Archive for the ‘monostiches’ Category

La Déclaration de Matsuyama – 3/12 –

21 avril 2014

III) POURQUOI LE HAÏKU S’EST RÉPANDU À TRAVERS LE MONDE. LE COEUR DU HAÏKU.

8) La poésie occidentale est riche et comporte des styles différents. Quelques poèmes sont très courts, mais d’autres très longs, de plusieurs centaines de vers. De plus leurs formes ne peuvent pas être clairement définies, à cause de leur très grande diversité. Le haïku, à l’opposé, est un poème complet et indépendant, de seulement dix-sept syllabes. Ceci constitua un choc pour les lecteurs occidentaux.

9) Le haïku n’est pas un genre de poésie où une conclusion logique doit offrir au lecteur une réponse poétique précise. En d’autres termes, le haïku transcende la logique. Par exemple, même si les haïkaï de Bashô :

aki chikaki kokoro no yoru ya yoojoo han
l’automne venant nos coeurs se rapprochent dans cette petite salle de thé

fuyugomori mata yorisowan kono hashira
confinement hivernal de nouveau je m’appuierai contre ce pilier

hiyahiya to kabe o fumaete hirune kana
grande fraîcheur mes pieds contre le mur pour une sieste

étaient traduits en français comme ci-dessus, et qu’on essaie de les expliquer par la logique, ils ne pourraient pas l’être entièrement. Chaque traduction est entièrement différente. Dans le haïku, un objet d’émerveillement est exprimé tel qu’il est. On saisit le haïku avec ses cinq sens, pas par la logique. Des choses que la logique ne pourrait pas expliquer peuvent être exprimées par le haïku. Afin de franchir le fossé séparant la logique des sens, le Japon inventa des techniques rhétoriques appropriées telles que le « kireji » et le « kigo ».

10) On considère que le haïku est un « cadeau de la nature ». Ceci se base sur le point de vue japonais que « la nature n’est pas quelque chose contre laquelle il faut lutter, mais plutôt quelque chose dans laquelle il faut se fondre ». Et la vision japonaise de la vie consiste à « projeter la vie humaine dans la nature ». De même que le tanka contemporain rompt avec la tradition et la sensibilité aux saisons propre au waka ancien, le haïku a hérité de cette tradition et l’a même renforcée. Du waka du Japon ancien au tanka d’aujourd’hui, la tradition de la nature et la sensibilité aux saisons ont perduré et se sont même renforcées dans le haïku

11) En d’autres termes, le haïku rappelle à ses lecteurs que les hommes en tant qu’êtres vivants vivent dans la nature, en conséquence de quoi il leur suggère de vivre dans la nature en sympathie et en symbiose avec les autres créatures. Ainsi disposés, ils seront dotés d’un coeur non refermé sur lui-même, mais d’un coeur ouvert à tous les autres.

12) De plus, le haïku est la poésie des gens du commun. Le haïku est né chez eux, a été perfectionné par eux et est retourné vers eux. Ajouté à cela, il permet d’écrire à propos de n’importe quel sujet de la vie quotidienne. Il n’est donc pas étrange que le haïku ait continué à agrandir de beaucoup le cercle de ses disciples et à gagner en popularité, phénomène très rare de nos jours.

13) Il est, en premier lieu, facile de composer des haïkus. Quand nous écrivons un haïku au Japon, nous alignons 5, 7 et 5 syllabes, et insérons un kigo (mot de saison), et cela ressemble à un haïku. Le haïku remplit chaque poète de ravissement.

14) En second lieu, le haïku provient du haïkaï, qui est un art littéraire de groupe, qui nécessite structurellement les autres. Les groupes qui ont cet intérêt partagé de créer et d’évaluer des haïkaï, s’appellent des « Renju ». Ainsi, un poète de haïku a une méthode créatrice différente du poète moderne typique qui écrit de la poésie isolément.

15) En résumé, cette nature démocratique du haïku provoqua un impact nouveau sur les poètes du monde. Ils l’acceptèrent comme quelque chose qu’ils pouvaient utiliser.

(À suivre : IV LES PROBLÈMES DE TEIKEI (LA FORME FIXE) ET DES KIGOS (MOTS DE SAISONS).

(Trad. : D. Py.)

Publicités

La Déclaration de Matsuyama – (suite : 2/12) –

19 avril 2014

II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE

5) La poésie traditionnelle du Japon est entrée en contact avec la poésie mondiale à travers les traductions d’hymnes et de poésie biblique. Des ouvrages de traductions tels que le « Shintaishisho » (1883) par Toyama Soichi, et al., et « Omokage » par Mori Ogai contribuèrent à établir le genre de poésie populaire en Occident. Bien que Shiki lui-même ait promu la réforme du haïku et du tanka, il exprima également son intérêt pour le Shintaishi (poésie de style nouveau) et organisa des groupes d’études du Shintaishi. Il fut particulièrement intéressé par les caractéristiques de la rime dans la poésie occidentale et compila un « dictionnaire de rimes » afin d’introduire les rimes dans la poésie japonaise. Dès le départ, Shiki se concentra sur le reste du monde et enseigna à ses contemporains japonais l’importance de la rime en poésie.

