Archive for the ‘eros’ Category

Haïkus, etc. de Py – Août 10 – 2/3

8 octobre 2010

°

(Mère :)

hors le réveil
qui bat bêtement,
son souffle vivant

Faire flèche de tout doigt (?)

_

La Sarkozie,
une entreprise
déshumaniterroriste

(Il n’a tellement que le mot guerre à la gueule !
– Excusez-moi, les animaux !)

L’homme est un sarko pour l’homme

le souffle de mère
qui se soulève
au coeur de la nuit

°

sur ton écran
place-moi !

qu’ai-je à me mettre sous l’Adam ?

°

Aujourd’hui
3 bougies pour Salim –
combien pour Nagasaki ?

(9/8/10)

°

cette cloche
opaque
m’a frappé …

(: la cloche d’Hiroshima au Jardin Botanique de Montréal, dans le Pavillon Japonais, le 14/7/10)

°

rafraîchit l’août
le glou glou de la fontaine

(Kyôbun à la fontaine) :

Concentrer
de façon à ce que s’abolissent les distances
entre sujet et objet,
entre les deux termes (séparés – juxtaposés – mots-valisés) d’un haïku
jusqu’à l’absorption dans le mot-valise
qui résume / dit tout ( en un (seul) mot ) :

(une fontaine :)
gl(a)oût gl(a)oût …

(10/8/10)

un haïglouglou

°

(Assises papales :)

Sous le Vatican
le Cirque de Néron.

Protégés
par le droit-canon :
tous ces prélats criminels

Le Saint-Piège …

Il n’y a pas
de Brigade des moeurs
au Vatican

Employés du Vatican :
exemptés d’impôts
sur le revenu.

Seize équipes de football
dans le championnat
du Vatican

Du dernier pape en date
il est écrit :
Ainsi déçoit-il

surnommé aussi :
« Papa-Ratzi »
« Le Grand Inquisiteur »
« Le pape de la peur »

deux bistrots (gratos)
au Vatican :
le « Bar Jonas »
le « Bar Abbas » (sic !)

: d’après « Les Dessous du Vatican », Les Dossiers du Canard Enchaîné.

°

pique-nique au parc
d’amies gazondulées

familles moitié nues
et boulistes
au parc

_

la pluie
sur sa peau
luit

(Bd de l’Ayrolle, Millau, 9/8/10)

sa peau
luit
sous la pluie

sur sa peau
la pluie
luit

°

chaleur d’août
le cygne se déplume

°

effets spécieux …

°

tels oiseaux
les mots
à l’aube…

( oimeaux / oimots ?)

°

les haïfous
= les kyôkus, kyôkas,
haïkus déjantés,
haïbsurdes,
etc.

°

re(nais)scapé …

°

(technique haïku) :

Le participe présent
montre que l’action (se) continue
pendant le haïku…

°

Au repas, ce soir,
j’ai apporté des serres …

°°

Le banquier
n’est pas forcément
le bélier :

elle avait deux hommes :
un pour les poches,
l’autre pour la braguette…

elle le mena à (/ par) la braguette…

°

Dessiller,
faire tomber les illusions…
: Entreprise en lucidité…

°

les mots…
puis les motos
du matin

°

jeunes mères au jardin –
des ratiboiseuses gazonnent

(Millau, 10/8/10)

tout ce qui vient,
comme ça vient :
(les) mots en vrac

°

la beauté bruyante du jardin
….
peu à peu se tait le gazon

°

(Kyôbun rouillé :)

dès la tondeuse arrêtée
le chant rouillé d’un oiseau

: Qualifier un « objet » est-ce déjà se l’approprier,
interférer avec son être propre,
l’interpréter,
le corrompre?

(Millau, jardin A.Malraux, 10/8/10)

°

l’achalandelle

achalandelier

achalandelait

achalandelette
achabandelette

°

Les six papamobiles
de Jean-Paul 2
(+ ses limousines)…

Pour Benoît 16 :
1 Mercedes G 500
1 Volvo XC90 (: 75500 €)
1 BMW X5
+ Mercedes,
Lancia,
Volkswagen Phaeton W12

°

Un senryû papal
par jour
chasse la morosité !…

°

Capter l’instant, c’est tout.
Le reste, en haïku, est superficiel.

L’instant, qu’il ait du sens ou (apparemment) pas,
de l’émotion, ou pas…

(L’instant peut être aussi une somme d’instants
(: mémoire) concentrés en celui-ci…)

Mais aussi :
observer les mots

réduire le langage
le recomposer…

°

jaguère
et
nadis

°

(d’été 2010 :)

vélo d’Roms
:
Vel d’hiver –
Vel d’été (2010)

°

DIMInuée…

°

« Tout d’août » …

°

sortant de chez lui
une feuille
lui prend la main

°

L’art, le théâtre de la vérité,

L’art rue.

°

to slut down
a slut down

°

end of the market :
pigeons share
a slice of melon

fin du marché
des pigeons se partagent
une tranche de melon

(12/8/10)

°

holidays :
calm, cool, empty
city

les vacances
c’est le vide
des villes

°

Hawaiï Bar –
la serveuse
roule
des mécaniques

°

(les mécaniques de la serveuse)

°

un hélicoptère :
des moineaux
lèvent la tête

12/8/10)

°

légère glissade
des pattes du pigeon
sur le pont en pente

°

glaces
du magasin de surgelés ;
elle passe
sur le trottoir en face

ice-creams
from the frozen food store –
she walks across the street

°

pendule –

un coup
sur le coin de l’après-midi

°

the sea
behind the sun :
it is so slow !

la mer
derrière le soleil –
c’est si lent !

°

courir après le troisième tiers du haïku ?
poule, grains …

°

(mon voisin et moi)
ployons sous le poids des mois

°

le haïku de grâce ?…

°

Egon Schiele,
c’est le senryû du dessin…

°

téton armé …

°

d’un coup d’elle
on est si vite arrivé !…

°

en garder sous le haïcoude

°

le chant léger de la pendule,
comme si c’était :
chic, le temps passe !

°

moineau
venant piailler sa faim
à la fenêtre de la cuisine (?)

°

(tango :)

son corps a voyagé aux confins du vertige…
(: renversement tango…)
balancée ce point d’équilibre / déséquilibre
en ce point exact de la perte (heureuse) d’équilibre
auquel elle renonce
d’où on la relève …

°

transcendanta(na)l

°

Il affrime

(Affrimer)

°

haïkuité, haïkuité,
tout n’est qu’haïkuité !

°

d’amour et de vache fraîche…

°

Août à Paris
le bruit
d’une fraise

(14/8/10)

gros chien,
grosse merde orange
que son maître renonce à ramasser

pentes
où glisse
mon regard —
les pointes de l’été

la fleur
au centre du haïku

°

dosant la farine,
un orage s’avance

(14/8/10 /cf kukaï.paris 9/09)

°

parapluies
aux portes des magasins
– 15 août

roucoulement
sur fond de gouttes,
15 août

°

Il m’enconcombre !

