Archive for the ‘proposition’ Category

« Billes d’humeur » ou « Têtes de Trucs »… – Avril 2015

3 mai 2015

… ANTI-Journal,
Défouloir,
Eclabouses…

°°°
Avril 2015.

Y en a
qui pensent que si vous ne faites pas trois lignes
qui durent 5, 7 et 5 « syllabes »,
vous n’écrivez pas du haïku !

Pauvre haïku !

°°°

Pourquoi faut-il toujours / souvent / encore / …
que le haïkiste se mire en son haïku ?

: sortir de (/ du) soi !

Le haïku n’est pas
le miroir du haïkiste

Dans le haïku
on ne revient pas vers soi,
on sort de soi !

– Ecrit-il ses haïkus
au présent de l’admiratif ?

Un haïku « bibicentrique » !

(/ bibicentré / bibinecentrique ?)

°°°

Traquer le mot (/ le commentaire)
inutile.

Le haïku,
ou : Comment taire
le commentaire !

°°°

De la persistance / De l’insistance
de la pensée
dans le haïku (français)

De la pensée
à la nausée
de la pensée

Je pense
donc je fuis.

Dans les toilettes
je pense
et pisse à côté

Je pense
donc je pisse
à côté

Je panse,
je suis.

°°°

Vous leur donnez de la confiture,
ils chipotent sur la forme du pot

°

Il serait peut-être temps de se demander ce qui importe (le plus) dans le haïku :

la forme du vase
ou sa liqueur ?

la forme de l’os
ou la saveur de la viande ?

l’enveloppe
ou la lettre qu’elle contient ?

le corps
ou l’esprit ?

l’écorce
ou l’essence ?

l’habit
ou le moine ?

°

Ne serait-il pas temps de s’intéresser
plus au contenu du haïku
qu’à son contenant ?

°

(Pour peu que je sache) :

Je sache que
l’on peut écrire des haïkus autrement qu’en 5+7+5 mores,
qu’en 5+7+5 syllabes,
qu’en 17 (mores / syllabes),
autrement que sur 3 lignes
ou qu’1
(mais aussi sur 2, sur 4,…)

Je sache
qu’on n’est pas tenu / obligé
d’imiter (/ de singer) le haïkaï (/ haïku) japonais ancien / antique
ou son apparence
en français
(ni dans n’importe quelle autre langue que le japonais)

je sache
que l’essentiel du haïku
ne réside pas dans sa forme
mais dans son contenu

Je sache
qu’il est primordial de connaître
l’essence du haïku,
l’esprit du haïku,
le coeur du haïku,
l’énergie interne du haïku,
(le sens du haïku).

Je sache
que s’il n’y avait qu’un critère à respecter
pour écrire du haïku
– ici ou là –
ce serait celui-ci :
appliquer les règles « internes »
qui régissent
(et réjouissent)
l' »âme » du haïku.

°°°

Vous qui tenez tellement
à singer le haïku japonais classique,
comment se fait-il que vous ne l’écriviez jamais
sur une seule ligne
– ni verticale ?

°°°

Mes haïkus
ont pour (seul) impératif formel
le découpage rythmique naturel
dicté (/ voulu) par le sens
propre à chacun d’eux.

ou :

C’est le rythme du haïku
qui dicte sa forme.

°°°

5-7-5 :
l’attrait / l’attirance
de l’uniforme

5-7-5 :
le prestige
de l’uniforme

Le 5-7-5
ou l’art de
ronronner en rond ?

°

mai 2015.

le haïku en 5-7-5
pieds de naguère !

°°°

d.

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Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 99

8 mars 2015

Le samedi 7 mars 2015, au bistrot d’Eustache (Paris), 19 haïkistes (+ 2 « absents ») ont partagé 40 haïkus/senryûs.

Avec 5 voix :

le printemps s’annonce –
déjà en culotte courte
le nain de jardin

: Michel Duflo ;

et :

scarabée –
l’azur s’invite
sur ses ailes

: Isabelle Ypsilantis.

Avec 4 voix :

Chez mon voisin
les perce-neige
sans mon voisin

: Eléonore Nickolay ;

encombrants –
il pleut il pleut
sur la bergère

: Dominique Borée ;

et :

rue à l’aube
bruit d’une feuille
qui s’envole…

: Philippe Bréham.

Avec 3 voix :

A côté de moi
l’oreiller reste bombé
Ton absence –

: Nicolas Lemarin ;

Du bout de mon doigt
la coccinelle
part en voyage

: Isabelle Ypsilantis ;

et :

soir bleu
la ville allume sa mosaïque
de fenêtres

: Cécile Duteil.

