Archive for the ‘lune’ Category

Les 1012 haikai de Bashô – 259)

6 septembre 2012

JR 259 (K-C 254) :

(Trois personnes vivant à Reiganjima arrivèrent chez moi tard hier soir. Leurs noms étaient tous les mêmes. Cela me rappela le poème de Li Po : « Buvant seul sous la lune », et je m’amusai à composer alors ce verset :

la coupe de vin (la lune)
remplie de trois noms
pour boire ce soir

Note : « 1685 – saisons mixtes. Reiganjima se trouvait sur la rivière Fukagawa, non loin du cottage de Bashô. Dans le poème de Li Po, il lève sa coupe pour saluer la pleine lune et remarque une ombre sur le sol en même temps que dans sa coupe. Il compte cela comme s’il y avait trois personnes ensemble. Bashô considère les trois personnes qui ont le même nom comme trois parties d’une seule personne, de la même façon que le décrit le poème de Li Po. Ce verset fut inclus dans l’essai de Bashô : « Trois noms ».

(Tr K-C : « Clair de lune – / Cette nuit la coupe de saké / s’emplit de trois noms ».)

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COMPTE-RENDU complet du kukaï de Paris n° 67

5 mai 2012

Hier, en présence de 7 personnes,
deux haïkus (/ senryûs) ont obtenu 5 voix :

sombres jours passés
il me change les idées
ce repas d’enterrement

: de Philippe Bréham,

et :

un chewing-gum
dans l’oeil du candidat –
veille d’élections

: de Daniel Py.

°

Avec 3 voix, suivent :

En apesanteur…
au centre d’un nuage
de méduses bleues

: de Danièle Georgelin,

Giboulées –
le train file droit
dans l’arc-en-ciel

: de Gwenaëlle Laot,

Sous l’eau, tour à tour,
les nuages éteignent…
les coraux

: de Danièle Georgelin.

°

Avec 2 voix :

alerte au tsunami
dans l’attente oppressée
les filaos frissonnent

: de Gilbert Stern *,

Il parle, il parle…
Finit par me prendre la tête
le coiffeur !

: de Patrick Fetu.

°

* , qui a raconté cette alerte au tsunami sur une plage de la Réunion, valable jusqu’à 19 heures… C’était, heureusement, une fausse alerte, mais les maîtres-nageurs, à l’heure de leur fin de service (18 heures), ont rangé leur matériel et quitté tout simplement la plage ! – ce qui a donné lieu à ce « senryû » improvisé :

alerte au tsunami
les maîtres-nageurs
plient bagage **

** ou : / lèvent le camp ( ?)

(d.p.)

°

Ont également été remarqués :

dessous –
que mettre
dessus

: de Valérie Rivoallon,

Le désert (,)
jusqu’au bord de la mer (…)
l’aigrette immobile

: de Danièle Georgelin,

les tulipes dans le vase
penchent la tête
méditation

: de Gilbert Stern,

le vent souffle
dans la cuisine
la cocotte siffle

: de Gwenaëlle Laot,

souffles de la nuit
se soulèvent les feuilles du saule
la lune !…

: de Philippe Bréham ;

et aussi :

Dans sa chambre
à petits pas hésitants –
tuer le temps

: de Patrick Fetu,

et :

le soleil
entre les orteils
– levers

: de Valérie Rivoallon.

°

Notre prochain kukaï de Paris (n° 68) aura donc lieu samedi 2 juin, à 16h30, au bistrot d’Eustache !
En seconde partie, Valérie Rivoallon, et Philippe Bréham vous y entretiendront du senryû !

°

Bien à vous,

Daniel !

Haïku, etc. de Py – fév. 2012 (2/2)

15 mars 2012

°
(rêve :)

Nous sommes la conscience pianiste de l’île

°

une bulle de savon,
une grille
: deux bulles

°

dans la feuille de l’âge

°

Osez vous effacer…

Desquamer
le haïku
du trop de soi…

°

la rousse
qui dort dans le train
redresse périodiquement
la tête
– puis s’appuie sur son poing

°

zéro lion
l’érosion

°

un ami mort ce matin –
me fil-dentairant les dents
ce soir

un signe de croix
avec de l’huile
sur la salade –
la mort d’un ami

sur le ventre des morts
mangent les vivants
– l’adieu à l’ami


(rêves :)

Rendez-vous « Aux Mailles » :
le rade où il aimait écluser…

– je menottais un tronc d’arbre.

°

sur le parvis de l’église
de nombreux bruits de baisers :
l’adieu à un ami

(: Jean C.)

°

éclats de verre
le trottoir gris

°

le nom de son amant
sur toutes ses lèvres…

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si jolies gambettes
avenue Gambetta !

°

au pied de la mangeoire
autant de bouts de pain
que de pigeons

°

une carcasse de voiture
une barre d’immeuble
– dimanche de février

°

dans les branches
de l’arbre hivernal,
quelques petits nuages

°
(À Patrick Fetu – d’après son haïsha « Matin silencieux » -)

le poids de la neige
sur le silence
du matin

°

elle a toujours
mené la bar(a)que

/

mené la bar(b)(a)que

°

Sarkozy de Nagy-Bocsa *
« candidat du peuple » :
quel superbe oxymoron !

