Archive for the ‘montagne’ Category

Haïkus, etc de PY, août 2012 (1/2)

30 août 2012

°

une rondelle de fromage de chèvre –
la pleine lune

°

le long de l’autoroute
les automobilistes regardent
les éoliennes tourner

°

(Kyôku :)

Un haïku, sont-ce des mots en bouton(s) ?

(cf Japanese English Haiku 2008, ed. Modern Haiku Association, p. IX : « …a good haiku unfolds… »)

°
(filosofik ? )

bientôt
le regard
du silence

°

l’ « amarsissage » réussi
(de la navette spatiale)…

°

toutes les vaches
sous l’arbre
du champ

°

Août
quelques gouttes d’une pêche
par le balcon

°

herbes
à fleurettes blanches
des escargots
de la garrigue

rasant les herbes
et leurs escargots blancs :
tracteur de l’après-midi

escargots blancs des herbes
épargnés
par la faucheuse

bouquets d’escargots blancs
sur des tiges de Provence
– Tai-ji dans la garrigue

°

suspendu au balcon
un long cheveu blond :
toile d’araignée

°

on dirait qu’elle fait la cuisine
dans la cuisine :
bruit(s) de spatule en bois

°

heure de la sieste –
une cigale s’élance

°
(Kyôku(s) :)

le haïku « vécu » / « inspiré » / « reçu »
plutôt que
le haïku « conçu » / « concocté » (= popotaïku / haïkuisiné / Haïkuit !) / « haïconçu »

Bolt * of lightning-haiku
* (cf : Usain Bolt, London Olympic Games, 2012.)

Le haïku (comme) choc /
Striking (haiku)

Haïku, le sens du moins-soi

°

elle secoue
nue
un cheveu
par-dessus le balcon
de la garrigue
un homme
lui répond

°

nuit d’août :
un papillon, deux coccinelles
décorent l’abat-jour

°

un pet
rond
comme un ballon de hand-ball

(J.O. de Londres)

°

un haïku
a atterri
dans la cabine
neuf

(Thermes de Gréoux-les-Bains)

°
(rêve :)

sur la fenêtre
quelqu’un a senti l’eau s’éloigner
du paysage désolé

°

a)
(les) jambes repliées
elle dort
dans la nuit d’août

b)
bras croisés
son sommeil
sur la nuit d’août

°

immensément seul (…)

°

voix de voisins
sur leur balcon :
soudaine envie d’anis

°

Le soleil rongé
d’un paillasson
Esparron-de-Verdon

une plume descend en tournoyant
d’un rempart du XIIIème siècle

dans une meurtrière
une bouteille en verre
(vide)

dans le lavoir
du château
un mégot

°

bruit dans les nuages
les gens remontent du bord du lac
la cigale s’arrête de scier

(- sauve qui pleut !)

°

ronflant à l’expir
ronflant à l’inspir –
nuit d’étoiles

°

deux copule-en-l’air
entre par la fenêtre de la cuisine
puis ressort

(après-midi d’août)

°

sur les marbres luisants
passe le soleil
et ses nuages

(cimetière de Riez)

°
(kyôku(s) :)

travail d’écriture / de réécriture du haïku :
retrouver (en mots) l’exacte sensation / l’étincelle / première.

Théoriser – Théorire

°

projection (intersticielle)
de fil dentaire :
miroir de la salle de bain

°

L’arbre
trempe l’ombre de ses feuilles
dans le maigre cours d’eau

°

un avion de chasse
déchire
(l’heure de) la sieste

°

12 anneaux
au rideau de la cabine thermale –
les J.O. terminés

°

deux copule-en-vol
(les mêmes ?)
au début
d’un autre
après-midi

°

La vierge Marie
assomptueuse ?
– deux « copule-en-vol ».

°
(Bashôtage :)

la gueule du crapaud
en forme de saut *
silence

* couverture de The Genius of Haiku, readings from R.H.Blyth, Ed. BHS.

°

du buisson
(où je pourrais me jeter)
des oiseaux s’envolent

°

« Au 15 Août le coucou
perd son chant
c’est la caille qui le reprend »
: près du panneau,
le coucou d’une tourterelle

°
(Bashôtage ?)

vieille mare –
le bruit des cigales

°

de la lavande s’approchent
ma main
et un papillon

°

le long du Verdon
un caneton
accordé
au cours du courant

°
(à suivre : 2/2)

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Haïku, etc. de Py – fév. 2012 (2/2)

15 mars 2012

°
(rêve :)

Nous sommes la conscience pianiste de l’île

°

une bulle de savon,
une grille
: deux bulles

°

dans la feuille de l’âge

°

Osez vous effacer…

Desquamer
le haïku
du trop de soi…

°

la rousse
qui dort dans le train
redresse périodiquement
la tête
– puis s’appuie sur son poing

°

zéro lion
l’érosion

°

un ami mort ce matin –
me fil-dentairant les dents
ce soir

un signe de croix
avec de l’huile
sur la salade –
la mort d’un ami

sur le ventre des morts
mangent les vivants
– l’adieu à l’ami


(rêves :)

Rendez-vous « Aux Mailles » :
le rade où il aimait écluser…

– je menottais un tronc d’arbre.

