Archive for the ‘familiku’ Category

Petite suite à ‘L’Arbre debout’ – Py

1 septembre 2011

°°°

square Robert Schumann
des arbres chantent
en blanc et rose

Une chaise écoute

°

L’oiseau a quitté l’arbre
branche après branche
La lumière se balance

°

au faîte de l’arbre
en bleu de travail :
épouvantail !

°

dans le matin noir
les oiseaux de juin sifflent
– sommeil envolé

°

Ferme tes musées
Cesse tes oeuvres
Promène-toi
de branche en branche

°

entre les branches :
les étoiles
et les cris des chiens

°

au milieu des feuilles rouges
pommes entamées dans l’arbre
– les mésanges silencieuses

°

dans l’arbre des milliers de mains
où viennent les oiseaux boire

°

l’étrange vouloir du papier
à se faire aile
heurte le refus du bois

°

l’oiseau
est un au-delà d’arbre

°

un jour
qu’il faisait clair et simple
(que l’on voyait au travers),
l’écriture
vint affleurer l’écorce

°

proselapoésie,
arbre total

°

sur le chemin
mon fils dans les bras
la lune sur les oliviers

°

Mort des arbres
au bord du canal
la tronçonneuse crie

°

les feuilles
tout en haut des arbres
font-elles signes au ciel
– qu’elles vont tomber ?

(dernier jour d’octobre)

°

Des moineaux bagarrent
aux épées de bois
des branches

°

Les feuilles confetti
descendent des arbres

Il neige jaune
ce matin

°

Les feuilles se détachent du ciel

Serons-nous assez patients
pour contempler
La Nudité
?

°°°

d.p.

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Haïku, etc – Py – mai 2011 – 1/3

16 mai 2011

°

quatre-vingt-onze printemps :
un bouquet de muguet
par Internet

le balcon donnait sur la mère…

(cf : Cocteau : « le balcon donnait sur la mer,
le bal qu’on donnait… »)

°
(Bashôtages :)

toute la nuit
des plongeons
dans l’étang

l’étang endormi
– splash !

torpeur –
la grenouille
éveille le poète

vieil étang
jeune grenouille

le passé dans la mare…

la grenouille
est le réveil
de l’étang

pas de rondeaux :
dans la mare la grenouille
s’exerce au haïku

°

ce matin
le monde
encore debout ?

rue du onze novembre mille-neuf-cent-dix-huit,
des chants si volubiles !

d’autres fleurs blanches
sentant si bon
– soir de mai

°

au soleil
sur la terrasse,
(à) effeuiller
des haïku

tailler
les (mots des) haïku
à la serpe

(d’après Blyth HAIKU I, p.180)

revenant sur la terrasse :
la chaude couverture
du livre

ah, l’odeur du pain
sur la terrasse –
et dans toute la maison !

de la merde séchée
étalée
sur un siège de train

un homme s’y assoit

antenne télé –
une araignée
gratte le ciel

°

(Que) le haïku frappe

par son exactitude
par sa justesse

(ex.: un dessin satirique)

:

touché /
coulé /

(Que) le haïku
déclenche l »‘explosion »
du lecteur !

°

du milieu des fleurs de cerisiers
descendant du train :
la cohue du week-end !

un vol de canards
sous la fine lune
– début mai

la sérénité de savoir
tracer son sillon :
labourer les haïku

chemin solitaire –
la joie aussi
est au rendez-vous

pas seul :
le bruit de son siège
pivotant

ce monde
mercan – tilt !

un bourdon de mai
ajoute sa musique
(enveloppante)

choix de haïku :
réveiller les gens
de leur torpeur…

un mariage passe :
klac
sonnent

klaxons
et youyous :
premier samedi d’aimer

filante
sous l’oiseau en vol

fi(l)ante

grincement de bois
sur l’après-midi :
l’ombrelle du jardin

sérénité :
même la scie du voisin
ne saurait l’interrompre

sur la voiture…

pas besoin de bouger :
les haïku viennent

– et repartent…

(la) voiture (noire)
immobile (au soleil) –
les cônes roses se balancent

du sud
au nord ;
une porte claque

le soleil
s’assied sur une chaise

( petit à petit )

je lève mon verre :
les feuilles,
les cônes de l’arbre
bougent

Fukushima –
sur un programme de concert,
le nom d’un compositeur :
Hiroaki Fukushima
(né en 1979)

l’ouzo :
zou !
– samedi de mai

le voisin
creuse les murs :
termite ?

le voisin du dessous
formatant ses planches
– pelouse

une voisine tourne
au coin du bâtiment
– pelouse

entre lampe
et bière :
premier moucheron de mai

elle plonge aux Maldives –
des glaçons dans mon ouzo

contre le verre
chantent les glaçons –
après-midi de mai

arbres encônés :
vers où le mariage
s’est dirigé…

°

Le haïku ne fait pas dans la « poésie »
(= la recherche « ampoulée » des mots),
il fait dans / il vise à
la simplicité
– voire à l’extrême, la plus nue
[des] simplicité[s]

Dépouillement :
elle passe
avec son chien
(point).

°

au bout de la branche
le cône dansant
de l’arbre
– vent de mai

soir clément de mai ;
un tapis
sur une clôture

les planches
blanches
du voisin
sur la pelouse

balcon –
protégé des voisins
par leur séchoir à linge

balcon –
un avion à réaction
fait vivre le ciel

trois chaises
face à face ;
un corbeau

trois chaises
n’ayant rien à se dire
– terrasse

dès mai, nageuse
en eaux profondes aux Mal
dives * et de mer

* : she dives !

sous l’Aquilon là,
prendras-tu une cherry,
chérie ? – Ciel, son fiel !

à fond,
sans s’occuper
de la forme !

plus le bol est vide,
plus il peut se remplir

avec le nucléaire :
les lendemains qui déjantent
(- les aujourd’huis,
les hiers, même !)

A quand un Monument
aux Morts
du Nucléaire

passés
à venir
et en cours ?

(le futur est irradieux…)

°

Du haïku, souvent,
privilégie le premier jet

(: il a la force du nouveau-né
/ l’énergie)

[: l’ énerjet !]

°

moineaux pointillistes
square Montholon
ce huit mai

la voix des moineaux
parmi les roses rouges !

elle nage
au milieu des raies-manta,
des requins-baleine ;
ici, au milieu des instruments :
concert au salon

odeur de barbecue –
fleurs et oiseaux
dans le soir de mai

repoussant sans cesse
les assauts du travail

(aliénant)

un ciel de traînes
d’avions
et de nuages blancs

(: Orly, soir de mai)

premier janvier :
un ciel d’étrennes…

prendre en photo je ne puis
le chant de l’oiseau
de ce soir

dimanche soir
un klaxon :
retour de mariage ?