(cf : http://sarkostique.over-blog.com)

* Sarkozy de S’agite-Boxon (?)

depuis trois jours en campagne
mais déjà une overdose
(cathodique)
de sarkocaïne

°

une écriture – dynamique
DE MONTRES – d’école

°

après la pluie
grand-père part
chasser l’escargot

au jardin l’escargot
ATTEND N’ATTEND PAS
la fin de la pluie

Nous sommes ceux qui
naissons de l’orage

l’escargoéland

(= un monstre tautologique (?))

de même,
le jeu de go
est lent

°

contre la vitre du train

(= haïku monostiche heptasyllabique au nombre d’or (: 2-3-2))

°

pinici
pinailleurs

°

franchissant
le premier quart des
1012 poèmes de Bashô,
février 2012

°

écrire, c’est
vider le bol

écrire, c’est
se vider le bol

écrire cesse :
vidé, le bol !

°

sur l’air de
« Ah, les p’tit’ femm’
les p’tit’ femm’ de Paris ! »
(Antoine entonne –
Non : c’est Patrick !)

Patrick entonne :
« Ah, le kukaï,
le kukaï de Paris ! »

°
(Sous Sarkozy :)

Faudrait pas que
Sarkommence !
Faudrait pas que
Sarkontinue !

Ne plus lui permettre de continuer
son (/ sa) Cirkozie !

une circose
de Sarko

une nécrose

(Faire une cirrhose sarkonique)

Ses effets de manche
de pioche…

détournements de son slogan :
« La France Morte »
« La Finance Forte »

: sur Sarkostique.over-blog.com

vite
(se) débrancher
/ décrocher

Sa(r)kro-de/le-boucher !

l’éminence (g)risible
: le gros-t-esque (?)

l’arracheur de dents (« Sarkomenteur »)
le P-austère (Pos(t)e(u)r)
l’Égée-manie(ur) (grec)

sa monomanie : le fric

Sarko,
l’entubeur
cathodique (/ méthodique)
de première (classe)

°

ronflement(s)
le sommeil
s’envole

°

(la télé :)

ce matin
ce midi
ce soir
cette nuit :
la Cirquozie !

Bienvenue en Sarkocaïnie !

le grand (?) risible permanent

le bon de l’affaire :
qu’il gave grave,
qu’il sature pur,
pour qu’on l’éjecte sec !

Sarko 1er :
l’envahisseur
cathodique !

qu’il se tire une balle dans le pied !

(je me tirai une belle – le pied !)

°

Ne pas se p(r)endre aux mots !…

« jubilation » : joie vive et expansive
« jubiler » : éprouver, manifester une joie très vive.
(: Petit Larousse Illustré, 1983)

Pour sortir des « relations-mitraillette »
(: « tu-tu-tu-tu-« )
(re)lire Jacques Salomé.

°

M’enfonçant
dans la forêt de poèmes
aux 1012 essences *
(21/2/2012)

* de Bashô

°

« La France Forte »
: d’une force
de (petite) frappe ?

°

Qui entend
les plaintes
des plantes ?

La scie crie-t-elle ?

°

la mer
/ la mère
aboie

°

le petit filet rose
qui s’élève de la cheminée –
la traîne blanche de l’avion

°

au soleil du tgv
l’écran de son ordi
plutôt dégueu

°

« PLOC »
perdrait-il
une L
pour devenir « POC » :
« Parti des Objecteurs de Croissance »
?

°

renversant,
ce que ce siège a bu
à ma place !

°

sous (le) Buisson *
(l’épine) le Pen ?

* : gourou sarkozien

Sarcoule

Trafliquer

°

Lent traînement…

Allant traînement…

en traîné…

°

les amoureux transi(toire)s…

°
(duilien :)

un avion s’écrase sur la ville
une grenouille saute dans la mare

(d’après : « la mouche qui pète »…)

°

RER
je la vois
en haut
en bas
elle croise les jambes

la belle-à-coeur-bleu

°

Michel-Ange
ou Mozart :
À Tourcoing
Sarkozy
se compare

: le cuistre de Jupiter(ne) !

°

Manifestations
contre l’essence chère :
ça chauffe,
quartier du Chaudron *

* : Île de la Réunion

°

l’épingle du « je »…

°

la vache à l
ait :
l’auto mob-
il(e)

la vache à l
(l’) automo
bill *

* : (en angl. = la facture)

°

« – Tu m’éviteras
quand tu te marieras ! »

(: d.)

°

Rouge neige
: – Phoqu ! *

( * cf : « – fuck ! »)

°

Il a mis sa ptit’ calotte…

°

les épées de bois
des oiseaux dans l’arbre
– aube de février

le jour
et les arbres
émergent du brouillard matinal

– la beauté du paysage
m’éveille

tel bouquet d’un vase
les arbres émergent
du brouillard

la montagne se déchevèle
, crêpe ses nuages

le blanc naît
en silence

°

les marteaux (feutrés) du silence

faire,
créer le silence…

silencre

Observer des mots « nouveaux »
Les regarder
En faire le tour
comme au musée
une sculpture –
pour en dégager
la/les signification/s (nouvelles)…
les sens /
l’essence
(fraîche)…

quelque écheveau subsiste
du fond de quelque val
– retenu par les branches…

entrons dans ce blanc
(de pierre)

ce blanc
d’oeuvre

: l’au-delà des mots

(: Rimbaud !)

