Archive for the ‘silence’ Category

Compte-rendu du 107è Kukaï de Paris :

13 décembre 2015

Hier, 19 présents. (Moyenne totale de l’année : 18 !). 40 haïkus échangés, 24 « primés » :

°

Avec 6 voix :

hiver

même le silence

est blanc

: Ben Coudert.

sur la ville endormie

la grue

lève la lune

: Antoine Gossart.

°

Avec 5 voix :

Au pied de l’arbre

la dernière balle

de la chienne.

: Patrick Fetu.

°

Avec 4 voix :

grisaille

sous l’allée de ginkgos

retrouver la lumière

: Cécile Duteil.

°

Avec 3 voix :

cordon de CRS

la petite fille

et sa pomme d’amour

: Antoine Gossart;

Joyeux Noël

l’araignée dans la crèche

je la laisse filer

: Eléonore Nickolay;

la jeune sans-abri

d’une poubelle à l’autre

son marché de Noël

: Patrick Fetu;

Lune d’hiver –

des péripatéticiennes

frappent dans leurs mains

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Avec 2 voix :

au métro Bastille

une mouette s’envole

l’enfant la rejoint

: Philippe Gaillard;

Brodé de flocons

le silence de la neige

couvre l’horizon

: Nicolas Lemarin;

Pitreries –

L’oeil impassible

du vieux chat

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

pleine lune d’août

son test de grossesse

positif

: Daniel Py;

Pleine lune –

Envie de croquer

une pomme d’automne

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

Sa voix aussi

disparaît dans le brouillard –

déjà l’hiver

: Michel Duflo;

tombe la neige ~

la forêt

se réinvente

: Eléonore Nickolay;

Train bondé

Il monte

Avec sa chaise

: Leïla Jadid.

°

Avec 1 voix :

arthrose –

seul l’hiver s’immisce

par le chas de l’aiguille

: Michel Duflo;

chevauchant

une monture invisible –

turbulences

: Valérie Rivoallon;

Contemplant les canards

Je déguste

Mon pâté

: Leila Jadid;

le rythme récurrent

du saxo-jazz

le bruit des essuie-glace

: Daniel Py;

ma banlieue

dans une odeur de feu de bois

nuit paisible…

: Danièle Etienne-Georgelin;

Mon nez picote

– dans un champ de poils

sur ta poitrine

: Alice Schneider;

parc en hiver

le manège illuminé tourne

sans enfants

: Philippe Bréham;

Tu es parti…

Un lit de brume

En tirant les rideaux

: Catherine Noguès.

°

Sans voix, mais remarqués :

Annonce de l’hôtesse

le train entre en gare

~ un chat miaule

: Marie Barut;

avance en boitant

un mille-pattes sur la feuille

prolongement du soir…

: Philippe Bréham.

°°°

 

Notre amie Eléonore Nickolay nous a gratifiés d’un beau et bon plat de petits gâteaux pour souhaiter un joyeux Noël au kukaï de Paris ! Qu’elle en soit remerciée !

Bonne fin d’année à tou(te)s

°

et au 9 janvier 2016, pour le kukaï n° 108 !

°

Autres prochains kukaïs prévus en 2016 :

30 janvier, 20 février, 12 mars, 9 avril, 21 mai, 11 juin, 2 juillet,… !

°°°

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Haïkus, senryûs, kyôkus, etc. Py – Nov. 15 – 1):

3 décembre 2015

°

grenouille,

bredouille

– l’étang dort

l’étang dure –

Lola (la grenouille) se détend

(Lola) se défend

au saut élastique

 

La grenouille se détend,

ressort…

, se détend, s’allonge

, quelle cuisse !

La cuisse (légère ?),

aérienne !

: Etang-tatives,

étang-tations

°

(pendant ce temps-là)

le jour monte,

hausse ses couleurs, *

1er novembre.