Issa
et ses animaux
domes
-tiques !…

fascinant
geste
de la laveuse de carreau

sur la table
les sardines
attendent
le retour de la mèr(e)

entre trois livres de haïku
une mouche
marche

pétales jaunes
au bord du trottoir ;
variations aviaires

dans les bosquets
près de la voie

– quel bonheur !

variations aviaires
si volubiles :
retranscrire en mots
leur solfège

entre ses lèvres
le bout de sa langue
: lecture

swifts
for the first time
over other bird songs

(Nogent s/Marne, 10/5/11)

la voix des oiseaux
– plus mélodieuse
que celle des humains

café allongé :
à Simplon : 2 euros trente
à Saint-Sulpice : 5 euros

jambes
haut-croisées
: l’oeil nu

l’estafette
emplie de plants de fleurs roses :
mai municipal

balais, fourches, râteaux :
l’estafette municipale
au printemps

sur le paillasson
quelques feuilles rousses
: dix mai

retraite :
apprendre à reconnaître enfin
fleurs
et oiseaux…

elle lève son appareil photo
vers la femme
à la lyre

le soir tombe,
on dirait que le parfum des fleurs
grandit

le vieux chat
joue
dans le jardin

ah, les
Ti-he,
Ti-ui,
Tui-tui
des matins de banlieue !

coquelicots –
il s’essuie le cou

°

« Ploc!
la lettre du haïku »
=
l’épître de l’apôtre *?

* , l’auto-promu, l’auto-baptisé !

Hé, l' »apôtre » !
le vent souffle
sur la montagne !

haro
sur l’arrogant
qui s’arroge
de faux-titres
de gloriole
(le mariole) !

= le grenouille-boeuf
(du haïku) ?

légèrement condescendant…
– mais quand même du singe !

°

les ailes (vertes) en V des hamacs –
le bruissement des cigales

(d’après une carte postale : « Non à la rentrée! » – « Repartez »)

l’avion
encore au soleil
– soir de mai

/
(brille
comme un navire
qui fend le ciel)

l’araignée noire
au centre de graines
du printemps

swallows, swifts,
in and out
of the nostrils
of the Great Buddha

une plume
sur le trottoir
rue des Meuniers

dans le métro
une grenouille
: téléphone

mangeant sa salade
dans le métro,
des feuilles tombent

dans le ciel
des grues
des nuages

petits liserons,
petites pâquerettes :
une pelouse défoncée

des vagues de pas
dans le sable
: vacances,
bonheur !

grand-mère,
ses mains
de pierre
glacée

(à suivre : mai 2011 – 2/2)

Haïkus, etc – Py – fév. 11

2 mars 2011

°

ajoutant du gris
au gris du ciel,
l’incinérateur

°

infimes flocons de neige –
sortie de répétition

infimes flocons de neige;
chewing-gums sur la chaussée

°

à la recherche du
temps qui place…

°

(goé-
mon) professeur
d’engrais

°

croa croa croa
au-dessus de la ville
enneigée

°

seules
quelques feuilles
défaillent

°

de part et d’autre
de l’église,
la queue pour la soupe populaire,
la queue pour l’entrée du concert

(5/2/11, Saint-Eustache)

°

2011,
l’année
des haïkus
du lapin

°

sa voix n’a pas
la forme de ses lèvres –
boulangerie

°

Guillaume Séchet
présente la météo
– 8 février

°

fasciné
par le clou :
ce soir
son ombre
vers le haut

captivated
by the nail :
tonite
its shadow
upwards

°

à chaque battement de son coeur
l’écran
tremble

°

mercredi :
les rues au matin
beaucoup plus calmes ;

ni poussettes
dans le bus

°

D’un-mot-ku :

« passe »

(Combien de temps
entre le « p » initial
et le « e » final
de
« passe »
?)

°

les nuages refont le coup
de la couleur des lampadaires
– matin d’hiver

(12/2, Orly-Ville)

°

ton tube-dentifrice
sur le mien :
veille de la Saint-Valentin

°

la fin de ton haïku :
le bord d’une falaise

°

Saint-Valentin –
la bouteille de champagne
à 69 euros

°

dans un appartement
un peintre peint
les contours
du ciel
gris

°

Partir, c’est m’ouvrir un peu…

°

les mains mouettes…

°

Saint-Valentin –
au milieu de la route
deux pies
se partagent
un sandwich

°

boules
qui est-ce
qui ronfle
encore ?

°

ont descendu
indécents nus
l’escalier

(cf Picasso…)

°

une balle
rebondit
et roule
jusqu’au bout de la pièce

ping-pong ? –
une balle qui tombe,
rebondit
et me réveille

°

Sarkozy,
président
de la Ré-privée !

°

deuil :
rapprochement familial

Des nuages lumineux
franchissent le pont —
L’on parle de deuils

°

la parole en joue…

°

filet flûté :
le concert
de la prostate

°

brassant le brouillard,
l’éolienne

°

« Monsieur Renard, le marchand de volailles… »

(: maman.)

°

un violent séisme
un violoncelliste

°

"ses petits doigts
pas plus gros
que les fraises des bois"

(: maman / Romain)

°

nous arriverons
par le vent du soir
inquiet des amandiers

°

toi, dont les cils ondoient –
toi, dont les si longs doigts

°

120 à l'heure –
entre conducteur et volant :
boucles blondes

°

le soir descend –
l'on assemble des cartons

le soir
entre
dans un carton
de déménagement

the evening
-darkness
fills
a cardboard box

°

vasque haut de gamma

°

patères
pas chères

°

la vieille dame
se souvient
un peu tard
de son
"activité-mémoire"

°

supérieurs
si peu rieurs

°

de temps à autre
une fille qui dit :
"j'm'en bats les couilles"

°

porte d'entrée grande ouverte :
un chapeau de paille
une paire de chaussures à talons

°

plage :
toute la famille
en rouge-coca

on the beach
the whole family
coca-cola red

°

le chant d'un oiseau
perce le gris
du matin

(fin février)
°

Après Mata-Hari :
MAlliot-à-ri
sques ?

°

Sarkozy,
(ou) la logique
épidermique ;

le com-
passionnel

°

coucou :

cinq coups
puis six coups :
haïku matinal

°

la saucisse aussi

°

07 : 07 :
déjà levé(s)
les haïku(s) !

°

accueillant coyote

°

(exploitation du gaz de schiste) :

(nous pourrir)
la planète
(déjà)
pas nette !…
= em-pirer !

le « Grenelle » : des dupes !

