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Compte-rendu du Kukaï de Paris 110, du 20 février 2016 :

21 février 2016

En présence de 18 personnes + 1, 57 haïkus ont été échangés.

28 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus :

°

Avec 5 voix :

métro bondé 

un parfum de clémentine

agrandit l’espace

: Antoine Gossart,

et :

Premières violettes

Les poings un peu marbrés

du nouveau-né

: Monique Leroux Serres.

°

Avec 4 voix :

migrants à la une –

l’hôte dans mon jardin

un oiseau sans nom

: Eléonore Nickolay.

°

Avec 3 voix :

aube naissante –

glissent entre les pins

des nappes de silence

: Philippe Bréham;

les oiseaux

dans le laurier-sauce

~ deux feuilles dans le poulet

: Patrick Fetu;

un nouveau jour

ouvrir les fenêtres

de l’ordinateur

: Eléonore Nickolay.

°

Avec 2 voix :

Découvrant son cadeau

Elle retrouve

son enfance

: Leila Jadid;

deux notes métalliques –

la bourrasque joue

du portail

: Dominique Borée;

feuilles mortes

aux trousses du chien

le vent d’automne

: Christiane Ranieri;

glaçage des verres –

les seins de la serveuse

échauffent les esprits

: Antoine Gossart;

héron –

j’invite un inconnu

à le regarder

: Valérie Rivoallon;

Routards obsolètes –

ses rêves de voyages

au recyclage

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sieste érotique –

le vent d’hiver

hausse le ton

: Dominique Borée;

soleil d’hiver –

un été

derrière la fenêtre

: Jacques Quach;

°

Avec 1 voix :

aujourd’hui encore

elle cache ce tatouage

sur son avant-bras

: Patrick Fetu;

Avec son oeil neuf

elle découvre des rides

autour de ses lèvres

: Marie-Alice Maire;

caniveau –

j’imagine le bruit

de la grenouille

: Valérie Rivoallon;

cette cascade 

qui tombe des rochers

quel silence!…

: Philippe Bréham;

Cristallin tout neuf –

elle perçoit les nuances

argentées de l’air

: Marie-Alice Maire;

Envol de l’oiseau

ses ailes dans la nuit

découpent le ciel

: Véronique Arnault;

jour de février –

le jaune arrogant

d’un jeune crocus

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

jour gris et pluvieux,

une peau d’orange

sur le trottoir

: Daniel Py;

la demi-lune

en plein jour – hâte

de t’embrasser de nouveau

: Eléonore Nickolay;

La poussière voltige

dans un rayon de soleil

Air de Chopin

: Danièle Etienne-Georgelin;

la Seine noire

allongées sur les flots

les lumières d’un bar

: Cécile Duteil;

le métro s’arrête

les lumières s’atténuent

nos genoux se frôlent

: Philippe Gaillard;

Lettres d’or sur ta tombe

S’écaillent un peu plus

Au fil des saisons…

: Leila Jadid;

sur le boulevard

deux policières armées –

leur sourire charmant

: Philippe Bréham;

tétée 

dans le métro –

le mari cache le sein

: Valérie Rivoallon.

°°°

Véronique Arnault, Valérie Rivoallon et Fabienne Caurant, Minh Triêt Pham nous ont fait part d’événements les concernant (au mois de mars prochain, pour la plupart). Je vous relaierai ces infos très prochainement.

Merci!

D.

PS : Notre prochain kukaï aura lieu samedi 12 mars à 15 hères, au bistrot d’Eustache

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Compte-rendu du kukaï de Paris 109

31 janvier 2016

En présence de 18 personnes, 39 haïkus furent échangés. 23 obtinrent une ou plusieurs voix.

°
Avec huit (8) voix :

Livre de chevet

Toute la lumière du jour

pliée dedans

: Monique Leroux-Serres

°

Avec quatre (4) voix :

matin gris –

d’une humeur

de nuage

: Michel Duflo;

Mouchoir chiffonné

au fond de la poubelle

ses larmes d’hier.

: Patrick Fetu;

Passade –

Restent ses pas

sur la neige

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

vent de velours

il entre par la fenêtre

le mimosa

: Patrick Fetu.

°

Avec trois (3) voix :

déménagement –

le miroir n’a rien retenu

de ce qu’il a vu

: Antoine Gossart;

Pelouse secrète

de nos tâtonnements –

l’herbe couchée

: Catherine Noguès;

tes yeux perdus dans

le ciel de Paris – poupée

de brocante

: Jacques Quach.

