Archive for the ‘mes haïkus’ Category

Haïkus, etc. Py – déc. 14

23 mai 2015

°

ouvrir la porte :
se laisser pénétrer
par l’odeur du pain
cuit

°

chaque jour
que tourne le monde,
merci

°

un sapin clignote –
Père Noël, pendu,
oublié à ton balcon,
voici revenu
le temps de tes exploits !

°

rencontrai ce soir
un curculionidé *
dans le dictionnaire

* = de la famille des charançons.

°

mettre l’eau à l’oreille
mettre la puce à la bouche

°

ils semblent bien dodus
ces deux canards
sur la Seine gonflée
– fin de l’an

°

parapentes –
sur l’évier
des rognures d’ongles

°

les doigts de la pluie
sur les peaux du soir
(12 décembre)

°

par les vallées
et les sous-bois
son respir pioche la nuit

°

jusqu’au bout de l’orteil
le sentiment du printemps

°

dans un après-midi blanc
de décembre,
des cris noirs

°

jeune(s)
déjà recroquevillé(s)
sous les écouteurs
dans les écrans

°

Dans le haïku
je cherche le blanc,
je cherche l’espace

°

les jumelles, parfois,
ont le même rire
exactement
au même moment

°

portes en s’ouvrance

°

une perle, son haïku –
huîtres du réveillon

après les huîtres du réveillon,
une coquille
dans son haïku

°

sur le pain
je trace
l’idéogramme (chinois)
de miel
puis le mange

°

L’eulalie ondulante,
la souple eulalie
(: miscanthe, suzuki, herbe d’argent)

°

Le haïku est un poème blanc

(: un poème de si peu de mots…)

poème blanc :
poème dont les mots s’effacent,
laissant (la) place à l’espace…
à la brume…

poème blanchi…

Blanchir le haïku.

°

Tel qui avoua avoir
bien du mal avec « le naturel »
a naturellement
bien du mal
avec le haïku
(auquel il se voua
cependant) !

°

(Dans le haïku,)
il ne s’agit pas de remplir le vide,
il s’agit de le creuser…

°

Noël à l’EHPAD :
sieste en demi-cercle
autour de la télé

sieste en demi-cercle
autour de l’aquarium

°

bla bla bla bla bla :
c’est le début
d’un faux haïku.

Pour écrire un faux
-haïku : bla bla bla bla bla
bla bla bla bla bla !

°

Noël
près de mère
assoupie en son fauteuil –
lecture

laissé dormir mère –
le soir
tombait
sur le livre

dans son rêve elle prononce :
« On n’a qu’à faire comme ça !
… Au revoir ! »
et poursuit sa course
en fauteuil

assis
face à mère endormie dans son fauteuil –
le Noël de ses 94 ans

°

« l’essentiel du monde »,
« élimine les scories » =
pas de bla bla bla !

: Haïku de bègue !?

loin des bruits
et de la fureur
des mots répétés automates

le vide / le blanc !

un haïku de blanc !

haïku bouché de mots
comme de cheveux un lavabo

°

d’une écriture simple
limpide
et sans fioritures
(comme d’Emmanuel Bove – ?)

°

liane souple
à mon côté
nos épousailles

°

lumières d’après Noël
la pluie commence à rayer
la vitre du train

– cet Orléans-Paris
tant parcouru étudiant

vendredi soir 26 décembre
et peu de monde qui monte
vers la capitale

– la pluie a maintenant rayé
la vitre jusqu’en bas

°

la fran(ca)cophonie ?

°

montée vers la station de ski –
la neige s’enroule
autour d’un tronc d’arbre

°

Pourquoi le haïku est-il un poème blanc ?
: parce qu’en son centre se trouve le « kireji »
(le « mot »-de-coupe)
qui creuse * l’espace
entre les mots

* crée, permet, promeut

°

Ostensignes…

°

les dameuses
remontent les pistes :
leurs projos
dans le noir du matin

(4 h).

sous les sprays
des canons à neige
la dameuse descend la piste

puis la remonte

ballet des deux dameuses
à lisse-pistes

à flancs du mont
les faisceaux des dameuses
sous le nuage des canons à neige

au bas de la piste
la dameuse
à rebrousse-neige

je bois un verre d’eau
dehors la déneigeuse

dameuses, déneigeuse
au travail –
effaçant ses lignes
de sur le livre

les dameuses ont cessé –
la gomme continue
dans le noir du matin

souffler sur les roulures de gomme

éliminer
élimer
limer
mer

(+ le mot est « petit »,
+ il est vaste ?)