°

Saint-Valentin –
la lune d’un côté
les nuages de l’autre

Valentine’s night :
the moon one way
the clouds the other

(2008/2011)

°

dernier février –
une belle paire de jambes
disparaît
au coin de la rue

°

d’en bas de l’escalier
monte
sa gorge

°

Cet urlute Berlu-

°

dernier février –
premières jonquilles
au coin de la rue

°°°

dp. (2/11)

haïku, etc. – Py – Déc. 2010

3 janvier 2011

°

des flocons
vers les feuilles
– 1er décembre

feuille verte
dans le métro –
neige
au-dehors

de l’arbre nu
des pommes jaunes
au-dessus de la neige

(Choisy-le-Roi)

(d’après E. Hellal)

première neige
une péniche
passe

copeaux d’anche –
dehors
la neige

le ballet de son ombre
de réverbère
en réverbère

couinements lancinants
de l’escalier mécanique
– RER E

une pisse de chien
en train de geler
– lundi 13

un chat blanc passe
dans le salon du voisin –
flocons de neige

ce matin
gouttes
flottantes

régulièrement la neige —
une tasse de café
sur le trottoir

une barrette à cheveux
sous la neige …
… Buson

croa croa croa
au-dessus de la
ville de neige

le papillon
et moi…
respirons

(Ancien :)

café :
des étudiantes
ordinent…

vélos alignés :
toutes les selles blanches

snowy + owl
=
SNOWL

snOwl

°

cOld

°

le soleil se lève dans les nuages
– première aube de l’hiver

°

(Kyôbun au chapeau de paille) :

Dans le haïku, faire fusionner le « je » avec le monde… :

 » vent d’hiver
je garde mon chapeau de paille
dans la cuisine  »

(Dorothy Cameron Smith)

pouvant devenir :

vent d’hiver
gardant (son) chapeau de paille
dans la cuisine

(= (s’)objectiver… fusionner les sujets…),
slightly shifting the meaning(s) ? but O so slightly !

N’y gagne-t-on pas à « se perdre », à « s’oublier » un (tant soit) peu ?

(22/12/10)

°

lisant des haïkus d’hiver
une clémentine
sur la table

participe au présent…

(le participe poète …)

Se fondre dans la roche –
Finir par renoncer à toute volonté de « personnalité »,
d' »individualité » !
N’être (plus) qu’un –
Naître…
À n’être (plus) ? – ,
incorporé, faisant Un
avec le Tout… (?)

Naître
puis
(apprendre
à)
N’être
plus
(, en fin…)

°

Théoriser, c’est figer…

Déglacer !… Faire, Agir !

Briser les moules (des « théoriciens »)…
les contre-dire, contre-faire
… ( = s’opposer à leurs « prétentions »…)

Encore mieux que dire :
faire.

Battre en brèche leurs « certitudes » …

°

quatre nounours pendus
à deux piliers de la
gare de l’Est

°

(Du haïku :)

Le présent
est le temps qui clarifie la « vision »,
l’image.

°

pieds de vigne rachitiques –
le Père Noël
grimpe à la fenêtre

(vers Lodève)

°

(d’après un haïku ancien :)

perron –
le chat boit
les étoiles

°

brouillard
à couper
au
bus

°

aujourd’hui
les rocs
accrochent
le brouillard

(Larzac)

°

dans un champ désolé
un oiseau posé
vers Noël

°

(« Bashôtage » :)

de ma voisine
je ne connais
que le violon

(cf Bashô :

« L’automne s’achève
Je ne connais toujours pas
mon voisin »

in Fall, par LeRoy Gorman, ed. proof press, 1996)

°

Du haut des Causses
un rayon de soleil
sur Millau

°

remontant de la mare
un canard
s’ébat

– descente vers Millau

°

feuilles :
le vent
tourbillonne

°

L’art du peu :
peu de lard

/ l’art maigre

°

une plume
sur une feuille –
milieu de l’automne

(–> 23/12)

°

(senryû ancien = 2007 ? :)

plus besoin de Bush
pour écrire des senryûs :
voici Sarkozy !

Sarko-fric

(ne) Sert-qu’au-fric

: le consternant S. …

°

aussi sombre que lui
le cri du corbeau

(le) cri
et (la) corneille :
même couleur

son cri
ressemble
à sa corneille

tel corbeau
tel cri

°

1er mot de mère *
au lit ce matin :
 » feignante !…  »

* : 90 ans.

°

Noël
place de la Mangeoire
: Bethléem

°

3
c’est la moitié
de
8

Scindez un
8
vous obtiendrez
deux
3

(basculant sur le dos)

Accolez E
et 3
pour obtenir
B

Scindez B
pour donner naissance à
E 3

E 3 s’aiment = B

°

petites entailles d’avions –
soleil levant

°

On s’enfonce dans la nuit de neige –
il tourne les pages de son livre

ouvrant la fenêtre
au chalet : blanc
de carte postale

°

L’avantage du participe présent :
neutralisation du sujet…

°

(2 règles du haïku :)

La première règle dont l’on (l’Occidental) peut (/ doit ?) se défaire, c’est (de) la forme 5/7/5.

Celle dont aucun haïku ne pourra se défaire (sans imploser / exploser ), c’est le sens du présent (immédiat).

°

L’art du très peu
L’heure du très pas

°

Noircir noircir noircir —
Le bout du tunnel

°

C’est une (est)hétique :
l’ascèse des mots.

Trouver les mots
E X A C TS

(et B R E F S …)

Noircir
pour pouvoir mieux
Blanchir
(ensuite)

°

Il écrit, écrit, écrit …
toute cette neige
dehors !

°

en hiver
lisant des haïkus
d’hiver

°

corneille ou corbeau :
cri sombre

encorbeau

encorneille

encorneige

en corneille,
pas mal de neige !

°

le soleil
frappe les glaçons :
midi

midi :
le soleil
blanchit les stalactites
du balcon

°

premier matin à la neige :
allongé
au châlit

°

ouvrant les volets
dans une carte postale
de neige

°

par endroits
le long de la piste de ski :
petits trous jaunes

(Issa :

« le mince trou
fait en pissant
dans la neige devant la porte »)

°

le blanc de la neige
entrant par la fenêtre
envahit le livre

°

lavoir :
l’eau gelée
du village de montagne

°

le soleil glisse
le long des pentes enneigées
restaurant de l’alpage

°

les toits s’égouttent :
soleil du dernier décembre

°

balade en raquettes
un coq chante
fin de matinée

°

« passage à l’an neuf »
= déjà la première ligne
d’un nouveau haïku !

