Archive for the ‘métro’ Category

Haïkus etc. Py fév. 2013 – 1/2

20 février 2013

°°°

sur la pelouse
rendue à l’herbe,
plus qu’une carotte

sous le lampadaire
le nid
rempli de neige

°

métro –
ses miasmes à qui mieux mieux…

°

Un édifesses = un édifice où l’on peut s’asseoir.

°

Les autoroutes et leurs bretelles…

°

Entre dans (ma) photo ce qui veut y entrer ;
entre dans mon haïku ce qui veut y entrer…

°

apprendre à être
apprendre à non-être

apprendre à naître
apprendre à non-naître

°

ir/résill/tible

i/grésill/tible !

°

Le bol est rond
(de Ravel)

°

pelant un avocat,
l’impression de parcourir
un terrain de golf

°

Mali – guerre-éclair ( ?) :
de morts * pas un mot

• on dit : « neutralisés », ces jours-ci.

°

les voitures
appuient midi
sur l’asphalte –
: retour d’insomnie

°

coupant son vers en dux

coupant son rêve
en deux,
le réveil

°

parole des vents, Gilles !

°

carnet = un champ de mines ? / un chant de mines…

pâté = chiure de mine ?

°

plus chauve-souris
que parapluie :
à la poubelle !

(écris-je ici
sous la pluie)

°

évide (adjectif) : qui est évident

°

ce matin au réveil
rattrapé un haïku
de la veille

insomnie :
je mange une pomme,
je lis un livre,
(et me recouche)

°

l’envers du décor,
l’en-creux,
le négatif (au sens photographique)
la présence de l’absence,
etc.

l’au-delà de l’encre,
l’au-delà du son / du sens
(ou l’en-deçà),

: les vibrations, les ondes,
(une fois quitté€ la matière…)

Le passage de l’incréé au créé,
la transformation (taoïste / chinoise)

(« Haïku-de-vent », la liste-forum : elle a vécu, elle a mouru…)

°

avec vitesse
avance
et fend la houle
le V couché
devenu flèche

°

re/gard de lion

°

Est-ce L
qui m
e marcha sur les pieds
dans l’escalier bon D ?

(BFM, 5/2)

°

Ève : la première pom(me)-pom girl ?

(Brut de pom
– pom(me)
– girl)

°

résidus d’eau
le ciel
à terre

°

la branche qui casse (-)
le poids des flocons

(d’après : « aux branches nues / le poids de décembre / en gros flocons », verset de Huguette Ducharme, dans le renku « L’apéritif au jardin », avec Véronique Dutreix, 2012/13)

°

Relier deux « images » :
sa religion :
le haïku

°

Un
iiiiiiiiiiiii
traverse ma page
c’est ainsi que nous fîmes connaissance

°

Le « sincérisme » ( !) en haïku (cf échange sur Gong-haiku)
/ le sincérieux
le sincérieur (« je » suis « sinsérieur »)
un sincériste (du haïku) /

eut l’heur du heurt,

cette citation de Nobuyuki Yuasa (Jap.) *:
une lueur ?
une mouche piquante ?
: touché (-coulé) ?

: cela donne envie de le connaître mieux, traité de quasi fasciste par J.A. **

(Qu’y a-t-il de fasciste dans sa phrase :
* « Il est important que l’auteur soit absolument fidèle à son sentiment. S’il se force à être fantaisiste ou sérieux, il perd son sentiment véritable. » (Nobuyuki Yuasa) ?

** Il sort de ses gongs ?

Pas de quoi fouetter un haïkiste, cependant ! (… ? )
/ Comme disait Chirac « ça m’en cogne une sans toucher l’autre » (ou qqch d’approchant) !

• professeur d’anglais à la retraite de l’université d’Hiroshima en 1995, enseigne depuis à l’université féminine Baiko à Shimonoseki. Éminent traducteur de poésie et de littérature haïku.
• Parmi ses nombreuses publications dans les « Penguin Classics » : La sente étroite vers le nord profond et autres sketches de voyage de Bashô, ainsi que deux ouvrages sur Issa et un sur Ryôkan.
• Également spécialiste de littérature anglaise, il a reçu récemment le Prix de l’Association Japonaise des Traducteurs pour son œuvre sur John Donne.

• Est paru de lui, dans la revue « Haijinx » I,1 (printemps 2001) un article intitulé « Le rire dans le Haïku Japonais ».

(Ce seul titre ne peut que me le rendre assez sympathique, d’ailleurs !)

°

mor-py-on
more-py-on

py(-le-poil-à-gratter…)

°

un vrai glaçon manqué !

°

Fils de renne !

°

Les chiens montent la garde
Les chats vivent à l’état sauvage
Les oiseaux chantent à tue-tête
Les faisans ne craignent plus les chasseurs

: Fukushima * 2013. * = « Île du bonheur ».

: d’après Laure Noualhat, in « Siné Mensuel » n° 17, fév. 2013, pp 28-9.

°

au milieu de la gare

°

Il « salue le soleil » *
elle « chasse les nuages » **
grisaille de février

* salutation ayurvédique
** mouvement de taiji-quan

°

gym aquatique – :

soudain une douche
se met à siffler

– le jet bloqué

°

Iles, ces tétins !

(Il s’est éteint) *

* Ils se sont ét(r)eints
Ils se sont éteints

/ ils se sont ét(r)eint(é)s

°

cœur d’arti(ste) chaud…

°

elle a peint ses lèvres
comme ses bottes
comme son parka :
rouge

°

de fille en aigu-il…

°

Il se peut, si vous écrivez des tercets plutôt courts, qu’un jour l’un d’entre eux mesure le nombre de syllabes dévolu au haïku ancien. Il se peut que c’en soit un comme il se peut que ce n’en soit pas un. Qu’importe !

°

la douleur
du pneu qui hurle
dès le vert du feu

°

Ce matin je lis
dans « L’Union » *, l’avis
de décès d’André Breton **

* du 8/2/2013, p. 21
** à Château-Thierry – Coupru (Aisne).

°

un bon haïku
est un haïku maigre

pas un haïku gras de mots

(point trop pétri de « poésie »)
point (trop) enjoli(vur)é de mots
– qui ronflent, qui font gonfler, qui boursouflent…

– c’est ne pas se (laisser) prendre aux mots
(ni ne les laisser vous prendre l’oreille – et l’esprit),

C’est réduire (aux petits oignons ?)
C’est aller plus vers les non-mots
que vers les trop-mots !

Le haïku, c’est dégraisser

c’est la sveltesse, l’épure,
le concentré, l’ « huile » essentielle
c’est l’équilibre (du ni trop ni trop peu)
c’est la justesse
c’est le centre, le cœur,
l’irréductible –

Ah, ça, ciné !

°

Force est de conclure
que « la sincérité dans le haïku »
ne réjouit pas franchement
quelques caciques
de la Fran(ce-)cophonie (AFH)…

… et de supposer que ce thème
( : de « la sincérité dans le haïku »)
ne figurera probablement jamais
au sommaire de la revue « Gong » !

