CHIYO-NI ou KAGA NO CHIYO (1703-1775)

Connue en tant que Chiyo-jo, pour indiquer une femme mariée, et plus tard Chiyo-ni, pour indiquer qu’elle était devenue moniale.

Alors que je réfléchissais à mon thème 

répétant « coucou »,

le jour pointa

: écrit alors qu’elle était toute jeune : demandant à un poète connu des leçons de hokku, il lui donna le thème le plus commun, et cependant le plus ardu : « coucou » (« hototogisu »), et alla se coucher dans la pièce attenante. A l’aube, elle lui offrit ce verset « parfait ». Le maître fut humilié par l’enfant.

Si ce n’était pour leur voix

les hérons disparaîtraient

ce matin de neige

 

J’ai oublié

que mes lèvres étaient fardées

à la source claire

 

Fleurs de lune!

quand la peau d’une femme

se révèle

: Elle trouve que sa peau nue est aussi blanche et transparente que les doux pétales du volubilis.

 

Le vent d’automne

résonne dans la montagne

cloche du temple

 

Aucune couleur d’automne

ne teint ce versant de la montagne –

un amour non partagé

 

La séparation de l’aube

inconnue

des poupées

: Les poupées ne connaissent jamais la solitude du petit matin, quand l’amant d’une femme est parti, après une nuit d’amour.

 

Des feuilles comme ombres d’oiseaux –

la solitaire

lune d’hiver

 

L’eau claire est fraîche

les lucioles disparaissent –

il n’y a rien de plus

 

Le papillon

quels sont les rêves

qui lui font

battre des ailes ?

 

Quoiqu’on porte,

qu’on a l’air beau

quand on admire la lune!

 

La couche nocturne du mendiant –

qu’elle est vivante et gaie

du chant des insectes!

 

Cent gourdes différentes

de l’esprit

d’un seul vin

: Cent significations proviennent d’une seule pensée (= un principe zen.)… C’est l’Esprit Poétique unique qui produit toute la poésie, tous les haïkus…

 

Je dors – je m’éveille –

comme il est grand le lit  

sans personne à côté!

: Supposé avoir été écrit par Chiyo qui, mariée à dix-neuf ans, devint veuve huit ans plus tard. Son poème était si célèbre qu’il inspira une parodie grivoise, écrite par UKIHASHI, une courtisane du quartier des plaisirs : « Si votre moustiquaire est trop grande, / pourrais-je la partager avec vous, / ô Chiyo ? »

 

J’ai vu la lune

Je termine ma lettre au monde par :

Respectueusement vôtre.

: Ce fut son poème de mort. « Kashiku » est une formule féminine élégante de conclure les lettres officielles.

 

(D’après The Classical Tradition of Haiku – An Anthology, éd. F. Bowers)

°°°

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