« Une Histoire du Haïku » : R.H. Blyth – 19 : Taigi :

(Chapitres XV et XVI = BUSON).

Chapitre XVII (pp. 289-308) :

TAIGI (1709-71) : « Le plus grand haijin, après les quatre grands. » Elève de Suikoku, de Keikiitsu :

Le voleur

rencontra un renard

dans le champ de melons

Larves de moustiques

dans l’eau stagnante

un jour ensoleillé

L’automne de l’orge ;

la poussière « ennuage »

la cloche de midi

Averse d’été –

revenant fermer la porte

de ma cabane

Un soir d’automne,

me posant des questions, y répondant,

faible et abattu

L’homme qui mangea du poisson-globe

récite le Nembutsu

dans son sommeil

Tuant un faisant ce jour,

maintenant me sentant déprimé –

soir de printemps

Jeunes pousses

croissant dans la rizière hivernale

désespérément

Cinq milles à la ronde

les cerfs-volants dansent

à marée basse

Sur le pas de la porte

la tortue entra en trébuchant –

l’eau du printemps

Début de l’automne

après le bain

un sentiment de lassitude

Fidèle à la coutume

la vieille femme se maquille

le jour du changement d’habits

Eclairs et coups de tonnerre !

Des navires coulés

la voix des fantômes

L’automne mourant,

la crête-de-coq se tient là

sa tête seule glorieuse.

Toutes les étoiles

apparaissent

Ah, quel froid !

La véranda est humide

et déserte :

pluie d’automne.

Lune croissante ;

assis dans le bateau

le clair de lune dans mon giron

Une douce odeur

de quel arbre ? 

Le bocage estival

Dans le brouillard de montagne

des gardiens du sanctuaire :

le son des conques

Les cerfs-volants sont blancs

dans le brouillard vespéral

au-delà de la tranquillité

Soir au temple

la poussière est toute

fleurs de cerisiers

Je rencontrai une femme

pick-pocket

sous la lune voilée

La voyageuse

porte son kimono ourlé

avec presque trop d’allure

A une auberge lors d’un voyage

des fleurs de glycine

laissées fanées dans le vase

Une pauvre chaumière

à travers le kotatsu

souffle aussi le vent

A l’aube

une femme s’en revient –

des pluviers pleurent

« Avec Taigi, le haïku est, ou devrait être la vie elle-même, ni plus, ni moins. »

°

(A suivre : Chapitre XVIII : « Poètes à l’époque de Buson« .)

 

 

 

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