p.(6/2010)

de Maître Feng Zhiqiang

5 juin 2010

°

« En travaillant assidûment, on s’approche de sa vraie nature, de ce qui est spontané. »

Maître Feng Zhiqiang (1928 – )

°

Haïku, etc. de Py, mai 2010

2 juin 2010

°

Petite pluie
Premier baiser de mai

°

avec un bout de plume
du cygne blanc
le moineau
s’envole

°

Haïku :
Fais taire ta tête,
Observe.

°

guerre ;
grand père ramasse
les clous rouillés,
les redresse…

°

fruit d’un magnolier
sur un banc

°

il prit son para-ploc
et sortit

°

Mettre les bougies doubles

°

quittant ma mère
ce soir
le chant du merle
me semble triste

°

mes pas avec
une cloche en silence

°

Patine :

Ah oui, la patine du bon vieux temps *
Les outils usés de grand-père
Le cuir lui, le bois lui

* vers laquelle nous nous sentons irrésistiblement attiré : sa chaleur, son bien-être, son confort. Les marches usées d’un escalier.
Ces objets qui se sont déformés, affinés,
qui ont pris leur forme idéale, qui luisent d’usage, de la répétition journalière du travail des mains de l’artisan disparu…
la trace (vivante), le souvenir présent
de qui fut…

°

Comment la lune ?
: mi-pleine décroissante
par la vitre du train de retour

°

champ de bataille :
le contrôleur
dans des rangs d’endormis

°

nos genoux
dansent en cadence :
train de nuit…

°

un pétale blanc
sur une feuille verte

°

de la pièce le mendiant
ne peut s’empêcher d’estimer
la grosseur

°

j’enterre mon lapin
j’en perds mon latin

°

l’épouvantail :
T-shirt noir
au milieu des corbeaux

°

« Au moment même où un grand nombre de poètes, choqués par la dégradation de l’art du haïkaï,* prônaient le « retour à Bashô »

: René Sieffert, in Introduction à Jours d’Hiver (de Bashô), POF, 1987, p.7

* comme je le suis moi-même en ce début du XXIème siècle !

« cette nouvelle poésie (de Bashô), épurée, débarrassée des allusions alambiquées empruntées au Chinois, ainsi que des vulgarités du Danrin décadent, se rapproche de la poésie lyrique par son lyrisme contenu, tout en conservant les audaces de pensée et de langage du haïkaï-renga. »
ibid.

°

Au pied de la Croix Rouge Française
un oisillon
mort

°

devant la Croix Rouge Française
le restaurant corse Casaluna
rue de Beaujolais

°

8 mai –
les martinets
fendent l’air

°

(Haïku) :

À défaut de saisir l’essence,
on saisit la forme (5/7/5)
C’est (plus) pratique, (plus) facile !…

°

elle éteint celle
qui s’est tôt
mise en pyjama

dans la chambre
de la voisine
la lumière seule

cuisses croisées
la voisine
la télé

vers vingt-deux heures
elle m’offre à voir
son déshabiller

Ascension
le soleil éclaire
son lit vide

°

une belle merde
vert doré
jad(e)-mire

(trottoir de mai)

°

tout le soir
le concert de la pluie
– baguettes magiques

°

la ceinture
scinde la poitrine
de la conductrice

°

Scoop du jour :
« Le travail est de plus en plus
mauvais pour la santé »

: « Vingt Minutes », p.12, 13/5/10.

°

belles gambett’a
qui traverse l’avenue
du même nom

°

ce soir
sur la table
nos deux tasses
emboîtées

demi-lune
toi et moi
séparés

half-moon
you and I
apart

les martinets
ce soir sifflent
la fin d’un amour

°

l’écrit des martinets
ce matin
sur la basse roulée
des pigeons

°

loin dans juin
les martinets de mai

°

partout
au-dessus de la ville
ces martinets
– solitude

°

diplo(docusto)mate

°

dans le ciel profond du lac serein

°

mon père, il conduit une omelette
d’autres préfèrent avoir la télé,
lui, il conduit une omelette…

°

nuit d’encre ;
quelles traces
au matin ?

