Archive for the ‘jog’ Category

poèmes, etc. Py, mars 08 – 1/3

29 octobre 2010

°

au clou, son ombre

la voix du piano-jazz / dans le nouvel appartement / – premier soir

voix solitaire du piano / le salon tout en cartons

« gêné aux alentournures »

bandes du passage-piétons / bandes du toit en zinc / la pluie

l’un contre l’autre / deux troncs crient / – forêt du Cantal

première à droite : / les magnolias s’élèvent / blanc et rose

Du haïku :

Discerner ! – / En trois vers rythmés, ils font croire à des haïkus qui n’en sont pas ! – / Trois vers ne veut pas dire haïku, loin de là ! – L’apparence – l’appât-rance…

devant un écran vert / un homme seul / comme un ballon

camion de pompiers dans la rue / nuages blancs sur le ciel nocturne

au soleil levant / ses lèvres rouges / – tgv

dans le café / ordinent / des étudiantes

Le lac extra-plat d’Islande / La modèle super-bombée / – pub métro

Le martyre de Saint-Sébastien – / Le ciel du soir zébré de flèches blanches

avec son vélib’ / il entre dans la rame / ligne 2, 7 h 30

café et flan à la main / il monte dans le métro / puis esquisse un pas de sirtaki / ligne 13, 11 h 20

« l’eau se rarifie » – / l’eau se Harrarifie / se Hoggarifie ?

atelier de confection : / déjeunant au coin / de leur machine à coudre

mon nouveau voisin / lui aussi allumé : / 3 heures du matin

d’un toit à un autre / et retour : / après-midi de pigeons

sur le toit / balançant son vieux pain / – festin de pigeons

sur chaque cheminée / de petits chapeaux soutiennent / la couleur du ciel

dimanche matin – / dans l’urne elle glisse / sa carte d’électrice

self-portrait : / sa tête juste / dans le miroir / de la pomme

les pigeons / les avions / le doux bruit de l’ordi

nouvel appartement / et toits et toits et toits

le soleil / perce le soir / pluie de mars

de son balcon / comme moi : / photographiant la giboulée

Du haïku

trop « beau », « joli », élaboré, fouillé, pour êtrehaïku.
Le haïku c’est l’économie des mots
… à mots nus…
Le haïku est un bon exercice pour décoller des mots
– Ne plus croire aux mots…
Le haïku est un bon exercice pour dire de plus en plus avec de moins en moins de mots.
Le 17 « syllabes » n’est (plus) qu’une convention, une taille de moule !

Faire voir / Rendre visible / le plus directement – évidemment possible // C’est ainsi / « tathata »

un RER nommé GARAGE passe

un RER nommé VIDE passe / (31/3)

au coin de la fenêtre / l’oeil orange / et noir / du pigeon

« Forcer » (?) l’esprit à revenir (sans cesse) au corps / à la respiration / au souffle / : réincarner.

sa demande d’asile rejetée, / un jeune sportif Kényen / se suicide / (Paris 75018)

fleurant sans cesse / les meilleurs mots / : chien d’encre

dans mon bout de ciel / ce soir, / un quart de lune couchée

le vent / m’arrache / le paquet de gâteaux / vide

d’une grosse branche sciée : / balançoire

au carrefour / croisé / le feu vert de ses yeux…

faisant chanter d’une pichenette / le verre de cristal

d’une pichenette / les secondes / du cristal

l’enchantement / du cristal / d’un coup d’ongle

s’ouvrant, se fermant, / la porte de l’ascenseur / monte et descend / un arpège

passant par la Cité des Fleurs / la voix des oiseaux / – le presque printemps

(Qi_Gong ? :) / mains au ciel / il brasse l’air / lentement

(Du haïku :)

Le haïku, c’est le poème du silence / du vide / du manque…
Pour plus d’écho, moins de mots…
Henri IV instaura la poule au pot / L’AFH2 prône / le moule aux mots (: 5/7/5) ?
Ce haïku : une mesurette à mots ?
Des mots, je vous en mets combien ? / – pour 17 syllabes !
L’assassin habite au 15 / Le haïku chausse du 17 // Faites du chiffre !
Le haïku a-t-il une taille de moule ?

Se battre contre les moulins à mots ? / – pffui !

Enterrement : / combler / les 17 pieds / du haïku ?

sur son balcon / elle se / châle

du haut de son dimanche / contemplant la rue

pigeons / en haut / des feux

présence : / les gouttes de pluie / sur le zinc / du toit

Sortie du bureau de vote / sur le trottoir : / « Fuck Sarko »

au-dessus du quartier / trois oiseaux se pourchassent / – jour de scrutin

endormie / sur son gobelet de carton / la mendiante

Jeux Olympiques : / Première médaille d’or pour la Chine / au tir tibétain

gouttes sur la vitre : / paysage à la Seurat

sur le trottoir mouillé / pétales blancs / et chewing-gums / – deuxième jour du printemps

autour d’un banc / une kyrielle / de capsules

°

d.(mars 08) – à suivre

Poèmes Py – février 2008

26 octobre 2010

°°°

Coups d’éclats brefs / le soleil dans les vitres / – métro aérien

Le colonel Pabien…

Le soleil tourne au coin / de la rue / – visite d’appartement

Oxymoron ? : « un moine hindou (…) en appelle à un capitalisme compassionnel » (Vaiju Naravane, journaliste de New-Dehli, 21/1/08)

(Senryû Sarko :)

Il dit que les sciences humaines sont inutiles / – Et lui ?

C’est un bouffon grave. Faut-il l’opérer, l’au-pire ?

Corneilles – / dans mon assiette / les olives de la pizza

Fin de journée / la chatte vient croquer / une feuille de yucca

Où en est la lune ce soir ? / – pas dans mon coin de ciel !…

dans mon bol de boldo / la fenêtre du voisin

sur son trapèze,
la lumière

déménagement – / à la recherche de cartons : / – y a quelqu’un là-dessous ?

football américain / – la forme de son crâne

de la poêle / l’œuf éructe / – lundi matin

ce matin / le sol de l’avenue / plus blanc / (2 février)

à la poste / il siffle dans mon dos / son haleine / pouah !

un poisson fait le tour de la lune / et revient / : Arizona Dream *

* film d’E. Kusturça – Arte, 4/2/08

tout blanc / le gâteau japonais / aux abricots rouges / (Le Nagasaki, 5/2/08)

plutôt que d’insomnier : relaxation profonde

réintégrer son corps / jusqu’à l’extrémité des auriculaires !… / « détensionner » !

détendant son bras / ses doigts peu à peu s’allongent / sur le drap

les doigts du Bouddha / sur le rien / de la vie / (d’après une photo d’Alain Roy)6/2/08, 7h45)

au-dessus de la gare : / MERCURE / Hôtel / (gare de l’Est)