°

passage à l’an onze :
chacune revêt ses beaux
atours pour la fête

°

au fond du vallon,
ruisseau
du 31 décembre

°

plaques de neige
glissant des toits :
le dessin des tôles !

°°

dernière cuite de l’année :
première cuite de l’année

(31/12/10-1/1/11)

°°

haïkus, etc – Py – 16-30/9/10

6 décembre 2010

°

le soleil
sur les façades –
un archet traverse
un violon

la lumière
au bord de chaque marche
de l’escalier

(du haïku « religieux » :)

le haïku,
acte « religieux »
qui relie
deux éléments
apparemment disparates…

je lève
ma bière :
le nuage
vraiment
très lent

saison des vendanges :
un pied dans la grenache…

(haïkuisine :)

déjà sur le piège
une mite collée
au milieu de ses clones

un drone
au-dessus du désert
n’est-ce pas
un dronadaire ?

Reims, gare :
un pacha-derme
s’avachit

admirer
les cascades
de la lumière
dans les feuillages…

et tout d’un coup

une feuille se frotte par terre

sur le sol
une feuille
m’ouvre l’oreille

en ce parc
les nuages emplissent le ciel
et le vident

la forme des nuages
la forme des immeubles

(sur la terre
ce n’est pas
comme au ciel)



(Poème Désobéissant de Biscarosse :)

Y a d’l’argent nulle part
Y a quand même 15 milliards
qui filent
vers le missile
M 51

(www.nonaumissileM51.org)

sur le dos du champ
un petit nuage de brouillard
– paix matinale

°

parterre de cosmos :
elle fait son shopping

du distributeur de billets
une araignée
descend
puis remonte

bistrot de village :
elle apporte
les plats
uniques

(: Costaros, N.88)

°

(du haïku…)

Il faudrait que le poème occidental
tire la leçon du haïku :

pour
aller à l’essentiel
surtout,
au direct,
au concret,

et sorte de ses voiles, de ses fumées, de ses brumes
plus ou moins spécieuses

°

(« Madagascar » :)

« Madame Gascar »
: mère (90 ans), enfant.

Dans le Petit Larousse Illustré de 1985 :

Madame Angot
Madame Bovary
Madame Butterfly
Madame Sans-Gêne
Pas de
Madame Gascar

°

près de quatre-vingt dix ans :
le jardin
à pas raccourcis

la bouteille en plastique
le cul en l’air
les canards

lune couchée,
ongle blanc,
parapente au-dessus de Millau

(du haïku :)

que le rythme 5/7/5
soit le dernier de tes soucis !

120 milliards :
les feuilles des arbres
les flocons du ciel

jardin public :
balançant le vent…

le petit filet de la fontaine –
tout l’après-midi s’écoule

(Cantobre, 12.)

tout autour du piton rocheux
des martinets encore –
dernier jour de l’été

haïku :
accrocher le jour
sur la feuille

une plume
sur une feuille
pause

3 heures 49
les éboueurs passent
leurs paroles
dans l’air noir
de l’encore nuit

le silence encorné
par le bruit de leurs
poubelles

passés
ils ont emporté
avec eux
un bout de la nuit

(…)

°

ce gouvernement
(par la voix d’Hortenjouefeux, etc.)
jusqu’où ira-t-il dans la menace,
dans l’exploitation de la peur,
dans l’écran (/l’écrin ?) de(s) fumée(s) sécuritaire(s) ?

(: TV News, 20/9/10)

dans la félonerie,
dans la filouterie ?

(…)

°

seulement ça :
quelques notes d’un oiseau
le parfum de quelques fleurs
qui emplit la cour

(: Su Shun-Yin + Kao Pian, in L’Art de la sieste, p.110 + 111 )

°

(lettres :)

de l’O de la lune …

O
: le cercle enflammé
par où lion
tu sauteras
dans la mort ?

O
: le noeud qui coulissera,
qui se serrera
autour de ton cou
jusqu’à te pendre,
pieds ballant dans l’infini ?

le Z cygne
en sa morgue
noir(e)

°

un grand parc –
les grands cris
d’un tout petit

(Millau, Jardin Botanique)

°

les nuages s’empourprent
effilochés :
suite du couchant

les monts recouverts
d’arbres
et maintenant
de nuit

l’éléphant,
ne regarde-t-il pas
à la défense ?

L’appât du grain

de pierre
en pierre
une libellule

dans le ciel de la page
quelques encoches
de graphite

hier les toits lumineux
demain la pleine lune

sur la tête d’un vautour
un pigeon
pose
et fiente

à la charnière de l’automne :
feuilles et plumes
dans l’allée

(haïkuisine :)

la robe de ses ailes
tout autour d’elle
la mite noyée

des gouttes de pluie
étoilent la vieille revue
: fin des haïkus

°

(À un « apprenti-haïkiste » :)

Il y a dans vos haïkus
cette coloration occidentale
qui fait que ce ne sont plus
des haïkus…

: à renommer ?

… ou renoncer ?

°

l’intérieur d’une bogue
fraîchement tombée –
la cour de l’école

(du haïku, proposition… :)

Il faut qu’il manque des éléments dans le haïku
pour que le lecteur
puisse travailler
du ciboulot !

des doigts agiles
sur le clavier d’un piano –
la pluie
qui fouette les vitres

les cieux se sont tus :
plus de martinets –
automne

pattes en l’air
une mite
à l’entame de l’automne

couleur mitée
la vieille revue
de HAIKU *
se disloque

(* vol III, n° 2, 1968)

vieille revue
de Haiku
ses pages se détachent

sous la nappe
ondule
un courant –
déjeuner en ville

double sieste
sur canapé –
dans la cour
l’arbre oscille

le temps est orageux,
c’est clair !

au bout d’une branche :
feuilles et plume
: l’entame de l’automne

fraîcheur de septembre
dans mon dos
la chaleur d’un autre dos

(Métro, ligne 13)

(haïkuisine :)

au mur
un clou

°

(domestiku :)

un triangle poudre de mite
sur une porte de placard
– histoire ancienne

triangle isocèle
la trace de la mite
sur la porte du placard

°

un livre
long à lire :
L’Art de la sieste

le mélanome du mélomane ?

tout le jour gris –
au soir des corneilles

automne –
sur le trottoir
une branche
de lunettes

(Boulevard Barbès)

dans la pile de bois
une portée de taupes
nouvelles-nées

inside ………. a ………. hedge
the ……….. batch …….. hogs
woodpile ….. of
……………. newly
…………….. born

par le vasistas
d’un voisin
en dessous
le haut
d’un match
de football

Le son de la cloche
de Buson –
Le son de mon verre
à vin
ici
maintenant

silence
sur silence :
les pétales
dans la cour du temple

(d’après Miyoko Harada :
« Les pétales tombent / dans l’enceinte silencieuse / du vieux temple »
: expo « L’art du haïku, église de la Madeleine, 22/26-9-10)

(du haïku :)

le haïku
ce peut être ce moment,
ce mouvement
de la feuille
entre l’arbre
et le sol

putain,
ces foules,
c’est full !
gare Saint-Lazare
9 heures moins le 1/4

trois jets
une mite

automne –
un chapeau de paille
sur une plage arrière

°

d.(16-30/9/10)

Haïkus, etc. – Py – oct. 10

1 décembre 2010

°

un cri noir
traverse ce matin –
brossage de dents

dans le métro
il fait monter
l’odeur de la boulangerie

nos deux réveils
aussi
ensemble

Maguelone * :
pas grand chose
d’autre
à se mettre sous l’Adam !?

* plage naturiste de –

dès sept heures
leur télé allumée
: l’hypno-teaseuse …

un saule
pleure
au bord de l’autoroute

une araignée
joue de la lyre
dans le soleil du soir
(forêt de Sénart)

je tombe en spirale,
forêt de Sénart

le grand détachement des feuilles
– octobre sans vent

la cloche
peu à peu
s’associe
au silence

le café
filtre
sous la porte

ta peau
encore froissée
par les draps

mmmh !
ce pain qui cuit :
jouissance absolue

portée
l’ombre
chante

ce soir
lumières jaunes
télés multicolores

par-dessus les toits
des grues
des antennes

des avions
limaces rosées
entament
la toile
du ciel

contempler
le « c’est ainsi »
des arbres

ralentis ton regard
ton esprit
tranquillise-le
pour entrer en contact
enfin
avec la sève

une plume
sur le trottoir
n’écrit rien

une vieille chaussure –
au bord de la route

il faut qu’un haïku
soit
ouvert

a flurry of pigeons
all at once

un petit cheval
de nuage
s’envole
dans le matin
, mi-octobre

boules ramassées
pigeons
de la fenêtre des toilettes

lumières fixes
écrans mouvants de télés
dimanche soir d’octobre

son de l’ampoule
contre l’abat-jour
une cloche de vache

le plancher de mon voisin
du dessus grince
pas seul !

pas
du voisin du dessus :
pas seul !

jusqu’à mon dernier souffle
le souffle du haïku,
probablement

dans le bol de tisane
l’ampoule
vers le haut

passant manches de chemises
et cols
au savon de Marseille
avant lessive :
grand-mère

un petit cheval gris
de nuage
évolue
dans le ciel

feuilles rousses de platanes
sur la pelouse
le soleil se repose

nous pompant l’air,
l’inlassable ressasseur
de leçons !…

au-dessus des embouteillages matinaux
un corbeau
croasse en passant

ma voisine
entame
do majeur
au violon
– l’heure de la sieste

mon miroir est petit
la Thaïlande est loin
je pense à toi

21 octobre
lavant les vitres
une guêpe

premiers avions :
après mes vitres
propres

grosse lune d’octobre
entre les deux tours
d’incinération de déchets

les vaguelettes
que fait l’âge
au dos de sa main

pluie d’octobre –
la goutte au nez
de la vieille dame
sous l’abri-bus

cette femme
vue ce matin
vue aussi ce soir
dans le métro

une page du journal
sou le vent

ondule au vent
la page du journal

pleine lune d’octobre
à la fin de la nuit :
le ciel immaculé

la pleine lune d’octobre
dans le petit matin –
dans ton avion
les hublots clos ?

vol matinal :
par un hublot
le soleil,
de l’autre côté
la pleine lune

pleine lune d’octobre
un premier cri noir

pleine lune d’octobre
en ce ciel
si immense

À l’été les Roms,
À l’automne les Jeunes :
Sarko casse.

pleine lune d’octobre
nuages roses
une cheminée fume

posture de l’arbre :
la pleine lune
entre ses bras

accumulation d’énergie :
il invite
la lune
à lui

séance de Qi-Gong :
la pleine lune
peu à peu
descendue

(disparue
sous les toits)

au-dessus de la grue
des nuages lourds

elle se serre contre moi
lendemain de la pleine lune

à ma mort,
un service fun-zèbre !

lever du seuloeil –
la lumière sur les
traits étirés d’avions

à la porte du bar
des bouteilles de champagne
– rosée

terrien, t’es pas grand chose !

vignes roussies
roches rouges
vers Lodève

l’heure rose
sur la montagne des Causses
vers novembre

luisant de pluie
penchant plus :
l’arbre pleureur

ce matin
goûté à ton thé
au jasmin
de Thaïlande

la blondeur du biloba
en l’air
et au sol

dernier octobre
l’éventail rutilant
des arbres

passage à niveau —
regardant passer
le train

épuisant sa salive
en arguties…
– feuilles à terre

à la grand-mère l’enfant,
à la mère le chien :
promenade du dernier octobre

voiles s’envolant au vent
la veille de novembre

le haïku est un chemin
le long duquel nous marchons
chaque jour…

entre l’appareil photo
et le ginkgo biloba jaune
deux pigeons trop prestes

l’entonnoir en étain
de l’Hôtel du Commerce :
retrouvé dans la niche

sur la table de la cuisine
pinceaux
près de l’assiette au raisin
et deux demi-citrons

feuilles
sous le banc
la pluie d’avant novembre

odeurs :
la pluie sur le trottoir de Millau
dernier jour d’octobre

dans sa mare multicolore
le cygne blanc
sous la pluie

dans la flaque
des bulles trembleuses
l’une après l’autre

toute l’après-midi
mère martelant
ses noix

nous sommes uniques
et cependant semblables,
feuilles, bulles, humains…

« filliforme » :

filiforme –
à la boulangerie
plus de baguettes

(cf : sept 10)

°

d.(oct. 10)

Haïkus, etc. de Py – Août 10 – 2/3

8 octobre 2010

°

(Mère :)

hors le réveil
qui bat bêtement,
son souffle vivant

Faire flèche de tout doigt (?)

_

La Sarkozie,
une entreprise
déshumaniterroriste

(Il n’a tellement que le mot guerre à la gueule !
– Excusez-moi, les animaux !)

L’homme est un sarko pour l’homme

le souffle de mère
qui se soulève
au coeur de la nuit

°

sur ton écran
place-moi !

qu’ai-je à me mettre sous l’Adam ?

°

Aujourd’hui
3 bougies pour Salim –
combien pour Nagasaki ?