°

sur le parvis de l’église
de nombreux bruits de baisers :
l’adieu à un ami

(: Jean C.)

°

éclats de verre
le trottoir gris

°

le nom de son amant
sur toutes ses lèvres…

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si jolies gambettes
avenue Gambetta !

°

au pied de la mangeoire
autant de bouts de pain
que de pigeons

°

une carcasse de voiture
une barre d’immeuble
– dimanche de février

°

dans les branches
de l’arbre hivernal,
quelques petits nuages

°
(À Patrick Fetu – d’après son haïsha « Matin silencieux » -)

le poids de la neige
sur le silence
du matin

°

elle a toujours
mené la bar(a)que

/

mené la bar(b)(a)que

°

Sarkozy de Nagy-Bocsa *
« candidat du peuple » :
quel superbe oxymoron !

(cf : http://sarkostique.over-blog.com)

* Sarkozy de S’agite-Boxon (?)

depuis trois jours en campagne
mais déjà une overdose
(cathodique)
de sarkocaïne

°

une écriture – dynamique
DE MONTRES – d’école

°

après la pluie
grand-père part
chasser l’escargot

au jardin l’escargot
ATTEND N’ATTEND PAS
la fin de la pluie

Nous sommes ceux qui
naissons de l’orage

l’escargoéland

(= un monstre tautologique (?))

de même,
le jeu de go
est lent

°

contre la vitre du train

(= haïku monostiche heptasyllabique au nombre d’or (: 2-3-2))

°

pinici
pinailleurs

°

franchissant
le premier quart des
1012 poèmes de Bashô,
février 2012

°

écrire, c’est
vider le bol

écrire, c’est
se vider le bol

écrire cesse :
vidé, le bol !

°

sur l’air de
« Ah, les p’tit’ femm’
les p’tit’ femm’ de Paris ! »
(Antoine entonne –
Non : c’est Patrick !)

Patrick entonne :
« Ah, le kukaï,
le kukaï de Paris ! »

°
(Sous Sarkozy :)

Faudrait pas que
Sarkommence !
Faudrait pas que
Sarkontinue !

Ne plus lui permettre de continuer
son (/ sa) Cirkozie !

une circose
de Sarko

une nécrose

(Faire une cirrhose sarkonique)

Ses effets de manche
de pioche…

détournements de son slogan :
« La France Morte »
« La Finance Forte »

: sur Sarkostique.over-blog.com

vite
(se) débrancher
/ décrocher

Sa(r)kro-de/le-boucher !

l’éminence (g)risible
: le gros-t-esque (?)

l’arracheur de dents (« Sarkomenteur »)
le P-austère (Pos(t)e(u)r)
l’Égée-manie(ur) (grec)

sa monomanie : le fric

Sarko,
l’entubeur
cathodique (/ méthodique)
de première (classe)

°

ronflement(s)
le sommeil
s’envole

°

(la télé :)

ce matin
ce midi
ce soir
cette nuit :
la Cirquozie !

Bienvenue en Sarkocaïnie !

le grand (?) risible permanent

le bon de l’affaire :
qu’il gave grave,
qu’il sature pur,
pour qu’on l’éjecte sec !

Sarko 1er :
l’envahisseur
cathodique !

qu’il se tire une balle dans le pied !

(je me tirai une belle – le pied !)

°

Ne pas se p(r)endre aux mots !…

« jubilation » : joie vive et expansive
« jubiler » : éprouver, manifester une joie très vive.
(: Petit Larousse Illustré, 1983)

Pour sortir des « relations-mitraillette »
(: « tu-tu-tu-tu-« )
(re)lire Jacques Salomé.

°

M’enfonçant
dans la forêt de poèmes
aux 1012 essences *
(21/2/2012)

* de Bashô

°

« La France Forte »
: d’une force
de (petite) frappe ?

°

Qui entend
les plaintes
des plantes ?

La scie crie-t-elle ?

°

la mer
/ la mère
aboie

°

le petit filet rose
qui s’élève de la cheminée –
la traîne blanche de l’avion

°

au soleil du tgv
l’écran de son ordi
plutôt dégueu

°

« PLOC »
perdrait-il
une L
pour devenir « POC » :
« Parti des Objecteurs de Croissance »
?