Sarkozizanie

Le haïku-chambre-à-air : / gonfle jusqu’à ce qu’ / il mesure 5/7/5

Déménagement – / une machine à laver / le singe (… ?)

se joue des mots – au feu ! / / ce fou des mots – au jeu !

ce soir / dans la rue : / des avions de papier

l’oiseau dans le ciel / c’est l’idéal de l’écriture / (: spontanée)

le laveur de carreaux / siffle / à vitre fendre

un bus de touristes abricot / – le soleil descend l’avenue

To hit rock-bottle / (cf : To hit rock-bottom)

(« érémitique » :)

Souffler le pédant / dans un couloir de métro / d’un mot qu’il ignore –

Depuis que le mouchai / d’un mot inconnu (de lui), / plus de nouvelles du pédant !

ce matin / la chatte apprécie / la tisane bronchique / froide

Premier signe du printemps ? / : le chant du merle revenu / rue de Bagnolet

Le haïku, c’est toujours la possibilité d’une étincelle, d’un ravissement, d’une extase, d’un éclat de rire, de sens, de non-sens, d’une illumination – si minimes soient-ils –

comme la vision d’un être, soudain, sublime // : coup de cœur / de foudre / d’éclat… // : une révélation

la lune commence à décroître – j’entame une pomme

lune d’un côté / nuages de l’autre / la Saint-Valentin

« Je me suis réveillé / parce que l’orage m’a grondé » / ( : Romain, 3 ans, à sa mère, août 92)

Écrire / pour mettre en relief / le silence

Que tu te presses ou non, le monde tourne pareillement –

herboristerie : / le tableau des plantes aromatiques / oscille légèrement

Bio-Coop : / après sa pesée / elle rajoute un oignon

au soleil, / yeux fermés : / canne blanche

dans la cour / un vélo russe / : visite d’appartement

socle vide de la statue – / coureurs autour du parc

allant repêcher / un vieux haïku / autour du lac

rue Fragonard : / les bâches / d’un ravalement

un seul « piou » sonore / remet le matin / dans le bon sens

chatons sous la pluie …

changement de son : / l’eau qui bout / se calme

l’eau / de plus en plus fort – / thé vert

°°

(De mon perchoir :)

pleine lune traversant un nuage / – emménagement

les yeux à la hauteur / des néons publicitaires / à ras les toits *

* or. : « au-dessus de Paris »

l’armée des gouttes de pluie / sur le zinc de la toiture / – première nuit

Le succès du succinct –

Le haïku c’est l’art du réel simple.

Que chaque haïku trouve sa forme, au fond ! / (cf. : Guillevic in Art Poétique, Gallimard, 1989, p.125)

« Dépoétiser » le haïku.

la télé allume, éteint la fenêtre — / je pèle un avocat

le brouhaha incessant / du boulevard de ceinture / oblitéré d’un tour d’espagnolette

« Comment cacher un si grand secret ? » / dit le garçon / caressant le col / du « dragon des mers » / ( : pub. affiche cinéma)

le haïku-je(u)-de-société ?

Le haïku, c’est la recherche du mot, de la sensation / exact(e)

lune ronde / juste entamée – / match de rugby

Dimanche à cartonner / : déménagement

le ventre de la souris : / rouge lumineux

sans mes dictionnaires / maintenant empaquetés / : balbutiements

(État des lieux :)

Placard vide : / du riz, des lentilles, des ronds d’huile

dans le placard vide / la lumière du soleil couchant

la lumière du soleil couchant / sur l’étagère / trinque avec mes verres /

à force de frotter / le plan vert / s’éclaircit / – crépuscule

dans le soir / je frotte la planche / : blancheurs

tout ce qui résiste à l’éponge / = / la lumière / (g)lisse

peu à peu / gagner sur les traces-crasse : / l’immaculée perception

tombante : / plus rien que le blanc / qui grandit / sur la planche

après-midi à briquer – / le soir tombe

ce soir Yahoo / beaucoup moins vif / que notre président / Sarkocaïne !

(SarkoCaïn ?)

l’ampoule de la salle-de-bain / papillonne / – avant de griller ?

poésizanie ?

doigt au nez : / l’odeur de Javel / des murs du nouvel apparte

sur le tapis : / fourchette / et souris

la pizza refroidit… / le vin chauffe…

sur l’étagère du nouvel apparte / une belle pomme / pourrit

mélange – mélabête

les pétanqueurs / s’en donnent / à boules-joie

musicien de rue : / violon et archet / dans un sac-plastique

Mystérique

Sur le carton de déménagement : / « Haïkus » / « sans gluten »

°°°

d. 2/08

Haïkus… Py – août 2009

20 avril 2010

°

sous le cerisier
brunes, rabougries,
nombreuses

(2/8)

°

grillons et cigales –
la lune
entre les peupliers

(3/8)

°

pleine lune
il se tripote
mollement

quittant les violons irlandais :
grillons et cigales —
pleine lune d’aout

°

quiétude
du jardin :
son jet d’eau
ses pigeons

°

feuilles et plumes
du marronnier :
deux pigeons se crêpent

°

stridulences
sporadiques
dans la nuit

(4/8)

°

un avion
vers le soleil du matin —
étirements de course à pied

(5/8)

°

toutes ces femmes
non osées,
terreau de mes rêves…

(Fab.)

sur tout son cou
des grains –
jusqu’où ?

son visage
scelle
ma nuit

mes yeux
sur leurs formes
se posent

où le pourraient
mes mains
mes lèvres
avides…

pentes incommensurables,
vertigineuses,
paysages infinis …

(idéaliser la lumière)

pleine lune
un sommeil
rêvé de vous

pleine lune
son sommeil assailli
de mystères féminins

pleine lune
sa nuit toute
en féminie !

°

valises
dans le matin tôt
: fin du stage

°

le 9/8/7 l’ami disparu
le 7/8/9 la fin du stage de musique

(Loches, 7/8/9)

°

par la vitre
entr’ouverte du métro :
une femme horizontale

feuille ? –
tombant facilement
sous le charme…

(toutes saisons)

Jardin des Plantes
Les valises
des visiteurs

agrippés
aux grilles :
jeunes singes

valise
repartant du parc
avec une feuille rousse

°

(S.S.S.)

Les dorures des ordures

(8/8)

°

Balancez la lumière !

°

une pendule
cognait
au mur…

: les trois points
du temps
qui reste

°

(Kyôkus :)

1)
Ce qui est amusant dans le haïku, c’est de brouiller la piste du sujet.