* (hisse les couleurs…)

°

tous les premiers mercredis du mois

une minute 41 de sirène à midi

(me dit le calendrier

des sapeurs-pompiers

si la si rè

ne retentit

: fermez les fenêtres

ouvrez la radio

°

« Pour avoir des lèvres de rêve » :

la labiaplastie

ou nymphoplastie

°

Suites de son opération :*

son visage-

Halloween

* : infection,

°

L’arbre à cons…

– Vérifions si nous y sommes !…

°

Les escargots *

caracollent au plancher

* = « caracol » (: esp.)

°

De l’ogre d’Halloween

à l’orgue de la morgue ?

– Toussaint

Toussaint,

la paix des mores ? *

* / la paie des morts… /

°

… de gros grains de raisin blond…

°

balcon nogentais :

une table, deux chaises

reçoivent

la pluie

°

(Kyôku :)

Les mots du haïku

ne sont pas là pour meubler

/ combler… le vide,

… mais pour le mettre en valeur… (?)

°

un mille-pattes

luit sous le lampadaire –

lune noire dans trois jours

°

Le monde sera-t-il plus sale

après que tu l’auras quitté ?

°

depuis des années

ce mendiant aveugle

qui ne s’accompagne que de Brassens

(dans le métro)

°

papa pousse bébé tient poupée

(rue de Rome, 5/11)

°

Tout ce monde affairé :

cohue capitale

du matin

(métro, RER, …)

(et) marcher à pas lents

(escomptés…),

c’est pas la vie, ça ?

RA

LEN

TISSEZ !

°

Fête des Pères –

une femme cueille des roses

au bout des rangs de vigne

(Orly-ville, juin 15)

°

(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk,

comment vivent-ils

(ce matin à 5h35) ?

(Millau, 30/10/15)

Six jours plus tard je vois (sur W9)

l’équipe de Saint-Etienne

qui rencontre Dniepropetrovsk

en Ligue Europa de football !

(Orly, 5/11)

°

l’ho

riz

on

°

(9/2006, métro :)

Elle tricote,

on dirait,

les fils de son baladeur

°

(16/9/06 – métro parisien :)

All the jewelry

atop her breast

– my silent hands

Toute cette bijouterie

sur sa poitrine –

– mes mains sages

°

L’homme qu’a bossé,

l’homme cabossé

°

(Kyôkus :)

Haïku :

Alléger le trait

Ecrire =

se vider la tête…

Affiner le trait

Haïku :

Laisser gagner le blanc.

°

les géraniums en pleine efflorescence –

approche de la lune noire

°

le trottoir sec

mouillé sous les feuilles

°

papillon brun dans la rue

lune noire de novembre

°

dessous féminins

(:) la légèreté

du fil

°

tout l’or

°

le rythme récurrent

°

(Saori Nakajima, au kukaï de Paris :)

« Le haïku n’est pas sentimental;

le tanka, oui ! »

°

des corps de métier

suspendus

bleu sur bleu

°

horizontal un oiseau

traverse le matin –

une grue au bout du gris

°

lacet sur le trottoir –

serpent noir de l’hiver ?

°

(Sur une illustration de Mitsuru Ikeda, p. 51 de Haïkus satiriques (de Kobayashi Issa), par Seegan (Laurent) Mabesoone, éd. Pippa, 2015 :)

du bord de la rive

les grenouilles regardent la capitale

et se marrent

(: 9/11, vers 7h55)

du bord de la rive

regardant la capitale

des grenouilles se marrent

(même jour, 9h25)

°

Je viens d’écrire un senryû sur des grenouilles,

ses chaussures de sport vertes

(métro, ligne 14, 8h)

… puis le sac vert

de sa voisine…

°

détachant une feuille de géranium,

une libellule verte

s’envole de sous le balcon

°

(Tanka – devant une peinture chinoise de montagne… :)

Seul compte

le paysage qui s’ouvre devant soi

– s’oublier

un peu

°

(Avenue de Clichy :)

fondue dans un décor

d’encombrants

la mendiante

(: vers 9h40)

d’un abri-bus

quelqu’un

a aménagé son chez soi

(: 9h48)

°

(à suivre (p.45)…)

Compte-rendu du K.P. 104 du sam. 17 octobre 2015 – 1/2

21 octobre 2015

Nous étions treize « disciples » à table, au bistrot d’Eustache ce dernier samedi.

