Haïkus japonais modernes – 5/8

Seisensui (1884-1976) :

mes vérités :

Bouddha, verts

épis d’orge.

la pleine lune

arrive

à sa fin glorieuse

dans le ciel de montagne

une ligne de fumée –

quelqu’un vit là-haut

Santoka (1882- 1940)

le chant de la rivière

me mène

à mon village

reposant les baguettes –

assez.

Je suis reconnaissant

libellule

perchée sur mon épaule

faisons un tour

marchant plus loin,

plus loin,

colline verte après colline verte

Shikunro (XXè S.) :

un mendiant passe –

de l’ombre à la lumière

de la lumière à l’ombre

Gomei (XXè S.) :

Juillet – déjà

le vent d’automne

est dans la pluie

Seisi (1869-1937) :

le mendiant 

chasse le papillon

de devant lui

gelées ensemble

dans un rêve –

limaces de mer-

vent d’automne –

les poissons plantés

dans les profondeurs

même confinée

la mouche d’hiver

suit le soleil

Toyojo (1878-?) :

au bord de la falaise

il boit

de l’eau claire

Koyo (1867-1903) :

une chance qu’il soit dans Tchouang-tseu,

le nid flottant

de cet oiseau vert ?

averse soudaine

sur mon visage – neuf gallons

de désirs rincés

Fusei (1885-?) :

regardant en arrière –

fleurs de cerisiers du soir

plus loin, plus loin

à travers les pétales

sur la mare,

l’oeil de la grenouille

chat assoupi sur le poêle –

y a-t-il une seule chose

qu’il ne sache pas ?

Hekigodo (1873-1937) :

orage hivernal –

au mur de pierre

une dérive de canards

tout ce qu’offre Dieu –

ce sentier à travers

la lande desséchée

Suju (1893-?) :

une coccinelle décolle,

ses ailes

la scindent en deux

oiseaux aquatiques

occupés à tirer des traits

entre eux

même la nuit

les feuilles cascadent

au mur

Choha (XXè S.) :

dans la brume –

la cloche vespérale,

senteur de la haie

Kusatao (1901-?) :

ciel de ville –

une chose nouvelle

les hirondelles

soudain

se la rappelant,

ses pieds écrasèrent le gravier

soleil automnal-

la main d’un ami mort

chaude sur mon épaule

mille feuillages de l’été,

au milieu mon enfant

fait ses premières dents

(trad. Seegan (Laurent) Mabesoone)

brillant

sur les rails ferroviaires,

des socquettes blanches

cheval, à la charrette,

la lumière du soleil d’hiver

sur son dos

Hosaku (1906-1936) :

soleil de midi –

comme elle est seule

mon ombre

ou :

soleil de midi –

comme je suis seul,

mon ombre

Fukio (1903-1930) :

milieu de l’hiver – un corbeau

tombe

sur sa propre ombre

(à suivre : Takeo, p. 72.)

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