6) De même que la Shi-ika (poésie) japonaise fut fortement influencée par la poésie occidentale, le haïku a eu une forte influence sur le monde de la poésie en Occident. Le haïku fut d’abord introduit à l’Ouest à la charnière du XXè siècle par Sir Basil Hall Chamberlain et par Paul-Louis Couchoud. Quand des poètes comme Ezra Pound et Paul Éluard montrèrent un profond intérêt, le haïku se fit rapidement remarquer. Paul Claudel, par exemple, ambassadeur de France au Japon, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, les Américains Richard Wright et Allen Ginsberg, l’Allemand Rainer Maria Rilke, l’Italien Giuseppe Ungaretti, et le Prix Nobel mexicain Octavio Paz, et d’autres poètes importants incorporèrent tous l’esprit du haïku dans leur poésie.

7) Jules Renard, dans ses Histoires Naturelles, utilisa des ressemblances appropriées dans sa courte phrase à propos du « papillon ». Il écrivit : « Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur. » Il décrivit « la couleuvre » en une seule ligne, lui donnant ainsi un parfum de haïku. Octavio Paz écrivit un poème ressemblant au haïku en trois vers : « Chaque fois que l’enfant la lance / la toupie retombe juste / au centre du monde ». Le poème de Rilke qui commence par « Rose, ô pure contradiction » et qu’il souhaitait comme épitaphe, était aussi une espèce de haïku. Les cercles littéraires en France s’intéressaient également fortement au haïku. La Nouvelle Revue Française, éditée par Jean Paulhan, influença toute une génération d’écrivains français. En 1920, peu après sa création, la revue publia un numéro spécial sur le haïku, qui causa maint remous dans le monde poétique français.

III POURQUOI LE HAÏKU SE RÉPANDIT À TRAVERS LE MONDE. LE COEUR DU HAÏKU.

(: À suivre…)

Reginald Horace Blyth à propos du « Furu-ike ya » de Bashô

16 mars 2014

°°°

Extrait de la Préface au volume IV de Haiku, de R.H. Blyth :

Pour conclure cette trop longue préface, j’aimerais dire quelque chose à propos de la traduction du haïku en anglais, en prenant comme exemple le plus fameux de tous, le « furu-ike ya kawazu tobikomu mizo no oto ». Ce que je traduisis (ailleurs) par :
« The old pond ; / A frog jumps in, – / The sound of the water. »
( : « la vieille mare ; / une grenouille (y) saute, – / Le bruit de l’eau. »)

La traduction sur trois lignes employée dans ces volumes obscurcit quelque chose de fondamental qui se trouve dans les originaux, quelque chose qui appartient à la mentalité japonaise, à la langue japonaise, à la littérature qu’elle produisit et qui la produisit. Nous le voyons dans les poèmes liés, dans les jeux de mots de la langue du Nô, dans les espaces vides des peintures, l’absence d’objets dans les pièces, les silences de la conversation. Ce « quelque chose » est une certaine continuité, une absence de division, un sentiment de totalité quand on s’occupe des parties.

Dans le haïku en question, la première ligne, c’est-à-dire les cinq premières syllabes sont stoppées par la particule ya, que nous ne pouvons représenter que par un point-virgule, puisque « ah ! » est sentimental, « oui » (« yes ») trop comme faire claquer les lèvres, et un point d’exclamation simplement ridicule. Mais les deuxième et troisième lignes, c’est-à-dire les sept syllabes du milieu et les cinq de la fin, peuvent être soit divisées, comme dans la traduction pré-citée, soit considérées dans leur continuité. Le verbe tobikomu, « saute dans », a aussi une fonction adjectivale, en qualifiant oto, « le bruit » , signifiant ainsi « l’eau pénétrée par la grenouille ». Nous pouvons donc traduire la strophe ainsi :
« The old pond ; /The sound / of a frog jumping into the water. »
(« la vieille mare ; / Le bruit / d’une grenouille sautant dans l’eau. »)

Mais, à part le fait d’être un peu maladroite, cette traduction, bien qu’indubitablement plus °°°
proche de l’original que la première version, isole le bruit du reste des éléments de l’expérience et le rend subsidiaire d’eux. Un point intéressant et important est de savoir si le verset est un verset auditif seulement, ou bien visuel et auditif. Bashô vit-il la grenouille sauter et entendit-il le bruit de l’eau ? Cela semble plutôt prosaïque. A-t-il entendu le son et déduit que c’était une grenouille, par expérience, ou par jeu de probabilités ? Ceci est trop rationnel et logique. L’expérience réelle – c’est-à-dire idéale – de Bashô doit avoir été celle représentée ainsi :
« The old pond ; / The-sound-of-a-frog-jumping-into-the-water. »
(« la vieille mare ; le bruit d’une grenouille sautant dans l’eau. »)

Mais ceci est trop exact, trop défini, trop total et grammaticalement complet. Le haïku original est plus fragmentaire ; il est en fait un lien ou deux de ce que Pater appelle : « la grande chaîne où nous nous trouvons entravés ».

(…)

°

Plus sur le « furu-ike ya », extrait du Zen dans la littérature anglaise et les Classiques orientaux, chapitre 15. :

Le plus célèbre de tous les haïkus, auquel je donne une traduction non conventionnelle, a cette même qualité, c’est-à-dire, d’exprimer un fait non symbolique, non allégorique, qui est néanmoins un Fait, et Le Fait.