Des rires fusèrent, qui t’auraient fait plaisir, nous en sommes assez convaincus, à la lecture de tes textes, à l’évocation de ta vie, de tes traits d’esprit et de poésie, …, Monique.

Chacun put évoquer quelque souvenir ; Françoise Lonquety nous lut un message de Janick Belleau, et de sa rencontre avec Monique et Jacques, son mari. Ben et Thomas, leurs deux fils purent ajouter leurs voix à la nôtre, à la tienne. Marie-Alice Maire nous lut ce malicieux « haïku » de Michel Duflo : « Kukaï au paradis / elle apprend au bon dieu / les règles du haïku », que tu aurais sûrement bien apprécié !

Chacun put lire également quelque haïku de toi. De ceux-ci, j’aimerais encore citer les suivants :

  • De nos différents kukaïs (auxquels tu assistas dès l’année de nos débuts, 2007, jusqu’à ce dernier mois de juin 2015) :

un oeil à droite un oeil à gauche / le monde n’est pas pareil / pour la libellule

: KP 28 du 4/4/2009.

le frelon myope / sur la fleur en plastique / au cimetière

: K.P. 40 du 10/4/10.

L’écureuil écolo / a ramassé les kleenex / derrière l’hôpital

: K.P. 42 du 12/6/10.

Conversations / croisées dans le métro / Vivement La Muette

: K.P. 55 du 25/6/11.

la petite fille / ne sourit pas à ses grimaces / tristesse du clown

: KP 82 du 12/10/13.

Ombres d’hirondelles / sur le mur blanc du matin / Nos sourires croisés

: KP 86 du 8/2/14.

Yeux noirs olive / le corbeau guette les miettes / de ma pizza

: KP 95 du 15/11/14.

Huiles essentielles / d’estragon dans le cou / – Tu sens la salade

: KP 98 du 7/2/15.

L’orage s’éloigne / la tête sur mon ventre / il se rendort

: KP 101 du 30/5/15.

  • Du « recueil » intitulé « A mon père » :

La Loire grise traînasse / Je me dépêche d’arriver / Dernier rendez-vous

Cuvette d’émail / rouillée dans le jardin vide / herbe du chemin

Sur le pot de chrysanthèmes / un superbe papillon / d’anniversaire

  • Et enfin, du magnifique haïbun « Le voyage au Japon », datant de novembre 2008 :

On ne voit pas bien / le clown blanc sur les cailloux blancs / du jardin Zen

, où Ben et Thomas ont cru déceler que Monique aurait pu se définir comme ce clown blanc !

Si les fleurs volaient / autour des papillons / ça changerait quoi ?

Ô Bouddha de cinq cents tonnes / serait-ce trop te demander / de me rendre plus léger ?

Dans la maison carrée / où caser mon âme ronde / comme la lune ?

Disparaître ? / Laissez-moi être / un petit érable blanc

Venir de si loin / pour se perdre à jamais / dans la beauté

et, le dernier haïku de ce recueil :

Revenue du bout du monde / celle qui marchait sur la tête / c’était moi

: Mo(nique) Coudert.

°°°

(à suivre : la deuxième partie : le « kukaï » proprement dit.)

Haïkus préférés (2) : H.F. Noyes – in « Abatross » 2000-2001- Extrait

13 octobre 2015

°°°

« Un chrysanthème
à lui seul
éclaire le jardin assombri »

: Ion Codrescu (in « Drawings among Haiku », ed. Muntenia, Roumanie, 1992).