°

Avec deux (2) voix :

déjà le soir

encore un rayon

me dit mon ombre…

: Philippe Bréham;

Devant la Joconde

une belle fille se sourit

– selfie à deux

: Alice Schneider;

Ecole buissonnière

dans la rangée des fourmis

une à contresens

: Ben Coudert;

pèse-personne –

quel poids

pour la poussière ?

: Valérie Rivoallon;

Plein hiver –

Rentrant du cinéma

Le son aigu de mes hauts talons

: Hiro Hata.

°

Avec une (1) voix :

Blanche

comme un linceul

la piste noire

: Marie-Alice Maire;

crépuscule d’hiver –

dernière tournée de fiente

des mouettes

: Michel Duflo;

devant l’église –

c’est ça Sainte-Moustache ?

demande la petite fille

: Antoine Gossart;

la pluie d’hiver

affleure la vitre –

baiser de solitude

: Catherine Noguès;

la télé en panne

je regarde ma femme

qui pleure

: Ben Coudert;

quartier Pigalle –

en train de copuler

deux pigeons

: Minh Triêt Pham;

rencontres matrimoniales –

ma fille me présente

Freud (*)

: Valérie Rivoallon;

(* : un chat.)

Serin en cage

Comment comprendre la joie

d’un chant si libre

: Nicolas Lemarin;

son doudou

fripé

comme elle

: Eléonore Nickolay;

Tout est gelé

les canards font le tour de

l’étang – à pied

: Jacques Quach;

ville d’Orly

échappées d’un avion

les perruches prolifèrent

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Sans voix, mais commentés :

Des nuages sur les reins

Le ciel bleu sur la tête

Le premier ski

: Hiro Hata;

je reprends

de la cuisse

: jogging

: Daniel Py;

Le feu se meurt

laissant une ombre

la cendre

: Monique Leroux Serres.

°

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 20 février, à 15 heures, au bistrot d’Eustache (- ou de « Moustache » ? / ou de « mousse-qui-tache » ? (pour continuer dans l’esprit de l’almanach Vermot !?…)

°

 

 

 

 

 

 

Haïkus, senryûs,… – Py – Déc. 15 – 2/3

12 janvier 2016

°

(Portrait – en noir et blanc :)

ses bas et son écharpe

zébrés –

son sac-à-dos

panda

°

Les décos de Noël

bien plus modestes cette année –

COP 21

°

cet après-midi

le temps

goutte-à-goutte…

(- siroter)

°

à terre

la tendresse

du ginkgo biloba

°

au matin du 21 novembre naît

un fleurisier

°

Capital(e) :

Trouver un espisse vert…

°

sous la pile des pulls

(une écharpe

crue perdue)

°

entre les feuilles de mon carnet

des feuilles de ginkgo biloba –

Avent

°

« Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé. » Hugo Chavez (1954-2013) (- Partagé par Ben Adgnot sur FB.)

°

Penny Harter (in « Round The Pond », Roumanie, 1994):

« Beekeeper / humming / back »

« l’apiculteur / frelonne / en retour » (adapt. Py).

°

des limasseuses…

°

des auto-haïkuiseurs…

°

(Kyôku :)

Quand on aime

on ne compte pas

… les syllabes !

°

Des glaçons

dans mon apéro

– Bientôt A la neige !

°

De hotte

en bas

l’abonbondance…

°

ginkgo ô ginkgo,

tout le long du début de décembre !…

°

dans le sapin

les boules…

un Noël éboulissant…

°

sèche

la feuille de biloba

casse

°

ce matin

ça chauffe sur Internet

– mon bol de thé froid

°

retroussant ses cils

: maquillage RER

°

lendemain d’élections

le panneau d’affichage municipal

tout blanc

°

COP 21

rien n’est encore fait

mais voyez comme

ils s’auto-congratulent !

(J’ai juste vu

que les chefs d’Etats

étaient contents d’eux-mêmes

à l’issue de la COP 21)

Après la COP 21

les chefs d’Etats

vont gueuletonner,

satisfaits.

Après le gueuleton

post-COP

les chefs d’états satisfaits

repus

°

Là-haut

le réveil en ta

lons hauts

°

Les chaînes de Jacob

Amour :

les chaînes de soie…

… pas les chaînes de soi !…

°

le train arrive –

une cloche sonne

au loin

°

« En toute mauvaise foi » ? *

un plagiaire de rien (?)

