Sasaki Yukitsuna (1938 -) par Makoto Ueda

in Modern Japanese Tanka, pp. 217-228.

(Extraits) :

°°°

Né dans une famille de poètes de tanka. Eut ses premiers poèmes publiés dans la vénérable revue « Kokoro no hana » (« Fleurs du coeur »), dont son père était l’éditeur, dès l’âge de 6 ou 7 ans.
Reprit « Kokoro no hana » en 1974.
Prix de l’Association des Poètes de Tanka Moderne en 1970.
Prix du Musée de la Poésie Japonaise en 1989.

Prix Shaku Chôkû en 1994.

°°°

AU ZOO :

une antilope

qui ne galope pas

et un homme qui ne chasse pas

se comprennent

et détournent les yeux

écrivant une série

de formules chimiques

avec en apothéose

une explosion imaginaire

c’est tout ce que j’ai fait cet après-midi

PRIERE DU BOULANGER :

gloire à ceux

qui mangent le pain

que j’ai cuit!

je ne vis pas

de pain seulement

le clair de lune

me fit agir si follement

elle m’a menti

mais je suis aussi un lâche

qui vis avec elle maintenant

avec une gueule de bois

j’enfonce mon corps profondément

dans la baignoire

mais comme de la graisse ou autre chose

ma honte refuse de se noyer

aimant toujours

la forme progressive des verbes

je vis près d’une rivière

admirant une fois par jour

son courant empestant

dépassé par le temps

qui ne s’arrête à rien

mon train

qui s’est arrêté une minute

émet un cri strident

un jeune garçon

montant à bord avec

une cigale en cage

devient le centre d’attention de notre

bus qui fonce sur la route de nuit

la floraison terminée

les arbres se tiennent au-dessus des pétales

tombés au sol

le tanka contemporain

part de cette vision

avec ceux qui

se sont rassemblés pour pleurer

la mort d’un ami

je regarde vers la corde

qui pend du ciel

changeant 

la lame de mon rasoir

je contemple

la peau d’une jeune femme

que je dois rencontrer cet après-midi

en voyage

je perdis mon appareil photo

après avoir pris

des clichés d’une belle

femme au printemps

chaque matin je me lève

avec le rêve de quelqu’un 

à mes trousses

je suis une rondelette

girafe entre deux âges

enfant dans mes bras

devant la cage d’un tigre

je me tiens

vêtu des vêtements de cuir

d’une vie paisible

°°°

(Tr. fr. : D. Py).

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