Senryû – L’automne – 123-4-5

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Chapitre XXVIII : L’automne

Septembre :

depuis l’anniversaire de sa mort
ils commencèrent à cueillir
ses kakis bien-aimés

Les kakis en fruit pour la première fois
sont présentés aux gens
encore sur l’arbre

En les regardant bien
ceux qui sont à portée de main
sont tous des kakis astringents

« Ce sacré vendeur de kakis ! » –
il le jeta violemment
au sol

: La force (inutile) avec laquelle il se débarrasse du kaki astringent.

« S’ils sont astringents,
redonnez-les moi la prochaine fois ! »,
dit le vendeur de kakis

« Ah, j’ai trouvé
le voleur de kakis! »,
dit-il en s’essuyant les fesses

: C’est plus ou moins une toilette publique, ou une haie : il fut, par hasard, dans le bon coin pour découvrir le voleur.

Ne suspendant plus la moustiquaire :
ce n’était pas vraiment grand-chose,
mais quel souci en moins !

Fermant les volets sur la lune
la femme
grommelle à son propos

: Son mari est parti au quartier Yoshiwara sous prétexte d’admirer la lune.

Il y a des hommes bons ;
les tortues sont alors
traitées sans cruauté

: La cérémonie pour le lâcher des oiseaux et des poissons (« Hôshôe ») se tenait le quinze août du calendrier lunaire. De méchants hommes attrapaient les tortues pour les vendre à des hommes bons afin qu’ils puissent les relâcher et se sentir vertueux. Le vice est la cause de la vertu ; la vertu est la cause du vice.

Libérant les oiseaux –
il en jette un vers le ciel :
paralysé

: Il avait été si maltraité que l’oiseau ne put voler quand « l’homme bon » qui l’avait acheté le libéra.

La belle-mère
choisit même une anguille plate
pour la relâcher

Trop heureux
l’oiseau libéré
se cogne dans un arbre

Octobre :

Le mois sans dieux –
la boîte aux offrandes
maigrit

Du « jour de l’ours »,
l’endroit où le chat est assis
est rehaussé

: On ouvrait la cheminée à partir du « jour de l’ours » en octobre. (Dans les temps anciens, les jours étaient nommés d’après douze animaux.) On parle ici du brasero (« kotatsu » – réchauffe-pieds) avec une couverture par-dessus, qui le rehausse.

Rentrant au matin * –
Elle sortit du kotatsu
le visage féroce

: du quartier des plaisirs.

Elle nettoie le brasero
avec la lettre
qui lui annonce qu’il arrive

: La courtisane utilise indifféremment ou peut-être symboliquement pour essuyer la poussière au bord du brasero.

« Ramassez les cendres de charbon
avec les mains ! »,
lui dit sa belle-mère

Versant le charbon
du sac de paille,
il recule de quelques pas

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