AUTRES SOLUTIONS
est-il écrit au bord de la route
près Recoules-Prévinquières *

* : le village de mon père.

ceux qui débordent du cadre…

ceux qui peignent
(qui ne peindront jamais qu’)
à l’intérieur du / d’un cadre
pré-établi;

ceux qui
considèrent le cadre
le repoussent
le refixent
ailleurs
autrement
: qui sortent
en fait
de la « peinture »
pour sculpter
(élargir, réduire, etc.)
le / les cadre / s
(et) en proposent de nouveaux…

un premier nuage prend feu

(derrière Lapanouse, Aveyron)

rose
puis orange
(et doré)
un petit nuage de feu

(à la hauteur du château
: Séverac)

quelque lambeau de neige
encore
accroché çà et là
(vers Vezins)

le viaduc
déjà visible
(du haut d’Engayresque),

ce chantier monumental
si petit dans le paysage
(- la place de l’homme…!)

du col il se pousse
dans la descente
vers la ville

aux mille
visages
aux dix-mille

°

à ceux qui travaillent
il dit
travaillez plus !

à ceux qui ont été exclus
du travail
(par la Finance)
il dit :
mauvais citoyens !

glander plus
pour galérer moins !

Il est huit heures
Millau s’éveille
au soleil

°

Mamma(ire) Mia !

°

ah, du vrai nanan,
ce pain à la farine
de blé 110 !

°

mère à l’hôpital
dans sa maison
la pendule hésite
à avancer

(sur/de 7h 7′ et 17″ !)

mère à l’hôpital,
un tout petit moucheron
chez elle

°

Travaille, peuple, travaille,
que j’empoche ton pognon !

Consomme, peuple, consomme,
que j’empoche ton pognon !

°

douceur pré-printanière
pigeons et canards
qui barbotent

°

ce soir
entre deux étoiles,
la lune

/

ce soir
d’une étoile à une autre
la lune

°

maman (91 ans)
ne mange pas de sucreries,
ne veut pas grossir.

°

admirant le silence

silence
le soir
studieux

/

dans le silence
étudie

les oreilles pleines
de silence

/

emplir ses oreilles
de silence

l’eau qui bout
fait gonfler
le silence

le silence :
les bruits
dans sa tête…

°

du temps
pour ne rien faire

°

Haïku :
éclaircir la vue

(// raréfier les mots !)

ras-juster
ras-jusquer

(: 5/7/5 ?)

°

l’envers des corps
Saint-Pierre décore

°

haïkus – le thé froid

°

ma fille me dit :
« Assieds-toi bien, papa ! »
: bientôt 29 ans

°

guanacos* et caracaras**
: pumas de Patagonie

* : sortes de « lamas »
** : oiseaux de proie

°

ce président :
un mage
du chômage !

°

la neige s’accumule
sur le col
du guanaco

pumas en file indienne
Condor voudrait bien les suivre
jusqu’au butin !

devant l’écran
je voyage
partout :

Pumas de Patagonie

(: « Arte »)

là où je n’irai jamais :
télévision

Maman, j’ai faim
crie le petit troglodyte

mâchant
d’un côté
de l’autre
: guanaco

les nuages
s’envolant
de la montagne
(des Andes)

°

grand-père en novembre
neige en février
(?)

°
(Bashôtage :)

vieille corbeille –
un papier saute,
le bruit des mots

°

le moucheron
sur le cahier
se perd* dans mes mots

*/ disparaît

un moucheron
péniblement avance
sur le cahier à carreaux

j’écris
sur mon grand-père –
bientôt
grand-père
à mon tour !

°

ce matin
encore vivant !
(- alarme…)

°

« artificelles »
=
encore haïku ?

°

Décès
D.C.
Da Capo

°

exaspère
et
exasmère

soulever
toutes les pierres
du langage

/ de la langue

la langue creuse… creuser la langue
… la vague de la langue…
la langue se soulève… la vague
destructrice de la langue… (lan-
gue de vipère / langue de pivert)
… haïku(s) de bec… pourfendre
les haïkuistres…

°

S’a-J.T.*

(: Sarko s’a.J.T.e)

* J.T. = journal télévisé.

Sarko sage E.T.* ?

* : Extra-Terrestre.

Sarko, ça gîte
(: épaules, petits poings crispés…)

°
(Bashôtages :)

restant au bord de l’étang :
la grenouille
ou/et la lune ?

la grenouille
chante sous la lune
– bord de l’étang

°

le noeudipien

°

sonnerie de porte
« – c’est Barbara »

°

Son bilan : un Liban ?
-ta(s) ?

°

éradiquer l’esprit de lucre
/ de luxe
/ de sucre…

°

la crucifixchute…

°

au fond
de la boîte à gâteaux
vide,
trois mites
mortes

°

l’heure de l’apéro –
l’heure de la Péri* ?

* : ballet de Paul Dukas (1912)

°

(Ceux qui)
niquent ma terre !

(- Pas nique ma terre !)

°

le lent ballet
des parapentes
le long de la montagne *
– fin février

* / du Causse Noir

« Y a tout qui disparaît
avant qu’on disparaisse soi-même »

(: maman, qui ne distingue pas les parapentes.)

°

la présentatrice météo :
son profil
de carte de France !…

°

le président sortant
souhaiterait continuer
à « dégraisser (allègrement)
le mammouth »
(de l’Éducation) –
: C’est un Éducasseur° !

° pour lui, il faudrait : Éducasquer !(?)…

il a un tiroir-caisse
/ un miroir-caisse
à la place de la tête
/ du coeur
?