°

cour de la crèche,
dimanche –
le vent pousse
un ballon

°

un parterre du parc
couvert de plantes de pieds
mi-mai

°

de sous la couverture
dépasse une main
sur la sébile

°

les premiers pas d’un saule
pleurant la vérité éternelle

°

dans le gobelet
de la mendiante
deux amandes

°

pendant
la « posture de l’arbre »
un merle siffleur

°

ce drogué
se met
en
piqué

°

les ventres gonflés
du milieu de mai

°

elle se penche
sur le billard
– boules !

°

aujourd’hui iris
rime avec cuisses
jardin de Pentecôte

°

ce soir vide
rempli de rien
ni de personne

les martinets
strient le couchant

soir vide,
« sans affaires » ;
des martinets circulent

°

jouissance tactile
des outils patinés
de grand-père

°

ce monde (si) consensuellement soporifique
/
ce monde (si) soporifiquement consensuel

°

L’exigence de la patience…

°

coin de la rue
un tout jeune à patinette
ébahi par
un tout vieux à patinette

°

Avenue Guy Mosquée

Avenue Gai Mocky

°

des grains de bonté …

sa poitrine un ciel
constellé de grains de beauté

(bus 66)

°

samedi de Pentecôte
les couvreurs
à l’œuvre

tombée du jour :
les couvreurs
toujours sur le toit

°

les pendules
chez maman
– quatre-vingt-dix ans

°

Elle alla voir son ologue…

°

6 h 55 –
les martinets
ouvrent le matin

°

cadenas
enserrant
le pied d’un arbre

°

Qigong au jardin
L’odeur du pin chaud

°

j’écris :
« le cancer de l’impôt »,
le bus passe devant le
Ministère de l’Économie et des Finances

°

accoudée à son balcon,
sa main sous son sein,
dimanche de Pentecôte

°

planes
over cranes :
a May sunset

des avions
par-dessus des grues :
crépuscule de mai

°

par les toits
la ville enfile
son habit de lumière
– premiers martinets

°

swifts’ shrill cries
in thy May sky

°

entre les échafaudages
des martinets

parfois
le bruit de leurs ailes

°

les yeux dans la vague…

°

21 heures 37
déjà pyjamassée
télé au lit

°

lundi de Pentecôte
les zébrures de sa robe

°

à la la
verie elle pousse la porte
puis se ravise

°

la moto en passant
fait gicler un peu d’eau
matin de Pentecôte

°

les pratiquants du Taï-Ji-
pensent à étaler leurs gestes —
sur le banc
elle s’étale
sa crème solaire

°

swiftly
in the sky

°

sa poitrine
(que je tente d’ignorer)
éclairée par son écran

(SNCF)

°

Rue dans les coins

°

pas-de-porte :
rectangle d’eau
pour paillasson

°

Du passé faisons table rose…

°°

d.py (mai 2010)

tai-ji-quan

24 mai 2010

°°

Les pratiquants du tai-ji-quan
pensent à étaler leurs gestes —

sur le banc
elle s’étale
de la crème solaire

°°

d.(Lundi de Pentecôte, 24/5/10)

distique (en 5/5) :

23 mai 2010

°

QiGong au jardin
l’odeur du pin chaud

°

d.(Choisy-le-Roi, 23/5/10)

QiGong

18 mai 2010

°

tout au long de la
posture de l’arbre
un merle siffleur

°

d.(17-18/5/10)

Haïkus, etc. de Py – avril 2010

8 mai 2010

°°°

pour sortir son chapeau
il choisit les jours sans vent

(Il n’avait qu’une angoisse :
que son chapeau s’envolât.)

°

Pour qu’il y ait haïku, il faut qu’il y ait déclic :

1°) « L’instant-haïku »

(S’il n’y avait qu’un critère, ce serait celui-ci.)

Le haïku n’est pas une pensée linéaire. Il y a souvent une rupture dans le haïku, une surprise, une confrontation (de deux éléments, souvent)

Et un sens – très fort – du présent.
L’espace-temps y est souvent très réduit. Il est étincelle, étoile filante presque aussitôt filée.

