Archive for the ‘coquains’ Category

Trois heures trente en Lorraine

20 avril 2010

*

(Par erreur de trajet)
me retrouve près d’un bled
au doux nom de
Deuxnouds Dt B.
D 190
(25 kms de Verdun)

soleil et pissenlits

*

les vaches broutent
le milieu de l’après-midi
– TGV au loin

*

noires et blanches
d’un côté de la route
brunes de l’autre

– tourterelles et coucous

*

D 126
Mondrecourt
Cne des Trois Domaines

*

premières hirondelles
rue Principale °
pas un magasin

*
° la seule rue
*

plus d’animaux
que d' »âmes » qui vivent ?

*

une boîte jaune de la Poste
quelques pissenlits au pied

*

égaré (du) tgv
un pas de sénateur ?

un pas de sécateur ?
(: couper les mots ?)

*

deux heures encore
à ambler
en herbe(s) ?

*

(TGV :)

des longs
des courts
qui passent
sans s’arrêter
– un tracteur
ou deux
dans l’heure

(en Lorraine)

*

retour vers
D 126
Rignaucourt 1

*

Le paysan
arrête son tracteur
pour faire un brin de causette

il espère avoir fini de traire les vaches
à l’heure du dernier tgv
vers 22 heures 20

*

Issoncourt

Son Hôtel-Restaurant
Le Relais
de la Voie Sacrée

*

Marché 2 heures (et plus),
et pas un point de bière

(- dans la Meuse !)

*

Avais-je la tête
encore
sur son corps ?
: trompé de quai

*

Gare Meuse TGV SNCF
Voie Sacrée
Et drapeau tricolore

*

Écartées
les fesses de la colline
laissent passer le train

*

Sur le bus-navette tgv :
« Le plaisir de bouger en Meuse »

*

d.(19/4/10)

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Haïkus… (Carnets) Py sept 09

18 avril 2010

°°°

Dernière fourmi
dans l’évier de l’appartement
que l’on récure
et quitte

(/ que l’on astique
et quitte)

(Lyon, 1/9)

°

(Anne v. D.)

sur ses paupières fermées
danse la lumière –
dernière demeure

(31/8/09)

belle-sœur
incinérée –
pleine lune de septembre

(1/9/9)

°

écrire
c’est se vider
de mots

(3/9)

°

ses photos de femme ronde
– veille de la pleine lune

(3/4-9)

°

(« Elle accuse la quarantaine » :)

De quoi accuse-t-elle
la quarantaine ?

(b)rut de pomme…

(4/9/9)

°

elle efface
la table bouge :
encolure

(médiathèque de Reims, 5/9)

°

dans la lumière du projecteur
insectes de nuit
– fugaces lucioles

après le gazon froid des Buttes-Chaumont
le siège chaud du métro

lune ronde
et une étoile
au-dessus du Festival
de courts métrages

(5/9/9)

°

En pleine nuit
l’odeur du pain
cuit

(6/9/9)

°

(kyôku :)

le haïku, c’est la sensation
immédiate(ment) faite mots

°

groupe de Japonais
à vélo
vers le soleil couchant

(dim. 6/9, rue du Four, 75006)

°

au pied de son poteau
sa bière,
sa flaque

(Reims, 7/9)

°

Le choix de :
travailler peu
gagner peu
dépenser peu
– avoir (/ prendre) le temps de vivre ( à sa guise )

°

la naphtaline
roule son parfum
permanentement

trouverture

kidordi / Qui-dordi…

sur le toit
une tuile de traviole :
9 / 9 / 9

il est midi
/ minuit
moins deux secondes,
à toutes les pendules du RER

son regard aiguisé au point
où n’avoir à caresser les femmes
que des yeux…

sur le quai
étendu
sous une couverture
de survie dorée
des pompiers tout autour
et une perfusion
que l’un
debout
tient

(9/9/9)

°

(Bashôtage au burin urbain :)

brouhaha urbain –
les coups d’un burin
pénètrent la pierre

l’ombre
traverse l’allée
la feuille
se pose

(→ 10/9/9)

°

regret ? (1) – tanka :

sur le quai
la belle jeune femme
a passé —
sa trace ici
comme à regret

(9/9/9)

°

« La vierge et l’enfant » :

l’œuvre pie
de Marie °
déboutonnée
par Jean Fouquet
à Loches

° = Agnès Sorel

(début août – 10/9)

(Auto-école :)

entre ses seins sa cein-
ture de sécurité :
jeune conductrice
arrêtée au feu

(Sèvres, 10/9/9)

°

sur ses carreaux
les gouttes
de nombreuses pluies

ses gouttes séchées
salissent le dehors …
septembre gris

(9/9/9, 50 rue de Meaux, 75019)

°

(senryû par France-Culture (?) :)

Depuis que N.S. a été élu,
la situation
Empire

(10/9/9 : M. Lévy et Laure Adler)

°

(kyôbun a minima :)

le rideau d’en face
s’écarte

: écrire
le rideau d’en face…

: tout ce que révèle
– en s’écartant –
le rideau d’en face

: tout ce que dévoile
le rideau d’en face

°
tanku (= tanka court) :

son reflet
dans la vitre
et pfui !

(11/9)

°

la branche de l’arbre
descend en spirale
vers les pigeons
sur le gazon

(sq. des Batignolles, 11/9)

°

Un idéal : la
TRANSPARENCRE

= haïku(/kyôku) d’un (seul) mot !

(–> 11/9)

°

Préparer
– activement –
sa retraite :

Far niente

Prenez un paquet de gâteaux
quelque(s) livre(s)
le banc d’un parc
un jour de soleil *

Laissez passer le temps
comme ces pigeons
installés dans le gazon

– feuilletez le temps –

Des feuilles tournent
dans le cours d’eau
descendent d’un côté
remontent de l’autre
en lent ballet paisible

( le « sourire du Tao » ?)

* un jou(i)r de soleil (?)

(11 septembre 09)

°

la queue de la pie
qui vient picorer l’eau,
puis un pigeon


(ceci n’est pas un haïku au pigeon :)

ce pigeon
dans le gazon
couve le temps

(pie et cygne :)

cette pie
descend sur ses roulettes
boire au bassin

le cygne noir
mine de rien
patrouille

(ceci est un haïku gris :)

sur la tête
du vautour gris
un pigeon gris

( : square des Batignolles, 11/9/9 – Au milieu du bassin, une statue de vautours dérisoires : proie d’oiseaux vifs…)

(onze septembres :)

11 septembre
feuilles et plumes
sur le bassin

des canards
jouent les sous-marins
midi onze septembre

onze septembre
une feuille
sur l’eau
se pose

jeans, chemisette et chaussures de ville,
il jogge
– 13 heures, 11 septembre

°

Redécouvrir
ce 11 septembre *
que les Américains
ont recouvert
du leur

* coup d’état militaire au Chili, le 11/9/1973, qui renversa Salvador Allende,
avec l’aide (jamais démontrée, selon Wikipédia) de la C.I.A.

aujourd’hui
le leurre
de leur
onze septembre

aujourd’hui
mon fils
à Ground Zero

(11/9/09)

°

Dobranoc *
lui souhaita-t-elle
sur son écran
Il éteignit.

* = Bonne nuit ! (Pol.)

°

Kukaï au parc :
du soleil à l’ombre
puis
de l’ombre au soleil

kukaï sur la pelouse :
il écrit
le cul en l’air

Après-kukaï (à Gwenaëlle) :

coucher de soleil :
des perles de bière
dans sa moustache

(Buttes Chaumont, 12/13-9)

°

Au kukaï de Paris, aux Buttes Chaumont, le 12/9/9, J.A.(le président) a pris un bide : 3 haïkus, 0 voix.

°

six mesures de levain
un orage se prépare

°
(rêve :)

quand je montre mon chien
je suis mon chien ;
quand je mange mon chien
je suis mon homme

Ce qui sort de moi
paraît étrange ;
et justement parce que ça (me) paraît étrange,
je le sors de moi.