« The old pond. / A frog jumps in – / Plop ! »
(«La vieille mare. Une grenouille (y) saute – / Plop ! »)

Contre cette traduction, on peut insister que « plop » est un mot non poétique, plutôt comique. À ceci je répondrais : « Relisez-le lentement, une douzaine de fois, et cette association disparaîtra grandement ». De plus, on peut dire que l’expression « plop » est totalement différente auditivement de « mizu no oto ». Ce n’est pas tout à fait vrai. Le « bruit de l’eau » anglais (« sound of the water » est trop gentil, il suggère un cours d’eau ou ruisseau. Le mot japonais « oto » aune valeur onomatopéique bien plus proche de « plop ». D’autres traductions s’éloignent bien trop de la réalité. « splash » (« plouf ») donne l’impression que Bashô lui-même a sauté dedans. Celle de Yone Noguchi : « List, the water sound » (approximativement : « Voici, le bruit de l’eau ! » montre Bashô dans une pose gracieuse, doigt en l’air. « Plash » (« Flac ») de Henderson, est aussi un mauvais emploi de mot. De toute façon, il est heureux que Bashô soit né Japonais, parce que même lui n’aurait probablement pas su le dire en anglais. Venons-en maintenant à la signification. Un auteur anglais écrit ceci : « Certains érudits soutiennent que ce haïku à propos de la grenouille est un commentaire philosophique parfait à propos de la petitesse de la vie humaine en comparaison avec l’infini. De tels poèmes sont des allusions, des suggestions, plutôt que les expressions complètes d’une idée .»

Aucun haïku n’est un commentaire philosophique. La vie humaine n’est pas petite ; elle ne doit pas être comparée avec l’infini, quoi que cela soit. Les haïkus ne sont pas des allusions ; ils ne suggèrent rien du tout.

Un des grands mérites de ce poème est qu’il se prête à presque toute interprétation qu’on peut lui donner. Mais en général celles-ci peuvent se réduire à quatre :

1) C’est un poème ordinaire qui n’a aucun mérite particulier. Cette vue moderne lui donne une importance historique et témoigne de son objectivité.

2) C’est une expression du silence et de la sérénité, accentuée prospectivement et rétrospectivement par le bruit de l’eau provoqué par la grenouille. Ceci est, je pense, l’impression produite sur le lecteur moyen qui a une certaine appréciation de la manière de vivre de Bashô.

3) C’est un poème symbolique et mystique. Le bruit de l’eau est la Voix de Dieu, « vieux » signifie sans âge, la mare est l’infini, le plongeon de la grenouille dans l’eau est le baptême de l’eau dans la mort, la mort de l’ego. (Pour être tout à fait honnête, je dois dire que je viens juste d’inventer cette interprétation.) Presque tous les Japonais se révolteraient devant cette interprétation, instinctivement. Quand j’ai traduit ce que je venais d’écrire à ma femme, elle dit : « cela me rappelle d’une certaine manière les Jeux Olympiques », et c’est la réaction d’un esprit sain et vif à cette explication fausse et forcée. Dieu, l’éternité, l’infini, la mort, l’âme, – de telles conceptions sont des sujets possibles quoique peu séduisants pour le haïku, mais comme dit précédemment, les haïkus ne sont pas des allusions, ils ne nous suggèrent aucunement de telles notions.

4) D.T. Suzuki raconte l’histoire de ce haïku comme étant une réponse à la question « Qu’est-ce que la réalité ? », mais cela semble aussi apocryphe que celle de Kikaku suggérant « la rose jaune » pour la première partie du poème et son rejet par Bashô. Suzuki dit encore : « La source de la vie a été appréhendée », et ceci est assurément vrai, c’est également vrai de toute poésie, de toute musique, de toute peinture, bien que l’appréhension ait différents degrés de force et de ténacité. Le danger de cette opinion est qu’elle fait que ce poème pue le Zen. »

R.H. Blyth.

°°°

Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 1/2

15 mars 2014

°

Plus il y a de chiens, plus il y a d’os.

Les os sous le pont coulent
Les aulx sous le pont coulent
les zoos sous le pont coulent
les eaux sous le pont coulent

°

une fois le froid sous les fesses passé,
attendre (20 minutes)
le prochain train

; le quai long de monde

°

un gant gris
sur une marche grise

– Que dit-il ?

– Je le laisse

°

De
haïku, taiji-quan, zen,
l’esprit-Un

°

Orly –
Au-dessus des pendules de la tour,
les aiguilleurs du ciel

°

Une dame à son amie :
« Viens, on va faire le trottoir »
– mars ensoleillé

°

Après la Saint-Valentin
(…)
(…)

°

matin de mars
sur les ailes blanches
de la pie

°
(Ancien:)

À l’accueil
de l’établissement,
trois grasses.

°

La gazette des rois

°

un magrouilleur

°
(Senryû :)

Sarko – l
Cass’roles

°

ce soir sur la table
le jus de soja a sauté :
patte d’ours

°

un gros avion
déborde de la brume
– pollution de mars

°

mon clignotant
au même rythme
que le marteau de l’ouvrier
– porte de l’immeuble

°

marronniers rognés

taille moignons

(À propos de W. Lambersy : Le mangeur de nèfles, éd. Pippa, 2014.)

