Archive for the ‘poèmes poèmes’ Category

Un été 14 – Py

14 mars 2015

20 juin :

chaleurs de juin / femmes et oiseaux / rutilent

orage – / l’odeur des troènes / dans l’appartement

troènes et chèvrefeuilles / se disputent nos narines / au coin de l’été // – fourmi, / d’où cours-tu ?

coupe de cheveux / sur le balcon – / fête de la musique

fête de la musique : / une mouche / dans l’appartement silencieux

une prière bouddhique / pour l’insecte / que je viens de tuer

début de l’été – / des drapeaux / fleurissent aux balcons

des cornes dans l’avenue / des bouchons dans les oreilles

la montre / de ton père / disparu / a disparu

dernière semaine de travail – / mon ombre / monte sur le trottoir

dans une station de métro / un clochard / se fait raser la tête

tombe anépigraphe : / le lisse retour / au chaos

deux pigeons / bécotant la même flaque / – dernier vendredi de juin

pigeon sur un fil / – merle / sur un autre

juillet :

une épeichette / jusqu’au ruisseau / roule ses billes

journaliste brésilienne / : ses ballons / trop ronds

le bruit de l’aspirateur / s’arrête / un avion passe

début juillet / des avions / dans mon couloir

ensemble les sirènes / se mettent à pleurer / midi 2 juillet

ce matin le vent / laisse dormir les feuilles / – un oiseau les secoue

au-dessus de l’évier de la cuisine / le miroir / dans lequel mon grand-père / se rasait

devant le verre de pastis / passe une mouche – / premier jour des vacances

un coq ce matin – / pondre une préface

ce matin le coq, / ce soir la France / en quart-de-finale

un dieu vivant / un vieux divan

je t’emmerle / dit-il / au pigeon

Sarko / nous ferait-il / le V / de la Victime ?

à la télé / Sarko glisse / un imparfait du subjonctif / : nous enculturerait-il ?

quatre oies / rentrent en courant / avant la nuit / – dernier quart de finale

première nuit / table et bancs de jardin / baptisés par la pluie

devant le portail / ouvert sur le jardin / une flaque / joue aux bulles

dimanche après-midi – / à lui seul l’organiste / remplit la cathédrale

dimanche après-midi – / l’organiste / fait de la pub pour Dieu

un Christ vert sur sa croix ; / au-dessus de sa tête : un fer-à-cheval / – crypte Saint-Solenne

aujourd’hui / à Nouméa naît / ma deuxième petite-fille

métro – / les tapis roulants / eux aussi en vacances ?

une chose qu’elle ne saura jamais : / où elle a laissé tomber / son mouchoir blanc…

du front aux pieds voilée / elle roule sa poussette / et parle au téléphone

voyage en voiture : / – pas trop de vent, / derrière ?

un jour on est quelqu’un / un jour on n’est plus personne / – ainsi coole la vie…

deux chiens noirs / avec un ballon de foot / – ce soir de petite finale

la veille / de la finale de foot, / la pleine lune

bling – bling ! : Nicolas / traîne ses casseroles / judiciaires

vu à la télé / le film « Rubber » – de Quentin Dupieux – : / un « pneu » bien déjanté !

– Sommes-nous radio-passifs ?

manif pro-Gaza / : heurts près de la synagogue, / rue de la Roquette

les oiseaux / ouvragent le matin / – deux-tiers juillet

orage de grêlons : / en conserver au frigo / pour l’apéro

« je ne suis pas en tenue décente » / : non, tu serais plutôt en tenue « montée » !

couple harmonieux ? / : elle ronfle, / il pète

Allez, les chats ! / rendez-vous tous ce soir / 21 chemin de l’église !

