Archive for the ‘automne’ Category

Haïkus, senryûs, kyôkus, etc. Py – 11/15 – 2)

3 décembre 2015

°
En sortant
le kiné me dit :
« bonne journée de printemps! »
– 9 novembre
°
Une exhibicieuse…
°
ordi étourdi

ourdinateur
°
rétablissement périlleux :
cette manie marathonienne
de ne pas lever les pieds
(Pont Saint-Michel)
°
(après avoir commencé la lecture de La Supplication (Tchernobylskaïa Molitva) de Svetlana Alexievitch, J’ai Lu, n° 5408 :)
1)
Je me souviens
que le 1er ou 2 mai 1986
je faisais mon jogging
alors que le nuage de Tchernobyl
atteignait la France…
2)
Je me rends compte
que quand le nuage de Tchernobyl
avait atteint la France
le 1er mai 1986
ma fille allait bientôt
avoir 3 ans.
3)
Je me rends compte
que le nuage de Tchernobyl
atteignit la France
le jour du 39è anniversaire
de ma soeur aînée
4)
Je me rends compte
que je tousse encore
aujourd’hui
°
la (plus) belle époque des pommes…
croquer (dans) l’automne
°
La 21ème conférence sur le climat…
Qu’ont-ils fait
des 20 premières ?

La 21ème conférence sur le climat
sponsorisée par les plus purs
chevaliers de l’écologie :
Areva, etc… !

21ème COP :
les objectifs de réduction d’émission de gaz
à effet de serre pays par pays
pas au programme
des négociations

Contre-sommet mondial
sur le climat
le 14 novembre 2015
à Vénissieux (69).
°
Sur MSN :
« Ce que cache la photo de Pamela Anderson nue »
– Rien, je suppose !
(- Combien j’ai gagné ?)
°
(Plus faim de l’ordi :)
Elle repousse son plateau :
fin de l’ordi
°
11 Novembre
la fête des mores ?
°
vent soutenu –
la mouette
vole en crabe
(: d’après m.-Alice Maire)
°
(je finis par) m’asseoir où
pour finir ma soirée ?
°
déversés à Saint-Lazare…
un verset à Saint-Lazare…
°
(déc 2011? :)
ce matin
la lune sabrée
en deux

ce matin
demi-lune visible
demi-lune invisible

une fourmi
escalade la montagne
grain
par
grain

sifflant
un verre d’eau
– c’est quand le printemps ?
°
(14 Nov. 15 :)
Après les crimes d’hier soir
la ville morte
la région morte

3 bougies ce soir
sur nos balustrades
– Janvier-Novembre

Rallumer les bougies
soufflées par le vent
sur les balustrades
– lendemain d’attentats

sans cesse ce soir
rallumer les bougies
que souffle le vent

Veiller sur les trois bougies
qui pleurent nos morts
pour le capitalisme

14 novembre :
faire le pain
comme d’habitude

Pour les âmes de nos morts
rallumer la flamme
sur nos balcons

toute la nuit s’il le faut
rallumer la flamme
des bougies au balcon

13 Novembre
encore une date
à marquer d’une pierre noire

Ce soir
j’insulte les bougies
qui s’éteignent sur le balcon

en guerre
contre le vent
qui souffle mes bougies

C’est plutôt le vent
que je devrais engueuler
– évidemment –
sur mon balcon

Malmenée
par le vent
la flamme

3 bougies
au lieu d’une
sur le balcon
– renforcer le souvenir

toutes ces allumettes
pour ranimer les flammes
– je surveille

Je veux qu’on voie
notre solidarité
– ronde

(Bashôtage :)
toute la nuit
tournant autour des bougies
– : lumière

toute la nuit
tournant autour des bougies
– peu m’importe la lune !

les flammes bousculées
malmenées –
ah cruel vent d’automne!

Ah,
vent du temps de l’avent
– après les attentats…

dans la cour
presque autant de bougies
que de télés

« Encore un
que Daesh n’aura pas! »
: repas entre amis
ce 14 novembre

inlassablement
rallumer les bougies
dans le noir de novembre

continuer à lutter
contre le vent
de l’oubli

extinction des bougies
couvre-feu

après les bougies
le pain
qui finit de cuire
°
Quand je lui dis
je t’aime
elle me répond
Qu’as-tu bu ?
°
orage violent
– sauve qui pleut?
°
Syrie
Ci-gît
°
14 Novembre
noirci quelques pages
… et ma tronche
°
Enfoncer le haïclou.

Frapper un grand haïcoup!?

L’inverse de « karumi » – la légèreté =
c’est être haïklourd ?
°
transp(h)arence…
°
Les paysages défilent
contre la joue du train
°
Au pied de la statue des pendules
(à Saint-Lazare)
il gratte sa guitare –
(le) vent,
(le) trafic
°
Une croquille

une escroquille (?)
°
Le nom du groupe
en concert au Bataclan
ce vendredi 13
se traduirait par
« Les Aigles de la Mort – Métal »*
* : « The Eagles of Death Metal »
°
Fou rire : Pouffée d’air.
°
seins-ture (de sécurité)…
°
l’éventail d’un ginkgo
moucheté de brun –
°
admirant l’harmonie
tricolore d’une feuille
– 18 novembre
°
chute d’un papillon au sol?
– non,
pelure d’ail!
°
récurant mes arguments,
récurrentes casseroles!…
(d’après un com. de Bikko sur FB, 19/11)
°
fruits rouges
gouttes blanches
ciel gris
°
un siège-auto pour bébé
qui prend l’eau
au bord du trottoir…
°
A feu et à cendres…

sang/dres
°
Pour Noël
qu’est-ce qu’on achète :
des fringues
ou des flingues?
°
(Tanka ?:)
Quand je vois le mot
coraçào
et sa photo
je me dis
comme ça colle bien!
°
« de tout coeur avec vous! » tapai-je
mais l’ordi :
« de tout coeur sec vous! »
°
Hemingway
qui cartonne avec
Paris est une fête
a aussi écrit
Paradis perdu
°
(Tchernobyl, fin avril 1986 :)
tout recevoir
en même temps :
le passé
le futur
et la catastrophe

elle vole
de son jardin
ses propres pour(r)iaux *
* = « poireaux », en solognot.
°
comme des cafards
comme des mouches à merde
sautant
sur l’événement…
– ciel!
°
sa
cri
fier
°
sa
cri
pan
°
les événements
balancent aux hommes
des os
à ronger
°
Une convulsation