°

(Kyôkus :)

Simplifier, toujours,
vers le plus grand « naturel » *
possible

* de la découpe des vers, des rythmes, des mots et de leur agencement…

Écrire des haïkus
qu’on ne puisse pas plus simple(s)

Dire moins, dire mieux.

Ceux qui veulent
absolument
faire preuve d’originalité
usent souvent d’artifice(lle)s !

Artifice(s), Assez !

(N’en déplaise aux « alambiquets »,)
plus c’est simple, plus c’est naturel,
plus je kiffe !

Le haïku nu !

La plus grande vertu
(dans l’écriture du haïku…) :
la simplicité,
l’absence de contorsions


ou :

la simplicité,
l’absence de contorsion(s),
le haïku nu

°

Malgré la pollution
les oiseaux aboient
– aube de mars

sur le quai
une va(tri)poteuse…
– aube de mars

°

du coin de l’oeil
(…)
(…)

°
(kyôku :)

Donner
le moins de clés possible
au haïku :
que le lecteur
trouve ses clés !

°

Nappy birthday !

°
(Kyôkus :)

d’un recueil de haïkus
le ronron 5/7/5
: somnolence inévitable !

L’imaginaire
au désservice
du haïku

le haïku sur le feu
L’huile sur le feu du haïku
Feu le haïku !

Je lis un recueil
de haïkus 5/7/5 :
l’esprit m’en tombe

Donnez-nous,
ô haïku (5/7/5)
notre ronron quotidien !

on se lasse, hélas
du 5/7/5 qui monotone
endort

Pédaler dans la somnole…

haïku 5/7/5,
haïku tsé-tsé !

le monotonneau 5/7/5 !

l’assoupissant 5/7/5

Réveillez le haïku
de son ronron
5/7/5 !

Le 5/7/5,
est-ce
« l’inertie bourgeoise » ? *

* cf Artaud, in Van Gogh le suicidé de la société, L' »Imaginaire-Gallimard, 2001, p.26.

Le haïku 5/7/5
c’est un peu comme les
« Monuments Men »
en vert caca-d’oie *

* : affiche d’un film, mars 2014.

°

Il fait sa disparition…

°

Ides * de Mars –
un Père Noël toujours en escalade
sous un balcon

* : 15 mars, mai, juillet, octobre ; 13 janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre, décembre (: calendrier romain)

°

D’où t’en viens-tu,
petit insecte,
où es-tu né ?
où t’en vas-tu ?
– mourir dans une goutte d’eau
de mon lavabo ?

Le minuscule insecte
n’a pas survécu
à la goutte d’eau
du lavabo

°
(Kyôku :)

5
7
5

é
cul
é

°

l’apex, l’antapex,
l’apogée, le périgée *
: heureux de mots neufs !

* : p.294 de L’Éveil des sens, du Pr. Jon Kabat-Zinn, Pocket 14424.

« Ne pensez pas…
Percevez !… »

« au-delà de la pensée,
en dessous de la pensée,
avant la pensée » *

* : p. 294, op. cit.

°

Haïkus, etc – Py – février 2014

2 mars 2014

°

Aïe ! / coude- / bureau

Févriller / Fève, riez ! / Fèv-riez ! / Févrire // (ouv riez ??)

(Ancien :) / tous les sièges claquent / en se relevant (-) / station gare de l’Est

d’un haïcoup d’un seul

Qu’est-ce que c’est cu-cul ! / : la poésie de Demy / Jacques à Rochefort !

feuilles blanches / sur le gazon – / début d’an chinois

Ils nous font chier * à rester dans leurs 5/7/5 comme des sprinters dans leurs starting-blocks !
* : ces organisateurs de concours de haïkus, ces éditeurs de revues (de haïkus)… (en 2014 toujours (tambien !)

sortant du cratère du Fuji-yama / un nuage ; / pentes verglacées

« (R)amollir les montres » / les montres chewing-gums / les montres élastiques

le broleil sille / les oisis sofflent / Nouvel An Chinois

l’an sur l’autre : / des nouvelles chaussettes / au marché

un nuage / dérive dans le ciel bleu / parapente

les viols de(s) gambes

fin mars / les mots traversent la page / avril

le forceps / du temps // forceps / le temps

la tranche / de la lumière / couteau

entre pare-choc / et carrosserie / un nounours // ( : véhicule municipal, Orly, 3/2)

basculant / dans l’an / du Cheval de Bois

(bascule / à l’an / du cheval de bois)

tracer un (grand) arc-en-ciel / pour aboutir à la grue blanche / qui déploie ses ailes // (: taiji-quan)

ses jambes / interminablaient

Partir au quart de trou

Aller plus lion

Grandit la joie / à l’approche de la Libération / – du travail

(Ancien, Paris :)
/ je levai les yeux / vers la rue du Jour, / la nuit tombait

fin des soldes / il décolle péniblement les lettrines / de sa vitrine

au bout d’une branche d’arbuste / un sac Netto / cueille le vent

Noyer le poison

(Pour Chr. Jubien :) / debout sur ses pédales, / appuyé au vent

Retrancher, c’est ajouter. / Retrancher des mots, c’est ajouter du sens (en haïku) / (- jusqu’où ?…)

(Ancien :) / Ma fille / imitant les poules / nous fait rire / plus qu’elles ! // (cf Issa, 1669 : « l’enfant qui l’imite / est plus merveilleux / que le vrai cormoran »)

un gobelet / dilue son café / – ballast

Une scène (un instant) / t’a frappé / : haïku

(Vivre dans…) / une douce hébétude // hé bé ! // bêê bêê // …

bénéficier / fessiébiner

Hiver – / les portes du train s’ouvrent / le froid monte

gare – / dans l’escalier mécanique / monte (aussi) / l’odeur des croissants

chemin-de-fer = convoi de table (?)