Il est court. Il va à l’essentiel. Pas de mot(s) inutile(s). Pas de fioriture. Pratiquement pas de verbe(s) conjugué(s), d’adverbes, d’adjectifs (peu)… de conjonctions, de pronoms relatifs voire personnels… c’est une grammaire dépouillée au possible. Pas de discursif…
Le moins possible de comparaison, de métaphore.

De la sensation à l’état brut – ou presque.

Du concret, du très concret.

C’est (au mieux) un instantané – ou une prise de conscience soudaine.
L’incongru n’y est pas étranger, le surprenant, le frappant, (…)

ton toi
dans tes pieds
quand tu recules

la pluie s’arrête à l’aube
des pigeons lentement commencent à arpenter
le toit

avec son épée
dans le ciel incertain
– matin de Pâques

posture de l’arbre °
au milieu de mille oiseaux

° posture (statique) de QiGong

quel fouillis d’oiseaux piailleurs !
– premier dimanche d’avril

surpris
par une feuille rouge
sur le trottoir gris
(de gris avril)

(méprise :)

« un bracelet électronique
pour Marie Violant »
(France-Culture, 4/4/10)

un porte-manteau
canard
sur le trottoir

(joeufs de mots ?)

né aux œufs
(nauséeux)
: Pâques

la roue avant du vélo crevée
: galère pour l’école

s’épanouissent
piaillements d’oiseaux
– et bourgeons

alignés en terrasse
: une brochette
– début d’avril

(tanku :)

Faisant mon pain
Pensant à toi
au Burundi

mardi de Pâques
un pigeon posé
sur le trottoir

sur un panneau
dans le métro :
« voter
rend
con »

sobre
il passa
rue Bouret °

° 75019.

« Noces de sang »
un pigeon
macadam

quinze jours de vacance(s) heureux
(la mort n’est jamais loin,
tapie sous le buisson d’un mot)

°

(kyôbun au cygne noir :)

Au lecteur (du haïku) de recomposer (à sa manière) la scène
dont l’auteur (ne) donne (que) quelques éléments.

d’un côté
le sac plastique blanc
de l’autre
le cygne noir

°

héron gris
sur la pièce d’eau
qigong au parc

au centre du cercle de QiGong
tombe
une feuille de printemps

loin, loin,
au-delà des grues, des antennes,
et ramener au centre

deux garnements
le héron s’envole

un confetti encore
hors de mon sac
– déjà lointain le début de l’an !

les fous du roi
au silence ?
Sarkorizyble

je me gratte les cheveux
un pigeon s’envole

autarcissique

anguille sous proche

candide =
blanc comme un singe
sous la neige ?

dans la cuisine
la pomme
(attend
…la dent…)

samare
prend le train avec moi
(sur mon sac)

/

une samare
par le train

ses yeux éclairés
par son portable
– voile intégral

(Vitry s/Seine)

partout où elle va
elle emporte son chat
(…)

les tambours silencieux :
laverie
du vendredi soir

cela fait bien des lunes !
et toujours les cerisiers fleurissent…

(= contre ceux qu’agite la pensée de devoir en finir avec les thèmes anciens ( – éléments constants ! – ) dans le haïku, dans la poésie…)

replanté
où le voulait ma sœur :
le chat visqueux

(paradoxe :)

(Nous sommes) limités
cependant
sans limite

car où
le carcan
du corps

l’imagination
déborde

la ceinture
scinde la poitrine
de la conductrice

en rentrant
m’accueille
l’odeur du pain

une porte
en grinçant
siffla le début du concerto pour violon de Mendelssohn

la déco
d’une samare
sur sa veste

/

une samare
au revers
de sa veste

liberté
l’absolue

ou
rien

cette parisienne entrevue aujourd’hui :
l’ampleur, la totale liberté de son corps…
de son cœur, de son esprit ?

un pigeon
à deux pattes
sur sa baguette viennoise

« Sarkozy au plus bas »
– va crasher
son karcher ?

(le) silence infini
du soir qui tombe
sur mon chapeau

un fil à l’oreille
: musique partagée

en cuisses
sur son scooter
– avril parisien

le tissu s’écarte :
cuisse

(rue de la Jonquière, 14/4)

violettes ses cuisses
sur son vélo
louée

Dans la mer
elle s’élance
Nous la suivons des seins

(7/09)

trop de mots
chassent l’esprit

amenuisier

Gorge Saint-Lazare …

savon de Marseille
au cou, aux manches
avant la lessive :
grand-mère

confetti la fête
tout autour de l’école

tout arrive
la mort arrive
reste tranquille

Lâchez les mots !
(Lâchez les chiens !)
Laissez-les s’échapper !