 

* cf Maxime Decout, Ed. de Minuit, 2015 

La palinodie

du plagiaire

débusqué

Il nous fait une crise

de mauvaise foi ?

mots croisés

le plagiaire

s’est grillé

°

Je commande une bière Record

« Record de douceur »

à la télé du bar

°

« Dropped » *

: Les deux hélicoptères

dropped **

 

* Nom d’une émission télé

** to drop : (laisser) tomber; (se) « crasher ».

°

(Journaux gratuits :)

Des tombereaux d’informations formatées

pour qu’ils n’ingurgitent

qu’un seul son de cloches !

°

des dents

… qu’on aurait envie de lécher

?

°

(Traversée de rame :)

des cuisses haut-perchées

(qui impressionnent

leur public…)

°

Plein de mémères à petit chien

en train vers le Sud-Est

– vacances de Noël

°

couchée

sur son cahier

à écrire…

(18/12, Nice-ville)

°

une régalerie

°

les choses sont

ce caleçon

et elles seront

ce calceron

°

verre de vin

sur la terrasse

au-dessus de Menton

le 20 décembre

(au soleil)

le soleil

descend derrière le Mont

/ se retire du balcon

/ Fraîcheur

le soir

se pose

sur la nappe

du balcon

(Castillon, 20/12)

°

« Non, Kate,

ta p’tite soeur n’est pas

un xylophone ! »

(matin du 21/12, Castellar)

°

Prendre la multinationale 20…

°

dans la rue

que le bruit

(du filet d’eau)

de la fontaine

– Castellar, 22 décembre

°

(A suivre, p. 1, carnet gris).

°

Compte-rendu du kukaï de Paris 108

10 janvier 2016

En présence de 17 personnes, ce samedi 9 janvier, 54 haïkus ont été échangés. 33 d’entre eux ont obtenu une ou plusieurs voix.

 

Avec 4 voix :

 

dans les yeux

du vieil homme

le blanc de l’hiver

 

: Patrick Fetu;

 

ses seins fermes

sous le chiffon à poussière

je repasse une fois

 

: Antoine Gossart.

°

Avec 3 voix :

 

Garonne en crue

les mouettes de l’enfance

à contre-courant

 

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

 

crèche de Noël à l’Ehpad *

les résidents

devant l’aquarium

 

: Daniel Py;

* = Etablissement Hospitalier Pour Adultes Dépendants

 

Derrière le paravent

Le lavabo de faïence

garde ses secrets

 

: Catherine Noguès;

 

La goutte de pluie

sur les mains de l’aveugle

contient le ciel

 

: Nicolas Lemarin;

 

quelques taches brunes

sur les pages du vieux livre

… sur mes mains aussi

 

: Patrick Fetu;

 

qui d’elle ou de moi

est le plus ivre ?

une mouche dans mon verre

 

: Paul de Maricourt;

 

sous-marin

dans son bain –

le vacarme du monde

 

: Valérie Rivoallon;

 

Voleur de chaussures –

puissent-elles te guider

vers d’autres larcins

 

: Michel Duflo.

°

Avec 1 voix :

 

A la porte du cimetière

trois vieux amis

parlent rhumatismes

 

: Daniel Py;

 

assis au bord du sentier

je me sentis épié –

c’était la montagne !

 

: Philippe Bréham;

 

aube d’hiver –

urgence absolue

d’un second café

 

: Michel Duflo;

 

Branches nues

sur la marge du ciel

calligraphie d’hiver

 

: Nicolas Lemarin ;

 

Compter jusqu’à cinq

Sur chacune de ses mains

Contempler le ciel

 

: Lise-Noëlle Lauras;

 

crépuscule d’automne –

au fond du cendrier le mégot

encore incandescent

 

: Minh Triêt Pham ;

 

déchéance de nationalité –

mon steak à moitié

bleu marine

 

: Minh Triêt Pham;

 

Des cacahuètes

Dit le licencié

Voici ma prime

 

: Lise-Noëlle Lauras ;

 

Entre deux pluies

longue lettre au percepteur

pas le temps de rêver

 

: Roselyne Fritel ;

 

fin de décembre –

mon compte bancaire

anorexique

 

: Minh Triêt Pham ;

 

Légère absence

Elle caresse son ventre

de sept mois

 

: Monique Leroux-Serres ;

 

le mimosa en fleurs

S’enivre dans le vent –

Tout est là

 

: Catherine Noguès ;

 

lever de lune –

du regard la suivre

jusqu’aux toilettes

 

