Tsukamoto Kunio (1922-2005) par Makoto Ueda

in Modern Japanese Tanka, pp. 193-204.

(Extraits).

°°°

Sa réputation en tant que poète de tanka grandit pour atteindre celle du romancier Mishima.
Son livre Mokichi shûka (Poèmes supérieurs de Saitô Mokichi) publié en trois volumes entre 1977 et 1981 est un des meilleurs livres de critique de tanka jamais écrits. Le nombre de livres qui portent son nom s’élève bien au-delà de cent, et il ne montre pas (en 1996) de signes de ralentissement.

°°°

dans un bosquet

de bouteilles de champagne

quelqu’un enseignant à une classe

le calcul de l’investissement 

différentiel et intégral

mains cueillant une rose

mains tenant un fusil de chasse

mains caressant un être aimé

mains * sur chaque pendule

pointant vers la 25ème heure

* = aiguilles

femme

comme un canon de fusil

je continue à la charger

d’explosif liquide

jusqu’à la fin de la nuit

jour d’été tardif

dans un pays au bord

de l’effondrement

 

un clou enterré dans l’asphalte

montre sa tête étincelante

même quand

on passe un film comique

elle est bien là

laissant s’échapper de froids rayons de lumière

la sortie de secours

d’un moulin à blé

à un hôpital de charité

puis à une boucherie

les lignes électriques s’étendent

jusqu’à la lande desséchée

seulement quand

le courant est coupé

commence à chanter

son chant sans voix

la guitare électrique

un cercueil exposé

aux pompes funèbres

froidement

repose en paix

qui fait exactement ma taille

comme tombe la nuit

sur ce jour du début d’été

le front brillant

un courtier en assurances

vient vendre une mort lointaine

sur la neige

après qu’un orage a passé

des milliers de fusils

cachés sous terre

visent le ciel

de vigoureux

jeunes gens paradent

vers la mort

dans les montagnes estivales

où des cordes pendent comme des intestins

après la mort

toujours un frais lendemain

 

de l’eau toute neuve

gargouillant dans une cuve

à l’aquarium

cette nuit de S.O.S.

sur le trottoir mouillé

un scarabée et moi

l’un prétendant être mort

l’autre le contraire

me tenant immobile

dans le crépuscule d’un froid

soir de printemps

je me demande si une âme ne

ressemble pas à une feuille d’or

j’ai balayé

toute la poussière de la littérature

et cependant

dans un coin de ma chambre

il y a encore un désert de Gobi

°°°

(Tr. fr. D. Py).

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :