Archive for the ‘haïkuisine’ Category

poèmes, etc – py – juin 08

2 novembre 2010

°

sur l’enseigne rouge
le soleil
se couche

ciel du soir
strié de traînes d’avions –
martinets

éclairs
derrière les fenêtres :
plans télés

arpentant le pavé :
portraitistes du Tertre

devant l’étal aux citrons
ses plus que pomelos

chants sacrés
sur France-Musique,
dehors, des mélodies d’oiseaux

mardi gris –
Ternes Étoiles

3 a.m.
the smell of bread
fills the flat

3 heures du matin
l’odeur du pain
emplit l’apparte

chemise blanche
pantalon noir –
crotte de pigeon

concert costume :
a pigeon poops

Institut des Langues Orientales :
jeux vidéo
et mangas

(d’après Yumiko, 20/6)

Conciseler.

ce soir les oiseaux –
brancher France-Musique

des vols vifs de martinets –
une sublime musique russe

 » Marlboro 3 euros !
3 euros Marlboro !  »
: Métro Barbès

son chapeau de paille
un air penché
– quai de train

yoyo d’une araignée
au bout d’un doigt :
restaurant « Les Vents d’ange »

fête de la musique :
odeurs de pétards
et de troënes

(Beauvais)

à chaque soir son soleil –
ailes au ciel

à chaque soir
son ciel
ses oiseaux

troisième jour de l’été :
des pigeons picorent
le bord du soir

martinets se pourchassent –
les couleurs du couchant

entre omoplate
et bretelle
un dauphin saute

déjà de bonne heure
la ceinture sonore
du périsphérique

au coin du trottoir
une merde bronze –
fin d’année scolaire

dernier vendredi d’école
papiers en boule
dans la rue

dans la poubelle
renversée
une femme
collecte


(Senryû sous Sarko :)

 » Immigration choisie  » :
quarante-quatre cartes
délivrées en deux ans !

à son oreille
dans la rue :
un concerto de violon

peau à peau
le soir tombe

le coup du B
au bout du quai –

dans ce
verre ballon,
ce vin
m’envole ?


(« art poétique » :)

Réduire à sa meilleure expression.

Le problème est :
jusqu’où ne pas dire ?

Si le silence est long,
le haïku est court
– et inversement

dernier dimanche de juin
en paréo
elle repasse –
fenêtre mi-ouverte

dans sa boîte en fer blanc
le cassoulet « to lose » 1
à la fourchette

j’en pince
pour elle –
son linge
sèche

sur le chemin
jaune et noire
salamandre
immobile

(<– 8/2001)

dans le ciel
un L
d'avions

entre deux cheminées
le feu
du soleil

du haut
de ce chez moi
provisoire
le ciel
et ses cris

première étoile
dans le soir
un avion monte

battements d'ailes d'un pigeon –
la ceinture sonore du périphérique

pas pu décoller d'un aria de Mozart :
taillé mes crayons

(: R. Berberova + C. Bartoli, in « Lucio Scylla » / Harnoncourt, 1983)

°

d.(6/08)

haïkus, etc – Py – avril 08

2 novembre 2010

°

un plastique
s’envole dans l’arbre
– premiers jours d’avril

la violoncelliste
lance une pique
– complétez !

le ventre lie-de-vin
des nuages pommelés
et puis ça change

face au soir qui tombe
pâtes à la tomate
et vin rouge


(poisson-poison – 5/7/5) :

contamination
polychlorobiphényle :
l’omble-chevalier

in « 20 minutes » du 3/4/08, p.8, col. 1)

les pattes des pigeons
sur les toits de Paris
brûlent-ils ?

(cf. le film : « Paris brûle-t-il »)

en haut du soir
un oiseau pépie
– quand va-t-il bien s’arrêter ?

pluie sur l’étang –
une carpe (fait) surface

rain
on the pond
a carp
surfaces

en face aussi
photographiant
la giboulée

un pigeon aux ailes blanches
descend du ciel gris
– dimanche de printemps

premier dimanche d’avril
elle lave ses vitres

bruit d’avion
elle descend le trottoir
en rollers

sur le toit
les pigeons picorent
les gouttes de pluie ?

matin du 7 avril
soleil —
le blanc sur les toits fond

une flamme olympique (à Paris) :
3000 policiers
(100 en rollers)
65 motards
32 véhicules de CRS

torche olympique
les protestataires
s’enflamment

début d’après-midi :
la neige repartie
d’où elle était venue :
thin air

le match commencé :
l’écran vert
du voisin d’en face

matin
parsemé d’oiseaux
– à leur affaire

_
(« art poétique » ?) :

Pourquoi vouloir mettre en forme ?
Laisse tomber les mots
tels quels,
tels que venus, apparus dans ton cerveau –

tels que venus
repartant :
ne rien échafauder

du mal
à prononcer
« incommunicabilité » !

vue plongeante
du pigeon
sur rue

sur l’auvent
de la librairie
un pigeon
déambule

sans dessous dessous
la jeune sévillane
tournoya

(<– 1990 ?)

ça s'coue, l'bus,
ça s'bouscule !

le réel
t'offre
ses mots

lisant
le livre
que je lis
– métro

Lucy dans le skaï

ah, quelle difficulté
que de se réduire
à sa plus simple expression !

dehors, le vent d'avril,
dedans, le va et vient
du souffle :
relaxation

sur son trapèze
le poids
de la lumière

(cf mars 08 ?)


(haïkuisine :)

écouter
le chant des oeufs
au ras de la poêle

un pissenlit en fleur
rue Fragonard

de leur balcon
deux femmes regardent
le dimanche
de haut

les mots
pour dire
le silence

apprécier
le silence
que creusent
les mots

un drapé
… de silence

le haïku,
cet îlot
de mots

Écouter,
c’est écouter aussi
le silence

Écrire haïku,
c’est équilibrer
sons
et silence(s)

… ceux qui n’ont
que les mots à la bouche …

grâce à la cheminée,
SEAT
devient
SEPT

Le soir tombe
dans la rue

de soir en soir
la lune grossit

fleurs roses de l’arbre
dont j’ignore le nom

vert-pommes
son T-shirt

horde de pigeons
sur le toit
couvant le soleil ?

levant son verre de vin
à la couleur du soir

oh merde ! fit-il
quand son chien chia
sur le trottoir

tout plein de pendules
aux battements différents
– 88 ans


(du haïku :)

que tous les éléments concourent à l’unité du haïku

chaque fleur humée –
du bec, un cygne
lisse ses plumes

dans l’air
du dernier dimanche matin d’avril
une fanfare
au gré des vents

tambours et trompettes –
un vent frisquet

grosso modo
la fanfare
joue juste

mère (88 ans)
et moi
allons faire les courses
au 8 à 8
voisin


(S.S.S.) :

