Archive for the ‘quatrain’ Category

Haiku, etc de Py – 12/2012 – 2/2

3 février 2013

°°°

un jardin rocambolesque

à l’heure du vent

 

Nés de la nuit.
Bribes. Fragments.
Fariboles – Faribolesques…

 

Sur la petite

route du cimetière

un colis sans nom *

 

* cf : sur la petite / route du cimetière / le soleil – mon père

( : fév 2001)

 

l’avion suit le fil électrique

les nuages filent en sens inverse –

mi-décembre

 

aujourd’hui

8 heures de taiji-quan –

sur le pont un cycliste

 

un coup de rame à droite,

un coup de rame à gauche…

: peindre

 

(d’après Entretien avec Fabienne Verdier, de Charles Juliet, éd. A. Michel, p. 45)

 

le ciel

pose ses couleurs

sur le fleuve –

rides dansantes

 

le (menu) fretin frétille –

un avion vers Orly

traverse la Seine

 

(le) son rythmé

du battement d(es) ailes

de deux cygnes

à queue-leu-leu

au ras de l’eau

(- la Seine à Choisy) *

 

* au-dessus de la Seine

 

feuilles sur le dos :

rosée au ventre –

dimanche matin

 

cette neige

qui habille

la terre

de lumière…

 

parfois (dans) la nuit

ses narines chantent –

a-quies-cer

 

une plume

pour écrire sur ton corps

l’invisible frisson

 

un arc-en-ciel

mangé par un nuage –

approche de Noël

 

la lune :

un cimeterre céleste

( : aujourd’hui)

 

quand les mots

collent aux choses,

immédiatement

 

: quand les mots sont à peine

une construction

(conscient) =

furtive…

 

quand les mots ne sont

qu(e d)’une construction furtive…

 

Le livre lu,

je le relis,

m’en imprègne

(me) l’encre   en moi

(: cf Ch. Juliet, Entretien avec F. Verdier, A. Michel, 2007)

 

Atteindre l’art sans art

(Atteindre) le poème sans mots

la montagne sans montagne

 

Faire réussir la facilité *

* la décontraction, le relâchement, le sans-force

 

Se détacher de la force (musculaire),

agir selon l’énergie

primordiale ( : céleste + humaine + terrestre)

dans la grande spirale du Tao,

ce si subtil…

 

Au centre du dire

 

Être au centre

 

 

de toi-même

 

 

péri-

       féérique

 

pendant la messe pour Alain,

le portable de Jean-Jacques

 

RAndré dans le rang

O

au vieux cimetière

 

Au cœur de l’instant

L’instant du cœur

 

L’instinct de l’instant –

 

Cultiver l’instinct de l’instant…

 

Retrouver sans cesse l’ / son équilibre

 

je trébuchais

dans l’escalier

un bras se détendit

devant moi

me permettant de recouvrer

mon équilibre

 

La volupté du geste juste

(sans effort / sans force)

 

(Ils trouvent de la beauté à la justesse…)

 

Moins importe(nt)

ancien(neté) ou nouveau(té)

que l’expression juste, exacte, véridique,

sincère,

de cœur de l’instant

 

… et moins le « vouloir-faire »

que le « laisser–faire » !…

 

/ Ancien, Nouveau

importent moins

que l’expression exacte, sincère, juste

du cœur de l’instant

 

1 spécialiste des cou(ille)s tordues…

 

un

st

un

 

une porte de métro

couine (toujours) sa gamme descendante

Gare de l’Est

 

L’essieu :

Les cieux

s’approchent

 

… en bon épeautre

(qui se respecte…)…

 

À force de s’exercer,

cela (= le geste) devient / doit devenir

automatique :

Ne pensez-plus ! »

 

(: prof de Qigong et Taiji-quan)

 

: Enclenchez l’automatique !

 

Michel-Ange Fauteuil…

Livre

aux pages blanches

que nul mot

n’osa (jamais)

(déflorer !)…

 

Deuil pour deuil,

An pour An.

 

L’absolu, une solution ?

 

La consommation coulante…

 

Les temps révolus(sent)

La vélorussion

Vélorussionnaires

 

Une vue de

Laisse – Prie …

 

un jour après

« la fin du monde », *

l’ « Absolu » de Dior

 

* censément le 21 /12 2012.

 

à la porte

de la boulangerie

ce clochard

se réchauffe

 

pailletés

les nénés

de Nyna

nouant

le cadeau

de Noël

 

le lendemain

de la fin du monde,

le « bonjour ! »

à tous

 

le lendemain

de la Fin du monde :

« J’adore l’absolu », de Dior

 

: Absolu Rose Damascena

Absolu Jasmin Sambac

Absolu Tubéreuse Inde

 

le lendemain

de la Fin du Monde,

les absolus de fleurs

 

le lendemain

de la Fin du Monde

une eau de parfum absolue

 

(Sincère :)

… être honnête avec ses perceptions (/ sensations). Ne pas les truquer (/ trafiquer).
De toutes façons ça se sent quand c’est trafiqué, triché, quand c’est du chiqué.
Et même plus – ou autre :

S’encensant tant,

c’est sûr, ça sent

son ascenseur !

 

( : par exemple.)

 

Percer les outres

(- cuidant(e)s / -cuidances / -danses…)

 

/ L’ai-je bien léché ?

(lèche-bottes / lèche-bitte(s)…)

 

Le (haut) débit du débat…

 

L’an deux mille douille(s) *

s’achève,

au suivant !

 

deux-mille an-douilles

 

Les îles repliées…

 

sous les piles du pont

la nappe du brouillard

où l’on sait Millau

 

À peu de feuilles près

le biloba nu

– encore un Noël !

