Archive for the ‘photos’ Category

de Jean Tardieu

2 mars 2011

°

 » Je me voulais désert et transparent afin de devenir un piège pour les mots. »

°

« Je voudrais être du ciel l’absolu photographe. »

°

« L’artiste est celui qui continue la création. »

Jean Tardieu

recueil photos-haïkus… « Un voyage en Farniente » : S!rène + Daniel

27 novembre 2010

Bonjour ! nous venons de mettre la dernière main à ce nouveau projet commun
(après « Une journée à la fenêtre » de janvier 2010) :
Il s’agit d’un autre petit recueil de photos + haïkus, etc.
dont voici le lien :
http://sirene.over-blog.fr/article-un-voyage-en-farniente-61813605.html

Bien à vous !

Daniel (+ Sirène) !

Haïkus, etc. de Py – avril 2010

8 mai 2010

°°°

pour sortir son chapeau
il choisit les jours sans vent

(Il n’avait qu’une angoisse :
que son chapeau s’envolât.)

°

Pour qu’il y ait haïku, il faut qu’il y ait déclic :

1°) « L’instant-haïku »

(S’il n’y avait qu’un critère, ce serait celui-ci.)

Le haïku n’est pas une pensée linéaire. Il y a souvent une rupture dans le haïku, une surprise, une confrontation (de deux éléments, souvent)

Et un sens – très fort – du présent.
L’espace-temps y est souvent très réduit. Il est étincelle, étoile filante presque aussitôt filée.

Il est court. Il va à l’essentiel. Pas de mot(s) inutile(s). Pas de fioriture. Pratiquement pas de verbe(s) conjugué(s), d’adverbes, d’adjectifs (peu)… de conjonctions, de pronoms relatifs voire personnels… c’est une grammaire dépouillée au possible. Pas de discursif…
Le moins possible de comparaison, de métaphore.

De la sensation à l’état brut – ou presque.

Du concret, du très concret.

C’est (au mieux) un instantané – ou une prise de conscience soudaine.
L’incongru n’y est pas étranger, le surprenant, le frappant, (…)

ton toi
dans tes pieds
quand tu recules

la pluie s’arrête à l’aube
des pigeons lentement commencent à arpenter
le toit

avec son épée
dans le ciel incertain
– matin de Pâques

posture de l’arbre °
au milieu de mille oiseaux

° posture (statique) de QiGong

quel fouillis d’oiseaux piailleurs !
– premier dimanche d’avril

surpris
par une feuille rouge
sur le trottoir gris
(de gris avril)

(méprise :)

« un bracelet électronique
pour Marie Violant »
(France-Culture, 4/4/10)

un porte-manteau
canard
sur le trottoir

(joeufs de mots ?)

né aux œufs
(nauséeux)
: Pâques

la roue avant du vélo crevée
: galère pour l’école

s’épanouissent
piaillements d’oiseaux
– et bourgeons

alignés en terrasse
: une brochette
– début d’avril

(tanku :)

Faisant mon pain
Pensant à toi
au Burundi

mardi de Pâques
un pigeon posé
sur le trottoir

sur un panneau
dans le métro :
« voter
rend
con »

sobre
il passa
rue Bouret °

° 75019.

« Noces de sang »
un pigeon
macadam

quinze jours de vacance(s) heureux
(la mort n’est jamais loin,
tapie sous le buisson d’un mot)

°

(kyôbun au cygne noir :)

Au lecteur (du haïku) de recomposer (à sa manière) la scène
dont l’auteur (ne) donne (que) quelques éléments.

d’un côté
le sac plastique blanc
de l’autre
le cygne noir

°

héron gris
sur la pièce d’eau
qigong au parc

au centre du cercle de QiGong
tombe
une feuille de printemps

loin, loin,
au-delà des grues, des antennes,
et ramener au centre

deux garnements
le héron s’envole

un confetti encore
hors de mon sac
– déjà lointain le début de l’an !

les fous du roi
au silence ?
Sarkorizyble

je me gratte les cheveux
un pigeon s’envole

autarcissique

anguille sous proche

candide =
blanc comme un singe
sous la neige ?

dans la cuisine
la pomme
(attend
…la dent…)

samare
prend le train avec moi
(sur mon sac)

/

une samare
par le train

ses yeux éclairés
par son portable
– voile intégral

(Vitry s/Seine)

partout où elle va
elle emporte son chat
(…)

les tambours silencieux :
laverie
du vendredi soir

cela fait bien des lunes !
et toujours les cerisiers fleurissent…

(= contre ceux qu’agite la pensée de devoir en finir avec les thèmes anciens ( – éléments constants ! – ) dans le haïku, dans la poésie…)

replanté
où le voulait ma sœur :
le chat visqueux

(paradoxe :)

