Le tanka Japonais Moderne 4/6 – par Makoto Ueda

dans Modern Japanese Tanka : « Introduction » … suite (Extraits) :

La deuxième guerre mondiale et ses conséquences :

Peu de chefs-d’oeuvres littéraires virent le jour entre 1937 et la défaite du Japon lors de la 2è guerre mondiale, comme le gouvernement de l’époque restreignait largement la liberté de parole. (…) La fin de la guerre, en 1945 (…) marqua pour les poètes et les écrivains le début d’une période qui leur permit d’écrire tout ce qu’ils voulaient. (…)

Les poètes de tanka avec des tendances de gauche fondèrent le « Jinmin Tanka » (« Le tanka du peuple ») six mois après la fin de la guerre.

Le groupe « Araragi » qui avait arrêté sa revue en 1944, reprit sa publication.

Les poètes aux penchants plus romantiques se rassemblèrent pour faire revivre « Myôjô » en 1947.

Une nouvelle génération de poètes peu satisfaits de la plupart des théories et pratiques des poètes d’avant-guerre fondèrent la « Société des Nouveaux Poètes de Tanka » à la fin de 1946. Ils commencèrent à échanger des idées sur la manière de pouvoir créer des tankas qui refléteraient la société radicalement nouvelle qui commençait à émerger dans l’après-guerre. C’est ce groupe de poètes qui en vint à produire quelques unes des meilleures oeuvres de l’après-guerre, et donna le ton pour les poètes de tanka de la deuxième moitié du XXè siècle.

Un des deux auteurs de la Société est Kondô Yoshimi (né en 1903), bien qu’il ait été associé au groupe « Araragi » dans sa jeunesse (…) Comme les poètes du courant dominant d' »Araragi », il croyait au « shasei » comme principe de composition du tanka. A leur différence, cependant, il croyait que le sujet de la poésie devait refléter le désir du poète de changement social. (…) « Nous devons voir la (vie) telle qu’elle devrait être tout en regardant la réalité telle qu’elle est. » (…) Dans son optique, aucun poète ne pouvait dépeindre la vie sans être conscient de la situation politique contemporaine. Son tanka traite donc librement de la bombe atomique, de la guerre de Corée, du Traité de Sécurité Mutuelle USA-Japon, et de la guerre du Vietnam – tous observés par les yeux d’un intellectuel concerné qui croit fermement que l’homme peut créer un monde meilleur par des moyens politiques.

L’autre membre éminent de la « Société des Poètes du Nouveau Tanka » était Miya Shûji ( 1911-86) qui alla dans une direction différente de Yoshimi dans sa quête d’innovation du tanka d’après-guerre. (…) Shûji n’avait pas ou peu de foi dans le gouvernement. En 1949 il se déclara « solitaire » (…) Sa méfiance envers le gouvernement ne signifiait pas un désintérêt pour la politique ou la société, et il continua en écrivant des tankas sur des sujets tels que les Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, l’invasion soviétique de la Hongrie et les révolutions en Irak, d’un point de vue détaché des idéologies politiques. Il avait commencé à écrire des tankas sous Kitahara Hakushû, mais sa poésie ultérieure se rapproche des meilleurs poèmes écrits par les poètes d' »Araragi ».

Le tanka d’avant-garde. :

(à suivre…)

(trad. de l’anglais : D. Py).

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