 

un tout petit chat noir

traverse un zèbre blanc –

vers Noël

 

(Jog de Noël :)

grimpant la rampe

au-dessus de Millau –

5 vautours

tutoient les sommets

 

des jumelles * le rire

au même instant :

exactement

de la même forme **

 

* Ingrid, Florence

** courbe

 

je lie

puis délie

puis relie

lentement

le fil de la soie :

chansi gong

 

au bord de la route

une boîte de cigares

récolte

des feuilles de chêne

 

J’ai tout mon temps,

j’vais tout monter !

 

Mo – big – dick !

 

(Sauter)

du coq à l’âme

 

Corps et âne

 

jog du dernier jour :

ce haïku n’attend plus que

ma bonne volonté

 

Il est / Elle est

plein/e de bonne volupté !

 

jog du dernier jour

le premier rayon rose

en bout de pic

 

entre deux monts

la traîn(é)e blanche

d’un avion

 

première touche de soleil

sur les crêtes

 

le soleil appuie,

élargit son pinceau

vers le bas

 

(la lumière gagne)

 

première échancrure jaune

dans le blanc

au bord de la route

 

en fin de traîne

les signes cabalistiques

peu à peu

s’estompent

 

chaque moment

est neuf –

pourquoi se soucier

de « modernité » ?

 

Peu c’est mieux

 

peu c’est mieux

parfois –

 

non pas

peu pour peu,

mais

peu pour plus,

 

peu pour mieux.

 

La voie du haïku…

Première leçon :

oubliez tout !

 

« Videz-vous d’abord, avant de pouvoir être rempli(e)(s) par l’esprit haïku. »

Gabi Greve

 

(Ancien :)

salon de l’auto

modèle et machine

roulent des mécaniques

 

Il n’est pas infréquent

que les colverts violent

à plusieurs leur femelle

 

c’est du règne animal

l’accouplement le plus violent

 

(cf : « Science et Vie » n°  )

 

Quant aux Bonobos,

ce sont les plus cool :

hétéro, homo,

tout y passe,

et même en missionnaire

 

Passant la dernière après-midi de l’an

en compagnie d(es) Anciens poètes chinois *

le plus jeune d’entre eux mort il y a 315 ans, **

sereinement –

 

* Des hommes, de vin et de sieste… et d’accord au cours des choses

 

** Yuan Mei (1716-1797)

 

serpentant le long de la piste

les skieurs aux flambeaux

signent la fin de l’année

 

– feu d’artifice

 

°°°

 

Finissant l’année

avec (d’) Anciens poètes chinois –

la commençant

 

Dernière

et première

cuite

de l’année

 

°°°

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Haïkus, etc. – Py – juin 12 – 2/2

4 juillet 2012

la cadence douce
des cloches de l’église ;
les livres de poésie
place Saint-Sulpice *

* = Marché de la Poésie, 15-18/6/12

°

la free-délité

°

élections législatives :
les abeilles
dans la lavande

°

garage en sous-sol
le parfum des troënes

°

aussi beau
le parfum de la rose
que sa couleur
et les gouttes de rosée
qui l’ornent

Fête de la Musique
le parfum de la rose
au parc

°

sortant mon carnet
pour écrire un haïku
j’écrase un escargot

crac
sur le trottoir
1er escargot de l’été

à l’agonie de l’escargot
que puis-je ?

°

meuh meuh meuh meuh meuh
c’est le je(uh) de la vache
meuh meuh meuh meuh meuh

la vache étale son me(uh) :
me(uh) me(uh) me(uh) me(uh) me(uh) me(uh) me(uh)
même son son m’émeut !

(le je de la vache même m’émeut)

(pis, même son meuh m’émeut !)

(mais le son de l’émeu ?)

(pis, même l’âme de la vache me meut !)

au beau milieu des vaches,
qu’a l’émeu à dire ?

l’émeu, au milieu de(s) vaches,
a) se sent-il en famille ?
b) se sent-il ému ?

les meuh l’émurent

les murs, barbes laides

°°°

SUITE FOLKESTONIENNE :

(Prologue :)

savon, eau, sèche-mains :
la mer
dans l’évier (du train)

°
(Logue :)

through ear-plugs
the night rain
on Folkestone

à travers les bouchons d’oreilles
la pluie nocturne
sur Folkestone

steady snoring
our neighbour
towards Sunday

ronflements constants
notre voisin
vers dimanche

the rain stops
but not our
neighbouring
snorer *

la pluie s’arrête
mais pas notre
ronfleur
voisin **

*/ snoring
neighbour

**/ voisin
ronfleur

night rain
a gull
opens
my window

pluie nocturne
un goéland
ouvre
ma fenêtre

between sea
and ear *
bird call

* : see / and hear ?

marée(s) nocturne(s)
des chants d’oiseaux
traversent la fenêtre

la mer
et le vent
s’entraînent
à la plage

la mer sur la plage
mon nez
dans tes cheveux

removal of the cross ?
passing in front of a
ME HODIST CHURCH

Descente de la croix ?
Nous passons devant une
EGLISE ME HODISTE

between sea
and sky
grey

seagull

entre ciel
et mer
gris

goéland

(le goéland, mais la mer est patiente !)

sous le vent
un chien aboie –
marée grise

un temps
à ne pas mettre
un stylo dehors ( : )
wind and rain
along the lea

/ Il fait un temps
à ne pas mettre
un stylo dehors –
Folkestone

on the lea
aong the sea
« keep dogs on leads »

– and no fleas, please !

débordant du pub
les clients
et la musique
qui tangue-roule *

* = rock-n-roll


(É-py-logue :)