« Un haïku remarquable, à la fois par son atmosphère « sabi » de solitude et pour son mélange mystérieux de « yugen ». « Tout seul » a clairement une double signification. L’attention du lecteur coule entre trois éléments précieuses : les pétales que je vois luire comme un or antique, ce silence particulier du jardin assombri par la nuit, et ce sens de la solitude qui devient, aux meilleurs de nos moments-haïku, une « Union avec le tout ».

°°°

Compte-rendu du 103ème Kukaï de Paris du 12/9/15 :

13 septembre 2015

Nous étions 19 participants, hier, pour notre kukaï de rentrée, et 41 haïkus ont été échangés. 28 obtinrent une voix ou plus :

°°°
Avec six(6) voix :

Bientôt l’aube –
Du doigt suivre la courbe
de son épaule

: Isabelle Ypsilantis.

°°°
Avec cinq (5) voix :

Butte Montmartre
je remonte vers l’enfance
mon souffle suivra-t-il ?

: Nicolas Lemarin.

°°°
Avec trois (3) voix :

au bord de l’étang
les feuilles de saule à peine
effleurent le silence

: Philippe Bréham;

avalé par la brume
recraché par la brume
le goéland

: Patrick Fetu;

canicule
dans l’oeil du husky
l’océan

: Eléonore Nickolay;

dans l’embouteillage
ce mouvement lent
de Bach

: Jacques Quach;

Séance de massage –
mon téléphone portable
en mode vibreur

: Minh Triêt Pham;

Septembre –
Pouvoir enfin cacher
la cicatrice

: Isabelle Ypsilantis.

°°°
Avec deux (2) voix :

au revoir –
le papillon de nuit
posé sur sa main

: Valérie Rivoallon;

canicule –
choisir la couleur
du sac poubelle

: Valérie Rivoallon;

château de sable
l’air sérieux de l’enfant
et du père

: Eléonore Nickolay;

dérivant lentement
dans le silence du soir
vers la fin de l’août

: Daniel Py;

d’un revers de main
balayer le sable chaud
écrire ton nom

: Patrick Fetu;

nuit étoilée
la contempler rend le silence
immense…

: Philippe Bréham;

Sortie de l’église –
Une auréole de nuages bas
autour du clocher

: Danièle Etienne-Georgelin;

Un nain jardinier
s’égare dans les bonsaïs
~ problème de taille

: Pascal Lys.

°°°

Avec une (1) voix :

A toujours maigrir
je guette les courants d’air
ceux où je m’envole

: Philippe Gaillard;

cueillette de mûres –
des montgolfières
dans le ciel du soir

: Daniel Py;

Dans un verre à pied elle savoure
un grand cru
de coca

: Leïla Jadid;

frisson de lumière
sur cette rivière glauque ~
seul un lotus rose.

: Joséphine Laurens;

Les amis partis
la poule dans le jardin
fait les cent pas

: Christiane Ranieri;

Moineau, Moineau
C’est un moineau, papa –
son regard vide

: Joëlle Ginoux-Duvivier;

Pédalant tombant
tombant pédalant tombant
tombant.

: Françoise Lonquety;

Quatorze juillet
escalator de Beaubourg
Paris se soulève

: Philippe Gaillard;

Repas de midi –
deux poètes se partagent
la dernière lentille

: Françoise Lonquety;

Traînée blanche
tout la-haut le jet
est dans la lune

: Jacques Quach;

Une plume vole
vers la fenêtre entr’ouverte
– Perruches en cage

: Joëlle Ginoux-Duvivier;

Un papillon
chasse l’autre
Trop petite la fleur…

: Danièle Etienne-Georgelin.

°°°
Sans voix, mais remarqué :

Un doigt, pas davantage
sur le pétale blanc
de l’orchidée

: Christophe Jubien.

°°°

Un haïku (s’il avait été partagé – mais vue l’affluence, un seul des haïkus de non-présents l’a été !), qui aurait judicieusement complété les deux « haïkus-canicule » mentionnés plus haut, celui de Christiane Ranieri :

Canicule –
une araignée s’agrippe
à mon gant de toilette

°°°

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 3 octobre. Il sera avancé à 15h00 (Notez bien : à 15 h 00 !), au bistrot d’Eustache.

