Haïkus japonais modernes 6/8 – Stryk

Takeo (1908-?) :

cascade asséchée,

le clair de lune

trempe les rochers

lever de soleil sur la mer

un coq chante,

l’haleine empanachée

malade de la terre

une alouette monte, chantant

du fond du coeur

marée basse de printemps –

tout est

grainé de sable

les paroles cessent –

pétales blancs

tombant dans mon coeur

Kyoho (XXè S.) :

ciel pommelé –

me souvenant

d’il y a longtemps

Hakuu (1911-1936) :

stridulation de grillon –

maintenant

ma vie est claire

Shuoshi (1892-?) :

pivert des prairies,

hâtant

la chute des feuilles

 

m’agenouillant

devant un chrysanthème –

comme ma vie est calme 

m’approchant, j’écris

dans la senteur

des chrysanthèmes

Shihaku (XXè S.) :

encore du sang

de mes poumons – comme sont clairs les visages

de ceux que j’aime

Genzaburo (XXè S.) :

enfants faisant la culbute

dans le ciel d’hiver –

pas de corruption de quiconque

Hakyo (1913-1969) :

feuilles tombées –

des mains blanches d’invalides

autour du feu de joie

ouragan de printemps –

cependant le fantôme

s’aventure dehors

une grue

emporta ma passion

dans la nuit d’automne

quittée par la luciole

une tige d’herbe

se courbe bien bas

 

Bosha (1900-1941) :

herbe nouvelle –

doucement, doucement

je marche sur des nuages

cheval

jusqu’aux oreilles

dans les radis

ramasseuse d’herbes –

le bébé sur son dos

devient pierre

matin d’automne –

la rosée sur la feuille de taro

s’évanouit dans l’air

temps à chrysanthèmes

une pie-grièche

crie du ciel

un accès de toux

gâche

le chant des pins

me quittant,

ma toux

déchire la forêt

des cieux

il neige silencieusement –

cri perçant du milan

Shinkichi (1901-1987) :

de toutes les choses vivantes

je serais une patate douce

fraîchement déterrée

mes cheveux tombent vite –

cet après-midi

je pars pour l’Asie Mineure

Je suis joyeux, quoiqu’il puisse arriver,

une bouffée dans le ciel –

où qu’existe la splendeur, j’y suis

dites juste : « il est sorti » –

il reviendra

dans cinq milliards d’années

Hakuchin (XXè S.) :

somnolant dans le bateau

sous la Voie Lactée

à des lieues de chez moi

Sekito (XXè S.) :

orage d’automne –

visages se rapprochant

à la lumière de la bougie

Sojo (1901-1956) :

veilleur de nuit

sonne l’heure,

fendant la lune

la fièvre partie

le vide

un jaune maladif

les graines s’étalent 

sur ma paume

tremblant de vie

flamme

passant de bâton en bâton

quel calme

ma femme – trouble

de mon oeil droit

nette du gauche

Taizo (XXè S.) :

midi nuageux –

la pivoine du jardin

si profondément blanche

Keion (1877-1927) :

fleurs de cerisiers

contre

une tenture de nuage

l’homme flâne

négligemment

au milieu de cris d’insectes

(A suivre : Sekitei)

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