°

renversant,
ce que ce siège a bu
à ma place !

°

sous (le) Buisson *
(l’épine) le Pen ?

* : gourou sarkozien

Sarcoule

Trafliquer

°

Lent traînement…

Allant traînement…

en traîné…

°

les amoureux transi(toire)s…

°
(duilien :)

un avion s’écrase sur la ville
une grenouille saute dans la mare

(d’après : « la mouche qui pète »…)

°

RER
je la vois
en haut
en bas
elle croise les jambes

la belle-à-coeur-bleu

°

Michel-Ange
ou Mozart :
À Tourcoing
Sarkozy
se compare

: le cuistre de Jupiter(ne) !

°

Manifestations
contre l’essence chère :
ça chauffe,
quartier du Chaudron *

* : Île de la Réunion

°

l’épingle du « je »…

°

la vache à l
ait :
l’auto mob-
il(e)

la vache à l
(l’) automo
bill *

* : (en angl. = la facture)

°

« – Tu m’éviteras
quand tu te marieras ! »

(: d.)

°

Rouge neige
: – Phoqu ! *

( * cf : « – fuck ! »)

°

Il a mis sa ptit’ calotte…

°

les épées de bois
des oiseaux dans l’arbre
– aube de février

le jour
et les arbres
émergent du brouillard matinal

– la beauté du paysage
m’éveille

tel bouquet d’un vase
les arbres émergent
du brouillard

la montagne se déchevèle
, crêpe ses nuages

le blanc naît
en silence

°

les marteaux (feutrés) du silence

faire,
créer le silence…

silencre

Observer des mots « nouveaux »
Les regarder
En faire le tour
comme au musée
une sculpture –
pour en dégager
la/les signification/s (nouvelles)…
les sens /
l’essence
(fraîche)…

quelque écheveau subsiste
du fond de quelque val
– retenu par les branches…

entrons dans ce blanc
(de pierre)

ce blanc
d’oeuvre

: l’au-delà des mots

(: Rimbaud !)

AUTRES SOLUTIONS
est-il écrit au bord de la route
près Recoules-Prévinquières *

* : le village de mon père.

ceux qui débordent du cadre…

ceux qui peignent
(qui ne peindront jamais qu’)
à l’intérieur du / d’un cadre
pré-établi;

ceux qui
considèrent le cadre
le repoussent
le refixent
ailleurs
autrement
: qui sortent
en fait
de la « peinture »
pour sculpter
(élargir, réduire, etc.)
le / les cadre / s
(et) en proposent de nouveaux…

un premier nuage prend feu

(derrière Lapanouse, Aveyron)

rose
puis orange
(et doré)
un petit nuage de feu

(à la hauteur du château
: Séverac)

quelque lambeau de neige
encore
accroché çà et là
(vers Vezins)

le viaduc
déjà visible
(du haut d’Engayresque),

ce chantier monumental
si petit dans le paysage
(- la place de l’homme…!)

du col il se pousse
dans la descente
vers la ville

aux mille
visages
aux dix-mille

°

à ceux qui travaillent
il dit
travaillez plus !

à ceux qui ont été exclus
du travail
(par la Finance)
il dit :
mauvais citoyens !

glander plus
pour galérer moins !

Il est huit heures
Millau s’éveille
au soleil

°

Mamma(ire) Mia !

°

ah, du vrai nanan,
ce pain à la farine
de blé 110 !

°

mère à l’hôpital
dans sa maison
la pendule hésite
à avancer

(sur/de 7h 7′ et 17″ !)

mère à l’hôpital,
un tout petit moucheron
chez elle

°

Travaille, peuple, travaille,
que j’empoche ton pognon !

Consomme, peuple, consomme,
que j’empoche ton pognon !

°

douceur pré-printanière
pigeons et canards
qui barbotent

°

ce soir
entre deux étoiles,
la lune

/

ce soir
d’une étoile à une autre
la lune

°

maman (91 ans)
ne mange pas de sucreries,
ne veut pas grossir.

°

admirant le silence

silence
le soir
studieux

/

dans le silence
étudie

les oreilles pleines
de silence

/

emplir ses oreilles
de silence

l’eau qui bout
fait gonfler
le silence

le silence :
les bruits
dans sa tête…

°

du temps
pour ne rien faire

°

Haïku :
éclaircir la vue

(// raréfier les mots !)

ras-juster
ras-jusquer

(: 5/7/5 ?)