« – J’ai toujours craqué sur le raku ! » / dit une dame / à Saint-Jean-Pied-de-Port

un beau Basque / torse nu / un beau piment rouge / devant son short

trois rides / sur le front du président / : un haïku ?

sur le couvre-lit / une mouche / et son ombre

une chatte traverse la place vide d’Hélette / – la fête de Bayonne

quittant le même arbre : / 19 vautours au-dessus du pic / de Garralda

de la ferme au sommet / puis retour : / le chien de berger / nous ouvre la voie

sur la place du village / une crêpe au miel / et aux guêpes

la fermière a dix chats / 2 chevaux / et 1 âne / au pied du chemin de Compostelle / – 763 kilomètres

l’ombre d’un moustique / dans les toilettes / d’un bistrot du port

Août :

les mains croisées / des visiteurs du musée / dans le dos

une plume ramassée / dans le jardin d’Edmond Rostand / (Chantecler)

« Entre deux assauts / il y avait beaucoup de temps / à tuer » °
° : Michel Rougier. (Dans la série : « entendu à la télé ».)

Les côtes du lévrier, / Les créneaux du château-fort °
° : « Lévrier de Castille », peinture de Ramiro Arrue (1892-1970)

Le clocher de l’église / de Souraïde / en forme de béret basque

un roulement de poubelle / : l’ouverture du jour

face à face : / l’arbre / et l’homme / en chi-kong

finale de pelote à main nue – / de la galerie / tombe une canne

bambins aux cailloux / mères à la balançoire / : jardin-garderie

escalier de la plage : / des confetti / des confetto / des confettu

milieu du 7 août / 2 ouvriers sur 1 toit / à Saint-Jean-de-Luz

milieu du 7 août / une cheminée fume / sur Saint-Jean-de-Luz

milieu du 7 août / les morts du cimetière AICE ERROTA / bien entourés

les morts du cimetière AICE ERROTA / dominent la ville / de Saint-Jean-de-Luz

À la mémoire de… / mort au champ d’horreur / le 26 septembre 1915

Pas mort au front, non : / mort au nez / voire mort aux dents…

sur un cache-pot de plastique rose : / « Bonne fête / Maman / Jean-marie »

2 Perrier-menthe à la paille / – la couleur de l’océan

un jus de pomme en terrasse / le décolleté de la serveuse

le soleil rase / l’herbe rase / ce soir du 7 août

Au milieu des « flammes de Guernica » ° / une araignée / avec ses fils
° sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009)

Maison du sculpteur – / des empreintes de chien / dans la dalle de ciment

Du jardin du sculpteur / la visiteuse / emporte une pomme

des fils d’araignée / au milieu de la sculpture / « Le piège de la lumière » °
° sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009)

Avant la visite / de l’atelier du sculpteur / une chasse aux toiles

malgré le soin du conservateur / quelques araignées / entre les sculptures

Après la visite / la femme du sculpteur / nous offre l’apéro

un bébé / sort de la maternité / en grandes pompes

la pleine lune / à son périgée / ce dix août

un président / au périgée / de sa popularité

Voici ma maison natale / dit-il en désignant / le parking du supermarché

Le poète déclame / et le poêle à bois

Appré – scier la branche…

un coup de cloche / dans l’air d’un matin d’août / l’éveil d’un volet

Balayage : / miettes, poussières, / plus une ou deux plumes du piaf

dans le bus / une femme / pycnique °
° : n. ou adj. : dont le physique est caractérisé par la rondeur

Allez, roule ma boule ! / dit le pétanqueur / au Mondial de Millau

coq, coq, / comment te faire comprendre / que c’est les vacances ?

nous jouons à qui / restera le plus longtemps / au lit le matin / : retraite.

Avenue d’Espagne / elle sort un sein de son haut / – dieu sait pourquoi

chacun fait le tour de sa taille ° – / scies électriques du chantier / jouxtant le gymnase
° « mo pan da mai », en Qi Gong

les lézards / murmurent-ils ?

cette nuit / les Hurluberlus / ont rencontré / les Ouolofs *
* : cousins éloignés des Oufs ?

jubilation / du Gradus ad Parnassum / : Ah ! l’antanaclase !

sans penser : / avant de se coucher, / se peigne

se répandant / oléagineusement / en son haïku

des grêlons / sautant dans la prairie / culs de lapins
(Mid-West USA)

une éolienne / près de l’aire d’autoroute / je touille mon café

Septembre :

premier jour en retraite / : la volupté de tailler / mes crayons-mine / (avec un excellent / couteau à anches)

premier jour de la retraite : / supprimer 3000 messages

premier jour de la retraite : / à poil / dans tout l’appartement

Shiki con carnet ?

