Haïkus, etc. – Py – oct. 2015 – 3/3

°

(Kyôbun) :

Haïku :

ne pas en rajouter dans l’émotion, dans l' »émotionnalisme », dans la sentimentalité, le sentimentalisme…

rester « discret », « pudique », « voilé », « léger », sensible mais « subtil » avec ses propres émotions (et celles du lecteur ?). Ne pas chercher non plus ce genre d’effet d’affect

°

submergées les digues 5-7-5,

mais l’esprit de l’eau…

°

la marée était bulles…

°

vieillissant,

ne s’arrangeant pas le portrait

il avait cru

pouvoir devenir beau

en vieillissant

– désillusion

Il avait cru

pouvoir s’arranger

le portrait

avec l’âge

– macache macaque !

glace(s) sans fond(s) de teint !

ça ne s’arrange pas

en vieillissant

m’affirment ces miroirs

miroir

ou

rides, ô ?

°

l’hiver

les mouches

(s’en) reculent

s’encoconnent

au chaud du bois…

°

écrire est le centre du nombril du stylo

°

le jour

passe par la fenêtre

tout en douce

et vient dérober

l’ombre

°

deux soeurs pénétrèrent dans le bar

les verres

se turent

(2006 ?)

°

(Kyôku) :

Etudier les techniques des liens du renku

pour maîtriser ceux du haïku.

le kireji étant le pivot (central) du haïku.

°

(Kyôku) :

Evitez que votre haïku

soit une toile

où s’engluent vos mots !

°

(B)

devant le paysage automnal

qui défile

un voyageur coréen

chante a capella

(A)

sur son écran

une chanteuse

se déhanche

muettement

(TGV Strasbourg-Paris, 26/10)

°

un avion dans le ciel d’Orly

le trait horizontal

de sa bouche fermée

°

automne déclinant

l’araignée passe de la lumière

à l’ombre

sans sourciller

°

coupures d’ongles orange

la lune curcuma

°

Nous sommes voisins

de la pire espèce (qui existe) :

les hommes

°

haïcoudre

°

Haïkus de formes libres

Haïcoudées franches ?

°

5-7-5 : l’appât rance du haïku

°

train :

Assisoler

: boules quies

°

Evoluhaïku

°

Faire sauter les grenouilles

au présent du haïku

°

haïku in progress

°

Attendant la fin de sa réunion –

le vent souffle

les feuilles volent

(: Virginie, Millau, 27/10/15)

°

L’exploraïku

haïku-limites

°

Le haïku n’est pas une poupée gonflable

°

re
lier

°

le crépitement (des mots) de la pluie
sur le (clavier du) toit –
Millau, fin octobre.

°

les parapluies roses *
(ouverts) au-dessus de la rue
– les autres
à dos d’hommes

* : campagne anti-cancer.

campagne anti-cancer –
des parapluies roses
ouverts sur la ville

°

« Je veux me souvenir! »
« Je veux me souvenir! »
chante-t-elle au Foyer

(: Les Cheveux-d’Ange, Millau)

« Oui, j’ai fait une dent »
dit la vieille dame
jouant au scrabble

à la télévision
certains résidents préfèrent
l’aquarium

« – Vous n’avez pas fait la sieste ? »
« – Oui, avec les poissons ! »

lançant son lancinant leitmotiv
« J’ai mal partout! J’ai mal partout! »
à longueur d’après-midi finissante

un couple passe :
trois cannes
pour deux

le déjeuner fini,
tourner le fauteuil
vers le paysage rutilant

admirant le bouquet
varié d’anémones
sur la table du déjeuner

puis se retirant
à l’intérieur de soi

fin du déjeuner
maman
sur le paravent
compte les papillons

la bouche ouverte
de l’après-midi
le silence des résidents

télévision éteinte –
la bouche ouverte des dormeurs

le si lent temps des très âgés
que peu à peu
ils rejoignent

les sans pas
peu à peu
rejoignent le temps

le temps étal des très âgés…

la sieste au Foyer
dehors le bruit
d’une scie

la sieste au foyer –
dehors
une tronçonneuse

une voisine de chambre :
on dirait un jockey
exhortant sa monture…

°

Pour moi, le 5-7-5
n’est plus un critère,
c’est un balancement
comme un autre

°

corneilles caquetant toutes
Avenue Jean-Jaurès
ce soir du 28

°

devant le paysage rutilant
le voyageur coréen
chante a capella

°

ce soir
des couillettes bio
au souper ?