Sommes-nous gouvernés
par une bande de malades mentaux ?
le doute est de moins en moins permis
Au nom du bien (prétendent-ils)
ils font bien pire
que s’ils ne faisaient rien.
Empêchons-les de continuer à agir
nuire !…

du violon
tombent des gouttes
: sueur du violoniste

du violon
goutte
la sueur
du soliste

rigoles de sueur
sur le vernis du violon :
concerto de Brahms

(: Gil Shaham + Cl. Abado, Orch. de Berlin, 2002)

histoire d’Issoire
et de son sifflet –
le train redémarre


(« art poétique » :)

Un art qui reste « artificiel » est un art de paresseux.
L’art doit (r)amener au réel, à la « nature », au « naturel »

le réel réintégré…

les cloches
du couvent proche –
trafic du lundi matin

les jardiniers municipaux
viennent tondre la pelouse
– barbe de cinq jours

chant du merle
en réveille-matin :
dernières heures à Millau


(jog :)

humant lilas et roses
tout au long du parcours


(Fait de printemps :)

étang calme –
un couple de nonagénaires
fenêtres ouvertes
y plonge

nuages gris
passant au-dessus des toits ardoise
Reims, trente avril

°

d.(4/08)

Poèmes etc. Py, mars 08 – 2/3

30 octobre 2010

(…suite :)

Je salue le soleil du soir qui pénètre chez moi,
Ah, la magie des nuages ensoleillés du soir !

Et que Soeur Ennité vienne !

Ah, l’admiration, l’adoration (?) des nuages, le soir, au-dessus de Paris !

Ce soleil qui dore le ventre des nuages
d’autres, la crête
d’autre le pourtour – d’un rat qui fuit ? –
(de ce qu’on veut imaginer),
jusqu’à ce que les couleurs
tombent du ciel

… et d’encre échevelée

quelquefois des avions
y tracent leur route
imperturbable

et le rouge peu à peu fane
cohorte maintenant sombre

nord-nord-est – sud-sud-ouest

(ce 21 mars 2008, –> 19h20)

dans le soir qui tombe
montent des cris d’enfants
– début du printemps

souvent
devant la porte de l’homme
qui les nourrit de pain
les pigeons

premier repas au cuit-vapeur
les vitres embuées

un petit saint
près de moi ce soir :
un Saint-Chinian

°

se branlant
mutuellement la main :
politiciens

°

« talité » : qualité de ce qui est tel / ( = « ainsité » ? )

« obvie » (cf engl. « obvious ») : qui se présente tout naturellement à l’esprit, évident. / ( : un haïku obvie !…)

°

vélums tendus / au-dessus de la chaleur / de Séville

mues de cigales / partout / sur les troncs des oliviers

°

ce matin des flocons
cet après-midi des miettes
par la fenêtre

mastiquant –
deux pigeons
sur le toit

couleurs des rideaux
dissemblables
– dimanche matin

Du haïku

Démarche-haïku : aller de plus en plus / vers la clarté / (la plus grande possible) /
Atteindre la clarté / clarifier /
Démarche perso. : / concentrer / clarifier / devenir simple /
écrire de plus en plus clair // L’encre / de plus en plus / « sympathique » (?)

°

d. (à suivre… 3/3)

Haïkus, etc – Py – 8-9 sept 10

23 octobre 2010

°

au passage du vent
la page du journal
ondule

°

Le centre
c’est le présent

champ :
la culture du présent


s’en aller en souriant vers la mort

°
(S.S.S.)

Sarko, le peuple gronde,
Sarko, il en a marre de tes conneries !…

°

Existe-t-il un Institut
pour la qualité
de(s jambes en) l’air ?

un sacré grââââle
poussa-t-il en jouissant…

rujouissant…

… et rujouir
de plaisir !…

°

des mots viennent parfois
au petit matin
l’éveiller…

°

un paiement
en liquide
trébuchant…

°

qu’albutte,
si l’homme
au violant !

°

… la mort d’un héro
– ïnoman ?

°

… ils sucent des idées
v-en-pire !…

si pauvres en idées,
qu’ils piquent partout
celle qui pourra peut-être
les faire reluire ?

°

septembre
l’éventail rougi
du biloba

°

baiser le système à pognon
le plus possible…

°

du toc
au toc
débroussailler la langue

°

« c’est de la blanche ! »
dit le préposé SNCF
(parlant de la période !)

°

(métro :)

musique à danser
sur son balafon
– Brochant(e)

°

des feuilles
posées sur le trottoir –
soleil du neuf septembre –
un papillon blanc

°

le chat gris
aux yeux orange
aux boules grises
– Cité des fleurs *

* 75017.

°

première gorgée de bière
de la veille au frigo :
plate –

°

crépuscule capital(e) –
comme si la grue soulevait
une montagne de nuage

°

méloradieuse

elle chante
heureuse

mélodirradieuse
ça se gâte

°

comme des pâtes d’araignée :

les bulles
au-dessus des pâtes
qui bouillent

°

crépuscule parisien :
deux nuages s’embrassent
au-dessus du soleil

°

deux avions tirent un trait
vers le couchant
les longs bras des grues

°

une photo de cuisse d’elle

°

(mite :)

sous le jet
soulagée ?
: morte

°

(Histoire d’oeuf rance ? )

« Henri IV Le Bien-aimé » * :
– parce qu’il a donné une poule
à chaque pot ?

* affiche d’un théâtre parisien.

°

pente(s) douce(s),
sa jeunesse
vers l’automne

°

la grue levée :
pour rattraper
un nuage qui tombe ?

°

(S.S.S. :)

La France n’a jamais été aussi raciste
que Sarkozy, Hortefeux, Besson,
et autres suppôts

°

soir sur Paris :

une lumière rouge
au bout de sa tige,

encens inconsumable

°

premiers fêtards :
ceux qui sortent le plus tard
(possible)
de la fête…

°

d.(8-9/9/10)

Haïkus, etc – Py – Août 10 – 3/3

11 octobre 2010

°

(à) 5 heures du mat(elas)…

°

Le haïku
c’est la conscience du présent

°

des scandales de paille (?)

°

à côté de l’hirondelle
morte sur le trottoir
l’enfant dépose une fleur

(rue Pouchet, 21/8/10)

°

lighting a candle
for my first wife’s
first boyfriend
passing away

allumant une bougie
pour le premier petit ami de ma première femme
venant de mourir

°

a nice slice
of raw ham
– distant thunder

une fine tranche de jambon cru
– tonnerre au loin

°

« Le haïku c’est »
l’écho
des mots

°

faire feu
de tout instant …

faire feu
de toute instance …

de chaque moment
tirer le suc –
= le suc-
cès d’écrire
en haïku ?

°

(fiction) :

On my road
nobody ?
– Let it be !

sur ma route,
personne ?
: ainsi soit-il !