2)
L’avantage de l’interrogation, c’est d’ouvrir tous les champs des possibles…

2 bis)
En dire moins
pour ouvrir plus
l’imaginaire du lecteur

3)
À force d’écrire,
arriver au langage
coulant

°

la valse
des valises
avalées
par le ruban

au jardin des plantes
la corolle d’une femme…

aujourd’hui c’est le 9
le soleil « se lève »
les mondes jonglent
ô globes !

°

(Castillon, 06 :)

figues
sur les marches d’un escalier,
fleurs de Kobé
dans un autre

fontaine :
sculpture
devenue végétale…

en terrasse :
chaud, chaud, le melon !

soleil –-
un drapeau dans le vent
flotte

cloche de midi au village –
crissement sporadique

une mouche
en silence
dans la chambre

(9/9)

°

(kyôku :)

Le haïku, c’est une histoire de :
très vrai
très près
très frais

°

dès que retourné :
s’envole du bol

blanches barbes
sous la rambarde :
vent du matin

(10/8)

°

le lac
des attractions
féminines …

°

quand l’écriture est un don
(être ouvert à ce don)

l’éclair de noter !…

(11/8)

°

61 –
when will I see
my first firefly ?

les lucioles ?
Il paraît qu’elles existent –
61 ans

nuit blanche
mots noirs

°

je lui parle de Loches
Elle me répond limaces

à l’angle du matin
un chien

après-midi
le tilleul fume
sur la terrasse

(12/8)

°

sur la table
un miroir –
pas de lune
cette nuit

sur la table
un melon –
pas de lune

sur la table
un verre vide –
pas de lune

un melon
sur le balcon –
soleil d’août

(13/8)

°

(kyôbun :)

Le haïku dépasse l’intellect.
Il fait appel / mobilise
tous les sens…

Chétif, malingre, le haïku qui n’est que de tête.

°

pêché des pommes
dans la fontaine :
jog du 14 août

assis sur la terrasse :
la montagne
les nuages

en bas
la mer

sur le balcon
les coups
de la cloche

(midi)

(kyôbun à la pomme acide :)

pomme acide –
les nuages
sur la montagne

Poser,
puis se demander quels peuvent être les liens * (/ quel peut être le lien *) entre les deux images du haïku

* autre(s) que logique(s) (, évidemment).

(14/8)

°

(kyôbun aux mots qui font lumière :)

Écrire
c’est déblayer
des mots importuns
pour (ne) laisser
(que) ceux qui
font
lumière

°

la fontaine aux pommes
le banc-paysage
les infimes présents

sons de ces cloches animalières
sur deux notes
accrochés au flanc de cet après-midi
du milieu d’août

mi-août
le portable
silencieux

(15/8)

°

chut, un truc se trame !

une mouche sur un chat –
le tonnerre au loin

(16/8)

°

le chat,
la montre :
même attitude
à la sieste

°

(K. :)

écrire en creux

Écrire
c’est
faire la lumière

°

giggling fifteen…

(17/8)

°

le bleu glisse
de la pente de la montagne
vers la mer

l’angélus couvre tout le paysage :
le ciel et la montagne et la mer là-bas
mais bientôt tout reprend sa place
et
je me souviens qu’elle fuit la caresse de ma main gauche sur son bras…

( : Dom.)

duodécaplés :
12 babies
(a Tunisian woman)

complicité des pierres
et des racines-
aiguilles de pins au soleil

arrêtez le chronomètre
et alors la rose sent

(il y aurait là déjà de quoi
faire « la » révolution.)

jog du 19 août :
le chien dans la fontaine,
fourmis à leur repas sur une pomme

°

120 à l’heure sur l’A7 :
boucles blondes
devant le conducteur

(20/8)

°

les voisins déménagent –
l’orage gronde

sous silence
sur parole

la ficelle du thé
dans le courant d’air
d’août

un caillou
une flaque
lui suffisent pour jouer

(21/8)

°

(tanka en prose :)

et quand nous n’y serons plus,
les ombres de l’arbre continueront-elles de jouer sur le mur du fond,
au mois d’août ?

(Lyon, 22/8)

°

Qu’elle est furtive – fugitive l’admiration de la beauté des femmes qui passent qui ne font que passer qui arrivent que l’on croise et qui continuent leur chemin et toi tu restes là les yeux comme des soucoupes à quémander quoi de leur beauté passée ?

(25/8)

°

(Kyôbun au haïku monostiche :)

Retourner vers le haïku monostiche –

: effacer (/ essuyer ?) les vers
qui coupent (même un tant soit peu) artificiellement.

Couler (les mots) comme l’eau,
disait déjà Santoka
(l’ivrogne)…

le débit de l’eau
le débit des mots …

… la coupure artificielle du vers

°

dans la cabine téléphonique
le mendiant en chaise roulante
abrité de la pluie

°

Johnny didn’t get his gun ce soir :
le cinéma de plein air
sous la pluie

le pétard mouillé
de Johnny got his gun :
cinéma en plein air sous la pluie

Johnny didn’t get his gun tonite
The outdoor movie show
Down the rain

(Place A. Courtois, Lyon, 25/8)

°

huile d’amante douce

°

pourtour d’eau :
un souvenir de feuille

silhouette mouillée
d’une feuille absente
: trottoir lyonnais

°

visite nocturne
d’une coccinelle :
fin août parisien

nuit parisienne :
coccinelles d’entrer
dans ma chambre

(26/8)

°

un stylo égaré
au pieds d’un puits
n’écrit (probablement) plus

aile verte
au bout d’une branche

aile blanche
qui s’élève du feu

(Nogent s/Oise, 28/8)

°

un rayon de lumière
posé
en haut d’un meuble

sur ses paupières fermées
danse la lumière –
dernière demeure

(Lyon, 31/8 – Anne van Dyck, 1953-2009)

°

Haïkus… Py, mars 2010

12 avril 2010

°°°

zoeufs écrasés
au milieu d’un passage
protégé

lundi matin –
il regarde son sein
de haut

(1/3)

°

Tai-Ji in the park
the first sun of March
rubs my back

Tai Chi au parc :
le premier soleil de mars
dans mon dos

°

gorge déployée :
la femme très enceinte
de l’ami

(→ 2/3/10)

de proche en proche
ce rire traverse
le salon de coiffure

la cloche sonna un coup
c’était l’heure de mon rends-toi

(kyôku :)

le haïku
est un éclat
(de vers)

(2/3)

°

tout au long du couloir
le pas du boiteux,
le morceau de jazz

(métro, Lyon, 3/3)

°

(kyôka ?)

tourner
retourner les mots *

: (la) terre arable
du haïku

* pour la meilleure expression

°

elle commence à ronfler
en deux coups :
rythme de croisière

(4/3)

°

dans la nuit
sans sommeil
la force
de la pendule

livres
et verre d’eau :
la nuit blanche
et noire

Matthieu Ricard, dans Plaidoyer pour le bonheur, Pocket n° 12276, p.276/7 :

 » « Restez en contact avec vos sensations ! » prônent les colporteurs du
sentiment de l’importance de soi dans notre société. Nos jeunes ont absorbé ce
message et ils y croient, de sorte que l’on a produit une génération de
narcissiques dont la principale préoccupation, et ce n’est pas surprenant, est
de savoir comment ils se sentent ». (M. Seligman, Authentic Happiness). Or
passer son temps à prêter attention aux moindres réactions de notre moi, être
aux petits soins avec lui et n’avoir de cesse que d’exaucer ses moindres désirs,
voilà la recette assurée du mécontentement.  »

… et de l’anti-haïku !…

son sein si rond
entre deux boutons
de chemisier

(5/3)

°

un très beau q
sur le quai
retour de vacances

ouah
quel cul qu’elle a !
– quai de vacances

°

après les inondations
dégoulinent
les pieux sentiments

°

cette nuit
sans ronflements
lac calme

(synesthésie ?)

ce matin
prendre en photo
le son des chaussures
au vent

I thinkgo biloba
I geckgo biloba

against the blue of the sky
the pale yellow of my glass of wine

sur le bleu du ciel
le blond du verre (de vin)

dans l’après-midi
rayé de soleil
passe un moteur

– frais avril

(6/3)

°

Qi Gong au parc
gouttes du nez

Au coin de la rue Duc
une affiche pour
 » Le plus grand salon de l’érotisme  »

: à rebaptiser rue Ducu ?

(75018, 9/3)

9 mars –
Palavas-les-flo
cons

le quaotidien

une caoquille

(9/3)

°

entre les pavés,
le ciel glacé,
gare de l’est, 10 mars

l’hiver s’étale –
entre les pavés
le ciel glacé

(10/3)

°

(Haïkoucher)

les oreilles
d’un oreiller
dressé

(→ 12/3-4)

( À cette allure py/paul : )

Parc Monceau :
Croisé à 7 à l’heure
un homme qui ressemble à
Michel Jazy

– ou à Claude Lelouch ?

( échauffement :)

Appuyé au tronc
d’un gros platane
un homme
sur un pied

Dommage qu’en courant
elle balance ses mains
à hauteur de poitrine !

Au milieu de l’île
un saule

matin frais à mi-mars :
les volutes de l’arbre

le gazon s’emplume

elle court vers le parc,
en retard au travail

( d’hier aujourd’hui :)

retour du parc :
passant sous ma fenêtre d’étudiant
puis
sous celles de mon professeur

E-ski-ss ?

retour de vacances :
Parisienne très bronzée
tirant son attelle

°

(haïkuisine :)

aujourd’hui
la théière
trop culottée

°

faire rouler le silence
sous les doigts
sous la plume …

le faire naître ?

°

« La vraie photographie » selon Izis:

« Le bon portrait photographique est celui où seul l’homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s’effacer complètement. »

– à transposer au haïku !

°

petite parisienne
son bout du nez tout rouge
à la mi-mars

(12/3)

À une belle femme
rousse en haut
brune plus bas
cette ébauche
de poème

(métro, ligne 3, le 12/3, vers 13 heures 40)

°

Chacun chez soi,
les ronflements seront
bien gardés.

tordre le cul
aux idées ressoues

ballerine
elle saute
dans le métro

(l.13, 13/3)

métro –
sur son violoncelle
son chapeau

(l.6, 13/3)

il regarde
l’ampoule
nue
au plafond

(rue de Wattignies)

mars gelé –
un ventilateur
sur le trottoir

fin de soirée –
de sa patinette
il se casse la gueule

elle ne cache
que le bout
de ses seins
– pourquoi ?

(13/3)

°

sur un scooter :
« On a marché sur la lune »

volutes roses
de vomi
dans les toilettes d’un pub

– saturday night beaver

dancing :
une paille fluo
entre ses seins

(tanka)

espérant toujours
que sa fenêtre
me ferait
un clin d’œil ?

– ô désillusion !

(Izis)

contre un gros tronc
les deux amants
d’Izis

– quai de Seine

(14/3)

°

le pain qu’on rompt
un orage éclate

mi-mars
un bonjour à la femme
un bonjour à son chien

mi-mars
ce matin les oiseaux
ont la voix du soleil

(15/3)

°

des pétales de roses
sur les paupières
de grand-mère

le voisin du dessus
grince
(ir)régulièrement

(16/3)

°

la porte du train
ouverte,
les voyageurs
se répandent
dans la ville

(Reims, 17/3)

°

pizzicati
de contrebasse
ses seins à contretemps

(19/3)

°

(haïku long :)

les percussions de la pluie
sur les toits environnants :
le premier jour du printemps

la pluie
danse sur le toit
– premier jour du printemps

(20-29/3)

« un authentique esthète (est)
solitaire »
: lune d’automne

(d’après R. Sieffert, p.146 de Le Sac à charbon de Bashô, POF, 1993)

la même femme qu’hier soir
cette ombre noire
qui passe dans la rue ?

– printemps

rue de la Ferme
le chant d’un merle –
premier jour du printemps

(Vitry s/Seine)

sur ma chaussette à sécher
un long cheveu blond
premier jour du printemps

les feuilles du palmier
vibrent-luisent
à pluie-vent
– première nuit du printemps

danse avec la pluie
première nuit du printemps

le long d’un fil barbelé
un rameau en bourgeons
– premier jour du printemps

(20/3)

°

après l’amour
elle se lève pour
manger une banane

(21-22/3)

°

(Et qu’ça rime !)

assis à la terrasse d’un café
je rêvasse
au Tibet…

(En Sarkozie :)

des noms d’oiseaux
fusent :
printemps politique

(22/3)

°

un oiseau
bouscule l’aube –
jeune printemps

tai ji (au parc)
une corneille apporte à l’arbre
des rameaux

(haïkuisine :)

un bloc de glace pure :
dégivrage de printemps

(23/3)

°

entre les rangs des vignes
luisent
les plastiques protecteurs

arrivée du train
un duvet touche terre

(24/3)

°

lire sa déclaration :
cerf printanier

se refermant
le canapé fait
« bonjour ! »

(25/3)

°

aujourd’hui
le puzzle
au poil

(26/3)

°

printemps –
une flûte par la fenêtre

annonçant Dormans,
le contrôleur
nous réveille

(kyôku)

supprimer les distances
du réel
aux mots

le long de la locomotive sale :
« ARIEL BONUS SKIP LE CHAT »

(29/3)

°

une mère d’élève
m’annonce l’arrivée des hirondelles
– veille d’avril

(29-30/3)

°

Mettre leurs robes trempées
Ah, quelle chaleur !