(Saint-Valentin-) // (dans) le train le matin : / seule conversation / les feuilles des journaux

(Ancien, Reims :) / derrière lui / les mots de la mendiante / retombent sur le trottoir

parfois une rose / parmi toutes les taches blanchâtres / chewing-gums de trottoir

hiver / les oiseaux pépient / la terre s’inonde

un nabot-parleur…

(ce trop-parleur, un loquace-couilles !) / (: 2007)

un étrond

317 / 312 / 303 / 305 / 304 //306 / 310 / 314 / 315 / 312 // km/h,;: à 20h01, // – Saint-Valentin

fin des soldes / un mannequin bradé / à 50 euros

(Saint- Valentin / un mannequin soldé / pour 50 euros)

Saint-Valentin / je déclare ma flemme

Saint-Valentin – / sans s’embarrasser / s’embrasser

Saint-Valentin… / détour

du bas de l’escalier / je vis le haut de son bas (droit) / et le début (blanc) de sa cuisse / – Saint-Valentin

Lire / pour vivre parfois / des sautes de côtes / ( : ainsi d’Éric Chevillard…)

Qu’aurai-je perdu de plus dans cette vie ? / : des parapluies, des gants, des bonnets // (cf : É. Chevillard, p.142, in L’autofictif en vie sous les décombres)

ici pissa / aussi souvent qu’il (le) put / cet admirateur d’Issa

ici pissa / – nul trou dans la neige – / un admirateur d’Issa

le lampadaire / éclaire l’intérieur de l’arbre / – mi-février

stage … / … / …

Peu de mots / mais justes !

« L’oiseau… / … / …

« D » : / corps de théière, / « P » : / son anse accolée

Le(s) rhinocéblanc(s)

10 heures moins 11 : 1er étage / 1(3) heures 20 : 2ème étage / : foyer de personnes âgées

Les pendules finissent toujours par s’arrêter / Les objets immobiles / Les personnes disparues

(Anciens : 31/10/11 :) / ((tout à coup)) / il suffit d’une pomme / véreuse / pour confondre le ciel

trois vers / maçons / où le silence / est (le) ciment

faun-klorique

Le senryû, / c’est la comédie humaine / en miniatures

Il dit la rité

L’hilavérité

citant Voltaire / qui dit que ceux qui citent / sont paresseux penseurs, / l’arroseuse / ainsi s’arrose

L’intimidité

°°°

Haïkus, etc. de Py – janvier 2014

2 mars 2014

(Hiver) 2014, l’année Rameau

le nid ouvert / vers le ciel / – janvier

rhumatismes / ses silences se posent / sur mes doigts

drôles de drones : / des libellules en plastique / au-dessus des pensées / – jardins municipaux / du Nouvel An // (Vitry-s-Seine)

en bas d’un poteau / l’affiche froissée / de Zorro

après les huîtres du réveillon, / des coquilles dans ses haïkus

Monsieur Rodin, l’âme de la pierre

La nuit va s’achever : / les poubelles sont de sortie

(Kyôku au papa pâle :) / haïku de volant / à gauche, haïku de volant / à droite : papa pâle !

Jouer à haïku vole ?

haïku voletant / lourdement…

haïkus-chauves-souris / : bas de plafond ?

Arrêt indéterminé / le train a heurté / un chevreuil

sur le banc / un moineau / un moment / s’intéresse à moi // ( : Place H. Bergson, 75008 )

la veille – le matin / la pleine lune de janvier / dans un autre coin du ciel

(Ancien :) / « J’suis pas loin, / j’suis au Peyrou » / , dit-il dans le parc, à Montpellier.

réunion pédagogique – / les mains de la directrice / (volent) dans un rai de soleil

un slip sur la tête : / une culotte crânienne

une calotte crâneuse

murmur(e) : / l’écho de la pierre

murmures de rumeurs : / voilà-t-il pas / ce qu’entendent les murs ?

(cf Sept. 05):) / silence – / un mur parle / quelquefois

ces silences / si parlants ! / …

praître

invithé

une goutte pend / du nez du vieil homme / rayon primeurs

(la) musique muette / d’un trombone / sur le trottoir / ce matin

les échos liés…

répondre du tac au tic

(répondre / du tic / au tac(-le))

dans la cour de l’école / des gamins jouent / au verglas

Attention à ne rien / publier dans le train / (était-il presque écrit)

les tours d’incinération / le ciel gris

L’esquive, c’est / laisse qui veut t’attaquer / … parade

d’un hiver / à l’autre / le nid / dans l’arbre

(le nid / dans l’arbre / d’hiver / en hiver)

les pentes / absolument parallèles / du rire / des jumelles

(le même / rire / des jumelles)

la concomidanse

Le haïku spontané, un haïku de grâce.
Le haïku de tête, qui peut être (aussi / surtout ?) un haïku de pieds
(Le haïku de pieds est très souvent un haïku de tête)

(Dégonfler les baudruches du haïku !)