°

je me souviens
des imposants ciseaux
dont mon grand-père se servait
pour découper ses cuirs

°

quelquefois
la soupape de la soupière
siffle
et libère
un délire de fumet…

°

épucelage : action de se débarrasser de(s) puces

°

sous la feuille repartie
le sec du trottoir

la feuille repartie,
le sec du trottoir

°

Déjeuner avec mère au foyer :
elle me récite un poème de Victor Hugo
finissant par :
« demain je serai juste et fort
mais pas aujourd’hui. »

le nez vers le ciel
maman dort dans son fauteuil

°

un papillon clair
entre les couleurs chatoyantes
– avant-veille de novembre

c’est un régal pour les yeux
– et le coeur,
cette saison dorée !…

°

ginkgo bilobaba…

°

efforçons-nous de marcher
vers les bons haïkus
vers les vrais haïkus

, c’est tout!

°

kôan-nez :
le mot « fumier »
sent-il mauvais ?

quelle est l’odeur
du mot « fumier » ?

°

plus de pluie –
plus de parapluies roses
au-dessus de la rue anti-cancer

°
(Bashôtage :)

Mes voisins de Dnipropetrovsk *
comment vivent-ils
ce matin à 5 h 35 ?

* : 6 jours plus tard, je vois (sur W9) l’équipe de Saint-Etienne qui rencontre Dniepropetrovsk en Ligue Europa de football !

°

le jour
tape à la porte
– discrètement
d’abord

°°°°

« Fantaisie arachnéenne »

(: Millau, 30/10/15)

°°°°

Profiter de la grasse matinée –
les salves brèves et répétées
de l’engin
défoncer de bitume

°

paysage rutilant au soleil
le cimetière rempli de chrysanthèmes

°

Bashô ébaubi
devant Matsushima
bégaie « Ah! »

(tel Teishitsu
devant Yoshino!)

°

mes yeux se réjouissent :
courant de gauche à droite du train

(Couleurs :)

lisant « La vie du jardin »
assise à son siège –
dehors les cent glorieuses…

(SNCF Millau-Clermont-Ferrand)

la lisière de son slip
les forêts hautes en couleurs
– presque tous les saints

la lisière de son slip
les forêts chatoyantes

(l’automne sexy)

Mitraillant
la vache
mitrayant…

Saint-Sauveur de Peyre
Saint-Chély d’Apcher
Saint-Flour – Chaudes Aigues
(en remontant)
: presque tous les saints

Tous, hein ?
Ecrivez tous, hein!

Tout un tas de bois
au pied d’un tronc
– gueuler

toutes plus somptueuses
les unes que les autres –
un pêcheur
tout en bas

toutes les couleurs
derrière mes yeux
fermés

plein les admirettes…

du linge sur une corde
les couleurs du vent

l’automne florissant…

l’automne rustyle *

l’automne rustile (?)

* : cf. anglais : « rusty » = rouillé.

°

une dérouillée d’automne / automnale

dérouillée d’automne
avec vaches *
(blanches)

* = « haïku-kuh » ! (cf. all. : « Kuh » = vache)

longue après-midi
à remonter d’en France
par le centre de l’automne

°

les mots s’arrondissent
les mots se polissent…

°

une « théritière » = une (jeune) anglaise de bonne famille (?)

°

dans la forêt
la table moussue
peu à peu
revient
à la forêt

°

le cuir
de mon père
luisant aux poignets *
– quinze ans bientôt

* / luisait ô poignant

°

(Quittant Neussargues, vers Clermont-Ferrand :)

le train suit
les courbes de la rivière

(l’automne érotique)

°

des pigeons volent
de la corde-à-linge
vers l’âne

(paysage passager)

°

la rivière remoue
blanche
(et sombre)

l’eau caillouteuse
le rythme (régulier) des roues du train

vaches
leurs cornes prises
entre rail
et rivière…

le train passe,
les vaches donnent de la corne

l’eau tonne ?

(torrent ?)

rivière
jonchée
de feuilles
(…)
le train fonce à tout rail

°

Poubelles,
premières compagnes du matin

°

montée du jour –
la lumière de l’arbre
… qui se répand à terre

(Orly, 31/10/15)

°°°

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Une Réponse to “Haïkus, etc. – Py – oct. 2015 – 3/3”

  1. Marcel Peltier Says:

    la lune voit
    passer l’avion
    et se tait

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