Sarkocasseur 1er

sarkocasse
sarkorreur

sark-veau-d’or –> Sarkor

le « règne de Sarko » :
un passage avide !/?

quand il écrira ses mémoires
ce sera :
« L’avide Sarko »
(!/?)

°

trou vaille
que vaille

°

mouche ron
de
– la tache de vin

°°°

dp.( 16-29/2/12)

haïku, etc. de Py – fév. 12 – 1/2

16 février 2012

°

Un oulipote…

°

écoutant
le cachet effervescent
s’éteindre

°

le haïku,
ce moment
Fuji-tif !

(d’après Nicole Voltz, dans « L’atelier d’écriture et le haïku », in Le haïku et le forme brève en poésie française, André Delteil, P.U.P., 1989.)

°

sur le pas de son paillasson
un chien aboie –
du sel épars par terre

°

entre les quatre tours
de la bibliothèque
les deux cheminées
détachent leur fumée
sur le ciel froid de février

°

la grenouille
ouvre l’oeil
de la mare

(cf : « kaigan », « l’ouverture de l’oeil », in « Notes dans la paume », de Roland Halbert, p.168)

°

dans les toilettes hommes
du centre culturel japonais*,
ça sent la pisse !

* Tenri, Paris 75001

°

finissant
sa canette de bière :
la lune presque pleine

°

lucid(r)e…

°

un p’tit coup dans le zen !…

°

deux pies
picorent la neige –
premier dimanche de février

°
(Ancien : après 1980 :)

4 heures du matin
le frigidaire se réveille
le chien en peluche garde les yeux ouverts

°

Il rentra
dans ses nerfs
et composa
une fleur
invisible

°
(À propos des 1012 haïkaï de Bashô :)

avancent
sous la neige
des haïkus

°

R.E.R
REtaRdé :
la matinée saute…

°

prendre un papa
par la main…

°

vent glacial
le (carillon de) bambous chante(nt)

°

crépuscule –
son oeil au beurre noir

°
(Bashôtage (kyôku au vieux marc) :)

le vieux marc –
un bouchon saute
pop !

°

Monsieur ou Madame Dusson-Égal
est demandé au parloir…

Monsieur Tiroir-Caisse et Monsieur Caisse-Tiroir
ont rendez-vous.
Ils échangent.

°
(Ancien :)

me demandant son chemin :
ses si belles gambettes
avenue Gambetta !

°

Reims –
le canal couvert
de neige gelée

°

Pour les élections
allons-nous voter
U.f.M.n.P. ?

°

grand froid –
un défilé de sous-vêtements
en bande-annonce
sur Internet

°

la candidature
du polichinelle
cousu(e) de fil blanc

le fantôme fantoche
de l’ultra-capitalisme !

°
(Ancien :)

crépitement :
sur le buisson sec
la neige

°
(Ancien :)

cohue matinale :
devant la porte ouverte
du train de banlieue,
une casquette.

°

hors d’inaire

°

Bah, c’est là que le o (/ haut) blesse !…

°

(à suivre, 2/2)

Les 1012 haikai de Bashô – 221-225)

13 février 2012

°
(J’allai visiter le Sanctuaire d’Atsuta. Les bâtiments étaient en ruine, les murs de terre étaient écroulés et cachés dans un champ d’herbes folles. On avait élevé des cordes de paille sacrées pour indiquer le site du plus petit sanctuaire et des entassé des rochers pour montrer le sanctuaire lui-même. Des fougères et des mousses poussant en liberté rendaient l’endroit encore plus sacré et vous prenaient le coeur.)

Achetant un biscuit
même les fougères sont desséchées
sur l’aire de repos

(hiver 1684)

NB : À l’époque où Bashô alla voir le sanctuaire, il n’avait pas été rénové depuis l’an 1600, et se trouvait en piteux état. On servait évidemment les biscuits de riz sur des feuilles de fougères desséchées, ce qui concorde avec l’atmosphère pauvre de l’endroit. Bashô aurait pu se sentir aussi desséché que les fougères, ou aussi rassis que les biscuits, ou aussi décrépit que le sanctuaire. Il est intéressant de noter que le sanctuaire est tombé en décrépitude, mais que la maison de thé, pour laquelle Bashô emploie un mot plus impressionnant qu’elle ne le mérite, est toujours en activité.

°

gens du marché
je vendrai mon chapeau tel un
parapluie couvert de neige

(hiver 1684)

NB : La technique d’association est évidente ici, parce que et le chapeau conique et le parapluie couvert de neige ressemblent à des montagnes enneigées.

°
(Ayant assez dormi au bord de la route, je me levai dans le noir pour aller à la plage.)

à l’aube
le blanc d’un poisson des glaces
long seulement d’un pouce

(hiver 1684)

NB : L’une des trois espèces de poissons apparentés à la sardine ou au poisson gobie des glaces formait le sujet d’un proverbe local : « Un pouce de long en hiver, deux au printemps ».

°
(Intercédant auprès de deux personnes inamicales chez Tokoku…)

neige sur neige
cette nuit de décembre
une pleine lune

(hiver 1684)

NB : Alors que Bashô séjournait chez le marchand de riz Tokoku, à Nagoya, deux membres du groupe de renga eurent un différent d’opinions sévère. Bashô, en tant que leader reconnu avait le devoir d’apaiser les tensions. Il semblerait que le message dit que le rayonnement est partout.