°

chapelet de colombes
sur les toits du dimanche
matin

Ides de septembre –
le soleil couchant
sur l’emballage du pain d’épice

le sable
qui dérobe son assise
sous votre pied…

(11-13/9)

°

il pisse sur sa peinture
nu
sous la pluie

(13/9/9 : d’une scène du film de Philippe Fernandez :
« Léger tremblement du paysage ».)

°

cataracte –
après l’implant :
les lucioles noires

(14/9)

°

(square René-Viviani, attenant à
St-Julien-le-pauvre :)

pour contenir le tronc
du robinier quadri-centenaire
un contre-tronc de ciment

(75005, 15/9)

°

gros titre d’un quotidien parisien :
 » grippe A, le décès
qui change  » toux !

gros titre rémois :
 » Patinoire sur le parvis :
L’église dit non  »

°

Jouissance :
étaler le temps,
espacer

espacer –
laisse passer !

°

Persévérer – (kyôku à la mer :)

Prenez exemple sur la mer :
polissez votre
haïku

(16/9)

°

(sur le haïku :)

Une amie proche ( a.) me dit que si son haïku est « raté », c’est qu’elle n’a pas su « voir » correctement la « scène-haïku ».
Pour ma part, je considère plutôt que l’on voit, entend, perçoit bien la scène, mais qu’on ne sait pas la mettre en mots justes – ce qui implique un travail postérieur (et acharné ?) de ré-écriture pour « coller » la langue / le langage, les mots, à la sensation vécue.

(16/9)

°

« le fond de la poésie en tant que véracité »
Kim Myong-in

« Si je parvenais à gagner la poésie en me dérobant à moi-même, qu’est-ce que cela aurait à voir avec moi ? »
Kim Myong-in,
in : Introduction à L’Accordéon de la mer, et autres poèmes. Ed. Le Temps des cerises.

°

(rêves :)

heureusement leurs rires sont liés
à l’arpège de la neige

et je n’ai pas le temps d’attendre
demain matin demain matin ses mains

S.O.B.* :

Save
Our
Bodies

Save
Our
Buddies

* To sob = pleurer à gros bouillon, sangloter.
* A sob = un sanglot
* A sob story = un « tire-larmes » (= a tear jerker ; a soap opera = un mélo.)

(17/9/9)

°

Ménage ~
ce matin
ses seins
à la corbeille

(18/9/9)

°

Kasher
son sein
que je saurais boire …

°
Le haïku était (au moins) jusqu’à l’arrivée des occidentaux au Japon (1868) égo-décentré.
C’est (toujours) le véritable esprit
du (véritable) haïku.

°

hypocrisie grippale :
ne plus se serrer la main
ne plus s’embrasser

ne plus faire l’amour
: se masturber.
: mater.

restriction croissante,
répression
des libertés individuelles

rire
de leur crise
pruritaine

Arrêtons leur cinéma !

L’hypocrise (financière)

Ingérence(s) croissante(s)
dans nos vies
privées
de plus en plus
/ de tout

Aux chiottes
leurs mots d’ordre
et de salubrité !

Faire peur au(x) peuple(s) :
leur mot(t)o –
pour asseoir
leurs pets d’échap/pement /pétoire /patoire

°

(kyôku :)

a)
Plus les mots sont polysèmes,
moins besoin d’en employer !

b)
plus les mots polysèment
moins il en faut !

°

(Certains, autour, à côté du haïku :)
À défaut d’en sentir l’esprit, ils n’en captent que la forme… et sont simplement « à côté de la plaque ».

°

Un mauvais traducteur est-il un trouducteur ?

°

Un haïku 5/7/5
c’est un haïku
qui ne sait pas se détacher
/ qui ne s’est pas détaché
du moule japonais.

°

minimalistes : haïcou-courts

°

(Senryû :)

Journée du patrimoine :
Il va voir sa grand-mère

°

(senryû :)

France 2007 :
36 millions de porteurs de lunettes.

La France ne voit pas clair :
elle élit n’importe qui.

°

(Paris-Trouville) :

Li-
plein les
sieux *

* par où l’on passe, célèbre pour sa basilique que l’on ne peut que voir lors de l’arrêt du train en gare, avant de continuer vers Trouville-Deauville.

Trouver Trouville –
Dove ° Deauville ?

°°°

UN JOUR À DEAUVILLE :

dès la gare :
l’iode
les mouettes

fond d’écrin :
des cris
de mouettes

°

de mouette
une plume
sur le trottoir

°

Elvis
amarré
devant le casino

le cri répété d’une mouette,
les roues d’une voiture

le grincement d’une balançoire,
les mouettes

Lissant un peu plus
les planches de Trouville —
Caillebotte *

* auteur d’une peinture (célèbre) qui montre le travail de rabotage d’un parquet par plusieurs raboteurs

au fond du lavabo
des toilettes publiques
un dépôt de sable

(un) quatuor
acrobatique
de cerfs-volants :

cerfs-volants –
une grue
au-dessus de la ville

quatre cerfs-volants
se suivent
et se ressemblent…

quatuor
de cerfs-volants
en tir/e-groupé

Fascinating rhythms *
du quatuor
de cerfs-volants

* nom (mais au singulier) d’un fort célèbre standard de jazz, joué, entre autres, par Yehudi Menuhin et Stéphane Grapelli.

les entrechats
du quatuor de cerfs-volants ;

en marge d’une affiche de Savignac :
LES 4 CHATS
TROUVILLE SUR MER

D’un côté quatre cerfs-volants
de l’autre quatre maîtres

quatre cerfs-volants groupés
quatre maîtres groupés

ballet aérien :
quatuor d’ailes
domptées

d’un côté
quatuor de cerfs-volants
de l’autre
colonie de mouettes

(ceci n’est pas un haïku :)

quelques mouettes
applaudissent la régate
dans un soleil brumeux

(un) papillon de septembre
le long des planches *
de Trouville

* « promenade le long de la mer, à Deauville et à Trouville, immortalisée par Claude Lelouch dans son film « Un homme et une femme » !

la mémoire,
(elle est) comme un océan sans fin
qui te remplit les poches

(: ça non plus n’est pas un haïku !)

à l’ombre du muret
sieste sur Trouville

la sieste
à l’ombre des mouettes –
samedi, Trouville

vivre
libre
vibre

appel sporadique
d’une mère sur la plage
le soleil se couvre

maillot mis à sécher
sur la rampe d’un escalier –
une mouche pressée

écho lointain
d’une dispute –
tonnerre au fond du ciel

vague dispute –

la mer au loin

la balle au bond
où sont les chiens ?

pissant sous l’escalier
un avion passe

trois cerfs
qui s’envolent
– la fin de l’été

retour vers la civilisation
et ses trop (haut) parleurs

marche tranquille
des oiseaux
dans le sable bas

en dernier :
coquillages
et l’instructrice de chi-kong

sous leur étreinte allongée
son string noir

le soleil couchant
sur ses pieds :
grains de sable

(retour en train)

de ses chaussettes retournées
les grains de sable
sautent

°

parti à la mer –
fait un plein de mots
à trier …

°

des mouvements de sa main
pour ventiler son vernis –
soir de septembre

les décolletés bientôt
vont plonger dans l’hiver –
pommes d’automne

(19/9)

°
quelques kyôkus – et autres :

un haïku 5/7/5
c’est un haïku

qui ne s’est pas détaché
du “moule” japonais

ce bien vieux 5/7/5…
Est-il utile ?
Est-il pertinent en français ?

°

Ils savent du souffle

(du seul souffle, comme de l’unique trait de pinceau ?)

ce qu’on leur en a dit…
guère plus, à ce qu’il semble,
singes savants (?) qui répètent à l’envi leur leçon…

Cela leur suffit-il ?
Expérimenter ?
Ô Rimbaud, la peur de l’inconnu (!) les fige (!) les momifie !

Ils ont le moule. Surtout ne pas le casser ! Il n’y aurait plus jamais de gâteaux !
Ô peureux, Ô figés du haïku, restez dans vos momies,
dans vos chambres sacrées, dans vos tombeaux pyramidaux !

– De l’air, de l’air, de l’air !