(RER -) / Déchéance / ô homme, qu’es-tu devenu ? / déchet / ambulance…

elle / entre dans le métro / le froid

chérisson

la vis / la vise

rond / un plastique rose / dans l’arbre d’hiver

°°°

Haïku, etc. de Py – Nov. 13 – 1/2

20 novembre 2013

°°°

L’air devient feuilles

°

des fumerolles de froid
glissent sur la Seine –
matin du 11 novembre

°

Le sol devient feuilles

°

boulangerie – gâtisserie

°

la jouissance des trains lents…

°°°

Haïku, etc. de Py – sept 2013 – 1/2

22 septembre 2013

Haïkus, etc. Py – sept 2013 – ½

°

Le petit Jésus
avec un grand
gît

°

Mon haïku
soit comme une peinture
où jouent
le vide et le plein

°

(Pour Romain :)

Bordeaux –
Le Pont de pierre
a dix-sept arches * :

Napol
éon Bona
parte

* ( : le haïku « traditionnel » au Japon compte 17 « syllabes » )

°

(Tipules, araignées d’eau.)

La tipule
stipule
que l’eau est sans fond

°

Drôle(s) ces haïkus
qui
dès que vous les lisez
sonnent faux

( : pensant à maints de …)…

°

Première récré de rentrée (:)
les petits du village
à grands cris

(Castillon, 06)

°

Deux femmes * sur la plage :
après les chiens,
les chats

/

deux grands-mères sur la plage :
les mérites comparés
des chiens et des chats

/

deux mémés sur la plage :

(Menton, plage de Garavan)

°

de Nice
un avion
entre les étoiles

au-dessus du ronron de la clim’
le cri-cri des cigales
– nuit de septembre
au-dessus de Menton

pulsant
entre les étoiles
l’avion vers Nice
– how nice !

°

contrefaçon(s)
(de haïkus)…

°

un haïku d’archet
un haïku d’archer (-type)

°

cet aujourd’hui
qui déjante…

(cf : les lendemains…)

°

D’amour, tendre.

°

en coup de vent,
en coup derrière…

°

dépassant l’avion avec une plume Sergent Major

°

L’âme calme
et plate
comme une planche
sur la Méditerranée
face à Menton
un soir du début septembre (2013)
avec mes deux enfants
de 30 et 24 ans
et la petite Kate
10 mois
qui mange le sable
et parfois des mégots

°

tous unis
comme une seule pomme

(- celle d’Ève ?)

°

Ah l’amour à l’âme
Hourra l’amour ras la moue
rat l’amour a lame(s)

Ève l’amour
L’Adam la dent / l’a
dans la pomme

(de) la sorcière

°

larme alarme

ah l’amour mourra
l’amour mourrâle…

Oural l’amour mourra (le)
rat mou l’amour mourra

L’amour mou râle

°

Les tipules
sur la pointe de leurs pattes
calligraphient l’eau
invisiblement

°

il gremouille

une gremouille

°

soli
cité

°

le haïku
comme un
éclat
– de rire
– de vers

°

Le haïku
c’est aussi, parfois :
cherche, lecteur, cherche !

( :
Au bord de la Loire
sous la pleine lune
des tipules )

°

Elle fait la manche dans le métro
en vantant * un guide
de restaurants parisiens

* proposant

°

Étalage de la confiture du moi =
anti-haïku.

°

N’attachant Natacha
éboulis éblouis
le feu nu

°

de l’huile essentielle
de lavande entre les draps
… (humer)…

°

le pour
le contre,
la queue du chat

the pros
the cons,
the cat tail

°

wagons * à l’ancienne
où l’on pouvait
s’allonger
et dormir

* compartiment(s) à l’ancienne
où l’on peut encore
s’allonger et dormir
(- si vide(s))

* compartiment à six places / …

* ce train lent / …

°

sur fond de pluie
un feu d’artifice –
mi septembre

°

en pleine nuit
l’ordinateur lance
son indicatif
: insomnie

pleine nuit
l’ordi se met à chanter
son indicatif
coq d’insomnie

°

un métier :
courir l’Anpe

°

cure de raisin :
au bout de quelques jours
plus sensible aux odeurs

cure de raisin :
au bout de quelques jours
les odeurs exaltées

°

terrain détrempé :
fouler la Fête de l’Huma
(- mi-septembre)

un papillon passe
devant le trille de la flûte
: « L’oiseau de feu » *

* d’Igor Stravinski, Orch. National de France.

odeur de beuh
à l’audition de « L’oiseau de feu »
(Fête de l’Huma)

des you-yous aussi
saluent la fin du concert
classique

°

haïkus :
(ces vers)
rongeurs de nuits

°

les marteaux-perceurs
entament la semaine
(- de bonne heure)

(- boules quies)

°

les tipules
essaient de lisser
la surface de l’eau

les tipules
glissent
pour lisser
l(e plan d’)eau *

l’eau du fleuve

les tipules
glissent
(et) lissent
l’eau
du plan

les tipules
essaient de lisser
sans fin
l’eau

les tipules

°

(dans le haïku) cacher son je !