On my road
my friend
anna

°

La justesse du (res)sentir
l’exactitude du dire

°

bruit d’une cascade
entre les branches torves
de l’arbre

(Sq. des Batignolles)

°

(Senryû aux (plus d’)sous :)

Y a plus d’sous
(pour les retraites, etc.) ? –
marché de 1305 caméras de surveillance à Paris
pour 166 millions d’euros
attribué à Suez et à Véolia

(22/8/10. Source : Radio-Libertaire)

°

chèvrefeuille
jasmin … :
oasis parisien
de la Cité des Fleurs

(75017)

°

(Kyôkus :)

La pureté,
c’est aussi
l’expression la plus minimale
(sans perte de sens, évidemment !)

plus c’est simple,
plus ça me plaît !
: est sans ciel !… (?)

°

quelle forme prend
une spiramide ?

°

la jouissance du mot
« jubilatoire »

°

mes contemploraines …

°

Il ()suit
ses lunettes …

°

éclat-boosté

°

« 3 jours pour faire peau neuve
avant l’été »
dit la pharmacie :
dernière semaine d’août

°

Elle est ingrate…
Elle est même
ingrasse …

°

samare dans un sens
oiseau dans l’autre –
une soirée de fin d’août

°

magnificence du ciel :
des ourlets de nuages
puis un corbeau

ce soir le ciel
tout en (a)dorures …

°

un corbeau s’émerveille
du coucher de soleil

°

Ce soir le ciel
emporte mes mots

°

deux corbeaux
à distance commentent
le crépuscule

ce soir
deux corbeaux –
crépuscule

°

« mon loup sucré »
me dit-elle aujourd’hui
au télé-faune

°

(haïcuisines) :

soleil couché —
une moitié d’avocat
sans son noyau

(22/8/10)

trinquant rouge
sur fond bleu-nuit

°

(mot :)

FUTur
contient en lui-même
son passé …

°

sur le toit en face
l’ombre de l’ouvrier
démantèle
l’ombre de l’échafaudage

(24/8/10)

faut-il qu’il ait
le pied marin (?)
l’ouvrier
qui déchafaude ?

dernière semaine d’août
les couvreurs
dézinguent

°

sous un marque-page :
coccinelle
citadine

une coccinelle
sans taches

°

un insecte essaie
la face escarpée
du bol vide…

par la face
la plus périlleuse
du bol
un insecte

échoue

°

Les ouvriers
descendus des étages,
l’ombre des oiseaux
y passe…

°

une discussion
serrée
dans mes bras …

°

seul –
les milliers de bulles
du vin qu’on verse …

toutes ces bulles
du vin versé
rapidement
disparaissent

vin bercé
bain versé

°

fin août –
les feuilles déjà
rentrent dans l’immeuble

°

(haïkuisine :)

sur la peau
de la poire
un mélanome
d’août

°

à la pointe du présent
comme ce chien
dans la rue

°

aujourd’hui la gouttière
recueille
le rien du ciel

°

feuilles déchirées
fin août,
je rate le panier

°

en face des pigeons
la porte du lanceur
fermée

patience :
dix-huit pigeons
sur le toit

°

une samare s’élève –
des hommes donnent de la voix …

°

un hélicoptère
suivi d’un feu rouge
clignotant

°

grandes enjambées
sur talons hauts
– elle entre au trois

°

truculent,
trucululant,
trucuculant

°

sous la lampe de chevet
un insecte court –
on dirait un sarko
d’un côté
de l’autre
frénétique(ment)

°

(haïkuisine :)

ce soir
l’odeur du pain
– si rien d’autre !

le pain cuit
me siffle
– cardinal
hors Québec !

°

(haïkuisine :)

Ah le doux chant du cristal
dans la cuisine !…

°

le poète
joue des sens
et des sons …

sa muse l’abuse ?

°

(Kyôku ? :)

En haiku,
il s’agit de « calmer le je »
et non pas de
« clamer le je » !

°

(S.S.S.)

Pour Sarko
l’exclusion tient lieu
de politique
extérieure
(/ et intérieure !)

et :
À nous les gros sous !
de politique
intérieure ?

sous les avions nolisés
les sous

°

senryû =
l’esprit de séRieur
(?)

°

Faire fuir
=
vider le bol
(?)

°

Temps cessant sans cesse
sept-cent-sept ans
ou
sept secondes
insectes

Le temps qui fuit :
« sssss » –
la chambre à air
s’aplatit

°

Il s’affaire – rires

°

(Omar, Bingo ! :)

Ô marre
du bon goût,
ce dictateur !

°

jaune, vert, gris,
toutes les couleurs du rire

°

en plein ciel
un pigeon
sur sa branche-télé

°

les pleurnichieuses …

°

Certains
ne peuvent pas éviter
de se mettre en scène
dans leur haïku.
– Est-il, sinon,
si creux ?

°

cette nuit
la pluie
salit un peu plus
mes carreaux
– fin d’août

°

Le haïjin
doit
Donner à voir

°

Le haïku larmoyant
n’est pas du haïku :
c’est de la soupe-haïku,
du « soap-opera »-haïku

(: Allez frapper au tanka !…)

Le haïku compassionnel, etc,
pour moi : très peu !

Finissons-en avec le pathos dégoulinant
de « bons » sentiments
(mais qui ne résout rien, ne propose rien, qui, béni-oui-oui,
gobe tous les discours de tous les dirigeants
qu’ils soient politiques, religieux, ou autres )
de ceux qui se soumettent
et croa-croaent à tout ce qu’on leur fait gober
camembert(s) de la fable
ou de la présente réalité !

°

Quand l’image n’est pas assez directe, immédiate
(quand je ne vois pas CLAIREMENT ce que dit / disent
l’image / les images du haïku,
c’est raté pour moi !),
quand il faut que j’aille la chercher,
y « penser »,
c’est (aussi) raté !

°

Souvent
l’adjectif
tue le haïku !

Même les articles
il faut jouer avec,
oser,
changer, supprimer, équilibrer, balancer,
doser son poème (/ haïku)
pour qu’il ait (qu’il n’ait que)
le juste poids,
le juste rythme,
la juste oreille !
– Jouer (se jouer) des articles !

°

Les gens qui en restent encore au 5/7/5
et aux trois lignes
en haïku
sont des bambins encore à la bouillie !
Cette première règle
(des 8 recensées par G. Swede)
du haïku traditionnel
est la première qu’on peut faire sauter
/ qu’ont fait sauter :
Japonais, Américains, Canadiens…
Il y a plusieurs dizaines d’années.
France, réveille-toi !

°

Écris moins,
suggère plus !

°

les roses très mièvres…

°

étalée sur son lit
– cerveau plat ?
: télé

°

de la lune,
des nuages,
qui
traverse ?