Bravo, et Merci à toutes et à tous !

Daniel.

Haïkus – senryûs – etc. – Py – Août 2015

10 septembre 2015

Le long de la Seine

des alignements de tentes

du Ministère de l’Economie et des Finances

jusqu’au Quartier Latin…

(Paris fin juillet)

tout le long de la Seine

des migrants Africains

par centaines de tentes

ces étrangers

qui viennent s’échouer

sur les bords de la Seine

(sous leurs kilomètres de tentes…)

ceux qui s’échouent

tant et plus

au fond des mers…

°

(Une antho. :)

Des trois lignes

en nausée

de trois lignes…

°

dernier jour de juillet

les bambins

d’un centre de loisirs

dans une flaque d’ombre

°

un canard

plaqué

au sol…

°

l’amenuisement inexorable

de l’épaisseur des rouleaux

de papier-cul

(Ce qui ne varie jamais)

l’extension du domaine

de mes livres…

la solution :

transformer mes livres

en P.Q ?

°

premier mercredi d’août

un bon morceau de lune

traverse

la fenêtre de la chambre

(Millau, 5/8/15)

°

après la vie ?

ben quoi :

rien !

°

Télévision Française :

Faire passer les comiques

à 2 heures du matin

: pas vraiment drôle !

°

La croix des cathos

martèle à l’humain :

t’es là pour en chier !

°

se regardant dans la glace

elle s’envoie un baiser

°

laissant derrière lui

le haïku –

et des milliers de papillons-haïku

°

« je vais t’en mettre une »

: l’affection en cinq doigts ?

°

ballotage –

les soubresauts des gens

dans la charrette de foin

°

Merlin,

le canari muet

envolé cet été

Merlin

parti pour le paradis

des canaris,

le silence encore plus grand

de la salle à manger

l’absence définitive

de Merlin, canari,

compagnon de haïku

(Duilien :)

l’absence de la cage –

l’absence du canari

°

Nouvelle pièce de théâtre

promise à un brillant avenir :

Les Précieuses Testicules

°

un des légumes

préféré des tortionnaires :

l’épinard haché (?)

°

Faire un tour d’oeuf rance…

°

Quand retirer un mot du haïku

permet de mieux « visualiser » la scène qui s’y produit…

Essayez !

Qui vous oblige

à remplir votre haïku

à ras-bord ?

°

Douze fauteuils roulants

devant les champs de batailles napoléoniennes :

télé à l’Ehpad.

°

toute en rondeurs

idéalement situées,

elle fait tourner plus d’un oeil !

°

seul

comme un point

sur un i

°

Il ne pensait pas

faire de l’autoroute

un objet littéraire :

l’autoroute

tire la langue

à la vitesse

°

Un a(m)phorisme…

°

Persev/errare

Diabolic/umanum

°

Le haïku ?

: beaucoup de bruit

pour peu !

°

(5-7-5, si on veut… :)

En (grandes) vacances,

je me refais une santé,

je lis du Desproges

me marrant tout seul

sur la terrasse :

la folie Desproges

(ce balcon

encore à l’ombre

où je lis

et me marre

avec Desproges

mort

et enterré…)

Non seulement je lis Desproges,

mais en plus je le recopie,

grandes vacances

Avant la cure de raisin

du mois de septembre,

une cure de rire

au mois d’août :

avec Desproges

°

Lire

pour bien lisser

le temps

°

Le son de la « vraie » vie :

le court bruit d’une scie

dans Castillon, le onze août

à treize heures cinquante-deux

La première cigale

(qui monte jusqu’à moi)

(à) 14h18

°

Levant mon verre

vers l’horizon :

« Cheers ! »

Finir la bière

avant que le soleil

ne finisse de manger la table…

°

On dirait qu’un moteur tourne en rond –

sueur sur un front du onze août

°

regardant

vaguement

ce cimetière marin

°

Un camion Chierici

(à Menton)

°

surpris à lire

sur l’ordonnance :

mézigue, 67 ans.

