Archive for the ‘écriture’ Category

Tocartistes ?

19 janvier 2017

Même avec le haïku, certains pratiquent le toc-art.

Ces tocartistes !

Un haïku tocard est avant tout un haïku artificiel.

/

(- Un haïku où l’auteur veut se faire mousser ?…)

 

Compte-rendu du KP 121

8 janvier 2017

En présence de 21 personnes, 41 haïkus ont été échangés. 25 d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°
Avec 5 voix :

°

jardin d’hôpital –

une fillette chauve

joue à la princesse

: Minh-Triet Pham ; *

retour de campagne

une odeur d’autrefois

sur le pyjama

: Jacques Quach ;

« Vitrine en cours »

l’étreinte de l’étalagiste

et du mannequin nu

: Antoine Gossart.

°°

Avec 4 voix :

°

éoliennes –

la conversation

tourne à l’orage

: Michel Duflo.

°°

Avec 3 voix :

°

ce saule

taillé tôt ce matin

ne pleure plus…

: Philippe Bréham ;

°

entrée du cimetière

mon pied glisse

sur une feuille morte

: Christiane Ranieri ;

°

Entre les flocons

l’épaisseur du silence

derrière la vitre

: Nicolas Lemarin ;

°

gare de Lyon,

dans la salle d’attente,

un pigeon voyageur

: Philippe Gaillard ;

°

mort à 88 ans

l’ancien amant de ma femme

un choc pour nous deux !… **

: Philippe Bréham ;

°

Noël

dans les yeux de l’enfant

les souvenirs du grand-père

: Patrick Fetu ;

°

Noël –

elle offre le cadeau de son ex-amant

à son ex-belle mère

: Valérie Rivoallon.

°°

Avec 2 voix :

°

massif central –

une citerne

broute un champ

: Daniel Py ;

°

mouillée par la pluie,

une coccinelle avance

au petit bonheur

: Philippe Gaillard ;

°

Paysage noir et blanc

Seule tache de couleur,

Le rouge-gorge

: Leïla Jadid ;

°

réveillon

nos ombres déjà

dans l’an nouveau

: Eléonore Nickolay ;

°

toast du Nouvel An

entre deux bises l’odeur

d’une bougie qui s’éteint

: Cécile Duteil ;

°

une corneille

sur la poubelle verte

– tri sélectif

: Jacques Quach.

°°

Avec 1 voix :

°

aube du nouvel an –

un morceau de marron glacé

coincé entre les dents

: Michel Duflo ;

°

bible à la main

il fait sa prière

pour traverser

: Patrick Fetu ;

°

jour de Noël

le chêne nu s’habille

d’un nuage d’étourneaux

: Antoine Gossart ;

°

Le soleil est bas

seule avec mon ombre

qui me murmure le silence

: Rikako Ando ;

°

Nouvel hiver

3 générations regardent…

« Les Feux de l’amour »

: Leïla Jadid ;

°

Pleine lune –

Les fumées lumineuses

des cheminées

: Danièle Etienne-Georgelin ;

°

seule à nouveau

son cadeau d’adieu

des fleurs de givre

: Eléonore Nickolay ;

°

Un banc figé

Sur le temps qui passe –

Les nuages en fuite

: Catherine Noguès.

°°°

* Au kukaï de Paris n° 6, du 26 mai 2007, Jean Deronzier (Québec) s’était fait remarquer avec ce haïku d’une grande similarité (qui avait obtenu 6 voix) :

matin d’hôpital / une enfant chauve / coiffe sa poupée

Ce haïku était paru, ensuite, dans La Rumeur du coffre à jouets, Ed. L’Iroli, 2009, et dans notre première anthologie des haïkus du kukaï de Paris : La Valise entr’ouverte, Ed. Unicité, 2010.

°

** Philippe Bréham nous avait gratifié d’une première version de ce texte, au kukaï de Paris 86 du 8 février 2014, sous cette forme :

mort à 88 ans / l’ancien amant de ma femme – / petit choc pour moi aussi !

(qui lui avait valu une voix, alors.)

°°°

Notre prochain kukaï, le 28 janvier prochain aura lieu le jour du Nouvel An chinois, pour inaugurer l’année du Coq de feu ! 15h30 au Bistrot d’Eustache, toujours !

°°°

 

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu du K.P. 120

11 décembre 2016

En présence de 14 personnes, 42 haïkus ont été échangés. 27 d’entre eux ont obtenu une voix ou/et plus !

°

Avec 5 voix :

D’un seul éclat

meurt le dernier rire

du clown d’Alep

: Annie Chassing.

°

Avec 4 voix :

« le silence de la mer » –

page trente sept

un de ses cils

: Ben Coudert ;

trottoir gelé

son regard bleu

ne mendie pas

: Jacques Quach ;

Visage lifté

elle cherche dans le miroir

son ancien sourire

: Annie Chassing.