… la ville
tourne son talon
à la mer

°°°

(rêve :)

dans le frigidaire
suivre les traces vertes
d’éléphants disparus

°

en oiseau de haut vol…

°

près du restaurant (italien)
une souris à tête rouge
– définitivement

°

(après-demain)

ma fille se marie –
la brillante surface du fleuve

°

collés à la vitre
tous les petits visages
à l’heure de la récré :
orage
du dernier jour

°

le corbeau lance trois croas…

°

le vent retrousse le carnet

On pourrait dire plus
mais on ne le dit pas

On laisse le non-dit faire son œuvre,
l’imagination galoper,
le blanc prendre le dessus

on laisse le suspens
et le fou du logis

s’envoler sur les ailes
de son esprit-grue

les mots s’envoient en l’air

le vent,
à rebrousse-carnet

°

Infinir le haïku…

Préférer saigner le haïku que l’enseigner…

°

mind-blogging *

* : cf : mind-boggling

°

une araignée
descend de mon pantalon
en funiculaire

( fil un cu aire ( ?))

puis y remonte.

Il semble
que tous deux

nous avons le temps,

(/ du temps

devant nous, encore)

(- autant que du temps

à l’envers ?…).

L’araignée tricote sur mon genou

puis marche
de nouveau

dans le vide

(dans son vide).

L’araignée
file.

°

Sirène de pompier
puis de Samu
qui se chevauchent
puis disparaissent
puis une sirène
à vélo

(et là s’arrête le poème…)

°

une mouche
sur mon carnet
devant les mots
« dans le vide »

se frotte les mains

puis semble méditer

un moment.

°

sur le siège
des toilettes du train
pensant vaguement
à sa destinée

(L’art de) rire de soi.

dans le haïku
il faut savoir
se dÉGOnfler

« Reconnaître que tu es un âne, c’est aller droit à la vérité. Tu es – et l’âne est également toi. »

: Wei wu wei, p.104 de La Voie négative, Éd. de La Différence, 1977, 2011.

je suis
et je ne suis pas
no exit
exit

°

D.

George Swede ‘Almost Unseen’ suite et fin : 121-168

28 avril 2012

SWEDE G. Almost Unseen – 121-168 (fin.)

(p.94)

anchored supertanker
its reflection
trembles

pétrolier géant au mouillage
son reflet
tremble

(p.95)

creek
cricket
creaking

ruisseau
criquet
crissant

the caretaker
polishes the canon until
it shows clouds

le gardien
polit le canon jusque qu’à
ce qu’on voie des nuages

(p.96)

medieval town
to the worn stone steps
I add my own

ville médiévale
aux marches de pierre usées
j’ajoute la mienne

drought
graveyard grass
still green

sécheresse
l’herbe du cimetière
encore verte

on the boardwalk
a blind man listens to the sea
finding its way back

sur les planches
un aveugle écoutant la mer
retrouve son chemin

(p.97)

a crow caws and caws
my wife checks the lines
under her eyes

un corbeau croasse et croasse
ma femme examine les lignes
sous ses yeux

one button undone
in the clerk’s blouse – I let her
steal my change

un bouton défait
sur le chemisier de l’employée – je lui laisse
piquer ma monnaie

(p.98)

in the old elm’s shade
the black cat opens one eye
sunspot on its tail

à l’ombre du vieil orme
le chat noir ouvre un œil
une tache de soleil sur sa queue

train to a ghost town
the historian asks to sit
facing backwards

train vers une ville fantôme
l’historien demande à s’asseoir
vers l’arrière

(p.99) (# 131)

ebb tide
the marina’s old yarn spinner
snoring softly

marée descendante
le vieux conteur du port de plaisance
ronfle doucement

this faded photo
from my childhood – still worth
a thousand words

cette photo décolorée
de mon enfance – dit encore
beaucoup de choses

(p.100)

sweltering twilight
a waft of cool air
from the graveyard

crépuscule étouffant
une bouffée d’air frais
vient du cimetière

August heat
the old orange cat sits up and licks
the sun from its tail

chaleur d’août
le vieux chat orange s’assied et lèche
le soleil sur sa queue

spider spins its web
in the window
with a view

l’araignée tisse sa toile
sur la fenêtre
avec vue

(p.101)

children’s day at the zoo
I find myself watching
the children

jour des enfants au zoo
je regarde
les enfants

in the hammock
the undertaker dozes – arms crossed
on his chest

dans le hamac
le croque-mort somnole – bras croisés
sur sa poitrine

(p.102)

used bookstore
a sunset beam lights a row
of forgotten authors

livres d’occasion
un rayon du soleil couchant éclaire une rangée
d’auteurs oubliés

(p.103)

for sale
an old house with creaky stairs
and a cricket

à vendre
une vieille maison aux marches craquantes
et un grillon

(p.104)

town dump
two magpies jabber
on an old brass bed

décharge municipale
deux pies jacassent
sur un vieux lit en cuivre

(# 141)

waiting room empty
bits of leaves
under each chair

salle d’attente vide
des morceaux de feuilles
sous chaque siège

(p.105)

clothesline
the widow’s black lace panties
covered with frost

corde à linge
les petites culottes en dentelles de la veuve
couvertes de givre

dead roadside deer
a snowflake melts
on its open eye

cerf mort au bord de la route
un flocon de neige fond
sur son œil ouvert

abandoned farmhouse
prairie sky in all
the windows

ferme abandonnée
le ciel de la prairie
à chaque fenêtre

sunrise
the fisherman’s shadow stretches
across the river

lever de soleil
l’ombre du pêcheur
traverse
la rivière

the gull with one leg – soaring

la mouette unijambiste – s’envole

first frost
only a dead fly
in the mailbox

premier gel
une seule mouche morte
dans la boîte aux lettres

(p.107)