°

Cet ex-président

de l’inculture notoire ,

ce sark(o)-veau-d’or…

Sarko, critique littéraire ! :

après Madame (des galeries) de la Fayette,

voici Hemingway !

(en 2015)

°

Dans le village

je croisai

un fil d’araignée

°

premier à tester mon pastis :

un moustique

mort

°

le

ha!

sard

°

Les scélé rats

qui accouchent

de lois scélé rates…

°

Journée des gauchers,

aujourd’hui –

et je n’lai su qu’à 21 heures !

°

SVP, ôtez le sentimentalisme du haïku (!)

(où il n’a pas sa place !)

(tanka ? : )

sentimental

à la moi-l’noeud !

°

l’étang,

ce rond dur…

°

Qu’est-ce que j’ai fait au soigneur

(pour mériter ça) ?

°

(Après la boulimie),

reste-t-il des boulimiettes ?

°

dans le train

elle se titille

un mamelon

rêve suivant

°

les moustiques

ont appris

le silence

ou bien

mon oreille

°

Le haïku

devrait (r)éveiller

le lecteur ;

le 5-7-5

m’endort

°

au milieu de la sieste

un grand coup sur mon dos

 » – Saloperie de mouche ! »

°

Elle descend en voiture

vers là-bas –

je regarde

aussi vers là-bas

– les fourmis entre mes pieds

d’un côté ou d’un autre

°

les heures plantes

°

De nouveau la pluie

– intermittente

(mais qui ne pointait pas au chômage)

pluie

intermittente –

– Pôle-Emploi

°

(5-7-5-+ :)

« imagine-toi

le roi et le prix Nobel

de littérature,

croa, croa, croa… »

: Katarina Mazetti, in Entre Dieu et moi, c’est fini, Babel-Gaïa, 2007, p. 130.

°

Cessons d’être des lèche-haïculs !

N’oeuvrer qu’à la moelle du haïku !

°

De nouveau

en faire de moins en moins

aboutir

°

Le haïku

n’est pas un projet d’avenir

le haïku

est un présent,

un passé (tout) simple,

à peine sec

°

Pour éviter les maux de tête :

Ricarbonate ?

°

« Tu ne tueras point. »

– Où ça ?

– Où ça ?

°

(j’ai vu)

le sexe rose

d’un pou

entrer dans sa pou(illeus)e

Un coccineau

grimpe sa coccinelle :

doc. de cul ?

un tortu

grimpe sa tortue

ad hoc

(de cul ?)

°

Une opi-gnon

L’opinion ses meuhs !

°

une mouche à moto

ce matin…

°

grosse tuile ? :

le marbre de la table

(du balcon)

cassé

°

une forte dispute conjugale

et

les roucoulements de deux pigeons

°

le troubli

°

homme

mur

homme

Tous ces pays

ont-ils la nostalgie

de la Grande Muraille ?

La méditerranée

(entre autres mers) :

quel pastis !

contemplant

vaguement

ce cimetière marin

du bon côté

de la manche

°

le sommeil si long à venir….

le si long sommeil avenir…

°

dehors l’azur bleu retentit

les bleues simagrées de Provence

… et les simagrées de canard(s) ?

°

cor

tiquer

°

Qu’est-ce que ça singifie ?

°

richerche

°

fenêtre ouverte

le premier bruit

un tsi tsi

°

le haïku ?

:

ni plus °

° : nie le plus…

débusquer

les petits mots

de trop

Faire

le ménage

des mots *

* dans les mots

_

La forme du haïku

doit épouser son sens

(pas l’inverse !)

Ce n’est pas de la coquille

que naît l’escargot !

Ce n’est pas du vase

que naît la fleur !

°

La pire entorse qu’on puisse faire au haïku

c’est de trahir son esprit.