(9/8/10)

°

cette cloche
opaque
m’a frappé …

(: la cloche d’Hiroshima au Jardin Botanique de Montréal, dans le Pavillon Japonais, le 14/7/10)

°

rafraîchit l’août
le glou glou de la fontaine

(Kyôbun à la fontaine) :

Concentrer
de façon à ce que s’abolissent les distances
entre sujet et objet,
entre les deux termes (séparés – juxtaposés – mots-valisés) d’un haïku
jusqu’à l’absorption dans le mot-valise
qui résume / dit tout ( en un (seul) mot ) :

(une fontaine :)
gl(a)oût gl(a)oût …

(10/8/10)

un haïglouglou

°

(Assises papales :)

Sous le Vatican
le Cirque de Néron.

Protégés
par le droit-canon :
tous ces prélats criminels

Le Saint-Piège …

Il n’y a pas
de Brigade des moeurs
au Vatican

Employés du Vatican :
exemptés d’impôts
sur le revenu.

Seize équipes de football
dans le championnat
du Vatican

Du dernier pape en date
il est écrit :
Ainsi déçoit-il

surnommé aussi :
« Papa-Ratzi »
« Le Grand Inquisiteur »
« Le pape de la peur »

deux bistrots (gratos)
au Vatican :
le « Bar Jonas »
le « Bar Abbas » (sic !)

: d’après « Les Dessous du Vatican », Les Dossiers du Canard Enchaîné.

°

pique-nique au parc
d’amies gazondulées

familles moitié nues
et boulistes
au parc

_

la pluie
sur sa peau
luit

(Bd de l’Ayrolle, Millau, 9/8/10)

sa peau
luit
sous la pluie

sur sa peau
la pluie
luit

°

chaleur d’août
le cygne se déplume

°

effets spécieux …

°

tels oiseaux
les mots
à l’aube…

( oimeaux / oimots ?)

°

les haïfous
= les kyôkus, kyôkas,
haïkus déjantés,
haïbsurdes,
etc.

°

re(nais)scapé …

°

(technique haïku) :

Le participe présent
montre que l’action (se) continue
pendant le haïku…

°

Au repas, ce soir,
j’ai apporté des serres …

°°

Le banquier
n’est pas forcément
le bélier :

elle avait deux hommes :
un pour les poches,
l’autre pour la braguette…

elle le mena à (/ par) la braguette…

°

Dessiller,
faire tomber les illusions…
: Entreprise en lucidité…

°

les mots…
puis les motos
du matin

°

jeunes mères au jardin –
des ratiboiseuses gazonnent

(Millau, 10/8/10)

tout ce qui vient,
comme ça vient :
(les) mots en vrac

°

la beauté bruyante du jardin
….
peu à peu se tait le gazon

°

(Kyôbun rouillé :)

dès la tondeuse arrêtée
le chant rouillé d’un oiseau

: Qualifier un « objet » est-ce déjà se l’approprier,
interférer avec son être propre,
l’interpréter,
le corrompre?

(Millau, jardin A.Malraux, 10/8/10)

°

l’achalandelle

achalandelier

achalandelait

achalandelette
achabandelette

°

Les six papamobiles
de Jean-Paul 2
(+ ses limousines)…

Pour Benoît 16 :
1 Mercedes G 500
1 Volvo XC90 (: 75500 €)
1 BMW X5
+ Mercedes,
Lancia,
Volkswagen Phaeton W12

°

Un senryû papal
par jour
chasse la morosité !…

°

Capter l’instant, c’est tout.
Le reste, en haïku, est superficiel.

L’instant, qu’il ait du sens ou (apparemment) pas,
de l’émotion, ou pas…

(L’instant peut être aussi une somme d’instants
(: mémoire) concentrés en celui-ci…)

Mais aussi :
observer les mots

réduire le langage
le recomposer…

°

jaguère
et
nadis

°

(d’été 2010 :)

vélo d’Roms
:
Vel d’hiver –
Vel d’été (2010)

°

DIMInuée…

°

« Tout d’août » …

°

sortant de chez lui
une feuille
lui prend la main

°

L’art, le théâtre de la vérité,

L’art rue.

°

to slut down
a slut down

°

end of the market :
pigeons share
a slice of melon

fin du marché
des pigeons se partagent
une tranche de melon

(12/8/10)

°

holidays :
calm, cool, empty
city

les vacances
c’est le vide
des villes

°

Hawaiï Bar –
la serveuse
roule
des mécaniques

°

(les mécaniques de la serveuse)

°

un hélicoptère :
des moineaux
lèvent la tête

12/8/10)

°

légère glissade
des pattes du pigeon
sur le pont en pente

°

glaces
du magasin de surgelés ;
elle passe
sur le trottoir en face

ice-creams
from the frozen food store –
she walks across the street

°

pendule –

un coup
sur le coin de l’après-midi

°

the sea
behind the sun :
it is so slow !

la mer
derrière le soleil –
c’est si lent !

°

courir après le troisième tiers du haïku ?
poule, grains …

°

(mon voisin et moi)
ployons sous le poids des mois

°

le haïku de grâce ?…

°

Egon Schiele,
c’est le senryû du dessin…

°

téton armé …

°

d’un coup d’elle
on est si vite arrivé !…

°

en garder sous le haïcoude

°

le chant léger de la pendule,
comme si c’était :
chic, le temps passe !

°

moineau
venant piailler sa faim
à la fenêtre de la cuisine (?)

°

(tango :)

son corps a voyagé aux confins du vertige…
(: renversement tango…)
balancée ce point d’équilibre / déséquilibre
en ce point exact de la perte (heureuse) d’équilibre
auquel elle renonce
d’où on la relève …

°

transcendanta(na)l

°

Il affrime

(Affrimer)

°

haïkuité, haïkuité,
tout n’est qu’haïkuité !

°

d’amour et de vache fraîche…

°

Août à Paris
le bruit
d’une fraise

(14/8/10)

gros chien,
grosse merde orange
que son maître renonce à ramasser

pentes
où glisse
mon regard —
les pointes de l’été

la fleur
au centre du haïku

°

dosant la farine,
un orage s’avance

(14/8/10 /cf kukaï.paris 9/09)

°

parapluies
aux portes des magasins
– 15 août

roucoulement
sur fond de gouttes,
15 août

°

Il m’enconcombre !