(19/9)

°

(à la ramasse :)

du pommier
en gare de Deauville
mes emplettes

°

ce soir :
jus frais
du pommier
de la gare de Deauville

°

ce soir
du caniveau :
mon marché de pêches

(Compotes en vue !)

(19-20/9)

un canard dit au-revoir au soir –
jardin public

un couteau
oublié dans le sac :
écrasé

burqa,
masque anti-grippe :
même combat !

suicides au travail :
cadenciel enfer

suicides
en prison :

l’enfer
en tôle

(20/9)

°

bouclée
derrière ses barreaux
: la Jeanneke Pis *

La Jeanneke Pis
n’a que 24 ans –
Elle est déjà
sous le verrou

Il (/Elle ?) pisse sa Pils

* : Bruxelles

°

tous les matins
le bouclier de ton sein
me désarme

toutes ces arabesques
sur sa main :
la fin du ramadan

sieste aux Buttes –
une corneille
par-dessus l’orchestre

consignes
signes cons

le paysage en pente
commence à prendre couleurs
demain l’automne

(Avenay)

veille de l’automne
long embrasement du ciel
en apéritif

(Reims, 21/9)

*
« des miettes sur la table /
ton pain dévoré. »

: M-A. (21/9/09)

°

l’odeur du pain
la pleine nuit

°

la gueule du four
la pleine nuit

(25/9/09)

°

dans le haïku
le je
n’est que décor,

participant dilué
dans le paysage

Le haïku n’est pas écriture du « je »
Mais écriture du monde
(dont l’homme n’est que bulle en surface, témoin modeste…)

Plus tu disparais,
plus le monde est grand

plus tu es petit
dans le haïku,
plus il a de place

plus l’auteur prend de place,
moins son haïku est intéressant

Plus tu prends de place dans ton haïku,
moins il en reste
pour ce qui importe !

(23/9)

°

haïku
trace
qui passe
se pose
ne pèse

trop rapide
pour être compliqué

sans réfléchir :
martiale attaque ou riposte,
spontané.

*

haïku
d’un seul trait (d’encre),
d’un seul élan
haïku vif

semblable en cela
à l’écriture automatique
des surréalistes,
celle du haïjin…

haïku jet d’encre
d’un unique coup de mots
: l’idéal – haïku

haïku d’un seul coup

(23/9)

°

Dans le haïku,
essaie d’estomper
au possible
ce soi
s’insinuant sans cesse !

°

du haïku
le soi banni…

du haïku
le soi haï ( ? )

(27/9)

°

« anti-crise sandwich
2 euros »

(rue d’Amsterdam)

(gros titre :)

« Le palmarès
des hôpitaux »
!!!!!

musicien de métro :
sa flûte dans un sac
Leader Price

(22/9/09)

°

(S.S.S.) :

Suppression de la CNDS (Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité) =

Impunité
Police :
100 pour sang !

(23/9)

ceux qui nous voilent la face
ont quelque chose à cacher…

(Dé)voiler la farce ?…

(26/9/09)

°

(S.S.S.) :

Le moi est un tyran
(domestique / ou pas)

Regardez le MoiJe
qui nous gouverne ! :

une telle (t)erreur de casting !

(23/9)

°

La forme 5/7/5 (du haïku) me paraît généralement artificielle, contrainte (/ contraignante). *
Or le haïku – bien que certains aient beaucoup de mal avec (cette notion) ! – est / doit être / rester aussi naturel que possible.
Écrivez donc vos haïkus LIBREMENT. Ils n’en auront que plus de fraîcheur, de souplesse, de spontanéité, de force !

* C’est pour moi un jeu inutile et stérile.

La forme, au fond, on s’en fout ! (pourvu qu’elle colle au (rythme du) sens !)

Tout dépend de ce que tu mets dans ton poème :
des mots
ou
du sens

 » Faire  » du 5/7/5 (pur et dur) c’est – surtout – se mettre des bâtons dans les pieds

(25/9)

°

un haïku
rapide, direct,
d’un seul trait d’esprit,
de plume,
oiseau qui traverse le blanc
et disparaît

(d’après M-A. D.)

Fulguraïku,
un haïku désintellectualisé
(/non intellectualisé, sans réfléchir)
direct, rapide,
immédiat…

(27/9)

°

dire ce qui est
et que les mots s’effacent

(d’après Alix Helme-Guizon)

(22/9)

°

Bien sûr que le « je » est sous-jacent (dans la plupart des cas), et qu’il est « traduit / transcrit » du japonais (cf Bashô The Complete haiku par Jane Reichhold (Ed Kodansha) où l’on trouve un certain nombre (limité, il va sans dire) de pronoms personnels (traduits) de la 1° personne.
Il doit rester discret au possible et ne pas être mis devant, au centre, etc.

Tout un recueil en 5/7/5 ?
J’ai bien peur de finir par m’y ennuyer, malgré toute les qualités d’écriture et le talent de l’auteur(e), à cause de la monotonie de la répétition du même rythme – fût-il impair, il finit par ronronner de systématisme ! – de son systématisme donc. (De la même manière qu’à l’école finissaient par me bercer et m’endormir les sonnets sur les vagues de leurs alexandrins…)
Chaque poème dit quelque chose de différent. Il devrait le dire différemment à chaque fois, à ce qu’il me semble (voir le fameux poème de Guillevic :

Le poème :

Un contenant
Qui trouve sa forme

Au fur et à mesure
Qu’il se remplit

: Guillevic, Art Poétique, Gallimard 1989, p. 125.)

°

le haïku
trouve sa forme
entre trop
et pas assez

= trouver « le point H(aïku) » !

°

mouche d’automne
en vol silencieux
dans la chambre

(24/9)

°

cruchifié… :
une histoire à la Perrette
et à son pot cassé ?…

entre la merde
et l’urine :
le nouveau né.

(cf Cécile Guilbert, in Sans Entraves et sans temps morts, NRF Gallimard, p.267)

toutes télévisions éteintes,
la nappe de la nuit

°

courir à côté du train :
les rires de l’enfant

(gare de Lyon, 27/9)

°

(S.S.S. :)

« Liberté, Égalité, Fraternité » :
le drapeau de chagrin
rongé 4 à 4
par Sarko
et (ses) boys

croisé dans la rue
une refaite …
: seins et face

(Place de Clichy, 29/9)

°

une femme de méninges…

°°°

Projet érotique 1/4

18 avril 2010

(68) EROS PY

°°°°°°°

ventre arrondi :
du col de son manteau
la tête d’un chat

*
vallons des vignes champenoises –
à mon côté
une femme enceinte

*
le train tourne
lentement
le soleil
la révèle

*
train du matin –
le soleil le long
de son buste

*
nuit d’amour
la pleine lune
change de fenêtre

*
gothique
à taille de guêpe –
le rouge de ses paupières

*
sur les pavés du Pont Royal
son petit cul tremble à vélo —
fin juillet

*
belle
elle bâille
moins belle

*
l’élégante
au bord du trottoir crache
et descend dans le métro

*
croisant ses mots
et ses jambes –
banc de métro

*
bas quadrillés
sur ses belles cuisses
– sudoku ?

*
fesses rebondissantes :
un string
– ou rien

*
répétiton d’orchestre
l’altiste se penche :
string

*
le slip rouge
de la violoncelliste
– concert à Luçon

*
noir à fleurs bleues
le slip de l’altiste
– Shostakovitch

*
elle tire son archet
son bras révèle
la pointe de son sein

*
heureuse
de faire sauter ses seins
à notre vue
elle aborde le métro

*
elle arrive dans le métro
Boum ses seins ! –
elle s’assoit

*
« shop » sur son sein gauche
et je n’en sus pas plus
– soir de métro

*
parfum dans l’escalier
les marches du soir
plus légères

*
tissu soyeux
où sa hanche lisse glisse …
métro du matin

*
son bras à peine
frotte le mien –
tissus de juin

*
doigts longs et fins
posés sur le bar –
elle finit sa bière

*
une fine longue blonde
passe dans la rue
fine longue blonde

*
de son sein droit
deux ailes s’élèvent
– bus 66

*
sans fin sans cesse
passent
cent seins cent fesses

*
juste avant de traverser
la bretelle de son soutien-peu
glisse

*
le V de son jean
m’invitant ?