°
(Les trois vieillards vénérables étaient doués du talent de l’élégance poétique, qui exprimaient ce qu’ils avaient dans le coeur dans des poèmes d’une valeur éternelle. Ceux qui aiment leurs poèmes honorent naturellement d’un grand respect la poésie liée.)

les lunes et les fleurs :
voici les véritables
maîtres.

(1684, hors saison)

NB : Ces « trois vénérables vieillards » sont les maîtres antérieurs du haikai-no-renga : Matsunaga Teitoku (1571-1653), Yamazaki Sôkan (1460-1540) et Arakida Moritake (1460?-1549). Bashô, cependant, dit dans sa strophe que les véritables maîtres ne sont pas les personnes, mais la lune et les fleurs, qui inspirent la poésie liée. Bashô répète qu’il valorise plus le renga, ou versets liés, que les strophes uniques.

°

(à suivre : 226-1012)

Les 1012 haikai de Bashô 196-200)

27 janvier 2012

°

écoutant le cri du singe
que dirait-il à propos d’un bébé
abandonné dans le vent d’automne ?

(automne 1684)

°

au bord de la route
mon cheval broute
des hibiscus

(été 1684)

°
(J’ai quitté l’auberge au milieu de la nuit, et comme l’aube pointait, je me suis souvenu du poème de Tu Mu : « abaissant le fouet du cheval  » :)

somnolant à dos de cheval
à moitié rêvant la lune lointaine
était fumée pour le thé du matin

(automne 1684)

NB : La référence est au poème « Départ de bonne heure » du poète tardif de la dynastie T’ang Tu Mu (803-852) :  » « Fouet baissé, je laisse mon cheval aller à sa guise / pendant quelques milles on n’entend pas un cri de coq / pénétrant sous les arbres d’un bosquet, toujours mi-rêvant / les feuilles qui tombent me surprennent comme elles volent sur moi. »

°
(Matsubaya se trouvait à Ise, nous nous enquîmes donc de lui, et y restâmes dix jours. La nuit tombée, je visitai le sanctuaire extérieur d’Ise. La première porte se voyait à peine contre le ciel clair. Il y avait des lanternes sacrées partout. Le vent des pins de la montagne me transperçait, et j’étais fortement ému.)

fin du mois
aucune lune n’embrasse un vieux cèdre
dans la tempête

(automne 1684)

NB : Une théorie veut que Bashô alla rendre visite et embrassa le célèbre cèdre du sanctuaire extérieur d’Ise. Ou peut-être qu' »aucune lune » indique qu’il ne le fit pas…

°
(Une rivière coule au fond de la Vallée de Saigyô, où j’écrivis un poème sur des femmes qui lavaient des ignames.)

femmes lavant des ignames
si Saigyô était ici
il composerait un poème

ou

femmes lavant des ignames
si Saigyô était ici
elles composeraient un poème

(automne 1684)

NB : Saigyô (1118-1190) était né d’une famille de guerriers de haut rang, mais il quitta ce monde séculier à 23 ans pour devenir moine. Le poème se base sur une histoire qui veut que Saigyô, pris dans une averse, offrit un poème à une prostituée en échange de l’hospitalité. Il finit par en échanger plusieurs avec elle. Bashô fait un lien entre le nom de la vallée et celui du poète pour enrichir son poème.

°

(à suivre : 201-1012)

Les 1012 haïkaï de Bashô – 181-185)

16 janvier 2012

°

presque pleine lune
ce soir à trente-neuf ans
un enfant

(automne 1683)

NB : la quatorzième nuit est la dernière nuit avant la pleine lune. Les Analectes de Confucius contiennent ce compte-rendu : « À quarante ans, je possède assez de discrétion pour ne pas perdre ma voie. » Bashô avait un an de moins, et était donc encore un enfant ! Il y a un rapport entre la lune qui n’est pas tout à fait pleine et Bashô qui n’a pas encore atteint quarante ans.

°
(Montagne du Chat :)

Le chat de la montagne
a-t-il léché toute la neige
sauf dans les crevasses ?

(hiver 1683)

NB : On considère que la Montagne du Chat est un pic à l’ouest du Mont Bandai.

°
(Forêt Noire)

Forêt Noire
quoique vous puissiez dire
un matin de neige

(hiver 1683)

NB : Le Japon a plusieurs lieux appelés Forêt Noire, mais le plus célèbre se trouve près de Sakata, dans la Préfecture de Yamagata.

°
(Le jeune frère d’Ishikawa Hokukon, Santenshi, est venu ici pour briser l’ennui avec du riz et du persil, probablement poussé sur les berges du Quing ni Fang. Je reconnais maintenant la valeur de l’élégance de ce goût simple.)

c’est pour moi que
la grue laisse du riz et du persil
à manger

(hiver 1683)

NB : On dirait que Bashô compare le frère de son ami à une grue. Qing ni Fang était une rivière de Chine mentionnée par le poète chinois Tu Fu.

°
(Vivant de nouveau au cottage du bananier qui a été reconstruit…)

entendant les grêlons
comme si ce corps était
un vieux chêne

(hiver 1683)

NB : La maison de Bashô fut détruite par un feu de quartier, le 28 décembre 1682. Bashô vécut chez plusieurs disciples jusqu’à ce qu’il retourne dans sa nouvelle demeure en septembre 1683. Les feuilles du chêne brunissent et sèchent en automne, mais ne tombent pas avant la fin du printemps, quand de nouvelles feuilles les font tomber. La grêle frappant les feuilles a le son râpeux d’une vieille peau sèche.