°

migrants :

mer

de

°

Le senryû

dévoile

le senryû

démolit

les murs

°

con tem plant

ran tan plan

ra ta pla ti

°

(plis…)

Une mise en slip…

°

jaune

tracteur

brun

°

ralentir

retraite

°

De la raie des fesses

à la raie des seins

ou inversement

: sa griffe-haïku !

°

Bien au centre

l’unique mot :

« autour »

°

Fort de son assertion

qu’il répondait toujours,

j’envoyai mon premier recueil de haïkus

à Kenneth White.
Il s’intitulait : « Haïkus et chemises ».

M. Kenneth White ne m’a jamais répondu.

°

Le haïku

c’est un lingot

juste coulé

°

au bord de la Méditerranée

le ponton de plongée

oscille doucement

(à la mi-journée)

°

ce soir

des chats

à chat

sur des murets

°

le balcon

dûment balayé :

une pièce de monnaie-du-pape

°

Que des lignes principales, dans le haïku !

(Les lignes secondaires ne sauraient y avoir leur place.)

Le haïku est une ébauche – que terminera le lecteur.

°

Les nuages se poussent du col

(: Alpes de Haute-Provence, depuis la vallée du Var – Nice-Digne.)

°

Des cascadeurs

Des cascoudeurs

Transparence

Transpirances

°

De l’automobile

faire coucou aux passagers

d’un train d’antan

saluer les gens

de deux mondes

qui se croisent

°

Parce qu’ils remplissent un moule,

ils croient faire un bon gâteau ?

°

champignons jaunes

tout le long de la montée

du col Fromage

°

sarbacane,

sarbacabane

sarbacabanane

sarbacabananas

°

Le haïku à un coup –

le haïku qui n’a qu’un coup ?

(: 5-7-5)…

°

Morsang :

Mord(u) jusqu’au sang

jusqu’à ce que Morsang suive…

°

de nouveau

en pleine nuit

l’odeur du pain (s’)épanoui(t)

°

la fourmi

sans crème solaire

ni chapeau

(montée du col Fromage)

°

le train dans un sens

la pluie dans l’autre

– rentrée –

°

Même court, parfois trop long, le haïku !

Haïkiste,

retire ton commentaire

de l’image !

°

dans son quartier,

la lune

°

Dépourvu de mots

il ne put que s’exclamer

Ah !

(deux ou trois fois)

(- pas 5 ni 7 !)

°

dans l’oeil (droit) de la voiture

un clin de soleil

(matin)

°

dans la caresse du fermier

à ses bêtes

la mort

bientôt

°

terrasse de fin d’août

une guêpe

déguste à son tour

les raisins de ma cure

°

marchant sur le chemin

encore troué de flaques

en chaussures de concert…

quelques cris d’oiseaux

°

Ah, moucheron,

que lis-tu de beau

dans mon carnet ?

°

mini(m)haïku

trop de mots

tue le haïku

°

Les montgolfières

envahissent le ciel

soir d’août

sur Chaumont-sur-Loire

gouttes qui s’élèvent

dans le silence du soir

parfois le bruit des gaz

qu’on remet

dérivant lentement
dans le silence du soir
vers la fin de l’août

ciel

constellé de montgolfières

parfois le souffle de l’une d’elles

La loire, l’étalée…

cueillette de mûres –
des montgolfières
dans le ciel du soir

le coucher de soleil

a accouché

d’une dizaine de montgolfières

(Chaumont-sur-Loire)

°

Si tu mets « trille »

au féminin,

je t’étrille !