half-dug grave – lunch hour

tombe à moitié creusée – l’heure du déjeuner

fallen leaves
the hands that gather them
have liver spots

feuilles tombées
les mains qui les assemblent
ont des taches de vieillesse

(p.108)

against the tombstone
with the faded name
homeless man rests

contre la pierre tombale
au nom effacé
le sans-abri se repose

(# 151)

on display
in the museum – ancient grains
of dust

dans la vitrine
au musée – d’anciens grains
de poussière

hut that houses
the fisherman’s nets
full of cobwebs

la cabane qui abrite
les filets du pêcheur
pleine de toiles d’araignée

(p.109)

snowfall
the graveside red roses
turning white

chute de neige
les roses rouges autour de la tombe
blanchissent

at the height
of the argument – the old couple
pour each other tea

au plus fort
de leur dispute – le vieux couple
se verse du thé

storm over
the old scarecrow hunchbacked
with snow

l’orage passé
le vieil épouvantail
bossu de neige

falling pine needles – the tick of the clock

des aiguilles de pin tombent – le tic-tac du réveil

(p.111)

statues in the square
the raised hand of the war hero
fills with snow

statues dans le parc
la main levée du héros de la guerre
s’emplit de neige

among the souvenirs
on her dresser
my roses

parmi les souvenirs
sur sa coiffeuse
mes roses

(p.112)

grand father’s deathbed
more and more snowflakes
cling to the window

lit de mort de grand-père
de plus en plus de flocons
s’accrochent à la fenêtre

under each eye
of the graveyard Jesus
a small icicle

sous chaque œil
du Jésus du cimetière
un petit glaçon

fresh snow falling
the nurse changes
my bandages

neige fraîche qui tombe
l’infirmière
change mes pansements

(p.113) (# 161)

as the coffin lowers
several watches sound
the hour

tandis que le cercueil descend
plusieurs montres
sonnent l’heure

my stomach growls
the old tomcat opens
one yellow eye

mon estomac gronde
le vieux chat
ouvre un œil jaune

(p.114)

their gravestones
hers newer and taller
than his

Leurs pierres tombales
celle de la femme
plus neuve et plus grande
que celle de l’homme

the aged mother cuts – the corpse’s fingernails

la vieille mère coupe – les ongles du cadavre

open coffin
grandfather’s smile wrinles
show through the make-up

cercueil ouvert
les rides du sourire de grand-père
apparaissent sous le maquillage

(p.116)

snow over everything
mother hums as she brushes
her white hair

la neige recouvre tout
mère fredonne en brossant
ses cheveux blancs

anniversary
the old widow wipes dust from
the bedside photo

jour anniversaire
la veuve âgée époussette
la photo de chevet

(p.117) (# 168)

each haiku
another piece in
the endless jigsaw

chaque haïku
un autre morceau du
puzzle éternel

George Swede :
Almost Unseen,
Selected haiku of George Swede.
Brook Books, 2000.

°°°

(Prochainement :
The Essence of Modern Haiku,
300 poems by Seishi Yamaguchi, 1993
Ed. Mangajin Inc. (USA).
)

Jisei – Haïkus avant la mort – INSEKI – IPPU – ISAIBO

24 décembre 2011

°
INSEKI
(mort le 28è jour du 3è mois de 1765, à 67 ans)

je rends mon nom
en entrant dans
cet Eden de fleurs

NB : C’est une coutume bouddhiste de changer le nom d’une personne décédée.

°
IPPU
(mort le 24è jour du 5è mois de 1731, à 67 ans)

tombant sous le vent
une rafale
de feuilles persistantes

°
ISAIBO
(mort le 29è jour du 8è mois de 1780, à 66 ans)

Bien que je m’attarde
sur la route que prit mon maître,
au-dessus de nous brille
une lune

NB : Tanada Gochikubo, le maître de haïku d’Isaibo, mourut un ou deux mois avant son élève. D’anciennes sources relatent la relation orageuse qu’ils entretenaient. Un des poèmes d’Isaibo, à propos de la beauté de la baie de Matsushima (Préfecture de Miyagi) donne :

Matsushima
leurs genoux déchirent
les matelas du bateau

L’image des passagers s’assemblant sur un bord du bateau, afin de jouir du paysage, leurs genoux frottant les matelas couvrant le pont, paraissait grossière aux yeux de Gochikubo, qui suggéra un rendu moins fruste :

Matsushima
à votre vue
les matelas du bateau se froissent

Isaibo refusa la correction et dut quitter le cercle de Gochikubo. Quelqu’un d’autre les réconcilia. En honneur du retour d’Isaibo en sa faveur, Gochikubo écrivit un poème dans lequel il suggéra que tous deux « arrondissent leurs angles » et se comportent plus « élégamment » l’un avec l’autre.
Isaibo répliqua avec son propre poème à propos d’un prunier élevé en serre afin de hâter sa floraison. Ce poème ne plut pas à Gochikubo, peut-être parce qu’Isaibo pouvait suggérer qu’il devait mûrir en tant que poète, d’une manière pas tout à fait naturelle. Une fois de plus Isaibo dut quitter l’assemblée pendant un certain temps.
En dépit de leur rivalité, ou peut-être à cause d’elle, il semblerait qu’Isaibo aimait bien Gochikubo. La « route » du jisei d’Isaibo est celle qui conduit de la vie à la mort, et qu’empruntent le maître et l’élève, et la « lune unique » est symbole de l’unité parfaite qui sous-tend ce monde de changements multiples.

°
(à suivre : ISAN…)

Haikus etc. – Py – oct. 11 (2/2)

1 novembre 2011

°

mi-octobre
une coccinelle
fait le tour d’une feuille
de post-it

°

….profite….
sur ton tas d’or
sur ton tas d’os

°

les chèvres
jusqu’en haut
des arganiers *

* : arbres dont s’extrait l’huile d’Argan, Maroc.

°

le gazon
du voisin d’en-dessous
pousse vers nous
vert

°

?????
???????
?????

°

un rayon de soleil
(qui) se balade
au gré d’un fil

un rayon de soleil
glisse
sur un fil

(1/9/09-1/11/11)

°

le banc
empli de feuilles rousses
– soleil

°

« merveilleux » ver mielleux ?

°

ce midi
déjeuné dans le
Square
René et Henri Druart
(1888-1961) (1902-1979)
Érudits Rémois Hommes de Lettres

21 octobre
une abeille encore en fleur
Square René et Henri druart

entre les rues
Libergier, Hincmar et Chanzy,
le Square René et Henri Druart *

* haïjins rémois du début du XXè siècle

au bout de l’épée
de Jeanne d’Arc :
un pot de fleurs

(- parvis de la cathédrale)

(Reims –> 21/10/11)

°

poussées par le vent
vagues et mèches de brume
– mouettes parisiennes

°

(2 portraits rev(en)us :)

bibliothèque –
elle n’a
pas du tout
la forme
d’un livre

pizz * de contrebasse
: ses seins
à contretemps

* pour : pizzicati

°

d'(encolure
en colline)s

°
(kyôku :)

lire des haïkus
5/7/5
(dont) le systématisme
endort
(autant que les sonnets
de nos jeunes années !…)

°

les piaillements
ont envahi le square
– chaises multicolores en terrasse

(Place des Frères Lumière, Lyon 69008)

°

(kyôkus :)

je suis donc je pen
se donc j’écris donc je pen
se donc je suis donc

j’écris en écou
tant battre mon coeur…

« nombrilaïku »

(il écrit
selon
son coeur)

Il se polit
le japonais… *

* cf : « se polir le chinois ».

le haïku ce n’est
ni « je », ni « pense » :
Descartes aux orties !

l’amalgame entre
haïku et tanka (court)
(= un « haïku » sentimental / lyrique, un « moi-ku »…)

est-ce un « tanku » ou un « haïka » ?

un tank- ? un anka ?

(au pas de char-je !)

la pornographie
de ce haïku qui s’exhibe
en clichés navrants !

°

rose-brun
le groin yin-yang
d’un sanglier corse *

* (sur Arte, 25/10)

°

Il photographie

°
(mot :)

CONTINUAGE

°
(kyôku ?)

tout ce qui est systém(atism)es :
à la trappe !

(les uniformes,etc…)

la momie
tombe en poussière :
5/7/5 !

°

mouche de fin octobre
aussi alerte
qu’au printemps !

°

sur la barre d’adresses

°

un bruit dans la nuit :
la planche à pain
dans l’évier

°
(Mots / Bashôtages :)

étangongrenouille

grenouillétangong

le coup de gong
du plongeon
de la grenouille

élan étang
gong vagues

—-grenouille~~~–

étang grenouille ondule

élan gong ondes

gongrenouill e

élangong

frogong

longeons étang
plongeons

plongeondes

la grenouille est
le nombril de la mare

—- HA! ^~—-

la grenouille plongea
la mare
dans la stupéfaction

la grenouille
saisit
la mare

iiiiiiiiiiiiii(ii) *

* (: saisis)

vieil étang
une grenouille
gong !

la grenouille
laissa
la mare
interdite

°

Au Maguelone *
tous les yeux rivés sur
les juments à l’écran

* bar-pmu, rue de Maguelone, Montpellier.

°

la douceur des pentes
mais la violence des vents
: descente sur Millau

(ce) vent si violent :
ces arbres se secouent en tous sens !
(- Millau)

°

emplie de feuilles d’automne
la toilette publique
à la turque

sous les poussées du vent
s’ouvre les portes
du jardin
vide

°

« Liszt a aboli le diktat de la forme » *

Oui,
abolir le diktat de la forme
pour le haïku aussi !

* (dans la composition musicale – FR3, 24/10/11)

°

mettre son haïku
à sécher
sur le fil

°

Un « écrivain » doit faire la lumière,
donc
éclaircir ses mots !

°

mère (91 ans)
redistribue les haïkus
de l’anthologie

°

(le) gONg
(frappé au centre
par tout un chacun)

°

vêtue

clad
with a ciggie

(rêve 26/27)

°

limé
élimé
éliminé

°

fermer un cerc(uei)l
un cercloeil

(monocle = cercloeil)

°

le parapluie
se retourne-t-il
/ dans sa tombe ?
/ quand ça tombe ?

°
(kyôku)

Fluidifier le haïku :
ôter tous ses obstacles
: ponctuation(s) – dont kireji…

°

cerises noires :
les écouteurs
sur l’oreille

°
(citation :)

« Qu’est-ce qu’un oui sans non. Un été sans hiver. »
Steven Tyler – Aerosmith.

°

la lenteur
comme exercice
de progrès (…)

°

« Aux Berges de l’Aveyron » *
==>
Aux verges de l’abbé rond ?

* : près de Rodez.

°
(Bashôtages ? :)

souvenir(s) de(s) guerriers
(de 14) – les champs cultivés
(vers Verdun)

souvenir(s) de(s) guerriers
de 14 – un champ
d’éoliennes

°

mariage à la campagne

°

« le 5/7/5,
ça les rassure »
me confi(rm)e Dorothy

le haïkuiste aux cents filets (maillés 5/7/5)
et
le haïkiste sans filet (: de forme(s) libre(s))

°

pas de vent
sur la colline :
dimanche d’éoliennes

°
(Bashôtages ? :)

perché sur un piquet
(au-dessus de l’autoroute)
un oiseau de proie

(- attend le crépuscule)

corbeaux perchés

corbeaux posés

corbeaux

°

tous les dégradés

°

moucheron
son dernier vol
entre deux pages

moucheron

°

le coin du canard du coin …

°

À paraître :



À disparaître :
.
.
.

