« Seule compagne » – wakas – 4/6

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Jusammi Chikako:

(vers 1300), courtisane, et disciple de Kyôgoku Tamekane. Son poème dans ce livre est tiré de la 14ème anthologie impériale, Gyôkuyôshû (vers 1313).

Nobe toki / obana ni kaze wa / fukimichite / samuki yubi ni / aki zo kureyuku

From over the moors, / the wind stirs the pampas grass / along this narrow road, / and the evening sun grows cold, / and autumn begins to close.

De sur les landes,

le vent agite l’herbe des pampas

le long de cette route étroite,

et le soleil du soir se refroidit,

et l’automne commence à partir.

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Kyôgoku Tamekane:

(vers 1252-1316) soeur aînée de Kyôgoku Tamekane, connue principalement pour ses poèmes d’amour.

Tori no michi no / ato naki mono o / omoitachite / hitori shi nakedo / hito shirameya mo

Like a bird’s sky-road / which leaves no trail in the air, / my life, too, shall go / unnoticed, and if I cry, / will anyone know or care?

Comme la route céleste d’un oiseau

qui ne laisse aucune trace en l’air,

ma vie aussi partira

sans qu’on s’en aperçoive,

et si je pleure,

qui saura ou se souviendra?

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Kyôgoku Tamekane:

Koto no ha ni / idete urami wa / tsukihatete / kokoro ni komuru / usa ni narunuru

Once my bitterness / has found its way into words, / it dissipates, / running deep into my heart, / anger replaced by sadness.

Une fois que mon amertume

a trouvé son chemin de mots,

elle se dissipe,

courant profondément dans mon coeur,

la tristesse remplace la colère.

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Kyôgoku Tamekane:

Ika narishi / hito no nasake ka / omoiizuru / koshitakata katare / aki no yo no tsuki

Sometimes I wonder / what thoughts, what feelings he knew / as he was leaving. / Telle me what you remember, / poor cold, silent autumn moon.

Quelquefois je me demande

quelles pensées, quel sentiments il avait / en partant. / Dis-moi ce dont tu te souviens,   / pauvre lune froide et silencieuse d’automne.

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Kyôgoku Tamekane:

Ume no hana / kurenai niou / yûgure ni / yanagi nabikite / haruzame zo furu

De pâles fleurs de prunier

parfument subtilement le soir,

tissant l’ombre et la lumière.

Les saules étirent leurs doigts.
Les pluies de printemps continuent de tomber.

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Kôhô Kennichi:

(1241-1316) fils de l’Empereur Go Saga. Membre du groupe Gozan (Cinq Montagnes) de poètes Zen à Kyoto, contribua à plusieurs anthologies impériales, et professeur de Musô Soseki.

Ware dani mo / sebashi to omou / kusa no io ni / nakaba shashiiru / mine no shiragumo

Here in a thatched hut / hidden among mountain peaks, / with barely room for one, / I’m suddenly invaded / by wandering white clouds

Ici dans une chaumière

cachée au milieu des pics montagneux,

avec à peine assez de place pour un seul,

je suis soudain envahi

de nuages blancs errants

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Musô Soseki:

(1275-1351) fut, avec Saigyô, Ikkyû et Ryôkan, un des grands poètes Zen de toute la littérature japonaise. Sous la férule de Kôhô Kennichi, il atteignit l’éveil en 1305. Il fonda le Temple Tenryu, à l’ouest de Kyoto, en 1339.

Furusato to / sadamuru kata no / naki toki wa / izuku ni yuku mo / ieji nerikeri

Sometimes, while wandering, / when I cannot find which road / leads back the way I came, / the road goes anywhere, / and anywhere at all is home.
Quelquefois, errant,

quand je ne peux pas trouver quel chemin

retourne d’où je suis venu,

le chemin va n’importe où,

et n’importe où est chez soi.

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(à suivre…)

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