Toki Zenmaro (h)(1885-1980) par Makoto Ueda

in Modern Japanese Tanka, pp. 97-108 (extraits) :

Toki Zenmaro (1885-1980) traduisit le grand poète chinois Tu Fu en quatre volumes. Publia plus de trente livres de tanka. Ses derniers mots : « J’ai vécu pleinement. Je suis reconnaissant. »

comme il est triste

d’être un travailleur

aux mains blanches!

je lis un livre censuré

des larmes ruissellent de mes joues

il est hasardeux

de vivre au Japon et de dire

dans la langue

des Japonais

ce que j’ai sur le coeur

« Nous sommes pauvres

parce que nous ne travaillons pas »

 

« nous serons pauvres

même si nous le faisons »

 

« nous travaillerons de toute manière »

Tous les jeunes gens que je connais

sont sans le sou,

cet homme-ci et celui-là aussi.

Tous les jeunes gens que je connais

sont sans le sou.

Hiver.

A LA NAISSANCE DE MON FILS :

Ne sois pas comme

ton poltron

de père.

Ne prends jamais

sa nature compromettante

PREMIER SEPTEMBRE 1923

danger!

sors maintenant!

appelant

je scrute l’obscurité

aucun signe de vie nulle part *

* écrit le jour du grand tremblement de terre du Grand Tokyo. La maison de Zenmaro fut entièrement détruite dans un feu qui ravagea son quartier.

AU LUTRIN :

quand je dis quelque chose

pour les faire rire

ils rient

vivant à une époque

qui ne peut se passer dans le rire

ayant vécu

depuis le début

à une époque déprimante

je ne la sens pas –

dit un homme

plus jeune que moi

un vieux soldat

logé dans notre maison

raconte une histoire de guerre

qui ne dit rien

à propos de tuer un ennemi

pas de nouvelles de lui *

après qu’il a mené une troupe

dans les montagnes

fleurs de volubilis

commencent à faner 

* son gendre disparu pendant la guerre

Travaillez sur l’impossible

et changez-le en possible

prêchaient nos chefs militaires du passé

notre gouvernement aujourd’hui

travaille sur le possible

et le change en impossible

A L’EXPOSITION VAN GOGH :

la vie folle

de quelqu’un qui atteignit la vérité

à la fin

d’une quête de la beauté

est ici avec moi

SUR LE MUMONKAN * :

 

où il n’y a ni

pierre ni bambou

 

je souhaite entendre

 

le bruit d’une pierre

frappant un bambou

 

* Le Mumonkan = La barrière sans porte, un classique zen écrit par le moine chinois Hui K’ai, pendant la dynastie Sung.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :