Archive for the ‘haïbun’ Category

Haïku etc. de Py – sept. 12 – 2/2

6 octobre 2012

°°°

écrire le creuse
galerie nocturne

un thé au matin vert

°

les mots
doivent retrouver
les choses

°

le tic de sa montre
toute la nuit

°

opprrressssion

°

matin ensoleillé
le squelette d’un cousin –
la fête de l’Humanité

°

(ancien :)

l’ombre
en croix
d’un bombardier

°

inauguration du Clos des Vignes :
recueillis
au pied des pieds

(Orly, 16/9/12)

°

On a vu
les seins de la Princesse * :
gorges chaudes

On a vu
les seins de la Princesse * :
Rendre gorge

* : Kate Middleton, by « Closer ».

°

grand silence dans le couloir –
attendant une élève de musique

°

reflets de nuages d’un côté
buissons de l’autre :
double paysage de train vers la droite

°

Atteint
l’âge d’Issa, *
ma puce !

* : 64 ans (1763-1827)

°

Invalides –
un pigeon monté dans le train
descend à la sonnerie

les portes se ferment
le pigeon (re)descend
du train

°

un canard
sur une pierre du Verdon
et dessous

°

tous les matins
venant saluer les gens
au RER d’Orly

°

premières lueurs
vert bleu nuit
montantes

°

tout l’inutile gommé…

°

écran :
les passagers du TGV
ont droit à la vitesse
de leur train

°

Admirant
le sein parfait :
Mont Fuji

°

Le haïku, c’est l’exigence
du terme exact –
(de la sensation exacte)
du dire exact !

(Certains haïkus
« sonnent faux ».)

°

doigts sauvages…

°

le vent jouant
de la double couleur
des feuilles

°

des nouvelles de Fukushima ?

°

her wet lips
la mer gronde
her wet lips

°

The haiku, a striker

°

Hone *, Honey !

Prune **, trésor !

* = affûte, affile, aiguise !
** = taille, élague, émonde !

°

(toujours plus « nouveau » ! :)

il y eut
le « haïku papal » ;
voici maintenant
le haïku-PayPal !

°

assis longtemps *
à attendre un train –
soleil deux-tiers septembre

* (45’, RER C, Orly-Paris)

°

puis elle parle


°

« Haïbun sans prose » :

ex : « je vais vous raconter un film » ( : dpy, cf. 2011-12)…,

où, du haïbun, il ne reste plus que les haïkus,
comme si l’érosion les avait épargnés,
et que la prose était retournée au sable de la page,

où manque (tout simplement) cette prose
que l’auteur n’a même pas eu l’idée d’inclure =

haïbun (prose) en creux ;

haïkus encrés,
prose en creux ;

haïku roc
prose sable.

°
(front à terre … :)

un matelas


(rue du Montparnasse, 75006, 22/9)

°

(La sueur ? :)

d’Eustache Lesueur
plus que le piédestal * –
joggeurs alentour

* Jardin du Luxembourg, 1858

jardin du Luxembourge

°

femme
avec un pot de fleurs blanches
jardin du Luxembourg

°

deux amoureux fleurettent –
septembre clément

feuilles rousses
encagées * :
moisson de septembre

* cf. Benjamin Péret : « Les rouilles encagées »

°

elle esquisse

°

les seins tombés –
premier jour de l’automne

°

bord de mer –
mon regard plonge
entre son pendentif

°

Les décapants
(ex. : Éric Chevillard.)

Décaper le haïku.

sand
which
sand

( : d’après Éric Chevillard, p. 91 de L’autofictif, éd. Arbre vengeur, 2009 :)

« Mais oui, ma tante, la poésie nourrit son homme. Et même un seul bon haïku le fera :
Pain
jambon
pain »

°

au bambin

(22-28/9/12)

°

aventure
et rature(s)
sont-elles deux mamelles
de la littérature ?

°

(r)allumant
au milieu de la nuit
pour (re)lire
Éric Chevillard

°

Le litté
ratureur

Il faut rat(ur)er (biffer) de nombreuses fois (…)
avant de (pouvoir) produire
un sous-chef d’œuvre

un œuf, une œuvre ?

un œuf neuf
un œuf meuf

Sa fille va mettre au monde
un œuf meuf :
encore une qui ne portera pas son nom !