les dameuses
sont rentrées se coucher –
il n’y a plus que le bruit du frigidaire
qui tourne
vers le matin

disparaître
quand les autres
vont apparaître…

en piste sur les pentes
les dameuses –
n’égalisant pas les étoiles

éclairant
le nuage de neige artificielle,
la dameuse
repasse

les dameuses m’amusent

ciel bleui :
les étoiles
damées

la piste rose d’un avion
au tout matin –
les remonte-pente
à l’arrêt

au jeune matin bleu
des petits nuages roses
s’approchent de la montagne blanche

°

pierre,
on te dit sorcière,
et dans la rivière
pleure par amour

°

la dameuse
fume son nuage de neige –
dernier matin de l’année

ce matin la dameuse
soigne le bas de la piste

°

dp

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Haïkus, etc. Py – janvier 2015

22 mai 2015

°

bientôt
la fin du je ? –
Nouvel An 2015

une mouche
à l’envers de la vitre
ventre
au soleil

les canons-à-neige muets –
la dameuse
s’y met quand même

mémé
monte en raquettes
derrière pépé –
chemin de neige

Certains haïkistes (français)
ont beaucoup de mal à
faire le vide *
dans leur haïku

* = vider (leur haïku)
du trop plein des mots
(inutiles… morts…)

2 janvier –
une mouche à l’envers sur la vitre
ventre au soleil

une mouche morte
sur le rebord de la fenêtre
ce 3 janvier

pattes au ciel
une mouche morte
ce 3 janvier

Le haïku est un poème blanc –

– le blanc du papier
(re)couvre les mots…

Inondations :
De boue,
les dégâts !

tout attentat est odieux
– surtout s’il est religieux

rire
ou mourir
faut-il choisir ?

ô dieux,
que de crimes
en vos noms !

Les corvidés
préfèrent-ils
la Croassie ?

où rire
mène à m
ourir…

ô dieux cruels
hier(s)
demain(s)

: Bannir les dieux !

Mourire de rir

Charlie
Charrie
Charpie
– hebdo

ce soir
la pointe d’une bougie
la flamme d’un crayon
à la fenêtre

– la défaite des lumières ?

« regarde la vie en fa  »

Trashédie

ce matin
du balcon mouillé
ramasser les restes de cire
de la bougie-Charlie

Barbarire

C comme Charlie
R comme Charlie
A comme Charlie
Y comme Charlie
O comme Charlie
N comme Charlie

Pizzicati de contrebasse –
ses seins
à contretemps

: dp (in Bulles de musique, éd. Pippa, 2013)

« tango argentin
à travers le chemisier
seins à contretemps »

: Patrick Gillet, 2è prix Mainichi, 2014.

Percusition

Aux semeurs de mort
aveugles
et sourds
nous faisons un
crayon d’honneur

Aux morts
pour le rire
nous (a)dressons
un crayon d’honneur

La tante de mon fils
est partie
le soir même de la Grande Marche *
rejoindre les
CHARLIE’s
ANGELS **
(: des couillus, ceux-là !)

* cf « La longue marche » (de Mao… de Gandhi…)
** série-télé 1976-, film (américain) 2003.

On t’envoie au paradis
avec une ceinture d’explosifs
– va faire sauter Dieu !

une banane au bout de la main
elle montre à l’enfant
l’avion près d’un nuage

où se trouve
la minute de silence
entre les mots ?

Rentré de Sy rit ?

Les 12
de Charlie Hebdo(s)
envoyés en S’y-rit ?

Charlie Hebventre
Charlie Hebcouilles
Charlie Hebsang

Charlie Hebcul

Mort à ces dieux mortifères !

– Les bonnes idées de Dieu ?

dieu,
franchement,
c’est plutôt une mauvaise idée !

« dieu » : le sens du massacré ?

dieu,
devra-t-il rendre des comptes
pour tous ceux
qu’il (a) fait massacrer ?

Charlie,
ces anges
couillus,

ces couillus angéliques !

sine dieu

Dieux : crimes à perpèt(r)e

Il doit y avoir un sacré bug
entre dieu
et les hommes !

martyres des djihadistes :
dieu les fait ensuite
sauter sur ses genoux ?

ceux pour qui
« sacré »
et « sacrifié »
sont de la même famille…

Quant à Sarko
il se fraie-
tille
coude après coude
une place
pour la photo,

sa place
au premier rang

, ce Charlot
pitoyable !