°

Au milieu d’autres
immobiles,
quelques feuilles
dansent en rond

(Bd de Sébastopol, 28/8/10)

°

L’oxygène
L’os qui gène …

°

Le soleil
a pris leurs jambes
Paris
les reprend
– fin août

°

sortant de la sieste
ouvrant le livre
L’Art de la sieste*

* Poèmes chinois, 2d. A. Michel, 2010.

°

(Tanka – à anna :)

Je pense à toi
là-bas – là-haut
sur les pentes de la montagne
coupant du bois fin août
pour ton hiver en ville

°

(haïkuisine(s) :)

combien de temps
que je n’ai pas coupé
de carottes en rondelles ?

crépuscule d’août

une carotte
(dé)coupée en tranches
dans le couchant de fin d’août

de nouveau
dans le couchant
trancher l’orange
de la carotte !

°

sur un « cahier de poésies »
des recettes de pain
à la machine

°

tomate
ô, tomate,
quel doux goût de fin d’août !

°

dans ce couchant
de fin d’août
des nuages en route
vers
nulle part

°

Allant au lit avec
L’Art de la sieste

°

Un maître
plus emmerdé
que son chien qui chie !

°

haïku :
dire midi
à midi

°

Les oeufs,
dans leur soutien-gorge de carton…

°

l’immensemence

°

sur une plaque de bitume
une date :
28 05 99

°

teints d’endives
– ou d’abricots :
parisiens de fin d’août

°

à l’autre bout du téléphone
le bruit des gouttes
sur sa vitre

°

Il vaut mieux sucer du sein
que bouffer du saint

(dialogue a.-d.)

°

ah, le bruit inopiné
du verre de cristal
quelque part sur ma table !

Ah
le son du cristal
inopiné !

°

Par définition
la Mort
n’existe pas.

la vie,
existe-t-elle ?

°

cake baked
her wrinkled breasts

sa peau de pain d’épices
craquelé
entre ses seins de fin d’août…

fin août –
le quatre-quarts cuit
de sa poitrine ridée…

l’entre-deux seins
ridé, bien cuit
: fin d’août

la couleur de sa poitrine
une reliure à l’ancienne …

la couleur de sa peau
du four de l’été

°

journée vide :
qu’un bruit de haïkus
au clavier

°

mousse dans la chope de bière –
l’état de la banquise ?

°

Dieu, Dew, …

°

Le haïku
c’est le monde
extérieur

°

des nuages défilent
des haïkus défilent
: même jour

°

haïku :
la signification par les objets

°

tissus qui voltigent :
la vie des voisins

°

depuis ce matin
ils n’arrêtent pas de se crêper,
les pigeons

°

(haïkuisine – élévation du haïgoût :)

la tomate
a un look
de montgolfière

°

(2 senryûs cyclistes :)

Laurent Fignon
mort à cinquante ans :
vive le sport !

50 ans
Fignon a crevé
(ses deux pneus)

°

vaut-il mieux être
adureux
ou
amoureux
?

°°°

d.

Haïkus, etc. de Py – Août 10 – 2/3

8 octobre 2010

°

(Mère :)

hors le réveil
qui bat bêtement,
son souffle vivant

Faire flèche de tout doigt (?)

_

La Sarkozie,
une entreprise
déshumaniterroriste

(Il n’a tellement que le mot guerre à la gueule !
– Excusez-moi, les animaux !)

L’homme est un sarko pour l’homme

le souffle de mère
qui se soulève
au coeur de la nuit

°

sur ton écran
place-moi !

qu’ai-je à me mettre sous l’Adam ?

°

Aujourd’hui
3 bougies pour Salim –
combien pour Nagasaki ?

(9/8/10)

°

cette cloche
opaque
m’a frappé …

(: la cloche d’Hiroshima au Jardin Botanique de Montréal, dans le Pavillon Japonais, le 14/7/10)

°

rafraîchit l’août
le glou glou de la fontaine

(Kyôbun à la fontaine) :

Concentrer
de façon à ce que s’abolissent les distances
entre sujet et objet,
entre les deux termes (séparés – juxtaposés – mots-valisés) d’un haïku
jusqu’à l’absorption dans le mot-valise
qui résume / dit tout ( en un (seul) mot ) :

(une fontaine :)
gl(a)oût gl(a)oût …

(10/8/10)

un haïglouglou

°

(Assises papales :)

Sous le Vatican
le Cirque de Néron.

Protégés
par le droit-canon :
tous ces prélats criminels

Le Saint-Piège …

Il n’y a pas
de Brigade des moeurs
au Vatican

Employés du Vatican :
exemptés d’impôts
sur le revenu.

Seize équipes de football
dans le championnat
du Vatican

Du dernier pape en date
il est écrit :
Ainsi déçoit-il

surnommé aussi :
« Papa-Ratzi »
« Le Grand Inquisiteur »
« Le pape de la peur »

deux bistrots (gratos)
au Vatican :
le « Bar Jonas »
le « Bar Abbas » (sic !)

: d’après « Les Dessous du Vatican », Les Dossiers du Canard Enchaîné.

°

pique-nique au parc
d’amies gazondulées

familles moitié nues
et boulistes
au parc

_

la pluie
sur sa peau
luit

(Bd de l’Ayrolle, Millau, 9/8/10)

sa peau
luit
sous la pluie

sur sa peau
la pluie
luit

°

chaleur d’août
le cygne se déplume

°

effets spécieux …

°

tels oiseaux
les mots
à l’aube…

( oimeaux / oimots ?)

°

les haïfous
= les kyôkus, kyôkas,
haïkus déjantés,
haïbsurdes,
etc.

°

re(nais)scapé …

°

(technique haïku) :

Le participe présent
montre que l’action (se) continue
pendant le haïku…

°

Au repas, ce soir,
j’ai apporté des serres …

°°

Le banquier
n’est pas forcément
le bélier :

elle avait deux hommes :
un pour les poches,
l’autre pour la braguette…

elle le mena à (/ par) la braguette…

°

Dessiller,
faire tomber les illusions…
: Entreprise en lucidité…

°

les mots…
puis les motos
du matin

°

jeunes mères au jardin –
des ratiboiseuses gazonnent

(Millau, 10/8/10)

tout ce qui vient,
comme ça vient :
(les) mots en vrac

°

la beauté bruyante du jardin
….
peu à peu se tait le gazon

°

(Kyôbun rouillé :)

dès la tondeuse arrêtée
le chant rouillé d’un oiseau

: Qualifier un « objet » est-ce déjà se l’approprier,
interférer avec son être propre,
l’interpréter,
le corrompre?

(Millau, jardin A.Malraux, 10/8/10)

°

l’achalandelle

achalandelier

achalandelait

achalandelette
achabandelette

°

Les six papamobiles
de Jean-Paul 2
(+ ses limousines)…

Pour Benoît 16 :
1 Mercedes G 500
1 Volvo XC90 (: 75500 €)
1 BMW X5
+ Mercedes,
Lancia,
Volkswagen Phaeton W12

°

Un senryû papal
par jour
chasse la morosité !…

°

Capter l’instant, c’est tout.
Le reste, en haïku, est superficiel.