°

Avec 3 voix :

à l’aube de mes soixante ans ~

en lingerie fine

sans amant

: Marie Barut ;

au son de la cloche –

des morceaux de silence

chutent en poudreuse

: Antoine Gossart ;

friche industrielle –

un vent glacial joue au foot

avec un gobelet

: Michel Duflo ;

Le vent s’est tu

dans les berceaux de l’air

les feuilles tombent

: Nicolas Lemarin ;

Mon chat n’est plus –

l’ennui prend sa source

dans le bol vide

: Nicolas Lemarin ;

premier flocon

immense

sur mes lunettes

: Jacques Quach.

°

Avec 2 voix :

particules fines…

devant ma porte

le crachat d’un passant

: Eléonore Nickolay ;

poussette d’enfant 

dans le bruit des roulettes

le roulis des galets

: Frédérique Leriche ;

soirée près du feu –

encore un peu d’hiver

au bout des orteils

: Michel Duflo ;

un dernier parapente

contre l’or du causse *

– fin octobre

: Daniel Py

* plateau calcaire du sud, du sud-ouest, du massif central. Ici : Le causse noir – faisant partie des Grands Causses, dont le causse de Séverac, le causse Méjean, le causse du Larzac, le causse Comtal, le causse de Sauveterre…

°

Avec 1 voix :

ces herbes sauvages

couvriront-elles un jour

le souvenir d’un train ?

: Philippe Bréham ;

Jeu de grattage –

tous les matins il gagne

la même voiture

: Ben Coudert ;

Ladurée * –

ils coupent les macarons

en deux

: Valérie Rivoallon ;

* Maison Ladurée : : « Fabricant de Douceurs »…

les oiseaux au nid –

seul le rouge-gorge

entre chien et loup

: Antoine Gossart ;

Noël –

en mode hors gel

les chambres des enfants

: Eléonore Nickolay ;

nuit d’automne

sous un matelas de nuages

la lune ébréchée

: Frédérique Leriche ;

Parvis venteux –

les boules du sapin

s’entrechoquent

: Michel Duflo ;

première gelée –

une larme figée

sur la dernière rose

: Antoine Gossart ;

RER du soir

elle s’endort sur son livre

: L’Hypnotiseur *

: Daniel Py ;

* , de Lars Kepler.

soir d’été

le silence des blés glisse

sur la campagne…

: Philippe Bréham ;

Soleil pâle –

Pétrifiée par le givre

une dernière rose…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

sur sa chaise pliante

sous son chapeau de paille

lisant La Vie de Van Gogh *

: Daniel Py

* , d’Henri Perruchot.

TGV

la course folle de la lune

sur l’horizon

: Jacques Quach.

°

Sans voix, mais remarqué :

grand-mère pour la seconde fois

attendre à nouveau

le Père Noël

: Marie Barut.

°

Antoine Gossart a remercié en haïkus Eléonore Nickolay pour ses cadeaux de Noël : des gâteries pâtissières et des étoiles pour les différents haïjins cités :

« Au kukaï / elle les honore / d’une pluie d’étoiles »

« Au kukaï Eléonore / nous fait avaler / des tours Eiffel »

Merci à lui, et merci à Eléonore !

°

Nous avons également présenté

le recueil de « haïkus normands » d’Anne Brousmiche, qui s’intitule : Des Iris sur un toit, aux Editions de l’Aiguille (à Etretat – cf : leseditionsdelaiguille.blogspot.com). Divisé en huit chapitres : Le Ciel, La Mer, La Terre, Les Chemins, Les Falaises, Les Jardins, Les Rivages, Les Villages, il « nous conduit de la côte d’Albâtre au Mont-Saint-Michel, des quais du Havre à la tombe de Jacques Prévert, des jardins de Giverny à la plage de Deauville »…

J’en ai choisi quelques uns que je me fais le plaisir de partager avec vous :

Un hiver de trop / la falaise recule / de plusieurs pieds

Pré en bord de mer / deux moutons se disputent / le carré avec vue

En pèlerinage / sur une tombe l’hirondelle / abandonne sa plume

(: Visite à Prévert. Omonville-la-Petite.)

 

Je pourrais vous en citer bon nombre d’autres, bien réussis. Je vous le recommande, vous resterez longtemps sous son charme.

°

Frédérique Leriche nous a présenté également certains numéros de la revue du groupe « Graines de Vent », animé par Hélène Phung, dont « Microcosmes », « Eaux dormantes », « Haïkus en voyage », … auxquels elle a participé.

°

Valérie Rivoallon nous a fait part d’un appel à textes (haïkus) sur le thème du voyage, afin de participer à une soirée de lectures organisée par le groupe « Haïcoustiques » nouvellement formé (composé de : Valérie Rivoallon, Françoise Lonquety, Fabienne Caurant et Philippe Gaillard), qui organisera – dans différents lieux – des soirées lectures autour du haïku, à partir du début de l’année prochaine. Vous pouvez envoyer, pour cette première manifestation, 3 haïkus à Françoise Lonquety, jusqu’à fin janvier 2017. Son adresse : flonquetAROBASEnumericable.fr

Merci à eux, et bon vent pour cette belle entreprise !