D.Py (, té !)

°

pas niais
deux crabes

(se pincent
sans / cent (coup fé)rir(e)

– cent fous quérir ?

°

attendant que le
bout farde
ses paupières…

°

Aux larmes, citoyens !
Aux charmes (citoyennes !?)

°

Ne pas se laisser
emporter
embarquer
séduire
(piéger)
par des mots…

°

Spoutnik ta mère !

°

Aujourd’hui,
Premier jour de l’an
du Serpent d’eau
– N’être * que ** douceur

* naître
** queue

°

(Taiji-Quan :)

le geste juste
n’est que(n) douceur

le 1er jour du Serpent d’eau,
que de la douceur –

°

À la Saint-Valentin
ses seins valant un
hommage

(appuyé)

Saint Galantin
Saint Galant, un !

°

(ancien :)

Aqua-gym
le muscle qu’elles « travaillent » le plus (et de loin !) :
la langue

°

(cf « l-autofictif.over-blog » d’Éric Chevillard, in « Tombeau d’Alexandre Jardin » ) :)

Les images à la mords-moi-le-mot, à la mords-moi-l’oreille et le cerveau (ou bien est-ce le cervelet ?) :
d’Alexandre Jardin.

°

Foxtone
(pour : Folkestone…)

°

1er de l’An Chinois –
au-dessus du nid vide
les premiers bourgeons

°

le saule
sa
danse du vent

°

un mot est un mot
un bambou est un bambou
o, o, ou, ou, ou !

… « mais si je lis le mot « bambou », je vois « la chose « bambou » » *
(dp sur « gong-haiku », le 10/2/13)

* et c’est pour cela, aussi, que le haïku n’utilise que des mots (très) « concrets » :
pour que la vue en soit meilleure, (plus) claire !…

°

debout les mores !

de boue les morts !

°

un couple :
ils se versent l’un en l’autre
( amoureux – poètes )

°

(mes) haïkus, je ne les appelle plus haïkus :
débordant tant de leur cadre !

Certains, haïkus, d’autres non.

°

la mare aux connards ?

les mores aux canards ?

°

le jour de la Saint-Valentin,
je poste mon tiers provisionnel

°

(à J.A. :)

Lire s’arrête-t-il à
poser les yeux sur les mots,
sur les lettres ?
Ainsi :
3 a, 1 c, 6 e, 2 i, 3 l, 4 n, 2 p, 3 s, 2 t, 2 u
font :

le saule
peint le vent
sans pinceau

!

(Saryû)

°

M’enfin, J., en lisant (, en écrivant ?), il me semble que tu considères plus « le doigt » que « la lune » !…

((car qu’est-ce qui naît du mot ?))

un mot seul, c’est comme une mouche morte sur un carrelage !

Les mots s’envolent ! (Comme certains « haïkus » !?…)

– et le bambou ne se réduit pas à ses feuilles !…

(Comprenne qui voudra)

°
(Quelques unes de mes « hallucinations » ! :)

Hallucination :
j’ai lu « des haïkus volants »
: trop fumé la mot(s)-quête ?

Allucime

En lisant certains « haïkus »,
j’hallucine,
oui !

Hallucinéma

des haïkus grotesques
devant lesquels
je ne peux que pouffer !

« hallucination » :
mot pratique pour un haïkiste :
cinq syllabes !

°

(épygramme :)

De ce littérateur, dira-t-on :
« M-Hélas ! il s’est englué dans les mots ! » ?

°

(Kyôka *:)

juste sous la photo
du pape démissionnaire
une pub pour
La Bande à Mickey
et son Magic Show

( : couv’ « 20 minutes », 12/2/13)

* La voie du kyôka, c’est kyôka-do,
comme celle du tanka, la tanka-do !

°

« Un os à la noce. »

je n’ai pas l’airain assez solide…

Lise, ronde

°

nénuphar

°

(Sussuré à l’ouïe / de Louis ? :)

« Ah, çà, cessez ces scènes obscènes,
absurdes, sordides
et si peu amènes,
Amen ! »
– et même :
« Arrêtez de tirer dans l’Ehpad ! »

°

solide comme un croc
-en-jambe nique-ta-mort

°

L’anar déchaîné…

l’anar-schiste (gaze…)

°°°

(à suivre : fév. 2013 – 2/2)

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Haïku, etc. de Py 12 / 2012 – 1/2

2 février 2013

Haiku, etc. Py – déc 2012

°°°

2 canards sur l’eau
2 autres amerrissent :
la Seine à Choisy

lavande
fleurie
et sentant bon
en bord de Seine –
1er décembre

Affiner – Peaufiner – Mo(t)finer.

éclair nu cléair e

2 oiseaux s’envolent
en haut d’un poteau
le jour grimpe

la gelée blanche –
traverses de rails

à pas précautionneux
sur le pont
deux décembre

les lèvres rouges
de la feuille :
un baiser
sur le rebord de la fenêtre
ce matin gris *

* sur le rebord du matin gris

la fumée grise
de la cheminée
rencontre
la lumière du soleil –
2 cygnes sur la Seine

2 cygnes sur la Seine
prennent le soleil du matin
2 décembre givré

les deux cygnes
traversent la Seine
et s’approchent du bord
pour me zyeuter

le vol
presqu’immobile
du livre ouvert

elle en fait de l’effet
avec son fort fessier,
la callypigeonnante !

les V en vis-à-vis
de son livre levé
devant sa poitrine

L’oiseau-rire
L’oiseau-lard
(L’oiseau lyre
L’oiseau rare)

« Partero, Partero ! » *
: nous nous rangeâmes
pour laisser passer

* : langage territorial du rêve

dans le jardin
au tournant de décembre
une brouette versée

Faire descendre
les tensions des épaules
vers le bas –
place assise

lentement
sombrant dans son sommeil le plus long –
feuilles d’automne

plateau de cafés à la main
elle tourne dos
pour ouvrir l’hui(s)

S’encensant tant :
ça sent, c’est sûr,
son ascenseur !