°

Au haïcou long
on peut mettre beaucoup
de colliers
Au haïcou court
peut-être à peine
un fil de colle

°

sans cesse
il noie le poisson
(il nie le poison)

sans cesse autruche de lui-même

acculé,
sans cesse en reculade…
sans cesse se dissimule
(derrière ses mots)…

sans cesse se maquille de mots,
ce maquignon !

se grime,
ce grimaçant
limaçon !

l’hameçon
de l’âme-sœur ?

le maçon ?

l’âme-sœur
l’âme seule

Faut-il mettre du liant (/ du lien) entre ces deux « images », de la colle, du ciment, de la bave, de l’encre, ou bien faut-il les laisser ainsi « paralléler » ?

/ parall – hèle

°

Elle ne s’aperçut pas
qu’elle m’avait offert un spectacle
– même minime – :
l’improvisation
d’un pas de danse
devant une guêpe

°

« Les OGM
sont un poison » *
– Et le nucléaire ?

* titre un magazine mensuel.

°

poix – gnon

°

dans la nuit
tournent des mots
plus ou moins bien éclairés

°

dimanche matin
(le) bruit de bogues tombant dans le parc –
la cloche de onze heures

dimanche matin
il banjoïse
en se chantonnant
tout autour du parc

°

Dans la série « Il s’agit de »… :

Il s’agit (aussi et surtout)
de chasser du haïku
les mots * qui son(nen)t faux **

* expressions, lignes, vers,

** forcés, artificiels, « morts » (selon l’acception des Anciens Chinois).

… sous peine d’être accusé ( / d’avoir à répondre) du crime ( / de la forfaiture) de lèse – mots !

/ de lèse – (l’) esprit !

°

tombant dans l’évier
la fleur de jasmin
fait tinter l’assiette

°

les fleurs de jasmin
s’ouvrent dans l’eau chaude
ainsi tes haïkus * ouverts sur le monde

* : S. Bellen, in Tierra de nadie, à paraître aux éditions Unicité, début 2013.

°

le marié se retire

°

Mesdames, Messieurs,
votre train prend la direction de
: silence

°

le bout du nez ( / du nœud ?)
du boudineux ( / -né )
libidineux

°

le ciel des mots
s’éclaircit :
haïku

°

les mots : nuages
chassés…

°

À la chasse aux faux mots…

beaucoup sont touchés
beaucoup mettent plume à terre…

°

« de ce côté-ci du pointillé… »

(= de ce côté-ci de la frontière…)

°

Le haïku
est-ce
une soustraction ?

ce que j’aime dans le haïku
c’est que c’est
une ascèse des mots inutiles,
une ascèse des mots « faux »

, la déroute des « faussaires »,
des « in-sincères »… ?

les insincères,
les autres, sincères

– et ceux qui s’insinuent ?

°

Que le haïku
traduit en français *
fasse 5/7/5
est une ineptie

* (et inversement)

°

Parfois
la mémoire
vous joue de ces trous !

Ainsi ne me souvi(e)ns-je plus du nom
d’un fâcheux
que je désirais justement ignorer –

/ de l’importun
sans importance…

°

tu t’es tu
et têtu
tu t’y tiens !

°

Cette (jeune) personne a la chance d’avoir une belle enveloppe –
Mais qu’en est-il de la lettre qu’elle contient ?

°

bille en tête
bulle en tête

°

(Poésie :)

mise en tropes,
mise en iambes,
etc.

°

le pain suit sa lame
le soleil

le couteau suit sa lame
le soleil

°

du pain
qui cuit la nuit
l’odeur éveilleuse

°

la courante de la consommation

°

de l’émail
à l’e-mail,
combien d’années,
combien de générations,
combien de frustrations ?

°

N’y en a-t-il pas assez
des dieux uniques ?

°

nous avons eu vent
de vos vociférations
en vain

°

(D’après Éric Chevillard : L’autofictif voit une loutre, p.. 50 :)

coin coin coin
le canard délimite
le triangle des Bermudes
qu’il évite (ra)

°

jogging :
pour qu’en bon état j’erre /
pour qu’en bon état je gère…

Dans quel État je me terre ?…

°

(Félix Taillandier :)

Il croisa Félix.
Il croit en Félix.
Félix, une sorte de christ
(sur sa poutre éternelle).
Croiser le (haut)bois et la perche.
Croix en luit, crois de bois, si tu crois, sors du bois…

Taillandier.
En tailleur.
Taille son X…

°

ce journal du monde flottant…
à la surface des choses
les yeux en surface
crocodile
grenouille…

°

Un ciel gris nous nasse. Nass. Trocken…

°

Où sont mes dictionnaires d’allemand,
maintenant que l’anglais me maîtrise ?