°°

Nous vous souhaitons à tous une bonne fin d’année, et de joyeuses fêtes de fin d’année !

°

Nos kukaïs reprendront les

7 janvier

28 janvier

25 février

25 mars

22 avril

°

Merci !

et bons haïkus à tous !

°°°

 

 

 

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 118, du 15/10/16 :

16 octobre 2016

En présence de 15 participants (dont notre invitée d’honneur Claire Châtelet (« Sprite »), 30 haïkus furent échangés, après une présentation des membres (dont certains nouveaux), et des informations diverses (dont la parution du tout récent Haïkus de la résistance japonaise, choisis, présentés et traduits du japonais par Seegan (Laurent) Mabesoone, aux éditions Pippa.)

21 textes reçurent une voix, ou plus.

°

Avec 5 voix :

équinoxe –

le souffle laborieux

de son poumon restant

: Claire Châtelet (« Sprite »).

°

Avec 4 voix :

Bruissement de feuilles –

Le joggeur est avalé

par la brume

: Danièle Etienne-Georgelin;

Collées

Au chien égaré

Les fleurs fanées

: Fujii Lika (, originellement écrit en japonais – en 5+7+5 mores -, et traduit en français par sa fille, Ando Rikako.)

jardin en automne –

le râteau rouillé

me montre les dents

: Michel Duflo.

°

Avec 3 voix :

Fin septembre

une cigale esseulée

retient l’été

: Nicolas Lemarin;

sous l’abri-bus

voilée,

avec son chat en cage

: Daniel Py.

°

Avec 2 voix :

bain moussant –

il noie son Iphone

et mes paroles

: Christiane Ranieri;

nuages d’automne –

la mer a sa couleur

des mauvais jours

: Michel Duflo;

Où vas-tu

Si pressé

Nuage…

: Rikako Ando;

Ouverture de chasse –

La pesanteur du brouillard

sur mes épaules

: Danièle Etienne-Georgelin;

rayons du supermarché :

les cimetières vont bientôt fleurir

: Daniel Py;

Remparts de fortune

les draps blancs flottent au vent

Tireurs embusqués

: Catherine Noguès;

retrouvailles –

elle boit son cocktail

et mes paroles

: Minh-Triet Pham;

Visite à mon fils

accompagnant mon thé vert

deux chaussons bleus

: Christiane Ranieri.

°

Avec 1 voix :

anniversaire –

mon thé vert

trop infusé

: Minh-Triet Pham;

heure d’été,

mistral dans le nez,

jasmin dans la tasse

: Philippe Gaillard;

Pointe de l’île –

le fantôme d’Aragon

attend Elsa

: Marie-Alice Maire;

poli par le vent

l’épouvantail dans le champ

rêve d’une écharpe

: Gilles Petitdemange;

Sur l’étang ridé

et la forêt rouillée – pluie

sur mes joues aussi.

: Annie Chassing;

vieux pommier

quelques guêpes apprécient

le goûteux millésime

: Claire Châtelet (« Sprite »);

voiture de fleurs

sous un soleil de printemps

sonne le glas

: Philippe Gaillard.

°°°

Nous avons terminé la soirée (à plusieurs) dans un restaurant alsacien.

Rendez-vous a été pris pour le kukaï 119 au 19 novembre prochain.

°°°

 

 

 

 

Compte-rendu du kukaï de Paris n° 116

5 septembre 2016

Samedi 3 septembre en présence de 16 participants, 33 haïkus ont été échangés. 22 d’entre eux ont obtenu une voix, ou plus.

*

Avec 6 voix :

les yeux au ciel

elle étend sa lessive

entre deux nuages

: Patrick Fetu.

*

Avec 5 voix :

Canicule –

L’escargot s’accroche

à l’arrosoir

: Danièle Georgelin.

*

Avec 3 voix :

Coucher orangé

le ressac lancinant

contre le bunker

: Danièle Georgelin;

Fin de l’été,

Le château de sable s’écoule

Au bord de la mer.

: Fujii Lika;

lavande fanée

à la recherche de l’été

le dernier bourdon

: Eléonore Nickolay;

Même debout

elle reste courbée

la jardinière

: Monique Junchat;

toute la soirée

effleurée par ses mains –

envier la guitare

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

*

Avec 2 voix :

Ciel d’été

Par la fenêtre du 1er

Je cueille des figues

: Leïla Jadid:

ciel étoilé –

sur l’oreiller la trace

d’un sanglot

: Isabele Freihuber-Ypsilantis;

de ruines en ruines

partir à la recherche

du temps perdu

: Minh-Triêt Pham;

file d’attente

le souffle d’un inconnu

sur ma nuque

: Monique Junchat;

fin de l’été

le trou de la poche du short

encore plus grand

: Eléonore Nickolay;

rentrée des classes –

ni cartable ni école

: Françoise Lonquety.