L’instant, qu’il ait du sens ou (apparemment) pas,
de l’émotion, ou pas…

(L’instant peut être aussi une somme d’instants
(: mémoire) concentrés en celui-ci…)

Mais aussi :
observer les mots

réduire le langage
le recomposer…

°

jaguère
et
nadis

°

(d’été 2010 :)

vélo d’Roms
:
Vel d’hiver –
Vel d’été (2010)

°

DIMInuée…

°

« Tout d’août » …

°

sortant de chez lui
une feuille
lui prend la main

°

L’art, le théâtre de la vérité,

L’art rue.

°

to slut down
a slut down

°

end of the market :
pigeons share
a slice of melon

fin du marché
des pigeons se partagent
une tranche de melon

(12/8/10)

°

holidays :
calm, cool, empty
city

les vacances
c’est le vide
des villes

°

Hawaiï Bar –
la serveuse
roule
des mécaniques

°

(les mécaniques de la serveuse)

°

un hélicoptère :
des moineaux
lèvent la tête

12/8/10)

°

légère glissade
des pattes du pigeon
sur le pont en pente

°

glaces
du magasin de surgelés ;
elle passe
sur le trottoir en face

ice-creams
from the frozen food store –
she walks across the street

°

pendule –

un coup
sur le coin de l’après-midi

°

the sea
behind the sun :
it is so slow !

la mer
derrière le soleil –
c’est si lent !

°

courir après le troisième tiers du haïku ?
poule, grains …

°

(mon voisin et moi)
ployons sous le poids des mois

°

le haïku de grâce ?…

°

Egon Schiele,
c’est le senryû du dessin…

°

téton armé …

°

d’un coup d’elle
on est si vite arrivé !…

°

en garder sous le haïcoude

°

le chant léger de la pendule,
comme si c’était :
chic, le temps passe !

°

moineau
venant piailler sa faim
à la fenêtre de la cuisine (?)

°

(tango :)

son corps a voyagé aux confins du vertige…
(: renversement tango…)
balancée ce point d’équilibre / déséquilibre
en ce point exact de la perte (heureuse) d’équilibre
auquel elle renonce
d’où on la relève …

°

transcendanta(na)l

°

Il affrime

(Affrimer)

°

haïkuité, haïkuité,
tout n’est qu’haïkuité !

°

d’amour et de vache fraîche…

°

Août à Paris
le bruit
d’une fraise

(14/8/10)

gros chien,
grosse merde orange
que son maître renonce à ramasser

pentes
où glisse
mon regard —
les pointes de l’été

la fleur
au centre du haïku

°

dosant la farine,
un orage s’avance

(14/8/10 /cf kukaï.paris 9/09)

°

parapluies
aux portes des magasins
– 15 août

roucoulement
sur fond de gouttes,
15 août

°

Il m’enconcombre !

°

Ailes y croix

°

Devant Laforêt
(agence immobilière)
un pigeon
mort

(Ave de Clichy, 14/8/10)

°

chat
te en ron
ron –
rien de nouveau

°

(rêve :)

suivre ce que fait la groseille

°

« … rivière de rêves » :
– glimpses
– entr’aperçus
– momentanés

zap perçus …

°

que ta pensée s’échappe,
que tu t’échappes de ta pensée
raisonnante, logique, …

°

Haïkus de filets

Filets de haïkus …

°

une chute de riens …

°

L’asmathique
tique
au rendez-vous
sous la pluie d’août
douce …

°

Que les choses
sont comme elles sont :
il n’y a pas à écrire plus loin

°

un bas file
jusqu’en haut
sous sa jupe
– vent d’août

(Bd de Belleville, 16/8/10)

le soir glisse

°

Rue, Liberté !

°

Si un haïkiste
m’amuse,
c’est un haïkiste !

°

(Mendiant, dans le métro :)

« S’il vous plaît,
petite pièce pour manger
les enfants ! »

(ligne 13, 17/8/10)

°

(senryû papal :)

aussi clairs
que nuages d’encens
les comptes du pape

°

le siège des toilettes
décoré
d’un papillon de nuit

(Chaumont-sur-Loire, 17/8/10)

rescapé :
un tournesol

vrombissement d’une mouche ;
une goutte de tabasco
sur un carré de saumon

mauvais haïkus :
mes yeux se ferment …

sous son oreiller
sa nuisette noire
sur mon nez

le souffle réitéré
de la mongolfière ;
la sieste dans la chambre

une étoile
dans le vasistas –
roucoulade au milieu du toi

(Chaumont-s-Loire, 18-19/8/10)

°

Poussa, mit d’ssus
Tira, mit d’ssous

°

(Senryû sous Sarko :)

Sarko aux Français :
Je vous ressers un Rom ?

(cf Le Canard Enchaîné du 18/8, p.1)

°

Sakro saint …

°

le soir se pose
pigeons et canards
viennent boire

juste le bruit d’une cascade
entre les branches tordues d’un arbre

une femme rit au téléphone
dans une langue étrangère

deux fenêtres s’allument

(Square des Batignolles, 20/8/10)

°

vers le bas de la rue
le ciel verdit

(Paris, 20/8/10)

°°

(à suivre…)

Haïkus, etc. de Py, juin 2010

30 juin 2010

°°

constellations de somolive *
dans mon masala **
– premier juin

* margarine « bio »
** boisson à base d’épices

Monsieur avec Madame Bouchaoreille

Une carabine téléphonique

Horties :

Exhorte-feu
Cohorte-feu(x)
Escorte-feu

rapiat
rap(i)ace

traversant mai
martinets
en juin

parfois un martinet
pris dans la toile
de l’échafaudage

Traverser
dans les haïklous

QiGong
le long de l’odeur
du pin

sur le rebord de ma fenêtre
un coin de ciel
en zinc

une samare
prend
le R.E.R.

Parc de S(c)eaux
sous la pluie
les oiseaux

juin
le nouveau couvre-lit vert
de la voisine

son sein arrogant
ma main caresse

bavant seul sous la lune

(cf Li Po : « Buvant seul sous la lune »)

(patine :)

les couleurs passées
des tulipes
sur l’assiette

Lisant le synopsis d’ « Hatchi »
(film de Lasse Hallström),
éternuement.

belles gambett’a
avenue du même nom

(→ 13/6/10)

troncs d’oliviers
ornés
de mues de cigales

°

aux gros seins
elle se penche :
salle de lecture

dans son décolleté
ce
« haïku »

°

Dans « Première Neige »
le « caquette ô caille »
de Kakei

(cf Jours d’hiver de Bashô, POF p.25)

Boulevard Moustachès

( : Boulevard Barbès)

Tromparaître

tous ces copeaux de zinc
sur le chantier
le ciel gris

sur chaque vague
qui se forme
un liséré de lune

(2003 ? -→ 17/6/10 ? cf L’Année Haïku de D.Py, ’tHoge Woord 2003)

Sa mort le trouve.

coloriage :
mouvement rond de sa main
ronde poitrine

°

soir de match
aucun cri dans la rue
= pauvre France / ?