(= Dénoncer les rouages…)

Cocor-haïku !

s’éloignant de plus en plus :
le papa qui n’est plus en vie,
qui n’est pas encore en mort

15 jours avant la fin supposée du monde,
la fin d’un papa

L’esprit (/ le souffle)
anime la matière

(ph)raseur

cette journaliste
témoigne de son viol
à la télé
on lui interdit
de prononcer le mot (même)
parce que « trop violent » !

y a d’la nei-
ge y a d’la joie

Le Père Noël mord dur.

traverses blancs
et cailloux :
les rails transfigurés

sans sommeil
le reste de la nuit –
le père :
sans souffle

nos souffles gonflent
en alternance –
plus le sien

le père éteint,
tu allumes
une flamme

ton père décédé
cette nuit
la première neige

RER –
sur ses cheveux
les gouttes
de la neige

(RER :
sur son chignon
les brillants
de la neige)

glissant
sur la première neige —
ton père immobile
à jamais

le tapis de neige
partout sur la campagne –
le père sous son drap

jour de deuil
la première neige

dans le train ce soir
(retour de Reims)
le même Japonais
que ce matin-aller, voisin
à quelques sièges d’encablure

Quand tu t’es essayé à traduire, les formes fixes n’ont guère plus de sens (désormais) que leur signifié (/ contenu).
Ainsi en va-t-il du 5/7/5 en haïku…
Importe le souffle et non plus (désormais) l’argile…
Importe le souffle plus que l’argile !

fragile argile
remodelable au gré du sens…

chez les voisins d’en face :
la lumière
et l’arbre secoué par le vent

le cyclamen
mourant
en même temps
que le Papy

dans les affaires du défunt
sa crème anti-âge

ni est
ni ouest
ni devant
ni derrière
l’immobile
retour
vers le chaos
originel

Dans le salon de coiffure africain
une pub pour Issa,
photographe.

la montagne
ce sont des monceaux d’objets perdus

glandeur nature

sortant des toilettes
avec son cady :
courses de Noël
au supermarché

(Fukushima :)
On recouvre d’un linceul de cendres, de gris,
on efface la catastrophe et sa véracité, sa vividité, son actualité.
On est un con.

chaque mort
ne nous envoie-t-elle pas
à la nôtre ?

prenant religieusement
les clous dans la corbeille
pour clore le cercueil

dernier regard
au pied du cercueil
le sceau de cire rouge

(intégral :)
son voile, un tergal !

une musique d’orgre …

lucioles,
haïkus (de) volant(s)

« haïkus volants »
haïkus rampants
haïkus nageant
haïkus (re)tombant
haïkus s’élevant
(sous le vent / c’est le vent)
… et des haïkoupes volantes ?
(- et des haïkus flambant 9, 8, …)
et des soupes volantes…
(Si les haïkus avaient des ailes, voleraient-ils ?)
haïkus de foudre …

les « haïkus volants » sont-ils des haïsoucoupes ?

J’ai vu des haïkus consternants
voler bas
et à toute allure !…

drôles de drones !

J’ai vu des haïkus
sauter sans parachute,
j’ai vu des haïkus
s’écraser lamentablement

j’ai même vu des haïkus papaux
capoter…

j’ai même lu des haïkus grotesques !

j’ai même vu des haïkistes errants
se mettre le doigt (et même toute la main)
dans la lune !…

Celui qui a vu
des haïkus voler
a-t-il trop
fumé la moquette ?

tweet, tweet,
@pontifex fait le benoît
en perdition…

le 12/12/12
benoît XVI saisit l’occasion :
twit twit twit twit ! *

* by the way, en anglais « twit » = andouille

au cimetière
les cordes
pour pendre
le cercueil ?

Si Monsieur et Madame Lhermitte
avaient appelé leur fils Bernard,
serait-il devenu une célébrité ?

Bernard-L’(h)ermite
et Thierry Lhermitte :
deux sacrées vedettes !

monocle = cercloeil

une feuille
plaquée
sous la gelée blanche

un joggeur
avec lampe frontale
dans le soir de décembre

un chien
à collier rouge fluo
dans le noir de décembre

en cas de séisme,
le piano,
un vrai tueur à roulettes

( : cf pp 140-1 de Ce n’est pas un hasard, chronique japonaise, de Ryoko Sekiguchi, éd. Plon, 2011.)

autour de la crèche
le char et la pelleteuse :
moderne Bethléem

(→ 13/12/12)

in – tweet – if

L’os à Mo(s)ëlle

rêv-eillé
rêve-illé

me surprenant à penser à Salim
: le dos bien droit
sur mon siège de métro

la prostituée, une prof’ de fuck ?

il a mal au cra(b)e…

d’après le son
de la voiture qui passe,
quelle heure peut-il bien âtre ?

migrations – grimacions

les simagrées – la cime agrée

dans l’arbre dénudé
le nid
reçoit le ciel d’hiver

(mi-décembre)

°°°

haïku etc. de Py, oct. 2012 – 1/2

29 octobre 2012

°

Les mots des discours étant généralement plutôt lourds, nous avons bien besoin du champagne au pot qui suit pour nous en alléger, voire les oublier !

°

Après quelques jours / (après quelques tours) / je ne vis plus le mulot mort au milieu du chemin. / Probablement l’avait-on emporté / vers un ailleurs meilleur / pour y pourrir.

°

les feuilles brunes (tombées)
prisonnières des bras verts du houx

°

(cf 23 sept :)
dimanche matin
il banjoïse en chantonnant
sur le pourtour du parc

°

Avance !… Avance !
me dit ce bambin
en me voyant trottiner
dans l’allée du parc

°

aux obsèques
d’un obséquieux

dans son cercueil verni
sous son marbre poli,
l’obséquieux

– Et faire le deuil du dieu ?

°

Qu’allez-vous vous empêtrer
dans ce 5/7/5
qui n’est que japonais ?

°

1 papillon
devant la voiture
1er octobre

°

au pied du rail
une aile du pigeon
s’écarte encore
au vent

°

(quoi dire d’autre que :)
les oreilles roses
de son téléphone portable

°

« La ville en mouvement »
est-il écrit sur un mur
au-dessus des voies ferrées

°

il pissa à quatorze heures :
un jet sur douze
l’autre sur deux

(Issy-les-Moulineaux)

°

un baiser de soleil sur les lèvres ;
il avait encre de beaux jours
à côté de lui

°

bien mal acquis
n’amasse que mousse

°

Porte de Versailles,
tous ceux qui
revenant du salon de l’auto
prennent le métro

°

senryûs :
les valeurs amassacrées

°

Du Petit Prince
j’ai l’ombre de l’écharpe.
À part ça, rien.

°

Le haïku c’est un déclic –
le déclic d’un instant,
le coup de foudre, l’étincelle…

– La cliqu-haïku ?…

°

(Progrès)

Il y a 45 ans, il fallait compter en moyenne
une minute et demie
entre chaque station de métro.
Aujourd’hui, il faut environ
une minute trente.

°

The chicken in the kitchen

°

Je serais ridicule
si j’écrivais des haïkus en forme de 5/7/5 syllabes :
– parce que typiquement – et uniquement – japonais !
– parce que dès que tu veux traduire un haïku d’une langue dans une autre, ton 5/7/5 disparaît presque automatiquement (sinon tu le contorsionnes, etc : voir – primo – les traductions de René Sieffert parfois, souvent même alambiquées au possible, pour pouvoir « respecter » ce fameux sacro-saint 5/7/5 !…!
– parce que Kyôshi a dit (en 1936) qu’en dehors du Japon on pouvait s’en passer …
– parce que les onji ne sont pas des syllabes…
– parce que des Seisensui, Santôka, Hôsaï ont déjà rejeté ce moule il y a déjà presque un siècle…

°

l’ubiquiste / l’ubicuistre /

le haïku n’est ni ubi-cuist(r)e
ni obi-cuist(r)e

Un haïkuilibriste

L’invention d’un personnage narrateur (« le pape volant » en l’occurrence)
alors que le haïku n’est pas un roman, si court fût-il !