De même que les Tchernobyliens
devenaient des monstres
avant de mourir,
les mots-monstres

(Le nucléaire:)
une course contre la monstre…
°
N’en fait-on pas un peu trop
avec des Marseillaises et des minutes de silence
à chaque coin de rue
alors que la veille même
le Liban vivait
les pires attentats de son histoire ?
(40 morts, plus de 200 blessés)
sans susciter la
moindre émotion mondiale ?
°
elle a ôté sa main
de sur la mienne *
– dimanche matin

* / du dos de la mienne
°
Même sobre
dormir (tout) son soûl… (?)
°
Lisez
La supplication * :
c’est
dévastant

* de Svetlana Alexievitch.
°
Après les attentats,
le pourrisse
en hausse ?
°
La Marseillaise
N°1 au hit-parade
de Novembre

°
… on dirait que les marchands d’armes
m’ont entendu :
« mitraillettes en plastiques et pistolets
retirés des rayons jouets
des grands magasins »…
°
Trois femmes
ont fait exploser
leurs charmes

/ leurs charges
°
Les tempes changent
°
sans dessous dessous
la jeune Sévillane
tournoya
(->9/4/08)
(à l’entresol de l’hôtel…)
°
Les herreurs du passé…
°
regardant à gauche,
regardant à droite,
l’évêque
pète
(Boucherville, QC, 11/7/10)
°
Vive la vertitude,
vive la divertitude!
Investissons dans la vertité!
(11?/7/10)
°
A paraître :



A disparaître :

(30/10/11)
°
ré…glisse
(30/10/11)
°
les notes du champagne
remontent dans la flûte
des notes de champagne
(30/10/11)
une flûte joue ses bulles
°
Monter les marches du matin
avec de si beaux bas !
°
se
soûl
ager
°
(Kyôku :)
Pour certains
le haïku
c’est se (re)mettre
au centre du je

Quel anti-esprit haïku !
°
Une de mes mémés *
– 2 mai

* RSN, taiji quan
°
décOR en nOUILLES
°
A l’époque des fleurs de cerisiers
l’explosion
de Fukushima
(10/10/11)
°
talent latent
°
glaçons dans l’apéro –
bientôt la saison de ski
°
Passé les
71777 kilomètres
à 17h11
°
L’autre nuit
en si bonne compagnie :
jubjoté en vain !
°
Les arnaqueurs,
ne devrait-on pas plutôt les traiter
d’arnaculs?

(Les arnaqueurs
cherchent plutôt
à t’en-cul-er!)
°
« Animaux-valises » :
Les autruchiens
les autruchiennes
°
Elle écrivit (vite) :
« Au lieu de s’engager dans des polémiques inutiles,
en tant qu’uterus,… » *

* : au lieu d' »auteurs » !
°
râpé du curcuma :


°
diamanche : faire la manche
en espérant faire fortune.
°
Un évlan! : rater sa course d’appel
et se prendre (un râteau ?)/ la pelle
(les pieds dans la pelle ?)
… se manger la pelle…
– Il prit son évlan!
(cf Icare,…)
°
Pleine lune –
elle m’annonce *
qu’elle est enceinte

°
r
hépar
ti(e)
°
Depuis les attentats
Hollande cocoricote
à tout va

– cocoricoque ?

– cocoricolorier

– cocaricot
°
Depuis les attentats,
le drapeau
nous berne ?
°
enterrement –
chacun
s’approche
°
endroit public –
n’aimant rien plus
que le silence
(RER C, dim. 13/10/13)
°
« un monde de paix »
proclame l’affiche électorale
– foireux ?…
°
si tu n’as pas de talent,
sors ta langue !
°
au feu
il dégaine
son portable
°
Ce soir
« voulait »
devint
« ovulait »
°

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Haïkus, senryûs, kyôkus, etc. Py – Nov. 15 – 1):

3 décembre 2015

°

grenouille,

bredouille

– l’étang dort

l’étang dure –

Lola (la grenouille) se détend

(Lola) se défend

au saut élastique

 

La grenouille se détend,

ressort…

, se détend, s’allonge

, quelle cuisse !

La cuisse (légère ?),

aérienne !

: Etang-tatives,

étang-tations

°

(pendant ce temps-là)

le jour monte,

hausse ses couleurs, *

1er novembre.

* (hisse les couleurs…)

°

tous les premiers mercredis du mois

une minute 41 de sirène à midi

(me dit le calendrier

des sapeurs-pompiers

si la si rè

ne retentit

: fermez les fenêtres

ouvrez la radio

°

« Pour avoir des lèvres de rêve » :

la labiaplastie

ou nymphoplastie

°

Suites de son opération :*

son visage-

Halloween

* : infection,

°

L’arbre à cons…

– Vérifions si nous y sommes !…

°

Les escargots *

caracollent au plancher

* = « caracol » (: esp.)

°

De l’ogre d’Halloween

à l’orgue de la morgue ?

– Toussaint

Toussaint,

la paix des mores ? *

* / la paie des morts… /

°

… de gros grains de raisin blond…

°

balcon nogentais :

une table, deux chaises

reçoivent

la pluie

°

(Kyôku :)

Les mots du haïku

ne sont pas là pour meubler

/ combler… le vide,

… mais pour le mettre en valeur… (?)

°

un mille-pattes

luit sous le lampadaire –

lune noire dans trois jours

°

Le monde sera-t-il plus sale

après que tu l’auras quitté ?