: Michel Duflo ;

 

Maison de campagne

seule l’araignée au chaud

dans l’abat-jour

 

: Antoine Gossart ;

 

nid d’hiver –

rêver d’ailes

pour s’y blottir

 

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

 

Nouvel An –

pour seul voeu

un virus numérique

 

: Christiane Ranieri ;

 

Nuit sans lune –

les premiers flocons éclairent

doucement les monts

 

: Danièle Etienne-Georgelin ;

Parc du château

les oies sauvages apprivoisent

les promeneurs

 

: Marie-Alice Maire ;

 

pluie sur la tombe –

orpheline aussi

de sa voix

 

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis ;

 

pressée –

du vent

dans les herbes

 

: Valérie Rivoallon ;

 

Tante Alice

ses joues

aux odeurs de bonbons

 

: Patrick Fetu ;

 

Une corneille du parc

croasse sur son écho

elle n’est jamais seule

 

: Nicolas Lemarin ;

 

virage à droite –

la galette des rois

devient citoyenne

 

: Valérie Rivoallon

°

O voix, mais remarqués (commentés, discutés) :

 

au lever du jour

sur la neige

lire la nuit

 

: Antoine Gossart ;

 

brume automnale

les platanes peu à peu

deviennent fantômes…

 

: Philippe Bréham;

 

Le compte est bon –

jogging des pompiers

15 shorts et… 30 cuisses !

 

: Danièle Etienne-Georgelin ;

 

le temps d’un orage –

retrouver l’humilité

de nos ancêtres

 

: Ben Coudert ;

 

mes hématomes

le ciel, tes yeux et la mer –

nuances de bleu

 

: Ben Coudert ;

 

Réception –

un vrai sport

l’approche du buffet

 

: Danièle Etienne-Georgelin.

 

°

 

Pour terminer la soirée, Marie-Alice Maire a commenté et lu certains haïkus du dernier recueils de Bruno Robert : Parcelles d’elles, éd. Tapuscrits.

°

Notre prochaine réunion aura lieu

samedi 30 janvier 2016 à 15 h, au bistrot d’Eustache.

°°°

 

 

 

 

Prévisions Kukaï de Paris 2016

28 novembre 2015

KP 108 : 9 janvier 2016

KP 109 : 31 janvier

KP 110 : 20 février

KP 111 : 12 mars

KP 112 : 9 avril

KP 113 : 21 mai

KP 114 : 11 juin

KP 115 : 2 juillet

KP 116 : 3 septembre

KP 117 : 24 septembre

KP 118 : 15 octobre

KP 119 : 19 novembre

KP 120 : 10 décembre 2016

Haïkus, etc. Py – déc. 14

23 mai 2015

°

ouvrir la porte :
se laisser pénétrer
par l’odeur du pain
cuit

°

chaque jour
que tourne le monde,
merci

°

un sapin clignote –
Père Noël, pendu,
oublié à ton balcon,
voici revenu
le temps de tes exploits !

°

rencontrai ce soir
un curculionidé *
dans le dictionnaire

* = de la famille des charançons.

°

mettre l’eau à l’oreille
mettre la puce à la bouche

°

ils semblent bien dodus
ces deux canards
sur la Seine gonflée
– fin de l’an

°

parapentes –
sur l’évier
des rognures d’ongles

°

les doigts de la pluie
sur les peaux du soir
(12 décembre)

°

par les vallées
et les sous-bois
son respir pioche la nuit

°

jusqu’au bout de l’orteil
le sentiment du printemps

°

dans un après-midi blanc
de décembre,
des cris noirs

°

jeune(s)
déjà recroquevillé(s)
sous les écouteurs
dans les écrans

°

Dans le haïku
je cherche le blanc,
je cherche l’espace

°

les jumelles, parfois,
ont le même rire
exactement
au même moment

°

portes en s’ouvrance

°

une perle, son haïku –
huîtres du réveillon

après les huîtres du réveillon,
une coquille
dans son haïku

°

sur le pain
je trace
l’idéogramme (chinois)
de miel
puis le mange

°

L’eulalie ondulante,
la souple eulalie
(: miscanthe, suzuki, herbe d’argent)

°

Le haïku est un poème blanc

(: un poème de si peu de mots…)

poème blanc :
poème dont les mots s’effacent,
laissant (la) place à l’espace…
à la brume…

poème blanchi…

Blanchir le haïku.

°

Tel qui avoua avoir
bien du mal avec « le naturel »
a naturellement
bien du mal
avec le haïku
(auquel il se voua
cependant) !