Vuvuzelas –
le si grand silence
de la rue

°

Une relation amicâline

métro –

dans son décolleté
un grain de beauté

Haïku-vache :

la vache
entoure l’océan
une ceinture de nuages

poète :
voit son avenir
en vers

téton
titillant
le centre de la main

on perce le bois
on creuse des trous :
réfection de cathédrale

été subito
la roue du vélo voilée

son sexe ploie
inopportunément
flop !

Serrons-nous – ( : ancien :)

Serons-nous tous ainsi
entassés dans la mort ?

– métro

sirène de beauté…

(ancien : 199? – rue du Fbg St Honoré)

vendredi 13
un aveugle pénètre
dans une miroiterie

le soleil se couche
et bientôt la voisine ?
– fièvre

je regarde :
elle passe
son haut de pyjama

Kyôka – en lisant une e-revue : –

un « haïku »
qui ne décolle toujours pas,

tout englué qu’il est
dans (de) la « poésie » !

les martinets
sifflent de frais
fin juin

Kyôku :

Étendre,
Repousser les limites / les confins
du haïku…
(?)

°

(Par cinq) :

une petite fleur
le silence

( : à Marcel Peltier.)

bousculant l’aube
les oiseaux

l’empyrée
sur mes épaules

une fois aussi
la lenteur

°

ce haïku
non inscrit
sur le rouleau
de la mémoire

disparu(s)
de la mémoire
haïku(s)
blanc(s)

oublié
haïku
blanc

°

Ah, les merles !
sur fond de moineaux –
dernier dimanche de juin

°

Kyôbun olfictif :

Le haïku français,
ça peut être un alexandrin
+ … ? :

douceâcres les odeurs de nos corps en amour

°

Kyôku au « dieu-haïku » :

du haïku
comme de dieu :
taire le nom (?)

Religion :

D’yeux que pour ses seins …

mots noirs
sur nuits blanches
et qui bougent …

Croquille

une voiture course l’aube –
dernier jour de juin

un homme
le regard vers
les mollets d’une fille
qui passe

v’entr’aperçu…

piste cyclable
en pente douce
son encolure

sa mélancolure

Veille de juillet
martinets
crient

°°°

d.p.(6/2010)

Haïkus, etc. de Py – avril 2010

8 mai 2010

°°°

pour sortir son chapeau
il choisit les jours sans vent

(Il n’avait qu’une angoisse :
que son chapeau s’envolât.)

°

Pour qu’il y ait haïku, il faut qu’il y ait déclic :

1°) « L’instant-haïku »

(S’il n’y avait qu’un critère, ce serait celui-ci.)

Le haïku n’est pas une pensée linéaire. Il y a souvent une rupture dans le haïku, une surprise, une confrontation (de deux éléments, souvent)

Et un sens – très fort – du présent.
L’espace-temps y est souvent très réduit. Il est étincelle, étoile filante presque aussitôt filée.

Il est court. Il va à l’essentiel. Pas de mot(s) inutile(s). Pas de fioriture. Pratiquement pas de verbe(s) conjugué(s), d’adverbes, d’adjectifs (peu)… de conjonctions, de pronoms relatifs voire personnels… c’est une grammaire dépouillée au possible. Pas de discursif…
Le moins possible de comparaison, de métaphore.

De la sensation à l’état brut – ou presque.

Du concret, du très concret.

C’est (au mieux) un instantané – ou une prise de conscience soudaine.
L’incongru n’y est pas étranger, le surprenant, le frappant, (…)

ton toi
dans tes pieds
quand tu recules

la pluie s’arrête à l’aube
des pigeons lentement commencent à arpenter
le toit

avec son épée
dans le ciel incertain
– matin de Pâques

posture de l’arbre °
au milieu de mille oiseaux

° posture (statique) de QiGong

quel fouillis d’oiseaux piailleurs !
– premier dimanche d’avril

surpris
par une feuille rouge
sur le trottoir gris
(de gris avril)

(méprise :)

« un bracelet électronique
pour Marie Violant »
(France-Culture, 4/4/10)

un porte-manteau
canard
sur le trottoir

(joeufs de mots ?)

né aux œufs
(nauséeux)
: Pâques

la roue avant du vélo crevée
: galère pour l’école

s’épanouissent
piaillements d’oiseaux
– et bourgeons

alignés en terrasse
: une brochette
– début d’avril

(tanku :)

Faisant mon pain
Pensant à toi
au Burundi

mardi de Pâques
un pigeon posé
sur le trottoir

sur un panneau
dans le métro :
« voter
rend
con »

sobre
il passa
rue Bouret °

° 75019.

« Noces de sang »
un pigeon
macadam

quinze jours de vacance(s) heureux
(la mort n’est jamais loin,
tapie sous le buisson d’un mot)

°

(kyôbun au cygne noir :)

Au lecteur (du haïku) de recomposer (à sa manière) la scène
dont l’auteur (ne) donne (que) quelques éléments.

d’un côté
le sac plastique blanc
de l’autre
le cygne noir

°

héron gris
sur la pièce d’eau
qigong au parc

au centre du cercle de QiGong
tombe
une feuille de printemps

loin, loin,
au-delà des grues, des antennes,
et ramener au centre

deux garnements
le héron s’envole

un confetti encore
hors de mon sac
– déjà lointain le début de l’an !

les fous du roi
au silence ?
Sarkorizyble

je me gratte les cheveux
un pigeon s’envole

autarcissique

anguille sous proche

candide =
blanc comme un singe
sous la neige ?

dans la cuisine
la pomme
(attend
…la dent…)

samare
prend le train avec moi
(sur mon sac)

/

une samare
par le train

ses yeux éclairés
par son portable
– voile intégral

(Vitry s/Seine)

partout où elle va
elle emporte son chat
(…)

les tambours silencieux :
laverie
du vendredi soir

cela fait bien des lunes !
et toujours les cerisiers fleurissent…

(= contre ceux qu’agite la pensée de devoir en finir avec les thèmes anciens ( – éléments constants ! – ) dans le haïku, dans la poésie…)

replanté
où le voulait ma sœur :
le chat visqueux

(paradoxe :)

(Nous sommes) limités
cependant
sans limite

car où
le carcan
du corps

l’imagination
déborde

la ceinture
scinde la poitrine
de la conductrice

en rentrant
m’accueille
l’odeur du pain

une porte
en grinçant
siffla le début du concerto pour violon de Mendelssohn

la déco
d’une samare
sur sa veste

/

une samare
au revers
de sa veste

liberté
l’absolue

ou
rien

cette parisienne entrevue aujourd’hui :
l’ampleur, la totale liberté de son corps…
de son cœur, de son esprit ?

un pigeon
à deux pattes
sur sa baguette viennoise

« Sarkozy au plus bas »
– va crasher
son karcher ?