Être couronné par ses pairs, c’est bien ; / être couronné par ses impairs : encore mieux !

Olkiluoto 3 : / le dernier EPR d’Areva en Finlande / en retard de neuf ans / (- facture doublée)

avant de se mettre à l’ouvrage / le coiffeur enclenche / une musique mélopéenne

sautant sur place / au feu rouge / la joggeuse / de bas / de haut

sortie de la chèvrerie / : sentir / les roses épanouies

le croa d’un oiseau dans un arbre / éveille la mare aux grenouilles

matin ensoleillé / une tige dans un champ / fait du morse

de part et d’autre du tracteur / les deux couleurs du champ

Après l’A-6 *, / la Cisse. **
* : autoroute. ** : rivière.

un coq / vers 14 h 39 / – sonne la sieste ?

milieu d’après-midi / vide d’activités / un avion creuse le ciel

beurré / le papillon / vole droit / ?

la lézarde / au soleil / mûrit ?

entre deux plants de géranium / une araignée / joue de la harpe

deux plants de géraniums / reliés par des fils d’argent / ce douze septembre

trois jardinières de géraniums / font le bonheur / d’une araignée

d’un géranium / à l’autre / reine araignée

l’araignée ce matin / prend le soleil / (dans ses fils)

le soleil ce matin / marche sur le(s) fil(s) / de l’araignée

le soleil ce matin / arpente le fil / de l’araignée

ce matin le soleil / d’un géranium à l’autre / par un fil d’araignée

sur le fil souple / de l’araignée / ce matin / le soleil

le soleil sur mon balcon / la cigarette de la voisine / – je rentre dans ma coquille

j’en ai cure : / douzième jour de raisin

ce matin / le soleil, / les géraniums, / l’araignée

la voisine a fini de fumer / – le thé vert-tiède

L’apparition / des pis de Fanny // … sacrée vache !

ce matin / manger le soleil de septembre / sur les grains de raisin

aiguiser son esprit / – jeûner

ce matin / l’araignée n’a pris / qu’un peu de poussière

un oiseau s’envole / de l’aéroport – / le battement inégal de ses ailes

admirant des fleurs / aux noms inconnus / – l’heure de la retraite

des ardoises / au pied des vignes / – sentir les roses

du temps a encore passé / : mère nona- / fils sexa-
(cf Chemins croisés, p.51, éd. Pippa 2014)

le sablier / se serre-t-il / la ceinture ?

tous les matins / perdre 333 grammes : / cure de raisin

dans le géranium rose / un duvet blanc / remue

concert : / voir le son

une femme sans soutien-gorge / décroche une mûre / et la mange

au soleil / elle brode / attendant son train du matin

°

(Haïbun vache :)

Quand on sait ce que les moustiques apportent à l’humanité, on a tendance à préférer les requins

Se requin-quer

°

son omni-gueule / de retour sur l’écran ? / (re)bazarder la télé

ni bien / ni mal : / encontreusement

rue de la gare / le vent / retourne une feuille

banc – / une feuille roule / sous mon col

atterrissage – / un pigeon / souffle les feuilles

septembre / un cil / tombé sur la page

entre deux plantes / le soleil / dans un hamac

d’une fleur à une autre / le soleil / se balance

d’une fleur / au bord de la jardinière / le soleil glisse

d’une fleur / au bord de la jardinière / le soleil avance, recule

encore une intello dans la famille ? / : ma vésicule biliaire / calcule

°°°

dp. (: l’été 2014)

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Atelier, lectures, signatures : les 2 premiers vendredis de mars

16 février 2015

Bonsoir !

le vendredi 6 mars :
– atelier haïku et senryû à 14 h 30
suivi d’une lecture de senryûs, haïkus, etc. extraits du recueil 
Fourmi sur ma jambe, de Daniel Py,
en présence de l’éditrice d’Eclats d’encre Sandrine Fay
+ signature (jusqu’à 19 h) :