(a + M ? → 30/3)

°

elle retient
du bout de ses doigts
sa jupe légère

(- hyper de gambettes)

descendre la rue
au soleil couchant –
veille froide d’avril

veille fraîche d’avril
jonquilles au coin de la rue

*

veille fraîche d’avril
des jonquilles
rue de la Jonquière

(75017, 31/3)

°°°

Haïkus … de Py, février 2010

7 mars 2010

°

(tanka m-a) :

crétin sentimental :
chaque fois
que je prends
ton livre,
je l’embrasse

(1/2)

°

olisbos,
bel os lisse

°

(Une petite famille : )

Carla Bruti
Et
Nicolas Bruti

(3/2)

°

les si grands ciseaux
de grand-père
pour découper les cuirs

dans un pot
(de fleurs)
la neige

ailes précipitées
des pigeons :
la grêle

Ah,
le goût des premières blondes…
– vite dissipé(es) ?

(10/2)

°

Les mannequins
pour opticiens :
afin que l’on voie mieux
leurs seins ?

Théâtre de Guignol –
des bancs blancs
gouttent
au soleil

l’homme
au corbeau dans la neige :
« bonjour mon pote ! »

(Buttes-Chaumont, 14/2/10)

carnaval
un cheval
s’envole

(défilé de l’)Année du Tigre :

au ciel
un cheval
s’envole.

de l’arbre
s’envole
un coeur rouge –
St Valentin

°

je la vois
de face
et lis :
 » voir profil  »
– Est-ce bien utile ?

°

sur mon lit
un confetti :
l’année du tigre

lendemain du défilé :
de la poche du sac
des confetti
s’échappent

lendemain du défilé :
de ma poche
deux confetti s’échappent

Chi-kong au parc –
trois gouttes de son nez
à intervalles

graviers
leurs ombres longues –
Qi-Gong au parc

(Square L. Serpollet, 15/2/10)

°

elle m’écrit :
 » je ne croiX pas !  »

(15/2/10)

°

au fond du bus
trois passagers
dans leurs bouquins
– embouteillage

(L.66, 16/2/10)

°

rue bruyante –
derrière la vitre
un homme remue un archet
sur un violon

(rue de Rome, 17/2)

La Pivellina –
une femme à la chevelure rouge
ouvre une boîte aux lettres verte

(17/2)

°

J + 5
: de son sac
encore
quelques confetti

profitant plus longtemps
de ses cuisses au soleil
– arrêt du bus 19
février

« Elle est déjà chez Orange,
maman ! »
dans son sac, une clémentine.

(Vitry s/Seine, 19/2)

°

la pluie
de plus en plus blanche
– le cri d’un corbeau

(rue des Meuniers, 75012, 20/2)

°

sortant du conservatoire
ce soir
un air
de douceur
pré-printanière

(22/2)

°

un éléphant
rose et blanc
sa trompe
contre le trottoir
– février humide

wu-ji au parc :
fines aiguilles de pluie
et pépiements d’oiseaux

_

Qigong abrité
sous le kiosque à musique

le ballon rouge
coincé en haut de l’arbre :
en quelle saison
tombera-t-il ?

23/2

°

L’éclair scie
Un pan de cie
L
Pan !

( J’attends l’arcan
ge)

°
(kyôkus – bashôtages – onomato-ku(s):)

un godillot
dans l’o :
plouf !

un pavé
dans l’amarre :
chboïng !

°

admirant la souplesse
du grand cèdre
dans le grand vent
(- fin février)

(27/2)

se préparer à partir, (nu)
faire le vide,
éliminer (le superflu)…

« Votre cadeau d’adieu devrait être la liberté. »

D. Loreau, L’Art de l’essentiel, J’ai Lu, 9051, 2008, p.242.

le palmier
à ras-terre
aussi pitoyable
que l’albatros
de Beaudelaire

la mannequin
de Lise Ducharme
mmmh !
: appel de la langue

(Millau, 27/2)

sous le gris noir du ciel
le rose des murs
plus intense

gestes de mère en son lit
– le grand vent dehors

une pie
et une perdrix ( ?)
dans le champ
vers le grand pont
(de béton)

(27/2, Millau)

°

soulevant parfois
un grand pan d’au-delà
: ronflement

bientôt 90 ans,
les ronflements de mère

°°

un bonjour retentit
dans le couloir
porte qui claque

(Foyer Soleil, 28/2)

(Kyôbun / haïbun à la porte qui claque :)

un bonjour retentit
dans le couloir
porte qui claque

Haïku(s) :
Miette(s) de vie.

°°

Mars giboule …

(28/2)

°

les tic-tac du réveil
plus rapides que
le cœur dans l’oreille

– essai de sieste

parlant chi-kong
son téton bande

le palmier à ras terre :
queue de paon
piteuse

« merveilleuse »
« MERVEILLEUSE ! »
souffle-t-elle à la télé
(dimanche soir)

roulement de moteur
des ours à la tétée

(FR 5, 28/2)

°

Pleine lune
Il touche son ventre

(bus Millau-Rodez, 28/2)

°

Haïkus … de Py – oct. 09

23 février 2010

°°°
(kyôbun :)

Passage Dieu
une fille
téléphone

: Mettre en contact –
Espérer l’étincelle

/ Espérer que le contact se fasse,
que l’étincelle jaillisse

°
(Jog du jour :)

dès le début d’octobre
balayeurs
de feuilles rousses

« Célesta, tu rentres
ou je te mets dans la poussette !…
un … deux … »

bain de siège des pigeons
dans une retenue d’eau
du square

Fin de jog –
en haut de l’escalier
mes pieds
mordent les marches

(2/10/09)

°

Porter un haïku
/ Porter des haïkus

Il lui porta un haïku
mortel
en tête…

°

(dieu est loin
j’écris
pour rapprocher les distances)

Sous Sarko
la France :
de plus en plus de mal à l’aimer

°

vanne de caniveau :
les pigeons s’en donnent
à corps-joie

Plus le « je » s’efface
Plus il s’universalise

Bon diamanche !

Il a de la témérité = il est témérite !

soleil –
la rue tourne

qu’il est coloré
le lierre
en haut du mur du cimetière !

°

Le haïku
(-zen) : idéalement
simple, concret, spontané.

(3/10/09)

°

de leur fenêtre
les pigeons
regardent
parfois
les gens
chez eux

arrêt du bus –
les mouvements de sa main
pour ventiler son vernis

(19-9/4-10)

°

première pluie d’octobre
il secoue la salade
de son parapluie
– métro

°

La volupté des lents voyages…

dans le compartiment du train, vide, que j’élis, je pénètre, ferme les rideaux donnant sur le couloir, relève les accoudoirs, prépare à une extrémité un oreiller fait de mon sac à dos, de ma veste, retire mes chaussures, prends un livre, un carnet, de quoi souligner, de quoi écrire, puis m’allonge et entreprends de lire, d’écrire ou de dormir

Ah, la volupté des lents voyages !