°

l’envers des corps
Saint-Pierre décore

°

haïkus – le thé froid

°

ma fille me dit :
« Assieds-toi bien, papa ! »
: bientôt 29 ans

°

guanacos* et caracaras**
: pumas de Patagonie

* : sortes de « lamas »
** : oiseaux de proie

°

ce président :
un mage
du chômage !

°

la neige s’accumule
sur le col
du guanaco

pumas en file indienne
Condor voudrait bien les suivre
jusqu’au butin !

devant l’écran
je voyage
partout :

Pumas de Patagonie

(: « Arte »)

là où je n’irai jamais :
télévision

Maman, j’ai faim
crie le petit troglodyte

mâchant
d’un côté
de l’autre
: guanaco

les nuages
s’envolant
de la montagne
(des Andes)

°

grand-père en novembre
neige en février
(?)

°
(Bashôtage :)

vieille corbeille –
un papier saute,
le bruit des mots

°

le moucheron
sur le cahier
se perd* dans mes mots

*/ disparaît

un moucheron
péniblement avance
sur le cahier à carreaux

j’écris
sur mon grand-père –
bientôt
grand-père
à mon tour !

°

ce matin
encore vivant !
(- alarme…)

°

« artificelles »
=
encore haïku ?

°

Décès
D.C.
Da Capo

°

exaspère
et
exasmère

soulever
toutes les pierres
du langage

/ de la langue

la langue creuse… creuser la langue
… la vague de la langue…
la langue se soulève… la vague
destructrice de la langue… (lan-
gue de vipère / langue de pivert)
… haïku(s) de bec… pourfendre
les haïkuistres…

°

S’a-J.T.*

(: Sarko s’a.J.T.e)

* J.T. = journal télévisé.

Sarko sage E.T.* ?

* : Extra-Terrestre.

Sarko, ça gîte
(: épaules, petits poings crispés…)

°
(Bashôtages :)

restant au bord de l’étang :
la grenouille
ou/et la lune ?

la grenouille
chante sous la lune
– bord de l’étang

°

le noeudipien

°

sonnerie de porte
« – c’est Barbara »

°

Son bilan : un Liban ?
-ta(s) ?

°

éradiquer l’esprit de lucre
/ de luxe
/ de sucre…

°

la crucifixchute…

°

au fond
de la boîte à gâteaux
vide,
trois mites
mortes

°

l’heure de l’apéro –
l’heure de la Péri* ?

* : ballet de Paul Dukas (1912)

°

(Ceux qui)
niquent ma terre !

(- Pas nique ma terre !)

°

le lent ballet
des parapentes
le long de la montagne *
– fin février

* / du Causse Noir

« Y a tout qui disparaît
avant qu’on disparaisse soi-même »

(: maman, qui ne distingue pas les parapentes.)

°

la présentatrice météo :
son profil
de carte de France !…

°

le président sortant
souhaiterait continuer
à « dégraisser (allègrement)
le mammouth »
(de l’Éducation) –
: C’est un Éducasseur° !

° pour lui, il faudrait : Éducasquer !(?)…

il a un tiroir-caisse
/ un miroir-caisse
à la place de la tête
/ du coeur
?

Sarkocasseur 1er

sarkocasse
sarkorreur

sark-veau-d’or –> Sarkor

le « règne de Sarko » :
un passage avide !/?

quand il écrira ses mémoires
ce sera :
« L’avide Sarko »
(!/?)

°

trou vaille
que vaille

°

mouche ron
de
– la tache de vin

°°°

dp.( 16-29/2/12)

Les 1012 haïkaï de Bashô – 238-245)

21 février 2012

°
(Maison d' »Une Branche » à Take no Uchi)

monde de senteurs
dans une branche de fleurs de prunier
une poule

(printemps 1685)

NB : Akashi Genzui était un docteur qui écrivait sous le patronyme de Isshi-ken (« Maison d’une branche »). La poule d’hiver possède un chant joyeux et complexe. Le verset utilise l’association parce que sur une branche de fleurs de prunier se trouvent « un monde de senteurs » et une poule.

°
(Je m’en fus à Kyoto pour visiter la villa montagnarde de Mitsui Shûfû à la Pruneraie de Narutaki)

fleurs blanches
hier
on a volé la grue

(printemps 1685)

NB : Mitsui Shûfû (1646-1717) était un poète de l’école Danrin (…) Bashô utilise une légende concernant un ermite chinois, Lin He Jing, qui adorait fleurs et grues, comme base de son poème. Chez son hôte, il y avait beaucoup de pruniers, mais la grue manquait. En disant qu’on avait volé la grue, Bashô suggère que son hôte vivait dans une région infestée de criminels. L’école de poésie de Bashô s’opposait à celle des poètes Danrin.