°

(Ancien :)

L’ombre du colvert
glisse vers la mare

(Jonzac, 7/13)

°°°

Haïku etc de Py, mai 2013, 2/2

17 juin 2013

***

 

moucheron

remonte le long de mon verre de lunette

puis s’envole

– soir de mai

 

 

cônes roses, cônes blancs

ces marronniers ?

taillés au carré

 

 

N’ayant pu trouver le vent dans ses soufflets,

l’accordéoniste regarde un coucher de poisson du balcon.

 

 

…« les goélistes verts »-

 

sur la terrasse

un fauteuil

roucoulant…

 

 

(Kyôku) haïkuisine :

 

Ô comme j’admire

ma femme à poêles

dans la cuisine

 

(Kyôka) domestiku :

 

… et à vapeur,

au-dessus de la planche à repasser

 

 

un chêne

en bois dormant…

 

 

les oiseaux se disent-ils

qu’il ne fait pas chaud

pour un vingt-quatre mai ?

 

 

les bornes chauffantes

dans la gare

allumées

 

 

Haïcoup de foudre

Haïfoudre

Haïcoudre

 

 

perles multicolores

dans le gazon :

le soleil sur la rosée

 

/

 

les perles multicolores

du soleil sur la rosée

 

/

 

toutes les couleurs

des gouttes de rosée

(sur le gazon)

 

/

 

toutes les couleurs

des brillants dans le gazon

 

/

 

mille diamants de couleurs

dans l’herbe verte

(le soleil sur la rosée)

 

 

un mariage

traverse le pont :

les hommes (passés) par les fenêtres…

 

/

 

un mariage

passe sur le pont

les hommes par les fenêtres

 

 

les petits chatons

en crottes

sur la chaussée…

 

 

sur la Seine flottent

quelques bâtons (de bois)

– où allez-vous ?

 

/

 

calmitude

un objet de bois

descend la Seine

 

 

(Petite suite en Seine) :

 

les ailes

plus grandes que le corps

ce moucheron sur mon index

 

/

 

près de la berge

le fleuve parle

 

/

 

envolé de mon doigt,

je peux reprendre ma marche

 

/

 

les mots de l’eau

près du bord

 

/

 

encore un insecte :

ne pas tourner la page

 

 

(Kyôku) :

 

(De grâce,)

Simplifiez (encore)

vos haïkus !

 

( : inversions, rejets,…)

 

 

dimanche matin tôt

trois musiciens slaves

l’accordéon sur le dos

 

/

 

dimanche matin tôt

trois accordéonistes

en gare

 

 

le bourdon quitte le bouton d’or oscille

 

 

entre deux haïkus

un moucheron

aplati

 

/

 

entre deux haïkus

un moucheron

noir

 

/

 

(à Christophe Jubien, cf ‘Les mains du bol à fleurs’ :)

 

entre les haïkus

de la « Rue du massacre »

et du « vieux curé »

un moucheron

(mort)

 

 

(Kyôku :)

 

Le haïku (est un) raccourci (de mots)

« rhaïkourci » ?

 

 

Aucune respectation

dit-elle, sa copine

Aucun respect

 

 

(Dad’s) dog

begging for a jog –

– feeling guilty

 

chien

quémandant un jogging –

– me sens coupable

 

 

une femme somptueuse

disparaît

dans le métro

 

 

(d’après Andrew Shimield in « Blithe Spirit » 23, vol.1, p.14 : « morning dew / the car wing mirrors / draped in spider webs » :)

 

l’araignée ce matin

a pris

une glace

 

 

Le jour des saints

que fais-je ?

 

 

quai de métro

elle tient son arbrisseau

par la racine

 

 

dernier gros morceau

de stress :

dossier de retraite

 

 

ô suce temps, Pan ton vol !

 

/

 

(…)

 

 

Debout les mores !

 

 

poèmes de la nuit,

aucune trace sur le papier

 

/

 

poèmes de la nuit

rosée évaporée

 

 

soudain quelque chose

se produit : haïku

 

 

le poète

parti ;

les instants-haïku

 

 

(Kyôku :)

 

Wanting to be « modern »

resolutely – absolutely =

anything (n’imprte quoi) goes !

 

 

seul en train

les gouttes de la pluie

craquent au carreau

 

 

rondeurs du jour

 

 

« Les Saules »

sous la pluie,

chemins d’herbes

dans le bitume

 

 

un moineau

tombe comme une feuille :

miette de pain

 

 

la vitesse

non affichée

du tgv –

la cannette de bière

glisse sur la tablette

 

 

fin mai

une petite feuille verte

de ginkgo biloba

au sol

 

***

Haïkus, etc. de Py – avril 2013

6 mai 2013

°

Lundi de Pâques
Lapin d’avril

(: 1/4/13)

°

un médicament :
l’Algisédal
mais parfois :
l’Algi-sé-que-dalle !

ton manoir, tamanoir !

Week-end de Pape

Jean-Sébastien Bâche

Les tontons fringueurs

Craquer, bouillir, muer =>
Craque, bout, mue !

(cf. pub métro Expo La Villette « Krach, boom, mue ? »)

°

(cf antérieur :
crépuscule – / un nuage pince / un coin de ciel)

crépuscule
un nuage
pince

crépuscule
un nuage
crépu

°

coléOPTÈRe
il est temps d’adOPTER
une position
moins rigide !