°

depuis des années

ce mendiant aveugle

qui ne s’accompagne que de Brassens

(dans le métro)

°

papa pousse bébé tient poupée

(rue de Rome, 5/11)

°

Tout ce monde affairé :

cohue capitale

du matin

(métro, RER, …)

(et) marcher à pas lents

(escomptés…),

c’est pas la vie, ça ?

RA

LEN

TISSEZ !

°

Fête des Pères –

une femme cueille des roses

au bout des rangs de vigne

(Orly-ville, juin 15)

°

(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk,

comment vivent-ils

(ce matin à 5h35) ?

(Millau, 30/10/15)

Six jours plus tard je vois (sur W9)

l’équipe de Saint-Etienne

qui rencontre Dniepropetrovsk

en Ligue Europa de football !

(Orly, 5/11)

°

l’ho

riz

on

°

(9/2006, métro :)

Elle tricote,

on dirait,

les fils de son baladeur

°

(16/9/06 – métro parisien :)

All the jewelry

atop her breast

– my silent hands

Toute cette bijouterie

sur sa poitrine –

– mes mains sages

°

L’homme qu’a bossé,

l’homme cabossé

°

(Kyôkus :)

Haïku :

Alléger le trait

Ecrire =

se vider la tête…

Affiner le trait

Haïku :

Laisser gagner le blanc.

°

les géraniums en pleine efflorescence –

approche de la lune noire

°

le trottoir sec

mouillé sous les feuilles

°

papillon brun dans la rue

lune noire de novembre

°

dessous féminins

(:) la légèreté

du fil

°

tout l’or

°

le rythme récurrent

°

(Saori Nakajima, au kukaï de Paris :)

« Le haïku n’est pas sentimental;

le tanka, oui ! »

°

des corps de métier

suspendus

bleu sur bleu

°

horizontal un oiseau

traverse le matin –

une grue au bout du gris

°

lacet sur le trottoir –

serpent noir de l’hiver ?

°

(Sur une illustration de Mitsuru Ikeda, p. 51 de Haïkus satiriques (de Kobayashi Issa), par Seegan (Laurent) Mabesoone, éd. Pippa, 2015 :)

du bord de la rive

les grenouilles regardent la capitale

et se marrent

(: 9/11, vers 7h55)

du bord de la rive

regardant la capitale

des grenouilles se marrent

(même jour, 9h25)

°

Je viens d’écrire un senryû sur des grenouilles,

ses chaussures de sport vertes

(métro, ligne 14, 8h)

… puis le sac vert

de sa voisine…

°

détachant une feuille de géranium,

une libellule verte

s’envole de sous le balcon

°

(Tanka – devant une peinture chinoise de montagne… :)

Seul compte

le paysage qui s’ouvre devant soi

– s’oublier

un peu

°

(Avenue de Clichy :)

fondue dans un décor

d’encombrants

la mendiante

(: vers 9h40)

d’un abri-bus

quelqu’un

a aménagé son chez soi

(: 9h48)

°

(à suivre (p.45)…)

Prévisions Kukaï de Paris 2016

28 novembre 2015

KP 108 : 9 janvier 2016

KP 109 : 31 janvier

KP 110 : 20 février

KP 111 : 12 mars

KP 112 : 9 avril

KP 113 : 21 mai

KP 114 : 11 juin

KP 115 : 2 juillet

KP 116 : 3 septembre

KP 117 : 24 septembre

KP 118 : 15 octobre

KP 119 : 19 novembre

KP 120 : 10 décembre 2016

106è kukaï de Paris samedi 28 novembre

25 novembre 2015

Samedi 28 novembre, à 14h30, au bistrot d’Eustache (37 rue Berger 75001 M° Châtelet – Les Halles – Rivoli) aura lieu notre 106è kukaï de Paris.

Apporter deux (ou trois) haïkus !

à très bientôt !

 

Daniel

 

Haïkus, etc. – Py – oct. 2015 – 3/3

19 novembre 2015

°

(Kyôbun) :

Haïku :

ne pas en rajouter dans l’émotion, dans l' »émotionnalisme », dans la sentimentalité, le sentimentalisme…

rester « discret », « pudique », « voilé », « léger », sensible mais « subtil » avec ses propres émotions (et celles du lecteur ?). Ne pas chercher non plus ce genre d’effet d’affect

°

submergées les digues 5-7-5,

mais l’esprit de l’eau…

°

la marée était bulles…

°

vieillissant,

ne s’arrangeant pas le portrait

il avait cru

pouvoir devenir beau

en vieillissant

– désillusion

Il avait cru

pouvoir s’arranger

le portrait

avec l’âge

– macache macaque !

glace(s) sans fond(s) de teint !

ça ne s’arrange pas

en vieillissant

m’affirment ces miroirs

miroir

ou

rides, ô ?

°

l’hiver

les mouches

(s’en) reculent

s’encoconnent

au chaud du bois…

°

écrire est le centre du nombril du stylo

°

le jour

passe par la fenêtre

tout en douce

et vient dérober

l’ombre

°

deux soeurs pénétrèrent dans le bar

les verres

se turent

(2006 ?)

°

(Kyôku) :

Etudier les techniques des liens du renku

pour maîtriser ceux du haïku.

le kireji étant le pivot (central) du haïku.

°

(Kyôku) :

Evitez que votre haïku

soit une toile

où s’engluent vos mots !

°

(B)

devant le paysage automnal

qui défile

un voyageur coréen

chante a capella

(A)

sur son écran

une chanteuse

se déhanche

muettement

(TGV Strasbourg-Paris, 26/10)

°

un avion dans le ciel d’Orly

le trait horizontal

de sa bouche fermée

°

automne déclinant

l’araignée passe de la lumière

à l’ombre

sans sourciller

°

coupures d’ongles orange

la lune curcuma

°

Nous sommes voisins

de la pire espèce (qui existe) :

les hommes

°

haïcoudre

°

Haïkus de formes libres

Haïcoudées franches ?