°
(de L.A. Davidson, in Aware de Betty Drevniok, éd. Unicité, 2012 – trad. D.Py :)

ninety degree day
the jackhammers in the street below
exploding the heat

trente-trois degrés –
les marteaux-piqueurs dans la rue d’en bas
explosent la chaleur

°

Nous mentionnions Prévert,
le gamin de la famille :
Ah, oui, le poète !
Il a écrit tellement de poésies
qu’il en est mort

°

métro –
une femme
toute à son portable
consciencieusement se cure
les deux narines

°

il s’arrêta
page 69
et s’endormit

°

Rebecca Rébécarre

Vélodie(s)…

collègue Oleg

oreillons frais / au rayon frais

°

De plus en plus nouveau :
après le « haïku papal »
le haïku PayPal

chaque instant présent
est le comble (/ le culmen)
de la modernité (/ de la « nouveauté »)

Nouveauté, nouveauté,
proclame-t-il
prenant pour référence le maître
d’il y a 450 ans

°

Un touche-à-rien

°

Que ressent la mare
à l’attaque
de la grenouille ?

°

la limace,
sa traîne
d’argent

l’escargot
luit
sous lui

°

l’étang
étend
le temps
étale

la grenouille
rompt le temps
(l’espace) étale
de l’étang

l’espace
de l’étang
divisé *
par la grenouille

* divinisé

le silence
de l’étang
qu’interrompt
la grenouille

que fait
la grenouille
à ce fameux
étang ?

plongeon séculaire
de la grenouille

son corps en croix
le saut de l’ange
dans l’éternel
étang

se détend,
s’étang
la grenouille

étang donné, une grenouille…

l’arc
de la grenouille

la cible
de l’eau

l’étang en-cercle(s) (autour de) la grenouille

la grenouille
ne peut sauter
qu’au centre
de l’eau

qu’au centre
d’elle-même

c’est merveilleux

d’une grenouille
Bashô frappa
le centre de la
cible-haïkaï

la grenouille
ne saurait être
que le centre
de l’eau

impa – cible

°

un défilé
de harengs

°

Dernière minute :
Nous apprenons que le vaisseau spa-pal
vient de capoter
dans la cordillière des Viandes

– Paix à descendre !

Nous sommes tous impatients
que ce Benoît Lévitant
(dit Félix-bras-en-x)
nous narre
une cruci-fiction !

Dernière minute :
Le très célèbre Benoît Lévitant
(dit Félix-bras-en-x)
vêtu de son seul bermuda
a disparu de nos écrans-radars

Méfiez-vous des haïkuistres !
(Méfiez-vous du pope haïkuistre !)

Le concepteur de ce faux personnage
( : Benoît Lévitant)
est-il lui-même réel ?

°

au milieu de la nuit
le pain cuit
dans sa narine

°

Le haïku
c’est une mise en mots
d’un instant vécu.
C’est parfois même – malheureusement ? –
une mise à mort de cet instant vécu
(quand il est « mal » retranscrit, quand il ne lui « colle » plus !…)

°

De qui la reconnaissance ?
De ses impairs * ?

* impers ?

°

une larme à feu…

°

beaucoup de monde ce matrain

°

musiques de rue :
les percussions
des marteaux-piqueurs

°
(ancien, gare de Lyon, RER A :)

devant la porte ouverte
de ce train de banlieue bondé
une casquette à terre

°

dans le métro
sa valise à roulettes
part (déjà) en voyage…

s’émancipe à roulettes

les roulettes
oeuvrant pour l’émancipation
des valises…

déjà dans le métro
sa valise part en voyage
(Cadet Roulette)

Cadet Roulette
né un dix octobre
pense déjà à ses futurs voyages

Cadet Roulette,
fatigué de voyager
ne veut plus que rester au près

voire s’arrêter

sans mousse

°

Le haïku n’embellit pas.

(Une embellie…)

°
(ancien -2007?- :)

ce débardeur
vert caca d’armée
doit-on vraiment le repasser ?

°

moderne à tout prix :
la pointe de son stylo
d’avant-garde


En avant, toute !
Ne te retourne pas sinon
ton encre se changera en sel !

son esprit
roulé en huit
n’aspire qu’au neuf

du nouveau, du nouveau,
et la patine, alors ?

il voulait devancer
sa vie : toujours
pousser son premier cri !

hélas,
le dernier cri
est déjà supplanté !

ce constant
souci du neuf
si vite démodé !

il veut du nouveau
toujours,
toujours,

figé
sur ses pointes

refuse de vieillir,
le moderniste ?

l’avide du neuf
à jamais sans repos

après le neuf
à tout prix
le dix !?

le mécontent du présent –
l’incontinent du futur…

pourquoi
n’invente-t-il pas
tous ses mots
s’il veut rester
absolument moderne ?

pour être plus moderne
que moderne
il écrit (tous ses haïkus)
en novlangue

se rend-il compte
que tous les mots
qu’il emploie
sont – affreusement – anciens ?

dès qu’il crée un mot,
il vieillit (déjà) !
Ah, le désespoir
du moderniste !

(nouveau mou d’veau)

du mou de veau,
oui,
mais
du mou-de-veau nouveau !

Il écrivit tellement nouveau
qu’il était le seul
à pouvoir se comprendre

nou – veau d’or !

il n’écrit pas,
il VEUT écrire
(« nouveau », etc.)

condamné au modernisme,
ce Sisyphe du haïku nouveau !

certains croient-ils au
tout nouveau, tout beau ?
je crois, personnellement,
au tout neuf, tout bœuf

pourquoi faut-il que quand il entend « nouveau »
lui vienne aussitôt à l’esprit « mou-de-veau » ?

Lynn est psy
(/ Line est psy)

°

mes voisines
(de TGV),
ces tchat-chieuses !

à la gym aquatique,
ce qu’elles n’ont pas besoin de muscler :
la langue !

°

Les hippos campent…

Des hippos * allumés
(s ‘éteignent dans la pièce
d’O…)

* « Zippo » : briquets.

°

Un bègue
peut-il être à la pointe
de la nouveauté ?

un haïku de pointe
et
un haïku de marteau

°

il m’insulquai(t)

°
(ancien :)

les petits pois
refroidis à l’ordi
: « parésiaste ».

°

Égrenier. Égrenier les souvenirs…

°

il la ferme, elle s’ouvre,
il la ferme, elle s’ouvre,
: la portière de son autolib’ *

(Place de la Nation, 13/10/12)

: or. : « la portière de sa voiture /
électrique de location ».

°

lèche la rosée
de la rare rose d’octobre
le rare joggeur sous la pluie

°

Rien besoin d’ « inventer » :
chaque seconde est nouvelle !

si j’écris
« la pluie la pluie la pluie »
n’est-elle pas déjà vieille
au bout de la ligne ? *

Patine-t-il
dans la nouveauté,
celui qui bégaie ?

haïku :
(de) l’actualité
en force
(?)

Actuel / Factuel

En Occident,
on veut faire le plein
… (en haïku).