°

Ailes y croix

°

Devant Laforêt
(agence immobilière)
un pigeon
mort

(Ave de Clichy, 14/8/10)

°

chat
te en ron
ron –
rien de nouveau

°

(rêve :)

suivre ce que fait la groseille

°

« … rivière de rêves » :
– glimpses
– entr’aperçus
– momentanés

zap perçus …

°

que ta pensée s’échappe,
que tu t’échappes de ta pensée
raisonnante, logique, …

°

Haïkus de filets

Filets de haïkus …

°

une chute de riens …

°

L’asmathique
tique
au rendez-vous
sous la pluie d’août
douce …

°

Que les choses
sont comme elles sont :
il n’y a pas à écrire plus loin

°

un bas file
jusqu’en haut
sous sa jupe
– vent d’août

(Bd de Belleville, 16/8/10)

le soir glisse

°

Rue, Liberté !

°

Si un haïkiste
m’amuse,
c’est un haïkiste !

°

(Mendiant, dans le métro :)

« S’il vous plaît,
petite pièce pour manger
les enfants ! »

(ligne 13, 17/8/10)

°

(senryû papal :)

aussi clairs
que nuages d’encens
les comptes du pape

°

le siège des toilettes
décoré
d’un papillon de nuit

(Chaumont-sur-Loire, 17/8/10)

rescapé :
un tournesol

vrombissement d’une mouche ;
une goutte de tabasco
sur un carré de saumon

mauvais haïkus :
mes yeux se ferment …

sous son oreiller
sa nuisette noire
sur mon nez

le souffle réitéré
de la mongolfière ;
la sieste dans la chambre

une étoile
dans le vasistas –
roucoulade au milieu du toi

(Chaumont-s-Loire, 18-19/8/10)

°

Poussa, mit d’ssus
Tira, mit d’ssous

°

(Senryû sous Sarko :)

Sarko aux Français :
Je vous ressers un Rom ?

(cf Le Canard Enchaîné du 18/8, p.1)

°

Sakro saint …

°

le soir se pose
pigeons et canards
viennent boire

juste le bruit d’une cascade
entre les branches tordues d’un arbre

une femme rit au téléphone
dans une langue étrangère

deux fenêtres s’allument

(Square des Batignolles, 20/8/10)

°

vers le bas de la rue
le ciel verdit

(Paris, 20/8/10)

°°

(à suivre…)

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Boucherville (QC) (5) – juillet 2010 – Py

29 juillet 2010

201)

un corbeau ponctue l’air
dans un sens
dans l’autre

une goutte de chaleur
claque

(Université Laval, Québec, 20/21-7-10)

202)

tout à coup
la couleur bouge
– vite –
basculant dans son bol

203)

reçu comme un prince
à l’assemblée québécoise
des haïkistes :
treize à table !

204)

de chaque côté
de son assiette :
un crayon,
un stylo

205)

cette cloche – d’Hiroshima – m’a frappé (!)
par sa forme, son poids,
par son silence
presque éternel

(cf 14/7/10, Jardin Botanique, pavillon japonais, Montréal)

206)

 » Le soir tombe bien  »

207)

ce matin
pas de chiens à promener :
Québec

208)

sur la pelouse
des oiseaux
s’entraînent au chant

209)

grand-père à la pêche
mordant les plombs
autour du fil

210)

vue aérienne :
les nuages gommant
les méandres du fleuve

211)

(Kyôbun aux violons:)

violemment seins
elle passe devant le restaurant
 » Violons  »

Les mots tombent le plus directement possible
dans le cerveau
sur le papier.

212)

une danseuse …
de toutes ses grandisseuses …

213)

Alors, que fait l’orage ?
: la piscine attend !

214)

Dans le haïku,
dire le moi,
c’est cacher la forêt
avec sa poutre !

215)

le bras en écharde

216)

allongé
sur la couverture
avec
les poils du chien

217)

patinage –
sous la couche de glace :
le chat mort

(d’après Nelly Arcan (1975-2009), in Putain, Le Point/Seuil n° 1020, 2001, p.171.)

218)

le livre prêté :
l’odeur de sa maison

2189)

(to) be / write
as free(ly) as possible
(in (your) writing
poetry / haiku ? / …)

Etre / Ecrire
aussi libre(ment)
que possible

219)

pelouse :
à la cueillette
des crottes

lawn :
picking up
dogs’ droppings

219 b)

pelle
et sacoche :
les crottes de chiens

220)

une traînée de tonnerre
de part en part
découd le ciel

221)

éclair :
la fente au milieu du rideau ;
tonnerre
et gouttes

221 b)

l’éclair
écarte le rideau

l’espace
tombe

221 c)

orage persistant –
les gouttes
s’égrènent

221 d)

les canons se succèdent
les chant de la pluie

221 e)

l’orage persistant ,
il range son sexe

222)

Québec :
la musique des dalles
sous les roues
de la valise

223)

dansunenarine

inanostril

224)

pisser
àlalueurbleuedelabrosseàdents

to piss
in thetoothbrushesbluelight

225)

chaque chant d’oiseau
défie les mots
– écoute !

226)

ronfler –
se tenir compagnie

227)

quatuor de flûtes
légèrement désaccordé
ce train au large

228)

le haïku :
plus de noir ou
plus de blanc ?

un yo-yo
tao ?

229)

Pour
un haïku-vérité,
pas un haïku
enjol(iv)eur !

230)

au bord de la falaise des mots,
brouillard

231)

survol stationnaire —
la tondeuse à gazon
enfin disparue

232)

L’art du haïkiste est
d’établir un lien
entre le premier et le dernier mot
de son poème,

de bander l’arc !

233)

sur le tapuscrit
l’encre rouge d’un correcteur –
confiture de fraise
confiture de framboise

234)

le chant de l’oiseau
rebondit
dans sa gorge

235)

 » une rivière de rêves  »

236)

balance
d’un geste
auguste
les journaux
sur le perron

237)

apprenant à mettre son bras
en écharpe –
ventilateur

238)

le poème (le haïku)
entre anecdote (/ personnel / éphémère)
et éternel (/ objectif / universel)

239)

Elargir le(s) sens du haïku) donc
Flouter le(s) sujet(s).
Le participe présent permet souvent cela.

240)

le soleil
à moitié dans l’eau
de la piscine

/

mi-ombre
mi-soleil
la piscine ce matin

241)

(haïku au futur ? :)

piaillements dans l’après-midi
bientôt la tondeuse

242)

Elargir le haïku
à peu de mots…

243)

deux situations, objets, images, mots
qui se « catapultent » :
étincelle-haïku

244)

quelquefois le haïjin
joue à cache-cache
avec son (éventuel) lecteur

245)

face à la piscine
regarder les bleus

246)

elle tond son gazon
je parcours son tapuscrit

247)

(interviews ?)

Ils
apportèrent
des réponses
de pierre

pour pouvoir
rester
au fond
de la mare

248)

sur l’écorce du jour
les premiers oiseaux

(le cardinal
cogne
à la porte ?)

249)

sirène allongée au loin
– beaucoup de choses à dire ?