(kyôbun aux doigts / « Cœur d’instant » )

Pour aller au cœur de l’instant :
les mots courts
– l’émotion grande !

Ce ne sont justement pas les mots qui comptent
mais le sens qu’ils pointent !
Le mot n’est qu’un doigt vers une lune !

« Si c’est l’instrument qui joue,
Pourquoi ne joue-t-il pas dans son étui ?
Si la musique sort des doigts du musicien,
Pourquoi n’écoutes-tu pas les doigts ? »

Su Dongpo.

« cette fonction opacifiante de l’esprit »
D. Odier, in Chan & Zen, Pocket n° 13856, , 2006, p.125

Les mots opaques

Effacer. Ces mots opaques
qui obscurcissent le sens,
opacifient le réel –

Ne pas s’y fier !

°

les vaches broutent
le milieu de l’après-midi
les tgv au loin

premières hirondelles
rue Principale
pas un magasin

(Mondrecourt, D.126)

une boîte jaune de La Poste
quelques pissenlits à son pied

le paysan
arrête son tracteur
pour faire un brin de causette

il espère avoir fini de traire
à l’heure du dernier tgv
(22h30)

marché trois heures (et plus)
(dans la Meuse)
– et pas un point de bière !

sur le bus-navette tgv
« Le plaisir de bouger en Meuse »

les roses artificielles,
les gouttes de rosée
artificielles
– intérieur (bourgeois)

traces de pisse
descendant les pentes
du trottoir

(matin d’avril / ensoleillé)

un petit moineau
dans le sable s’ébroue
après-midi d’avril

soleil du soir
citron
sur les poissons

un gros nounours
à la rue
ce matin de bonne heure

rouge
d’avoir couru
elle descend à Blanche

le bleu nuit gravement à la santé ?

au supermarché
grimbergen
et
gingembre

les oiseaux du printemps
babillent gazouillent –
le bleu encore profond

crépuscule
la Loire
entièrement rouge

le soleil se couche
sur le champ de colza
une biche

champ de colza
pleine lune

(kyôka court :)

Chaque matin,
polir la vitre du poème

… que les mots transparaissent

effacer la distance
des mots
au réel

dans un jardin
du parc du château :
« nombril de bonne sœur »

le haïjin
se méfie des mots

sur son gros bidon
son livre posé

sous l’arbre aux fleurs roses
(qu’il perd),
canards, pie, pigeons –
l’odeur de l’eau

devant les fleurs roses
dérivant sur l’eau,
un canard, posé

n’a pas voulu que je le photographie,
le pigeon sur l’arbre aux fleurs roses

/

sur une branche
de l’arbre aux fleurs roses
un pigeon

un coup de vent
les fleurs (se) lâchent
(de) l’arbre rose

cris d’amour
en tous sens, parades :
fin avril au parc

un calendrier
pour l’anniversaire de mère
– 90 ans

un narguilé
à la poubelle
– petit matin

tout élément qui surprend
peut être haïku

le vent secoue
l’odeur des lilas
– le parc en ville

elle écrit
jambes croisées
des mots croisés

au milieu des marguerites
le cygne blanc

une feuille
devant moi
tourne

– quelle séduction ?

les mots s’en viennent
les pétales tombent

le cygne (et moi ,)
posé(s)

la bouilloire
joue un air folklorique
(derniers jours d’avril)

les racines de l’art :
si l’on ignore les racines,
on ignore l’art
( : ainsi du haïku !)

pleine nuit
le trot du réveil

je travaille de la langue

travailler
trouvailler…

son message :
seul le chant
de la mésange huppée

ouvrir l’appétit,
ouvrir la narine,
ouvrir l’esprit (par la raréfaction des mots),
voilà ce à quoi devrait (/ pourrait) tendre
le haïku

chant diphonique
de plus en plus proche :
la bouilloire

°°°