°

5-7-5 : l’appât rance du haïku

°

train :

Assisoler

: boules quies

°

Evoluhaïku

°

Faire sauter les grenouilles

au présent du haïku

°

haïku in progress

°

Attendant la fin de sa réunion –

le vent souffle

les feuilles volent

(: Virginie, Millau, 27/10/15)

°

L’exploraïku

haïku-limites

°

Le haïku n’est pas une poupée gonflable

°

re
lier

°

le crépitement (des mots) de la pluie
sur le (clavier du) toit –
Millau, fin octobre.

°

les parapluies roses *
(ouverts) au-dessus de la rue
– les autres
à dos d’hommes

* : campagne anti-cancer.

campagne anti-cancer –
des parapluies roses
ouverts sur la ville

°

« Je veux me souvenir! »
« Je veux me souvenir! »
chante-t-elle au Foyer

(: Les Cheveux-d’Ange, Millau)

« Oui, j’ai fait une dent »
dit la vieille dame
jouant au scrabble

à la télévision
certains résidents préfèrent
l’aquarium

« – Vous n’avez pas fait la sieste ? »
« – Oui, avec les poissons ! »

lançant son lancinant leitmotiv
« J’ai mal partout! J’ai mal partout! »
à longueur d’après-midi finissante

un couple passe :
trois cannes
pour deux

le déjeuner fini,
tourner le fauteuil
vers le paysage rutilant

admirant le bouquet
varié d’anémones
sur la table du déjeuner

puis se retirant
à l’intérieur de soi

fin du déjeuner
maman
sur le paravent
compte les papillons

la bouche ouverte
de l’après-midi
le silence des résidents

télévision éteinte –
la bouche ouverte des dormeurs

le si lent temps des très âgés
que peu à peu
ils rejoignent

les sans pas
peu à peu
rejoignent le temps

le temps étal des très âgés…

la sieste au Foyer
dehors le bruit
d’une scie

la sieste au foyer –
dehors
une tronçonneuse

une voisine de chambre :
on dirait un jockey
exhortant sa monture…

°

Pour moi, le 5-7-5
n’est plus un critère,
c’est un balancement
comme un autre

°

corneilles caquetant toutes
Avenue Jean-Jaurès
ce soir du 28

°

devant le paysage rutilant
le voyageur coréen
chante a capella

°

ce soir
des couillettes bio
au souper ?

°

je me souviens
des imposants ciseaux
dont mon grand-père se servait
pour découper ses cuirs

°

quelquefois
la soupape de la soupière
siffle
et libère
un délire de fumet…

°

épucelage : action de se débarrasser de(s) puces

°

sous la feuille repartie
le sec du trottoir

la feuille repartie,
le sec du trottoir

°

Déjeuner avec mère au foyer :
elle me récite un poème de Victor Hugo
finissant par :
« demain je serai juste et fort
mais pas aujourd’hui. »

le nez vers le ciel
maman dort dans son fauteuil

°

un papillon clair
entre les couleurs chatoyantes
– avant-veille de novembre

c’est un régal pour les yeux
– et le coeur,
cette saison dorée !…

°

ginkgo bilobaba…

°

efforçons-nous de marcher
vers les bons haïkus
vers les vrais haïkus

, c’est tout!

°

kôan-nez :
le mot « fumier »
sent-il mauvais ?

quelle est l’odeur
du mot « fumier » ?

°

plus de pluie –
plus de parapluies roses
au-dessus de la rue anti-cancer

°
(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk *
comment vivent-ils
ce matin à 5 h 35 ?

* : 6 jours plus tard, je vois (sur W9) l’équipe de Saint-Etienne qui rencontre Dniepropetrovsk en Ligue Europa de football !

°

le jour
tape à la porte
– discrètement
d’abord

°°°°

« Fantaisie arachnéenne »

(: Millau, 30/10/15)

°°°°

Profiter de la grasse matinée –
les salves brèves et répétées
de l’engin
défoncer de bitume

°

paysage rutilant au soleil
le cimetière rempli de chrysanthèmes

°

Bashô ébaubi
devant Matsushima
bégaie « Ah! »

(tel Teishitsu
devant Yoshino!)

°

mes yeux se réjouissent :
courant de gauche à droite du train

(Couleurs :)

lisant « La vie du jardin »
assise à son siège –
dehors les cent glorieuses…

(SNCF Millau-Clermont-Ferrand)

la lisière de son slip
les forêts hautes en couleurs
– presque tous les saints

la lisière de son slip
les forêts chatoyantes

(l’automne sexy)

Mitraillant
la vache
mitrayant…

Saint-Sauveur de Peyre
Saint-Chély d’Apcher
Saint-Flour – Chaudes Aigues
(en remontant)
: presque tous les saints

Tous, hein ?
Ecrivez tous, hein!

Tout un tas de bois
au pied d’un tronc
– gueuler

toutes plus somptueuses
les unes que les autres –
un pêcheur
tout en bas

toutes les couleurs
derrière mes yeux
fermés

plein les admirettes…

du linge sur une corde
les couleurs du vent

l’automne florissant…

l’automne rustyle *

l’automne rustile (?)

* : cf. anglais : « rusty » = rouillé.

°

une dérouillée d’automne / automnale

dérouillée d’automne
avec vaches *
(blanches)

* = « haïku-kuh » ! (cf. all. : « Kuh » = vache)

longue après-midi
à remonter d’en France
par le centre de l’automne

°

les mots s’arrondissent
les mots se polissent…

°

une « théritière » = une (jeune) anglaise de bonne famille (?)