250)

dans la gamelle des chiens
eau
et glaçons

251)

légèrement bancal
le fauteuil se balance

252)

laissé seul sur la terrasse
les livres
le soleil

253)

les cigales
en crescendo – decrescendo
près des fils électriques

254)

la bouche de la piscine
libère
une bulle

255)

ventilateur –
un mouchoir en papier bouge

256)

ventilateur –
les côtes du chien

257)

 » la vieillesse  »
émeut les haïkistes :
leur miroir ?

258)

une bière –
aussitôt pisser

259)

le sifflet du train
pointille le paysage

/

tiret sonore le train traverse la page

260)

Ecrire
c’est donner voix
au sans-mot

261)

ce qui me lasse dans le tanka :
toujours (d)écrire
son nombril

/

Sonnez hautbois,
résonnez musettes !

Sortez mouchoirs,
faites pleurer mirettes !

262)

ses longues jambes
m’aident à monter la pente
– downtown Montréal

(- Montréal centre-ville)

her long legs
help me climb the slope
– downtown Montreal

263)

le toit blanc
de l’église catholique chinoise
– ciel gris de Montréal

264)

comme un poisson dans l’U ?

265)

le bleu déjà là
qu’attendent les oiseaux ?
(- samedi matin)

266)

lampions éteints
le jour mûrit

267)

sur l’enveloppe
du bonbon jaune
un poil du chien blond

265 b)

ce matin muet
et bientôt le gris tout pâle
– grève des oiseaux ?

265 c)

: le jour a grandi
sans le bec des oiseaux

– l’épaule touchée …

266)

d’un bord à l’autre
la rivière du haïku
à traverser

265 d)

Ah, les oiseaux !
le blanc déjà venu,
piaillant six heures

265 e)

le jour grandit
sous le bec des oiseaux

267)

soudain elle me fit
volte-fesse

265 f)

un collier de piaillements
autour
du jour

268)

ses pigeons
toujours prêts à s’envoler

je les retenait dans mes mains
pour y croire …

269)

parlerêve

270)

le sifflet du train de 6 heures 30
ceinture l’horizon

270 b)

le sifflet du train
a fait le tour
de sa ligne

(- decrescendo aboli)

270 c)

le train
a sifflé
sa ligne
tchouk tchouk vapeur
– à toute !

271)

tant qu’à
étaler votre je,
faites du
tanka !

271 b)

le haïku, c’est l’envers du je !

271 c)

le haïku, c’est la fusion
objet-sujet …

272)

dernier jour :
l’air un peu penché
de la valise

273)

un oiseau
roue de vélo rouillée

274)

l’avion qui passe
le ventilateur

275)

le feu d’artifice
les gouttes de pluie

(- Longueuil)

276)

fouillant dans le nez ligne de haïku

277)

en Horizona …

278)

he walked
a half-
smile

(d’après J. Martone, Cells)

279)

her
see-through
wedding
dress

their
worn-out
marriage

(d’après J. Martone)

280)

perdant sa poudre
le papillon
contre la lampe

(Reims, Nov. 200?)

281)

lisant
les haïkus d’Hosaï :
sachant que je ne suis pas seul.

281 b)

sautant l’espace
sautant le temps :
flammes-haïku
de la Saint-Elme !

281 c)

Faire qu’on ne puisse pas
écrire plus simple

272 b)

la chambre
retrouve ses formes :
départ demain

272 c)

la chambre
s’agrandit peu à peu :
départ demain

282)

ce soir
au restaurant :
un couple
faisant envie

283)

sculpter le poème
jusqu’à la forme
idéale

284)

feuille de buvard :
toutes ces lignes à l’envers !

(cf : Hôsaï :  » Le buvard n’assèche plus « )

285)

ta main
veut attraper
un rayon de soleil

286)

sur le bureau
un crayon de soleil

(à Danièle Duteil, de loin -)

287)

métaphore
où j’pense !

288)

la première pente
du dernier jour
– n(o)euf

289)

oiseau
premier baiser
du jour

290)

restaurant :
les yeux en neige …
les ailes flottantes …?

291)

au mieux, dans le haïku :
un seul élément.

292)

deux chaises
de chaque côté
d’un bouquet rouge

– jour de départ

293)

un dernier écureuil
(qui) traverse
le fil électrique

294)

tu cherches les mots te cherchent

295)

dernier cadeau :
une feuille d’érable
pour mon carnet …

296)

Bar dans l’aéroport
elle entame
un pavé

(The girl with a dragon tattoo de Stieg Larsson)

297)

embrassant l’homme
avec qui elle a pris
une bière

(cf :Masajo Suzuki…)

298)

nombreux échantillons humains
– take your pick ! –
: aéroport

299)

femmes éplorées – aéroport

300)

aéroport –
le juif
devant le mur
des toilettes

301)

Bye bye Montreal
pleine lune sur le Saint-Laurent
pleine lune sur l’aile de l’avion

302)

Décalage horaire ? :

3 heures du matin –
ma voisine encore
devant sa télé

°°°

daniel, Paris-Montréal-Paris, du 3 au 26/7/2010.

Boucherville (QC) 4) – juillet 2010 – Py

29 juillet 2010

124)

Tanka court aux carpes :

dans l’étang aux carpes,
de ces fleurs aquatiques,
la dorée :
ma préférée !

125)

Haïbun au rideau :

Il s’agit moins de voir
des choses extraordinaires
que de voir extraordinairement
les choses

rideau,
le jour bouge.

126)

bras en croix –
un clou dans le dos

127)

seul sur la terrasse :
le vent
les feuilles

128)

sur son gazon
ramassant
ses crottes de chiens

129)

invalide
de verre la bière
renverse
sur la nappe

129 b)

les bulles de la bière
montent
la douleur descend
dans le bras

130)

(tanka à la professeure de musique :)

A onze ans :
amoureux
fou
de ma professeure de musique
toujours absente
toujours enceinte

131)

milieu de la pelouse
au soleil
soudain
le chien
aboie

132)

une araignée
nettoie
son rétroviseur ?

133)

seuls au monde
sous une pluie battante
deux amoureux s’embrassent

134)

les tambours
des Arashi Daiko *
sous une pluie battante

* : « tempête de tambours » : taïkoïstes Japon-Québec, Longueuil, 16/7/10)

135)

deux larmes tombent
sur les épaules de ma femme
qui vient d’accoucher

(Pithiviers, 45; 28/7/83)

136)

il est minuit
la sueur sur son corps
qui va au lit

137)

rumeurs :
l’entonnoir de la ville
par la fenêtre

138)

c’était beau,
un rêve poussait
un nuage…

139)

restaurant :
regardant les tables alentour
ornées de femmes

140)

((Two seasons / Deux saisons :))

a leaf falls
enjoy the deer

and the long prophecy
of the white

une feuille tombe
appréciez le cerf

et la longue prophétie
du blanc

141)

(chanson :)

1er couplet :

tant de maris
tant de marins…

2ème couplet :

tant de mains
tant de marins…

142)

ce matin
le soleil sur le carnet
vient sculpter les mots

143)

le soleil brille :
les mots recommencent à courir

144)

un avion passe au loin –
les mots sur le papier

145)

– Ah, chéri,
une grosse araignée !