à la librairie Pippa,
25 rue du Sommerard
75005 Paris
(M° Cluny-La Sorbonne)

+ lecture (à 17 h) et signature de la romancière Geneviève Roch (Le Guetteur halluciné, éd Eclats d’encre)
+ lecture à 18h et signature de la poète Eliane Vernay (Signes du rien, éd. Eclats d’encre)

le vendredi 13 mars :
de 14h30 à 19 h :
lancement de l’anthologie Trente haijins contre le nucléaire, éd. Pippa,
dans le même lieu

Les auteur(e)s sont chaleureusement invité(e)s
ainsi que leurs ami(e)s et connaissances
Les collations seront offertes sur place par la libraire-galeriste-éditrice Pippa : Brigitte Peltier!

Qu’on se le dise – … et que l’on y vienne !
;-)

Daniel

Radio Grand Ciel

9 février 2015

Bonsoir à tou(te)s !

Notre ami Christophe Jubien m’a interviewé ce matin sur Radio Grand Ciel (radio locale sur Chartres) pour son émission littéraire « La route inconnue » sur la poésie, et plus précisément sur le haïku. Nous avons donc parlé de Fourmi sur ma jambe (éd Eclats d’encre, 2015) et de Trente haïjins contre le nucléaire (éd. Pippa, 2015) entre autres !

Passages de l’émission : mardi à 14h30
et dimanche 23 février à 20 h sur :

radiograndciel.fr

et on peut aussi podcaster l’émission !

bien à vous !

Daniel

À propos de « Fourmi sur ma jambe », recueil de Daniel Py

20 août 2014

Dans la rubrique : « on n’est jamais si bien servi que par soi-même »,

à propos du (2ème) recueil de senryûs, haïkus, et autres courts, de Daniel Py, à paraître aux éditions Éclats d’encre, en janvier 2015 , sous le titre : Fourmi sur ma jambe, voici une première appréciation de l’éditrice, Sandrine Fay :

« ce que j’apprécie chez toi : un mélange de textes humoristiques, politiques, érotiques et ceux qui tirent plus vers les haïkus. C’est cet équilibre qui me paraît intéressant ainsi que de garder des senryûs qui nous ramènent bien aux évènements de l’année. »

Je vous donnerai, évidemment plus de détails sur cette parution prochaine, le temps venu !

bien immodestement,
Daniel

Résultats du Prix de poésie « J’ai lu, j’élis » 2014 :

30 mars 2014

Bonjour !

J’espérais pouvoir vous envoyer un joli tableau avec toutes les infos, le tableau a disparu et l’informatique s’en est mêlée !
Donc, pour cette deuxième édition nous avons eu 43 votes.
Bulles de musique / Daniel Py (éd. Pippa : http://www.pippa.fr) a recueilli 11 voix
Choses vues / Thierry Horguelin 4
Marche le monde / Jacques Fournier 13
Passager de la poussière / Jean-Louis d’Abrigeon 15

En espérant vous lire à nouveau

Virginie Vernet

Bibliothèque intercommunale – CC CVL
24, place du Général de Gaulle
37500 Chinon

De Michel Onfray

28 mars 2014

dans sa préface à Non-assistance à poète en danger de René Depestre. Éd. Seghers, 2005 :

« Certains poètes contemporains donnent l’impression de n’être que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée.
(…)
D’autres, en revanche, croient que le mot ne constitue pas une fin mais un moyen.
(…)
René Depestre n’ignore rien du sang qui gorge l’essentiel et prend le parti des choses, du réel, du monde et des gens. »

Michel Onfray (pp. 7-8).

Expo Pouch ‘Bulles de musique’ librairie-galerie Pippa

5 septembre 2013

Bonjour !

Galerie Pippa
« Bulles de musique »
exposition par Pouch
et signature par Daniel Py
7 septembre – 28 septembre 2013
du mardi au samedi
de 10 h à 19 h
25 rue du Sommerard
Paris 5°
Métro Cluny-la Sorbonne
01 46 33 95 81
http://www.pippa.fr

Le vernissage a lieu
samedi 7 septembre
entre 14 et 21 heures !

vous y êtes tous cordialement invités !