En Orient,
on chercherait plutôt
à faire le vide,
épurer…

*
écrire
pluie
n’a jamais mouillé personne

(les mots
n’étant pas les choses…)

°°°

(à suivre : Oct.12 – 2/2.)

haiku, etc. – Py – juillet 12 – 1/2

23 juillet 2012

°
Kyôku (à la vache) :

La vache sort
« Moi ! Moi ! »
du brouillard

(d’après Issa :

The cow comes
Moo ! Moo !
out of the mist

tr. R.H. Blyth

La vache sort
Meuh ! Meuh !
du brouillard)

°

Un encormoran :

un cormoran qui ne se lasse pas de pêcher /
à qui l’on ne permet pas de repos à la pêche…

L’encormorencore,
pêcheur infatigable.

imaginez,
un des cormorans
dans un décor marrant

un corps mourant,
le cormorendant l’âme

un cormorancre :
un cormoran
qui reste / plonge au fond ?

le cormorantre dans l’eau
et en ressort pas gai *

* bagué… / pagaie

°

pendant qu’on déboutonnait
le corsage de cette belle femme,
pas de chance, l’oncle était mort.

°

un tout petit insecte
remonte la page 7
du quintette de Prokofieff

°

un gargarage :
où l’on s’y prend à deux fois
pour bien ranger sa voiture

°

pis, ce son m’émeut : meuh !

°

canal dentaire –
un oiseau chante

°

l’hémistiche / l’hémi–s’touche

°

deux papillons blancs,
des coquelicots :
course au supermarché

°

« guère épais »

°

un miroir passe
dans un couloir de métro
et je
passe suis passé
devant dedans
vite vide
disparu

°

entends les gouttes
qui s’écrasent à terre
formant rythme-mélodie
(de bruit de pluie)

– et par-dessus
la voix soliste
d’un téléphoneur
(en) (arabe)

la pluie incesse –
la pendule (sous l’auvent de la gare)
roule ses chiffres –
une femme enceinte
descend du train
en premier

rain
steady rain
je reste en gare

the trains
come and go

j’attends que la pluie passe
comme un train
j’attends
que le train de la pluie
passe

d’un coup de reins
d’un coup d’airain ?

rain
steady rain

(et) je ne rentre pas chez moi
retenu par les gouttes
qui tombent à côté
rideau

°

In-faire

Une demi-heure
et la pluie ne (veut ?) cesse®
une demi-heure
que je ne veux bouger
sans parapluie
sous la pluie
et je lis Wei Wu Wei
et je philosophe
soliloquement
alors que passent des êtres
sur le quai d’en face
et parlent
et rient
et que je ne fais rien que
stupidement
m’écouter écrire
m’écouter penser
et jouir sur mon banc
onaniquement
unanimement
de ma seule magnifique
présence égo
ïste
tiste

°

la feuille colore le trottoir
en ne faisant rien (d’autre
qu’être feuille…)

la feuille
colore le trottoir
sans rien faire

°

au coin de la rue
disparaît un parapluie
avec une femme en dessous
(et) ses mollets fermement galbés
et le bruit de ses talons, hauts
(/ ô !)

°

le taux d’humidité
de leur baiser
est de 80 %

°

6 abeilles
autour d’une fleur de magnolier
début juillet à Orly

°

sur le mur de la salle de bains
un moustique me dit : « chut !
ne le dis pas à la maîtresse ! »

au mur
un moustique :
« chut !,
ne le dis pas à la maîtresse ! »

°

l’odeur du pain
s’élève
dans la narine
de la nuit

°

je suis le mot « beau »
et le mot « pas beau »
au sein du mot « couteau »

°

quel temps fuit-il ?

°

les liserons
recueillent
les sons du soir

la télévision
en voile de mariée…

°

une mouche
sur la partition
Joseph Bodin de Boismortier

°

(Ko-an :) « leur but : voir directement en supprimant la pensée »
in Wei Wu Wei, p.156 de La Voie négative

le haïku (?)

°

(depuis cette époque)
de l’encre a coulé sous les fronts

°

L’heure le regardait

°

Le bleu du travail
Le travail donne des bleus
Le blues du travail(leur)
Le travail du bleu

°

tant tant le pourpier s’étend
vers la mer
et danse

°

L’éclair
déchire
les feuilles du bananier

°

d’ÉCRIRE de soi
à RIRE de soi !

ÉC / RIRE

j’éc – ris

éjacrire

°

scintillements d’oiseaux
où glycines et rosiers se rejoignent
: maison à vendre

°

champ d’épouvantails
le babil des oiseaux

deux épouvantails
face à face
– parlent-ils
oiseau ?

°

dans les phares :

°

vent dans les feuilles –
il gratte une anche

°

Prendre de la distance avec soi-même dans le haïku. Ex. : dire « il » (sujet) à la place de « je »…
(selon la « grande » tradition chinoise, japonaise… ; léchant en cela « la bave des Anciens » !)

Le je se fond dans le décor / monde environnant
(dans la mesure du possible…)

°

ces coquelicots
sur le côté
ont échappé
à la moisson

le vent secoue
ces cosses sèches –
papillons blancs

champ de blé –
à la place des coquelicots :
papillons blancs

°

(cf « ancien » (Loulou) :
« La vieille chatte / saute du lit / Bruits du parquet »
in « La chatte de Daniel », haïbun de Salim Bellen, p. 16-17 de Le Singe renifle en décembre, déc. 2006 )

la chatte saute du lit
le bruit
des coussins

°

bleuets
coquelicots
blés
– 14 juillet

°

« Kyôku (/anti-haïku) à l’amour vache » :

a)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh meuh Ah,
que ce meuh m’émeut !

b)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh Ah, ce
que ce meuh m’émeut !

c)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh Ah, que ce meuh
qui se meu®t m’émeut !

°

13 juillet
le bruit du feu d’artifice
le bruit de la pluie

°

dimanche 15 juillet
papa et fiston
astiquent
l’intérieur de la voiture

°

mid-July
the still going-to-work
morning crowd(s)

°

la roue
d’une bicyclette
tourne
jusqu’en silence

(d’après Catherine Redfern, in Blithe Spirit 22 n° 2 p.5 :
« bike wheel
still spinning
a moment’s silence »)

°

si bien lavées
les vitres du bar
un pigeon s’y cogne
pour sortir

(gare d’Austerlitz, 16/7/12)

°

haïku, etc. de Py – fév. 12 – 1/2

16 février 2012

°

Un oulipote…

°

écoutant
le cachet effervescent
s’éteindre

°

le haïku,
ce moment
Fuji-tif !

(d’après Nicole Voltz, dans « L’atelier d’écriture et le haïku », in Le haïku et le forme brève en poésie française, André Delteil, P.U.P., 1989.)

°

sur le pas de son paillasson
un chien aboie –
du sel épars par terre

°

entre les quatre tours
de la bibliothèque
les deux cheminées
détachent leur fumée
sur le ciel froid de février

°

la grenouille
ouvre l’oeil
de la mare

(cf : « kaigan », « l’ouverture de l’oeil », in « Notes dans la paume », de Roland Halbert, p.168)

°

dans les toilettes hommes
du centre culturel japonais*,
ça sent la pisse !