(Nous sommes) limités
cependant
sans limite

car où
le carcan
du corps

l’imagination
déborde

la ceinture
scinde la poitrine
de la conductrice

en rentrant
m’accueille
l’odeur du pain

une porte
en grinçant
siffla le début du concerto pour violon de Mendelssohn

la déco
d’une samare
sur sa veste

/

une samare
au revers
de sa veste

liberté
l’absolue

ou
rien

cette parisienne entrevue aujourd’hui :
l’ampleur, la totale liberté de son corps…
de son cœur, de son esprit ?

un pigeon
à deux pattes
sur sa baguette viennoise

« Sarkozy au plus bas »
– va crasher
son karcher ?

(le) silence infini
du soir qui tombe
sur mon chapeau

un fil à l’oreille
: musique partagée

en cuisses
sur son scooter
– avril parisien

le tissu s’écarte :
cuisse

(rue de la Jonquière, 14/4)

violettes ses cuisses
sur son vélo
louée

Dans la mer
elle s’élance
Nous la suivons des seins

(7/09)

trop de mots
chassent l’esprit

amenuisier

Gorge Saint-Lazare …

savon de Marseille
au cou, aux manches
avant la lessive :
grand-mère

confetti la fête
tout autour de l’école

tout arrive
la mort arrive
reste tranquille

Lâchez les mots !
(Lâchez les chiens !)
Laissez-les s’échapper !

(kyôbun aux doigts / « Cœur d’instant » )

Pour aller au cœur de l’instant :
les mots courts
– l’émotion grande !

Ce ne sont justement pas les mots qui comptent
mais le sens qu’ils pointent !
Le mot n’est qu’un doigt vers une lune !

« Si c’est l’instrument qui joue,
Pourquoi ne joue-t-il pas dans son étui ?
Si la musique sort des doigts du musicien,
Pourquoi n’écoutes-tu pas les doigts ? »

Su Dongpo.

« cette fonction opacifiante de l’esprit »
D. Odier, in Chan & Zen, Pocket n° 13856, , 2006, p.125

Les mots opaques

Effacer. Ces mots opaques
qui obscurcissent le sens,
opacifient le réel –

Ne pas s’y fier !

°

les vaches broutent
le milieu de l’après-midi
les tgv au loin

premières hirondelles
rue Principale
pas un magasin

(Mondrecourt, D.126)

une boîte jaune de La Poste
quelques pissenlits à son pied

le paysan
arrête son tracteur
pour faire un brin de causette

il espère avoir fini de traire
à l’heure du dernier tgv
(22h30)

marché trois heures (et plus)
(dans la Meuse)
– et pas un point de bière !

sur le bus-navette tgv
« Le plaisir de bouger en Meuse »

les roses artificielles,
les gouttes de rosée
artificielles
– intérieur (bourgeois)

traces de pisse
descendant les pentes
du trottoir

(matin d’avril / ensoleillé)

un petit moineau
dans le sable s’ébroue
après-midi d’avril

soleil du soir
citron
sur les poissons

un gros nounours
à la rue
ce matin de bonne heure

rouge
d’avoir couru
elle descend à Blanche

le bleu nuit gravement à la santé ?

au supermarché
grimbergen
et
gingembre

les oiseaux du printemps
babillent gazouillent –
le bleu encore profond

crépuscule
la Loire
entièrement rouge

le soleil se couche
sur le champ de colza
une biche

champ de colza
pleine lune

(kyôka court :)

Chaque matin,
polir la vitre du poème

… que les mots transparaissent

effacer la distance
des mots
au réel

dans un jardin
du parc du château :
« nombril de bonne sœur »

le haïjin
se méfie des mots

sur son gros bidon
son livre posé

sous l’arbre aux fleurs roses
(qu’il perd),
canards, pie, pigeons –
l’odeur de l’eau

devant les fleurs roses
dérivant sur l’eau,
un canard, posé

n’a pas voulu que je le photographie,
le pigeon sur l’arbre aux fleurs roses

/

sur une branche
de l’arbre aux fleurs roses
un pigeon

un coup de vent
les fleurs (se) lâchent
(de) l’arbre rose

cris d’amour
en tous sens, parades :
fin avril au parc

un calendrier
pour l’anniversaire de mère
– 90 ans

un narguilé
à la poubelle
– petit matin

tout élément qui surprend
peut être haïku

le vent secoue
l’odeur des lilas
– le parc en ville

elle écrit
jambes croisées
des mots croisés

au milieu des marguerites
le cygne blanc

une feuille
devant moi
tourne

– quelle séduction ?