146)

le  » haïku-vérité  » :

un haïku qui ne gâche,
qui ne mâche pas
ses mots

147)

Voyant un point sur la page.
Ne l’écrasant pas.

148)

 » Les écureuils sur l’autoroute  »
dit Micheline : je vois un écureuil
le long du fil électrique

149)

( » un oiseau siffle / je perds mon nom « ) :

je
disparaît
dans le bec de l’oiseau

/

je disparaît dans le bec de l’oiseau

150)

A Longueuil,
une rue
de Maricourt

151)

6 ou 12 (syllabes) =
l’unité de base
du haïku français ?

/

le haïku français :
son flirt avec l’alexandrin –

: vers un haïku alexandrin ?

152)

en forme de bite
l’os (du chien) en plastique
rongé

153)

l’orage approche –
grognement du chien

154)

(sieste :)

une non-mouche
sur mon doigt
une non-bague

155)

l’orage crève –
il s’assoupit

156)

Ainsi entraîne-t-on les lévriers :
chats devant !

157)

vagues de vent
dans les feuillages
l’orage

158)

paquets de pluie
bien délivrés
: facteur-orage

159)

dans les tuyaux
de mes narines
l’odeur de l’orage

160)

(« tanku » = tanka court :)

la pluie qui tombe –
les femmes qui se sont éloignées !…

161)

orage –
le monde de plus en plus fort
– dormir

162)

(taille-crayons :)

le souci
des sourcils
dessinés

163)

l’orage a laissé
la chaleur enfermée
dans la maison

165)

orage
la première fleur d’hibiscus
cassée

165 b)

au milieu de la table
la fleur d’hibiscus
cassée par l’orage

166)

samares
et coccinelle
sauvée des eaux
de la piscine

167)

début de soirée
le couple âgé
apprécie
sa piscine

168)

quelquefois un haïku
semble
frapper  » juste  » *

sometimes a haiku
seems to hit
the  » right  » spot

* : a atteint la cible : le centre de l’o ?

169)

juillet –
une petite feuille d’érable
sur le parquet du patio

170)

 » La grenouille de Bashô
a une épaule verte !  »
dit Micheline
de la piscine

171)

sur la terrasse accueillir
les premières gouttes
de la pluie du soir

172)

5/7/5 :
l’ancienne coquille
du haïku !

173)

(matin -)

coin de mur animé :
le rideau, la fenêtre
brouillés de feuilles

174)

hérons (en vol), carouges, monarques :
une berge du Saint-Laurent

175)

bleuets
disparus
de mon enfance …

176)

le fleuve change :
au retour
d’autres personnages
posés autrement

177)

ma vie c’est les mots qu’il en reste…

178)

grand plouf :
gros voisin
dans sa piscine

179)

insecte se balançant
d’un côté
de l’autre
sur ses pattes immobiles
avant de sauter
loin devant

/

un insecte sauteur
me fait calligraphier
le mot  » haïku  »

180)

reste une roue
du vélo
au poteau

(Montréal)

181)

ça grince sur un parquet –
( sous-sol d’été )

182)

un très long train qui se mettrait à passer –
la pluie qui se met à tomber

183)

(matin :)

une goutte
plus forte qu’une autre
réveille la grenouille en moi ?

184)

Y
la pluie tombe en entonnoir
goutte le long de la branche
drip drip

185)

lirécrire c’est souvent toutun

186)

chacun forant sa galerie

jusqu’à ce que le château
s’écroule ?

187)

après l’amour
il retire
sa deuxième chaussette

188)

things here,
at the same time as us :
haiku

les choses, ici,
en même temps que nous :
haïku !

189)

je m’allonge
et là je lis
: la jolie phrase !

(à Eulalie)

190)

un pied en coulisse …

191)

le vieux chien
du vieux couple …

192)

plusieurs espèces se partagent
les branches du matin :
fruits sonores

193)

inséparable,
comme un stylo
de sa capuche

(des fois qu’il pleuvrait des mots !…)

194)

quelquefois je lis
des tercets
et aussitôt m’écrie/s :
ceci n’est pas du haïku,
retournez l’école !

195)

Aylmer : prononcez  » elle meurt !  »

196)

dans les lampions rouges
le jour resplendit

– grappes de fruits
d’un chant d’oiseau

197)

secouer ta phrase
pour en faire tomber
les mots inutiles

198)

entre le jour
et les yeux clos
des pépiements d’oiseaux

199)

piscine
une bulle
 » parle  »

/

l’air
gobe
une bulle
d’eau

200)

(kyôbun aux laveurs de carreaux :)

2 window cleaners
the sky half-cloudy

deux laveurs de carreaux –
le ciel mi-couvert

Dans le haïku il y a deux bords. Ce qui se passe entre ces deux bords, c’est le haïku.

…/…

Boucherville (QC) 3) juillet 10 – Py

28 juillet 2010

69)

un coq
six grues

70)

le ciel gris –
il prend son cachet

71)

sur le fil électrique
un écureuil passe
– coupure

72)

dans le haïku,
on évite la rimette !

73)

 » grand parleux
petit faiseux !  »

74)

un oiseau
passe en poussant
son chant
devant

75)

sur la ligne électrique
deux oiseaux en amour
– coupure

76)

rayon de soleil –
l’accodéon à une corde
de l’araignée

/

un rayon d’araignée…

77)

mère, à 90 ans
me souhaite
bon anniversaire –
elle dit :
je me souviens
de toutes mes naissances

78)

l’odeur du chien
tourne dans le couloir

79)

fatigue –
l’ombre des arbres
passe sur ses yeux

/

fatigue –
les feuilles des arbres
sur ses yeux

80) Deux haïkus papaux :

a)

Ô, pédophilie
chérie ! de pape en pape
si bien couverte !

b)

 » pine  » et  » bite  » et  » gosse  »
égal un  » haïku papal  »
franco-québécois

81)

sur le pont
de l’étang aux carpes,
une Japonaise
en parapluie

82)

le haïku,
dans son plus simple appareil…

N’en déplaise aux gendarmes du haïku (francophone) :
moins de mots,
plus d’effet(s) !

83)

14 juillet
les feux d’artifice
de leurs rires

(à Micheline, Janick, Diane, Anne-Marie)

July 14th
the fireworks
of their laughs

84)

Ils ne vont pas
au zoo, non,
ils vont au Nô !

85)

au tout petit matin
ouvrir les fenêtres
pour accueillir
les chants d’oiseaux

/

nouvelles du petit jour :
ouvrir la fenêtre
aux oiseaux

/

il reçoit
son courrier
par la fenêtre
de l’aube

85)

matin noir
sous la dernière étoile
le premier chant d’oiseau

86)

un oiseau tape
à la porte du jour

87)

dans le bec
de l’oiseau
mes mots

/

du bec
de l’oiseau
mes mots

88)

trois vers
(courts)
(balancés)
pour voguer
vers le large
du haïku

89)

dès que je conjugue, je sors
du haïku

90)

il se rendort
bercé par la voix de l’oiseau
matutinal

91)

elle est trop longue
à supporter,
toute cette
éternité

92)

(petite histoire) :

Après avoir tout essayé
pour nous séparer,

ils ont tenté
de nous  » marier  » !