* Tenri, Paris 75001

°

finissant
sa canette de bière :
la lune presque pleine

°

lucid(r)e…

°

un p’tit coup dans le zen !…

°

deux pies
picorent la neige –
premier dimanche de février

°
(Ancien : après 1980 :)

4 heures du matin
le frigidaire se réveille
le chien en peluche garde les yeux ouverts

°

Il rentra
dans ses nerfs
et composa
une fleur
invisible

°
(À propos des 1012 haïkaï de Bashô :)

avancent
sous la neige
des haïkus

°

R.E.R
REtaRdé :
la matinée saute…

°

prendre un papa
par la main…

°

vent glacial
le (carillon de) bambous chante(nt)

°

crépuscule –
son oeil au beurre noir

°
(Bashôtage (kyôku au vieux marc) :)

le vieux marc –
un bouchon saute
pop !

°

Monsieur ou Madame Dusson-Égal
est demandé au parloir…

Monsieur Tiroir-Caisse et Monsieur Caisse-Tiroir
ont rendez-vous.
Ils échangent.

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si belles gambettes
avenue Gambetta !

°

Reims –
le canal couvert
de neige gelée

°

Pour les élections
allons-nous voter
U.f.M.n.P. ?

°

grand froid –
un défilé de sous-vêtements
en bande-annonce
sur Internet

°

la candidature
du polichinelle
cousu(e) de fil blanc

le fantôme fantoche
de l’ultra-capitalisme !

°
(Ancien :)

crépitement :
sur le buisson sec
la neige

°
(Ancien :)

cohue matinale :
devant la porte ouverte
du train de banlieue,
une casquette.

°

hors d’inaire

°

Bah, c’est là que le o (/ haut) blesse !…

°

(à suivre, 2/2)

Haïku, etc. – Py – nov. 2011 – 2/2)

3 décembre 2011

°°°

j
onction

°

le chef des tas
serre ses petits poings :
« Non, il n’y aura pas de licenciements chez *… »

* Complétez selon l’actu.

°

oser
p

°

choucroute dégarnie

°

« voler du temps au temps »
: on se trouve soudain
sur une plage
libre
à désir / à loisir

Dans loisir
il y a loir

°

près de la mère,
la nuit,
son souffle régulier

°

métro
deux femmes fiellent
sur une troisième…

°

d’un hiver à l’autre
le sac de sel
toujours à la porte

°

dimanche moto, cinq heures

°

une volée
(de bois vert
non :)
de Portugaises
investit une banquette du RER

°°°

(15-30/11/11)

Haiku, etc. de Py – oct. 11 – (1/2)

17 octobre 2011

°

le passé pas si
simple le passé pas si
simple le passé

°

ri pou ri pou ri
pou ri pou ri pou ri pou
ri pou ri pou ri

°

ça plaît ça ne plaît
pas ça plaît ça ne plaît pas
ça plaît ça ne plaît

°

traint contraint contraint
contraint contraint contraint con
traint contraint contraint

°

RIEN . . . T

°

rien t rien t rien
t rien t rien t rien t
rien t rien t rien

°

en religion : le Très Haut
en haïku : le très peu !

°

comme beaucoup
le premier pet sur ta voiture
un haïku

°

le haïku spirale

l’art doux
(/soft)
tout en courbes
spiralées :
sculpture-pelure-d’orange

aspirale

l’artspiral(e)…

lartdoux

°

2/3/2
3/5/3
5/8/5

°

le camion qui passe
emporte avec lui
le bruit de l’aube

(10/6/06)

°

le pont vert
sur la Seine noire
– Maison de la Radio

(6/3/09)

°

une bouteille en plastique
sur l’eau
un canard sur le bord

°

en bas du
Conservatoire de musique,
un concert de klaxons

(13/10/04)

°

le printemps
l’été
l’amour
l’hiver
°

toise –
assez d’énergie pour aller jusqu’au bout du pinceau

°

reçoit
haïku
donne

°

le soleil
joue
une harmonique
d’araignée

fil d’araignée
et soleil
en duo furtif

une harmonique de soleil
sur la corde
d’une araignée

le soleil

le soleil
joue
de l’araignée

°

parallèlement
deux hommes à valise à roulettes
à portable à l’oreille

(ancien –> 4/10/11)

°

(Bashôtage :)

un claquement,
des rides
: un haïku

un claquement,
des pattes* :
le haïkaï

* : des pieds ?

°

maison de retraite
les pommiers fleurissent dans la cour
(- octobre)

°

(une) déviaviation

(: un détournement d’avion)

°
(Zenryû / Bashôtage :)

what is the sound
of a swamp ?

quel est le bruit
d’une mare ?

avant la grenouille,
le bruit de la mare ?

après la grenouille,
le bruit de la mare ?

la grenouille
est-elle
le bruit de la mare ?

le plouf
de la grenouille
est-elle
la clé
de l’étang ?

le plouf
de la grenouille
ouvre l’étang

dès que la grenouille entre,
l’étang se referme

silence bruit silence

calme plouf ! plat

calme clame calme

CHOC

clameur calme lac

ré – calme

°

devant la cathédrale
la jeune Japonaise
danse
pour la photo

°

« Je regarde la mer. J’apprends à devenir poisson »

: le premier druide in L’enchanteur pourrissant, d’Apollinaire, p. 25, éd. Terre de Brume

°

Caprice est fini ?

°

Dans le haïku, la prose est le liant, le ciment ; le haïku étant la pierre…

°

un noyau d’avocat
vient jouer la toupie
sur le parquet

°

Le « haijin » établit (un lien entre) deux éléments, une passerelle. Tout son art consiste en cette passerelle (que le lecteur puisse emprunter), en cette architecture (plus ou moins visible…/ plus ou moins lisible…(?))

°

(À Salim,
à nous)
:

ce 9/10/11
je me souviens
du 9/8/7
où l’ami cher
disparut
sur une route
de Colombie

Où naviguons-nous ?
entre quels chiffres
bornés ?

°

Aimez-vous (le) brame ?
– Octobre
(il va sans dire !)

°

sur 50 ans
j’ouvre la langue
plusieurs fois

°

« La forge des mots »

la forge des mots
le forage des mots
le fromage des mots

S’amuser (« asobu »)
des mots,
du langage…

la faiblesse des mots…

°

sans connaître le but,
poursuivre son chemin…

°

à ceux que le zen
gêne je dis à ceux que
le zen gêne je

dis à ceux que le zen gêne
je dis à ceux que le zen

°

le gavage des poches
le gavage des proches…
: les oies du pouvoir

°

la réduction
– séduction
rédemptrice ?

°

je lis un poème rimé,
je m’endors

°

à l’époque des fleurs,
l’explosion
de Fukushima

°

l’arbre

°

le zen les a gê-
nés le zen les gêne le
zen les gênera

aux zen-tournures…

gêné né gé

°

déséqualibrer

(le haïku ?)