°

le chêne
ne fait pas attention aux fleurs
une pose

(printemps 1685)

Ce verset fut composé comme verset de salutations pour Mitsui Shûfû. Bashô compare son hôte au Quercus glauca, une variété de chêne qui pousse en montagne, impliquant que c’est un véritable homme qui contraste avec l’ostentation des fleurs.

°
(Rencontrant le Prêtre Ninkô au Temple Saiganji, à Fushimi)

ma robe de soie
des pêches de Fushimi
gouttent ici

(1685)

NB : Le Prêtre Ninkô (1606-86) était connu pour sa vertu. On connaissait Fushimi pour ses pêches sucrées et juteuses et pour son saké.

°
(Franchissant les montagnes sur la route d’Ôtsu)

sur un sentier de montagne
où quelque chose pourrait vous charmer
une violette sauvage

(printemps 1685)

°
(Une vue du Lac)

à Karasaki, le pin
est entouré d’une brume
plus douce que les fleurs

(printemps 1685)

NB : Le pin à Karasaki, au bord du lac Biwa était si célèbre qu’on y faisait déjà référence dans la poésie ancienne. Le lac Biwa, près du mont Nagara, est un endroit réputé pour ses fleurs de cerisiers. Au début du printemps, l’humidité s’élevant du lac qui se réchauffe pouvait atténuer la vue de cet arbre célèbre.

°

azalées arrangées
dans l’ombre une femme
déchire une morue sèche

(printemps 1685)

°
(Poème en voyage)

à cette ferme de colza
le visage qui contemple les fleurs
est celui d’un moineau

(printemps 1685)

°
(à suivre : 246-1012)

Les 1012 haikai de Bashô : 233-237)

20 février 2012

°
(Composé en voyant un écran de fleurs de pruniers et un corbeau à la maison de Sakuei. On y tint une séance de renga avec ce verset-ci comme hokku (verset de départ).)

un corbeau errant
son vieux nid est devenu
un prunier

(printemps 1685)

NB : La note d’en-tête fut ajoutée par Dohô dans son livre Shô Ô Zen-den. Dans ce poème, Bashô se compare au corbeau peint sur l’écran. Au lieu de séjourner dans la simplicité d’un nid de corbeau, il dort au milieu des fleurs de prunier parce qu’il demeure chez un ami élégant. Les corbeaux ne sont habituellement pas tenus pour des oiseaux migrateurs, mais l’idée d’un corbeau errant signifie un oiseau de passage, ou un prêtre en voyage.

°

le plan
pour Kiso en avril
contempler les fleurs

(printemps 1685)

NB : Kiso était le nom d’une région d’une rivière montagneuses. À cause de l’altitude, les fleurs de cerisiers fleurissaient plus tardivement.

°
(Sur la route de Nara :)

c’est sûrement le printemps
sur les montagnes sans nom
un fine brume

(printemps 1685)

NB : Pour aller de Nagoya à Nara, Bashô devait franchir une chaîne montagneuse. Au printemps, les montagnes du bord de mer amassent de l’humidité et remplissent les vallées d’une brume chaude. Y penser fait surgir de nombreux sentiments d’amour et de nostalgie.

°
(Au deuxième mois, je me retirai dans le Hall de Nigatsudô :)

les moines
tirant de l’eau
du bruit glacé des sabots

ou :

tirant de l’eau
les bruits de sabots
des moines gelés

(hiver 1685)

NB : À Nara, dans le temple Tôdaiji se tenait, généralement pendant les deux premières semaines du deuxième mois du calendrier lunaire, correspondant maintenant au mois de mars, une Cérémonie du Puisage de l’Eau. Quand les moines tournaient autour de l’autel, dans leurs déambulations nocturnes, leurs sabots de cèdre rendaient un bruit comme s’ils marchaient sur une terre gelée. La fin de la cérémonie consistait à tirer de l’eau de la source Akai, maintenant appelée Asakai.

°
(À Take no Uchi dans la province de Kazuraki vivait un homme qui prenait grand soin de sa famille. Au printemps il employait beaucoup de travailleurs aux rizières et à l’automne pour la moisson. Sa maison était remplie du parfum des fleurs de prunier, ce qui encourageait et consolait les poètes affligés.)

printemps précoce
vendant du vin de fleur de prunier
le parfum

(printemps 1685)

NB : Ce bouilleur de saké non désigné organisa une séance de renga. Quand on coupe la racine d’iris sucré en petits morceaux pour adoucir le saké, la boisson est appelée vin de prune. Il y a ici une devinette non-dite : qui vend les prunes, le parfum ou la saison des fleurs de prunier ?
°
(à suivre, 238-1012)

Les 1012 haikai de Bashô – 205-209)