°

Ailes y croix

°

Devant Laforêt
(agence immobilière)
un pigeon
mort

(Ave de Clichy, 14/8/10)

°

chat
te en ron
ron –
rien de nouveau

°

(rêve :)

suivre ce que fait la groseille

°

« … rivière de rêves » :
– glimpses
– entr’aperçus
– momentanés

zap perçus …

°

que ta pensée s’échappe,
que tu t’échappes de ta pensée
raisonnante, logique, …

°

Haïkus de filets

Filets de haïkus …

°

une chute de riens …

°

L’asmathique
tique
au rendez-vous
sous la pluie d’août
douce …

°

Que les choses
sont comme elles sont :
il n’y a pas à écrire plus loin

°

un bas file
jusqu’en haut
sous sa jupe
– vent d’août

(Bd de Belleville, 16/8/10)

le soir glisse

°

Rue, Liberté !

°

Si un haïkiste
m’amuse,
c’est un haïkiste !

°

(Mendiant, dans le métro :)

« S’il vous plaît,
petite pièce pour manger
les enfants ! »

(ligne 13, 17/8/10)

°

(senryû papal :)

aussi clairs
que nuages d’encens
les comptes du pape

°

le siège des toilettes
décoré
d’un papillon de nuit

(Chaumont-sur-Loire, 17/8/10)

rescapé :
un tournesol

vrombissement d’une mouche ;
une goutte de tabasco
sur un carré de saumon

mauvais haïkus :
mes yeux se ferment …

sous son oreiller
sa nuisette noire
sur mon nez

le souffle réitéré
de la mongolfière ;
la sieste dans la chambre

une étoile
dans le vasistas –
roucoulade au milieu du toi

(Chaumont-s-Loire, 18-19/8/10)

°

Poussa, mit d’ssus
Tira, mit d’ssous

°

(Senryû sous Sarko :)

Sarko aux Français :
Je vous ressers un Rom ?

(cf Le Canard Enchaîné du 18/8, p.1)

°

Sakro saint …

°

le soir se pose
pigeons et canards
viennent boire

juste le bruit d’une cascade
entre les branches tordues d’un arbre

une femme rit au téléphone
dans une langue étrangère

deux fenêtres s’allument

(Square des Batignolles, 20/8/10)

°

vers le bas de la rue
le ciel verdit

(Paris, 20/8/10)

°°

(à suivre…)

mot de mère

28 septembre 2010

°

mère (90 ans), enfant,
disait :
« Madame Gascar »
au lieu de
« Madagascar » !

Madame Angot
Madame Bovary
Madame Butterfly
Madame Sans-Gêne
Pas de
Madame Gascar

: Le Petit Larousse illustré, 1985.

Deux poèmes – pour Sarah et Romain

2 août 2010

°°

Kiki Dimoula :
 » Comme je voudrais savoir enfanter
des petits poèmes
Mon monde loquace m’en prive.  »

Petits poèmes
Petits !
Petits !
Voici
du papier

Petits
Petits
voici de l’encre
et du papier

Buvez, mangez,

Petits poèmes !

Buvez buvez voici du noir
mangez mangez voici du blanc,

petits poèmes de papier !

°

d.p.(Paris, 9/2/90)

°°

Le soleil se couche en boule
derrière les quais de Paris

Le soleil mord les toits
– Est-ce tout ce qu’il aura pour souper ?

, puis il sombre
: on dit qu’il va se coucher.

– sans se doucher ?

Le soleil, avant de se coucher,
se lave-t-il les dents ?
et va-t-il faire pipi
– régulièrement –
pour ne pas mouiller les draps de la nuit ?

Voici qu’il a disparu
Et que ne se dresse plus, à côté,
que la lame ;
– le fleuret de la tour Eiffel
a touché le couchant,
Il saigne. –

Quais de la Seine.

°

d.p.(Paris, mars 1990)

°°

Boucherville (QC) (5) – juillet 2010 – Py

29 juillet 2010

201)

un corbeau ponctue l’air
dans un sens
dans l’autre

une goutte de chaleur
claque

(Université Laval, Québec, 20/21-7-10)

202)

tout à coup
la couleur bouge
– vite –
basculant dans son bol

203)

reçu comme un prince
à l’assemblée québécoise
des haïkistes :
treize à table !

204)

de chaque côté
de son assiette :
un crayon,
un stylo

205)

cette cloche – d’Hiroshima – m’a frappé (!)
par sa forme, son poids,
par son silence
presque éternel

(cf 14/7/10, Jardin Botanique, pavillon japonais, Montréal)

206)

 » Le soir tombe bien  »

207)

ce matin
pas de chiens à promener :
Québec

208)

sur la pelouse
des oiseaux
s’entraînent au chant

209)

grand-père à la pêche
mordant les plombs
autour du fil

210)

vue aérienne :
les nuages gommant
les méandres du fleuve

211)

(Kyôbun aux violons:)

violemment seins
elle passe devant le restaurant
 » Violons  »

Les mots tombent le plus directement possible
dans le cerveau
sur le papier.

212)

une danseuse …
de toutes ses grandisseuses …

213)

Alors, que fait l’orage ?
: la piscine attend !

214)

Dans le haïku,
dire le moi,
c’est cacher la forêt
avec sa poutre !

215)

le bras en écharde

216)

allongé
sur la couverture
avec
les poils du chien

217)

patinage –
sous la couche de glace :
le chat mort

(d’après Nelly Arcan (1975-2009), in Putain, Le Point/Seuil n° 1020, 2001, p.171.)

218)

le livre prêté :
l’odeur de sa maison

2189)

(to) be / write
as free(ly) as possible
(in (your) writing
poetry / haiku ? / …)

Etre / Ecrire
aussi libre(ment)
que possible

219)

pelouse :
à la cueillette
des crottes

lawn :
picking up
dogs’ droppings

219 b)

pelle
et sacoche :
les crottes de chiens

220)

une traînée de tonnerre
de part en part
découd le ciel

221)

éclair :
la fente au milieu du rideau ;
tonnerre
et gouttes

221 b)

l’éclair
écarte le rideau

l’espace
tombe

221 c)

orage persistant –
les gouttes
s’égrènent

221 d)

les canons se succèdent
les chant de la pluie

221 e)

l’orage persistant ,
il range son sexe

222)

Québec :
la musique des dalles
sous les roues
de la valise

223)

dansunenarine

inanostril

224)

pisser
àlalueurbleuedelabrosseàdents

to piss
in thetoothbrushesbluelight

225)

chaque chant d’oiseau
défie les mots
– écoute !

226)

ronfler –
se tenir compagnie

227)

quatuor de flûtes
légèrement désaccordé
ce train au large

228)

le haïku :
plus de noir ou
plus de blanc ?

un yo-yo
tao ?

229)

Pour
un haïku-vérité,
pas un haïku
enjol(iv)eur !

230)

au bord de la falaise des mots,
brouillard

231)

survol stationnaire —
la tondeuse à gazon
enfin disparue

232)

L’art du haïkiste est
d’établir un lien
entre le premier et le dernier mot
de son poème,

de bander l’arc !

