« Une Histoire du Haïku » : R.H. Blyth – 21) : Poètes de l’époque de Buson :

(Chapitre XIX, pp. 333-48)

RYÔTA (1718-87 – élève de RITÔ (1680-1754), élève de RANSETSU) :

Les pluies d’été ;

Un soir la lune apparut

en secret, derrière le pin

Du bleu

de l’aurore,

une seule feuille de paulownia

L’infirmier s’en alla

mais laissa derrière lui

ce papillon

La bourrasque d’automne

souffla l’aigle

du bord de l’à-pic

°

RANKÔ (1726-98), élève de Kiin :

Les pluies d’été ;

une souris court autour

du vieux panier d’osier

Les roseaux desséchés

jour après jour se cassent

et s’en vont flottant

Le démon de la peinture Ôtsu

s’enfume également

à la lumière du feu de broussailles

Un soir de lune ;

grimpant sur une pierre

une grenouille coasse et coasse

A la fin, à force de chanter,

elle va se détruire,

la cigale d’automne !

Eau claire ;

un voyageur

y a jeté quelque pièce

°

MEIMEI (mort en 1824, à 86 ans), élève de Shirao :

A la casserole

il manque un pied –

qu’il fait froid !

Un chien aboie ;

quelqu’un doit passer

ce soir de neige

°

GOMEI (mort en 1803, à 73 ans), élève de Bairin :

La tête légèrement rouge

des grues

au milieu des herbes fanées de la pampa

°

GEKKYO (1745-1824), un des meilleurs élèves de Buson :

Le rossignol

chante le soir

avec la même voix qu’au matin

Le marionnettiste

attacha son parapluie

à un saule vert

Pleurant le printemps

chaque année la même chose,

chaque année différemment

°

HYAKUCHI (1748-1836), élève de Buson :

La grande pièce ;

personne

qu’une mouche

°

ÔEMARU (1722-1805) :

Se rafraîchissant au soir :

Renversant Jizô

et s’enfuyant

On voit les montagnes

au soleil couchant

et l’automne, un instant

L’automne est arrivé ;

les pois sont dodus

à l’oeil

La pivoine reçoit

la lune du matin,

le soleil du matin

°

ICHIKU (1710-60), élève de Kanshû :

Désolation hivernale ;

les ordures s’amoncellent

au bas du cours d’eau

°

RYÔTAI (mort en 1774) :

Mélangés,

les cerisiers sont aussi seuls –

saules desséchés.

°

SEIRA (1740-91) :

Au bord du bateau

enlevant d’un coup de pied mes chaussures –

la lune dans l’eau

Dans l’embrasure de la porte

tombe l’ombre de quelqu’un ;

soir d’automne

La lampe

est immobile ;

une nuit de gel

°

SHÔZAN (mort en 1801, à 84 ans), élève de Sôoku, élève de Hajin :

La claire lune d’automne

les toits de tuile

ont l’air mouillé

Canards mandarins criant

la lune du soir luit

sur la porte du temple

Le visiteur parti,

caressant le bord du brasero

et me parlant à moi-même

°

DENPUKU (mort en 1739, à 73 ans), élève de Renseki (élève de Beiseki, élève de Jisen, élève d’Ansei, élève de Teitoku). Devint disciple de Buson :

Chassant une souris,

des camélias arrangés

près de mon oreiller.

°

(Chapitre XX : ISSA)

FIN

°°°

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