Senryû – Ere Tenmei – 23-25)

Chapitre VI : Ere Tenmei (1781-1789)

On continua, à cette époque, de publier les volumes 16 à 22 des Yanagidaru. D’aucuns disent que ce sont les meilleurs des 168. Les histoires de Yoshiwara et les contes humoristiques et sexuels devinrent excessivement populaires. Les kyôkas (wakas fous) atteignirent leur point culminant avec Shokusanjin (ou Yomo no Akara – 1749-1823).

La concubine
lui retire Les Analectes
des mains

: Dans Les Analectes mêmes, on trouve ceci : « Je n’ai vu personne qui n’aime la vertu autant qu’il n’aime la beauté sexuelle. »

« N’a-t-elle pas
le béguin pour moi ? »
et il demande déjà quelque chose

: Cela fait référence à quelque courtisane.

Dans les urinoirs publics
il rencontra quelqu’un
qu’il ne désirait pas voir

« Vas-t-en ! 
tu ne l’allumeras pas plus
aujourd’hui que demain ! »

: Inimitié totale d’une belle-mère et de sa bru.

Le « Je ne sais pas comment ne pas vous demander »
vient et demande
qu’on lui prête de l’argent

La geisha se laissa racheter
avec la résolution
de devenir veuve

: L’homme qui l’a rachetée est vieux, et ne vivra plus longtemps, pense-t-elle. C’est mieux d’être sa femme que de vivre à Yoshiwara, et c’est mieux d’être veuve que d’être, ou une femme mariée.

On lui donne des feux d’artifice :
« Ô jour, assombris-toi,
descends vite ! »

: Un haïku (onomatopéique) de Buson, duquel c’est peut-être une parodie :
« Le jour : « Assombris-toi ! »
La nuit : « Deviens lumière ! »
chantent les grenouilles »

Averse soudaine :
il appelle le palanquin
depuis les toilettes

Trop pitoyable :
gants et cuissardes,
mais le panier à pêche vide

La servante promit –
mais elle dormit
comme une souche

Un bel arbre !
mais le charpentier
le coupe bravement

le fils qui badine
avec une femme ordinaire
ne vaut pas grand’ chose

Ayant pris femme
son visage
se fait humain

Le passeur :
il rame tous les jours
au même endroit !

Ayant obtenu tout ce qu’il pouvait
de sa mère,
il s’attaque maintenant à sa soeur

Le chien de compagnie d’une concubine
aboie
après quelque homme

L’enfant apprécie
le printemps
avec un cerf-volant

: Ceci provient du dicton : « Un moment dans un soir de printemps vaut mille pièces d’or. »

Le chien voit,
mais même ainsi
il veut le frapper de sa canne

: L’aveugle s’offusque qu’on lui aboie dessus, et menace le chien, qui peut si facilement l’éviter.

Comme c’est vexant !
Après l’avoir acheté,
le temps s’éclaircit

: C’est un senryû de type devinette. Il pleuvait. Il acheta donc un parapluie. Mais un moment plus tard, il ne pleuvait plus.

Ses seuls plaisirs :
tourmenter sa bru
et aller au temple

Quittant le Mont Fuji,
le voyage
se fait pénible

: Aussi longtemps qu’on peut voir le Mont Fuji, cheminer sur la route est plaisant. Mais quand on ne peut plus voir la montagne amicale, voyager devient une affaire fatigante et sans entrain.

°°°

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