Sachez :

anna et moi
formons un
haïcouple !

93)

du panier (rond)
du chat
une patte
déborde

94)

dans l’autre toilette
(du bas) de la maison
mes couilles aussi
prennent
l’eau

95)

dis-moi
penses-tu faire froid
au fond de la lune
?

96)

Il se pince
de littérature,
ce crabe…

97)

(L.M.)

leurs premiers adieux :
deux oiseaux
qui se gênent
des ailes…

98)

B
comme
O

/

à
bec
homo ?

99)

mon fils fait ses études de gauche !

100)

dans les toilettes
en haut
en bas
mes couilles
touchent l’o

101)

souliers haïclous

/

je planche
sur les haïclous !

102)

(juste) le souffle
de sa narine
émeut la page
de son carnet

103)

haïcourbe
haïfourbe (ex : le haïku papal)
haïtourbe
=
haïterre

104)

une fourmi vient
traverser une page
des haïkus
de Yamaguchi Seishi (1901- )
et s’en retourne

105)

il met de l’eau
dans son haïvin,
l’homme aux vestes si aisément réversibles !…

106)

peu à peu
nous montons les pentes
du Fuji – haïku –

Ne soyons pas pressés,
nous arriverons
jusqu’où nous pourrons,

fourmis, grenouilles, and the likes !

104 b)

accompagnant
ma lecture de
Yamaguchi Seishi,
une fourmi

107

frottant un sein sur mon bras se retire

pushing a breast against my arm withdraws

frottant la pomme de son sein contre mon bras – pas faim

108)

un nuage blanc
avance son ventre
sur le fil électrique –

deux insectes
s’entretuent
sur la table

109)

aiguilles noires
nuit blanche

110)

une fourmi
traverse mon pied
– sieste à mi-juillet

111)

j’ai l’impression que je ronfle
nuage blanc sur l’après-midi

112)

sueur sur l’aile du nez –
l’eau de la piscine…

113)

ne publier qu’excellent

114)

retenir les mots –
: ne faire émerger
que les sommets

115)

Etre :
Exemplaire (:?).

116)

not pretending –
la glace me renvoie
la fenêtre

117)

se raser
pour le vernissage ?

118)

le clignotant de la voiture
rythme
un menuet de Mozart

119)

canicule –
dans la poubelle
un ventilateur

120)

oisif :
compter
les feuilles
de l’arbre

121)

(Humeur :)

Ils mettent n’importe quoi dans un moule-haïku,
et le baptisent haïku !

Le danger de 5/7/5 :
prendre le moule pour le gâteau

122)

la marguerite
se laisse daisy-rer ;

jeune matin
un corbeau
chante

123)

pesante,
silencieuse,
la cloche d’Hiroshima *

* cloche offerte par la ville d’Hiroshima à celle de Montréal. (Pavillon japonais, jardin botanique de Montréal, le 14/7/10)

…/…

Deux haïkus papaux / popol / pipe-ole

15 juillet 2010

***

A)

Ah, pédophilie
chérie : de pape en pape
si bien protégée !

B)

 » pine  » et  » bite  » et  » gosse  »
égal un haïku papal
franco-québécois !

***

d.(14/7/10)

Haïkus, etc. de Py, juin 2010

30 juin 2010

°°

constellations de somolive *
dans mon masala **
– premier juin

* margarine « bio »
** boisson à base d’épices

Monsieur avec Madame Bouchaoreille

Une carabine téléphonique

Horties :

Exhorte-feu
Cohorte-feu(x)
Escorte-feu

rapiat
rap(i)ace

traversant mai
martinets
en juin

parfois un martinet
pris dans la toile
de l’échafaudage

Traverser
dans les haïklous

QiGong
le long de l’odeur
du pin

sur le rebord de ma fenêtre
un coin de ciel
en zinc

une samare
prend
le R.E.R.

Parc de S(c)eaux
sous la pluie
les oiseaux

juin
le nouveau couvre-lit vert
de la voisine

son sein arrogant
ma main caresse

bavant seul sous la lune

(cf Li Po : « Buvant seul sous la lune »)

(patine :)

les couleurs passées
des tulipes
sur l’assiette

Lisant le synopsis d’ « Hatchi »
(film de Lasse Hallström),
éternuement.

belles gambett’a
avenue du même nom

(→ 13/6/10)

troncs d’oliviers
ornés
de mues de cigales

°

aux gros seins
elle se penche :
salle de lecture

dans son décolleté
ce
« haïku »

°

Dans « Première Neige »
le « caquette ô caille »
de Kakei

(cf Jours d’hiver de Bashô, POF p.25)

Boulevard Moustachès

( : Boulevard Barbès)

Tromparaître

tous ces copeaux de zinc
sur le chantier
le ciel gris

sur chaque vague
qui se forme
un liséré de lune

(2003 ? -→ 17/6/10 ? cf L’Année Haïku de D.Py, ’tHoge Woord 2003)

Sa mort le trouve.

coloriage :
mouvement rond de sa main
ronde poitrine

°

soir de match
aucun cri dans la rue
= pauvre France / ?

Vuvuzelas –
le si grand silence
de la rue

°

Une relation amicâline

métro –

dans son décolleté
un grain de beauté

Haïku-vache :

la vache
entoure l’océan
une ceinture de nuages

poète :
voit son avenir
en vers

téton
titillant
le centre de la main

on perce le bois
on creuse des trous :
réfection de cathédrale

été subito
la roue du vélo voilée

son sexe ploie
inopportunément
flop !

Serrons-nous – ( : ancien :)

Serons-nous tous ainsi
entassés dans la mort ?

– métro

sirène de beauté…

(ancien : 199? – rue du Fbg St Honoré)

vendredi 13
un aveugle pénètre
dans une miroiterie

le soleil se couche
et bientôt la voisine ?
– fièvre

je regarde :
elle passe
son haut de pyjama

Kyôka – en lisant une e-revue : –

un « haïku »
qui ne décolle toujours pas,

tout englué qu’il est
dans (de) la « poésie » !

les martinets
sifflent de frais
fin juin

Kyôku :

Étendre,
Repousser les limites / les confins
du haïku…
(?)

°

(Par cinq) :

une petite fleur
le silence

( : à Marcel Peltier.)

bousculant l’aube
les oiseaux

l’empyrée
sur mes épaules

une fois aussi
la lenteur

°

ce haïku
non inscrit
sur le rouleau
de la mémoire

disparu(s)
de la mémoire
haïku(s)
blanc(s)

oublié
haïku
blanc

°

Ah, les merles !
sur fond de moineaux –
dernier dimanche de juin

°

Kyôbun olfictif :

Le haïku français,
ça peut être un alexandrin
+ … ? :

douceâcres les odeurs de nos corps en amour

°

Kyôku au « dieu-haïku » :

du haïku
comme de dieu :
taire le nom (?)