°

nuages stratifiés —
collines embrumées

°

ré . . . glisse

°

une flûte
joue
ses bulles
.
.
.

°

la brosse-à-dents
de la couleur
du gong

°

peuplier
peuplé de feuilles
seul(e) au sommet
– veille de novembre

°

toutes les éoliennes
au ralenti
: grand bleu
du dernier octobre

°

pièce d’eau :
des feuilles,
des plumes,
en surface

°

il suffit d’une pomme véreuse
pour
confondre le ciel

°
(kyôku :)

3 vers
maçons
où (le) silence
est (le) ciment

°°°

dp. (15-31/10/11)

Haiku, etc. de Py – oct. 11 – (1/2)

17 octobre 2011

°

le passé pas si
simple le passé pas si
simple le passé

°

ri pou ri pou ri
pou ri pou ri pou ri pou
ri pou ri pou ri

°

ça plaît ça ne plaît
pas ça plaît ça ne plaît pas
ça plaît ça ne plaît

°

traint contraint contraint
contraint contraint contraint con
traint contraint contraint

°

RIEN . . . T

°

rien t rien t rien
t rien t rien t rien t
rien t rien t rien

°

en religion : le Très Haut
en haïku : le très peu !

°

comme beaucoup
le premier pet sur ta voiture
un haïku

°

le haïku spirale

l’art doux
(/soft)
tout en courbes
spiralées :
sculpture-pelure-d’orange

aspirale

l’artspiral(e)…

lartdoux

°

2/3/2
3/5/3
5/8/5

°

le camion qui passe
emporte avec lui
le bruit de l’aube

(10/6/06)

°

le pont vert
sur la Seine noire
– Maison de la Radio

(6/3/09)

°

une bouteille en plastique
sur l’eau
un canard sur le bord

°

en bas du
Conservatoire de musique,
un concert de klaxons

(13/10/04)

°

le printemps
l’été
l’amour
l’hiver
°

toise –
assez d’énergie pour aller jusqu’au bout du pinceau

°

reçoit
haïku
donne

°

le soleil
joue
une harmonique
d’araignée

fil d’araignée
et soleil
en duo furtif

une harmonique de soleil
sur la corde
d’une araignée

le soleil

le soleil
joue
de l’araignée

°

parallèlement
deux hommes à valise à roulettes
à portable à l’oreille

(ancien –> 4/10/11)

°

(Bashôtage :)

un claquement,
des rides
: un haïku

un claquement,
des pattes* :
le haïkaï

* : des pieds ?

°

maison de retraite
les pommiers fleurissent dans la cour
(- octobre)

°

(une) déviaviation

(: un détournement d’avion)

°
(Zenryû / Bashôtage :)

what is the sound
of a swamp ?

quel est le bruit
d’une mare ?

avant la grenouille,
le bruit de la mare ?

après la grenouille,
le bruit de la mare ?

la grenouille
est-elle
le bruit de la mare ?

le plouf
de la grenouille
est-elle
la clé
de l’étang ?

le plouf
de la grenouille
ouvre l’étang

dès que la grenouille entre,
l’étang se referme

silence bruit silence

calme plouf ! plat

calme clame calme

CHOC

clameur calme lac

ré – calme

°

devant la cathédrale
la jeune Japonaise
danse
pour la photo

°

« Je regarde la mer. J’apprends à devenir poisson »

: le premier druide in L’enchanteur pourrissant, d’Apollinaire, p. 25, éd. Terre de Brume

°

Caprice est fini ?

°

Dans le haïku, la prose est le liant, le ciment ; le haïku étant la pierre…

°

un noyau d’avocat
vient jouer la toupie
sur le parquet

°

Le « haijin » établit (un lien entre) deux éléments, une passerelle. Tout son art consiste en cette passerelle (que le lecteur puisse emprunter), en cette architecture (plus ou moins visible…/ plus ou moins lisible…(?))

°

(À Salim,
à nous)
:

ce 9/10/11
je me souviens
du 9/8/7
où l’ami cher
disparut
sur une route
de Colombie

Où naviguons-nous ?
entre quels chiffres
bornés ?

°

Aimez-vous (le) brame ?
– Octobre
(il va sans dire !)

°

sur 50 ans
j’ouvre la langue
plusieurs fois

°

« La forge des mots »

la forge des mots
le forage des mots
le fromage des mots

S’amuser (« asobu »)
des mots,
du langage…

la faiblesse des mots…

°

sans connaître le but,
poursuivre son chemin…

°

à ceux que le zen
gêne je dis à ceux que
le zen gêne je

dis à ceux que le zen gêne
je dis à ceux que le zen

°

le gavage des poches
le gavage des proches…
: les oies du pouvoir

°

la réduction
– séduction
rédemptrice ?

°

je lis un poème rimé,
je m’endors

°

à l’époque des fleurs,
l’explosion
de Fukushima

°

l’arbre

°

le zen les a gê-
nés le zen les gêne le
zen les gênera

aux zen-tournures…

gêné né gé

°

déséqualibrer

(le haïku ?)

(pour voir
s’il tient encore
debout ?)

°

ils
cent tasses
dans le train du matin d’automne

vers la mi-octobre
, chevilles ouvrières

(et coups de pieds
/ reçus / donnés)

– Bosse ou crève !

°

je relis des pensées
où en est la lune ?

je suis d’une génération papier
où en est la lune ?