°

(Dans le haïku,)
il ne s’agit pas de remplir le vide,
il s’agit de le creuser…

°

Noël à l’EHPAD :
sieste en demi-cercle
autour de la télé

sieste en demi-cercle
autour de l’aquarium

°

bla bla bla bla bla :
c’est le début
d’un faux haïku.

Pour écrire un faux
-haïku : bla bla bla bla bla
bla bla bla bla bla !

°

Noël
près de mère
assoupie en son fauteuil –
lecture

laissé dormir mère –
le soir
tombait
sur le livre

dans son rêve elle prononce :
« On n’a qu’à faire comme ça !
… Au revoir ! »
et poursuit sa course
en fauteuil

assis
face à mère endormie dans son fauteuil –
le Noël de ses 94 ans

°

« l’essentiel du monde »,
« élimine les scories » =
pas de bla bla bla !

: Haïku de bègue !?

loin des bruits
et de la fureur
des mots répétés automates

le vide / le blanc !

un haïku de blanc !

haïku bouché de mots
comme de cheveux un lavabo

°

d’une écriture simple
limpide
et sans fioritures
(comme d’Emmanuel Bove – ?)

°

liane souple
à mon côté
nos épousailles

°

lumières d’après Noël
la pluie commence à rayer
la vitre du train

– cet Orléans-Paris
tant parcouru étudiant

vendredi soir 26 décembre
et peu de monde qui monte
vers la capitale

– la pluie a maintenant rayé
la vitre jusqu’en bas

°

la fran(ca)cophonie ?

°

montée vers la station de ski –
la neige s’enroule
autour d’un tronc d’arbre

°

Pourquoi le haïku est-il un poème blanc ?
: parce qu’en son centre se trouve le « kireji »
(le « mot »-de-coupe)
qui creuse * l’espace
entre les mots

* crée, permet, promeut

°

Ostensignes…

°

les dameuses
remontent les pistes :
leurs projos
dans le noir du matin

(4 h).

sous les sprays
des canons à neige
la dameuse descend la piste

puis la remonte

ballet des deux dameuses
à lisse-pistes

à flancs du mont
les faisceaux des dameuses
sous le nuage des canons à neige

au bas de la piste
la dameuse
à rebrousse-neige

je bois un verre d’eau
dehors la déneigeuse

dameuses, déneigeuse
au travail –
effaçant ses lignes
de sur le livre

les dameuses ont cessé –
la gomme continue
dans le noir du matin

souffler sur les roulures de gomme

éliminer
élimer
limer
mer

(+ le mot est « petit »,
+ il est vaste ?)

les dameuses
sont rentrées se coucher –
il n’y a plus que le bruit du frigidaire
qui tourne
vers le matin

disparaître
quand les autres
vont apparaître…

en piste sur les pentes
les dameuses –
n’égalisant pas les étoiles

éclairant
le nuage de neige artificielle,
la dameuse
repasse

les dameuses m’amusent

ciel bleui :
les étoiles
damées

la piste rose d’un avion
au tout matin –
les remonte-pente
à l’arrêt

au jeune matin bleu
des petits nuages roses
s’approchent de la montagne blanche

°

pierre,
on te dit sorcière,
et dans la rivière
pleure par amour

°

la dameuse
fume son nuage de neige –
dernier matin de l’année

ce matin la dameuse
soigne le bas de la piste

°

dp

Haïkus, etc. Py – janvier 2015

22 mai 2015

°

bientôt
la fin du je ? –
Nouvel An 2015

une mouche
à l’envers de la vitre
ventre
au soleil

les canons-à-neige muets –
la dameuse
s’y met quand même

mémé
monte en raquettes
derrière pépé –
chemin de neige

Certains haïkistes (français)
ont beaucoup de mal à
faire le vide *
dans leur haïku

* = vider (leur haïku)
du trop plein des mots
(inutiles… morts…)

2 janvier –
une mouche à l’envers sur la vitre
ventre au soleil

une mouche morte
sur le rebord de la fenêtre
ce 3 janvier

pattes au ciel
une mouche morte
ce 3 janvier

Le haïku est un poème blanc –

– le blanc du papier
(re)couvre les mots…

Inondations :
De boue,
les dégâts !

tout attentat est odieux
– surtout s’il est religieux

rire
ou mourir
faut-il choisir ?

ô dieux,
que de crimes
en vos noms !