Avec 2 voix :

bain fumant
le crépitement
de la mousse

: Cécile Duteil ;

jardins ouvriers
partager les dimanches
cueillir trois tomates

: Patrick Fetu ;

l’eau du caniveau
à l’approche du printemps –
son chant guilleret

: Michel Duflo ;

nuit à la campagne –
les étoiles et les lucioles
s’échangent en morse

: Minh Triêt Pham ;

Sous ma fenêtre
des enfants passent en rang
ruisseau de voix claires

: Nicolas Lemarin ;

Sur le bord du quai
je ne vois plus que sa main
… brume de printemps

: Christiane Ranieri ;

toute nue
elle fait encore parler d’elle
la pleine lune

: Eléonore Nickolay ;

et :

vague
figée
– quel hiver !

: Daniel Py.

(merci à Michel pour cette version épurée !)

Avec 1 voix :

Dans la nuit d’hiver
pour repères la lune
et le phare du vélo

: Gwenaëlle Laot ;

de leur branche
deux corbeaux regardent
les flocons tomber

: Daniel Py ;

(d’après « Corbeaux », encre de Chine et couleurs sur papier, de Yosa Buson, in Hiver de Yosa Buson, éd. La Délirante, 2001.)

dernière ligne droite
pour l’escargot en vadrouille –
glissant sur une flaque

: Philippe Bréham ;

Entre deux falaises
inlassablement la plage
accueille les vagues

: Gwenaëlle Laot ;

L’ado désoeuvré
boîte de bière à la main
de rue en rue

: Patrick Fetu ;

La mer du printemps
Je marche les pieds nus
Ivre de joie

: Hiro Hata ;

L’équinoxe de printemps
Est-ce que je garde
Mes deux visages

: Hiro Hata ;

neige –
les traces du lièvre
se recoupent

: Paul de Maricourt ;

silence des astres
vagues vertes du vent
je me tiens à toi

: Sylvie Estève ;

et :

Sylphide en jean
devant les Naïades
– Fontaine des Innocents

: Dominique Borée.

Notre prochain kukaï :
le numéro 100 !
aura lieu samedi 11 avril 2015
au bistrot d’Eustache
à 15 h 30 !

Nous fêterons l’événement en proposant – à ceux qui veulent bien y venir
(mais qu’ils me le fassent impérativement savoir, pour la réservation) – de dîner ensemble, après le kukaï,
à la Taverne de Maître Kanter toute proche !

Daniel.

Le LEGO-HAIKU

3 octobre 2014

JE VOUS PROPOSE UN JEU (- bête et méchant ?) :

°

Comment construire un lego-haïku :

1°) Prendre un moule 5/7/5 ;

2°) le remplir de syllabes, dans un ordre au besoin aléatoire, qui font ou ne font pas nécessairement sens ;

3°) décréter, une fois les cases toutes remplies, que c’est un haïku.

°

Voilà : c’est aussi simple que ça !

NB : Ce genre est déjà pratiqué par de supposés (/ soi-disant ?) « poètes reconnus et respectés ». (Hélas !)

NB 2) : Ces pratiquants auraient un « pape ». (Je l’ai même rencontré !)

°

Source d’inspiration : la revue francophone de haïku : Gong n° 45 (Oct.-Déc. 2014), pp. 12, 37, 38, 68…

L’écriture du « je »

19 août 2014

Le tanka, contrairement au haïku, est l’écriture du « je ».

Le haïku / n’est pas un miroir / de l’auteur.

Le haïku n’est pas un selfie.
(… à la mode face-look ?)

Dire « je » n’ajoute rien au haïku. Au contraire. Il le restreint, l’étrique.

Écrire le soi est le premier degré de l’écriture.

Écrire le soi, quelle pauvreté d’intérêt !
quel emmerdement !
quelle suffisance !

Gonfler le soi
dans le haïku
est un contresens.

Le haïku
n’est pas
la route de soi.

DILUER LE « JE »
est un (des) enjeu(x)
du haïku.

°°°

La JUSTESSE est un autre enjeu du haïku
l’ÉQUILIBRE
la véracité
l’honnêteté
l’authenticité
la sincérité

+ l'(extrême) SIMPLICITÉ

°°°

(juillet-août 14)

LA DÉCLARATION DE MATSUYAMA – 12/12

9 juin 2014

PRIX DE HAÏKU INTERNATIONAL MASAOKA SHIKI
(Extrait de Wikipedia, l’encyclopédie libre.)