°

dans la forêt
la table moussue
peu à peu
revient
à la forêt

°

le cuir
de mon père
luisant aux poignets *
– quinze ans bientôt

* / luisait ô poignant

°

(Quittant Neussargues, vers Clermont-Ferrand :)

le train suit
les courbes de la rivière

(l’automne érotique)

°

des pigeons volent
de la corde-à-linge
vers l’âne

(paysage passager)

°

la rivière remoue
blanche
(et sombre)

l’eau caillouteuse
le rythme (régulier) des roues du train

vaches
leurs cornes prises
entre rail
et rivière…

le train passe,
les vaches donnent de la corne

l’eau tonne ?

(torrent ?)

rivière
jonchée
de feuilles
(…)
le train fonce à tout rail

°

Poubelles,
premières compagnes du matin

°

montée du jour –
la lumière de l’arbre
… qui se répand à terre

(Orly, 31/10/15)

°°°

Compte-rendu du K.P. 105, du 7/11/15 :

8 novembre 2015

En présence de 17 personnes (dont deux nouvelles), 39 haïkus ont été partagés. 28 ont obtenu une voix ou plus.

°°°

(2) Avec quatre (4) voix :

°

fleuriste –

sur le bleu de ses pensées

une feuille d’automne

: Valérie Rivoallon ;

maison de famille –

pas la moindre poussière

sur les souvenirs

: Michel Duflo.

°°

(5) Avec trois (3) voix :

°

à l’hôpital –

au fond du sac le sable

de l’été dernier

: Eléonore Nickolay ;

à travers la grille

la face ronde de la lune –

personne d’autre…

: Danièle Etienne-Georgelin ;

elle attend en haut

de l’escalier du métro

la lune

: Jacques Quach ;

Née en novembre –

Dans la douceur des jours

celle de ses joues

: Isabelle Ypsilantis ;

Un S.D.F.

le nez dans les poubelles

une vie en miettes

: Catherine Noguès.

°°

(7) Avec deux (2) voix :

°

Biarritz –

pas de wifi

pour surfer

: Minh Triêt Pham ;

chaleur qui pèse

la vie s’enlise

la sieste dure

: Jeannine Haibe ;

Déménagement –

des photos de famille elle garde

celle du chien guide

: Christiane Ranieri ;

L’eau s’écoule –

Dans la buée du miroir

le reflet d’une autre

: Isabelle Ypsilantis ;

l’ombre de ma main

sur le mur de ta maison

comme indélébile

: Ben Coudert ;

oisiveté

la vie trépidante

des canetons

: Valérie Rivoallon

Tendre rendez-vous

ses pendentifs d’oreille

cliquettent le temps d’un baiser

: Roselyne Fritel ;

°

(14) Avec une (1) voix :

°

A terre,

La feuille de platane

Si courte sa vie

: Lise-Noëlle Lauras ;

jus de gingembre

et de curcuma –

l’arbre dans la cour

: Daniel Py ;

brouillard en cuisine

la tarte aux figues

oubliée dans le four

: Michel Duflo ;

explications –

sur les vitres peu à peu

la buée

: Eléonore Nickolay :

Aussprache

nach und nach

beschlägt die Scheibe

flaque de vomi

sur le trottoir

– Syrie

: Daniel Py ;

Fleurs des lotus –

Fixer son temps

Au huit couché

: Hiro Hata ;

Foulées sans retour

sous chaque pas d’émigré

des racines mortes

: Nicolas Lemarin ;

horizon bouché –

au fil de la vierge

une feuille s’est pendue

: Dominique Borée ;

La fête est finie

des confettis sur le trottoir

dorment au soleil

: Catherine Noguès ;

la quitter

sans un adieu –

murmure de la pluie

: Minh Triêt Pham ;

L’érable rouge

a déposé ses braises

sur la pierre froide

: Monique Leroux-Serres ;

Les jours raccourcissent

Dans le ventre de ma fille

toi, tu grandis

: Monique Leroux-Serres ;

Octobre radieux

dans l’impasse déserte

un bouleau plaqué or

: Roselyne Fritel ;

zonard de Calais

la mine aussi désolée

que le paysage

: Ben Coudert.

°°

Sans voix, mais remarqué :

°

net d’automne –

Un homme ivre

faisait des huit

: Hiro Hata.

°°°

Nos prochaines réunions se tiendront les :

28 novembre

12 décembre

(toujours au bistrot d’Eustache, toujours à 15h30) !

°°

Je vous signale en outre,  le dimanche 15 novembre prochain, le Salon des livres et auteurs au Centre Culturel René Cassin de Dourdan (91), entre 10 h et 18 h. Les éditions Unicité (François Mocaer) y seront présentes.
J’y dédicacerai (dans l’après-midi) nos 2 anthologies du Kukaï de Paris :

La Valise entr’ouverte, 2010, et :

La Vallée éblouie, 2014,

ainsi que mon recueil :

Fourmi sur ma jambe, éd. Eclats d’encre, 2014.

+

Samedi 21 novembre à la librairie-galerie Pippa (25 rue du Sommerard, 75005 Paris), de 15 h à 19 h 30, je présenterai le recueil de Laurent (Seegan) Mabesoone : Les haïkus satiriques (de Kobayashi Issa), et nous y lirons (en japonais et en français) certains d’entre eux.

°

Merci, et à très bientôt !

Daniel.

Haïkus, etc. Py – 2/3 : 16/25 Oct. 15

6 novembre 2015

°°°

encore une ambition

à la retraite :

paître

Ne plus paraître,

Paître

Vers l’encre du silence

puis

vers le silence de l’encre

descendant (du ciel)

peu à peu

la rousseur

du feuillage

La rouille descend du chef

(Kyôku :)

Moins de verbe(s)

peu à peu,

de moins en moins d’action(s)

Syrie :

le Mondial du Bombardement

(comme dit le Canard)

ronflant :

tout va bien –

l’on roule les poubelles dans la rue

Trempluie

(Kyôku :)

Moins faire du haïku

qu’être fait par le haïku.

cendrier

gavé de mégots :

grève des nettoyeurs

station BFM

le rouge grimpe au mur

vigne vierge (d’octobre)

(Orly)

(2è version :)

dans la lumière du soir

la boule d’un lampadaire

la boule d’un pissenlit

(Pour Dany et Nicole :)

Du panier de basket

au panier de champignons,

les deux soeurs

corneilles

au banquet

des champs nus

L’arbre

est le meilleur ami

de l’homme

… qui boit

Premiers coups de balai

dans les coins :

un exode d’araignées

coucher de soleil

sur la Loire à Chaumont

le rouge fait tache

(Kyôku :)

Le monde entier s’emballe

/ mon dentier cent balles

… un poète très à l’écoute de son coeur ;

soucieux des circonvolutions de son cerveau…

la chasse aux champignons

dès l’aube froide

ou la cueillette des mots

La corneille coud un ourlet au matin

métier manuel ?

haïkiste.