Les corvidés
préfèrent-ils
la Croassie ?

où rire
mène à m
ourir…

ô dieux cruels
hier(s)
demain(s)

: Bannir les dieux !

Mourire de rir

Charlie
Charrie
Charpie
– hebdo

ce soir
la pointe d’une bougie
la flamme d’un crayon
à la fenêtre

– la défaite des lumières ?

« regarde la vie en fa  »

Trashédie

ce matin
du balcon mouillé
ramasser les restes de cire
de la bougie-Charlie

Barbarire

C comme Charlie
R comme Charlie
A comme Charlie
Y comme Charlie
O comme Charlie
N comme Charlie

Pizzicati de contrebasse –
ses seins
à contretemps

: dp (in Bulles de musique, éd. Pippa, 2013)

« tango argentin
à travers le chemisier
seins à contretemps »

: Patrick Gillet, 2è prix Mainichi, 2014.

Percusition

Aux semeurs de mort
aveugles
et sourds
nous faisons un
crayon d’honneur

Aux morts
pour le rire
nous (a)dressons
un crayon d’honneur

La tante de mon fils
est partie
le soir même de la Grande Marche *
rejoindre les
CHARLIE’s
ANGELS **
(: des couillus, ceux-là !)

* cf « La longue marche » (de Mao… de Gandhi…)
** série-télé 1976-, film (américain) 2003.

On t’envoie au paradis
avec une ceinture d’explosifs
– va faire sauter Dieu !

une banane au bout de la main
elle montre à l’enfant
l’avion près d’un nuage

où se trouve
la minute de silence
entre les mots ?

Rentré de Sy rit ?

Les 12
de Charlie Hebdo(s)
envoyés en S’y-rit ?

Charlie Hebventre
Charlie Hebcouilles
Charlie Hebsang

Charlie Hebcul

Mort à ces dieux mortifères !

– Les bonnes idées de Dieu ?

dieu,
franchement,
c’est plutôt une mauvaise idée !

« dieu » : le sens du massacré ?

dieu,
devra-t-il rendre des comptes
pour tous ceux
qu’il (a) fait massacrer ?

Charlie,
ces anges
couillus,

ces couillus angéliques !

sine dieu

Dieux : crimes à perpèt(r)e

Il doit y avoir un sacré bug
entre dieu
et les hommes !

martyres des djihadistes :
dieu les fait ensuite
sauter sur ses genoux ?

ceux pour qui
« sacré »
et « sacrifié »
sont de la même famille…

Quant à Sarko
il se fraie-
tille
coude après coude
une place
pour la photo,

sa place
au premier rang

, ce Charlot
pitoyable !

, ce charlie-tan(t)
ridicule !

Au milieu de tous ces Charlie, Sarko-Charlot

Nicolas premier
joueur de coudes
de France ?

onanisme : l’auto-rut

Il jouait déjà des épaules,
il joue aussi
des coudes

Sarko, convenez-en
est une source inépuisable
de senryûs !

Marche pour Charlie :
Sarko à lui seul
est caricature

les autruches
du nucléaire :
enfouissement des déchets

Ce que Sarko préfère
dans « Je suis Charlie », c’est
« Je »

Marche pour Charlie :
après la photo de classe
Sarko retrouve son rang

Ils sont tous Charlie
je continue d’acheter
Siné-mensuel

bonnet de jour,
bonnet de nuit :
l’hiver – et la vieillesse ?

La nuit tombe
entre les cornes de la vache
– Kaokoveld *

* Afrique du Sud-Ouest.

l’élève de Qigong :
ses lacets du même vert
que les carreaux de la salle

2ème année
qu’un Père Noël
pend lamentablement
du balcon d’en face

au balcon d’en face
un père Noël
pendu par les pieds
oscille du bonnet

fin janvier
le père Noël
pendu au balcon d’en face
reçoit
quelques flocons

Après un service « funZèbre »,
enterré au cimetière
du père H.S.

°

dp.

Haïkus, etc Py – février 2015

21 mai 2015

°

livre neuf –
un cil
coche un haïku

sur le chemin
du stage de bâton ce matin :
un livre de haïkus,
les cris des mouettes sur la Seine

lundi matin 2 février,
une fine couche de neige –
la mousse de l’eau de vaisselle

10 ans :
au lieu de sauter à la corde
elle saute à la bombe –
Boko Haram

des piaillements
percent le froid du matin noir
début février

il s’est bien mouillé
pour sauver la centenaire
des flammes !