Religion :

D’yeux que pour ses seins …

mots noirs
sur nuits blanches
et qui bougent …

Croquille

une voiture course l’aube –
dernier jour de juin

un homme
le regard vers
les mollets d’une fille
qui passe

v’entr’aperçu…

piste cyclable
en pente douce
son encolure

sa mélancolure

Veille de juillet
martinets
crient

°°°

d.p.(6/2010)

kyôbun au pyjama

26 avril 2010

°

fin avril –
dénudée
ma voisine sans rideau
enfile
pantalon
puis veste
de pyjama

Cerner
le réel
de très près

– la barrière des mots

les mots font obstacle

(les mots sont obstacles ?) –

Faire que les mots
ne soient plus obstacle(s)
entre toi et le réel

°

d.(25-26/4/10)

Haïkus… Py – août 2009

20 avril 2010

°

sous le cerisier
brunes, rabougries,
nombreuses

(2/8)

°

grillons et cigales –
la lune
entre les peupliers

(3/8)

°

pleine lune
il se tripote
mollement

quittant les violons irlandais :
grillons et cigales —
pleine lune d’aout

°

quiétude
du jardin :
son jet d’eau
ses pigeons

°

feuilles et plumes
du marronnier :
deux pigeons se crêpent

°

stridulences
sporadiques
dans la nuit

(4/8)

°

un avion
vers le soleil du matin —
étirements de course à pied

(5/8)

°

toutes ces femmes
non osées,
terreau de mes rêves…

(Fab.)

sur tout son cou
des grains –
jusqu’où ?

son visage
scelle
ma nuit

mes yeux
sur leurs formes
se posent

où le pourraient
mes mains
mes lèvres
avides…

pentes incommensurables,
vertigineuses,
paysages infinis …

(idéaliser la lumière)

pleine lune
un sommeil
rêvé de vous

pleine lune
son sommeil assailli
de mystères féminins

pleine lune
sa nuit toute
en féminie !

°

valises
dans le matin tôt
: fin du stage

°

le 9/8/7 l’ami disparu
le 7/8/9 la fin du stage de musique

(Loches, 7/8/9)

°

par la vitre
entr’ouverte du métro :
une femme horizontale

feuille ? –
tombant facilement
sous le charme…

(toutes saisons)

Jardin des Plantes
Les valises
des visiteurs

agrippés
aux grilles :
jeunes singes

valise
repartant du parc
avec une feuille rousse

°

(S.S.S.)

Les dorures des ordures

(8/8)

°

Balancez la lumière !

°

une pendule
cognait
au mur…

: les trois points
du temps
qui reste

°

(Kyôkus :)

1)
Ce qui est amusant dans le haïku, c’est de brouiller la piste du sujet.

2)
L’avantage de l’interrogation, c’est d’ouvrir tous les champs des possibles…

2 bis)
En dire moins
pour ouvrir plus
l’imaginaire du lecteur

3)
À force d’écrire,
arriver au langage
coulant

°

la valse
des valises
avalées
par le ruban

au jardin des plantes
la corolle d’une femme…

aujourd’hui c’est le 9
le soleil « se lève »
les mondes jonglent
ô globes !

°

(Castillon, 06 :)

figues
sur les marches d’un escalier,
fleurs de Kobé
dans un autre

fontaine :
sculpture
devenue végétale…

en terrasse :
chaud, chaud, le melon !

soleil –-
un drapeau dans le vent
flotte

cloche de midi au village –
crissement sporadique

une mouche
en silence
dans la chambre

(9/9)

°

(kyôku :)

Le haïku, c’est une histoire de :
très vrai
très près
très frais

°

dès que retourné :
s’envole du bol

blanches barbes
sous la rambarde :
vent du matin

(10/8)

°

le lac
des attractions
féminines …

°

quand l’écriture est un don
(être ouvert à ce don)

l’éclair de noter !…

(11/8)

°

61 –
when will I see
my first firefly ?

les lucioles ?
Il paraît qu’elles existent –
61 ans

nuit blanche
mots noirs

°

je lui parle de Loches
Elle me répond limaces

à l’angle du matin
un chien

après-midi
le tilleul fume
sur la terrasse

(12/8)

°

sur la table
un miroir –
pas de lune
cette nuit

sur la table
un melon –
pas de lune

sur la table
un verre vide –
pas de lune

un melon
sur le balcon –
soleil d’août

(13/8)

°

(kyôbun :)

Le haïku dépasse l’intellect.
Il fait appel / mobilise
tous les sens…

Chétif, malingre, le haïku qui n’est que de tête.

°

pêché des pommes
dans la fontaine :
jog du 14 août

assis sur la terrasse :
la montagne
les nuages

en bas
la mer

sur le balcon
les coups
de la cloche

(midi)

(kyôbun à la pomme acide :)

pomme acide –
les nuages
sur la montagne

Poser,
puis se demander quels peuvent être les liens * (/ quel peut être le lien *) entre les deux images du haïku

* autre(s) que logique(s) (, évidemment).

(14/8)

°

(kyôbun aux mots qui font lumière :)

Écrire
c’est déblayer
des mots importuns
pour (ne) laisser
(que) ceux qui
font
lumière

°

la fontaine aux pommes
le banc-paysage
les infimes présents

sons de ces cloches animalières
sur deux notes
accrochés au flanc de cet après-midi
du milieu d’août

mi-août
le portable
silencieux

(15/8)

°

chut, un truc se trame !

une mouche sur un chat –
le tonnerre au loin

(16/8)

°

le chat,
la montre :
même attitude
à la sieste

°

(K. :)

écrire en creux

Écrire
c’est
faire la lumière

°

giggling fifteen…

(17/8)

°

le bleu glisse
de la pente de la montagne
vers la mer

l’angélus couvre tout le paysage :
le ciel et la montagne et la mer là-bas
mais bientôt tout reprend sa place
et
je me souviens qu’elle fuit la caresse de ma main gauche sur son bras…

( : Dom.)

duodécaplés :
12 babies
(a Tunisian woman)

complicité des pierres
et des racines-
aiguilles de pins au soleil

arrêtez le chronomètre
et alors la rose sent

(il y aurait là déjà de quoi
faire « la » révolution.)

jog du 19 août :
le chien dans la fontaine,
fourmis à leur repas sur une pomme

°

120 à l’heure sur l’A7 :
boucles blondes
devant le conducteur

(20/8)

°

les voisins déménagent –
l’orage gronde

sous silence
sur parole

la ficelle du thé
dans le courant d’air
d’août

un caillou
une flaque
lui suffisent pour jouer

(21/8)

°

(tanka en prose :)

et quand nous n’y serons plus,
les ombres de l’arbre continueront-elles de jouer sur le mur du fond,
au mois d’août ?

(Lyon, 22/8)

°

Qu’elle est furtive – fugitive l’admiration de la beauté des femmes qui passent qui ne font que passer qui arrivent que l’on croise et qui continuent leur chemin et toi tu restes là les yeux comme des soucoupes à quémander quoi de leur beauté passée ?

(25/8)

°

(Kyôbun au haïku monostiche :)

Retourner vers le haïku monostiche –

: effacer (/ essuyer ?) les vers
qui coupent (même un tant soit peu) artificiellement.