(Que sommes nous ?)

une fleur dans un champ de fleurs

(Kyôku :)

A chaque haï… coup,

ouvrir

Silence :

entendre loin

Silence :

affiner l’ouïe

(Silence,

captation subtile…)

l’ouïe fine du haïku

la vigne

vierge

rougit

des feuilles sans vent

tombent

sur les champignons

« Il était temps,

dit la grenouille ! » *

* : Réginald.

(Haïkouillonnade :)

Lao dîna

en tête à tête avec

Tseu

(Kyôka :)

Votre haïku

fait-il 5/7/5 ?

: tant mieux !

Il ne les fait pas ?

: tant mieux !

le temps de cadrer la grue

s’envole –

lundi soir le long d’un champ

tondre le gazon / mouton

moutondre (le gazon)

(Kyôka :)

Haïku :

vider les lieux –

Il s’agit aussi

pour l’auteur du haïku

de se préparer

à disparaître

des traits étranges

balafrent le traversin

: pensées nocturnes

fin de (la) cueillette –

remettre un scarabée

sur ses pattes

(Kyôku :)

Le haïku

c’est le zoom maximal

sur l’événement déclencheur

: haïku rapproché –

(Kyôka :)

écrire

oublier ;

revenir

jauger

corriger

le bouc et sa chèvre

ont tout tondu

sauf les orties

(Kyôbun déplorable – Proposition :)

Le haïku français,

en 6, 6, 5 syllabes :

6 + 6 pour le mâle balancement gaulois

alexandrin traditionnel

+ 5

pour la boitille,

le « déséquilibre »

l' »asymétriquie » orientale…
Exemple

(, mais déplorable) :

… et les couilles trempant

dans l’horrible soupière

– Ah, mon Lexandrin !

Mais où est passée

ma petite culotte ?

– le fil vierge

le saule

se pose

sur le sans-vent

au-dessus de la boîte

un oiseau surplace

Au point du coq…

le même vent cailleur…

(- ça caille où ?)

(Kyôku :)

Ne pas prendre la forme

pour l’oeuvre

°

(Bashôtage :)

Faisant trois fois

le tour de la mare :

rondes sans lune

°

(à M.C. :)

Vers l’avant

continue de tourner

notre moulin à mots

le tien

dans l’autre (sens)

maintenant

Tu as coupé

le fil du temps

et des paroles

ballon

lâché

ballon,

lâché

vers la lumière

les fleurs,

l’oiseau

le ciel

°

S’alléger

en montant

°

Aube, fin octobre,

l’arbre a déjà

levé ses couleurs

°

Une héritière :

une (jeune ?) anglaise de bonne famille (?)

°

Dans la forêt

la table moussue

peu à peu

retourne à la forêt

/

dans la forêt

la table moussue

peu à peu

y retourne

°

Le cuir de mon père

luisant aux poignets

–  15 ans bientôt

/ luisait ô poignant…

°

l’automne s’avançant,

de moins en moins de feuilles

où se cacher pour pisser

°

les pucerons

sur le dipladénia

figés

de jaune à noir

°

(Kyôbun :)

Le haïku-alexandrin (français)

en deux fois six :

« Passant à l’an nouveau

dans un slip de la veille » *

ou, autre exemple :

« Elle renifla son slip

Elle renfila son slip »

* ou, si l’on veut respecter »

l’élément de dissymétrie :

« Passage à l’an neuf

dans un slip de la veille »

(1/1/2006) : in Fourmi sur ma jambe, éd. Eclats d’encre, 2015.

°

jus au gingembre

et au curcuma – *

l’arbre dans la cour

* NB : le lien, ici, se fait par la couleur : gingembre = jaune, curcuma = orange…

°

(A nos amis Bruxellois :)

Dans l’impasse

qui mène à la brasserie *

la Jeanneke Pis

* : « Le Délirium ».

°

(Haïku (?) de Sarko – à Béziers, le 8/10/15 :)

« Mon pauvre petit coeur

va faire de la tachycardie ! » *

*  source : le Canard Enchaîné, n° 4955, p.2.

°

tes doigts

courent sur le clavier :

la musique silencieuse

des mots…

°

(Senryû – M.C. :)

A l’article la de mort

elle fit mander un prêtre

puis le récusa.

°

pendant que nous dormons

(24/10)

°

les lèvres vertes de la mer

… lèvres violacées de l’océan…

°

dans la rue

un vitrier

porte fenêtre

°

Lever le haïcoude

Lever un haïlièvre

°

(K. :)

Le haïkiste resserre le temps

Le haïkiste resserre l’espace

/

Le haïkiste raccourcit

le temps, l’espace, …

°

(Senryû :)

Ceux d’en haut

qui veulent vous faire croire

que les tricheurs

sont d’en bas…

°

Départ à la brune

une corneille lance son cri

(Orly-Strasbourg, early morning)

°

(Kyôbun :)

Du haïku considéré comme une miniature du rendu,

en ce qu’il s’agit d’articuler un lien * entre ses deux parties juxtaposées…

*  une concordance,…

°

une grenouille

(en verre)

qui se mélange les pinceaux…

(: Strasbourg : magasin de babioles…)

°

Ah,

Aller pisser

au Mac Do !