Le haïku
doit épouser
la forme de ses rythmes
les plus élémentaires,
les plus naturels…

: la forme
c’est le rythme

(Le rythme dicta forme)

métro :
elle éteint ses chaussures

l’homme
est un homme
pour l’homme

le panneau
« Centre de secours »
pointe vers le ciel

un élastique
clé de sol
sur le trottoir

à l’abri du froid
la plante verte
se tresse
vers la lumière

nous préludions à l’amour –
je dus me lever pour pisser
mais je ne pus jamais retourner dans son rêve

pendu par les pieds
tout au bout de son balcon
un ancien père Noël

le vent
balance le bonnet
du père Noël
pendu de son balcon

… quant au Père Noël
à l’envers
au bout de son balcon :
le sang
lui est tombé
à la tête ?

… quant à la plante verte
derrière son carreau
(à l’abri)
elle grimpe, elle grimpe
et continue sa tresse
vers le haut

… se tresse
avec tant d’adresse

vers le haut
vers dehors,

spirale
géniale

je vous souhaite
de bien avancer
sur le chemin
de vous-même

trois élèves de Qigong
recentrent leur énergie
– un lotus qui se referme

silence :
laisser infuser l’image du haïku
pour bien s’en imprégner

étoiles, lucioles, gouttes
vers le réverbère

Arrêter le temps
Faire couler celui d’un livre

la pluie –
elle resserre son décolleté
(Saint-Valentin)

les vieux
se recourbent
ralentissent
rejoignent le temps

… pour qui je virgulais du coeur…

Pourquoi tourner autour des mots ?
: un seul, au centre

Pourquoi tant de mots ?
: un seul
mais juste !

jour de la Saint-Valentin :
annulé nos billets
pour Nouméa

la solitude du robinet :
goutte à goutte

(d’après Cécile Duteil : « Solitude / le robinet / goutte à goutte »)

la solitude du robinet :
goutte…
goutte…

la fleur
ne fait rien :
elle attend
que le printemps
la pousse
l’ouvre

Pour la Saint-Valentin
des affiches
Lise Charmel

au bout de leur tige
les bourgeons de géranium
sont si lents !
– mi-février

drone
survolant la centrale :
ami, ennemi ?

manucure impeccable,
elle accroche un ver de terre
à l’hameçon

une pantoufle mauve
sur une flaque d’eau
– ciel de février

la plume de canari
refuse
de monter dans la pelle

doigts d’une femme
faisant leur gamme
dans son sac à main

Charlie sous le coude,
les gouttes sur le parapluie

comme un bébé dans ses bras
son six-pack
de bières

2ème Charlie
après le crime
plus personne ne se précipite
au kiosque à journaux

25 février
le soufflé Charlie
retombe

Plus personne ne se précipite
au kiosque :
2è Charlie de l’an 15

un kaïkaïku :
un haïku qui fait se sauver
en courant

les oiseaux chantant
je m’égoutte
près du buisson

Janvier :
le mois de l’envol définitif des Charlie :
2015 : Charb, Cabu, Maris, Wolinski, Tignous, Honoré
2014 : Cavanna
2005 : (Le professeur) Choron

« Sarko l’incruste » :
« La première rigolade post-attentats »
(: in « La Presse Satirique, n° 10, p.8)

Sarkozy :
à lui seul
une caricature
– que dis-je ?
: mille caricatures !

(cf je-suis-nico.tumblr.com)

« Rire, c’est la meilleure arme contre les cons » : Maël Jones
(in : « La Presse satirique, n° 10, p. 8)

d’un inspir ronfleur
labourant un pan
du matin

(ancien = 2006 ? -:)

septembre
ses feuillets tombent
sur le trottoir

au coeur du traVail
cet envol de l’oiseau

au coeur de l’
enVol
les ailes s’ouvrent

au coeur de l’
enVol
ailes ouvertes

ciseaux
l’oiseau
scie le ciel

ciseau(x)
l’oiseau
ouvre le ciel

Faire haïku net !

quiet
le frigidaire
qu’on remplace demain

/(: inquiet ?)

/(: parce qu’inquiet ?)

°

dp

Compte-rendu du Kukaï de Paris n° 99

8 mars 2015

Le samedi 7 mars 2015, au bistrot d’Eustache (Paris), 19 haïkistes (+ 2 « absents ») ont partagé 40 haïkus/senryûs.