233)

sur le tapuscrit
l’encre rouge d’un correcteur –
confiture de fraise
confiture de framboise

234)

le chant de l’oiseau
rebondit
dans sa gorge

235)

 » une rivière de rêves  »

236)

balance
d’un geste
auguste
les journaux
sur le perron

237)

apprenant à mettre son bras
en écharpe –
ventilateur

238)

le poème (le haïku)
entre anecdote (/ personnel / éphémère)
et éternel (/ objectif / universel)

239)

Elargir le(s) sens du haïku) donc
Flouter le(s) sujet(s).
Le participe présent permet souvent cela.

240)

le soleil
à moitié dans l’eau
de la piscine

/

mi-ombre
mi-soleil
la piscine ce matin

241)

(haïku au futur ? :)

piaillements dans l’après-midi
bientôt la tondeuse

242)

Elargir le haïku
à peu de mots…

243)

deux situations, objets, images, mots
qui se « catapultent » :
étincelle-haïku

244)

quelquefois le haïjin
joue à cache-cache
avec son (éventuel) lecteur

245)

face à la piscine
regarder les bleus

246)

elle tond son gazon
je parcours son tapuscrit

247)

(interviews ?)

Ils
apportèrent
des réponses
de pierre

pour pouvoir
rester
au fond
de la mare

248)

sur l’écorce du jour
les premiers oiseaux

(le cardinal
cogne
à la porte ?)

249)

sirène allongée au loin
– beaucoup de choses à dire ?

250)

dans la gamelle des chiens
eau
et glaçons

251)

légèrement bancal
le fauteuil se balance

252)

laissé seul sur la terrasse
les livres
le soleil

253)

les cigales
en crescendo – decrescendo
près des fils électriques

254)

la bouche de la piscine
libère
une bulle

255)

ventilateur –
un mouchoir en papier bouge

256)

ventilateur –
les côtes du chien

257)

 » la vieillesse  »
émeut les haïkistes :
leur miroir ?

258)

une bière –
aussitôt pisser

259)

le sifflet du train
pointille le paysage

/

tiret sonore le train traverse la page

260)

Ecrire
c’est donner voix
au sans-mot

261)

ce qui me lasse dans le tanka :
toujours (d)écrire
son nombril

/

Sonnez hautbois,
résonnez musettes !

Sortez mouchoirs,
faites pleurer mirettes !

262)

ses longues jambes
m’aident à monter la pente
– downtown Montréal

(- Montréal centre-ville)

her long legs
help me climb the slope
– downtown Montreal

263)

le toit blanc
de l’église catholique chinoise
– ciel gris de Montréal

264)

comme un poisson dans l’U ?

265)

le bleu déjà là
qu’attendent les oiseaux ?
(- samedi matin)

266)

lampions éteints
le jour mûrit

267)

sur l’enveloppe
du bonbon jaune
un poil du chien blond

265 b)

ce matin muet
et bientôt le gris tout pâle
– grève des oiseaux ?

265 c)

: le jour a grandi
sans le bec des oiseaux

– l’épaule touchée …

266)

d’un bord à l’autre
la rivière du haïku
à traverser

265 d)

Ah, les oiseaux !
le blanc déjà venu,
piaillant six heures

265 e)

le jour grandit
sous le bec des oiseaux

267)

soudain elle me fit
volte-fesse

265 f)

un collier de piaillements
autour
du jour

268)

ses pigeons
toujours prêts à s’envoler

je les retenait dans mes mains
pour y croire …

269)

parlerêve

270)

le sifflet du train de 6 heures 30
ceinture l’horizon

270 b)

le sifflet du train
a fait le tour
de sa ligne

(- decrescendo aboli)

270 c)

le train
a sifflé
sa ligne
tchouk tchouk vapeur
– à toute !

271)

tant qu’à
étaler votre je,
faites du
tanka !

271 b)

le haïku, c’est l’envers du je !

271 c)

le haïku, c’est la fusion
objet-sujet …

272)

dernier jour :
l’air un peu penché
de la valise

273)

un oiseau
roue de vélo rouillée

274)

l’avion qui passe
le ventilateur

275)

le feu d’artifice
les gouttes de pluie

(- Longueuil)

276)

fouillant dans le nez ligne de haïku

277)

en Horizona …

278)

he walked
a half-
smile

(d’après J. Martone, Cells)

279)

her
see-through
wedding
dress

their
worn-out
marriage

(d’après J. Martone)

280)

perdant sa poudre
le papillon
contre la lampe

(Reims, Nov. 200?)

281)

lisant
les haïkus d’Hosaï :
sachant que je ne suis pas seul.

281 b)

sautant l’espace
sautant le temps :
flammes-haïku
de la Saint-Elme !

281 c)

Faire qu’on ne puisse pas
écrire plus simple

272 b)

la chambre
retrouve ses formes :
départ demain

272 c)

la chambre
s’agrandit peu à peu :
départ demain

282)

ce soir
au restaurant :
un couple
faisant envie

283)

sculpter le poème
jusqu’à la forme
idéale

284)

feuille de buvard :
toutes ces lignes à l’envers !

(cf : Hôsaï :  » Le buvard n’assèche plus « )

285)

ta main
veut attraper
un rayon de soleil

286)

sur le bureau
un crayon de soleil

(à Danièle Duteil, de loin -)

287)

métaphore
où j’pense !

288)

la première pente
du dernier jour
– n(o)euf

289)

oiseau
premier baiser
du jour

290)

restaurant :
les yeux en neige …
les ailes flottantes …?

291)

au mieux, dans le haïku :
un seul élément.

292)

deux chaises
de chaque côté
d’un bouquet rouge

– jour de départ

293)

un dernier écureuil
(qui) traverse
le fil électrique

294)

tu cherches les mots te cherchent

295)

dernier cadeau :
une feuille d’érable
pour mon carnet …

296)

Bar dans l’aéroport
elle entame
un pavé

(The girl with a dragon tattoo de Stieg Larsson)

297)

embrassant l’homme
avec qui elle a pris
une bière

(cf :Masajo Suzuki…)

298)

nombreux échantillons humains
– take your pick ! –
: aéroport

299)

femmes éplorées – aéroport

300)

aéroport –
le juif
devant le mur
des toilettes

301)

Bye bye Montreal
pleine lune sur le Saint-Laurent
pleine lune sur l’aile de l’avion

302)

Décalage horaire ? :

3 heures du matin –
ma voisine encore
devant sa télé

°°°

daniel, Paris-Montréal-Paris, du 3 au 26/7/2010.