(: Strasbourg)

°

(Kyôbun :)

Le haïku augmente la taille des objets

(insectes, …)

Le haïkiste diminue la taille (la portée) d’événements,

Le haïkiste remet l’homme à sa place

(c’est le rôle du senryû également)…

Le haïkiste ne change rien :

mûres et montgolfières

mûre et téton…

Le haïkiste redimmensionne,

redonne au cerveau humain sa taille

(petit pois du monde..)..

Le haïkiste combat

la dérive des sentiments…

°

Le haïkiste (« moderne ») doit

renforcer / rétablir le lien homme-nature –

L’état des liens…

°

Est-ce le haijin

qui doit obéir au haïku,

ou l’inverse ?…

Harmoniser

le haïku

et le haïkiste…

°

Chasser la sentimentalité,

le sentimentalisme du haïku –

si cela vous manque trop,

allez voir du côté du tanka !

Haïku sec – :

le haïku ne larmoie pas,

ne piège pas le lecteur dans le pathos…

°

Le senryû

remet l’homme à sa place ;

Le haïku

remet l’homme à sa place

dans la nature

Le tanka échoue

à cet amenuisement de l’homme…

°

Le haïku :

(pour) dégonfle(r) les chevilles… *

*  : c’est aussi pourquoi il ne faut pas

(en français, en anglais, etc.)

vouloir imiter le 5/7/5 japonais.

°

L’anthropomorphisme est un / le contresens-haïku,

le contresens à l’esprit-du-haïku.

°

Le haïku,

ce n’est pas dire le je,

c’est le dissoudre

°

Di(ssoud)re

°

(198? :)

marché aux poissons

une femme se couvre le nez

d’un mouchoir

°

(Le haïku :)

de mon dentier, peut-être

au monde entier, sûrement.

°

(à suivre…p. 113…)

Haïkus, etc. Py – Oct. 2015 – 1/3

6 novembre 2015

°°°

(Bashôtages :)

Mar(r)e des haïkistes,

dit la grenouille,

je plonge !

La grenouille

dépressive

se fait sauter

Le haïkiste terroriste

fait sauter

une grenouille

Et une

cuisse de grenouille sautée,

une !

Sauter une grenouille…

°

ce matin (en banlieue)

la neige a pris

une toile d’araignée

Leçon de musique –

pendule et pomme

tournent vers moi

leur face

De chaque côté

de la Tour Eiffel

les fesses du ciel

Tour Eiffel :

le string

(des fesses) du ciel (de Paris)

Le string résille de la Tour Eiffel

Sur la plage de Maguelone *

peinte par Courbet,

pas une chatte

* plage culs-nus (34)

Le rythme récurrent

du saxo-jazz – *

Le bruit des essuie-glace

* d’Anthony Braxton.

un sapeur-pompier (de Paris)

court (en banlieue)

sous la pluie

(C’est vrai

qu’il ne craint pas l’eau !)

Ce soir

le soleil sur sa page

c’est tout

la photographe

(en jupe courte)

s’agenouille

: prise de terre

entre mes pieds

un pigeon, un moineau

: lentilles-carottes bio

après l’ondée

seules quelques feuilles

sur le banc

(jardin de l’Hôtel de Ville, 75001, 6/10)

Le haïku,

bogue de marron

ouverte

Haïku :

pierres –

petit poucet

seins nus sous sa veste

elle présente le journal *

entrebâillée

: Enki Barcaj, 21 ans, Albanie, 2015

soir ensoleillé –

la boule d’un lampadaire

la boule d’un pissenlit

dans le rétroviseur

de chaque voiture devant moi

le même nuage

Amalgamagma

Magmamalgame

(miam miam…)

Créér le haïku,

ou

être créé(e) par le haïku ?

(Tanka :)

Avoir tout le temps

pour tout faire

ou pour ne rien faire

Ah, la volupté

de la Grande Vacuité !

Bibliothèque pleine,

il s’agit maintenant

de la vider.

L’authenticité de la sensation

très justement (/le plus justement possible)

retransmise…

Le haïku, c’est l’écriture authentique.

une flaque de vomi

sur le trottoir

– Syrie

Bachar Dassault

De l’Homo Sapiens

à l’Homo Sapions

une poussière

affolée dans le courant d’air

au coin d’une marche

(Gare de Lyon, 75012, 7h25, 11/10/15)

TGV –

une corneille

atterrit avant nous

en Suisse

Le haïku est une « poétique ».

(les couleurs de) l’automne

commence(nt) à chapeauter

les arbres

l’octobre

coiffe de rouge

l’arbre

passant sous un pin :

acupuncture crânienne

feuilles et plumes :

octobre

jonche

la montagne s’élève

le trait s’estompe

(Avril 2001, d’après des encres de Ion Codrescu)

Banlieusards

rentrant par leur train

– feuillages agités

au long de la voie

Passer la première eau

pour ôter l’amertume

de l’amer thé vert

Somnifrère

(Correction – sept. 2012 – Kukaï de Paris n° 70 :)

Cette fourmi :

une fleur

pour noeud-papillon

A six siècles de distance,

Saigyô et Senryu (le Vieux)

coïncident exactement :

1118-1190

1718-1790

sur la mare

une feuille

– rousseur d’automne

Politique de droite :

le patron

a raison ;

Politique de « gauche » :

le patron

a toujours raison.

Politique de droite :

le banquier

a toujours raison ;

Politique de « gauche »

le banquier

a toujours raison.

Jour gris d’obsèques – *

elle vide une bottine

dans la rue

* : Mo(nique) Coudert, 15/10/15.

Le cuir lustré

de mon père – chaque hiver

depuis 15 ans

°°°

(A suivre, 2/2)

Compte-rendu du K.P. 104 du sam. 17 oct. 15 – 2/2

21 octobre 2015

Ensuite, nous tînmes un kukaï « restreint », où chacun(e) proposa un seul haïku. En  voici les textes :

°

Avec huit (8) voix :

Cet autre chemin

entre les mûres et les ronces

– je l’ai déjà pris

: Françoise Lonquety.