1 février 2012

°
(Visitant le temple de Futakamiyama Taima, je vis un pin vieux d’un millier d’années environ, qui étendait ses branches au-dessus d’un jardin. Il était si grand qu’il aurait pu recouvrir le troupeau que Tchouang-Tseu mentionna dans son histoire. Ce fut un très grand et précieux bonheur que le pin, sous la protection de Bouddha, eut échappé à la hache.)

prêtre et belle-de-jour
combien de fois réincarnés
sous la loi du pin

(saisons mixtes, 1684)

NB : L’arbre dans l’histoire de Tchouang-Tseu était un chêne japonais qui pouvait recouvrir des milliers de vaches, tellement il était grand. L’arbre put survivre aussi longtemps parce qu’on ne le considérait bon à rien d’autre. Dans le poème de Bashô, le pin était un rappel de la manière dont prêtres et belles-de-jour, sous les lois du Dharma, se réincarneraient encore et encore, tandis que le vieux pin, dans son vieil âge sous la protection du Bouddha, n’avait plus à affronter les cycles des morts et des renaissances.

°
(Les restes de la chaumière de Saigyô se trouvent du côté droit du temple intérieur; on y accède en continuant quelques centaines de pas sur un chemin de bûcheron. La cabane fait face à une profonde vallée dotée d’une vue splendide. L' »eau claire qui ruisselle » est toujours la même qu’aux temps anciens, et, même maintenant, les gouttes s’écoulent toujours.)

la rosée goutte, goutte
voulant rincer enfin
la poussière de ce monde

(automne, année inconnue)

NB : La référence de Bashô à « la claire eau qui goutte » vient du poème de Saigyô : « s’égouttant / la pure eau de source tombe / sur des rochers moussus / pas assez pour en tirer / pour cette vie d’ermite »

°

Ignorant l’hiver
la maison où l’on décortique le riz
le bruit de la grêle

(été 1684)

NB : (…) Parce qu’ils avaient beaucoup de riz à décortiquer, leur hiver serait aussi chaud qu’un été. Le seul bruit de grêle serait celui du battage du riz pour en ôter l’enveloppe.

°

frappez le battoir
pour que je l’entende
femme du temple

(automne 1684)

NB : Poétiquement parlant, on supposait que le son du battoir pour y battre la soie tissée, était romantique voire érotique, quand une femme s’y attelait, tard, une nuit d’automne.

°
(Je franchis montagnes et vallées, le soleil de l’automne avancé déjà au déclin. Parmi tous les endroits célèbres ici, j’allai d’abord faire mes dévotions au mausolée de l’ancien empereur Go-Daigo.)

la tombe impériale date
vous souvenez-vous de l’endurance
fougère du souvenir

(automne 1684)

NB : Shinobu désigne à la fois une fougère appelée « pied de lièvre » et « se rappeler » ou « endurer ». Bashô pense que les plantes autour de la tombe doivent se rappeler les personnes qui ont visité ce lieu sacré. Il voudrait pouvoir accéder à ces souvenirs.

°
(à suivre : 210-1012)

‘Tierra de nadie’ – Salim Bellen : 6-7-9-11-13-14)

30 janvier 2012

°

À la source
nous louons le soleil
de nous donner soif

°

Échoppe de campagne
les trois mules attendent
les ivrognes

°

Nous salua,
nous invita à entrer
l’inconnu

°

Le paysan
nous offre l’horizon
et un verre d’eau

°

Porte du temple
entre quatre murs
tient le monde

°

Les moines suent
le chien se couche
à l’ombre

°
(à suivre…)
(tr : J. Pellet & D. Py)

Les 1012 haikai de Bashô – 191-195)

23 janvier 2012

°
(L’année de Jôkyô, à la huitième lune, je quittai mon humble cabane près de la rivière. Le bruit du vent était étonnamment froid.)

battu par la tempête
le vent perce mon corps
jusqu’au coeur

(automne 1684)

°

dix automnes
Tokyo est devenue
ma ville

(automne 1684)

NB : En fait, Bashô avait vécu à Tokyo pendant treize ans.

°
(Le jour où je franchis la Barrière il pleuvait, et toutes les montagnes étaient cachées par les nuages.)

averses brumeuses
le jour où on ne peut pas voir le mont Fuji
c’est plus attirant

(automne 1684)

NB : Un des jeux poétiques était que le sujet soit quelque chose d’insaisissable, comme dans les lamentations des amants, ou quelque chose d’intangible, tel que le Mont Fuji ce jour nuageux.

°

nuages de brouillard
faisant de leur mieux rapidement pour montrer
cent scènes

(automne 1684)

NB : Le paysage changeait très lentement pendant la marche, mais avec le brouillard dérivant, les scènes changeaient constamment.