Le Prix du Haïku International Masaoka Shiki, baptisé du nom du fondateur du haïku japonais moderne fut établi selon les principes énoncés dans la Déclaration de Matsuyama adoptée à la « Convention 99 de Haïku » à Matsuyama, qui se tint en septembre 1999. La création de ce Prix attire l’attention des gens sur Masaoka Shiki, reconnu comme poète globalement célébré, et sur le Haïku en tant que forme courte de poésie mondiale.

RÉCIPIENDAIRES :

. Premier Prix de Haïku International Masaoka Shiki, 2000 :
. Grand Prix : Yves Bonnefoy, France.
. Prix du Haïku : Li Mang, Chine ; Bart Mesotten, Belgique ; Robert Spiess, USA.
. Prix Spécial EIJS : Kazuo Sato, Japon.

. Deuxième Prix de Haïku International Masaoka Shiki, 2002 :
. Prix du Haïku : Cor van den Heuvel, USA ; Satya Bhushan Verma, Inde.

. Troisième Prix de Haïku International Masaoka Shiki, 2004 :
. Grand Prix : Gary Snyder, USA.
. Prix du Haiku : Hidekazu Masuda, Brésil ; Ko Reishi, Taïwan.
. Prix Spécial EIJS : Bansei Tsukushi, Japon.

. Quatrième Prix de Haïku International Masaoka Shiki, 2008 :
. Grand Prix : Kaneko Tohta, Japon.
. Prix du Haïku : Kawahara Biwao, Japon.
. Prix Suédois du Haïku : Uchida Sonoo, Japon ; Lee O-Young, Corée du Sud.

°°°

(Traduction : Daniel Py.)

LA DÉCLARATION DE MATSUYAMA – 8/12

9 juin 2014

VI) LES TENDANCES VERS L’INTERNATIONALISATION, L’UNIVERSALISATION ET LA LOCALISATION DU HAÏKU

29) La fin de la deuxième guerre mondiale apporta une bouffée d’oxygène à la littérature japonaise. Nous nous rappelons vividement la revitalisation du haïku en réaction au « Discours à propos du haïku en tant qu’art mineur » de Kawabata Takeo. Le discours envisageait le haïku comme n’étant pas basé sur l’idée de l’individualisme moderne. Mais, c’est, en fait, la véritable force du haïku.

30) Depuis Shiki, l’individualisme moderne a-t-il mis son emprise sur le haïku ? Si nous regardons à la tradition de composition de groupe du haïku, il serait difficile de répondre par l’affirmative. Cela fait toujours débat. Nous voudrions définir le haïku comme un poème ultra-moderne qui possède le meilleur des deux facettes et s’élèvera au-dessus de la tragédie des temps modernes.

31) Comme nous l’avons mentionné précédemment, nous trouvons dans le haïku cette qualité particulière de pouvoir s’élever au-dessus de la conscience de soi de l’individualisme moderne de type occidental et de pouvoir atteindre un royaume où nous nous connectons avec la nature. Cette qualité spéciale nous donne la possibilité de nous ouvrir au monde à travers le haïku. Dans ce sens, le haïku a un caractère purement objectif. Si la nature était détruite, le haïku noterait la destruction d’une façon dépassionnée ou dirigerait cette réalité vers le soi intérieur et le monde virtuel où nous pouvons gambader parmi montagnes et cours d’eau un beau jour ensoleillé. Dans chaque cas, le haïku et la nature sont unis et semblables. Peut-être que le haïku, la nature et les gens partagent tous le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. C’est pourquoi, quand nous parlons de la destruction de l’environnement naturel, nous ne devrions pas nous considérer comme des protecteurs de la nature, mais cultiver la conscience de faire partie de la nature. Puisque ceci constitue le caractère de base du haïku, il jouera un rôle important dans les questions environnementales.

32) En tout cas, avec la destruction rapide de l’environnement naturel de nos jours, l’action de composer des haïkus donne une occasion parfaite pour reconsidérer les relations entre gens et nature. Nous comptons sur les différentes poésies du monde pour nous donner la puissance de guérir l’angoisse des gens, pour retrouver l’harmonie et pour retourner vers une relation en symbiose avec la nature.

33) Nous pensons que cette brève forme poétique universelle appelée haïku devrait être encore plus répandue de par le monde. Le haïku a sous-estimé sa propre force dans le passé. Comme nous en avons débattu jusqu’ici, le haïku est justement qualifié pour revivifier les différentes poésies du monde (y compris le tanka japonais et la poésie contemporaine de style occidental) au XXIè siècle.

