Ôkuma Nobuyuki (1893-1977) par Makoto Ueda

in Modern Japanese Tanka, pp. 133-144 :

(Extraits)

°°°

Intéressé des ses débuts par le tanka prolétarien. Contributeur régulier de la revue de gauche « Seikatsu to geijutsu », fondée en 1913 par Zenmaro. Co-fonda une revue de poésie en 1927. Fut également membre fondateur de la Ligue des Poètes du Tanka Emergeant en 1928. Il se tourna plus vers l’innovation formelle du tanka, explorant les possibilités du tanka de style libre… S’arrêta d’écrire de la poésie au milieu des années 1930. Professeur d’économie dans plusieurs universités. Populaire avec ses étudiants, il se joignait à eux en discothèques, même après ses quatre-vingts ans. Ôkuma Nobuyuki kashû (Les tankas recueillis de Ôkuma Nobuyuki), publié en 1931, fut son seul recueil de poésie édité de son vivant.

°°°

FETE DU TRAVAIL * (4 poèmes) :

le cri de bataille

s’élève vers le ciel

les troupes de policiers

tout autour

se reposent sur l’herbe

calmement les citoyens

regardent les manifestations

de la Fête du Travail

plusieurs centaines d’entre eux

dans l’ombre verte

ses bras

fermement tenus

à droite et à gauche

par des mains de policiers

épée à la ceinture

camelot

poussant une voiture à bras

pauvre gars!

au milieu de cette immense

foule de la Fête du Travail

°

* Contrairement à la tradition et à l’usage par la plupart des autres poètes de waka et de tanka, les tanka de Nobuyuki ont des titres.

°

HUMAINS ACHETES ET VENDUS (2 poèmes) :

les années passant

leurs plaintes s’affaiblissent

de plus en plus

ceux qui vivent encore

après qu’on leur a rogné les ailes

peu importe ce que ce monde

pourra devenir,

qui fera amende honorable

pour ces larmes ruisselantes

°

DECLARATION ENFLAMMEE :

jusqu’ici

vous pouvez avancer

mais pas au-delà

voilà ce qu’ils disent

 

avancez au-delà!

°

ET PUIS :

j’ai toujours agi ainsi

j’agirai toujours ainsi

si je n’agissais pas ainsi

que pourrais-je faire d’autre?

°

VOYAGE EN TROISIEME CLASSE PAR TRAIN DE NUIT (3 poèmes) :

le train roule

la poitrine blanche ballotte

le bébé pleure

les yeux d’un jeune homme

en face

se ferment et s’ouvrent

immuable sur son siège

tête baissée

un fermier âgé dort

respirant

de sa poitrine massive

°°°

(Tr. fr. D. Py).

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