°
(Ceci est notre griffonnage à l’oratoire sacré du Sanctuaire Tado Gogen à Ise. Le vieux Bashô, propriétaire du cottage du bananier près de la rivière Fukagawa, et Tani Bokuin, le maître de Kansuiken de Nôshû, Ôgaki, marchands de poésie lors d’un voyage de visites à Ise et Owari, désireraient vous offrir ces quelques poèmes des quatre saisons.)

vie d’un prêtre
mon nom est emporté
dans la Rivière des Feuilles Tombées

(automne 1684)

°
(à suivre, 196-1012)

Les 1012 haikai de Bashô – 186-190)

22 janvier 2012

°

glace sévère
la gorge du rat
à peine humide

(hiver 1683)

NB : Parce qu’il n’y avait pas d’eau potable à proximité, Bashô devait l’acheter. Ce poème aurait pu se baser sur la fable de Tchouang Tseu selon laquelle : « Un rat boit l’eau de la rivière, mais pas plus qu’il ne faut. » Bashô s’excusait peut-être de la quantité d’eau qu’il devait acheter ou en pensant au paradoxe d’avoir à acheter de l’eau en vivant près d’une rivière.

°

le printemps se lève
dix quarts de vieux riz
au nouvel an

(Nouvel an, 1684)

NB : Les disciples de Bashô étaient dans l’obligation de veiller à ce que sa gourde de riz restât pleine, en rétribution de ses services. Bashô se sentait bien entretenu parce que ses élèves lui avaient donné plus que ce qu’il n’utilisait. Ce verset utilise le contraste technique entre le nouvel an et le vieux riz. La première séquence du poème disait « comme je suis riche ». La révision ajoute un mot de saison et supprime le commentaire émotionnel.

°
(Dans la maison de Chiri à Asakusa :)

la soupe d’algues
montre de tels talents
dans un bol décoré

(printemps 1684)

NB : Asakusa était renommé pour ses alguesnori, largement consommé au Japon, et qu’on utilise de nos jours pour enrober les sushi. Le asagi wan était un bol décoré de fleurs et d’oiseaux en rouge et blanc sur un fond bleu clair.

°
(Bunrin m’a envoyé une peinture du Bouddha quittant la montagne, que j’ai placée sur mon autel.)

gloire au Bouddha
sur un piédestal d’herbes
quelle fraîcheur

(été 1684)

NB : Bunrin était un des élèves de Bashô. La plupart des peintures représentent le Bouddha sur des fleurs de lotus, mais Bashô ne peut utiliser que de l’herbe pour piédestal. Le poème peut aussi signifier qu’au lieu d’un autel en bois, celui-ci n’était fait que d’herbes tissées ou nouées.

°

N’oubliez pas
de profiter de l’air frais à
Sayo de Nakayama

(été 1684)

NB : Cette strophe fut offerte à Fûbaku, employé du sanctuaire d’Ise, alors prêt à faire le voyage de retour pour son travail. Sayo no Nakayama (« Centre des Montagnes ») était un des lieux, sur la route du Tôkaidô, célèbre parce que Saigyô, comme d’autres poètes avant lui, évoqua l’endroit dans un de ses poèmes.

°

(à suivre : 191-1012)

°

Les 1012 haïkaï de Bashô – 181-185)

16 janvier 2012

°

presque pleine lune
ce soir à trente-neuf ans
un enfant

(automne 1683)

NB : la quatorzième nuit est la dernière nuit avant la pleine lune. Les Analectes de Confucius contiennent ce compte-rendu : « À quarante ans, je possède assez de discrétion pour ne pas perdre ma voie. » Bashô avait un an de moins, et était donc encore un enfant ! Il y a un rapport entre la lune qui n’est pas tout à fait pleine et Bashô qui n’a pas encore atteint quarante ans.

°
(Montagne du Chat :)

Le chat de la montagne
a-t-il léché toute la neige
sauf dans les crevasses ?

(hiver 1683)

NB : On considère que la Montagne du Chat est un pic à l’ouest du Mont Bandai.

°
(Forêt Noire)

Forêt Noire
quoique vous puissiez dire
un matin de neige

(hiver 1683)

NB : Le Japon a plusieurs lieux appelés Forêt Noire, mais le plus célèbre se trouve près de Sakata, dans la Préfecture de Yamagata.

°
(Le jeune frère d’Ishikawa Hokukon, Santenshi, est venu ici pour briser l’ennui avec du riz et du persil, probablement poussé sur les berges du Quing ni Fang. Je reconnais maintenant la valeur de l’élégance de ce goût simple.)

c’est pour moi que
la grue laisse du riz et du persil
à manger

(hiver 1683)

NB : On dirait que Bashô compare le frère de son ami à une grue. Qing ni Fang était une rivière de Chine mentionnée par le poète chinois Tu Fu.