*

Avec 1 voix :

Au chemin de la forêt

Les arbres fraîchement coupés

me crient tous « Adieu! »

: Rikako Ando;

au travers des feuilles

les taches de soleil

brûlent

: Philippe Bréham;

Encore un peu de jour

Et trois fleurs

de réverbères

: Corinne Fy

 

épilation –

je passe la brosse collante

sur mon chat

: Valérie Rivoallon;

 

mer montante

une brise parcourt les dunes

et puis ma nuque

: Cécile Duteil;

nuit blanche

à broyer du noir

: Patrick Fetu;

pont de Grenelle –

 

mon ombre 

prend l’eau

: Valérie Rivoallon;

prairie –

prendre le taureau par les cornes

et ma bien-aimée par surprise

: Minh-Triêt Pham;

songeant qu’il est gaucher

Il soupire

L’homme de droite

: Leïla Jadid;

Tous les soirs

le clocher de la mairie

s’endort debout

: Corinne Fy.

***

En début de séance, Minh-Triêt Pham nous a apporté son beau recueil de haïkus (en trilingue vietnamien, français et anglais) et photos  (avec texte en braille) : Reflet aveugle, dans ses deux premières éditions : l’une en noir, l’autre en couleurs : les deux pour 16€ aux éditions Unicité, 2016;

Monique Junchat nous a apporté son remarquable (premier) recueil de haïkus : Charivari, éd. Tapuscrits, 2016 – 8,80€;

Hiro Hata nous a annoncé sa prochaine exposition de peinture (une soixante ou soixante-dizaine de toiles) , à la Galerie du Montparnasse (55 rue du Montparnasse) du 6 au 15 octobre prochain (à partir de 14h30 tous les jours). Le vernissage aura lieu lundi  10 octobre, à 18h30;

Eléonore Nickolay nous a apporté le n° 113 de la revue de la Deutsche Haiku Gesellschaft (Association allemande de haïku), dans lequel elle a écrit un portrait de votre serviteur : « Im hier und Jetzt und ohne Pathos. Daniel Py. Ein Porträt » (pp. 6-8) (« Dans l’ici et le maintenant et sans pathos. D.P. Un portrait. »); et, pp.14-5, un article : « Die französische Ecke » (« Le coin français ») sur le thème du « Gong » 51 : « Le haïku, paysage intime », avec des exemples de haïkus, dont celui-ci (mon préféré) : « soir d’hiver – / il raconte sa journée / à son chien » : Michel Duflo.

Eléonore se propose de présenter à l’avenir d’autres portraits de haïjins francophones dans cette belle revue « classieuse » de « Sommergras », tel Serge Tomé, etc.

Qu’elle soit ici remerciée pour cette belle ouverture du haïku français vers nos amis outre-rhénans!

Enfin, Rikako Ando, a le projet de traduire en français un recueil de haïkus (déjà édité au Japon) de son papa. Mr Fujii Rika, avec des illustrations de sa soeur plasticienne, peintre, qui vit à Londres. Nous l’accompagnerons dans ce beau projet…

***

Nos prochains kukaïs auront lieu

à 15 h 30 au bistrot d’Eustache (75001), les :

24 septembre (# 117)

15 octobre (# 118)

19 novembre (# 119)

10 décembre (# 120)

prochains.

Ainsi s’achèvera notre 10è année de joyeuses rencontres autour du haïku avec nos amis du kukaï de Paris!

***

 

 

 

Pierre-Emile Durand, 1/ , in

26 août 2016

Le Japon des 4 saisons, éd. du Carabe, 1998. (Extraits)

°°°

La nature et le Japonais (p. 19) :

« Comme toute création humblement soumise à l’irrésistible énergie, l’homme ne peut que respectueusement s’y accorder, dans le silence. »

« Guetteur de chaque instant, c’est en silence et pour mieux le faire, que, tous sens en éveil, le Japonais regarde et écoute. »

°

Au bout du chemin

un vieux pin garde le temple zen

(: P-E. Durand, p. 25)

°

Nuit de printemps

Les lanternes respectent

La douceur du crépuscule

(: p. 39)

°

shizukasa ni taete / mizu sumu / tanishi kana /

au coeur du silence

escargot de rivière dans l’eau pure

: Yosa Buson. (p. 42)

°

haru hiru ya / kojin no gotoku / kumo o miru /

journées de printemps

comme les gens âgés

j’observe ciel et nuages

: Maeda Fura (p. 46)

°

« (…) jardins secs. Leur dépouillement repose de la flamboyante végétation environnante. » (p. 78)

°

La pathétique beauté de l’éphémère (pp. 92-3) :

(Le haiku)

« Plus qu’un poème, il s’agit d’une élévation de l’esprit destiné à montrer ce qui est, là, devant nous, sans pourquoi ni questions (…) Il tend à rejoindre le monde permanent. Parole de l’illumination zen, le satori, il suppose une immédiate limpidité, sans concession à une quelconque figure. »

« Bashô (…) établissait la voie de la poésie sur un principe, le fueki-ryûkô. Expression poétique de l’univers et des deux mondes que sont le ke et le , il s’agit mot à mot de l’indissociable dialectique entre l’immortel et l’éphémère, ce que d’autres appellent l’invariant et le fluant. L’invariant, ou fueki, c’est ce qui perdure et se perpétue, tout autant dans l’homme que dans la nature. Il s’oppose au gluant, le ryûkô, cette expression changeante de la singularité humaine et des modes qui apparaissent et disparaissent.

