Senryu – Les senryûs historiques – 79-81)

Chapitre XX : Les senryûs historiques :

(Extraits :)

Il mesure
la fumée du peuple
avec son sceptre
(: Tsuyukusa)

De la fumée de bois vert
partagée aussi
dans le « Poème Impérial » (*)

(*) : C’est le waka composé par l’Empereur pour exprimer sa joie à l’augmentation de la fumée :
« Montant
dans cette haute tour
et admirant la fumée
des cuisines de mon peuple :
comme ils sont prospères ! »
(: L’Empereur Nintoku, 313-399, à Osaka.)

Autre parodie:

La fumée
des demeures pauvres
devient la chanson de l’Empereur.

Autour du bassin d’ablutions
les seigneurs s’assemblent
comme s’ils vomissaient

Sautant en l’air : illuminé ;
sautant dedans :
connu du monde entier

: Ono nô Tôfu (896-966), un des plus grands calligraphes, apprit patience et concentration en regardant une grenouille essayer de sauter sur la branche pendante d’un saule. La grenouille de Bashô, en sautant dans la mare, est devenue mondialement célèbre.

Le docteur de Kiyomori (*)
prend son pouls,
nu

(*) 1118-1181, personnage le plus connu du clan des Taïra. On dit de lui qu’il fit revenir le soleil couchant avec son éventail. La fièvre était si forte que le docteur dut retirer ses propres habits.

– Traduction (et commentaire) de J. Cholley, in Un haiku satirique, op. cit., p.78 :
« Les médecins de Kiyomori se déshabillent avant de prendre son pouls »

La bécassine s’envole,
le corbeau se perche –
soir d’automne

: Ceci est un senryû « porte-manteau » inspiré du fameux waka de Saigyô (1118-1180) et du non moins célèbre hokku de Bashô :

« Même dans l’esprit
du Sans-Esprit
s’élève l’affliction
quand s’envole la bécassine des mares
dans le soir d’automne »

« Un corbeau se perche
sur une branche nue –
soir d’automne »

Le senryû historique présume que le lecteur n’a pas seulement une connaissance de l’histoire, mais aussi de toutes les habitudes et les petites manies des caractères historiques.

(Shôgun Nobunaga :)
S’il ne chante pas,
tue
le coucou !

(Shôgun Hideyoshi :)
S’il ne chante pas,
je le ferai chanter,
le coucou !

(Shôgun Ieyasu :)
S’il ne chante pas,
j’attendrai jusqu’à ce qu’il chante,
le coucou !

« Jisei » (« poème de mort ») de Ishikawa Goemon (1594), un célèbre voleur :

« Les grains de sable
des rivières et des plages
pourraient disparaître un jour,
mais les graines de voleurs en ce monde
ne périront jamais »

Les renards de l’enfer
veulent dévorer
Goemon

: Goemon fut brûlé vif dans un chaudron d’huile. Les Japonais disent que les renards aiment la nourriture huilée, particulièrement les fromages de tofu frits. Goemon doit avoir senti délicieux pour eux quand il atteignit les enfers. Dante aurait apprécié ce poème.

°°°

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