Ogiwara Seisensui, par Makoto Ueda – 1/19 – pp. 284-5/334

dans Modern Japanese Poets

(Poètes japonais modernes)

ch. 7 : Ogiwara Seisensui (1884-1976).

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Un des développements les plus intrigants de la poésie moderne japonaise a été l’émergence du haïku de style libre (« jiyûritsu haiku »), mouvement créé pour libérer le haïku de ses exigences traditionnelles : le canevas des 17 syllabes et la référence saisonnière.

Le mouvement, commencé vers 1909 (1) choqua ses contemporains. Pour beaucoup d’entre eux, le haïku de style libre semblait une contradiction erronée dans ses termes. Comment le haïku, une forme à vers fixes, pourrait-il être de style libre ? Si un poème est écrit sans prosodie prédéterminée, ne serait-il pas plus approprié de l’appeler poésie libre (ou « vers libres ») ? Quelques poètes d’esprit radical, comme le disciple de Shiki, Hekigodô, étaient volontaires pour participer à l’expérience, mais la plupart des haijins en vue étaient sceptiques quant à son futur succès et des conservateurs attaquèrent violemment le mouvement de dévier de la tradition honorée séculairement. Néanmoins, le haïku de style libre a survécu, bien qu’il n’ait pas gagné autant de partisans que ses promoteurs d’origine l’eussent souhaité. Leur principale revue « Nuages stratifiés » – fondée en 1911 – continue de publier les oeuvres d’anciens et de nouveaux poètes qui écrivent des haïkus de style libre. De plus, Ozaki Hôsai (1885-1926) et Taneda Santôka (1882-1940) (2), deux pratiquants extraordinaires du haïku libre ont accédé à des positions prédominantes dans l’histoire de la poésie japonaise moderne. La majeure partie de leur oeuvre poétique ne fut connue du grand public qu’après leur mort, grâce surtout aux efforts de leur mentor, Seisensui.

(1) Cette année (1909), deux revues pionnières du haïku de style libre virent le jour : « Chaleur verdoyante » et « Fumée ». Elles ne durèrent qu’un couple d’années, mais les revues qui suivirent, telles que « Nuages stratifiés » et « Cognassier », reprirent le mouvement.

(2) Hôsai et Santôka venaient tous deux de familles riches, mais à mi-chemin de leurs carrières, ils abandonnèrent brusquement leurs maisons pour devenir moines bouddhistes. Chacun passa une grande partie du reste de sa vie à errer et mendier pour faire l’aumône.

(à suivre…)

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