34) La clé de la réforme du haïku japonais se trouve dans l’universalisation du haïku. Ils nous tarde de voir des mouvements et de nouvelles activités poétiques qui placeront le haïku et son cadre conceptuel en proue de la poésie d’avant-garde du monde. En ce sens, le haïku a une présence progressiste. Nous sommes impatients de connaître l’époque où le haïku décollera pour une destination inconnue quelque part dans le monde où il sera un précurseur de poésie fraîche et innovante.

°°°

(À suivre, 9/12)

Senryûs, etc. – Py – mai 14 – 2/2

9 juin 2014

°

C’est r’en, c’est l’oeil !

°

AHURISSON

°

ce matin
la neige
dessine
la toile d’araignée

°

ses seins ballottent
ses cheveux aussi
– tour du parc

°

Après ‘Le réel n’a pas eu lieu’, *
« Le cancer n’aura pas lieu » **

* : Michel Onfray,
** : Milan Kundera, in ‘La fête de l’insignifiance’, p. 16, éd. Gallimard.

°

ce soir
dans la même rue que ce matin
le même homme
promène le même chien
au bout d’une autre cigarette

°

Prévenir, c’est guérir un peu…

°

Le haïku qui narre
est un haïku navrant

°

Ne pas avoir peur
du vide
au coeur du haïku

°

… ce matin, ne rien « avoir à » faire,
nulle « obligation »,
Fera quand même
mais en route libre…

°

Avec ‘Le journal
des derniers jours de mon père’ *
elle écrase le moustique
au plafond
page 20

* d’Issa, éd. Pippa, 2014.

°

ce matin
éponger le sang du moustique
au plafond

°

aujourd’hui,
dans mes messages « indésirables » :
des « costumes de baie »

°

L’odeur du pain
gonfle la narine
– fermer les portes

L’odeur du pain
gonfle la narine
– insomnie

Seront-ils enterrés
dans un cercueil Mercedes
ou dans une boîte à chaussures ?

°

SNCF :
« Société Nationale du Cash et de la Finance » (: CGT)

Cracher au bassinet /
Brasser au cash-y-net !

°

Le haïku « putatif » *

(La jouissance du mot « putatif » !)

* = un haïku qui pense être un haïku –
mais n’en est pas forcément un !…

°

« Tu peux épingler
huit cent sept papillons; mais
pas le vol d’un seul. »

: Éric Chevillard, p. 73 de ‘Le désordre Azerty’, éd. de Minuit, 2014.

°

« Notre terre
qui êtes aux Cieux… »

°

En toute céré-momie…

°

J’adule tes reins…

°

Arrivé au chapitre « dieu »
de son livre,
je saute

°

silence médiatique
en France : le Japon renonce
à redémarrer ses centrales (nucléaires)

°

ce soir
une finale de coupe
de foot : Ira-t-elle jusqu’aux
bites au rut ? *

* / tirs au but

°

Plus tu vieillis,
plus tes pieds s’éloignent
de ta main

°

un moucheron,
ma bière
et moi
: nature calme

°

La pile
des bulletins de vote
pour Les Décroissants
rapidement réduite
à rien

°

sur le banc
du quai de banlieue
mon voisin renifle
sans arrêt

°

Éric Cantona
et riz cantonnais…

°

elles pouffent
puis boivent
l’homme
au fond du saké

°

(La répétition dans le haïku (cf J.A.) :)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh ! Ah, ce
que ce meuh m’émeut !

(13/7/12…)

°

(ancien :)

O comme j’admire ma femme
aux poêles
dans la cuisine !

°

(J.A. :)

A haiku stutterer
un bègue du haïku
le haïku bègue
une histoire bègue ?
I BÈGUE YOUR HAIKU ?

un haïku
en démarrage laborieux
– retard à l’allu(i)mage ?

patinage tartistique

« Peut s’en-envo(-o)ler
l’é-é-été, s’en-vo-oler
le prin-hin-tem-hemps… »

(: cf Frigyes Karinthy, p. 15 de ‘Je dénonce l’humanité’, éd. Viviane Hamy, 2014)

des haïkus « ApPauline » (à Pauline)
= « appaling » = consternants

(Tartine n° 2 :)

« Je ne m’em-hem-pare
pas de la tou-our qu’e-helle
crèv’ là où elle est »