, ce charlie-tan(t)
ridicule !

Au milieu de tous ces Charlie, Sarko-Charlot

Nicolas premier
joueur de coudes
de France ?

onanisme : l’auto-rut

Il jouait déjà des épaules,
il joue aussi
des coudes

Sarko, convenez-en
est une source inépuisable
de senryûs !

Marche pour Charlie :
Sarko à lui seul
est caricature

les autruches
du nucléaire :
enfouissement des déchets

Ce que Sarko préfère
dans « Je suis Charlie », c’est
« Je »

Marche pour Charlie :
après la photo de classe
Sarko retrouve son rang

Ils sont tous Charlie
je continue d’acheter
Siné-mensuel

bonnet de jour,
bonnet de nuit :
l’hiver – et la vieillesse ?

La nuit tombe
entre les cornes de la vache
– Kaokoveld *

* Afrique du Sud-Ouest.

l’élève de Qigong :
ses lacets du même vert
que les carreaux de la salle

2ème année
qu’un Père Noël
pend lamentablement
du balcon d’en face

au balcon d’en face
un père Noël
pendu par les pieds
oscille du bonnet

fin janvier
le père Noël
pendu au balcon d’en face
reçoit
quelques flocons

Après un service « funZèbre »,
enterré au cimetière
du père H.S.

°

dp.

Haïkus, etc Py – février 2015

21 mai 2015

°

livre neuf –
un cil
coche un haïku

sur le chemin
du stage de bâton ce matin :
un livre de haïkus,
les cris des mouettes sur la Seine

lundi matin 2 février,
une fine couche de neige –
la mousse de l’eau de vaisselle

10 ans :
au lieu de sauter à la corde
elle saute à la bombe –
Boko Haram

des piaillements
percent le froid du matin noir
début février

il s’est bien mouillé
pour sauver la centenaire
des flammes !

Le haïku
doit épouser
la forme de ses rythmes
les plus élémentaires,
les plus naturels…

: la forme
c’est le rythme

(Le rythme dicta forme)

métro :
elle éteint ses chaussures

l’homme
est un homme
pour l’homme

le panneau
« Centre de secours »
pointe vers le ciel

un élastique
clé de sol
sur le trottoir

à l’abri du froid
la plante verte
se tresse
vers la lumière

nous préludions à l’amour –
je dus me lever pour pisser
mais je ne pus jamais retourner dans son rêve

pendu par les pieds
tout au bout de son balcon
un ancien père Noël

le vent
balance le bonnet
du père Noël
pendu de son balcon

… quant au Père Noël
à l’envers
au bout de son balcon :
le sang
lui est tombé
à la tête ?

… quant à la plante verte
derrière son carreau
(à l’abri)
elle grimpe, elle grimpe
et continue sa tresse
vers le haut

… se tresse
avec tant d’adresse

vers le haut
vers dehors,

spirale
géniale

je vous souhaite
de bien avancer
sur le chemin
de vous-même

trois élèves de Qigong
recentrent leur énergie
– un lotus qui se referme

silence :
laisser infuser l’image du haïku
pour bien s’en imprégner

étoiles, lucioles, gouttes
vers le réverbère

Arrêter le temps
Faire couler celui d’un livre

la pluie –
elle resserre son décolleté
(Saint-Valentin)

les vieux
se recourbent
ralentissent
rejoignent le temps

… pour qui je virgulais du coeur…

Pourquoi tourner autour des mots ?
: un seul, au centre

Pourquoi tant de mots ?
: un seul
mais juste !

jour de la Saint-Valentin :
annulé nos billets
pour Nouméa

la solitude du robinet :
goutte à goutte

(d’après Cécile Duteil : « Solitude / le robinet / goutte à goutte »)

la solitude du robinet :
goutte…
goutte…

la fleur
ne fait rien :
elle attend
que le printemps
la pousse
l’ouvre

Pour la Saint-Valentin
des affiches
Lise Charmel

au bout de leur tige
les bourgeons de géranium
sont si lents !
– mi-février

drone
survolant la centrale :
ami, ennemi ?

