Haïkus japonais « modernes » 1/8

tirés de A Cage of Fireflies, Modern Japanese Haiku, de Lucien Stryk,

(choix et traductions de d.py, janv.-fév-2016)

°

Kasho :

dans la cage

des lucioles, presque toutes mortes,

j’envoie un souffle

°

Introduction :

Doho (citant Bashô) :

« Le Maître dit : « Apprenez d’un pin ce qu’est un pin et d’une tige de bambou ce qu’est une tige de bambou. » Ce qu’il voulait dire par là c’est que le poète devrait détacher son esprit du « soi »… et pénétrer dans l’objet, partageant ainsi sa vie et ses sentiments délicats. Après quoi un poème se fait de lui-même. La description de l’objet ne suffit pas : à moins que le poème ne contienne des sentiments qui émanent de l’objet, l’objet et l’égo du poète resteront des choses séparées. »

Sogi (1421-1502), Sokan (1458-1546), Moritake (1472-1549) ont été honorés par Bashô pour avoir créé le haïku. D’eux, il apprit les bases.

Kikaku (1661-1707) :

feuille

d’igname –

le monde d’une goutte d’eau

Issa :

nuage de moustiques –

ce serait vide

sans eux

Bonchô (? – 1714) :

rossignol –

mes sabots

collent à la boue

Shiki :

Vent d’automne :

dieux, Bouddha –

mensonges, mensonges, mensonges

(…)

Shiki à ses disciples : « Ne pensez pas – Sentez. Soyez naturels ». « Prenez vos idées non pas des haïkus « classiques » du passé, mais du monde de tous les jours ». « Eliminez tout mot qui n’est pas essentiel, jusqu’à la moelle. » « Ecrivez d’après vos sensations, et seulement pour vous-mêmes. Si vous ressentez fortement, ainsi fera votre lecteur. »

« shasei » = réalisme (copier le sujet), mais sélectivement, en mettant l’emphase sur les éléments les plus caractéristiques ».

« makoto » = shasei tourné vers la « réalité intérieure », avec la même concentration sur le rendement direct du sujet, mais le sujet étant le « soi » du poète, en tant qu’expérimenté aussi objectivement que quoi que ce soit dans la nature. Plus que tout, peut-être, « makoto » est le « sentiment sincère » et la « signification ».

Shiki lui-même écrivit beaucoup de poèmes de plus ou de moins de dix-sept syllabes.

Son propre groupe basait ses poèmes sur l’émotion, évitait la banalité, la platitude, méprisait la verbosité, utilisait toutes sortes de langages (de l’ancienne poésie de cour à l’argot moderne), et était indépendant de tous lignages, et de toutes écoles particulières.

Shiki : Sur 10 poèmes de Buson, 7 ou 8 étaient superbes, alors que seuls deux ou trois (sur 10) étaient bons chez Bashô.

Le haïku moderne idéal, selon Shiki, s’écrit sur environ 17 syllabes, avec, comme par le passé, un mot de saison.

La valeur d’un poème est son individualité et sa liberté par rapport aux stéréotypes. Le poème idéal est frais et non-inhibé.

Buson :

matin de rosée – 

ces casseroles 

sont belles

(…)

Un poème est un problème qui cherche une solution.

Chez Shiki un poème sur six a 18 syllabes, ou plus.

Uchijima (à propos de « Soun » rompant avec la tradition) dit : « la vieille école inhibait l’expression libre et « Soun » voulait redonner de la vigueur au haïku. « Nous avons besoin d’air frais ! »

(…)

En dépit de tout ce que vous craignez, de temps en temps l’art a besoin de ressusciter, d’un coup de pied aux fesses !

°°°

(à suivre : choix de haïkus – à partir de Shiki)

 

 

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