(cf. F. Karinty, op. cit., p. 16)

tartinaïku

le corbeau lourd *
se pose élégamment sur la cheminée
– premières gouttes de pluie

* : même pas sûr que ce fût un corbeau !

sur le balcon
au soleil
passer ma retraite –
lire
écouter les oiseaux

sur sa pelouse
pieds nus
(dé)ambulant sa conversation téléphonique
: le pied,
l’oreille

Me laisser vivre

Ne plus bouger
mourir
en douceur

soleil ô soleil sur le dos
un noir torse nu
tond la pelouse
(électriquement)
– nez

À l’opposé
de la salle fraîche
où l’ordi
le balcon
où le soleil

Les écrivains jouissifs,
jubilatoires :
Hrabal, Chevillard, Paasilinna, Karinthy,…

Prendre une photo
de fleurs sauvages
la déposer dans un vase

Disparition des hirondelles ?
(insecticides incriminés)
– Vive Monsanto !

Allergiques au gluten
(pesticides incriminés)
– Vive Monsanto !

°°°

Cet assourdissant silence…

25 mai 2014

Pour faire suite à un thème sur le nucléaire posté sur une autre liste, cet ajout, ce soir :

En fait mon haïku-long / tanka-court :

Silence médiatique
en France – Le Japon renonce
à redémarrer
ses centrales
nucléaires

d.p.(24/5/14)

est inspiré par ce mail de Laurent (Seegan) Mabesoone, reçu hier, et dont voici un extrait :

« le Japon est sans doute en train de pérenniser son arrêt total du nucléaire, contre toute attente, et grâce à nos mouvements civiques. En effet, hier, les projets gouvernementaux de remise en marche des centrales ont reçu un coup de semonce probablement définitif. Le Tribunal de Fukui a déclaré illégale la remise en marche de la centrale de Ohi, au nom du “respect du droit à la vie et à la sécurité”.
C’est une première, qui devrait entrainer, par juris prudens, d’autres victoires dans les nombreux procès en cours entre les groupes de citoyens et les compagnies électriques. Comme le Japon n’a déjà plus aucun réacteur en marche depuis le 15 septembre dernier, il est probable que cette situation perdure… jusqu’au printemps 2015 au moins. Aucun media francais n’en parle, alors que nous ne parlons que de cela ici…( une partie de la France ne veut certainement pas voir que le Japon a réussi à se passer de sa cinquantaine de réacteurs sans problème – sans même augmenter les émissions de CO2, grâce aux économies d’énergies et au renouvelable). Voici un article en anglais du Mainichi Shimbun :
http://mainichi.jp/english/english/perspectives/news/20140522p2a00m0na003000c.html  »

Qu’on se le dise, et le colporte haut et fort, donc !

Daniel

PS : J’ai aussi lancé un appel à haïkus/senryûs sur ce thème du nucléaire aux haïkistes français, francophones ou/et vivant en France, qui ont déjà écrit (publié) sur le thème, et ceci afin de concrétiser un projet d’édition bi- voir trilingue (japonais-anglais-français). N’hésitez pas à m’envoyer vos textes (au minimum 3 !) à cette adresse :
dpy499AROBASEhotmail.fr

merci d’avance !

D.

La Déclaration de Matsuyama – 5/12 –

1 mai 2014

19) Maintenant se pose la question des kigos (mots de saison). Comme nous l’avons mentionné précédemment, le haïku est un « don de la nature », et au Japon, les saisons et la nature sont étroitement liées. C’est pour cette raison que le kigo est indivisible du haïku. Alors qu’il est extrêmement important de décrire la nature en percevant la relation qui existe entre la nature et les humains en se basant sur la finesse propre au haïku, cela ne doit pas nécessairement se faire sous la forme du kigo. Autrement dit, quand nous parlons du haïku d’une perspective globale, les contenus du haïku auront un lien plus proche avec les caractéristiques locales de chaque pays.

20) Par conséquent, lorsque le haiku s’élargit au reste du monde, il est important de le traiter comme un poème de forme courte et d’employer des méthodes appropriées à chaque langue. Pour qu’un poème soit reconnu partout dans le monde comme haïku, il doit être de forme courte et avoir l’esprit essentiel du haïku.