°

(à suivre, 186-1012)

haïku, etc. de Py – déc 2011 – 2/4

2 janvier 2012

°

« Ah moi,
pour l’appareil photo,
j’ai pas l’réflexe ! »

°
(garage :)

la calligraphie
des roues de la voiture
– pluies de décembre

°

ce matin,
quel coup !

la lune en deux

la lune plein C
de haut en bas

– quelle lame infaillible !

ce matin
la demi-lune
sabrée net !

°

sur le bitume
un coton

en forme de nuage

sur le bitume
un coton
nuage

°

au restaurant *
un homme déjeune
avec son nœud-papillon

* dernier samedi avant les fêtes

°

ses ongles poussent
la saison froide *

* / blanche

°
Bashôtages :
A)

dans l’étude du haïku
plongé
– Bashô !

B)

dans l’étude du haïku
plongé

– plouf !

:

« vieille mare –
une grenouille saute
le bruit de l’eau »

Bashô.

C)

trouver
le centre
du dire

D)

haïplouf(!)

°

les mots rebondissent
du mur du fond
: haïku

ping-pong
de l’auteur
au lecteur
: haïku

°

une étoile
envoûte-t-elle
le ciel ?

°

ce ciel d’étoiles
l’aligot

°

le soir
c’est du temps
qui vient
dans la casserole

°

« centre d’aide de la conne » *
: ce matin
sur l’écran

* pour « connection » (à Hotmail) !…

°

pour usage de prépotence
mérite-t-il la potence ?

ce prépotant
se tripotant

ce très important
(/ très impotent ?)
ventripotent
en triporteur
transporté

°

les veufs
se suivent
et se ressemblent

°

Pont de l’Alma
la circulation
est rétablie

(19/12/11)

°

oranger clair

°

en général
les oiseaux
ont de la feuille

printemps –
les oiseaux
y vont de leur feuille

printemps –
qui doute
de la feuille
des oiseaux ?

°

un mot d’es
prie

°

trou où végéter
végétrou (-tégévé)

végétélé

°

(le dictateur)
troue la peau
du troupeau

°

faire volte-fesse

°

un cil, ciel !

°

(senryû papal :)

quand il pleut
le pape met-il
une capote ?

caploc ? – paploc !?

Plouc, un Ploc !

D’un ploc se moc ce mec ?

°


bile

débiler

débiner

°

ce matin
la lune
sabrée

fendeue

fend
….ue

d’un
haïkou sec

imparable

de haut
en bas

par le milieu

(écrire droit ( :)

redresser le dos
(de l’écriture))

ce matin
l’on voit :
le coup de sabre
qui a fendu
la lune
en deux

°


..ca
….ler


..vi
….er


..fi
….er

tic
tac

l’attaq
…….tiq
……… … !

°

entendre
l’écrit
la nuit

°

la lune
fendue
en deux

°

La vieille mare
de Bashô
est-il le kôan
qu’il me faut résoudre ?

(14/6/11)

°

la lune
un pied
dans l’o

l’o coulant(e)

nœud coulant
la lune
pied
dans l’o

la lune
sépia
dans l’o

°

Le Père Noël :
un faux-barbi ?
(un capitaliste pur sang ?)

la peine capital(ist)e

le nationisme

°
(bashôtage ?:)

la grenouille
remonte
à la surface de l’étang
– bulle ?

°

Avec le temps, c’est évident

le temps évide

(le temps est vide)

: caisse de résonance …

°

il suffirait
d’un coup de vent inopiné :
mon chapeau reste à la maison

°

respiraïk(o)u

(il) respir’aïku

°

ton pied
dans ma main
le bord du matin

°

dans l’ascenseur
la compagnie
d’un parfum

( : à – et d’après – Patrick. Fetu)

°

ce matin
des paquets d’oiseaux
le croissant de la lune décroissante
la veille de l’hiver

°

la traversée du dessert…

°

Sarko veut-il passer
à la
p-Austérité ?

à la va comme je te pisse… !

°

pour avoir été (de) gauche
toute ma vie,
je passerai sûrement
l’arme à droite…

°

printemps –
les oiseaux
sont souples de la feuille

°

Nouvelles du jour :
Barak Obama prépare un nouvel album pour 2012 –
Cesaria Evora interdit Facebook à ses filles

(20/12/11, Internet)

°

enregistrer le bouillon…

enregistrer le bouillant ?…

°

Autoroute :
le passager bourré
tire sur le frein à main
– veille de l’hiver

(A6, Villabé, 20/12/11)

°

du pâté
les pattes
du sansonnet au genièvre

°

ce soir
supprimé de mon répertoire
les coordonnées
de l’amie décédée

°

encre
blanche :
haïku

(white
ink :
haiku

: in ‘Hermitage’ V.I,1, 2004
: on « HaikuFoundationRegistry », 2011)

°

le sceptre du spectre…

°

BOR -ing

B O
. NÉ .
…R…

borné – d’âne ?

°

Zenième paraphrase :

le vin rouge du soir
le thé vert du matin

le vin est rouge
le thé est vert

le thé est rouge
le vin est vert

le vin est le vin
le thé est le thé

(cf/in Sengaï ‘Le rire…du zen’)

°

(Présolution :)

en 2012
finir de traduire
les 1012
haikai de Bashô

(l’impression d’être une fourmi
escaladant la montagne
du haïku,
grain de sable
après grain de sable)

une fourmi
escalade la montagne
grain
à
grain

1er jour 10 vers :
sur la montagne
une fourmi grimpe

°

au fond du verre
les pépins
tournoient
et se rassemblent

au fond de la mare
les grenouilles
s’assemblent

( : bashôtage ?)