Avec 5 voix :

le printemps s’annonce –
déjà en culotte courte
le nain de jardin

: Michel Duflo ;

et :

scarabée –
l’azur s’invite
sur ses ailes

: Isabelle Ypsilantis.

Avec 4 voix :

Chez mon voisin
les perce-neige
sans mon voisin

: Eléonore Nickolay ;

encombrants –
il pleut il pleut
sur la bergère

: Dominique Borée ;

et :

rue à l’aube
bruit d’une feuille
qui s’envole…

: Philippe Bréham.

Avec 3 voix :

A côté de moi
l’oreiller reste bombé
Ton absence –

: Nicolas Lemarin ;

Du bout de mon doigt
la coccinelle
part en voyage

: Isabelle Ypsilantis ;

et :

soir bleu
la ville allume sa mosaïque
de fenêtres

: Cécile Duteil.

Avec 2 voix :

bain fumant
le crépitement
de la mousse

: Cécile Duteil ;

jardins ouvriers
partager les dimanches
cueillir trois tomates

: Patrick Fetu ;

l’eau du caniveau
à l’approche du printemps –
son chant guilleret

: Michel Duflo ;

nuit à la campagne –
les étoiles et les lucioles
s’échangent en morse

: Minh Triêt Pham ;

Sous ma fenêtre
des enfants passent en rang
ruisseau de voix claires

: Nicolas Lemarin ;

Sur le bord du quai
je ne vois plus que sa main
… brume de printemps

: Christiane Ranieri ;

toute nue
elle fait encore parler d’elle
la pleine lune

: Eléonore Nickolay ;

et :

vague
figée
– quel hiver !

: Daniel Py.

(merci à Michel pour cette version épurée !)

Avec 1 voix :

Dans la nuit d’hiver
pour repères la lune
et le phare du vélo

: Gwenaëlle Laot ;

de leur branche
deux corbeaux regardent
les flocons tomber

: Daniel Py ;

(d’après « Corbeaux », encre de Chine et couleurs sur papier, de Yosa Buson, in Hiver de Yosa Buson, éd. La Délirante, 2001.)

dernière ligne droite
pour l’escargot en vadrouille –
glissant sur une flaque

: Philippe Bréham ;

Entre deux falaises
inlassablement la plage
accueille les vagues

: Gwenaëlle Laot ;

L’ado désoeuvré
boîte de bière à la main
de rue en rue

: Patrick Fetu ;

La mer du printemps
Je marche les pieds nus
Ivre de joie

: Hiro Hata ;

L’équinoxe de printemps
Est-ce que je garde
Mes deux visages

: Hiro Hata ;

neige –
les traces du lièvre
se recoupent

: Paul de Maricourt ;

silence des astres
vagues vertes du vent
je me tiens à toi

: Sylvie Estève ;

et :

Sylphide en jean
devant les Naïades
– Fontaine des Innocents

: Dominique Borée.

Notre prochain kukaï :
le numéro 100 !
aura lieu samedi 11 avril 2015
au bistrot d’Eustache
à 15 h 30 !

Nous fêterons l’événement en proposant – à ceux qui veulent bien y venir
(mais qu’ils me le fassent impérativement savoir, pour la réservation) – de dîner ensemble, après le kukaï,
à la Taverne de Maître Kanter toute proche !

Daniel.

Atelier, lectures, signatures : les 2 premiers vendredis de mars

16 février 2015

Bonsoir !

le vendredi 6 mars :
– atelier haïku et senryû à 14 h 30
suivi d’une lecture de senryûs, haïkus, etc. extraits du recueil 
Fourmi sur ma jambe, de Daniel Py,
en présence de l’éditrice d’Eclats d’encre Sandrine Fay
+ signature (jusqu’à 19 h) :

à la librairie Pippa,
25 rue du Sommerard
75005 Paris
(M° Cluny-La Sorbonne)

+ lecture (à 17 h) et signature de la romancière Geneviève Roch (Le Guetteur halluciné, éd Eclats d’encre)
+ lecture à 18h et signature de la poète Eliane Vernay (Signes du rien, éd. Eclats d’encre)

le vendredi 13 mars :
de 14h30 à 19 h :
lancement de l’anthologie Trente haijins contre le nucléaire, éd. Pippa,
dans le même lieu

Les auteur(e)s sont chaleureusement invité(e)s
ainsi que leurs ami(e)s et connaissances
Les collations seront offertes sur place par la libraire-galeriste-éditrice Pippa : Brigitte Peltier!

Qu’on se le dise – … et que l’on y vienne !
;-)

Daniel