les mots s’en viennent
les pétales tombent

le cygne (et moi ,)
posé(s)

la bouilloire
joue un air folklorique
(derniers jours d’avril)

les racines de l’art :
si l’on ignore les racines,
on ignore l’art
( : ainsi du haïku !)

pleine nuit
le trot du réveil

je travaille de la langue

travailler
trouvailler…

son message :
seul le chant
de la mésange huppée

ouvrir l’appétit,
ouvrir la narine,
ouvrir l’esprit (par la raréfaction des mots),
voilà ce à quoi devrait (/ pourrait) tendre
le haïku

chant diphonique
de plus en plus proche :
la bouilloire

°°°

Haïkus… Py, mars 2010

12 avril 2010

°°°

zoeufs écrasés
au milieu d’un passage
protégé

lundi matin –
il regarde son sein
de haut

(1/3)

°

Tai-Ji in the park
the first sun of March
rubs my back

Tai Chi au parc :
le premier soleil de mars
dans mon dos

°

gorge déployée :
la femme très enceinte
de l’ami

(→ 2/3/10)

de proche en proche
ce rire traverse
le salon de coiffure

la cloche sonna un coup
c’était l’heure de mon rends-toi

(kyôku :)

le haïku
est un éclat
(de vers)

(2/3)

°

tout au long du couloir
le pas du boiteux,
le morceau de jazz

(métro, Lyon, 3/3)

°

(kyôka ?)

tourner
retourner les mots *

: (la) terre arable
du haïku

* pour la meilleure expression

°

elle commence à ronfler
en deux coups :
rythme de croisière

(4/3)

°

dans la nuit
sans sommeil
la force
de la pendule

livres
et verre d’eau :
la nuit blanche
et noire

Matthieu Ricard, dans Plaidoyer pour le bonheur, Pocket n° 12276, p.276/7 :

 » « Restez en contact avec vos sensations ! » prônent les colporteurs du
sentiment de l’importance de soi dans notre société. Nos jeunes ont absorbé ce
message et ils y croient, de sorte que l’on a produit une génération de
narcissiques dont la principale préoccupation, et ce n’est pas surprenant, est
de savoir comment ils se sentent ». (M. Seligman, Authentic Happiness). Or
passer son temps à prêter attention aux moindres réactions de notre moi, être
aux petits soins avec lui et n’avoir de cesse que d’exaucer ses moindres désirs,
voilà la recette assurée du mécontentement.  »

… et de l’anti-haïku !…

son sein si rond
entre deux boutons
de chemisier

(5/3)

°

un très beau q
sur le quai
retour de vacances

ouah
quel cul qu’elle a !
– quai de vacances

°

après les inondations
dégoulinent
les pieux sentiments

°

cette nuit
sans ronflements
lac calme

(synesthésie ?)

ce matin
prendre en photo
le son des chaussures
au vent

I thinkgo biloba
I geckgo biloba

against the blue of the sky
the pale yellow of my glass of wine

sur le bleu du ciel
le blond du verre (de vin)

dans l’après-midi
rayé de soleil
passe un moteur

– frais avril

(6/3)

°

Qi Gong au parc
gouttes du nez

Au coin de la rue Duc
une affiche pour
 » Le plus grand salon de l’érotisme  »

: à rebaptiser rue Ducu ?

(75018, 9/3)

9 mars –
Palavas-les-flo
cons

le quaotidien

une caoquille

(9/3)

°

entre les pavés,
le ciel glacé,
gare de l’est, 10 mars

l’hiver s’étale –
entre les pavés
le ciel glacé

(10/3)

°

(Haïkoucher)

les oreilles
d’un oreiller
dressé

(→ 12/3-4)

( À cette allure py/paul : )

Parc Monceau :
Croisé à 7 à l’heure
un homme qui ressemble à
Michel Jazy

– ou à Claude Lelouch ?

( échauffement :)

Appuyé au tronc
d’un gros platane
un homme
sur un pied

Dommage qu’en courant
elle balance ses mains
à hauteur de poitrine !

Au milieu de l’île
un saule

matin frais à mi-mars :
les volutes de l’arbre

le gazon s’emplume

elle court vers le parc,
en retard au travail

( d’hier aujourd’hui :)

retour du parc :
passant sous ma fenêtre d’étudiant
puis
sous celles de mon professeur

E-ski-ss ?

retour de vacances :
Parisienne très bronzée
tirant son attelle

°

(haïkuisine :)

aujourd’hui
la théière
trop culottée

°

faire rouler le silence
sous les doigts
sous la plume …

le faire naître ?

°

« La vraie photographie » selon Izis:

« Le bon portrait photographique est celui où seul l’homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s’effacer complètement. »

– à transposer au haïku !