°

la hotte
vide
du père Noël
(haïku)

°
(senryû aux fesses :)

tonique, la sportive a
des fesses en assied

°

Provoquer l’éclat *

– comme la grenouille
éclate / (brise)
la surface / la quiétude
de la mare

* de rire, par ex., …


(bashôtages :)

sans vent
la grenouille brise
le plat de la mare

vieille mare :
de grenouille
bredouille

brouille
grouille

ouille !

l’ouïe
brisée ?
de la carpe ?

tympantin ta mare

(tympan : tinta mare)

vieille mare
gren
ouille !

vieux
marc

°

retour à l’auge du / des temps…

°

les mots
lucioles
attrape !

°
(rêve :)

shôji –
sentant le rouge des joues
me soutenir

°

japonuisance(s) –

japonuisant
japonuisible
japorisible –

haïku :
soulever
les jupons du Japon ?

juponais
et même
juponiais !

°

Fukuchimères –

Fuku-chimios –

Fuku-chim(er)iques… !

°

l’A
de l’Aube
grimpe sur sa tour
Affel
pour voir le soleil
plus tôt
plus vite !

l’auge de l’aube –
patauge
en bauge
un ange

°

la fourmi,
le mont Haïku

accroché
au flanc
du Mont Haïku
sans dévicer *

* dévicer : perdre ses vices ( ?)

le mont-haïku,
quel flan !

je ridi-cale

°

Donner du « sens » !
Insuffler
la matière
verbale

ses matières verbales,

(il fait sous lui…)

(cf : « Sous Sarko »)

matières verbales…
: – tirez la chasse !

°

(B.N. :) le pape de l’anti-manière !

« Gong » : l’organe /la vit-rine (francophone) du parti WHA ( ?)

wha ! wha ! wha ! wha !
un haïku qui ab-wha ?

°

feuille de haï-chou

(haïchou-fleur)


j’y
me

°

sit
still

sitting
bull

sitting
bull
frog

assis(e)
grenouille
taureau

attendant qu’un haïku saute
la grenouille accroupie
au bord de la mare

°
(Re : le « je » dans le haïku (ou : « moi, si ! »)

moi
neau

moi
no

moi
seau

moi
zeau

°

moi
ne

°

les circonstencres

°

gourouesque

gourouge
gourouje

gouroué/e

/ l’influence de…
sur … :
ce qui dénote chez la personne influencée
un manque (évident ?) de personnalité !/ ?

one’s
own
way

°

après le choc

°

tout frais sorti de son œuf tout chaud

son œuf neuf
dix
toc

(- Sortir une revue qui s’appelle(rait) « toc » !)

°

Si personne ne secoue le cocotier,
on finit par recevoir sur la tête
des fruits pourris !

°

Si, si,
continuer
à leur « faire la nique » !
commu-niquer !

°

se mettant un suppositoire
pensant :
« Stéphanie de Monaco »

°

dans mon végétrou,
sûr,
pas de tégévé !

°

sous le pont Mirabeau
(ne) coule (qu’) Apollinaire
en mon oreille
lointaine…

°

ses hottes bien pleines :
joli cadeau de Noël(le)

°

(à propos du salaire de D.B. au P.S.G. : 800 000 € par mois :)

Il gagne en un mois
ce que je gagne en 30 ans –
Vous avez dit « carrière courte »,
Monsieur le secrétaire d’état à la consommation ? *

(in « Direct-Matin » n° 1000, du 22/12/11)

* Eric Lefebvre

°

en gabardine
il passe la gardine *
avec sa védrine **

* rideau rouge (cirque)
** carriole

°

sortant de ma banlieue
pour venir prendre à Paris
une bouffée d’oxygène !

°

sifflant un verre d’eau :
c’est quand le printemps ?

°

« Le Point » devrait faire maintenant
un numéro intitulé :
« Questions et réponses
sur l’existence de l’homme » ! *

* : « Questions et réponses sur l’existence de dieu ». N° de déc. 2011 ( ?)

°

je vous souhaite pour 2012
un monde moins ver-mielleux !

°

un sapin
« encapoté »
: Noël chrétien ?

°

franc parler
(/ francophone parler
et même anglo !…)

je parle francophone

°

(L’A. ☺
pas besoin qu’il (se) signe,
c’est du tout lu (d’avance) ! *

* Au moins, il a son style !…

°

méta(-eu-)phorisant…

°

caracopier
caracoler

°

en-s’en-ganté

°
(Bashôtages :)

f®og

(cf : « fog », de M.D. Welch)

in the fog
a frog
– « jump ! »

dans le brouillard
(d’)une grenouille

ag®enouillée…

°

Le haïku progressera
quand on brisera
(/ se permettra de briser)
sa gangue formelle
d’abord…

« Moderne », ce « haïku » figé dans sa tradition formelle ?

Un haïku « moderne »,
c’est un haïku
« qui quittera père et mère
pour aller vivre avec son époux » !