*
décolleté en W
cœur à l’envers

*
dans son décolleté
plongeant
– me noyant

*
l’écran plat
la fille en relief

*
à la librairie
revenant humer son parfum
rayon poésie

*
ses taches de rousseur
jusqu’où
– sur tout son corps ?

*
accroupie devant l’héliogravure :
le V profond
de son string

*
à l’exposition des Pointillistes,
les pointes de ses seins

*
dans les motifs de ton haut,
tes seins
en filigrane

*
de ses seins
elle joue :
Bar des Sports

*
pour la barmaid
j’entrai dans le bar
– cacahuètes

*
« vagues sans fin », lis-je
en voyant son cul
s’éloigner

*
sa queue de cheval
à droite, à gauche
– octobre

*
vers le haut puis vers le bas
puis vers le haut :
les seins de la boiteuse

*
dans la rue
rencontré
une femme baguée

*
Beauté voilée
au volant
d’une Porsche rouge

( : d’après Salim Bellen )

*
jeune fille au top léger –
les fruits ronds de son sac plastique

*
décolletés précoces
fruits déjà murs
d’avril

*
le vent
retrousse sa jupe –
sa main en feuille

*
mannequins en dessous fins –
la neige sur la haie

*
la chaleur de ta bouche
dehors la neige

*
je frissonne sous ta langue –
dehors la neige

*
dans sa blouse rose
et son sourire chaud…
« rêvons, c’est l’heure »

*
au coin de sa bouche
elle enfonce un crayon
– un tiers novembre

*
la lunette
des toilettes
sous ses fesses
elle lit

*
je me couche dans ton lit
je me lève dans ta bouche

*
midi pile –
ta bouche
sur mon sexe

*
le toucher
de tes cheveux
en haut de mes cuisses

*
suçant mon sexe
tu penses aux poireaux
restés dans la cocotte

*
sur mon sexe
tu gobes le soleil –
tilleuls en fleur

*
ta main gauche
sur mon sexe droit
– giboulée d’avril

*
nuit d’hôtel –
seul au lit avec
les Courtisanes du Japon

*
à l’entrée
du Musée de l’Érotisme :
AIR CON

*
Lu
sur sa porte :
« je suis ouverte »

*
sur son fessier blanc
ce mot :
OKAY

*
« J’ADORE »
disait le devant
de son top généreux
– soleil de mars

*
sur son t-shirt
ne pas oser tout lire
– soleil de fin mars

*
sur son t-shirt
un « KISS » remuant –

*
entre omoplate et bretelle
un dauphin saute

*
au-dessus de son string
deux ailes s’envolent
dernier jour d’août

*
sur une belle femme
faisant un tour complet
– dernier jour d’août

°°°°

© Daniel Py, Paris, oct.- 08.

Contre les pseudos…

9 avril 2010

Contre les pseudos qui fleurissent (un peu partout ?) sur les listes internet ( = pour échapper aux yeux malveillants de tous les big brothers and sisters ?) :

°

ceux qui ne se mouillent pas
ceux qui font semblant
ceux qui pseudo-ïsent…

°

Je considère que les pseudos sont des « taupes ». Je n’ai pas d’atomes crochus avec les « taupes ».

°

D’ailleurs, il peut tout à fait y avoir retournement, et que ces « taupes » deviennent ces big brothers and sisters qui vous/nous épient de derrière leurs masques incogniti !

°

Le top de la taupe :
ce monticule
à pieds joints !

°°

d.(9/4/10)

Le haïku (« à message ») érotique = un senryû érotique

8 avril 2010

Ceci est la copie de deux messages postés conjointement sur la liste lehaikuerotique :
http://fr.groups.yahoo.com/group/lehaikuerotique

°°

Avez-vous lu l’article de S. Tomé « Le haïku à message » dans la revue 575
( http://575.tempslibres.org ), où il écrit :

 » Le « haïku » à message est tout autre. On pourrait dire qu’ici, l’intention
précède l’action. J’ai quelque chose à dire, à exprimer. Je le mets en forme de
haïku pour bénéficier de l’efficacité de la forme.

Cette technique est largement utilisée en action politique, commentaire
d’actualités, mais aussi dans le haïku érotique. Elle produit des résultats
médiocres parce que l’auteur est pressé de « délivrer son message », de « dire ce
qu’il veut dire ». Cela a tellement occupé son esprit lors de la rédaction que
l’on ne voit plus que cela. Le reste est « habillement », un pauvre vêtement vite
jeté sur le message afin de lui donner l’aspect requis. Car c’est une technique
bien difficile que de vouloir dire quelque chose en ne le disant pas… Il
arrive même des cas où l’auteur en rajoute en disant explicitement ce que le
lecteur doit comprendre. On ne sait jamais, si celui-ci ne saisissait bien… »

°°

Ceci m’invite à cette question :

– Pensez-vous que le « haïku érotique » veut « dire quelque chose en ne le disant
pas », ou bien, au contraire, qu’il dise bien ce qu’il veut dire, et se rapproche
ainsi plus du senryû – qui « raconte » souvent une histoire – que du « haïku » ?

ex. :

Se perçant l’une l’autre
ah, je meurs, je meurs ! s’écrient
les dames du palais
(p.59)

°

Chaque fois qu’elle en change
les prend de plus en plus gros
la dame du palais
(p.52)

°

Les dames du palais
absorbent des choses qui ne
gonflent pas le ventre
(p.51)

°

Si c’est le même prix
je prends le plus épais, dit
la dame du palais
(p.53)

°

La dame du palais
accélérant du talon
entre dans l’extase
(p.56)

(tous extraits de Haïku Érotiques, Éd. Picquier, 1996)

°

: On y voit bien que tout est dit, (au contraire), et « dit bien ce qu’il veut
dire » ! et ne cache rien !

Optons donc plutôt pour « Senryû érotique » : nous serons plus proches de la
vérité (que) du « haïku érotique » !

°°°

Ceci fait suite à mon questionnement à propos de l’article de S.Tomé « Le haïku à message » (précédemment cité) :

Dans la préface de Haiku Érotiques
(traduits et présentés par Jean Cholley), Picquier, 1996,
J.C. nous parle de Karai Masamichi Hachiemon dit Senryû (1718-1790) qui devient maître de poésie en 1757, et juge de « maekuzuke » (« poème-réponse à un sujet ») selon 3 catégories :
– les poèmes qui traitaient de nobles sujets tels que la patrie, le devoir individuel et social, l’esprit de sacrifice, etc. (peu de succès)
– les poèmes qui traitaient de la vie quotidienne dans tous ses aspects (les plus nombreux)
– les poèmes consacrés à des considérations érotiques.

Quelle était la nature de ces poèmes, que nous appellerons désormais senryû  »

nous précise Jean Cholley (p.16). Nous y voilà donc bien : il s’agit plus de ranger ces poèmes dans la catégorie senryû que dans la catégorie haïku !

Et donc la réponse de J.C. à sa question vient ainsi :

 » La vie des voisins peut certes fournir matière à littérature, mais on n’en est jamais aussi certain que de la sienne propre, et la vie conjugale – en particulier – est ainsi l’un des deux thèmes de prédilection des auteurs, le deuxième traitant des courtisanes de Yoshiwara et autres lieux de plaisir.  »
 » La coutume s’est d’elle-même établie de placer en séries parallèles les thèmes « maris – amants – bonnes de maison – courtisanes ».  »

 » Les espiègles pratiques des dames du palais sont l’avancée poétique du senryû dans le domaine de la fantasmagorie. »
(p.20)

°

Si l’on vous parle de « haïku érotique », n’hésitez pas à répondre dorénavant (et à plus juste titre) : « senryû érotique » !

Bien à vous,

daniel

Haïkus … de Py, février 2010

7 mars 2010

°

(tanka m-a) :

crétin sentimental :
chaque fois
que je prends
ton livre,
je l’embrasse

(1/2)

°

olisbos,
bel os lisse

°

(Une petite famille : )

Carla Bruti
Et
Nicolas Bruti

(3/2)

°

les si grands ciseaux
de grand-père
pour découper les cuirs

dans un pot
(de fleurs)
la neige

ailes précipitées
des pigeons :
la grêle

Ah,
le goût des premières blondes…
– vite dissipé(es) ?