Couler (les mots) comme l’eau,
disait déjà Santoka
(l’ivrogne)…

le débit de l’eau
le débit des mots …

… la coupure artificielle du vers

°

dans la cabine téléphonique
le mendiant en chaise roulante
abrité de la pluie

°

Johnny didn’t get his gun ce soir :
le cinéma de plein air
sous la pluie

le pétard mouillé
de Johnny got his gun :
cinéma en plein air sous la pluie

Johnny didn’t get his gun tonite
The outdoor movie show
Down the rain

(Place A. Courtois, Lyon, 25/8)

°

huile d’amante douce

°

pourtour d’eau :
un souvenir de feuille

silhouette mouillée
d’une feuille absente
: trottoir lyonnais

°

visite nocturne
d’une coccinelle :
fin août parisien

nuit parisienne :
coccinelles d’entrer
dans ma chambre

(26/8)

°

un stylo égaré
au pieds d’un puits
n’écrit (probablement) plus

aile verte
au bout d’une branche

aile blanche
qui s’élève du feu

(Nogent s/Oise, 28/8)

°

un rayon de lumière
posé
en haut d’un meuble

sur ses paupières fermées
danse la lumière –
dernière demeure

(Lyon, 31/8 – Anne van Dyck, 1953-2009)

°

Projet érotique 1/4

18 avril 2010

(68) EROS PY

°°°°°°°

ventre arrondi :
du col de son manteau
la tête d’un chat

*
vallons des vignes champenoises –
à mon côté
une femme enceinte

*
le train tourne
lentement
le soleil
la révèle

*
train du matin –
le soleil le long
de son buste

*
nuit d’amour
la pleine lune
change de fenêtre

*
gothique
à taille de guêpe –
le rouge de ses paupières

*
sur les pavés du Pont Royal
son petit cul tremble à vélo —
fin juillet

*
belle
elle bâille
moins belle

*
l’élégante
au bord du trottoir crache
et descend dans le métro

*
croisant ses mots
et ses jambes –
banc de métro

*
bas quadrillés
sur ses belles cuisses
– sudoku ?

*
fesses rebondissantes :
un string
– ou rien

*
répétiton d’orchestre
l’altiste se penche :
string

*
le slip rouge
de la violoncelliste
– concert à Luçon

*
noir à fleurs bleues
le slip de l’altiste
– Shostakovitch

*
elle tire son archet
son bras révèle
la pointe de son sein

*
heureuse
de faire sauter ses seins
à notre vue
elle aborde le métro

*
elle arrive dans le métro
Boum ses seins ! –
elle s’assoit

*
« shop » sur son sein gauche
et je n’en sus pas plus
– soir de métro

*
parfum dans l’escalier
les marches du soir
plus légères

*
tissu soyeux
où sa hanche lisse glisse …
métro du matin

*
son bras à peine
frotte le mien –
tissus de juin

*
doigts longs et fins
posés sur le bar –
elle finit sa bière

*
une fine longue blonde
passe dans la rue
fine longue blonde

*
de son sein droit
deux ailes s’élèvent
– bus 66

*
sans fin sans cesse
passent
cent seins cent fesses

*
juste avant de traverser
la bretelle de son soutien-peu
glisse

*
le V de son jean
m’invitant ?

*
décolleté en W
cœur à l’envers

*
dans son décolleté
plongeant
– me noyant

*
l’écran plat
la fille en relief

*
à la librairie
revenant humer son parfum
rayon poésie

*
ses taches de rousseur
jusqu’où
– sur tout son corps ?

*
accroupie devant l’héliogravure :
le V profond
de son string

*
à l’exposition des Pointillistes,
les pointes de ses seins

*
dans les motifs de ton haut,
tes seins
en filigrane

*
de ses seins
elle joue :
Bar des Sports

*
pour la barmaid
j’entrai dans le bar
– cacahuètes

*
« vagues sans fin », lis-je
en voyant son cul
s’éloigner

*
sa queue de cheval
à droite, à gauche
– octobre

*
vers le haut puis vers le bas
puis vers le haut :
les seins de la boiteuse

*
dans la rue
rencontré
une femme baguée

*
Beauté voilée
au volant
d’une Porsche rouge

( : d’après Salim Bellen )

*
jeune fille au top léger –
les fruits ronds de son sac plastique

*
décolletés précoces
fruits déjà murs
d’avril

*
le vent
retrousse sa jupe –
sa main en feuille

*
mannequins en dessous fins –
la neige sur la haie

*
la chaleur de ta bouche
dehors la neige

*
je frissonne sous ta langue –
dehors la neige

*
dans sa blouse rose
et son sourire chaud…
« rêvons, c’est l’heure »

*
au coin de sa bouche
elle enfonce un crayon
– un tiers novembre

*
la lunette
des toilettes
sous ses fesses
elle lit

*
je me couche dans ton lit
je me lève dans ta bouche

*
midi pile –
ta bouche
sur mon sexe

*
le toucher
de tes cheveux
en haut de mes cuisses

*
suçant mon sexe
tu penses aux poireaux
restés dans la cocotte

*
sur mon sexe
tu gobes le soleil –
tilleuls en fleur

*
ta main gauche
sur mon sexe droit
– giboulée d’avril

*
nuit d’hôtel –
seul au lit avec
les Courtisanes du Japon

*
à l’entrée
du Musée de l’Érotisme :
AIR CON

*
Lu
sur sa porte :
« je suis ouverte »

*
sur son fessier blanc
ce mot :
OKAY

*
« J’ADORE »
disait le devant
de son top généreux
– soleil de mars

*
sur son t-shirt
ne pas oser tout lire
– soleil de fin mars

*
sur son t-shirt
un « KISS » remuant –

*
entre omoplate et bretelle
un dauphin saute

*
au-dessus de son string
deux ailes s’envolent
dernier jour d’août

*
sur une belle femme
faisant un tour complet
– dernier jour d’août

°°°°

© Daniel Py, Paris, oct.- 08.