manucure impeccable,
elle accroche un ver de terre
à l’hameçon

une pantoufle mauve
sur une flaque d’eau
– ciel de février

la plume de canari
refuse
de monter dans la pelle

doigts d’une femme
faisant leur gamme
dans son sac à main

Charlie sous le coude,
les gouttes sur le parapluie

comme un bébé dans ses bras
son six-pack
de bières

2ème Charlie
après le crime
plus personne ne se précipite
au kiosque à journaux

25 février
le soufflé Charlie
retombe

Plus personne ne se précipite
au kiosque :
2è Charlie de l’an 15

un kaïkaïku :
un haïku qui fait se sauver
en courant

les oiseaux chantant
je m’égoutte
près du buisson

Janvier :
le mois de l’envol définitif des Charlie :
2015 : Charb, Cabu, Maris, Wolinski, Tignous, Honoré
2014 : Cavanna
2005 : (Le professeur) Choron

« Sarko l’incruste » :
« La première rigolade post-attentats »
(: in « La Presse Satirique, n° 10, p.8)

Sarkozy :
à lui seul
une caricature
– que dis-je ?
: mille caricatures !

(cf je-suis-nico.tumblr.com)

« Rire, c’est la meilleure arme contre les cons » : Maël Jones
(in : « La Presse satirique, n° 10, p. 8)

d’un inspir ronfleur
labourant un pan
du matin

(ancien = 2006 ? -:)

septembre
ses feuillets tombent
sur le trottoir

au coeur du traVail
cet envol de l’oiseau

au coeur de l’
enVol
les ailes s’ouvrent

au coeur de l’
enVol
ailes ouvertes

ciseaux
l’oiseau
scie le ciel

ciseau(x)
l’oiseau
ouvre le ciel

Faire haïku net !

quiet
le frigidaire
qu’on remplace demain

/(: inquiet ?)

/(: parce qu’inquiet ?)

°

dp

Haïku, etc. Py, avril 2015

12 mai 2015

°

le disque (de la lune) est-il rond ?
ou pas tout à fait ?
– et moi ? (et moi et moi ?)

°

perpendiculaire à la rue
Cherche-midi
la rue Quatorze heures…

°
(ancien :)

Un montpelliérain
au téléphone :
« J’suis pas loin, j’suis au Peyrou !° »

° : parc.

°

Je pense
donc je fuis.

Dans les toilettes
je pense
et pisse à côté

Je pense –
donc je pisse
à côté

De l’insistance°
de la pensée
dans le haïku
français.

° de la persistance.

De la pensée
à la nausée
de la pensée.

°

5-7-5,
l’attrait °
de l’uniforme.

° / l’attirance.

5-7-5,
le prestige
de l’uniforme.

°

Qu’est-ce qui importe le plus
dans le haïku :
l’habit
ou le moine ?

°

Ici souvent
Py pissa
pensant au trou
d’Issa

°

Nous souvenons-nous ?
Savonnons-nous ?

°

Deux Japonais *
qui ne peuvent pas se sacquer
dans son article il ** associe
– Ah, rions, Ryu *** !

* : B.N. et R.Y.
** : J.A.
*** : R.Y.

°

(Synesthésie :)

ça sent bon
ça sent la flûte…

°

lundi de Pâques
à peine cachées dans le jardin
les violettes

°

le tout petit EGO
de la ministre ECOlo
: sEGO(lène Royal)

(cf :

l’EGO rEGOnflé
de l’ex
après les départementales

: 30/3/15)

°

Y a des débiles
qui pensent que si vous ne faites pas trois lignes
qui durent 5, 7 et 5 syllabes,
vous n’écrivez pas de haïku !

Pauvre haïku !

°

un canard
élève sa voix
vers le soleil
jeudi d’après Pâques

°

Michael Slager
a tué Walter Scott
à North-Charleston (Caroline)
début avril 2015

°

les oiseaux
sont enchantés de leur voix
– passé Pâques

°

sur le trottoir
le S d’un ver

(dim. matin, 12/4, Orly)

(cf :

cette fois-ci
le s minuscule d’un ver
trottoir humide 2 mai)

°

les cornes des vaches tournent
– aube

°

deux papillons tournent
l’un autour de l’autre –
cercles du bâton de taiji

(Choisy-le-Roi, 12/4)

°

qui sont les premiers
des oiseaux ou des enfants ?
– aube d’avril

°

différentes phases de la lune
sur la table noire :
dessous de tasses

°

avril somptueux –
de superbes couronnes
chez la fleuriste

°

attentats contre Charlie :
après l’emblée nationale,
l’amblée nationale

°

pour la première fois
aujourd’hui ce mot
« épaviste »
– et plusieurs
autres fois
aux feux

°

le cri des corneilles,
le bruit des cloches qui s’éloigne(nt) –
les gestes du Qigong

°

dans le parc
de l’école religieuse
des « nains de jardin » catholiques

°

éveil Qigong –
de temps à autre
un pétale blanc
sur la pelouse

°

des cris de corneilles
entre des arbres blancs

°

premier effluve de lilas mauve
saisi dans la cour paroissiale

(26/4, Lagny-sur-Marne)

°

poupées blanches
fardées de rouge :
deux Japonaises dans la rue de Rome

A quand la rue des Roms ?