Le paysage et la pluie filaient de chaque côté
Il était (allongé) au milieu du temps
et ne bougeait guère
(// que pour sentir autour de lui l’agitaion qui secouait
le train du monde
Il ferma les yeux
et se reporta
des kilomètres plus tard,
frais,
disposé,

paresseureux.

(5/10)

allongé –
le train arrive à Dormans

temps humide –
dans le train
bébé chouine *

* gniarde

°

grignotant son pain en rond –
pleine lune

(5/10/09)

°

le moi de la mode
ou
la mode du moi ?

°

rue du Jour *
à la tombée de la nuit
, doux octobre

(6/10) * 75001.

°

Penchez-vous un peu,
Anges de la béatitude universelle !

°

(Dialogue :)

À John Hendricks (88 ans), chanteur Afro-Américain de jazz :
– J’ai une question … stupide… à vous poser
J.H. :
– Ne vous inquiétez pas, nous avons aussi tout un tas de réponses idiotes possibles !

(Cinéma Le Balzac, 75008, le 4/10/09)

(8/10)

°

(Mot de saison /)
Mot de seize ans

°

Un canard s’ébat des ailes
au-dessus du plan d’eau
– octobre radieux

dur de s’alléger :
tours répétés du parc,
souvent

à côté de la rue de mes Pompes…

(8/10)

°

Laurent lut à travers la ville
: première ligne d’un texte à
débiter le plus vite possible ou
presque pour un happening
demain dans mon rêve : un bloc
compact et carré dont je ne re-
transmets ici que la forme de
cube où le hasard est ambolie
définitivement stoppé(e) net ici

(9/10/9)

Asseyons-nous à
la table de je, et é-
crivons des moïkus !

Mortefeuille

La pluie
va passer la nuit
à sa fenêtre
(ou pas)
éteinte
et doucement
assourdie…

il éteignit,
laissant la pluie jouer
sa partition
à la fenêtre
dans la nuit de vendredi
à samedi

du haut de l’invention du vacarme

(9/10)

°

(Le Va-t-en-guerre :)

Attention !
L’homoncule est dangereux !
Ce petit représidentant du commerce nucléaire
avec tous ses déchets
pour des milliers d’années
damnées !

(Naboléon S. tressé)

cette « journaliste » :

lèche-bittines ?

(Contre-proposition :)

Avoir réussi
pour un homme de 50 ans
(ou de n’importe quel âge d’ailleurs),
c’est
de ne pas avoir de montre.

°

la fin des tongs
au fond d’étang

(cf Buson…(?))

°

(d’après Gilles Brulet :)

la vieille
à son volet :
ZZZZ

(10/09)

°

champignons poussant
sur les façades :
la réception du monde ?

de :  » Casablanca ville moderne « , vidéo de Sébastien Verkindere (1976-2008)

corbeaux volant
au-dessus du terrain de sport
– les Murs de la prison

de :  » Car tu porteras mon nom « , vidéo de Sébastien Verkindere (1976-2008)

(10/10)

°

un sherpa
utilise-t-il
une serpe
une hache
une perche
une harpe
un pare-chemin
pas chers ?

°

(kyôbun :)

Le meilleur haïku
ne serait-il pas celui qui vous échappe ?

(sans que vous y ayez eu « conscience » véritable ?), sans contrôle (« intellectuel »), spontané, direct, « inconscient », donc !… ;
sans retouche, tranchant,

Soyez vide
et les mots viennent
– faire un haïku …

(parfois)

°

Obama
Nobel Price for
Peace in Afghanistan ?

Obama
Prix Nobel de la
Paix en Afghanistan ?

°

le moucheron
entend-il
le bruit du couvercle qui tombe
dans la cuisine ?

un chat
en rond dans
un pot de fleurs

(11/10)

°

Centre Municipal de Santé
Elsa Rustin (e ?)
Bagnolet

°

(Kyôbun :)

L’ambiguïté *, le mystère,
voilà une des facettes amusante(s) du haïku –

* causée par l’usage du participe présent, par exemple, qui parfois noie le sujet – et peut
provoquer le questionnement, l’humour
Noyer (/ diluer, délayer) le sujet (au fond) du haïku : une entreprise jubilatoire
– au contraire de le dire, l’exposer : le sous-entendre, le dissimuler : c’est plus drôle !

ce « je » qui s’efface comme le chat du Cheshire derrière son sourire (L.Carroll)

2200 mamans
au stade
de la Tétée Géante

(Charléty, le 11/10/9)

Lucifer à cheval …

°

(Kyôkus)

La Hache du haïku :
Le haïku faut qu’ça coupe !

: la césure,
le haïcou(peret)

Le kukaï :
un bon baromètre,
un galon d’essai !

°

un pan de lumière
s’est installé sur le toit,
réfléchi

matin frais d’octobre –
les canards semblent attendre longtemps
avant de se lancer à l’eau

au bout de la canne blanche
un chapelet de billes
argentées

son allure
sans son galure !…

Meeting révolutionnaire ? :
Voyageurs autour
du panneau des départs

nous ne sommes que deux
mais nous sommes très amis

(anna + d.)

salle de bains –
des feuilles de vigne
à la fenêtre

(14/10/09)

°

le dernier cycle (?) :
le cycle amen ?

°

Oser réduire : (kyôbun)

Réduire un haïku
à son strict minimum vital
c’est comme
effeuiller une fleur
pour un bouquet.

Salle de bains –
des feuilles de vigne
à la fenêtre

(15/10/09)

°

dans les sens
de plus de sens :
moins de mots

moins de mots
donnent * plus de sens
( : de directions)

* peuvent emprunter plus de directions.

S’abstenir (/s’abstraire) des verbes
(qui trop orientent).

Abrège le haïku :
Il s’élargit.

Vers le moins :
Pas un mot de trop !
Rien d’inutile !

°

Fiction :

Je l’ai rencontrée
il y a quelques semaines.
Elle est prof’ de fuck’

°

(tanku, à M-A.)

caressant
la page blanche –
pensant à toi

°

(Puisé de la marmite automatique :)

l’amitié roule dans le jardin
jusqu’à la couleur des tuiles

(Laisser venir les mots.)