(le) silence infini
du soir qui tombe
sur mon chapeau

un fil à l’oreille
: musique partagée

en cuisses
sur son scooter
– avril parisien

le tissu s’écarte :
cuisse

(rue de la Jonquière, 14/4)

violettes ses cuisses
sur son vélo
louée

Dans la mer
elle s’élance
Nous la suivons des seins

(7/09)

trop de mots
chassent l’esprit

amenuisier

Gorge Saint-Lazare …

savon de Marseille
au cou, aux manches
avant la lessive :
grand-mère

confetti la fête
tout autour de l’école

tout arrive
la mort arrive
reste tranquille

Lâchez les mots !
(Lâchez les chiens !)
Laissez-les s’échapper !

(kyôbun aux doigts / « Cœur d’instant » )

Pour aller au cœur de l’instant :
les mots courts
– l’émotion grande !

Ce ne sont justement pas les mots qui comptent
mais le sens qu’ils pointent !
Le mot n’est qu’un doigt vers une lune !

« Si c’est l’instrument qui joue,
Pourquoi ne joue-t-il pas dans son étui ?
Si la musique sort des doigts du musicien,
Pourquoi n’écoutes-tu pas les doigts ? »

Su Dongpo.

« cette fonction opacifiante de l’esprit »
D. Odier, in Chan & Zen, Pocket n° 13856, , 2006, p.125

Les mots opaques

Effacer. Ces mots opaques
qui obscurcissent le sens,
opacifient le réel –

Ne pas s’y fier !

°

les vaches broutent
le milieu de l’après-midi
les tgv au loin

premières hirondelles
rue Principale
pas un magasin

(Mondrecourt, D.126)

une boîte jaune de La Poste
quelques pissenlits à son pied

le paysan
arrête son tracteur
pour faire un brin de causette

il espère avoir fini de traire
à l’heure du dernier tgv
(22h30)

marché trois heures (et plus)
(dans la Meuse)
– et pas un point de bière !

sur le bus-navette tgv
« Le plaisir de bouger en Meuse »

les roses artificielles,
les gouttes de rosée
artificielles
– intérieur (bourgeois)

traces de pisse
descendant les pentes
du trottoir

(matin d’avril / ensoleillé)

un petit moineau
dans le sable s’ébroue
après-midi d’avril

soleil du soir
citron
sur les poissons

un gros nounours
à la rue
ce matin de bonne heure

rouge
d’avoir couru
elle descend à Blanche

le bleu nuit gravement à la santé ?

au supermarché
grimbergen
et
gingembre

les oiseaux du printemps
babillent gazouillent –
le bleu encore profond

crépuscule
la Loire
entièrement rouge

le soleil se couche
sur le champ de colza
une biche

champ de colza
pleine lune

(kyôka court :)

Chaque matin,
polir la vitre du poème

… que les mots transparaissent

effacer la distance
des mots
au réel

dans un jardin
du parc du château :
« nombril de bonne sœur »

le haïjin
se méfie des mots

sur son gros bidon
son livre posé

sous l’arbre aux fleurs roses
(qu’il perd),
canards, pie, pigeons –
l’odeur de l’eau

devant les fleurs roses
dérivant sur l’eau,
un canard, posé

n’a pas voulu que je le photographie,
le pigeon sur l’arbre aux fleurs roses

/

sur une branche
de l’arbre aux fleurs roses
un pigeon

un coup de vent
les fleurs (se) lâchent
(de) l’arbre rose

cris d’amour
en tous sens, parades :
fin avril au parc

un calendrier
pour l’anniversaire de mère
– 90 ans

un narguilé
à la poubelle
– petit matin

tout élément qui surprend
peut être haïku

le vent secoue
l’odeur des lilas
– le parc en ville

elle écrit
jambes croisées
des mots croisés

au milieu des marguerites
le cygne blanc

une feuille
devant moi
tourne

– quelle séduction ?

les mots s’en viennent
les pétales tombent

le cygne (et moi ,)
posé(s)

la bouilloire
joue un air folklorique
(derniers jours d’avril)

les racines de l’art :
si l’on ignore les racines,
on ignore l’art
( : ainsi du haïku !)

pleine nuit
le trot du réveil

je travaille de la langue

travailler
trouvailler…

son message :
seul le chant
de la mésange huppée

ouvrir l’appétit,
ouvrir la narine,
ouvrir l’esprit (par la raréfaction des mots),
voilà ce à quoi devrait (/ pourrait) tendre
le haïku

chant diphonique
de plus en plus proche :
la bouilloire

°°°

Haïkus… Py, mars 2010

12 avril 2010

°°°

zoeufs écrasés
au milieu d’un passage
protégé

lundi matin –
il regarde son sein
de haut

(1/3)

°

Tai-Ji in the park
the first sun of March
rubs my back

Tai Chi au parc :
le premier soleil de mars
dans mon dos

°

gorge déployée :
la femme très enceinte
de l’ami

(→ 2/3/10)

de proche en proche
ce rire traverse
le salon de coiffure

la cloche sonna un coup
c’était l’heure de mon rends-toi

(kyôku :)

le haïku
est un éclat
(de vers)

(2/3)

°

tout au long du couloir
le pas du boiteux,
le morceau de jazz

(métro, Lyon, 3/3)

°

(kyôka ?)

tourner
retourner les mots *

: (la) terre arable
du haïku

* pour la meilleure expression

°

elle commence à ronfler
en deux coups :
rythme de croisière

(4/3)

°

dans la nuit
sans sommeil
la force
de la pendule

livres
et verre d’eau :
la nuit blanche
et noire

Matthieu Ricard, dans Plaidoyer pour le bonheur, Pocket n° 12276, p.276/7 :

 » « Restez en contact avec vos sensations ! » prônent les colporteurs du
sentiment de l’importance de soi dans notre société. Nos jeunes ont absorbé ce
message et ils y croient, de sorte que l’on a produit une génération de
narcissiques dont la principale préoccupation, et ce n’est pas surprenant, est
de savoir comment ils se sentent ». (M. Seligman, Authentic Happiness). Or
passer son temps à prêter attention aux moindres réactions de notre moi, être
aux petits soins avec lui et n’avoir de cesse que d’exaucer ses moindres désirs,
voilà la recette assurée du mécontentement.  »

… et de l’anti-haïku !…

son sein si rond
entre deux boutons
de chemisier

(5/3)

°

un très beau q
sur le quai
retour de vacances

ouah
quel cul qu’elle a !
– quai de vacances

°

après les inondations
dégoulinent
les pieux sentiments

°

cette nuit
sans ronflements
lac calme

(synesthésie ?)

ce matin
prendre en photo
le son des chaussures
au vent

I thinkgo biloba
I geckgo biloba

against the blue of the sky
the pale yellow of my glass of wine

sur le bleu du ciel
le blond du verre (de vin)

dans l’après-midi
rayé de soleil
passe un moteur

– frais avril

(6/3)

°

Qi Gong au parc
gouttes du nez

Au coin de la rue Duc
une affiche pour
 » Le plus grand salon de l’érotisme  »

: à rebaptiser rue Ducu ?