Codifiée comme toute voie, la poésie s’établit sur quelques composantes majeures dérivant de jinen, d’aware et du, de la voie. Ce sont le sabi, le shiori et le hosomi.

(…) Le sabi apporte la patine artistique du poème, sa couleur et sa grâce.
Le shiori, du verbe shioru qui signifie compacter mais aussi représenter, révèle la sensibilité du poète qui regarde l’homme et la nature avec douceur et tendresse.

Le hosomi, de hosoi, mince, cherche à allier le ténu, la finesse et la fragilité à la profondeur de l’esprit.

(…)

karumi, la légèreté de tout ce qui est changeant, de tout ce qui relève du fluant.

En somme, un haiku exprime en même temps la solitude qui permet d’atteindre le monde vrai, dans le dépouillement, la simplicité et le calme, la sensibilité à la nature, invariante et fluante à la fois, enfin l’éphémère. C’est de cette alchimie là que vient sa beauté profonde et triste, cette pathétique du vivant condamnée à se dégrader (utsuroi).

De manière plus générale, le chemin (michi) de toute voie () pourrait être ainsi résumé : par une rencontre sensible (aware) avec la force primordiale (jinen), c’est en quittant le monde de l’apparence (ke) que la beauté (sabi) se cristallise; cette prise de distance permet d’atteindre un état de détachement, de calme et de tranquillité (wabi), bout du chemin (michinoku) et entrée dans le monde vrai ().

(…)

La beauté s’établit au Japon sur le sentiment de fragilité que provoquent le caractère éphémère et l’inévitable disparition de toute chose.

(…)

c’est aussi par la disproportion de l’homme et de la titanesque Nature que se sont forgées une solidaritéé de communauté, une union des forces ainsi qu’une superstition propre à calmer en même temps la chaotique Energie et l’épouvantable angoisse du Japonais, en attente permanente de catastrophe.

°

L’envers et l’endroit (p. 93) :

Le Japonais est en intime et permanente osmose avec la Force vitale, énergie indissociablement destructrice et créatrice.

°

(à suivre…)

‘Au plus près du réel’, dialogues de Denis Bourgeois avec Gao Xingjian – 3/3/

25 août 2016

p. 157 :

G.X. – On ne peut écrire sur ce qu’on est en train d’éprouver. On a besoin d’une certaine distance. »

p. 159 :

D.B. – C’est toujours une nouvelle aventure que d’écrire, il faut se renouveler, »

p.160 :

G.X. – toutes les théories sur l’écriture, ça ne sert à rien; il faut d’abord la patience, puis la concentration, et enfin un vrai calme intérieur, une maîtrise de soi. Sinon on se noie. Il faut plutôt savoir attendre, que la vague t’emporte. On doit retenir son souffle pour attendre le moment de la création.

p. 165 :

D.B. – « ça tend vers quoi, ta pratique de l’écriture ?
G.X. – Vers l’inconnu. »

p. 167 :

G.X. – « Seuls les gens qui ont bien vécu ont des choses à dire. Si on se contente de manipuler des idées esthétiques, on n’arrive pas à un tel résultat. »

p.168 :

D.B. – Mais cette nécessité de l’expérience de vie au coeur de l’écriture désintègre la notion même de littérature. (…) Effectivement, moi, ce qui m’intéresse maintenant quand je lis, c’est de regarder s’il y a une expérience de vie qui peut me faire comprendre quelque chose. Et plus c’est réel, plus c’est concret, plus c’est vrai, plus ça me touche.

G.X – Même avec une vie très riche, très intéressante, il faut aiguiser sa sensibilité. (…) Je suis revenu à Joyce, à Finnegan’s Wake. Il a une vie et un univers très riches. Ce n’est pas seulement une aventure de la langue.

p. 170 :

D.B. – « En fait, la forme ne peut jamais être déterminée à l’avance. La forme naît simplement de ce que tu as à raconter. Tu inventes la forme au fur et à mesure en fonction de ce que tu veux exprimer. C’est pour cela que la forme prend une allure nécessaire et perd son caractère artificiel. »

p. 171 :

D.B. – « Tant que tu inscris ta recherche sur une base formelle, il est impossible que tu fasses quelque chose d’intéressant.

G.X. – ce sont toujours des codes déjà établis, et donc déjà morts. »

p. 172 :

G.X. – Si c’est une création originale, cela suppose une nouvelle forme.

D.B. – Mais pas la forme pour la forme, seulement pour s’exprimer, pour essayer de toucher au plus près du réel. »

G.X. – Il faut toujours en revenir au réel. (…) Et la façon dont on classe les genres, les modes, les styles aujourd’hui n’a aucune importance ni aucune incidence sur le travail d’écriture.

D.B. – Par rapport à Joyce, j’y reviens, il est quand même allé très loin dans la destruction des formes, est-ce que tu crois qu’on peut aller plus loin ?