°

Les feuillages des arbres jaunissent.
(C’est bien)
L’automne fait toujours son boulot.

°

Libre enfin libre. D’élargir ses poumons. De lancer un cri équivalant à quarante années (et plus) de travail forcé…

°

Si les dossiers (du canapé)
s’affaissent,
que deviennent ses reins ?

°°°

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Prochains kukaï : Paris (75) – et Puteaux (92) :

7 mars 2012

Bonjour !

– Le kukaï de Paris n° 64 aura lieu samedi prochain 10 mars à 16 h 30 au bistrot d’Eustache 37 rue Berger, Paris 75001 (M° Châtelet / Les Halles / Louvre-Rivoli)

– Le kukaï suivant se tiendra le samedi suivant : 17 mars, de 17h30 à 19 h., lors de la journée de l’A.F.A.H. au Palais de la Médiathèque de Puteaux,
122 rue de la République, 92800,
et après la Conférence débutant 16 h sur la poésie brève japonaise à l’auditorium (avec J.Belleau, D. Duteil et M. Fresson)
On pourra, si l’on veut, broder ses haïkus autour des « dix mots de la langue française » 2012, à savoir : « chez », « songe », transport(s) », « autrement », « naturel », « histoire », « confier », caractère », « âme » et « penchant » ! (Mais ceci ne revêt nullement un caractère (tiens !) obligatoire !

Bien à vous,

Daniel

Compte-rendu du kukaï de Paris (n° 63)

19 février 2012

°
Compte-rendu du kukaï de Paris (63) du 18 février 2012 :

En présence de quatorze participant(e)s, 44 haïkus ont été échangés, dont 24 ont obtenu une voix ou plus.

Avec 5 voix :

la première mèche blanche
d’une amie d’enfance –
Miroir

: Gwenaëlle Laot.

4 voix :

En ouvrant ce carton
je respire
la maison de mes parents

: Oriane Obendorfer ;

et :

Nouvel hiver –
toutes ces fleurs sauvages
qu’il n’a pas cueillies.

: Françoise Lonquety.

3 voix :

Au décollage
les chaussettes de contention
résistent

: Gilbert Stern ;

Matin silencieux
même les oiseaux écoutent
les flocons

: Patrick Fetu ;

et :

un à un
les flocons effacent
les habitudes

: Antoine Gossart.

2 voix :

Sa goutte au nez
Attend un mouchoir
– Trop tard !

: Oriane Obendorfer ;

et :

tout étonné
de ployer sous la neige
l’amandier en fleurs

: Michel Duflo.

Parmi les haïkus ayant récolté une voix :

Champs de neige –
les vaches
au régime

de Gwenaëlle Laot.

°

Dorothy Howard nous a ensuite parlé de l’anthologie canadienne HAIKU, D. HOWARD & A. DUHAIME, Éd. Asticou 1985, de « l’historique du haïku en anglais en Amérique du Nord » par Elisabeth Searle Lamb, et de « l’historique du haïku en français : la France et le Québec » par Bernadette Guilmette, qui y figurent, et nous en a lu quelques haiku, après avoir évoqué la vie et les tribulations des Japonais au Canada pendant et après la 2è guerre mondiale.

Elle nous avertit également que sa revue « Casse-pieds » publiera ses deux derniers numéros (14 et 15) et qu’on peut lui envoyer (ou à Jean-Michel Guillaumond, Directeur en France de la revue,) des textes courts (brefs ou haïkus) pour ces dernières échéances. (En urgence pour le n° 14).

Notre prochain kukaï (n° 64) aura lieu samedi10 mars, bistrot d’Eustache (75001) à 16h30.

