Yosano Akiko (1878-1942) – par M. Ueda

Extraits du chapitre 2 de Modern Japanese Poets, pp. 53-94.

Yosano Akiko (1878-1942) écrivit , selon une estimation, 50 000 tankas. Elle éleva onze enfants. Son premier livre de tankas : Cheveux emmêlés (1901) secoua  la scène poétique contemporaine à cause de son affirmation audacieuse de la passion sensuelle.

« Pour Yosano Akiko, le tanka était comme un poème de vers libres de cinq vers : c’était une forme à travers laquelle elle pouvait tout chanter sur un souffle. »

« Tous les tankas sont des poèmes lyriques exprimant des sentiments » : Y.A. (p. 55)

Akiko prit une position forte contre le « shasei », même dans le haïku. (…) « Toute la poésie est une expression émotionnelle. » (…) « L’art repose profondément dans l’âme du peintre. Il ne réside pas dans le sujet à peindre. (…) L’artiste ne vit pas dans la nature. La nature, plutôt, vit dans l’artiste. (…) Une oeuvre d’art est une image du soi. Elle a besoin : premièrement du moi; 2° du moi; 3° du moi; … absolument, du moi. »

(p. 57) : Le coeur de la poétique d’Akiko était le « jikkan », les sentiments qu’un poète expérimente réellement à un moment donné.

(p.58) : L’antonyme de « jikkan » est « kyogi » : « fausseté » (« fabriquer délibérément des sentiments qu’on ne possède pas réellement ».)

Les « jikkan » « sont une sorte particulière de sentiments d’excitation qui appartiennent au royaume des émotions poétiques. » (…) Les jikkan sont des sentiments plus forts que ceux que les gens expérimentent généralement dans leurs vies quotidiennes. (…) Les jikkan ne peuvent pas être exprimés en prose, parce qu’ils sont trop intenses.

(p.62) : L’intellect, dans son processus d’abstraction, détruit l’immédiateté de l’expérience.

(p. 70) : les jikkan sont comme de l’eau jaillissante. « L’eau renferme un potentiel de formes nouvelles : elle peut devenir torrent de montagne, mare, grande rivière, lac ou océan. (…) Si le jikkan a le rythme du tanka, le poète n’a besoin que de lui laisser prendre la forme du tanka. » (Y.A.)

(p.73) (A propos du rythme externe) :  Le patron () s’établi(ssai)t plus par l’exigence du jikkan que par le dessein du poète. (…) Même dans l’étape finale de la composition, c’est le jikkan, pas l’esprit conscient du poète, qui choisit la forme du verset à travers lequel il va s’exprimer.

(p.82) : « Avec un bras en moins, la Vénus de Milo est une statue à part entière, une grande statue ». (Y.A.) L’aphorisme voulait montrer l‘insignifiance de la forme artistique en comparaison avec ce que la forme concrétise. (…) La forme est subordonnée au jikkan. Elle ne lui est pas imposée; le jikkan coule spontanément sous une certaine forme, comme de l’eau jaillissant qui devient mare ou torrent de montagne : C’est la force et la beauté de l’eau qui importent le plus, pas la forme qu’elle se trouve prendre.

°

(tr. : dp).

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