°

Les murs nus du haïku…

sans accessoire

sans artifice

sans ornements

sans falbalas :

le haïku nu

/(comme au sortir de son oeuf)

°

au sol

un parallélépipède :

la lune ronde

sur la table
près du lit
la lumière
de la pleine lune

le temps du marathon féminin de Pékin

la lune a glissé

de la table

au parquet

– premiers cris du coq

troisième nuit

que la pleine lune

revient se poser

sur la table

un parallélépipède

de pleine lune…

°

(synesthésie :)

un (petit) bruit frais

au Festival des Jardins

de Chaumont-sur-Loire

dans un des quarts

du bassin d’eau carré

(du jardin coréen)

un massif de lotus

°

relançant dans la jeune mare

une jeune grenouille

égarée

« sauvé la petite grenouille perdue ploc! »

(: Dany)

°

au pied du saule

au bord de la Loire

s’écouler pensées…

°

dernière nuit d’août

toute constellée d’aoûtats

°

sur une poubelle

de Vitry-sur-Seine

« Je suis Charlie »

°

Attiré

vers le vide – joyeusement –

vers le silence absolu,

vers l’effacement…

°

en  cre  ux

en

cre

ux

°°°

Moins –

4 mai 2015

°

Moins il y a de mots dans le haïku,
plus il y a d’espace
plus il y a d’air
autour d’eux,
plus joue l’imaginaire
du lecteur
de l’auditeur –

Le haïkiste,
à l’inverse de « préciser »,
floute,
estompe
son sujet
son action
etc.

pour permettre ce vide
(/ ce vase)
qu’emplira le lecteur
(/ l’auditeur),
s’il le souhaite.

°

Elague
Epure
Taille
ton haïku
à la serpe (du silence) !

°

dp. (4/5/15)

le 11/11/2005 dans la nuit – silence

14 mars 2015

°

dans la nuit
la lumière du compteur électrique pulse
– silence

°

dans la nuit
l’oeil rouge de la machine à laver
– silence

°

dp.(11/11/2005).

Guillaume de Chassy, pianiste :

19 août 2014

« La mélodie très simple permet toute la richesse de l’accompagnement. »

: Guillaume de Chassy, pianiste de jazz, TV, 15/8/14.

« mélodies écrites avec très peu de notes »

« la musique qui se retient »

Cet assourdissant silence…

25 mai 2014

Pour faire suite à un thème sur le nucléaire posté sur une autre liste, cet ajout, ce soir :

En fait mon haïku-long / tanka-court :

Silence médiatique
en France – Le Japon renonce
à redémarrer
ses centrales
nucléaires

d.p.(24/5/14)

est inspiré par ce mail de Laurent (Seegan) Mabesoone, reçu hier, et dont voici un extrait :

« le Japon est sans doute en train de pérenniser son arrêt total du nucléaire, contre toute attente, et grâce à nos mouvements civiques. En effet, hier, les projets gouvernementaux de remise en marche des centrales ont reçu un coup de semonce probablement définitif. Le Tribunal de Fukui a déclaré illégale la remise en marche de la centrale de Ohi, au nom du “respect du droit à la vie et à la sécurité”.
C’est une première, qui devrait entrainer, par juris prudens, d’autres victoires dans les nombreux procès en cours entre les groupes de citoyens et les compagnies électriques. Comme le Japon n’a déjà plus aucun réacteur en marche depuis le 15 septembre dernier, il est probable que cette situation perdure… jusqu’au printemps 2015 au moins. Aucun media francais n’en parle, alors que nous ne parlons que de cela ici…( une partie de la France ne veut certainement pas voir que le Japon a réussi à se passer de sa cinquantaine de réacteurs sans problème – sans même augmenter les émissions de CO2, grâce aux économies d’énergies et au renouvelable). Voici un article en anglais du Mainichi Shimbun :
http://mainichi.jp/english/english/perspectives/news/20140522p2a00m0na003000c.html  »

Qu’on se le dise, et le colporte haut et fort, donc !

Daniel

PS : J’ai aussi lancé un appel à haïkus/senryûs sur ce thème du nucléaire aux haïkistes français, francophones ou/et vivant en France, qui ont déjà écrit (publié) sur le thème, et ceci afin de concrétiser un projet d’édition bi- voir trilingue (japonais-anglais-français). N’hésitez pas à m’envoyer vos textes (au minimum 3 !) à cette adresse :
dpy499AROBASEhotmail.fr

merci d’avance !

D.