Daniel

haïku, etc. Py – août 2013 – 1/2

28 août 2013

°°°

(ROUMANIE)

Bucharest-Ouest
des chiens sauvages aboient
autour de 4 heures 30

carré bleu
le jour se lève
sur les cris des chiens

certaines voitures
n’ont pas l’heur de leur plaire
: aboiements de chiens

piquant une courte pointe
derrière quelque voiture :
les chiens de l’aube

surveillant la rue à l’aube
une patrouille de chiens sauvages

Éteindre la voix des chiens
en fermant les fenêtres…
premier matin d’août

(… la danse de la pluie sur le trottoir…)

Du lac Bâlea
repêché
une coccinelle jaune

l’eau du lac
tâtée de la main
à 2044 mètres

un billet d’un leu *
offert au lac –
fait la planche

* monnaie roumaine : un leu, deux lei.

Un chien sauvage
dort sous un banc
à l’ombre –
à portée d’ouïe
des chants religieux
dans le parc du monastère

(Curtea de Arges)

/ sous un banc
à l’ombre
un chien endormi –
chants religieux
(diffusés) dans le parc
du monastère

sur un panneau
deux « sens unic »
en sens contraire

(Sibiu)

(Bras(h)ov)

la carriole à cheval
ramène le bois
par la route Nationale

Moisson faite,
des cigognes
dans le champ

(Transsylvanie)

Une nuit à Bras(h)ov *:
deux chats s’injuriant furieusement,
un fêtard gueulard…

* prononcer « Brachof », s’écrit en fait avec un s-cédille – 3/4-8-13

culte célébré,
le pasteur
quitte l’église fortifiée
de Neustadt / Cristian,
sa valise à la main

(où s’est rangée
sa robe noire)

(Bran :)

Pansu
le notaire
nous narre l’histoire
(du cœur)
de la Reine Marie
de Roumanie
entre Balçik et Bran
à l’apéro du soir

Dans la cour
du château de Dracula,
un gong

cris de chiens
très tôt
dans la ville
aux légendes draculéennes

Au pays de Dracula
son peigne au matin
a perdu une dent

ou :

Dans la ville du château de Dracula,
ton peigne au matin
perd une dent

ou :

son peigne
perd une dent –
ville de Dracula

au pays de Dracula
au milieu de la nuit
le bruit
d’un pipi

Du haut de la montagne
un Christ
en saut de l’ange

(Podu Dâmbovitei)

pentes montagneuses –
les fenaisons
familiales

(Constantza) :

une poche
de petits pois congelés
pour soulager la cheville
de la femme blessée

une moustiquaire –
une piqûre de moustique

/

la moustiquaire ;
un insecte à longues antennes
sur mon doigt

la nuit
rayée
d’un moteur de moto

les pommes tombent
– automne vert

/

le lendemain de la visite
au château « de Dracula »,
les pommes tombées dans l’herbe

/

les pommes tombent
je lace ses chaussures

Chiens, coqs de Roumanie.

(Viisoara)

Pique-nique à l’ermitage *

Quand les assiettes
s’envolent
les voix aussi

/

les liserons accueillants
sur le pas de porte
de l’ermitage *

* des Codrescu.

/

contre le mur
les futures confitures de mûres

(Constantza)

une carriole à cheval
passe
une sirène de police

deuxième nuit à Constanza :
pas de moto qui déchire la nuit

(Histria) :

dominant les ruines archéologiques,
un nid de cigognes
délabré

/

du fond d’une excavation antique,
des pousses vertes

/

au bord du chemin
du site archéologique
un peigne abandonné

/

sur le bord du lac Sinoe
une colonie de grenouilles paisibles

/

une grenouille verte
qui n’a pas peur d’un poète –
vaguelettes au bord du lac

/

photographiant
la meuf et l’âne
(- Histria)