G.X. – Oui.
D.B. – Mais dans la direction de Joyce, on ne peut pas aller plus loin. Ca veut dire qu’il faut prendre d’autres directions.
G.X. – Moi, je reviens plutôt à une certaine simplicité. Des phrases très simples.

p. 176 :

G.X. – Comme tu ne peux pas revivre avec des amours anciennes, de même pour l’écriture, tu ne peux pas refaire ce que tu as déjà fait. Tu cherches autre chose. (…) L’amour est une créativité. C’est tellement éphémère. Si on n’arrive pas à le renouveler, ça périt. C’est tellement fragile, comme l’écriture.

p. 178 :

D.B. – « Ce qu’on fait par l’écriture, c’est de se mettre sous tension, comme quand on branche un appareil électrique, et on va mettre sous tension les autres.

G.X. – Le moyen d’établir cette tension est particulier à chacun et peut toujours devenir plus fin, plus raffiné, plus exploratif du réel. »

p. 179 :

G.X – Il faut entrer dans cette tension par l’écriture.

D.B. – Mais pour aboutir à quoi?

G.X. – A sentir plus profondément la vie. On ne peut pas tout connaître. Devant la vie, je me sens toujours bête, bouche bée, comme un simple d’esprit. Il y a des choses que je ne connais pas du tout.

(…)

Il ne faut pas chercher de solution à tout prix, ce qui importe, c’est la stimulation. Il y a toujours des carrefours inattendus, c’est ça le réel.

p. 180 :

D.B. – L’écriture, ce n’est donc rien d’autre que de garder une certaine curiosité pour la vie.
G.X. -La connaissance de la vie évolue toujours. On n’en est qu’au début.
D.B. – Et tu crois qu’il y aura une fin ?

G.X. – Non.

°°°

 

‘Au plus près du réel’ dialoguesde Gao Xingjian avec Denis Bourgeois, 2/3 :

25 août 2016

p.95 :

G.X. – Pour un écrivain, l’écriture dépasse effectivement maintenant la question de la forme. C’est plutôt un oeil nouveau, un nouveau regard, une nouvelle façon de sentir, de voir les choses. »

p. 105 :

« La structure théorique n’a jamais servi à rien pour la création artistique.
La théorie, c’est la vanité humaine. On veut remplacer l’explication divine de l’univers par des ressassements théoriques, pour boucher ce grand trou noir qu’est le monde. Le théoricien veut jouer ce rôle-là, il veut tout éclaircir, trouver la formule définitive, etc. »

p. 109 :

« Pourquoi définit-on des genres? C’est absurde. (…) Parfois, dans mon écriture, je fais des efforts pour détruire  cette distinction de genres littéraires. Ca devient une gangue trop figée. »

p. 110 :

« Ce n’est jamais la forme en elle-même qui a une signification, ce qui compte, c’est le mouvement continu de la création. »

p. 111 :

« L’art doit impulser quelque chose de vivant, sinon ce n’est pas de l’art. »

p. 112 :

« Le réel est inépuisable. Il y a toujours de nouveaux aspects à découvrir. On ne peut jamais dire qu’on a vraiment connu quelque chose dans cette vie, dans cette société, et sur soi-même. Non. On reste toujours loin de tout connaître. On cherche un langage littéraire qui capte ce mouvement. »

 » Il faut avoir une confiance minimale dans le langage. (…) Il faut aiguiser cet outil de la langue pour fouiller ce réel qui fuit tout le temps. Et alors, on réussit à transmettre un peu de vie. »

p. 125 :

« L’écriture est avant tout un travail. (…) C’est un moyen de pousser plus loin l’observation par les sensations, par le regard, l’ouïe, le toucher, etc., pour connaître la vie d’une autre personne. Un univers que tu ne peux pas atteindre normalement… »

« … Et la réaction du lecteur peut confirmer (ou infirmer) ton observation. C’est communicable, donc ce n’est pas une simple invention. »

p. 133 :

« Joyce, en l’occurrence (dans Molly Bloom), cherchait aussi par l’écriture à aller au plus près du réel, et le réel se décompose, comme toujours, quand on le serre de trop près. Et pour Proust, c’est pareil. Autrement dit, l’écrivain chercherait toujours à âtre au plus près du réel, mais dans son résultat, il créerait des formes artistiques nouvelles. »

pp. 133-4 :

« Si on (…) ne se contente pas d’une description plate du quotidien, alors on entre dans un réel de l’esprit, de sensations, de hauteur, les mots deviennent légers, flottants, les mots s’éparpillent, ça devient magique. Il faut avoir un respect de la langue. On ne peut pas écrire directement comme ça, il  faut être patient, laisser la langue venir, on observe, on attend, les phrases viennent, se succèdent à elles-mêmes, et aussi sans quitter cette sensibilité du réel, sinon ça devient n’importe quoi. »

« Il faut d’abord savoir bien décrire, ou plutôt écrire le réel, ça c’est la base. (…)

« Il faut trouver un moyen de se détacher de la subjectivité, dans une certaine mesure. »

p. 135 :

« Le but de l’écriture, c’est de rendre compte de cette sensation-là que tu as eue au moment où tu observes telle chose, ça peut même être cette sensation-là que tu as eue au moment où tu t’apprêtes à décrire telle chose. »

pp. 135-6 :

 » Si on se contente de photocopier par la langue cette réalité, ça n’a aucune valeur. Ce qui est fascinant, c’est plutôt de franchir cette frontière pour atteindre ce monde obscur et intérieur. Tous les grands écrivains dépassent les catégories – réalisme, romantisme, etc. »

p. 136 :

D.B. – Quels sont alors les critères opératoires en littérature?