°

Avec six (6) voix :

Des pensées blanches

déposées sur sa tombe

fleurissent en paix

: Catherine Noguès. (, une amie de Mo(nique).)

°

Avec cinq (5) voix :

j’ai pensé à toi

ce matin, un pétale

collé au carreau

: Gilles Petitdemange.

°

Avec trois (3) voix :

Au travers du voilage

l’oeil oblique du soleil

l’inévitable automne

: Roselyne Fritel (qui a souhaité le transformer en :
Soleil oblique
Au travers du voilage
L’inévitable automne
);

La luciole m’a appelée

Est-ce la métamorphose 

de toi ?

: Hiro Hata (qui nous a précisé qu’au Japon, les lucioles étaient le symbole des âmes…)

Pluie battante –

enjambant l’autoroute 

un arc-en-ciel.

: Marie-Alice Maire ;

Sur sa chemise

cette tache rouge

l’enfant soldat.

: Patrick Fetu ;

Tapis de feuilles mortes

L’éclat

De son écharpe rose

: Leila Jadid ;

Une petite plume

A l’automne de son envol

Cadeau de Mo

: Lise-Noëlle Lauras (, amie de Mo(nique)).

°

Avec deux (2) voix :

La tête dans le sable,

les yeux plongés dans l’océan

Vague de migrants

: Ben Coudert;

soir ensoleillé –

la boule d’un lampadaire

et d’un pissenlit

: Daniel Py

( Corrigé ultérieurement en : dans la lumière du soir / la boule d’un lampadaire / la boule d’un pissenlit )

°

Avec une (1) voix :

lueur de pleine lune –

les feuilles planent

silencieuses…

: Danièle Etienne-Georgelin.

°

Remarqué – et abondamment commenté :

Musiques et poèmes

Sensations délicieuses

Synthèse (har)Monique

: Thomas Coudert.
(Il a été proposé, pour ce dernier texte,  de simplifier pour la dernière ligne « (har)Monique » en « harmonique », qui aurait été probablement assez significatif…)

°°°

N.B. :

La librairie-galerie Pippa organisera, le samedi 21 novembre prochain (2015), à partir de 15 heures (jusqu’à 19 h.) dans ses locaux (25 rue du Sommerard, 75005, M° Cluny-la Sorbonne) une lecture-audition du recueil de Laurent (Seegan) Mabesoone tout récemment paru : Haïkus satiriques de Kobayashi Issa. Ouvert à tou(te)s, évidemment !

°°°

Compte-rendu du K.P. 104 du sam. 17 octobre 2015 – 1/2

21 octobre 2015

Nous étions treize « disciples » à table, au bistrot d’Eustache ce dernier samedi.

Des rires fusèrent, qui t’auraient fait plaisir, nous en sommes assez convaincus, à la lecture de tes textes, à l’évocation de ta vie, de tes traits d’esprit et de poésie, …, Monique.

Chacun put évoquer quelque souvenir ; Françoise Lonquety nous lut un message de Janick Belleau, et de sa rencontre avec Monique et Jacques, son mari. Ben et Thomas, leurs deux fils purent ajouter leurs voix à la nôtre, à la tienne. Marie-Alice Maire nous lut ce malicieux « haïku » de Michel Duflo : « Kukaï au paradis / elle apprend au bon dieu / les règles du haïku », que tu aurais sûrement bien apprécié !

Chacun put lire également quelque haïku de toi. De ceux-ci, j’aimerais encore citer les suivants :

  • De nos différents kukaïs (auxquels tu assistas dès l’année de nos débuts, 2007, jusqu’à ce dernier mois de juin 2015) :

un oeil à droite un oeil à gauche / le monde n’est pas pareil / pour la libellule

: KP 28 du 4/4/2009.

le frelon myope / sur la fleur en plastique / au cimetière

: K.P. 40 du 10/4/10.

L’écureuil écolo / a ramassé les kleenex / derrière l’hôpital

: K.P. 42 du 12/6/10.

Conversations / croisées dans le métro / Vivement La Muette

: K.P. 55 du 25/6/11.

la petite fille / ne sourit pas à ses grimaces / tristesse du clown

: KP 82 du 12/10/13.

Ombres d’hirondelles / sur le mur blanc du matin / Nos sourires croisés

: KP 86 du 8/2/14.

Yeux noirs olive / le corbeau guette les miettes / de ma pizza

: KP 95 du 15/11/14.

Huiles essentielles / d’estragon dans le cou / – Tu sens la salade

: KP 98 du 7/2/15.

L’orage s’éloigne / la tête sur mon ventre / il se rendort

: KP 101 du 30/5/15.

  • Du « recueil » intitulé « A mon père » :

La Loire grise traînasse / Je me dépêche d’arriver / Dernier rendez-vous

Cuvette d’émail / rouillée dans le jardin vide / herbe du chemin

Sur le pot de chrysanthèmes / un superbe papillon / d’anniversaire

  • Et enfin, du magnifique haïbun « Le voyage au Japon », datant de novembre 2008 :

On ne voit pas bien / le clown blanc sur les cailloux blancs / du jardin Zen

, où Ben et Thomas ont cru déceler que Monique aurait pu se définir comme ce clown blanc !

Si les fleurs volaient / autour des papillons / ça changerait quoi ?

Ô Bouddha de cinq cents tonnes / serait-ce trop te demander / de me rendre plus léger ?

Dans la maison carrée / où caser mon âme ronde / comme la lune ?

Disparaître ? / Laissez-moi être / un petit érable blanc

Venir de si loin / pour se perdre à jamais / dans la beauté

et, le dernier haïku de ce recueil :

Revenue du bout du monde / celle qui marchait sur la tête / c’était moi

: Mo(nique) Coudert.

°°°

(à suivre : la deuxième partie : le « kukaï » proprement dit.)