°
(Vivant de nouveau au cottage du bananier qui a été reconstruit…)

entendant les grêlons
comme si ce corps était
un vieux chêne

(hiver 1683)

NB : La maison de Bashô fut détruite par un feu de quartier, le 28 décembre 1682. Bashô vécut chez plusieurs disciples jusqu’à ce qu’il retourne dans sa nouvelle demeure en septembre 1683. Les feuilles du chêne brunissent et sèchent en automne, mais ne tombent pas avant la fin du printemps, quand de nouvelles feuilles les font tomber. La grêle frappant les feuilles a le son râpeux d’une vieille peau sèche.

°

(à suivre, 186-1012)

Haïku, etc. de Py – janv. 2012 – 1/2

15 janvier 2012

°

pommes du trente-et-un
pépins du premier ?
: Nouvel an

°

entre les pages du carnet
confetti du Nouvel An

confetti
dans le carnet
au passage à l’an

°

Voir – et entendre
Arêches de nuit
pour la dernière fois :
premier janvier

°

Premier de l’an
la neige glisse du toit

°

le bruit du torrent
du fond de l’année

°

cerisiers en fleurs
sous la neige
de nuit -:
chemisier
de réveillon

°

fruits mûrs
au dernier de l’an
mûrs au premier

°

1er janvier
Enlever les chaînes
Sa
voie

°

premier janvier
déjà une plainte
contre Sarko

°

premier janvier
une paillette
sur son après-ski

°

premier janvier
ne rien envier
à personne

°

des paillettes
tout à l’entour des chalets
– premier janvier

même sur la route
les paillettes
– premier janvier

°

Tao :
le Grand tout – ou
et le Grand Rien (?)

°

par le par
king

°

se penchant sur son K-di
un penchant pour son K-do

°

larmes de crocodile :
(à) pleurs-de-faux (?)

°

le marbre
de la table
cassé
– début d’an

°

une petite feuille
tourne en rond
– 3 janvier

°

2
mild *
douce

* = doux/ce (: angl.)

°

ZEBU (train) long

(: RER Nogent-sur-Marne – St Germain-en-Laye)

°

(le langage est)
de la pâte à mots

°
(Kyôku pâle :)

dans le haïku,
le haïjin
se porte pâle…

°
(Kyôku à la place du more :)

Écrire un article sur
« La place du more dans le haïku français »…

°

4 janvier doux :
des oiseaux tôt
vers la gare

°

ce matin
Moskva Belorusskaya
8 h 28 Voie 5
: l’échappée belle !

Brest Central. Minsk Passarjirski.
Orsha centrale. Smolensk. Viazma.
Moskva Belorusskaya

°

e – star – got

°

Dépenses pharaoniques :
notre petit président
vit sur un très grand pied *

* cf : René Dosière : L’argent de l’état, un député mène l’enquête. Éd. du Seuil, 2012. (Source : Siné-mensuel n° 5, janvier 2012.)

Dépenses pharaoniques
le président Nic-
la-France

2012 :
d’un président pharao
nesque
à un président pharao
nnête…
?

les voeux
du président
aux Français (?) :

du
pip *
o
(!?)

* cf aussi le scandale du Poly Implant Protheses (!?)

°

L’État
c’est lui (!)

°

L’ascenseur pour les fachos …

°

« une femme rencontrée cinquante » tétées « plus tôt » *

* : « cinquante étés » : Jim Harrisson, in : L’éclipse de lune de Davenport, éd. La petite vermillon, 1998.

°

77 ans
– ou 7 ans ?
: à patinette dans Paris

(7/1/12, rue des Meuniers, 75012)

°

le cône
dont jouit
le fourmi-lion :
demi-sablier
où s’abolit
la fourmi

°

deux-mille-tousse …

°

la fourmi,

°

dans ses cheveux en chignon
une baguette
chinoise

°

dans la salle noire de monde
« Le jour le plus long »
avec papa

°

vendredi treize –

°

paix de la carrée
quai de la rapée

°

dorénavrant

ce matin
ce mot :
dorénavrant

°

trois grandes grues
dans le ciel
les tours
de la bibliothèque

°

au milieu des arbres
les flambeaux
des skieurs du Nouvel An

(Arêches : 31/12/11)

°

L’enfer
forgé
de bonnes intentions…

°

la belle fumée
de la cheminée d’usine
s’élève au soleil
– mi-janvier

 » regarde, l’usine
à fabriquer des nuages ! »
: Jalil, 5 ans.

°

(à suivre, 2/2)