°

une tsigale

°

Certains
à qui vous offrez de la confiture,
chipotent sur la forme du pot !

°

la clique de « Ploc! »
le gang de « Gong »

°

descente sur Millau :
violettes tulipes
au point-roind

°

plumettes du canari
fuyant le balai ~

– Viens voir par ici, balai,
moi aussi
je veux être enlevée !

Haïku de balai –
« Dépoussiérer le haïku ».

°

Philibert,
le canari taiseux –
ou : Norbert,
le canari solitaire
et taiseux ?

°

au plus sale :
où l’on secoue la pelle

°

Le 5-7-5
ou l’art de ronronner
en rond ?

°

rondeurs, dès mai :
ses gros seins, son gros ventre
derrière son volant

°

Je sache
que l’essentiel du haïku
ne réside pas dans sa forme
mais dans son contenu
Je sache
qu’il est primordial de connaître
l’essence du haïku,
l’esprit du haïku,
le coeur du haïku,
l’énergie interne du haïku
(le sens du haïku)
Je sache
que s’il n’y avait qu’un critère à respecter
pour écrire du haïku
– ici ou là –
ce serait celui-ci :
appliquer les règles internes
qui régissent
(et réjouissent)
l’âme du haïku.

(29/4/15)

°

Vous qui tenez tellement
à singer le haïku japonais classique,
comment se fait-il
que vous ne l’écriviez jamais
sur une seule ligne
verticalement ?

: des haïsinges –
de faux haïsinges, à ça !

°

écaillé,
le transparent papillon

dépoudré,
le papillon
transparaît

°

l’ibis rouge
qui fait saigner les arbres…

(Vénézuela – Brésil)

°

rupture nationale
de Synthol : et ma courbature
de lèvres alors ?

°

Mes haïkus
ont pour seul impératif formel
le découpage rythmique naturel
dicté par le sens
propre à chacun d’eux

(autrement dit :)
c’est le rythme du haïku
qui dicte sa forme.

(Mon haïku ne supporte
aucune contrainte formelle (externe)
sauf celle du rythme (exact)
qui le compose)

: 8/5)

°

veille de mai
un premier cri
de martinet

°

le plumage blanchi du serin
qui vit maintenant
en bas de sa cage

°

je prends une douche –
le détecteur d’incendie
se met à sonner
dans le couloir

(- Merde, pas le temps
de me laver le cul !)

(Millau, 30/4)

°

pendant ce temps-là
la lune (g)ros(s)issait
à vue d’oeil

°

« Qui qu’oppose ? » :
avec maman, on disait ça !
: mère, 95 ans.

°

un oiseau du midi :
« Allez venez ! Allez venez ! »

°

Deux femmes
en discussion dans la rue :
la plus âgée
appuie souvent ses dires
d’un index
et de l’autre aussi

– une autre qui traverse
parle avec ses seins

une coincée du buste
à son tour traverse
– veille du premier mai

°

l’index
menace :
à l’index !

°

maman (95 ans)
qui tousse :
« ça sent l’sapin ! »

°

dp. (avril 2015)

Un été 14 – Py

14 mars 2015

20 juin :

chaleurs de juin / femmes et oiseaux / rutilent

orage – / l’odeur des troènes / dans l’appartement

troènes et chèvrefeuilles / se disputent nos narines / au coin de l’été // – fourmi, / d’où cours-tu ?

coupe de cheveux / sur le balcon – / fête de la musique

fête de la musique : / une mouche / dans l’appartement silencieux

une prière bouddhique / pour l’insecte / que je viens de tuer

début de l’été – / des drapeaux / fleurissent aux balcons

des cornes dans l’avenue / des bouchons dans les oreilles

la montre / de ton père / disparu / a disparu

dernière semaine de travail – / mon ombre / monte sur le trottoir

dans une station de métro / un clochard / se fait raser la tête

tombe anépigraphe : / le lisse retour / au chaos

deux pigeons / bécotant la même flaque / – dernier vendredi de juin

pigeon sur un fil / – merle / sur un autre

juillet :