°

(dans « mon » haïku, il y a le sens de ce qui est dit, et (indissociablement ?) un travail sur la langue qui véhicule ce sens…)

°

Faire avouer à la langue
son « langage des oiseaux »…

°

déconcerto

°

(à suivre, 3/4)

Haïkus d’avant la mort – de HAKURO à HOYU –

25 décembre 2011

°
HAKURO
(mort le 19è jour du 12è mois de 1766)

un colvert souffrant
tombe à travers la nuit froide
et part en chancelant

NB : à l’automne 1690, Bashô résida dans la ville de Katata, sur le lac Biwa. Là, il tomba malade et écrivit :

un colvert souffrant
tombe à travers la nuit froide –
mon assoupissement en voyage

A l’évidence, Hakuro pensait à Bashô en écrivant son poème de mort.

°

HAKUSEN
(mort le 23è jour du 8è mois de 1820, à 65 ans)

Ô, belle-de-jour,
soixante et cinq ans –
moi aussi disparais

°
HAKUSETSU
(mort le 7è jour du 6è mois de 1735, à 75 ans)

en paix,
au-dessus de ma maladie
l’été se consume

°
HAKUTO
(mort en 1727)

Fleurs de deutzies :
moi, qui réprimandais les paresseux,
je dors tard le matin

°
HANRI
(mort le 12è jour du 5è mois de 1835, à 71 ans)

Ma vie :
échos d’une langue qui claque
au-dessus des eaux pures

NB : shitauchi (claquement de la langue) se réfère au son qu’une personne fait avec sa langue pour signifier les regrets de ses échecs passés et sa résignation devant l’inévitable.

°
HOGYOKU
(mort le 11è jour du 5è mois de 1869, à 35 ans)

Sons vifs
d’un écho de coupe
Herbes du Nouvel An

NB : Hogyoku (Hijikata Saizo) fut un officier de l’armée du shogun, défaite par les forces impériales pendant la restauration Meiji. Il se retira avec son armée dans l’île d’Hokkaido, dans le nord. Là, monté sur un cheval, sabre au clair, il fit une sortie à la tête de ses hommes pour une bataille perdue au-devant des forces de l’empereur. Il fut blessé par une balle ennemie et tomba de cheval. Deux de ses amis le portèrent dans un abri au mileu de pins, où il mourut. Quand ils retirèrent son uniforme, ses compagnons trouvèrent, contre son dos, le rouleau ensanglanté sur lequel il avait écrit son poème de mort.

°
HOKUSO
(mort le 6è jour du 6è mois de 1790)

Ô, esprit sacré,
laissez-nous nous mettre en route
vers les cieux de l’Ouest

°
HOROKU
(mort le 11 avril 1878)

temple de montagne :
aussi loin que l’oreiller où je suis étendu
le saule répand ses fleurs

°
HOU
(mort le 1er jour du 1er mois de 1811, à 86 ans)

hibernation :
avant longtemps je deviendrai
saumon séché

°
HOYU
(mort à la fin du XVIIè siècle)

Gloire aux cieux :
seul dans l’aurore à la lune
un coucou chante

°

(à suivre : INSEKI)

Jisei – Haïkus avant la mort – INSEKI – IPPU – ISAIBO

24 décembre 2011

°
INSEKI
(mort le 28è jour du 3è mois de 1765, à 67 ans)

je rends mon nom
en entrant dans
cet Eden de fleurs

NB : C’est une coutume bouddhiste de changer le nom d’une personne décédée.

°
IPPU
(mort le 24è jour du 5è mois de 1731, à 67 ans)

tombant sous le vent
une rafale
de feuilles persistantes

°
ISAIBO
(mort le 29è jour du 8è mois de 1780, à 66 ans)

Bien que je m’attarde
sur la route que prit mon maître,
au-dessus de nous brille
une lune

NB : Tanada Gochikubo, le maître de haïku d’Isaibo, mourut un ou deux mois avant son élève. D’anciennes sources relatent la relation orageuse qu’ils entretenaient. Un des poèmes d’Isaibo, à propos de la beauté de la baie de Matsushima (Préfecture de Miyagi) donne :

Matsushima
leurs genoux déchirent
les matelas du bateau

L’image des passagers s’assemblant sur un bord du bateau, afin de jouir du paysage, leurs genoux frottant les matelas couvrant le pont, paraissait grossière aux yeux de Gochikubo, qui suggéra un rendu moins fruste :

Matsushima
à votre vue
les matelas du bateau se froissent

Isaibo refusa la correction et dut quitter le cercle de Gochikubo. Quelqu’un d’autre les réconcilia. En honneur du retour d’Isaibo en sa faveur, Gochikubo écrivit un poème dans lequel il suggéra que tous deux « arrondissent leurs angles » et se comportent plus « élégamment » l’un avec l’autre.
Isaibo répliqua avec son propre poème à propos d’un prunier élevé en serre afin de hâter sa floraison. Ce poème ne plut pas à Gochikubo, peut-être parce qu’Isaibo pouvait suggérer qu’il devait mûrir en tant que poète, d’une manière pas tout à fait naturelle. Une fois de plus Isaibo dut quitter l’assemblée pendant un certain temps.
En dépit de leur rivalité, ou peut-être à cause d’elle, il semblerait qu’Isaibo aimait bien Gochikubo. La « route » du jisei d’Isaibo est celle qui conduit de la vie à la mort, et qu’empruntent le maître et l’élève, et la « lune unique » est symbole de l’unité parfaite qui sous-tend ce monde de changements multiples.

°
(à suivre : ISAN…)