/

« Imper qu’un porte » :

Entend-on parler de Quimper
ces jours-ci ?
Quimper l’ensommeillée ?
QuIMPER
où l’on se fait grIMPER
au rideau
comme ailleurs

°

je travaillais
ferme
à la défense
des éléphants

du rang (que) dalle

dalle en dur

°

le haïku est un anti-récit

(C’est un (haï)court-circuit !)

°

son imprimante
ramait

( : haïku court )

/

son
imprimante
rame

°

Parlons-nous tant
parce qu’il n’y a
au bout de nous
que le silence ?

(cf É. Chevillard, in Choir, éd. de Minuit, 2010, p. 227)

°

La grenouille
immortellement plonge
dans la mare
comme les avions
dans les tours
jumelées aux USA
fait ploc
ou plouf
et disparaît
(l’) éternelle
ressuscitante
remonte à la surface
et recommence son manège
pour le plus grand
ébahissement
des haïkistes du monde entier
– mon dentier
posé devant la mare
du papier
où glissent les mots
tipules
concomitantes

°

(ces monstres familiers :)

un hydralion

Elle a des boucles d’oreilles
à faire sauter un lion
dedans…

Imaginer un
loup-phoque,
oui,
c’est loufoque !

°

Alors, morose ?

°

Un négrociant =
quelqu’un qui fait
(du commerce en gros)
du négroce
(= un (né)grociste !?)

Les ponctionnaires
du Ministère des
Finances…

°

De chaque côté


°

Fukushima –
les cerisiers en pleurs

°

un mauvais stek =
un stek à chier ?

°°

Callypige quoi ?

/ Quoi callypige ?

/

Callypaysagiste ?…

°

Avec sa raclette à chewing-gums
(dessus noir dessous rose)
il arpente le quai

/

Vu (pour la première fois)
un racleur de chewing-gums à terre
à l’œuvre

( : noir dessus, rose dessous )

(et) piqué(s) du coin de son racloir

/

(Petite annonce :)

Achèterais / Céderais
racloir à chewing-gums
bon marché

°

premier soleil tardif
à mi-avril
me découvre de maint fil…

°

un galop de chevaux

°

Le haïku doit retrouver
la plus grande exactitude possible

, ne pas se laisser entraîner par
les sirènes du « beau », de la « poésie »… !

°

Enterrons la vache de guerre !

/

À mes anciens « ennemis »
oserais-je dire :
« Enterrons la vache de guerre ! » ?

°

un pigeon

°

L’uFmNp
défile
(comme un seul homme)
contre
le mariage pour tous !

/

– L’amalgamelle !

/

Guaino
vote pour le mariage pour tous !
= Guai-si !

°

L’écho passé
Les pots cassés

Au fouet et à l’œil

Mettre la puce à la plume !

(Partir en vacances)
La fleur au pot !

Le(s) pouvoir(s) de la sorte enfin

°°

tombée du livre de Sélim
cette petite étoile
qu’il m’envoie ?

(TGV Paris-Nice, 26/4/13)

le haïku
(telle la mouche de Sélim)
va, vient
où bon lui semble

/

Libre
le haïku va et vient
où bon lui semble

( : cf p. 150 LSred : « Libre / la mouche va et vient / où bon lui semble » : S. Bellen.)

Saurait-on dire
cette amitié si chère ? –

(un) cierge
allumé
à sa mémoire

(août 2007)

tombée du poinçon du contrôleur,
je colle la petite étoile
sur le livre
de l’ami disparu

°°

Les vers ne regardent pas à la viande.

Écrire : faire apparaître
une certaine strate à / de
la conscience

°

« Montrez-moi le moi »
dit le maître
– Mince !

°

beau bord de la mer

(Cannes -> Antibes)

beau bar de la mer…

°

Ce p’tit ami,
un p’titamic ?

°

Les moutons qui m’appellent dans la chambre…

°

Les pets (/ L’épée)
de la Dame au clebs

°

Haïku couché
(en une seule ligne) ou
haïku allongé –

Haïku accroupi
prêt à plonger
dans la mare
des haïkus

Le papier (blanc) c’est la mare
où peut venir plonger
la grenouille d’un haïku

détendue
ou / puis
repliée

La grenouille frappe l’eau
et l’imagination

La grenouille frappe l’eau
et l’oreille

La grenouille frappe l’o
reille

La source du haïku (/ haïkaï) c’est la grenouille

« furu ike ya… » (Bashô) :

vieille mare, ah !
une grenouille saute
bruit de l’eau

/

vieille mare, ah !
une grenouille plonge
– le bruit de l’eau

Le haïkaï c’est une grenouille
(d)étendue dans son saut

dans grenouille il y a oreille
dans rainette il (n’)y a rien

« sur la mare à la rame »

à la ramasse-nasse…

vieille peau
puce-saut
bruit de la main

grenouille en vol
pré-haïku

°

chasser


°

un oiseau du matin :
« tu-y-dis tu-y-dis tu-y-dis ! »
et un autre :
« Dis-y dis-y dis-y ! »

(Castillon, 06; 28/4)

°

(haïku :)

traduire en mots
le langage innommé
du monde…

°

« Zizanie dans le métro »

°

Le cheveu de la réalité

°°°