G.X. – Moi, je regarde avant tout le caractère vivant. »

p. 140 :

D.B. – Pour écrire, pour toucher quelque chose de juste dans l’écriture, il faut vivre justement. Ce n’est pas vraiment une question de morale, mais je vois que la responsabilité de l’écrivain est toujours en jeu. Tu ne peux pas écrire quand tu n’es pas en adéquation avec toi-même. On ne peut pas écrire de chose vraiment intéressante en se mentant à soi-même.

G.X. – Tous les grands écrivains ont une quête du réel. Ils apportent involontairement quelque chose de nouveau de par leur volonté d’approcher la réalité. Mais si on fait exprès de créer quelque chose de nouveau, ça devient mort. On fait semblant de renouveler ce marché de la littérature, mais il n’y a qu’une apparence de travail. (…)  Si on est si près du réel, ce n’est pas possible d’être démenti. Il faut avoir suffisamment confiance pour ne pas suivre les modes artistiques. Si c’est vraiment bon, ça a sa raison d’être. »

p. 146 :

« je ne peux pas me décrire moi-même par l’écriture, aussi fine que puisse être ma faculté de m’auto-observer. Ceci, parce que écrire est un acte, et que, comme tout acte, il est tourné vers l’extérieur.
Le fait d’écrire est quelque chose de très paradoxal, c’est une sorte d’interface entre ce que je ressens et ce que je suis capable de communiquer avec les autres. »

‘Au plus près du réel’ dialogues de Gao Xingjian avec Denis Bourgeois, 1/3

25 août 2016

éd. de l’Aube, 2001 :

°°°

p. 41 :

« Le fait d’écrire oblige au geste initial de la sincérité à soi-même, même si ensuite, on n’a de cesse de l’éluder, de le diluer dans les mots. »

p. 58 :

« Ecrire, c’est vouloir sentir de plus près ce réel, même s’il reste mystérieux. »

p. 59 :

« C’est ce réel que nous cherchons à atteindre. (…) Il y a toujours quelque chose d’insaisissable. Nous sommes toujours en quête de ce réel insaisissable, impossible, que nous n’avons pas encore connu. »

p. 62 :

« Quand la littérature devient un métier, il y a des procédés de fabrication à l’oeuvre, mais on ne peut plus parler d’écriture. Il faut chaque fois chercher une fraîcheur d’écriture. »

p. 63 :

« La communication sort de la difficulté radicale à communiquer. Le réel se constitue de notre difficulté à le rencontrer. Mais n’y a-t-il pas toujours un fond d’irréel qui fait qu’on ne sortira jamais de l’insaisissable? »

p. 64 :

G.X. – La beauté est toujours un état éphémère, ce sont tous les instants de passage. Tout ce qui est impossible à fixer, c’est la beauté.

D.B. – Donc, l’art ne pourrait pas être une forme aboutie. Ce serait simplement une structure qui contiendrait un mouvement insaisissable, comme dans la vie réelle?

G.X. – Oui, c’est ça.
D.B. – Le travail d’écrivain consisterait donc à reproduire ce qui reste le mystère absolu de la vie, à savoir l’insaisissable ? »

G.X. – Voilà à quoi on perd sa vie en tant qu’écrivain ! »

p.65 :

« L’écriture (…), ce saisissement incontrôlé de l’insaisissable. »

« Que ce soit dans le réel ou dans l’art, on ne sort jamais de l’éphémère »

 » Le problème n’est pas de représenter, de montrer le réel, de quelque façon que ce soit, mais de construire une approche de l’insaisissable, car c’est finalement ainsi qu’on touche au plus près du réel. »

p. 90 :

« Je suis assez d’accord avec le texte de Gombrowicz contre les poètes. En général, ce sont des montages de clichés. Ils ne travaillent que la forme. Ils ont oublié la sensibilité de la langue. »

D.B. – Comment atteindre cette sensibilité, comment rendre « vivante » ton écriture?

p.91 :

G.X. – Je cherche à garder cette sensibilité, à évacuer les idées. J’éteins la lumière, je ferme les volets, je me concentre, je m’écoute, parfois je parle à haute voix, pour rester au plus près de cette sensibilité. »

(…)

« Tout cela pour me vider l’esprit, pour retrouver un rapport instinctif aux mots, pour ne plus avoir de rapport aux significations. L’esprit est purifié. Et une fois que je suis entré dans l’écriture, je n’entends plus rien, je parle mais je n’en suis pas conscient.