°

petite parisienne
son bout du nez tout rouge
à la mi-mars

(12/3)

À une belle femme
rousse en haut
brune plus bas
cette ébauche
de poème

(métro, ligne 3, le 12/3, vers 13 heures 40)

°

Chacun chez soi,
les ronflements seront
bien gardés.

tordre le cul
aux idées ressoues

ballerine
elle saute
dans le métro

(l.13, 13/3)

métro –
sur son violoncelle
son chapeau

(l.6, 13/3)

il regarde
l’ampoule
nue
au plafond

(rue de Wattignies)

mars gelé –
un ventilateur
sur le trottoir

fin de soirée –
de sa patinette
il se casse la gueule

elle ne cache
que le bout
de ses seins
– pourquoi ?

(13/3)

°

sur un scooter :
« On a marché sur la lune »

volutes roses
de vomi
dans les toilettes d’un pub

– saturday night beaver

dancing :
une paille fluo
entre ses seins

(tanka)

espérant toujours
que sa fenêtre
me ferait
un clin d’œil ?

– ô désillusion !

(Izis)

contre un gros tronc
les deux amants
d’Izis

– quai de Seine

(14/3)

°

le pain qu’on rompt
un orage éclate

mi-mars
un bonjour à la femme
un bonjour à son chien

mi-mars
ce matin les oiseaux
ont la voix du soleil

(15/3)

°

des pétales de roses
sur les paupières
de grand-mère

le voisin du dessus
grince
(ir)régulièrement

(16/3)

°

la porte du train
ouverte,
les voyageurs
se répandent
dans la ville

(Reims, 17/3)

°

pizzicati
de contrebasse
ses seins à contretemps

(19/3)

°

(haïku long :)

les percussions de la pluie
sur les toits environnants :
le premier jour du printemps

la pluie
danse sur le toit
– premier jour du printemps

(20-29/3)

« un authentique esthète (est)
solitaire »
: lune d’automne

(d’après R. Sieffert, p.146 de Le Sac à charbon de Bashô, POF, 1993)

la même femme qu’hier soir
cette ombre noire
qui passe dans la rue ?

– printemps

rue de la Ferme
le chant d’un merle –
premier jour du printemps

(Vitry s/Seine)

sur ma chaussette à sécher
un long cheveu blond
premier jour du printemps

les feuilles du palmier
vibrent-luisent
à pluie-vent
– première nuit du printemps

danse avec la pluie
première nuit du printemps

le long d’un fil barbelé
un rameau en bourgeons
– premier jour du printemps

(20/3)

°

après l’amour
elle se lève pour
manger une banane

(21-22/3)

°

(Et qu’ça rime !)

assis à la terrasse d’un café
je rêvasse
au Tibet…

(En Sarkozie :)

des noms d’oiseaux
fusent :
printemps politique

(22/3)

°

un oiseau
bouscule l’aube –
jeune printemps

tai ji (au parc)
une corneille apporte à l’arbre
des rameaux

(haïkuisine :)

un bloc de glace pure :
dégivrage de printemps

(23/3)

°

entre les rangs des vignes
luisent
les plastiques protecteurs

arrivée du train
un duvet touche terre

(24/3)

°

lire sa déclaration :
cerf printanier

se refermant
le canapé fait
« bonjour ! »

(25/3)

°

aujourd’hui
le puzzle
au poil

(26/3)

°

printemps –
une flûte par la fenêtre

annonçant Dormans,
le contrôleur
nous réveille

(kyôku)

supprimer les distances
du réel
aux mots

le long de la locomotive sale :
« ARIEL BONUS SKIP LE CHAT »

(29/3)

°

une mère d’élève
m’annonce l’arrivée des hirondelles
– veille d’avril

(29-30/3)

°

Mettre leurs robes trempées
Ah, quelle chaleur !

(a + M ? → 30/3)

°

elle retient
du bout de ses doigts
sa jupe légère

(- hyper de gambettes)

descendre la rue
au soleil couchant –
veille froide d’avril

veille fraîche d’avril
jonquilles au coin de la rue

*

veille fraîche d’avril
des jonquilles
rue de la Jonquière

(75017, 31/3)

°°°

« La vraie photographie » – Izis

12 mars 2010

 » Le bon portrait photographique est celui où seul l’homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s’effacer complètement.  »

Izis
(à l’expo  » Paris des rêves « , Hôtel de Ville de Paris, jusqu’au 29/5/2010)

Premier e-recueil (2010) de photos – haïkus : Sirène + D. Py

10 janvier 2010

°

Une Journée à la fenêtre est e-paru !

Vous le verrez sur
http://www.calameo.com/books/0000281945149b7d2ae94

également sur :

http://sirene.over-blog.fr/article-une-journee-a-la-fenetre-42567162.html

°