21) Nous croyons en la possibilité de naissance de nouvelles techniques telles que la forme fixe et le kireji, qui soient caractéristiques d’une langue particulière et appropriées à l’expression de l’esprit du haïku. Par exemple, le sonnet français commença en tant que poème long, mais quand Tachihara Michizo l’introduisit au Japon, il le raccourcit et réussit à produire un sonnet de style japonais. Les poètes occidentaux peuvent faire la même chose avec le haïku. De nos jours, il est courant en Occident d’écrire le haïku sur trois lignes. Cela crée un espace différent du haïku japonais écrit sur une seule ligne verticale, ce qui permet une perception inconsciente instantanée. Mais qu’y a-t-il d’erroné à changer le nombre de lignes si le style d’écriture est approprié à cette langue particulière ? En d’autres termes, « teikei » signifie trouver « l’ordre interne de la langue » pour la poésie, qui pourrait être universel.

22) Le fait que le haïku est, par essence, une poésie symbolique qui a cessé d’être verbeuse et bavarde, est reconnu partout dans le monde. Le kigo est l’accumulation d’une longue tradition de sensibilité poétique qui a continué de grandir depuis la naissance du waka. Pour parler globalement, c’est un « mot-clé qui possède un sens symbolique propre à sa culture particulière ». Assurément, toutes les cultures possèdent des mots-clés symboliques qui leur sont propres et qui ont été entretenus à travers leur histoire. Dans ce contexte, on peut décrire le haïku comme étant un poème universel qui s’exprime essentiellement par le « symbolisme ». Nous pouvons relever aussi que la tendance récente du haïku japonais moderne de s’affiner en tant que poème symbolique va dans le sens de cette direction globale.

23) Dans le cas du Japon, les Renju, comme précédemment expliqué, ont beaucoup contribué à l’acceptabilité de « mots couramment partagés », tels que les kigos. Cela montre la voie vers la possibilité d’utiliser des non-kigos de la même manière que des kigos, si ces non-kigos sont des mots couramment partagés par cette communauté. Même quand un non-Japonais écrit un haïku dans une langue non-japonaise, et même s’il le fait en tant que poète individuel isolé, il ne pourra pas ignorer l’utilité de « mots couramment partagés », qui, à cause de leur fonction symbiotique, ont beaucoup à transmettre.

(À suivre : V. LES « OMBRES » ET LES « ÉCHOS » DANS LES OEUVRES DE POÈTES ÉMINENTS DANS LE MONDE.)

Haïkus, etc. Py – avril 14 – 3/3) –

30 avril 2014

dans le métro
un homme
bat
rebat
inlassablement
trois cartes

Le capitalisme bien compris :
les riches plus riches,
les pauvres plus pauvres

/ Enrichir les riches
Appauvrir les pauvres

Un jusqu’au gouttiste
(: essore la bouteille)

couvant

(Kyôku court à la répétition dans le haïku :)

la répétition dans le haïku :
aïe aïe aïe !

dernier coup de balai –
l’araignée
sur les derniers carreaux

nous traversons L’Oeil
puis nous traversons Le Boeuf :
retour de vacances

(Suite au Cimetière des chiens d’Asnières-sur-Seine, le 27/4/14 :)

pour son anniversaire
une visite au cimetière
animalier d’Asnières

« À notre bébé chéri KIKI »
« SUSHI Ange Poilu »
« TAMISE Ton Waouh Waouh nous manquera toujours »

sur la pierre de MOON *
des pétales de marronniers
tombés

* 1964-1980

/ sur le marbre luisant
de MOON
des pétales de marronniers
(tombés)

« À mon CHATCHAT tant aimé »
« KOLA dors bien »
« Ma MAMMINE (= un chien) Grand amateur de fromage »

des rires
dans le cimetière des chiens
et des chants d’oiseaux

« Ici repose Dick,* des tranchées compagnon fidèle »
* 1915-1929.

Lever la patte

au milieu des tombes canines
un bosquet de
Où (?)

sortie de l’immeuble
pour la balade-haïku
: « tiens, une marche ! »

le Restaurant Van Gogh
non loin du Cimetière des chiens –
Asnières

entre Seine et pont
une femme en boubou
devant sa tente *

* Quechua.

les cônes rouges
des marronniers au carré
Orly, fin avril

les cônes glorieux
des fleurs de marronniers
Avenue de la Victoire



(pour des musiciens :)

anguille sous croches (?)

« Secoue ta phrase
pour en faire tomber
les mots inutiles »

(D.P. – 2009.)

la vie squatidienne

Si le mille-pattes pense
à ses pieds,
il est foutu !

(Tanka du futur retraité :)

jour après jour a
près jour après jour après
jour après jour ah

que je le veuille ou non, ce
seront les grandes vacances

sortie du travail –
un chat noir
traverse dans les clous blancs

°