(10/2)

°

Les mannequins
pour opticiens :
afin que l’on voie mieux
leurs seins ?

Théâtre de Guignol –
des bancs blancs
gouttent
au soleil

l’homme
au corbeau dans la neige :
« bonjour mon pote ! »

(Buttes-Chaumont, 14/2/10)

carnaval
un cheval
s’envole

(défilé de l’)Année du Tigre :

au ciel
un cheval
s’envole.

de l’arbre
s’envole
un coeur rouge –
St Valentin

°

je la vois
de face
et lis :
 » voir profil  »
– Est-ce bien utile ?

°

sur mon lit
un confetti :
l’année du tigre

lendemain du défilé :
de la poche du sac
des confetti
s’échappent

lendemain du défilé :
de ma poche
deux confetti s’échappent

Chi-kong au parc –
trois gouttes de son nez
à intervalles

graviers
leurs ombres longues –
Qi-Gong au parc

(Square L. Serpollet, 15/2/10)

°

elle m’écrit :
 » je ne croiX pas !  »

(15/2/10)

°

au fond du bus
trois passagers
dans leurs bouquins
– embouteillage

(L.66, 16/2/10)

°

rue bruyante –
derrière la vitre
un homme remue un archet
sur un violon

(rue de Rome, 17/2)

La Pivellina –
une femme à la chevelure rouge
ouvre une boîte aux lettres verte

(17/2)

°

J + 5
: de son sac
encore
quelques confetti

profitant plus longtemps
de ses cuisses au soleil
– arrêt du bus 19
février

« Elle est déjà chez Orange,
maman ! »
dans son sac, une clémentine.

(Vitry s/Seine, 19/2)

°

la pluie
de plus en plus blanche
– le cri d’un corbeau

(rue des Meuniers, 75012, 20/2)

°

sortant du conservatoire
ce soir
un air
de douceur
pré-printanière

(22/2)

°

un éléphant
rose et blanc
sa trompe
contre le trottoir
– février humide

wu-ji au parc :
fines aiguilles de pluie
et pépiements d’oiseaux

_

Qigong abrité
sous le kiosque à musique

le ballon rouge
coincé en haut de l’arbre :
en quelle saison
tombera-t-il ?

23/2

°

L’éclair scie
Un pan de cie
L
Pan !

( J’attends l’arcan
ge)

°
(kyôkus – bashôtages – onomato-ku(s):)

un godillot
dans l’o :
plouf !

un pavé
dans l’amarre :
chboïng !

°

admirant la souplesse
du grand cèdre
dans le grand vent
(- fin février)

(27/2)

se préparer à partir, (nu)
faire le vide,
éliminer (le superflu)…

« Votre cadeau d’adieu devrait être la liberté. »

D. Loreau, L’Art de l’essentiel, J’ai Lu, 9051, 2008, p.242.

le palmier
à ras-terre
aussi pitoyable
que l’albatros
de Beaudelaire

la mannequin
de Lise Ducharme
mmmh !
: appel de la langue

(Millau, 27/2)

sous le gris noir du ciel
le rose des murs
plus intense

gestes de mère en son lit
– le grand vent dehors

une pie
et une perdrix ( ?)
dans le champ
vers le grand pont
(de béton)

(27/2, Millau)

°

soulevant parfois
un grand pan d’au-delà
: ronflement

bientôt 90 ans,
les ronflements de mère

°°

un bonjour retentit
dans le couloir
porte qui claque

(Foyer Soleil, 28/2)

(Kyôbun / haïbun à la porte qui claque :)

un bonjour retentit
dans le couloir
porte qui claque

Haïku(s) :
Miette(s) de vie.

°°

Mars giboule …

(28/2)

°

les tic-tac du réveil
plus rapides que
le cœur dans l’oreille

– essai de sieste

parlant chi-kong
son téton bande

le palmier à ras terre :
queue de paon
piteuse

« merveilleuse »
« MERVEILLEUSE ! »
souffle-t-elle à la télé
(dimanche soir)

roulement de moteur
des ours à la tétée

(FR 5, 28/2)

°

Pleine lune
Il touche son ventre

(bus Millau-Rodez, 28/2)

°

Haïkus … de Py – oct. 09

23 février 2010

°°°
(kyôbun :)

Passage Dieu
une fille
téléphone

: Mettre en contact –
Espérer l’étincelle

/ Espérer que le contact se fasse,
que l’étincelle jaillisse

°
(Jog du jour :)

dès le début d’octobre
balayeurs
de feuilles rousses

« Célesta, tu rentres
ou je te mets dans la poussette !…
un … deux … »

bain de siège des pigeons
dans une retenue d’eau
du square

Fin de jog –
en haut de l’escalier
mes pieds
mordent les marches

(2/10/09)

°

Porter un haïku
/ Porter des haïkus

Il lui porta un haïku
mortel
en tête…

°

(dieu est loin
j’écris
pour rapprocher les distances)

Sous Sarko
la France :
de plus en plus de mal à l’aimer

°

vanne de caniveau :
les pigeons s’en donnent
à corps-joie

Plus le « je » s’efface
Plus il s’universalise

Bon diamanche !

Il a de la témérité = il est témérite !

soleil –
la rue tourne

qu’il est coloré
le lierre
en haut du mur du cimetière !

°

Le haïku
(-zen) : idéalement
simple, concret, spontané.

(3/10/09)

°

de leur fenêtre
les pigeons
regardent
parfois
les gens
chez eux

arrêt du bus –
les mouvements de sa main
pour ventiler son vernis

(19-9/4-10)

°

première pluie d’octobre
il secoue la salade
de son parapluie
– métro

°

La volupté des lents voyages…

dans le compartiment du train, vide, que j’élis, je pénètre, ferme les rideaux donnant sur le couloir, relève les accoudoirs, prépare à une extrémité un oreiller fait de mon sac à dos, de ma veste, retire mes chaussures, prends un livre, un carnet, de quoi souligner, de quoi écrire, puis m’allonge et entreprends de lire, d’écrire ou de dormir

Ah, la volupté des lents voyages !

Le paysage et la pluie filaient de chaque côté
Il était (allongé) au milieu du temps
et ne bougeait guère
(// que pour sentir autour de lui l’agitaion qui secouait
le train du monde
Il ferma les yeux
et se reporta
des kilomètres plus tard,
frais,
disposé,

paresseureux.

(5/10)

allongé –
le train arrive à Dormans

temps humide –
dans le train
bébé chouine *

* gniarde

°

grignotant son pain en rond –
pleine lune

(5/10/09)

°

le moi de la mode
ou
la mode du moi ?

°

rue du Jour *
à la tombée de la nuit
, doux octobre

(6/10) * 75001.

°

Penchez-vous un peu,
Anges de la béatitude universelle !

°

(Dialogue :)

À John Hendricks (88 ans), chanteur Afro-Américain de jazz :
– J’ai une question … stupide… à vous poser
J.H. :
– Ne vous inquiétez pas, nous avons aussi tout un tas de réponses idiotes possibles !

(Cinéma Le Balzac, 75008, le 4/10/09)

(8/10)

°

(Mot de saison /)
Mot de seize ans

°

Un canard s’ébat des ailes
au-dessus du plan d’eau
– octobre radieux

dur de s’alléger :
tours répétés du parc,
souvent

à côté de la rue de mes Pompes…

(8/10)

°

Laurent lut à travers la ville
: première ligne d’un texte à
débiter le plus vite possible ou
presque pour un happening
demain dans mon rêve : un bloc
compact et carré dont je ne re-
transmets ici que la forme de
cube où le hasard est ambolie
définitivement stoppé(e) net ici

(9/10/9)

Asseyons-nous à
la table de je, et é-
crivons des moïkus !