dogs’ barks visiting our area
at night

des aboiements de chiens
en visite dans notre quartier
la nuit

avec nous dort
l’odeur de naphtaline

une grande plaine aride
traversée par la chaleur
et des pylônes électriques

a dry land
crossed by the heat
and power-lines

balade en forêt,
un bouquin d’arbres

à l’ombre du Monument Triomphal
un chien
au repos

in the shadow of the Triumphal Monument,
a dog
rests

(Monastère Saint-Andréï) :

route du monastère
les panneaux routiers
tous cabossés

un chevreuil sautant
dans un panneau
tout cabossé

a deer jumping
into an antique
sign post

Près du monastère
la cloche
écrasée de soleil

near the monastery
the bell
sun-struck

/

near the monastery
the sun-struck
bell

sur la cloche
à l’extérieur du monastère
pas de * papillon

* aucun

on the bell
outside the monastery
no butterfly

sur la cloche
du monastère
des guêpes

on the bell
of the monastery
wasps

un coup de * la cloche
les guêpes
s’envolent

* sur

près de la cloche
du temple
le papillon
de ton baiser

not far
from the monastery
the butterfly
of your kiss

Au monastère,
nous nous tapons la cloche

le papillon
sonné
se met à voler
droit

bell-struck
the butterfly
flies straight

dans l’urne
de la grotte du monastère :
des haïkus ?

dans la brouette
des cris
d’hirondelles

/

une brouette
remplie
de cris d’hirondelles

au monastère
le poney
devant le pope
défroque la visiteuse

(lac Sinoe) :

canicule –
les grenouilles dans les vaguelettes
au bord du lac (Sinoe)

scorching heat –
frogs in the wavelets
of (the) Sinoe lake

(Constantza) :

en bas du frigidaire
piqueté de rouille
ce bandeau rouge :
GARANTIE
2 ANI

une étoile cirée…

calligraffiti
sur la lanterne japonaise
vandalisée

calligragraffiti
on the vandalized
japanese lantern

pendant la lecture de haïkus
une mouette
se met à crier

during the haiku reading
a gull
cries

chants des grillons, bruits des vagues,
des chiens se répondent
le long de la mer Noire

/

loin de celui des hommes
le concert des grillons
et des vagues

°

Un tremblement de ciel (haïbun) :

Nous nous embrassons sur les lèvres rapidement. C’est comme un papillon embrassant une fleur (rapidement). Nous sommes en train de visiter le monastère de Saint-Andréï. À peu de distance se tient sa grosse cloche. Je n’oublie pas nos racines – Buson :

près de la cloche
du temple, le papillon
de ton baiser

(10/8/13)

Et aussi, enfin :

le papillon sonné
se met à voler
droit

(11/8/13)

We kiss on the lips very briefly. It’s like a butterfly kissing a flower. Were visiting St-Andrew’s monastery. Next to it stands its big bell. I do not forget our roots – Buson :

near the temple bell
the butterfly
of your kiss

(10/8/13)

and also, lastly :

bell-struck
the butterfly
flies straight

(11/8/13)

°

dans le même sens qu’Ovide
regarder la Mer Noire

(Musée archéologique de Constantza)

toutes ces mouettes
qui ont crié
au-dessus de la tête
d’Ovide !

au musée d’archéologie
une chaise branlante

sur la (grande) place
du musée archéologique
en chantier
Ovide reste de bronze

/

sur tout ce qui peut se passer
autour de lui,
Ovide
reste de bronze

au centre de la place
Ovide
et les excavatrices

, les tuyaux, les blocs de pierre,
les touristes et leurs bus

– et quelquefois les mouettes

les pigeons
chient-ils aussi
sur (la tête d’) Ovide ?

mettre un téléphone
portable
à l’oreille d’Ovide ?