°

Peu importe que mes poèmes soient ou non des haïkus !
mais que je sache quand c’en sont,
quand ce n’en sont pas,
et pourquoi, et comment !…

°

neige abondante lush snow
maintenant fondante slush now

(: ancien)

°

une boucle d’oreille
en feuille bleue (métallisée)
au pied du parc
ce quinze octobre

°

dans les affaires
du clodo parti :
des pigeons

°

(à suivre : 2/2)

haïku, etc. de Py – 1 sept. 11

17 septembre 2011

°

près de lui l’eau
(la nuit)

rien
que
ça

affec
tueuse

premier
cri

haïku
dernier
cri

boule
versée


versé

grand(s)
rien(s)

………./…e
……../…….n
……/………..v
…./……………e
../……………….r
/…………………..s

fou
droi(t)
….(e)

fou comme un oeuf

fou comme une sauce

lier….lire

faire le tour
(du haïku)

: en sortir

(pour mieux le
cerner ?)

.dé
bord
.e

une commode
un cul

une chaise
un cul

re
cul

.(ô)
feuille
..de
.rose
.(!)

fleur
.de
rose

ten…dre

sé…parer

sep…aré

divo…rcé

haï…ku

sai…sir

opinion sur
….ru

oc
cul

oc
cu(l)

dis
cul

dix
cul
paix

os
cul

zzzzz,
l’anti
zen !

ni
di
fier

fier
de son
nid

se fier à son nid ?

s’é…..loigner

bous
cul
er

cul
ti
ver


croc
her

..dé
croche
..r

ac
c…roche

..dé
croche
..!

demander
au cheval lui-même
le secret
de son
hennissement

de facteur à cheval,
…qu’y a-t-il
……..?

de facteur à cheval,
..quelle distance ?

le blanc
est la distance
qui sépare
les deux pôles
du haïku

le blanc tend les mots

….le haijin tend l’arc
….le lecteur décoche

le blanc, c’est l’attirance
(des mots)

fil invisible qui relie ?
les mots :

l’espace / le blanc
entre eux

s’il n’y a pas de tension,
il n’y a pas de haïku

le blanc, c’est ce qui lie
les mots

(entre eux)

le blanc
c’est la disparition

le blanc
c’est la résolution

c’est l’envers de la vie de l’encre

le haïku, c’est une question
d’attraction (: plus-moins, yin-yang, etc.)
entre deux membres (mots, pôles, potes, etc.)

l’arc-haïku

l’arc-en-encre-haïku

le haïku, c’est une spirale infinie…

haïcouteau

haïku…tranche

haïku…lame

haïku…lamelle

le haïku, c’est un tiret
entre 0 et l’infini…

ou entre 3 et 3
entre 1 et 1
etc.

 » steppe  »

escadrille…espadrille

savate…savane

moule…foule…!

moule..5/7/5..foule..(!)

former 5/7/5 moutons

mouler foules 5/7/5 !

5/7/5…bêêêê

Qu’évolue le haïku !

( » le haïku japonais s’écrit naturellement en 5/7/5 ;
le haïku « occidental », artificiellement (en 5/7/5) ! « )
– : 2008 –

saule
et vent
s’épousant

une plume
sur le trottoir
– écrire ?

rotation,
du verbe roter ?



(à suivre…)

Haiku, etc. de Py, juin 2011, 3/3

17 juillet 2011

°

lavande :
systématiquement
sa main
dans leur parfum

passant devant
« le jardin fleuriste
de Marie-Antoinette »
interdit
au public

(Sèvres)

premier jour de l’été
sur le banc du parc
une coccinelle endormie

sur le dos du banc vert
une coccinelle dorée
s’éveille

, tourne,

feint de s’envoler

: seule une de ses ailes sort
de sa carapace,
qu’elle range ensuite,
à nouveau.

au pied d’un banc
du parc de Sèvres
le magazine « A nous Paris »

sous l’arbre recevant
une volée de fruits verts :
premier jour de l’été

étonné
que dans ce livre de haïkus
ne vienne pas un insecte
ce premier jour de l’été

ivre
au premier jour de l’été
un papillon
s’élève
à hauteur d’arbre

jour de la Fête de la Musique :
sur le banc
à l’écoute :
oiseaux
et moteurs d’engins

le long du tracé de la Seine
le vrombissement
d’un hélicoptère

coléoptères,
hélicoptères :
le premier jour de l’été

le carnet de haïkus (?),
notes, poèmes…
se termine :
premier jour de l’été

sur le Guide
du Domaine National,
un petit insecte,
brièvement

premier soir de l’été
entre les arbres
un papillon
se faufile

premier soir de l’été
un chien trottine
dans l’allée

sur mon pantalon beige
un insecte
minusculement
marche

entre deux planches
de l’aire des boulistes
un liseron
passe le bras

le ciel craque un peu
la pluie commence à tomber
entre les sifflets de l’oiseau

la pluie
débouche parfois
les petits losanges
de la plaque métallique

de Matsushima
à Fukushima,
Ah !

(en passant par
Hiroshima !)

un rustre
tenant un bouquet
– ah, tendresse !

après Matsushima,
après Hiroshima,
après Fukushima,
quoi ?