une épeichette / jusqu’au ruisseau / roule ses billes

journaliste brésilienne / : ses ballons / trop ronds

le bruit de l’aspirateur / s’arrête / un avion passe

début juillet / des avions / dans mon couloir

ensemble les sirènes / se mettent à pleurer / midi 2 juillet

ce matin le vent / laisse dormir les feuilles / – un oiseau les secoue

au-dessus de l’évier de la cuisine / le miroir / dans lequel mon grand-père / se rasait

devant le verre de pastis / passe une mouche – / premier jour des vacances

un coq ce matin – / pondre une préface

ce matin le coq, / ce soir la France / en quart-de-finale

un dieu vivant / un vieux divan

je t’emmerle / dit-il / au pigeon

Sarko / nous ferait-il / le V / de la Victime ?

à la télé / Sarko glisse / un imparfait du subjonctif / : nous enculturerait-il ?

quatre oies / rentrent en courant / avant la nuit / – dernier quart de finale

première nuit / table et bancs de jardin / baptisés par la pluie

devant le portail / ouvert sur le jardin / une flaque / joue aux bulles

dimanche après-midi – / à lui seul l’organiste / remplit la cathédrale

dimanche après-midi – / l’organiste / fait de la pub pour Dieu

un Christ vert sur sa croix ; / au-dessus de sa tête : un fer-à-cheval / – crypte Saint-Solenne

aujourd’hui / à Nouméa naît / ma deuxième petite-fille

métro – / les tapis roulants / eux aussi en vacances ?

une chose qu’elle ne saura jamais : / où elle a laissé tomber / son mouchoir blanc…

du front aux pieds voilée / elle roule sa poussette / et parle au téléphone

voyage en voiture : / – pas trop de vent, / derrière ?

un jour on est quelqu’un / un jour on n’est plus personne / – ainsi coole la vie…

deux chiens noirs / avec un ballon de foot / – ce soir de petite finale

la veille / de la finale de foot, / la pleine lune

bling – bling ! : Nicolas / traîne ses casseroles / judiciaires

vu à la télé / le film « Rubber » – de Quentin Dupieux – : / un « pneu » bien déjanté !

– Sommes-nous radio-passifs ?

manif pro-Gaza / : heurts près de la synagogue, / rue de la Roquette

les oiseaux / ouvragent le matin / – deux-tiers juillet

orage de grêlons : / en conserver au frigo / pour l’apéro

« je ne suis pas en tenue décente » / : non, tu serais plutôt en tenue « montée » !

couple harmonieux ? / : elle ronfle, / il pète

Allez, les chats ! / rendez-vous tous ce soir / 21 chemin de l’église !

« – J’ai toujours craqué sur le raku ! » / dit une dame / à Saint-Jean-Pied-de-Port

un beau Basque / torse nu / un beau piment rouge / devant son short

trois rides / sur le front du président / : un haïku ?

sur le couvre-lit / une mouche / et son ombre

une chatte traverse la place vide d’Hélette / – la fête de Bayonne

quittant le même arbre : / 19 vautours au-dessus du pic / de Garralda

de la ferme au sommet / puis retour : / le chien de berger / nous ouvre la voie

sur la place du village / une crêpe au miel / et aux guêpes

la fermière a dix chats / 2 chevaux / et 1 âne / au pied du chemin de Compostelle / – 763 kilomètres

l’ombre d’un moustique / dans les toilettes / d’un bistrot du port

Août :

les mains croisées / des visiteurs du musée / dans le dos

une plume ramassée / dans le jardin d’Edmond Rostand / (Chantecler)

« Entre deux assauts / il y avait beaucoup de temps / à tuer » °
° : Michel Rougier. (Dans la série : « entendu à la télé ».)

Les côtes du lévrier, / Les créneaux du château-fort °
° : « Lévrier de Castille », peinture de Ramiro Arrue (1892-1970)

Le clocher de l’église / de Souraïde / en forme de béret basque

un roulement de poubelle / : l’ouverture du jour

face à face : / l’arbre / et l’homme / en chi-kong

finale de pelote à main nue – / de la galerie / tombe une canne

bambins aux cailloux / mères à la balançoire / : jardin-garderie

escalier de la plage : / des confetti / des confetto / des confettu

milieu du 7 août / 2 ouvriers sur 1 toit / à Saint-Jean-de-Luz

milieu du 7 août / une cheminée fume / sur Saint-Jean-de-Luz

milieu du 7 août / les morts du cimetière AICE ERROTA / bien entourés

les morts du cimetière AICE ERROTA / dominent la ville / de Saint-Jean-de-Luz

À la mémoire de… / mort au champ d’horreur / le 26 septembre 1915

Pas mort au front, non : / mort au nez / voire mort aux dents…

sur un cache-pot de plastique rose : / « Bonne fête / Maman / Jean-marie »