(75018, 9/3)

9 mars –
Palavas-les-flo
cons

le quaotidien

une caoquille

(9/3)

°

entre les pavés,
le ciel glacé,
gare de l’est, 10 mars

l’hiver s’étale –
entre les pavés
le ciel glacé

(10/3)

°

(Haïkoucher)

les oreilles
d’un oreiller
dressé

(→ 12/3-4)

( À cette allure py/paul : )

Parc Monceau :
Croisé à 7 à l’heure
un homme qui ressemble à
Michel Jazy

– ou à Claude Lelouch ?

( échauffement :)

Appuyé au tronc
d’un gros platane
un homme
sur un pied

Dommage qu’en courant
elle balance ses mains
à hauteur de poitrine !

Au milieu de l’île
un saule

matin frais à mi-mars :
les volutes de l’arbre

le gazon s’emplume

elle court vers le parc,
en retard au travail

( d’hier aujourd’hui :)

retour du parc :
passant sous ma fenêtre d’étudiant
puis
sous celles de mon professeur

E-ski-ss ?

retour de vacances :
Parisienne très bronzée
tirant son attelle

°

(haïkuisine :)

aujourd’hui
la théière
trop culottée

°

faire rouler le silence
sous les doigts
sous la plume …

le faire naître ?

°

« La vraie photographie » selon Izis:

« Le bon portrait photographique est celui où seul l’homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s’effacer complètement. »

– à transposer au haïku !

°

petite parisienne
son bout du nez tout rouge
à la mi-mars

(12/3)

À une belle femme
rousse en haut
brune plus bas
cette ébauche
de poème

(métro, ligne 3, le 12/3, vers 13 heures 40)

°

Chacun chez soi,
les ronflements seront
bien gardés.

tordre le cul
aux idées ressoues

ballerine
elle saute
dans le métro

(l.13, 13/3)

métro –
sur son violoncelle
son chapeau

(l.6, 13/3)

il regarde
l’ampoule
nue
au plafond

(rue de Wattignies)

mars gelé –
un ventilateur
sur le trottoir

fin de soirée –
de sa patinette
il se casse la gueule

elle ne cache
que le bout
de ses seins
– pourquoi ?

(13/3)

°

sur un scooter :
« On a marché sur la lune »

volutes roses
de vomi
dans les toilettes d’un pub

– saturday night beaver

dancing :
une paille fluo
entre ses seins

(tanka)

espérant toujours
que sa fenêtre
me ferait
un clin d’œil ?

– ô désillusion !

(Izis)

contre un gros tronc
les deux amants
d’Izis

– quai de Seine

(14/3)

°

le pain qu’on rompt
un orage éclate

mi-mars
un bonjour à la femme
un bonjour à son chien

mi-mars
ce matin les oiseaux
ont la voix du soleil

(15/3)

°

des pétales de roses
sur les paupières
de grand-mère

le voisin du dessus
grince
(ir)régulièrement

(16/3)

°

la porte du train
ouverte,
les voyageurs
se répandent
dans la ville

(Reims, 17/3)

°

pizzicati
de contrebasse
ses seins à contretemps

(19/3)

°

(haïku long :)

les percussions de la pluie
sur les toits environnants :
le premier jour du printemps

la pluie
danse sur le toit
– premier jour du printemps

(20-29/3)

« un authentique esthète (est)
solitaire »
: lune d’automne

(d’après R. Sieffert, p.146 de Le Sac à charbon de Bashô, POF, 1993)

la même femme qu’hier soir
cette ombre noire
qui passe dans la rue ?

– printemps

rue de la Ferme
le chant d’un merle –
premier jour du printemps

(Vitry s/Seine)

sur ma chaussette à sécher
un long cheveu blond
premier jour du printemps

les feuilles du palmier
vibrent-luisent
à pluie-vent
– première nuit du printemps

danse avec la pluie
première nuit du printemps

le long d’un fil barbelé
un rameau en bourgeons
– premier jour du printemps

(20/3)

°

après l’amour
elle se lève pour
manger une banane

(21-22/3)

°

(Et qu’ça rime !)

assis à la terrasse d’un café
je rêvasse
au Tibet…

(En Sarkozie :)

des noms d’oiseaux
fusent :
printemps politique

(22/3)

°

un oiseau
bouscule l’aube –
jeune printemps

tai ji (au parc)
une corneille apporte à l’arbre
des rameaux

(haïkuisine :)

un bloc de glace pure :
dégivrage de printemps

(23/3)

°

entre les rangs des vignes
luisent
les plastiques protecteurs

arrivée du train
un duvet touche terre

(24/3)

°

lire sa déclaration :
cerf printanier

se refermant
le canapé fait
« bonjour ! »

(25/3)

°

aujourd’hui
le puzzle
au poil

(26/3)

°

printemps –
une flûte par la fenêtre

annonçant Dormans,
le contrôleur
nous réveille

(kyôku)

supprimer les distances
du réel
aux mots

le long de la locomotive sale :
« ARIEL BONUS SKIP LE CHAT »

(29/3)

°

une mère d’élève
m’annonce l’arrivée des hirondelles
– veille d’avril

(29-30/3)

°

Mettre leurs robes trempées
Ah, quelle chaleur !

(a + M ? → 30/3)

°

elle retient
du bout de ses doigts
sa jupe légère

(- hyper de gambettes)

descendre la rue
au soleil couchant –
veille froide d’avril

veille fraîche d’avril
jonquilles au coin de la rue

*

veille fraîche d’avril
des jonquilles
rue de la Jonquière

(75017, 31/3)

°°°

Contre les pseudos…

9 avril 2010

Contre les pseudos qui fleurissent (un peu partout ?) sur les listes internet ( = pour échapper aux yeux malveillants de tous les big brothers and sisters ?) :

°

ceux qui ne se mouillent pas
ceux qui font semblant
ceux qui pseudo-ïsent…

°

Je considère que les pseudos sont des « taupes ». Je n’ai pas d’atomes crochus avec les « taupes ».

°

D’ailleurs, il peut tout à fait y avoir retournement, et que ces « taupes » deviennent ces big brothers and sisters qui vous/nous épient de derrière leurs masques incogniti !

°

Le top de la taupe :
ce monticule
à pieds joints !

°°

d.(9/4/10)