(…)

pp.91-2 :

« Quand on ne prête plus attention à la langue, c’est là qu’elle devient vivante. Ce n’est même plus de l’écriture, la langue coule automatiquement, instinctivement. Ce n’est pas l’intelligence qui travaille, mais il y a une sorte d’intelligence primaire, une aisance. »

p. 92 :

G.X. – « Depuis Flaubert et Mallarmé, on accorde trop d’importance à la langue, le travail de l’écriture devient une affaire de linguiste. Cela a fini par étouffer le travail propre à l’écriture.

 A travers la langue, on peut découvrir, sentir le réel. Si on coupe son lien au réel à travers la langue, elle devient alors un objet, un outil, elle est morte. »

D.B. – (…) quand on essaie d’écrire, c’est justement le moment le moment où il ne reste plus de langue. »

°°°

( à suivre…)

Compte-rendu du kukaï de Paris 113 :

22 mai 2016

En présence de notre amie invitée d’honneur Jeanne Painchaud, du Québec, de passage en France, nous étions 18 participants à notre réunion de samedi dernier.

Après un tour de table pour nous présenter, Jeanne nous a parlé de son parcours de haïkiste, et de ses ouvrages, dont le dernier, qu’elle avait apporté, et qui a recueilli un franc succès :

Découper le silence (Regard amoureux sur le haïku), éditions Somme toute, Montréal (QC), 2015,

qui, selon ses propres paroles, est le livre qu’elle aurait voulu pouvoir lire, quand elle a débuté dans le haïku. J’en extrais le haïku inspiré par son fils (haïku qui « appartient » à son premier recueil de haïkus : Je marche à côté d’une joie (première édition : Les heures bleues, 1997; deuxième édition : éd. de L’instant même et éd.Les 400 coups, 1997.) :

Ta petite question

Au-dessus de mon livre:

« tu lis le blanc ou le noir? »

°

Puis nous avons procédé à notre « kukaï » proprement dit, où trente-neuf haïkus ont été échangés. Vingt-sept d’entre eux ont obtenu une voix ou plus.

°°°
Avec quatre (4) voix :

Par la porte ouverte

Un peu de lumière

sur la lumière

: Monique Leroux Serres;

rosée matinale –

le chat a l’air

de marcher pieds-nus

: Antoine Gossart;

trop petites ses mains

pour tant de coquillages

: Patrick Fetu;

vent du large –

il déploie ses ailes

l’oiseau de papier

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis.

°

Avec 3 (trois) voix :

petit déjeuner –

la vie retrouve

un goût de miel

: Isabelle Freihuber-Ypsilantis;

sommeil flottant

les canards immobiles

posés en plein ciel

: Antoine Gossart;

tombes oubliées –

leurs noms lus

à voix haute

: Michel Duflo.

°

Avec deux (2) voix :

bruit feutré

des roues de la poussette

dans les pétales du cerisier

: Lucia Dinga-Supova;

dernier métro

la nuit plus intense

le regard des hommes aussi

: Jeanne Painchaud;

pleine lune

poches vides

des soirs comme ça

: Jeanne Painchaud;

ses larmes

elle les garde pour les pierres –

une fourmi s’abreuve

: Valérie Rivoallon;

sur la photo

déchirée une jeune fille

inconnue – ma mère

: Jacques Quach;

sur Skype

un ami mort

déconnecté

: Martin Dinga;

tableau –

l’air penché

du contrebassiste

: Daniel Py;

un lézard veille

sur la pierre tiède

le temps immobile

: Nicolas Lemarin;

vue panoramique –

sur 180 degrés

le brouillard

: Michel Duflo;

°

Avec 1 (une) voix :

ces quatre feuilles rouges

gardent en silence

le souvenir de l’automne

: Philippe Bréham;

couloir d’hôpital

à la chambre douze –

un air d’opéra

: Jacques Quach;

envie pressante –

plus accessible que jamais

le mur Facebook

: Minh-Triêt Pham;

Fraises matinales –

Les petits avalent 

avec gouttes de rosée.

: Hiro Hata;

Légère brise

De pétales de cerisier

baptisée

: Monique Leroux Serres;

L’ombre du mûrier

au pas du soleil couchant

rejoint le muret

: Nicolas Lemarin;

Pissenlit –

J’ai hésité avant de choisir

toute seule.

: Hiro Hata;

porte cochère

deux amoureux

ne font plus qu’un

: Patrick Fetu;

Rafale de vent

entre les pâquerettes

neige de pétales

: Marie-Alice Maire;

Sur sa manche

un pétale de cerisier

le SDF mendie

: Marie-Alice-Maire;

un homme souriant

apporte six parapluies

au cimetière

: Daniel Py.

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Bravo et merci à toutes et tous (et à Jeanne d’avoir accepté notre invitation, et de nous avoir gratifié de moments très chaleureux et enrichissants)!

Notre prochain kukaï aura lieu samedi 11 juin, le week-end même du Marché de la Poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.

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