Mortefeuille

La pluie
va passer la nuit
à sa fenêtre
(ou pas)
éteinte
et doucement
assourdie…

il éteignit,
laissant la pluie jouer
sa partition
à la fenêtre
dans la nuit de vendredi
à samedi

du haut de l’invention du vacarme

(9/10)

°

(Le Va-t-en-guerre :)

Attention !
L’homoncule est dangereux !
Ce petit représidentant du commerce nucléaire
avec tous ses déchets
pour des milliers d’années
damnées !

(Naboléon S. tressé)

cette « journaliste » :

lèche-bittines ?

(Contre-proposition :)

Avoir réussi
pour un homme de 50 ans
(ou de n’importe quel âge d’ailleurs),
c’est
de ne pas avoir de montre.

°

la fin des tongs
au fond d’étang

(cf Buson…(?))

°

(d’après Gilles Brulet :)

la vieille
à son volet :
ZZZZ

(10/09)

°

champignons poussant
sur les façades :
la réception du monde ?

de :  » Casablanca ville moderne « , vidéo de Sébastien Verkindere (1976-2008)

corbeaux volant
au-dessus du terrain de sport
– les Murs de la prison

de :  » Car tu porteras mon nom « , vidéo de Sébastien Verkindere (1976-2008)

(10/10)

°

un sherpa
utilise-t-il
une serpe
une hache
une perche
une harpe
un pare-chemin
pas chers ?

°

(kyôbun :)

Le meilleur haïku
ne serait-il pas celui qui vous échappe ?

(sans que vous y ayez eu « conscience » véritable ?), sans contrôle (« intellectuel »), spontané, direct, « inconscient », donc !… ;
sans retouche, tranchant,

Soyez vide
et les mots viennent
– faire un haïku …

(parfois)

°

Obama
Nobel Price for
Peace in Afghanistan ?

Obama
Prix Nobel de la
Paix en Afghanistan ?

°

le moucheron
entend-il
le bruit du couvercle qui tombe
dans la cuisine ?

un chat
en rond dans
un pot de fleurs

(11/10)

°

Centre Municipal de Santé
Elsa Rustin (e ?)
Bagnolet

°

(Kyôbun :)

L’ambiguïté *, le mystère,
voilà une des facettes amusante(s) du haïku –

* causée par l’usage du participe présent, par exemple, qui parfois noie le sujet – et peut
provoquer le questionnement, l’humour
Noyer (/ diluer, délayer) le sujet (au fond) du haïku : une entreprise jubilatoire
– au contraire de le dire, l’exposer : le sous-entendre, le dissimuler : c’est plus drôle !

ce « je » qui s’efface comme le chat du Cheshire derrière son sourire (L.Carroll)

2200 mamans
au stade
de la Tétée Géante

(Charléty, le 11/10/9)

Lucifer à cheval …

°

(Kyôkus)

La Hache du haïku :
Le haïku faut qu’ça coupe !

: la césure,
le haïcou(peret)

Le kukaï :
un bon baromètre,
un galon d’essai !

°

un pan de lumière
s’est installé sur le toit,
réfléchi

matin frais d’octobre –
les canards semblent attendre longtemps
avant de se lancer à l’eau

au bout de la canne blanche
un chapelet de billes
argentées

son allure
sans son galure !…

Meeting révolutionnaire ? :
Voyageurs autour
du panneau des départs

nous ne sommes que deux
mais nous sommes très amis

(anna + d.)

salle de bains –
des feuilles de vigne
à la fenêtre

(14/10/09)

°

le dernier cycle (?) :
le cycle amen ?

°

Oser réduire : (kyôbun)

Réduire un haïku
à son strict minimum vital
c’est comme
effeuiller une fleur
pour un bouquet.

Salle de bains –
des feuilles de vigne
à la fenêtre

(15/10/09)

°

dans les sens
de plus de sens :
moins de mots

moins de mots
donnent * plus de sens
( : de directions)

* peuvent emprunter plus de directions.

S’abstenir (/s’abstraire) des verbes
(qui trop orientent).

Abrège le haïku :
Il s’élargit.

Vers le moins :
Pas un mot de trop !
Rien d’inutile !

°

Fiction :

Je l’ai rencontrée
il y a quelques semaines.
Elle est prof’ de fuck’

°

(tanku, à M-A.)

caressant
la page blanche –
pensant à toi

°

(Puisé de la marmite automatique :)

l’amitié roule dans le jardin
jusqu’à la couleur des tuiles

(Laisser venir les mots.)

°

(E.)

dans le métro
un jour (cette année) vu
une jeune femme blonde
: ce fut comme
te voir
autrefois

… lambeaux d’amours

°

Il fait bien son âge !
: trois heures

°

ce soir
un nouvel œil :
cataracte

dans sa blouse
deviner ses rondeurs
: Quinze-Vingts

°

L’Empereur :
« – Trop de notes, trop de notes, Mozart ! »
Mozart :
« – Pas une de trop, Sire ! »

°

Les amis
c’est en périphérie

Les amants
c’est au centre

qu’ils embrassent

°

(la) volupté
du pied
qui entre
dans son chausson

(16/10)

°

Manifestation agricole :
un âne
rebaptisé
« Sarkozy »

°

A-t-il imprimé
son pas dans le goudron frais
contre une engueulade ?
– trottoir parisien

°

réveil :
l’odeur du pain
tout juste cuit

°

ce rendement
qu’on nous « demande » *

: on rend,
on vomit,
on dégueule !

* / impose !

Travailler plus
pour gagner plus
vite la mort

(17/10/09)

°

verni noir
du bec aux bottines,
l’oiseau du dimanche

(Buttes-Chaumont 18/10)

°

l’OMAFAM…

°

Trouver la meilleure formule,
celle qui fait choc :
telle était sa vanité d’auteur…

°

(un Olgarythme :)

endormie nue
allongée sur la moto
à la lueur du réverbère
ses habits dans le bar
qu’elle a quittés fermé

°

coco
sur l’eau
radeau
rateau

( : sa puissance sexuelle en question …)

(19/10)

°

être accueilli chez soi
par l’odeur du pain *
– mmmh !

* aux noisettes !

°

chant de machine ce matin –
un pigeon transite
sur un toit

résection apicale :
l’école
de la dentiste

(métro – Paris)

ses jambes fines
montent jusqu’au paradis

(enthousiasme / admiration…)

les cils blancs
de la brune en noir
jusqu’à son portable…

coucou !
fit-il au pigeon
qui l’accompagna

(22/10/09)

°

Entendez-vous
Les cris de la corbeille ?

La corbeille
n’a pas pieds …

°

restaurant :
tête à tête romantique
… avec la bougie

(24/10)

°

le pain s’arrête
la nuit continue

(26/10, 4h30)

°

sur les genoux de l’homme (noir)
en fauteuil roulant
son enfant
traversent la rue

°

(Paradoxes / kyôbun :)

un haïku est riche
quand il est pauvre

Écrire en creux

°

richesses de la pauvreté
pauvreté des richesses

tout s’équilibre
et tourne …

°

On dirait que
Monsieur (de) Sarkozy
a un problème
avec la Nationalité Française

(27/10)

°

(Rendez-vous amoureux,… :)

L’imminence rose …

°

(kyôbun :)

Dans le haïku, discerner les mots « pleins » ( : lourds de sens, vivants…) des mots « creux » ( : vides de sens, morts…). (Les mots pleins sont ceux qui donnent du sens, le sens.)
Éliminer (/se passer des) les mots « creux » au possible.