: Sarkoshima ?

tant et tant et tant
bour

sur le toit plat
toujours
ce talon haut

(Issy-Val de Seine)

un moustique
et mon bras
– le temps qu’il y fut

(Bashôtage…)

les parenthèses
refermées
de l’étang

L’écriture est une recherche
d’expression,
un chemin, un essai,
une tentative /(une tentation)

L’encre creuse le sens

la mine avance dans la craie
dans le blanc
dans le papier

le crayon creuse sa mine
sa galerie

la maladie d’écrire,
la « diarrhée verbale » …

une fourmi
galante :

laisse passer
l’orage

… et puis,
au bout d’une galerie d’encre,
une pépite de sens…

le trésor (aveuglément) cherché !

tirant toute la couverture à lui,
se couvrant de ridicule…

ouvrant le livre :
un si bémol

(29/30-6-11)

garder le mystère du / au haïku

dix-sept places de parking
au nouveau Centre Médical,
et un amateur de haïkus

(un) agent de la circulation du haïku…

ceux qui meurent
enroulés autour d’un arbre
le premier jour de l’an

les toutes premières culottes
de la voisine
sur son fil

le vertige
du vide

du rien
du silence
du néant

où nous aboutirons,
[néons]

les haïkus surprenants,
illogiques,… mystérieux,…

le silence assourdissant
des fuites radioactives

comme précisé,
j’envoyai mon poème
à la date limite
du 31 juin

une licorne ailée blanche
s’approchant
dans un ciel tout gris
C’est tout

(30/6-1/7/11)

°

Poèmes de mort japonais – D –

30 juin 2011

°
DAIBAI
(meurt le 29è jour du 5è mois de 1841, à 70 ans)

mes 70 ans – l’herbe
de la pampa desséchée
et tout autour
des iris fleurissent

Daibai mourut en été, quand l’iris (ayame) fleurit. Il compare son vieil âge à un plant desséché d’herbes de la pampa (kareobana), bien que cette herbe meure en hiver.
Daibai, érudit en littérature chinoise, en réponse à des critiques qui doutaient de sa capacité à devenir un haijin, composa cette strophe :

vous ne pouvez pas
faire connaître le goût du poisson
fugu
à qui n’en a jamais goûté !

°
DOHAKU
(mort en 1675)

sans chargement
en direction du ciel
le vaisseau de la lune

Il y a un petit jeu de mots dans le poème oeiginal. Tsumi peut signifier « péché » aussi bien que « chargement ». On pourrait ainsi rendre la première ligne par « sans péché ».
Tsuki no fume signifie, comme traduit : « vaisseau de la lune », mais la ligne peut aussi se comprendre comme « vaisseau sous la lune ».

°
(à suivre… : E)

Haiku, etc, de Py – juin 2011 – 2/3

24 juin 2011

°

un coup de pinsaule

grand angle –
le feu noir
s’éteint

°
(Bashôtages :)

vieille mare –
de qui le plop !
en surface ?

la vieille mare :
pas vu,
entendu
plop !

vieille mare :
le son
d’un saut

vieille mare :
le son
d’un seau
(?)

après le plop !
la mare
de nouveau
vieille

la mare
ondule
avalant
un plop

du choc
la vieille mare
se gondole

choc !
le pouls
de l’eau
s’affole

après le choc
le pouls de la rivière
ralentit

autour du mystère
de la vieille mare :
toute une vie de haïkiste…?


(5/7/5 !:)

l’esprit agité,
comme si des grenouilles y
sautaient sans cesse

de grenouilles
sautant sans cesse :
marre !

°

un beau haïku
5/9/5
au fond

à la pêche
d’un haïku
plongé

°

blanche –
elle ne sort que
les jours de pluie

sur son pied
vers le sol :
serpente

« La forme
sans forme »
du haïku…

… que de quelques corbeaux au Québec…

la vague intéressante, c’est le t(h)on –

Le thon rouge = Le thon des cerises ?

cependant qu’un enfant lentement…

°

entendre le silence
du haïku

(où tout baigne)

de 7 à 5 :
haïkus tordus !

de 7 à 5
les « confectionneurs » de haïkus
se tordent pieds et mains

les confectionneurs de haïkus
maint pied
se prennent
dans le tapis
5/7/5

Suivez
le rythme naturel (/le plus naturel)
du dire ! / de l’écrire !

°

aux cinq coins du monde…
(ex : les 5 continents)

°
(Bashôtages :)

du bord
de l’eau, ah, croupie,
la grenouille se détend
– plouf !

du bord
de l’eau croupie
la grenouille se d’étang
– Ah !

vieille étend –
son linge au soleil

vieil étang :
dard du plouf !

au vieil étend
dare darde le soleil
ses rayons

au vieil étang
dare-dare plonge un crapaud
– Accourez, oyez tous !

°

à la pointe de l’épée de Jeanne :
une plante en pot fichée
– Cathédrale de Reims

lit vide :
la voisine
délaissée

(SSS ?)

l’étalon
à talons

: détalons !

(: d’Attali ?)

le souffle chaud
du train de l’après-midi
s’arrête en gare

(comité de réception ? :)

Les trois grasses
plantées à l’accueil

°
(Bashôtage :)

de la grenouille
les ronds
dans l’eau usée

°

dans la cour de l’école
jouent
les fleurs de cerisiers

°

Amoindrir

Ah, moins dire !

°

un bac rempli de la
poussière de l’église,
plus une plume

un bac rempli de poussière
plus une plume
de l’église

°

Entends-tu
le bruit
que font tes talons ?

(couloir de métro)

toutes les mouches
autour de la lampe
même en plein jour

deux
papillons blancs
voletant
au-dessus de
volubilis blancs

deux papillons blancs
voletant au-dessus de
volubilis blancs

lue
la lumière des lucioles
: jamais vue !

Le Sacré-Coeur :
pour écraser le souvenir
de La Commune !

°

Bannir les « comme » du haïku ;
« comme » : ce « piège » de la poésie occidentale !

[ : en lisant une anthologie de haïkus japonais contemporains ]

, ces « comme », dont nous faisons incommensurable indigestion, par ici !

°

une bulle de savon,
le barreau d’un grille :
deux bulles de savon

une seule feuille
captant tout le soleil
– patience !

fun –
une feuille
tombe en juin

que de pissenlits fleuris
dans ce champ
et que de moutons !

que de pissenlits,
que de moutons
dans ce champ !

(Aveyron, 4/11)

°