(pour voir
s’il tient encore
debout ?)

°

ils
cent tasses
dans le train du matin d’automne

vers la mi-octobre
, chevilles ouvrières

(et coups de pieds
/ reçus / donnés)

– Bosse ou crève !

°

je relis des pensées
où en est la lune ?

je suis d’une génération papier
où en est la lune ?

°

Peu importe que mes poèmes soient ou non des haïkus !
mais que je sache quand c’en sont,
quand ce n’en sont pas,
et pourquoi, et comment !…

°

neige abondante lush snow
maintenant fondante slush now

(: ancien)

°

une boucle d’oreille
en feuille bleue (métallisée)
au pied du parc
ce quinze octobre

°

dans les affaires
du clodo parti :
des pigeons

°

(à suivre : 2/2)

Haïku, etc. de Py – mai 2011 – 3/3

2 juin 2011

°

dernière touche
à leur beauté :
train du matin

dernier passage de lèvres
avant d’embrasser
leur journée

avant d’embrasser leur journée :
un dernier tour de lèvres

°

la glycine fleurie :
l’odeur
de la voiture qui démarre

°

les sillages d’avions –
les martinets du soir

lampadaires du soir
et traînes d’avions :
le même rosé

°

ratant ses trains :
rentrée

(: septembre, voire octobre, pour retourner travailler au CRR de Reims ! *)

(* = Conservatoire à Rayonnement Régional.)

ce matin,
le trafic très ralenti
du RER ;

ce matin : jour en (l’) »R » !

°

entre l’Eyjafjöll
et le Grimsvötn,
les imprononçables
nuages de Fukushima

°

ce soir
reconnaissant
le Tui – Ti-ui
(de l’oiseau)
gare d’Orly

°

(L’esprit du haïkaï :)

Tant que nous pouvons
nous extraire
du centre du poème,
faisons-le !

°

matin frais de fin mai
deux Japonaises en ombrelles

°

la fleuriste
penche un pot
: boutons

°

fin mai
les femmes
perdent leurs feuillages

°
(l’art du haïku… :)

la (très forte) tentation
des haïkistes occidentaux :
dire
(au lieu de
suggérer) !

°

(Bashôtages :)

sommeil matinal –
le cri du marteau-piqueur
enfonce la roche

le marteau-piqueur
casse la croûte
du sommeil

°

rempotant sur la terrasse :
le « Duo des fleurs » à la radio

°

secousse,
ses seins tressautent –
les nuages passent

°

le pizziste
monte en mob’ rouge
les marches de son magasin

°

une branche
du matin sciée :
le sommeil s’envole

°

le fils de la rivière se dédouble en fleur

°

get the haiku-fish
as soon as the float
plunges

dès que le bouchon
s’enfonce
ferrer le haïku

dès que les mots glissent
à la conscience
: capture !

sans penser
les mots
atterrissent
sur la page

la trace
d’une cerise
tombée d’un bec

… me poussant au haïku…

°

Avenue Maginot
la coupe au carré
des arbres

°

le train tarde
un corbeau crie

°

sur une feuille verte
un chewing-gum rose

le chewing-gum rose
va-t-il dévorer
la feuille verte ?

°

vient le week-end
et son sourire ventral

°

torsade :
l’angoisse
des glaçons sauteurs

°

fenêtres au soir :
les lampes d’intérieur
et les reflets
des nuages chauds

sur le pare-brise
des traces
de nuages
du couchant

fenêtres :
les différentes
couleurs du soir

°

matin – l’oiseau
ouvre son bec
au soleil

°

fuyant un wagon
pour le suivant :
le fils violoniste
du précédent ?

°

une feuille de ginkgo verte
un trottoir de fin mai

°

furie
du verre
ouvert
déversé
dans le camion

°

au milieu du toit
une chaussure à talon

°

la Fête des voisins
bat son demi-plein

°

les cônes fleuris
des arbres au carré

°

toutes les grues
tendues
dans la même direction –
route du week-end

°

il se trouve que
le ciel
au coin d’une lettre
se couvre

°

Le haïku
défait les liens ;

le lecteur
en reforme

(s’il lui chante !)

°

dans cet escalier
déboulent des feuilles –
silence

°

Insomnie –
demain remplir
la feuille d’impôts

la feuille d’impôts
tombe au printemps

°

je lis
des haïkus de saules…
les pages du livre oscillent

°

bousculé par la bourrasque,
un oiseau circonflexe

°

il s’assied
dans le sens des aiguilles
du train

°

il semblerait
que les oiseaux ont bien dormi :
leur chant clair
ce matin

°

des sandales
aux feuilles des arbres :
blanc de sable

°

toutes les rampes de la gare
un son différent —
cui-cuis de fin mai

°

– Pour qui j’écris ?

– Pour sonner juste.

°

son mollet
bien galbé –
la forme d’un haïku

°

printemps :
planter
de nouveaux radars ?

°

sur la porte ouverte
cette affiche :
« La porte est fermée »

°

pédale et
descend
sans cesse
vers son genou
sa jupe

( rue Marcadet, dernier jour de mai)

°

les vaches
regardent peut-être
passer les trains,

les hommes
plus sûrement
regardent passer les chevaux,

yeux
(d)rivés
à l’écran

(faisant cour
autour
de l’écran
où courent
les chevaux)

claque
une partie gratuite

le balai repousse
tous les paris morts

feuille morte,
paris des joueurs,
le garçon de salle
balaie

°

d.(23-31/5/11)

Haïku, etc. – Py – mai 2011 – 2/3

27 mai 2011

°

après l’ondée

trois Indiennes
en atours de fête –
métro de mai

°

Dégonfler les baudruches
des grenouilles demi-boeufs !

°

sans mots :
cette fleur –
ce haïku

°

la nuit s’étire
la queue du chat

tout de suite
la rampe plus froide :
soleil – ombre

le bout blanc

rue Saint-André-des-Arts,
accroupie :
pantalon à mi-fesses

soir du 18 mai :
scotché
sous le chant des oiseaux

Au concert des oiseaux :
soirée de mai

Au concert des oiseaux

le bleu tombe
insensiblement
le concert des oiseaux
s’achève

arrêté à écouter
un concert d’oiseaux
sur le chemin de la maison

OAS(is)
aplati sur la route :
un printemps sec

22 heures –
la nuit siffle
la fin du concert
(des oiseaux)

petit coup de rosé
sur le mur du matin ;
la lune plus que pleine

un plastique

faisant chanter la rampe
de l’escalier
du conservatoire de musique

sa copine-canon,
et lui : pantalon SOUS les fesses :
slip blanc.

°

Ignorer
la sente de Santoka ?

°

Le temps est élastique —
Quand il te pète à la gueule,
c’est fini !

les coups de l’ouvrier :
les roulements de l’écho

°

Le haïku est une serrure –
Le lecteur en a la clé.