Haïkus… Py, mars 2010

12 avril 2010

°°°

zoeufs écrasés
au milieu d’un passage
protégé

lundi matin –
il regarde son sein
de haut

(1/3)

°

Tai-Ji in the park
the first sun of March
rubs my back

Tai Chi au parc :
le premier soleil de mars
dans mon dos

°

gorge déployée :
la femme très enceinte
de l’ami

(→ 2/3/10)

de proche en proche
ce rire traverse
le salon de coiffure

la cloche sonna un coup
c’était l’heure de mon rends-toi

(kyôku :)

le haïku
est un éclat
(de vers)

(2/3)

°

tout au long du couloir
le pas du boiteux,
le morceau de jazz

(métro, Lyon, 3/3)

°

(kyôka ?)

tourner
retourner les mots *

: (la) terre arable
du haïku

* pour la meilleure expression

°

elle commence à ronfler
en deux coups :
rythme de croisière

(4/3)

°

dans la nuit
sans sommeil
la force
de la pendule

livres
et verre d’eau :
la nuit blanche
et noire

Matthieu Ricard, dans Plaidoyer pour le bonheur, Pocket n° 12276, p.276/7 :

 » « Restez en contact avec vos sensations ! » prônent les colporteurs du
sentiment de l’importance de soi dans notre société. Nos jeunes ont absorbé ce
message et ils y croient, de sorte que l’on a produit une génération de
narcissiques dont la principale préoccupation, et ce n’est pas surprenant, est
de savoir comment ils se sentent ». (M. Seligman, Authentic Happiness). Or
passer son temps à prêter attention aux moindres réactions de notre moi, être
aux petits soins avec lui et n’avoir de cesse que d’exaucer ses moindres désirs,
voilà la recette assurée du mécontentement.  »

… et de l’anti-haïku !…

son sein si rond
entre deux boutons
de chemisier

(5/3)

°

un très beau q
sur le quai
retour de vacances

ouah
quel cul qu’elle a !
– quai de vacances

°

après les inondations
dégoulinent
les pieux sentiments

°

cette nuit
sans ronflements
lac calme

(synesthésie ?)

ce matin
prendre en photo
le son des chaussures
au vent

I thinkgo biloba
I geckgo biloba

against the blue of the sky
the pale yellow of my glass of wine

sur le bleu du ciel
le blond du verre (de vin)

dans l’après-midi
rayé de soleil
passe un moteur

– frais avril

(6/3)

°

Qi Gong au parc
gouttes du nez

Au coin de la rue Duc
une affiche pour
 » Le plus grand salon de l’érotisme  »

: à rebaptiser rue Ducu ?

(75018, 9/3)

9 mars –
Palavas-les-flo
cons

le quaotidien

une caoquille

(9/3)

°

entre les pavés,
le ciel glacé,
gare de l’est, 10 mars

l’hiver s’étale –
entre les pavés
le ciel glacé

(10/3)

°

(Haïkoucher)

les oreilles
d’un oreiller
dressé

(→ 12/3-4)

( À cette allure py/paul : )

Parc Monceau :
Croisé à 7 à l’heure
un homme qui ressemble à
Michel Jazy

– ou à Claude Lelouch ?

( échauffement :)

Appuyé au tronc
d’un gros platane
un homme
sur un pied

Dommage qu’en courant
elle balance ses mains
à hauteur de poitrine !

Au milieu de l’île
un saule

matin frais à mi-mars :
les volutes de l’arbre

le gazon s’emplume

elle court vers le parc,
en retard au travail

( d’hier aujourd’hui :)

retour du parc :
passant sous ma fenêtre d’étudiant
puis
sous celles de mon professeur

E-ski-ss ?

retour de vacances :
Parisienne très bronzée
tirant son attelle

°

(haïkuisine :)

aujourd’hui
la théière
trop culottée

°

faire rouler le silence
sous les doigts
sous la plume …

le faire naître ?

°

« La vraie photographie » selon Izis:

« Le bon portrait photographique est celui où seul l’homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s’effacer complètement. »

– à transposer au haïku !

°

petite parisienne
son bout du nez tout rouge
à la mi-mars

(12/3)

À une belle femme
rousse en haut
brune plus bas
cette ébauche
de poème

(métro, ligne 3, le 12/3, vers 13 heures 40)

°

Chacun chez soi,
les ronflements seront
bien gardés.

tordre le cul
aux idées ressoues

ballerine
elle saute
dans le métro

(l.13, 13/3)

métro –
sur son violoncelle
son chapeau

(l.6, 13/3)

il regarde
l’ampoule
nue
au plafond

(rue de Wattignies)

mars gelé –
un ventilateur
sur le trottoir

fin de soirée –
de sa patinette
il se casse la gueule

elle ne cache
que le bout
de ses seins
– pourquoi ?

(13/3)

°

sur un scooter :
« On a marché sur la lune »

volutes roses
de vomi
dans les toilettes d’un pub

– saturday night beaver

dancing :
une paille fluo
entre ses seins

(tanka)

espérant toujours
que sa fenêtre
me ferait
un clin d’œil ?

– ô désillusion !

(Izis)

contre un gros tronc
les deux amants
d’Izis

– quai de Seine

(14/3)

°

le pain qu’on rompt
un orage éclate

mi-mars
un bonjour à la femme
un bonjour à son chien

mi-mars
ce matin les oiseaux
ont la voix du soleil

(15/3)

°

des pétales de roses
sur les paupières
de grand-mère

le voisin du dessus
grince
(ir)régulièrement

(16/3)

°

la porte du train
ouverte,
les voyageurs
se répandent
dans la ville

(Reims, 17/3)

°

pizzicati
de contrebasse
ses seins à contretemps

(19/3)

°

(haïku long :)

les percussions de la pluie
sur les toits environnants :
le premier jour du printemps

la pluie
danse sur le toit
– premier jour du printemps

(20-29/3)

« un authentique esthète (est)
solitaire »
: lune d’automne

(d’après R. Sieffert, p.146 de Le Sac à charbon de Bashô, POF, 1993)

la même femme qu’hier soir
cette ombre noire
qui passe dans la rue ?

– printemps

rue de la Ferme
le chant d’un merle –
premier jour du printemps

(Vitry s/Seine)

sur ma chaussette à sécher
un long cheveu blond
premier jour du printemps

les feuilles du palmier
vibrent-luisent
à pluie-vent
– première nuit du printemps

danse avec la pluie
première nuit du printemps

le long d’un fil barbelé
un rameau en bourgeons
– premier jour du printemps

(20/3)

°

après l’amour
elle se lève pour
manger une banane

(21-22/3)

°

(Et qu’ça rime !)

assis à la terrasse d’un café
je rêvasse
au Tibet…

(En Sarkozie :)

des noms d’oiseaux
fusent :
printemps politique

(22/3)

°

un oiseau
bouscule l’aube –
jeune printemps

tai ji (au parc)
une corneille apporte à l’arbre
des rameaux

(haïkuisine :)

un bloc de glace pure :
dégivrage de printemps

(23/3)

°

entre les rangs des vignes
luisent
les plastiques protecteurs

arrivée du train
un duvet touche terre

(24/3)

°

lire sa déclaration :
cerf printanier

se refermant
le canapé fait
« bonjour ! »

(25/3)

°

aujourd’hui
le puzzle
au poil

(26/3)

°

printemps –
une flûte par la fenêtre

annonçant Dormans,
le contrôleur
nous réveille

(kyôku)

supprimer les distances
du réel
aux mots

le long de la locomotive sale :
« ARIEL BONUS SKIP LE CHAT »

(29/3)

°

une mère d’élève
m’annonce l’arrivée des hirondelles
– veille d’avril

(29-30/3)

°

Mettre leurs robes trempées
Ah, quelle chaleur !

(a + M ? → 30/3)

°

elle retient
du bout de ses doigts
sa jupe légère

(- hyper de gambettes)

descendre la rue
au soleil couchant –
veille froide d’avril

veille fraîche d’avril
jonquilles au coin de la rue

*

veille fraîche d’avril
des jonquilles
rue de la Jonquière

(75017, 31/3)

°°°