2 Perrier-menthe à la paille / – la couleur de l’océan

un jus de pomme en terrasse / le décolleté de la serveuse

le soleil rase / l’herbe rase / ce soir du 7 août

Au milieu des « flammes de Guernica » ° / une araignée / avec ses fils
° sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009)

Maison du sculpteur – / des empreintes de chien / dans la dalle de ciment

Du jardin du sculpteur / la visiteuse / emporte une pomme

des fils d’araignée / au milieu de la sculpture / « Le piège de la lumière » °
° sculpture de Jesus Echevarria (1916-2009)

Avant la visite / de l’atelier du sculpteur / une chasse aux toiles

malgré le soin du conservateur / quelques araignées / entre les sculptures

Après la visite / la femme du sculpteur / nous offre l’apéro

un bébé / sort de la maternité / en grandes pompes

la pleine lune / à son périgée / ce dix août

un président / au périgée / de sa popularité

Voici ma maison natale / dit-il en désignant / le parking du supermarché

Le poète déclame / et le poêle à bois

Appré – scier la branche…

un coup de cloche / dans l’air d’un matin d’août / l’éveil d’un volet

Balayage : / miettes, poussières, / plus une ou deux plumes du piaf

dans le bus / une femme / pycnique °
° : n. ou adj. : dont le physique est caractérisé par la rondeur

Allez, roule ma boule ! / dit le pétanqueur / au Mondial de Millau

coq, coq, / comment te faire comprendre / que c’est les vacances ?

nous jouons à qui / restera le plus longtemps / au lit le matin / : retraite.

Avenue d’Espagne / elle sort un sein de son haut / – dieu sait pourquoi

chacun fait le tour de sa taille ° – / scies électriques du chantier / jouxtant le gymnase
° « mo pan da mai », en Qi Gong

les lézards / murmurent-ils ?

cette nuit / les Hurluberlus / ont rencontré / les Ouolofs *
* : cousins éloignés des Oufs ?

jubilation / du Gradus ad Parnassum / : Ah ! l’antanaclase !

sans penser : / avant de se coucher, / se peigne

se répandant / oléagineusement / en son haïku

des grêlons / sautant dans la prairie / culs de lapins
(Mid-West USA)

une éolienne / près de l’aire d’autoroute / je touille mon café

Septembre :

premier jour en retraite / : la volupté de tailler / mes crayons-mine / (avec un excellent / couteau à anches)

premier jour de la retraite : / supprimer 3000 messages

premier jour de la retraite : / à poil / dans tout l’appartement

Shiki con carnet ?

Être couronné par ses pairs, c’est bien ; / être couronné par ses impairs : encore mieux !

Olkiluoto 3 : / le dernier EPR d’Areva en Finlande / en retard de neuf ans / (- facture doublée)

avant de se mettre à l’ouvrage / le coiffeur enclenche / une musique mélopéenne

sautant sur place / au feu rouge / la joggeuse / de bas / de haut

sortie de la chèvrerie / : sentir / les roses épanouies

le croa d’un oiseau dans un arbre / éveille la mare aux grenouilles

matin ensoleillé / une tige dans un champ / fait du morse

de part et d’autre du tracteur / les deux couleurs du champ

Après l’A-6 *, / la Cisse. **
* : autoroute. ** : rivière.

un coq / vers 14 h 39 / – sonne la sieste ?

milieu d’après-midi / vide d’activités / un avion creuse le ciel

beurré / le papillon / vole droit / ?

la lézarde / au soleil / mûrit ?

entre deux plants de géranium / une araignée / joue de la harpe

deux plants de géraniums / reliés par des fils d’argent / ce douze septembre

trois jardinières de géraniums / font le bonheur / d’une araignée

d’un géranium / à l’autre / reine araignée

l’araignée ce matin / prend le soleil / (dans ses fils)

le soleil ce matin / marche sur le(s) fil(s) / de l’araignée

le soleil ce matin / arpente le fil / de l’araignée

ce matin le soleil / d’un géranium à l’autre / par un fil d’araignée

sur le fil souple / de l’araignée / ce matin / le soleil

le soleil sur mon balcon / la cigarette de la voisine / – je rentre dans ma coquille

j’en ai cure : / douzième jour de raisin

ce matin / le soleil, / les géraniums, / l’araignée

la voisine a fini de fumer / – le thé vert-tiède

L’apparition / des pis de Fanny // … sacrée vache !