°

trois pigeons au repos dans l’herbe –
début d’après-midi de mai

°

moineau culotté :
qui vient voleter
jusqu’à la crêpe
dans ma main

un moineau
s’accroche à mon doigt
pour goûter du gâteau :
le vent de ses ailes !

vol de gâteau :
un moineau sur mon doigt

°

sa contrebasse

un beau barbu
rue des Prêcheurs *

* 75001

°

Le Bouddha :
une fleur
sans parole –

à sa fleur
sans parole :
seul un sourire

°

le monde déploie ses ailes
– monte !

à la place
des cônes roses,
les boules vertes

pivoines épanouies
pivoines évanouies
: quel temps ?

°
d.(15-23/5/11)

haïku, etc. – Py – Déc. 2010

3 janvier 2011

°

des flocons
vers les feuilles
– 1er décembre

feuille verte
dans le métro –
neige
au-dehors

de l’arbre nu
des pommes jaunes
au-dessus de la neige

(Choisy-le-Roi)

(d’après E. Hellal)

première neige
une péniche
passe

copeaux d’anche –
dehors
la neige

le ballet de son ombre
de réverbère
en réverbère

couinements lancinants
de l’escalier mécanique
– RER E

une pisse de chien
en train de geler
– lundi 13

un chat blanc passe
dans le salon du voisin –
flocons de neige

ce matin
gouttes
flottantes

régulièrement la neige —
une tasse de café
sur le trottoir

une barrette à cheveux
sous la neige …
… Buson

croa croa croa
au-dessus de la
ville de neige

le papillon
et moi…
respirons

(Ancien :)

café :
des étudiantes
ordinent…

vélos alignés :
toutes les selles blanches

snowy + owl
=
SNOWL

snOwl

°

cOld

°

le soleil se lève dans les nuages
– première aube de l’hiver

°

(Kyôbun au chapeau de paille) :

Dans le haïku, faire fusionner le « je » avec le monde… :

 » vent d’hiver
je garde mon chapeau de paille
dans la cuisine  »

(Dorothy Cameron Smith)

pouvant devenir :

vent d’hiver
gardant (son) chapeau de paille
dans la cuisine

(= (s’)objectiver… fusionner les sujets…),
slightly shifting the meaning(s) ? but O so slightly !

N’y gagne-t-on pas à « se perdre », à « s’oublier » un (tant soit) peu ?

(22/12/10)

°

lisant des haïkus d’hiver
une clémentine
sur la table

participe au présent…

(le participe poète …)

Se fondre dans la roche –
Finir par renoncer à toute volonté de « personnalité »,
d' »individualité » !
N’être (plus) qu’un –
Naître…
À n’être (plus) ? – ,
incorporé, faisant Un
avec le Tout… (?)

Naître
puis
(apprendre
à)
N’être
plus
(, en fin…)

°

Théoriser, c’est figer…

Déglacer !… Faire, Agir !

Briser les moules (des « théoriciens »)…
les contre-dire, contre-faire
… ( = s’opposer à leurs « prétentions »…)

Encore mieux que dire :
faire.

Battre en brèche leurs « certitudes » …

°

quatre nounours pendus
à deux piliers de la
gare de l’Est

°

(Du haïku :)

Le présent
est le temps qui clarifie la « vision »,
l’image.

°

pieds de vigne rachitiques –
le Père Noël
grimpe à la fenêtre

(vers Lodève)

°

(d’après un haïku ancien :)

perron –
le chat boit
les étoiles

°

brouillard
à couper
au
bus

°

aujourd’hui
les rocs
accrochent
le brouillard

(Larzac)

°

dans un champ désolé
un oiseau posé
vers Noël

°

(« Bashôtage » :)

de ma voisine
je ne connais
que le violon

(cf Bashô :

« L’automne s’achève
Je ne connais toujours pas
mon voisin »

in Fall, par LeRoy Gorman, ed. proof press, 1996)

°

Du haut des Causses
un rayon de soleil
sur Millau

°

remontant de la mare
un canard
s’ébat

– descente vers Millau

°

feuilles :
le vent
tourbillonne

°

L’art du peu :
peu de lard

/ l’art maigre

°

une plume
sur une feuille –
milieu de l’automne

(–> 23/12)

°

(senryû ancien = 2007 ? :)

plus besoin de Bush
pour écrire des senryûs :
voici Sarkozy !

Sarko-fric

(ne) Sert-qu’au-fric

: le consternant S. …

°

aussi sombre que lui
le cri du corbeau

(le) cri
et (la) corneille :
même couleur

son cri
ressemble
à sa corneille

tel corbeau
tel cri

°

1er mot de mère *
au lit ce matin :
 » feignante !…  »

* : 90 ans.

°

Noël
place de la Mangeoire
: Bethléem

°

3
c’est la moitié
de
8

Scindez un
8
vous obtiendrez
deux
3

(basculant sur le dos)

Accolez E
et 3
pour obtenir
B

Scindez B
pour donner naissance à
E 3

E 3 s’aiment = B

°

petites entailles d’avions –
soleil levant

°

On s’enfonce dans la nuit de neige –
il tourne les pages de son livre

ouvrant la fenêtre
au chalet : blanc
de carte postale

°

L’avantage du participe présent :
neutralisation du sujet…

°

(2 règles du haïku :)

La première règle dont l’on (l’Occidental) peut (/ doit ?) se défaire, c’est (de) la forme 5/7/5.

Celle dont aucun haïku ne pourra se défaire (sans imploser / exploser ), c’est le sens du présent (immédiat).

°

L’art du très peu
L’heure du très pas

°

Noircir noircir noircir —
Le bout du tunnel

°

C’est une (est)hétique :
l’ascèse des mots.

Trouver les mots
E X A C TS

(et B R E F S …)

Noircir
pour pouvoir mieux
Blanchir
(ensuite)

°

Il écrit, écrit, écrit …
toute cette neige
dehors !

°

en hiver
lisant des haïkus
d’hiver

°

corneille ou corbeau :
cri sombre

encorbeau

encorneille

encorneige

en corneille,
pas mal de neige !

°

le soleil
frappe les glaçons :
midi

midi :
le soleil
blanchit les stalactites
du balcon

°

premier matin à la neige :
allongé
au châlit

°

ouvrant les volets
dans une carte postale
de neige

°

par endroits
le long de la piste de ski :
petits trous jaunes

(Issa :

« le mince trou
fait en pissant
dans la neige devant la porte »)

°

le blanc de la neige
entrant par la fenêtre
envahit le livre

°

lavoir :
l’eau gelée
du village de montagne

°

le soleil glisse
le long des pentes enneigées
restaurant de l’alpage

°

les toits s’égouttent :
soleil du dernier décembre

°

balade en raquettes
un coq chante
fin de matinée

°

« passage à l’an neuf »
= déjà la première ligne
d’un nouveau haïku !

°

passage à l’an onze :
chacune revêt ses beaux
atours pour la fête

°

au fond du vallon,
ruisseau
du 31 décembre

°

plaques de neige
glissant des toits :
le dessin des tôles !

°°

dernière cuite de l’année :
première cuite de l’année

(31/12/10-1/1/11)

°°