Aujourd’hui Ovide
regarde
les moutons sur la mer

Ovide songeur,
perdu dans ses pensées
(tête penchée sur sa main droite)

sur mon sexe
elle écrivit
son prénom

/

sur mon sexe
elle n’écrivit
que son prénom

cabine d’essayage –
pensant à Untel *

(City Park Mall, Constantza)

* or. : à A.C. (en toutes lettres) /; à X…

dans la baie
baigneurs et mouettes
(sur la même ligne)
entre les algues

(O)mis mon maillot à Mamaïa…

dernier bain –
dans son maillot
des algues
de la Mer Noire

3 h – 10
un chien se met à aboyer
une voiture passe
puis une autre
et encore
aboiements

(Frankfurt) :

à l’aéroport
en transit
la passagère est priée
de faire l’avion
pour la fouille

/

transit –
la passagère
lève ses ailes
à la fouille

avant le décollage
déjà
les turbulences
de deux frère et sœur

colliers de lumière :
deux stades
peu après le décollage

la demi-lune brille
sur l’aile de l’avion
– son fil

/

la lune
tient * l’avion
par l’aile

* tire / guide / mène

On dirait que les lumières
veulent signifier
quelque mot

araignées,
drôles d’insectes

un tapis de lumières
orangées

Roissy

(13/8/13)

°°°

(ancien…)

elle nettoie le miroir
mes yeux tombent
entre ses quatre seins

Il vieillit
son miroir
ne fait pas un pli
/ n’a pas fait un pli

n’en fait pas un plat

/

À ride éra
petit patapon

À Ronflant-cette-narine…

le noyau du r
êve,
qu’est-ce ?

°°°

(à suivre, août 2013, 2/2.)

Haïku etc de Py, mai 2013, 2/2

17 juin 2013

***

 

moucheron

remonte le long de mon verre de lunette

puis s’envole

– soir de mai

 

 

cônes roses, cônes blancs

ces marronniers ?

taillés au carré

 

 

N’ayant pu trouver le vent dans ses soufflets,

l’accordéoniste regarde un coucher de poisson du balcon.

 

 

…« les goélistes verts »-

 

sur la terrasse

un fauteuil

roucoulant…

 

 

(Kyôku) haïkuisine :

 

Ô comme j’admire

ma femme à poêles

dans la cuisine

 

(Kyôka) domestiku :

 

… et à vapeur,

au-dessus de la planche à repasser

 

 

un chêne

en bois dormant…

 

 

les oiseaux se disent-ils

qu’il ne fait pas chaud

pour un vingt-quatre mai ?

 

 

les bornes chauffantes

dans la gare

allumées

 

 

Haïcoup de foudre

Haïfoudre

Haïcoudre

 

 

perles multicolores

dans le gazon :

le soleil sur la rosée

 

/

 

les perles multicolores

du soleil sur la rosée

 

/

 

toutes les couleurs

des gouttes de rosée

(sur le gazon)

 

/

 

toutes les couleurs

des brillants dans le gazon

 

/

 

mille diamants de couleurs

dans l’herbe verte

(le soleil sur la rosée)

 

 

un mariage

traverse le pont :

les hommes (passés) par les fenêtres…

 

/

 

un mariage

passe sur le pont

les hommes par les fenêtres

 

 

les petits chatons

en crottes

sur la chaussée…

 

 

sur la Seine flottent

quelques bâtons (de bois)

– où allez-vous ?

 

/

 

calmitude

un objet de bois

descend la Seine

 

 

(Petite suite en Seine) :

 

les ailes

plus grandes que le corps

ce moucheron sur mon index

 

/

 

près de la berge

le fleuve parle

 

/

 

envolé de mon doigt,

je peux reprendre ma marche

 

/

 

les mots de l’eau

près du bord

 

/

 

encore un insecte :

ne pas tourner la page

 

 

(Kyôku) :

 

(De grâce,)

Simplifiez (encore)

vos haïkus !

 

( : inversions, rejets,…)

 

 

dimanche matin tôt

trois musiciens slaves

l’accordéon sur le dos

 

/

 

dimanche matin tôt

trois accordéonistes

en gare

 

 

le bourdon quitte le bouton d’or oscille

 

 

entre deux haïkus

un moucheron

aplati

 

/

 

entre deux haïkus

un moucheron

noir

 

/

 

(à Christophe Jubien, cf ‘Les mains du bol à fleurs’ :)

 

entre les haïkus

de la « Rue du massacre »

et du « vieux curé »

un moucheron

(mort)

 

 

(Kyôku :)

 

Le haïku (est un) raccourci (de mots)

« rhaïkourci » ?