°

(E.)

dans le métro
un jour (cette année) vu
une jeune femme blonde
: ce fut comme
te voir
autrefois

… lambeaux d’amours

°

Il fait bien son âge !
: trois heures

°

ce soir
un nouvel œil :
cataracte

dans sa blouse
deviner ses rondeurs
: Quinze-Vingts

°

L’Empereur :
« – Trop de notes, trop de notes, Mozart ! »
Mozart :
« – Pas une de trop, Sire ! »

°

Les amis
c’est en périphérie

Les amants
c’est au centre

qu’ils embrassent

°

(la) volupté
du pied
qui entre
dans son chausson

(16/10)

°

Manifestation agricole :
un âne
rebaptisé
« Sarkozy »

°

A-t-il imprimé
son pas dans le goudron frais
contre une engueulade ?
– trottoir parisien

°

réveil :
l’odeur du pain
tout juste cuit

°

ce rendement
qu’on nous « demande » *

: on rend,
on vomit,
on dégueule !

* / impose !

Travailler plus
pour gagner plus
vite la mort

(17/10/09)

°

verni noir
du bec aux bottines,
l’oiseau du dimanche

(Buttes-Chaumont 18/10)

°

l’OMAFAM…

°

Trouver la meilleure formule,
celle qui fait choc :
telle était sa vanité d’auteur…

°

(un Olgarythme :)

endormie nue
allongée sur la moto
à la lueur du réverbère
ses habits dans le bar
qu’elle a quittés fermé

°

coco
sur l’eau
radeau
rateau

( : sa puissance sexuelle en question …)

(19/10)

°

être accueilli chez soi
par l’odeur du pain *
– mmmh !

* aux noisettes !

°

chant de machine ce matin –
un pigeon transite
sur un toit

résection apicale :
l’école
de la dentiste

(métro – Paris)

ses jambes fines
montent jusqu’au paradis

(enthousiasme / admiration…)

les cils blancs
de la brune en noir
jusqu’à son portable…

coucou !
fit-il au pigeon
qui l’accompagna

(22/10/09)

°

Entendez-vous
Les cris de la corbeille ?

La corbeille
n’a pas pieds …

°

restaurant :
tête à tête romantique
… avec la bougie

(24/10)

°

le pain s’arrête
la nuit continue

(26/10, 4h30)

°

sur les genoux de l’homme (noir)
en fauteuil roulant
son enfant
traversent la rue

°

(Paradoxes / kyôbun :)

un haïku est riche
quand il est pauvre

Écrire en creux

°

richesses de la pauvreté
pauvreté des richesses

tout s’équilibre
et tourne …

°

On dirait que
Monsieur (de) Sarkozy
a un problème
avec la Nationalité Française

(27/10)

°

(Rendez-vous amoureux,… :)

L’imminence rose …

°

(kyôbun :)

Dans le haïku, discerner les mots « pleins » ( : lourds de sens, vivants…) des mots « creux » ( : vides de sens, morts…). (Les mots pleins sont ceux qui donnent du sens, le sens.)
Éliminer (/se passer des) les mots « creux » au possible.

°

au bout du pin
un fil
prend le soleil

the pine’s end –
a thread
catches
the sun

(Montpellier, 29/10)

°

(kyôbun :)

Si le haïku « exalte » l’asymétrie, aucun (de ses) vers n’est de longueur semblable…

°

ouvrant la fenêtre :
accueillir le jour,
cueillir le jour

°

prenant la première vague du rêve
et me laissant bercer :
voyager loin …

(chez anna)

la flûte shakuashi
les volutes du thé *

* : masala

(30/10)

°

bande en chiant
le chien du coin
de la rue –
dernier octobre

°

embrasser
la boulangère
comme du bon pain

(31/10)

°°°

Haïkus… Py – janv 2010

15 février 2010

°°

le ballon du 31
rabougri
au 1er

1er janvier :
seuls bougent
fumée sur le toit
et pigeons

pleine lune
du premier
: autre lampadaire
sur la place Clichy

premier janvier
place Pigalle :
le plein de touristes

en fait :
la place Blanche
noire de monde

°

premier janvier
sur les pentes de Montmartre
des rires roulent

°

place du trêtre
quelques courageux
caricaturistes

(battant pavé froid)

caricaturtristes ?

le bal des débuts d’an

°

2 janvier
la pleine lune
à peine moins pleine

°

Le président Trépignan …

°

aube du premier dimanche :
une odeur comme de boulangerie
par la fenêtre du septième

dimanche matin
les grues tournées
de l’autre côté

°

en Marcel
sur son balcon
– soleil du troisième jour

°°

(kyôkus :)

les mots effacés,
le sens apparaît,
paradoxal(ement)

Ne piocher
nulle part ailleurs qu’en toi
tes mots

Quand dire
c’est voir,
on a le haïku.

°°

(Cinéma -)

entre affolance ouesterne
et suprême lenteur asiate

, passage à l’an

°

(jog du 3 :)

trois janvier,
ramassant
(les boules d’)
un sapin à la rue

°

midi –
sur le banc
le clochard
ouvre son sandwich

°

au pied de l’arbre admirable,
un canard quiet

°

cri –
le cygne noir lance
son bec rouge

(Square des Batignolles)

°

ce matin
une grue
fume

(3/1/10)

°

Mêmes proportions :
le pain plus ou moins levé

°

une main sur la boule
l’autre dans la poche :
aire de janvier

°

premier rendez-vous –
elle me parle de sa mammographie

°

janvier
une forêt de sapins
à la rue

nez :
piste d’atterrissage
des lunettes

vol au-dessus d’un nid
de haïkus

(6/1/10)

°

la poubelle
du grand magasin
à 7 heures le 6 janvier

°

un roulement l’habille

°

ponce son mur
le voisin matinal

°

merci à l’inconnue
qui laissa choir
sur le quai de la gare
ce petit bouquet d’encens !

(–> 7/1/10)

°

nappe et coussins de neige :
le salon sur la péniche

(7/1/10)

°

le bruit de la moto
comme s’il ouvrait la fenêtre
– petit matin de janvier

(Bashôtage ?)

la vie vague des pieuvres

un relent de neige
sur les toits
la fumée
de quelques cheminées

sucre glace
du gâteau de noël,
lambeaux de neige
sur le toit

mon beau chapeau
je ne le mets
que pour mes livres

(8/1/10)

°

balançoire sur les flots
une nuit de cloches

°°

(kyôkus ? :)

le silence
est la terre des mots …

l’étendue blanche des mots …

les mots naissent de la marmite du silence
les mots sont les bulles que forme le brouet chaotique du silence
les mots sont les bulles issues de la marmite chaotante du silence

Dans le haïku, ce n’est pas le sujet qui importe, c’est l’objet.