ce matin / manger le soleil de septembre / sur les grains de raisin

aiguiser son esprit / – jeûner

ce matin / l’araignée n’a pris / qu’un peu de poussière

un oiseau s’envole / de l’aéroport – / le battement inégal de ses ailes

admirant des fleurs / aux noms inconnus / – l’heure de la retraite

des ardoises / au pied des vignes / – sentir les roses

du temps a encore passé / : mère nona- / fils sexa-
(cf Chemins croisés, p.51, éd. Pippa 2014)

le sablier / se serre-t-il / la ceinture ?

tous les matins / perdre 333 grammes : / cure de raisin

dans le géranium rose / un duvet blanc / remue

concert : / voir le son

une femme sans soutien-gorge / décroche une mûre / et la mange

au soleil / elle brode / attendant son train du matin

°

(Haïbun vache :)

Quand on sait ce que les moustiques apportent à l’humanité, on a tendance à préférer les requins

Se requin-quer

°

son omni-gueule / de retour sur l’écran ? / (re)bazarder la télé

ni bien / ni mal : / encontreusement

rue de la gare / le vent / retourne une feuille

banc – / une feuille roule / sous mon col

atterrissage – / un pigeon / souffle les feuilles

septembre / un cil / tombé sur la page

entre deux plantes / le soleil / dans un hamac

d’une fleur à une autre / le soleil / se balance

d’une fleur / au bord de la jardinière / le soleil glisse

d’une fleur / au bord de la jardinière / le soleil avance, recule

encore une intello dans la famille ? / : ma vésicule biliaire / calcule

°°°

dp. (: l’été 2014)

le 11/11/2005 dans la nuit – silence

14 mars 2015

°

dans la nuit
la lumière du compteur électrique pulse
– silence

°

dans la nuit
l’oeil rouge de la machine à laver
– silence

°

dp.(11/11/2005).

Radio Grand Ciel

9 février 2015

Bonsoir à tou(te)s !

Notre ami Christophe Jubien m’a interviewé ce matin sur Radio Grand Ciel (radio locale sur Chartres) pour son émission littéraire « La route inconnue » sur la poésie, et plus précisément sur le haïku. Nous avons donc parlé de Fourmi sur ma jambe (éd Eclats d’encre, 2015) et de Trente haïjins contre le nucléaire (éd. Pippa, 2015) entre autres !

Passages de l’émission : mardi à 14h30
et dimanche 23 février à 20 h sur :

radiograndciel.fr

et on peut aussi podcaster l’émission !

bien à vous !

Daniel

« Fourmi sur ma jambe »

2 février 2015

mon dernier recueil (de senryûs, brefs et haïkus, de 2005 à 2009) vient de sortir, aux éditions Eclats d’encre (www.eclatsdencre.com) : Fourmi sur ma jambe (au prix de 12 €)

Peu après l’avoir reçu, l’éditrice me fit part de cette appréciation :

« … un mélange de textes humoristiques, politiques, érotiques et ceux qui tirent plus vers le haïku. C’est cet équilibre qui me paraît intéressant ainsi que de garder des senryûs qui nous ramènent bien aux événements de l’année. »

Je vous en souhaite une bonne lecture, si vous avez l’occasion !

merci d’avance !

Daniel

Sur le thème de la paix :

30 août 2014

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pax pax pax pax pax
i i i i i

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la paix le yin la
paix le yin la paix le yin

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une caisse de paix
(HAUT – BAS) FRAGILE

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(30/7 – 5/8/14)

À propos de « Fourmi sur ma jambe », recueil de Daniel Py

20 août 2014

Dans la rubrique : « on n’est jamais si bien servi que par soi-même »,

à propos du (2ème) recueil de senryûs, haïkus, et autres courts, de Daniel Py, à paraître aux éditions Éclats d’encre, en janvier 2015 , sous le titre : Fourmi sur ma jambe, voici une première appréciation de l’éditrice, Sandrine Fay :

« ce que j’apprécie chez toi : un mélange de textes humoristiques, politiques, érotiques et ceux qui tirent plus vers les haïkus. C’est cet équilibre qui me paraît intéressant ainsi que de garder des senryûs qui nous ramènent bien aux évènements de l’année. »

Je vous donnerai, évidemment plus de détails sur cette parution prochaine, le temps venu !

bien immodestement,
Daniel