La semaine suivante, samedi 17 mars, le kukaï de Paris est invité par l’AFAH à participer, au Palais de la Médiathèque de Puteaux (122 rue de la République (92800) au kukaï et à l’atelier d’écriture autour des « 10 mots (2012) de la langue française » de 17h45 à 19 h, après une conférence sur la poésie brève japonaise (à l’auditorium) par Janick Belleau, Daniele Duteil et Meriem Fresson ? L’AFAH tient ce même jour, de 10h à 13h son assemblée générale (à l’auditorium). Parallèlement à ces événements se tiendront deux expositions (dans le hall) : « Histoire des haïku, haïga et haïsha » (par l’AFH) et « Haïsha bada ba da… » (par Patrick Fetu).

À bientôt, donc !

Amicalement en haïku,
Daniel

°

Haïkus du haïbun « L’arête de la Vierge » – Salim Bellen, Lsred, fin.

11 novembre 2011

°

Vierge à la colline ;
l’aréopage des monarques
nous ouvre la voie

L’enfant sur la crête
au filet à papillons
attrape le ciel

L’odeur du jasmin
sur cette arête des Andes
parfume Marie

°

Salim Bellen, (mercredi 3 janvier 2007), p.151 de Le singe renifle en décembre
extraits du dernier haïbun du recueil : « L’arête de la Vierge ».

De Monique Coudert, in son haïbun « Le voyage au Japon »

17 octobre 2011

Haïkus de Monique Coudert,
(+ une « réflexion »),
extraits de son haïbun « Le voyage au Japon », (Nov.2008) :

°°°

Je tangue sur terre
le Japon a mal arrimé
son plancher sur la mer

°

La navette du taxi
tisse dessus dessous
des lacets d’autoroutes

°

On ne voit pas bien
le clown blanc sur les cailloux blancs
du jardin Zen

°

Si les fleurs volaient
autour des papillons
ça changerait quoi ?

°

« pensée et crayon s’incarnent en ligne directe »

°

Dans la maison carrée
où caser mon âme ronde
comme la lune ?

°

Disparaître ?
Laissez-moi être
un petit érable blanc

°

Pavillon d’argent
ourlé de pensées roses
à mi-novembre

°

Le cri du corbeau
déchire le ciel en deux
pour libérer un nuage

°

Quand l’érable tremble
une pluie d’étoiles rouges
vole jusqu’à moi

°

Venir de si loin
pour se perdre à jamais
dans la beauté

°

Ô Bouddha de 500 tonnes
serait-ce trop te demander
de me rendre plus léger ?

°

Dialogue en boucle
entre le sable sec
et le flot du bassin

°

J’ai vu des chiens pisser
sur des nains cuisiniers
bouddhas en tabliers

°

Roulés par la mer
cargos et containers
murmurent Osaka

°

Des ponts qui tricotent
la rue par dessus dessous
j’y danse des claquettes

°

Je tire les draps silence
un enfant dans ma tête
esquisse un geste d’adieu

°

La grêle d’Osaka
m’a glacé les sangs
au secours Maman

°

Revenue du bout du monde
celle qui marchait sur la tête
c’était moi

°°°

Haïkus du haïbun « Un crime à la machette » – Salim Bellen

25 septembre 2011

°

Premier jour de l’An ;
nous remontons la rivière
à contre-courant

(p.142)

Monde d’illusions ;
sur la croix en bord de route
fleurs artificielles

Mûre et citron vert ;
les enfants après la glace
se tirent la langue

(p.144)

Crime passionnel ;
il saigne à mort son ami
et va se livrer

Il l’a trucidé ;
un jour lointain il ira
pleurer sur sa tombe

(p. 145)

Salim Bellen, mer. 3 janvier 2007,
extraits du haïbun « Un crime à la machette »
in Le singe renifle en décembre.

Haïku du haïbun « La poupée de la santera » – Salim Bellen

13 septembre 2011

°

Le papillon
entre par une fenêtre
sort par une autre

La crèche indigène
le totem sur l’étagère
et le crâne humain

Bruissement de l’eau;
même au coeur de mon sommeil
la rivière coule

Lente digestion ;
aux quatre points cardinaux
les quatre hamacs

Contre le miroir
la poupée de santera
sur un zafu bleu *

* : coussin de méditation (za)zen

Le vent débarrasse
ici à longueur d’année
l’arbre de ses feuilles

Assis en zazen
nous demeurons sur la pierre
les trois chiens et moi

Chambre des enfants
nous dormons profondément
avec les poupées

L’enfant comme moi
va s’asseoir sur une pierre
avec son panda

Montant sur la pierre,
« Est-ce que tu sais voler ?! »
me dit la fillette

Forêt tropicale;
sous le feuillage sans bruit
il pleut des cordes

Je tiens son panda ;
agrippée à une liane
l’enfant se balance

Les deux perroquets
criaillant de branche en branche
empêchent ma sieste

Le bois de bambous
balance sa chevelure ;
moi dans le hamac

°
Salim Bellen
(Mercredi 3 janvier (2007),
pp.139-141, in Le singe renifle en décembre, haïbuns.