°

au bout du pin
un fil
prend le soleil

the pine’s end –
a thread
catches
the sun

(Montpellier, 29/10)

°

(kyôbun :)

Si le haïku « exalte » l’asymétrie, aucun (de ses) vers n’est de longueur semblable…

°

ouvrant la fenêtre :
accueillir le jour,
cueillir le jour

°

prenant la première vague du rêve
et me laissant bercer :
voyager loin …

(chez anna)

la flûte shakuashi
les volutes du thé *

* : masala

(30/10)

°

bande en chiant
le chien du coin
de la rue –
dernier octobre

°

embrasser
la boulangère
comme du bon pain

(31/10)

°°°

Haïkus … de Py – nov. 09

21 février 2010

°

rumnule somnole

des tuiles des toits
jusqu’à la mer

(de chez anna, Montpellier)

°°
(kyôbun(s) :)

le blanc
que je laisse
dans le haïku,
le lecteur
franchira
(ou pas)

au lecteur je trace
un embarcadère
un débarcadère

il y a un espace vide
dans le haïku
à franchir
par le lecteur

… le blanc des mots oubliés (tus, omis)

tendre au lecteur
du silence
du vide

mon haïku :
un bol
offert (tendu, présenté)
au lecteur

les mots omis
tendent
le haïkus

le haïku,
c’est une tente
montée à deux
(au moins)

Aller plus loin –
S’enfoncer dans le haïku
S’enfoncer dans le blanc du haïku

Le haïku
Est une montagne
Enneigée

le haïku
est nomade,
oui anna.

le haïku est devant soi

le haïku est le chemin
(qu’il reste à parcourir)

planter son éphémère

s’installer

repartir

débâcher de nouveau

démonter

repartir
plus loin

(avec son troupeau de mots)

le monde
quelque part
aux abords

en pointe

en intrus

(cf le film : « Le chien jaune de Mongolie.)

Au lecteur
de franchir
– ou non –
mon haïku

Mettre
le plus de vide possible
dans mon haïku.

(oublier le plus de mots
possible)

Vider mon haïku
au possible

Laver mon haïku

Décolorer mon haïku
, le délaver

, lui redonner ses couleurs d’origine :
le noir
le blanc
?
de la naissance
– et avant ?

, l’habit cent fois porté
cent fois lavé
?

( : cf : « Chant de l’habit cent fois rapiécé » de Hyegûn, p.98 de Ivresse de brumes, griserie de nuages, NRF Gallimard, Connaissance de l’Orient, 2006)

Cultiver le manque
Ouvrir (Creuser) la (une) brèche (faille) dans le haïku

Le haïku est la possibilité d’un bol

Le haïku est la possibilité de boire

Le haïku peut avoir n’importe quelle forme

Le haïku n’est pas une question de forme
(…)

– Ne manque-t-il pas quelque chose dans votre haïku ?
– Oui, il y manque ce que vous allez y mettre.

– Au travail, lecteur !

L’essentiel n’est pas de dire,
L’essentiel est de laisser la place au lecteur (de compléter)

Le haïku est une salle de cinéma vide

Offre une place à ton lecteur
(dans ton haïku)
(pour qu’il voie ton haïku…)

L’essentiel est de laisser le lecteur se placer
(Il s’agit moins de dire que de placer le lecteur en position de voir)

L’essentiel est de montrer, proposer, présenter, offrir…

(un rayon de soleil
(qui) se balade sur un fil
au gré du vent)

Tout joue :
le fil (d’araignée)
le soleil
le vent

/ un fil de soleil

Si tu (lui) mets trop de mots,
tu (lui) bouches la vue

les mots
(qui) bouchent la vue
du haïku

les nuages
bouchent la vue
du mont Fuji

(a)perce)voir
le haïku
à travers
les mots

(le soleil
à travers
les nuages)

Le haïku est là
derrière les mots

Les mots qui cachent (bouchent, obscurcissent) le haïku

(Éclaircir le haïku) ;

ces mots qui voilent (burqachent ?) le haïku

Une fois les mots-nuages dissipés,
Le soleil-haïku apparaît.

(Les mots-nuages dissipés,
la montagne-haïku apparaît)

Ôter une pièce du/au puzzle-haïku
Que le lecteur doit reconstruire

Au lecteur de lancer sa passerelle
entre les (deux) poteaux (/piliers) de ton haïku.

Omettre des mots
pour tendre un haïku

Ne pas donner toutes les clés (tous les éléments) au lecteur !

Ne pas donner la clé du haïku au lecteur

Au lecteur de tourner sa clé dans le haïku !

Au lecteur de trouver la (sa) solution du haïku

Le haïku (comme) kôan ?…

chaque lecteur trouve
(ou ne trouve pas)
sa solution au haïku

(le haïku n’est pas une femme (/ un homme ?) facile…)

Retire l’échelle qui monte au haïku ;
Retire la passerelle du haïku ;
Le lecteur lancera la sienne

Surtout ne pas tout dire
En laisser
Pour la poire…

Ton haïku soit incomplet

Le haïku c’est un mi-chemin

Le haïku, c’est un demi pas

Le haïku est une impulsion

Ne mets pas tes lunettes
Sur le nez de ton lecteur

Ne prends pas ton lecteur pour un sot

Offre à ton lecteur un saut
Dans le vide des mots

(le lecteur saute
par dessus les blancs
de ton haïku)

Crée du vide
(dans ton haïku)

(Le lecteur franchit la faille
que le haïjin a creusée
dans son haïku)

(L’essentiel étant
de laisser le lecteur
compléter le haïku)

du bout d’un pin
un fil (d’araignée)
(prend) le soleil

Creuse ton haïku ;
Laisse ton lecteur creuser

Encreuse

Les blancs
du chrysanthème

Toussaint –
Creuse
ton
haïku

Ensevelis tes mots morts

°°

dimanche dans les feuilles
joggers de la Toussaint

Jardin de paraboles – *
Dimanche de la Toussaint

°

Faire fronde

°

La Marseillaise,
cet hymne sanguinolent /
cet hymne dégoulinant

ce drapeau
trempé dans le sang du voisin,
cette exhortation au meurtre raciste !

La Marseillaise,
cette chanson
qui pue
le sang
la merde
et les tripes
bi-centenaires !

, cette chanson
qui pollue
mes oreilles
ma bouche
mon cerveau !

Touche,
Touche ton voisin
Vaincs ta peur de l’autre
Touche
Touche le monde
Touche les gens
Touchez-vous !
Tuishou !*

* : travail à deux, en taiji.

cette nuit c’était comme si
la pluie
demandait à la nuit
la permission
de tomber

(1/11)

°

Toussaint –
la nuit
la pluie
tombe

la lune presque pleine –
abcès dentaire

« Design Coiffure »
affiche :
” Spécial Femmes Pressées “

°

(kyôkus :)

condense,
écourte
:
haïku sec

le saut
dans le trou
du haïku

(2/11)

°

la pluie de novembre
les gammes de l’instrument

Tisser le fil brillant du souffle…

les bancs vides
les feuilles rousses

une mouche
traverse
la salle des pas perdus
– retard de train

…les pas éperdus… ?

une mouche
dans la salle des pas perdus
(sur) les rares voyageurs

écrire parfois trouve

les feuilles s’arrêtent (de courir) (sur le trottoir)
avant que le souffle ne les reprenne

le souffle
reprend
(les) feuilles

À bout de souffle
les feuilles s’arrêtent –
cour de la gare

le souffle
court
les feuilles
s’arrêtent

feuilles
entre deux
souffles

altern(u)ances…

les feuilles
reprennent
souffle

Remontant de Millau, la nature a des touffes de rousse, de verte, de blonde

Passant par les causses de novembres
enflammés ?
j’ouvre le livre
sur ce poème coréen :
« Terre entière changée en un monde d’argent, »
chênes jusqu’à roux
bouleaux d’or

(ciel gris
bitume gris)

encaissez la vallée…

(…)

un héron
au beau milieu de la rivière
sur une pierre
perché

(3/11)

(…)
bla-bla-blatraciens…

°

(Entièrement inspiré par ce haïku de D. Chipot : « Passage des oies / Mon voisin pourtant bavard / reste sans voix » :)

Les oies !
Le bavard
coi

(Commentaire d’i.A. : « ton mini-ku dit tout ! »)

°

Moucheron,
veux-tu quitter cette page
avant que je la tourne ?
– Prends ton temps !

°

trésors rouges
d’automne –
les arbres, loin

Clé à mobylette

le fauteuil calciné
fit ses ressorts
sous lui

: cf : Arman « Pompei’s syndrome » 1984 (fauteuil calciné, bronze)

(7/11)

°

méga-lotie
sortant de chez
« Méga-Lots » *

* magasin d’habillement, rue d’Amsterdam, 75008.

