« Seule compagne » – wakas – 2/6

Fujiwara Okikaze:

(autour de 900), également célèbre pour ses peintures sur écrans et pour sa musique.

Tare o ka mo / shiru hito ni semu / takasago no / matsu mo mukashi no / tomo naranaku ni

Where shall I turn now / when I am in need of a friend? / At Takasago, / even aging stately pines / cannot replace lost friends.

Où me tournerai-je maintenant

quand j’ai besoin d’un ami?

A Takasago,

même les majestueux pins âgés

ne peuvent pas remplacer les amis perdus

°

Saigyô:

(1118-1190) né dans une branche mineure du clan Fujiwara, famille célèbre par les soldats qu’elle a donnés, lui prononça ses voeux bouddhistes dès l’âge de 23 ans. C’est l’un des pionniers de ce qu’on peut appeler la poésie zen de la nature. Son influence sur des poètes tels que Bashô, Ikkyû et Ryôkan fut grande.

Hitori sumu / katayama kage no / tomo nare ya / arashi ni haruru / fuyu no yo no tsuki

Living alone now / deep in these mountain shadows, / you are my companion / once this storm is weathered, / dear old cold winter moon.

Vivant maintenant seul

au fond des ombres de ces montagnes,

tu es ma compagne

une fois que cet orage s’est calmé,

chère vieille lune froide d’hiver.

°

Saigyô :

Ishinabete / mono o omowanu / hito ni sae / kokoro o tsukuru / aki no hatsukaze

Even among those / who think themselves indifferent / toward most things, / it touches the very soul, / this first cool autumn wind.

Même chez ceux

qui se pensent indifférents

à la plupart des choses,

le premier vent frais d’automne

touche l’âme même.

°

Saigyô :

Fukaki yama ni / kokoro no tsuki shi / suminureba / kogami ni yomo no / satori o zo miru

Deep within the mountains, / the mind’s moon brightly shines, / its light mirroring  / all things everywhere, itself / mirrored in the enlightened mind.
Au profond des montagnes,

la lune de l’esprit brille clairement,

sa lumière reflétant

toutes choses partout, elle-même

reflétée dans l’esprit éveillé.

°

Saigyô :

 Sora ni naru / kokoro wa haru no / kasumi nite / yo ni araji tomo / omoitatsu kana

He whose heart and soul / are at one with the great Void / steps into the mist / and suddenly thinks himself / stepping right out of this world.

Celui de qui le coeur et l’âme

ne font qu’un avec la grande Vacuité

avance dans le brouillard

et soudain pense qu’il

ne fait que sortir de ce monde

°

Saigyô :

Shi nite fusamu / koke no mushiro o / omou yori / kanete shiraruru / iwakage no tsuyu

Dead, I’ll lie forever / alone beneath a blanket / of cold moss / remembering what is learned / only from dew and dark stone.

Mort, je reposerai pour toujours

seul sous une couverture

de mousse froide

me rappelant ce qu’on apprend

seulement de la rosée et de la pierre sombre.

°

Kamo no Chômei

(1153-1216) « abandonna le monde » pour vivre dans une hutte dans les montagnes occidentales à distance de marche de Kyoto. Auteur de Hôjoki, un rapport sur la vie dans une « hutte de quatre pieds carrés », et du Mumyôshô, un des premiers manuels de poésie. Il chronique l’incendie dévastateur de la capitale en 1177, et la famine qui dura deux ans à partir de 1181.

Makura tote / izure no kusa ni / chigiru ran / yuku o kagiri no / nobe no yûgure

Needing a pillow, / where shall I find grasses / that I can bind? / Wherever I’m bound to go, / this evening moor is home.

Ayant besoin d’un oreiller,

où trouverai-je des herbes

que je peux rassembler?

Où que je doive aller,

cette lande du soir est ma demeure.

°

(à suivre)

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