haïku du haïbun « Un bilan » – de Salim Bellen

29 août 2011

°

Il eut trois enfants
planta deux cent quarante arbres
écrivit un livre

°

: Salim Bellen, mer.3/1/07, p.134 du recueil de haïbun Le Singe renifle en décembre, coll. particulière.

« Un souvenir » : haïbun, par Carla Sari

24 juillet 2011

°
UN SOUVENIR

(par Carla Sari)

« Nous passons le mois d’août à la plage de Yesolo, une étendue sablée au bord de l’Adriatique.
Je viens d’avoir quatorze ans. On me confie la garde de ma soeur Grazia et de notre cousine Elena, qui ont, toutes deux, cinq ans. Grazia a une peau olive et une couronne de boucles brunes. Elena a la peau claire, des yeux verts et ses cheveux blonds soyeux sont tenus en queue de cheval. Des femmes leur sourient dans la rue. « Bella, bella » disent-elles. Ce mot ne s’adresse pas à moi. Mais, néanmoins, ces deux joyaux font partie de ma famille et c’est moi qui m’en occupe. Le matin, je les aide à se doucher et à s’habiller. Après le petit déjeuner, tenant de blancs parasols, nous allons jusqu’au centre de notre lieu de vacances, où nous nous arrêtons pour acheter des glaces. Léchant nos cônes, nous nous promenons autour des étals, avant de tourner dans l’allée étroite bordée de grands hôtels.
« Fermez-vos yeux. Avancez de quatre pas. Ouvrez les yeux ! » leur chanté-je. Elles halètent d’excitation.

glittering
beyond golden sand
a mass of turquoise blue

scintillant
au-delà du sable doré
une masse de bleu turquoise

Sous notre parasol de plage j’étale de la crème solaire sur leur visage, leurs bras et leurs jambes, et les regarde se ruer pour ramasser des coquillages le long de la plage.
Portant un panier, Mère apparaît, à l’heure où les vacanciers s’en vont déjeuner. C’est l’heure de grâce de Maman. Nous mangeons des pains et des fruits, en écoutant la mer. « Le meilleur son du monde », dit Maman. Mais nous ne pouvons pas rester. La chaleur devient intense et la peau d’Elena doit être protégée par une chemise à longues manches et un chapeau à large bord. Un dernier regard, avant de partir faire la sieste.

deserted beach
the waves constant exchange
fills midday stillness

plage déserte
l’échange constant des vagues
remplit le calme de midi

Aujourd’hui, un événement inopiné survient sur le chemin de notre appartement. Un garçon, marchant devant, laisse s’échapper une balle de tennis et court pour la rattraper, alors qu’une voiture se précipite vers lui. Dans un grand cri je cours pour l’attraper. La voiture l’évite, l’enfant est sauf.

Après dîner ses parents viennent me remercier en m’apportant des fleurs et des chocolats. Un journaliste pose des questions, prend des photos.

glorious summer
in the local paper
the boy’s beaming face
and mine

été glorieux
dans le journal local
le visage extatique du garçon
et le mien

Carla Sari.

°°°

n.d.t. : Haïbun paru dans la revue RawNervz, et envoyé par Dorothy Howard, pour traduction (ainsi que les articles de M.B. Duggan : « Le Haïku Comme Arme » et d’Anna Vakar : « Se Connecter Aux Sensations », précédemment postés sur ce blog).

Haïku du haïbun « Le bilan » de Salim Bellen

5 mai 2011

°
(à Jorge Rincon Andrade)

Il eut trois enfants
planta deux cent quarante arbres
écrivit un livre

: S. Bellen, mercredi 3/1/07, p.134 de Le singe renifle en décembre

°