Polysémie =
Equivocable

°°

au bout du pin
le soleil
sur un fil

(Montpellier 1/11/09 ?–>9/1/10)

métro parisien –
les petits pas
d’une …
Japonaise

°

soldes –
le blanc
de la neige

sapins
sur les trottoirs –
la neige

cri du corbeau –
la rue
enneigée

(ou :)

le cri du corbeau,
la rue enneigée

houx, houx,
sapins
dans la rue

(9/1/10)

°

déjà
dans le petit matin gris mauve,
la fumée du toit

t(err)asse de café

°°

(kyôkus :)

Le haijin est un
spécialiste des
travaux en court(s)

Réduire à l’essentiel
Réduire à l’irréductible
=
faire le ménage
=
déblayer
=
décanter

°°

10 – 1 – 10
l’étagère
de guingois

°

emmailloté
à l’arrêt d’un bus
un sapin

(10/1/10)

°

préférant être
d’ébats
que de
débats –

« Chaussures Haut-de-gamme « :
Prix très bas
aux étals

(Bld de Magenta ? 12/09-1/10)

savourant les trains lents…

°°

(kyôbun :)

sur la voie ferrée
une couronne des rois

:

l’incongru, ce qui capte (capture)
l’œil, l’esprit, l’encre :
est du
domaine du haïku

°°

jog court :
les grilles fermées :
neige de la veille

un cygne noir
debout
sur la mare gelée

un corbeau
à la coquille d’oeuf

courir –
l’épaisseur gris cendré
du froid

(11/1/10, Square des Batignolles)

sur le terrain
joue la neige
– but vide

 » L’AFFAIRE JOHNNY  »
titre l’Express
: L’affre Johnny ( ? )

Regarder
par la fenêtre
(Ne pas) Voir
le temps passer

L’homme au miroir d(e l)’encre…

JOUER , RIRE :
les (deux) seins
de la liberté !

Merde, nous arrivons !
En chemin
C’était si bon !

rivière congelée
arrive à Reims

l’aile de la cathédrale :
échafaudage

dire / écrire
au moins

déc(h)anter

Le « délit de solidarité »
: un comble
bien français !

la neige,
ses mains vides …

presque plus de neige
(sur les toits) –
la farine pour le pain

(11/1)

°

sous ses chaussures
le gris du froid
de la rue

neuve ?
la canne noire
du vieux chinois :
étiquette

(12/1/10)

°

courte nuit –
une fabrique
de haïkus …

pendant qu’on était couchés,
blanc matin

mots et flocons
sur ce carnet

passants

entre les flocons

(13/1/10)

°

l’anarchitecture

(14/1)

°

un bon jour est un éclat de verre

de la Liberté
l’Égalité
la Fraternité

au
délit de Solidarité :

l’évolution française

journal télévisé (/ télévision) : arme de
destruct(urat)ion massive

le journal
télévise
à vous berner

lèche-botté(e) ?

(15/1/10)

°

croassant noirs

(16/1/10)

°

convocation
pour la vaccination :
à la poubelle
illico !

pendant qu’elle le regardait,
lui
changeait de crépuscule…

elle sur les lèvres
lui sur la joue
départ de train

les très gros ciseaux
de grand-père
pour couper le(s) cuir(s)

quand le chat
n’a pas compté
le poids des choses …

… dont les espaces
sont encombrés
par la neige mentale
de leurs dirigeants …

(17/1)

(tanka M. :)

deux ans après,
jour pour jour,
je supprime son numéro

– pincement au cœur

faire ami-sémite

la bière Gynt

Peer to peer Gynt

(18/1)

°

la lune
les fleurs de cerisiers
les brumes
la rosée
les lucioles
ne disent-elles pas tout
sans mots ?

(21/1/10)

°

haïkouiquement,

°

(petite nature vive :)

cinq noisettes
et une noix
juchées
sur une orange qui pourrit

(21/22-1)

°

dans la tasse
l’ampoule
en C

°°

(kyôbun : Devoir du lecteur
ou : Kyôbun à la feuille de salade :)

devant l’agence immobilière
une feuille de salade

( : Il s’agit pour le lecteur du haïku
de trouver le lien, d’apparier les deux propositions)

ou :

– Trouvez le (/un) lien !
– Appariez !

(22/1)

°°

… le rêve :
sur des pages blanches
le dessin des nuages

la nuit
les mots viennent se coucher
sur le papier

lumière
sur la page :
moins de mots

°

ce matin
le cri du corbeau
semble en colère
– pluie de janvier

(23/1)

°

le coup de moudre

(25/1)

°

pleine lune (de fin janvier)
flanquée * de deux étoiles
traverse les nuages

Fou de désamour

(29/1/10)

°

la burqa :
un bel écran
de fumée…

°

pleine lune et neige
de fin janvier

(30/1)

°°°

Guignol

15 février 2010

°

Théâtre de Guignol –
les bancs blancs
gouttent
au soleil

°

d.(Buttes-Chaumont, 14/2/10)

jog du jour (14/2/10)

14 février 2010

°

l’homme
au corbeau sur la neige :
« salut mon pote ! »

°

d.(14-16/2/10)
(avec mes remerciements à J-P. Cresta)

Poèmes Py – 1/7 janvier 2010

7 janvier 2010

°°

pleine lune
au premier
: un autre lampadaire

(place Clichy)

°

soir du premier :
le plein de touristes
place Blanche

°

premier janvier
sur les pentes de Montmartre
des rires roulent

°

place du trêtre
quelques courageux
caricaturistes

(battant pavé froid)

°

le bal
des débuts d’an

°°

2 janvier
la pleine lune
à peine moins pleine

°

Il eût fallu
que j’accédasse au dossier,
dit Lachaize …

°

Le président Trépignan …

°°
(kyôku – épigramme)

il aligna sept  » cric  »
au milieu de son  » haïku  » –
qu’on lui donne de l’huile !

°°

dimanche matin
les grues tournées
de l’autre côté

°

dimanche matin,
théières de haïkus

°

en Marcel
sur son balcon
– soleil du troisième jour

°

(kyôku :)

Quand dire
c’est voir,
on a le haïku.

°

(Cinéma -)

entre affolance ouesterne
et suprême lenteur asiate

( passage à l’an )

°°

(jog du 3 :)

trois janvier,
ramassant
(les boules d’)
un sapin à la rue

°

midi –
sur le banc
le clochard
ouvrant son sandwich

°

au pied de l’arbre admirable,
un canard quiet

°

cri –
le cygne noir lance
son bec rouge

(Square des Batignolles)

°°

tous ces oiseaux :
dans la tête
ou dehors ?…

°°

Mêmes proportions :
le pain plus ou moins levé

°

une main sur la boule
l’autre dans la poche :
aire de janvier

°

première rencontre –
elle me parle de sa mammographie

°

poubelle
du grand magasin
7 heures, 6 janvier

°

un roulement l’habille

°

merveilleux ver mielleux

°°

ponce son mur
le voisin matinal

°

nappe et coussins de neige :
le salon sur la péniche

°

merci à l’inconnue
qui laissa choir
sur le quai de la gare
ce petit bouquet d’encens !

(–>7/1/10)

°°