 

 

Aucune respectation

dit-elle, sa copine

Aucun respect

 

 

(Dad’s) dog

begging for a jog –

– feeling guilty

 

chien

quémandant un jogging –

– me sens coupable

 

 

une femme somptueuse

disparaît

dans le métro

 

 

(d’après Andrew Shimield in « Blithe Spirit » 23, vol.1, p.14 : « morning dew / the car wing mirrors / draped in spider webs » :)

 

l’araignée ce matin

a pris

une glace

 

 

Le jour des saints

que fais-je ?

 

 

quai de métro

elle tient son arbrisseau

par la racine

 

 

dernier gros morceau

de stress :

dossier de retraite

 

 

ô suce temps, Pan ton vol !

 

/

 

(…)

 

 

Debout les mores !

 

 

poèmes de la nuit,

aucune trace sur le papier

 

/

 

poèmes de la nuit

rosée évaporée

 

 

soudain quelque chose

se produit : haïku

 

 

le poète

parti ;

les instants-haïku

 

 

(Kyôku :)

 

Wanting to be « modern »

resolutely – absolutely =

anything (n’imprte quoi) goes !

 

 

seul en train

les gouttes de la pluie

craquent au carreau

 

 

rondeurs du jour

 

 

« Les Saules »

sous la pluie,

chemins d’herbes

dans le bitume

 

 

un moineau

tombe comme une feuille :

miette de pain

 

 

la vitesse

non affichée

du tgv –

la cannette de bière

glisse sur la tablette

 

 

fin mai

une petite feuille verte

de ginkgo biloba

au sol

 

***

Parution de ‘Bulles de musique’ éd. Pippa

3 juin 2013

BULLES DE MUSIQUE
(recueil de « haïkus » de Daniel Py)
illustré par Pouch ( http://pouch-pouchelon-francois.blogspot.fr/ )

est également préfacé par notre ami musicien compositeur… Claude-Henry Joubert !

Vous pouvez le commander sur le site : http://www.pippa.fr
ou envoyer un chèque (de 14 € : les frais de port sont gratuits)
à l’ordre de PIPPA
aux Éditions Pippa, 25 rue du Sommerard, 75005 Paris

BULLES DE MUSIQUE paraîtra à temps pour le MARCHÉ DE LA POÉSIE, place St Sulpice, 75006, le week-end prochain !
À ce propos, je serai sur le stand (n° 305, angle rues Bonaparte et St-Sulpice) de Diateino (éditeur de François Pouch pour son livre ‘En musique’) vendredi à partir de 16h30 environ pour l’y signer conjointement avec François ;
+ samedi soir (8 juin) à 18 h sur le stand de la Picardie, n° 517 (pour ce recueil… et d’autres récents aussi : traductions de l’anglais d’essais sur le haïku + une trad. de l’espagnol d’un ami haikiste libanais décédé il y a quelques années, Salim Bellen, + une antho de mon groupe kukai.paris…)
et à partir de 19h30 sur le stand d’Éclats d’encre (n° 304) jusqu’à 21 h !

Les 22 et 23 juin (avec François Pouch de nouveau) au Salon des Éditeurs indépendants, cour du lycée Henri IV, 35 rue Clovis, 75005, (sur les stands Pippa et également d’Unicité) : à partir de 17h30 le samedi 22 et (peut-être) toute la journée le dimanche 23 !

Brigitte Peltier (l’éditrice) compte aussi organiser un samedi après-midi de signatures dans sa librairie-galerie Pippa au mois de septembre, lors de la prochaine expo des dessins de Pouch chez elle. La date n’est pas encore fixée.

Lors de nos prochaines réunions du kukaï de Paris (samedi 15 juin à 16h30 à l’Indiana Café, 33 rue Berger, 75001, et sam. 29 juin à 16h30 lieu à déterminer) je l’apporterai bien évidemment (avec mon tout dernier des éditions Unicité – à paraître le 15 juin – : ‘Le haïku moderne en anglais’ (+ 216 haïkus) de George Swede (Ca.) !)

J’espère vous voir à l’une de ces occasions !
Bien à vous,

Daniel