Eugène Delacroix – Journal – 201-250

p. 202 :

« AUTORITES : La perte pour les grands talents et la presque totalité du talent pour les médiocres. Elles sont les lisières qui aident tout le monde à marcher, quand on entre dans la carrière, mais (…) les gens comme Ingres ne les quittent plus. Ils ne font pas un pas sans les invoquer. Ils sont comme des gens qui mangeraient de la bouillie toute leur vie »

p.203 :

« Rubens, est un exemple remarquable de l’abus des détails (…) ses accessoires sont trop faits. Son tableau ressemble à une assemblée où tout le monde parle à la fois. »

p. 204 :

« les choses inutiles éloignées »

p. 205 :

« Que manque-t-il à ces gens-là ? du goût, du tact, l’art de choisir dans tout ce qui leur vient et celui de savoir s’arrêter à propos. Il est probable qu’ils ne travaillent pas; leur suffirait-il de travailler pour acquérir ce qui leur manque ? Je ne le crois pas. »

p. 206 :

« Je n’ai commencé à faire quelque chose de passable (…) qu’au moment où j’avais assez oublié les petits détails pour ne me rappeler dans mes tableaux que le côté frappant et poétique : jusque là, j’étais poursuivi par l’amour de l’exactitude, que le plus grand nombre prend pour la vérité. »

p. 208 :

(A propos d’A. Dumas et de G. Sand) :

« Ils ne travaillent ni l’un ni l’autre, mais ce n’est pas par paresse. Ils ne peuvent pas travailler, c’est-à-dire élaguer, condenser, résumer, mettre de l’ordre. La nécessité d’écrire à tant la page est la funeste cause … »

p. 213 :

« L’auteur a pris la peine qu’il devait prendre pour écarter du chemin qu’il me fait parcourir ou de la perspective qu’il me montre tous les obstacles qui m’embarrassent ou qui m’offusquent. »

p. 214 :

« Une manière boursouflée et incorrecte leur paraît le comble du génie (…)

(l’inspiration :) la contenir dans de justes bornes. Au lieu de dominer leur sujet, ils ont été dominés par leur fougue ou par une certaine impuissance de châtier leurs idées. »

p. 217 :

« Ce qui vieillit aujourd’hui ses ouvrages et les place au-dessous (…) c’est précisément cet abus de la vérité dans les détails.

p. 220 :

« Rubens n’est pas simple parce qu’il n’est pas travaillé. »

p. 221 :

« Dans les Léonard surtout la touche ne se voit pas, le sentiment seul arrive à l’esprit. »

p. 225 :

« Elle court un peu après l’effet. »

p. 229 :

« … la bizarrerie des chants vien(nen)t en grande partie de cette recherche outrée. (…) Rossini, lui, a peint à grands traits quelques paysages…

p. 242 :

« La plus grande difficulté consiste donc à retourner dans le tableau à cet effacement des détails (…) car finir, pour ces peintres qui finissent chaque détail en le posant sur la toile, c’est avoir couvert cette toile. »

p. 243 :

« Le grand artiste concentre l’intérêt en supprimant les détails inutiles ou repoussants ou sots..; »

p. 244 :

« dans l’ouvrage d’un artiste médiocre, on sent qu’il n’a été maître de rien; il n’exerce aucune action sur un entassement de matériaux empruntés(…) Il ne peut qu’inventer timidement et que copier servilement; or, au lieu de faire comme l’imagination qui supprime les côtés repoussants, il leur donne rang égal et quelquefois supérieur par la servilité avec laquelle il copie. Tout est donc confusion et insipidité dans son ouvrage. »

p. 250 :

« Le factice saute aux yeux. »

(A suivre…)

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