°

feuilles
et passants
dans les couloirs du métro

(14/11)

°

kit mains libres :
le téléphone
coincé
sous le voile

(métro, L.13)

métro –
un couple d’aveugles
comme s’ils se cherchaient
du regard

(a) blind couple
as if looking for (/into)
each other’s eyes

(15/11)

°

(kyôku :)

du kigo
peut me chaut
– novembre

°

ginkgo biloba
sur un trottoir de la ville
peu à peu

(Reims, 16/11/09)

°

(m)

la porosité ambiante…

quand on est aimé
on est ému …

°

petits pas préci
pités d’un bambin courant
au plafond

(18/11)

°

Imprimé
à hauteur de sa poitrine :
« Hauts de Seine »

(19/11)

°

mon voisin :
champion du lancer de pain
aux pigeons

essayant ses montures
tes yeux tombaient
forcément
(/tout naturellement)
entre ses seins

(les) boules grises
du chat
aux yeux orange

(20/11)

°

sous le haïku
de l’émotion

la prostituée :
tapine en bourg

je coupe trèfle
je coupe rose

°

levant les yeux :
une seule lune !
: nouvelles lunettes

(27/11)

°

elle s’est mise au gin
il s’est mis au gin

à quatorze heures face

°°

Haïkus … de Py – déc. 09

20 février 2010

°

ce matin
pleine lu(car)ne

(3/12/09)

°

talons
pointes
talons :
l’approche musicale
d’une belle femme

°

le blanc de
l’en-creux

la lumière
de
l’en creux

(4/12)

°

un coup de torchon,
tout le toit s’envole

(8/12)

°

Buvant à tue-tête

– je vous doigts ?

(14/12)

°

(tanku :)

réintègre mon rêve,
ô douce amie
de cette nuit !

(15-16/12)

°

ce matin
la toile d’araignée
prend la neige

(Choisy-le-Roi, 17/12/09)

°

Nuit –
les gouttes de pluie sur le toit,
le pain qui cuit

narine soulevée
par l’odeur du pain –
les gouttes de la pluie

La narine
ouverte par le pain
Les gouttes de la pluie

°

trottoirs
gadouteux :
neige et sel

°

été 2003 :
personne de vacciné
contre la canicule *

* = « 20 000 morts »

°

l’amour l’après-midi
la neige sur le toit

(18/12)

°

(D’un dernier voyage dans l’Aveyron, ceux-ci :)

traversant le pays
vers Noël,
arriver à l’idéogramme
 » neige  » *

* = pluie + main

essuyant la vitre blanche,
un sachet de sucre à la main

le pays couché sous la neige
le soleil se lève

à défaut du livre de haïkus
oublié chez soi,
en écrire un

°

cette envie du peu…
de la simplification

( : parce que compliqué, touffu d’abord…)

tous reliefs blanchis…

… les os …

« dussent blanchir mes os » … *
demain
sous la neige

* : Bashô.

°

trois chevaux
sur un champ de neige

moutons
un peu sales
sur la neige

Il fallait qu’il jouât
des mots …

(des coudes des mots…)

Maison des moins Jeunes

le soleil roule
sur le plateau (tout) blanc
– deux-tiers décembre

(les) lourdes branches blanches des sapins

les ailes de papillon
du bus sous la neige

au creux d’un tronc,
la neige blottie

petits chapeaux de neige des piquets
l’on tire une auto d’un fossé

un troupeau
au milieu d’un champ de neige
regarde passer le bus

Un point de vaches
au milieu d’un champ
de neige

La neige tout enseigne…

(19/12)

°

les feuilles glissent
sur le blanc –
21 – 12

°

je me souviens
de ta croix
entre tes seins nus
balayant ma poitrine

puis tu partis en voyage
et n’es jamais revenue

mais ta croix
et tes seins
et ton nom
oublié
se balancent encore
devant moi

ce matin de Noël

(RSA, 1974?-25/12/09)

°

deux belles femmes
l’une après l’autre
à la même table
du restaurant

°

le temps
ça va
ça vient
ça repart en arrière
ça s’élance vers demain
chronos fou

(le temps cet instable…)

°°

ce lourd silence
fin de l’an

(29/12)

°

Qu’est-ce que j’admire le plus, cette nuit :
la dernière lune de décembre
ou les nuages
qui devant elle
sans cesse fuient ?

morning of four –
for the moment
no clouds
across
full moon

tonite
I look at the moon
and I look
too
at beautiful you

le phare de la tour Eiffel
tourne dans la nuit humide

les percus de la pluie
sur la dernière nuit

caracolant
sous son caraco

dernier jour de l’année
le gris du ciel
sur les toits

le toit
du ciel
déteint

dernier soir de l’année
« la merditude des choses » *

* film de F. van Groeningen, Belgique-Pays-Bas, 2008

31 décembre
un père emmène son fils retardé
voir
« la merditude des choses » *

°

31 décembre
un sapin déjà
dans le caniveau

31 décembre,
taillant mes crayons

Creuser le sillon d’écrire…

°

passer à l’an neuf
avec un p’tit ballon orange
ramassé dans la rue

(31/12)

°

Haïkus, senryûs, etc. de Py – septembre 01

2 janvier 2010

°°

fin des vacances –
les décolletés
jettent
leurs derniers feux

à flanc de colline
des chemins blancs grimpent
– vignes de septembre

sur la vallée si plate
bandes chevelues des maïs

pas encore huit heures
à collecter les impôts
déjà affairés…

finissant sa bière
le soleil descend
derrière le toit

filets
saumon rouge
les nuages du couchant

dans le sommeil
ses lèvres se séparent…
mes mots s’y glissent

en plein nuit
lui dit
« j’aime danser dans ton ventre ! »

enroulé autour de son corps
ils regardent un monument
– Reims

diamants de pluie
serrés sur la vitre –
que le soleil éclaire

piètre jardinier :
les fleurs en plastique
de ma jardinière

°

(11/9/01)

contre le verre de plastique
les grains de sel crissent
– ablutions nasales

dans la tour
un avion en flammes
– sur ma poitrine
une araignée ?

°

a traffic sign points
« ONE WAY »
towards the clouds

poussière spiralante
le gratte-terre

un nuage s’élève
une tour s’effondre
– sunny september morning

– matin ensoleillé de septembre

sur un trottoir
tapissé de poussière
une poussette

neige de poussière
par les rues
une poussette vide

pour la cinquantième fois
un avion s’enfonce
dans une tour

°

le rouge à lèvres
sous le soleil
criait

deux bâtons
se cassent
les miroirs se brisent

shouting stars
lips stripped
boiling bloods

étoiles criantes
lèvres dénudées
sangs bouillants

°

cris grimpant
le long de la tour
en flammes

shouts climbing up
towards the
burning tower

Haute finance aplatie

les mots pour faire mousser
la haine aux commissures …

the Giant’s
legs
broken –
loses its head

tours effondrées
l’humanité
doit trembler

Sattentats…

Manha(tt)an

Ma/no/hat/on

débris encore fumants
du World Trade Center
les affaires reprennent

°

Une démocratie, c’est un système politique selon lequel on vous demande (parfois) votre avis avant de vous entuber.

°

(restaurant Thaï, Ave de St Ouen)

deux très amoureux
yeux dans les yeux
sourire aux lèvres
buvant l’autre…

au détour d’une table
traquer la caresse
la plus ronde…

danseuse hindoue idéale
– poème globe

sexquise

attentations

ballottentante

ses bien rebondis
tout tachetés de son
– m’entêtent

relief de nu –
les boutons de ses seins
font pression sur mes yeux

la gueule des poissons
gobe le vent –
ondulations…

(drapeaux koinobori ?)

haïquarium

entre les dents de sa mère
le petit crocodile

au taï-chi
la femme enceinte
ses mains sur son ventre

des canards
fendent l’eau –
leur long sillage…

avec son engin à moteur
il souffle
les feuilles s’envolent

feuilles de papier
blanches du soleil
sur le sol de la chambre

(in : « Avant la nuit » – Reinaldo Arenas.)

(restaurant Thalassa – spécialités grecques : )

DÉSOLÉ
La maison n’accepte
pas la carte bleue,
ainsi que les gros chiens.

°°

d. (septembre 01)