Archive for juin 2015

Haïkus, etc. Py – oct. 2014 – 1/2

5 juin 2015

°

dans le miroir

de son téléphone portable

elle peigne ses longs cheveux noirs

(voyage en RER)

°

dès la porte d’entrée franchie,

la prégnante odeur de cire

de l’escalier du pavillon musique

de l’école de la Légion d’Honneur

°

1er octobre –

le soleil de tout septembre

déborde

/

le soleil de tout septembre

déborde –

1er octobre

°

le papilon

entre dans l’octobre

en voletant

le papillon

entre dans l’octobre

(et dans Bagneux)

en voletant

°

l’appât 5/7/5 rance du haïku

°

tatouage sur chaque mollet –

un slip sombre

sous sa jupe blanche

°

de la gambolle

de la guibette !

°

Hélas, il appelle ses crottins mentaux

des haïkus

– Lui sera-t-il pardonné ?

°

au pied d’arbres roussissants

des bouquets de feuillages verts

emplastiqués

°

Réservez vos « je » à l’écriture du tanka !

Minimisez-le(s) dans le haïku !

°

cet anti-haïku (qui)

n’a gardé de l’original

que la coquille

le haïku creux, le haïku mort

– fossile ! le fossilaïku !

le haïku qui se décompose

/ le haïku en décomposition !

°

« Il » donne l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire en haïku…

Son haïku est un coquillage *

qui donne le mal de mer !

* il est ce qui reste d’un fruit de mer sans le fruit !

sans la chair !

il nous donne des repas de coquilles d’huîtres !

/ bribes de mots agencés ad libitum : où l’on déplore toute l’inanité de cette extrémité stérile d’une langue…

coquilles de mots sèches –

Qu’on est loin de l’adéquation du monde et du mot !

un couaïcou !

– l’inutilité de mes ranting and raving about with foam on my mind, heart… !

°

ô vieil arbre,

ton tronc si tortu

qui nous abrites du soleil

d’octobre commençant

délivre-nous des abscon(s)-neries !…

Dans le square Lily Laskine

les ombres du vieil arbre *

balancent doucement

au soleil d’octobre

* on dirait un saule (aux feuilles « gondolées »..)..

au-dessus du square ° Lily Laskine *

des avions

tracent de longs traits blancs

dans le bleu d’octobre

° Porte de Champerret

* célèbre harpiste française du XXè siècle

les plumets des roseaux s’agitent

vers les nuages plus placides

dans l’octobre glorieux

°

dans certains haïkus le je s’efface

dans d’autres haïkus le je s’exalte

– antipodes

Quand on voit comment celui-ci

(qui s’est pigeonné sur rue)

malmène le haïku, on se dit,

après 11 ans de Don Pychottisme stérile,

qu’il est bien inutile de continuer à le harceler de front !

Trouvons un autre angle d’attaque !

Délaissons-le, lui, laissons-le à ses lubies déconstructivistes (!)

et orientons plutôt les autres amateurs du genre

à ne pas se fourvoyer (ainsi),

à ne pas se leurrer,

à éviter les malversations de ce faux-prophète !

Faisons la fête

à ce faux-prophète –

ou : rideau !

l’épé(e)-remptoire (?)

un élucubreur de haïkus (stériles)…

un élucubrateur

un élucubrant-leur

un faussaire en haïku

°

pleine nuit

le frigidaire

sonne

non-stop

°

A ce stade-là, ce ne sont plus des erreurs,

des manquements par rapport aux conventions qui régissent le haïku,

c’est de l’acharnement anti-haïku.

Etiemble, dans le tome IV de L’Hygiène des lettres (Gallimard, 1966), intitulait ce livre : « Poètes ou faiseurs »

Adaptons sa formule au monde du haïku

et envisageons au moins un chapitre :

« Haïkistes ou faiseurs » !

Quel est l’intérêt de triturer, de tripoter les mots ainsi, gratuitement, stérilement, et les abstraire de leur sens (du sens qu’ils forment ensemble, le sens de ce qu’ils représentent.) C’est faire du mot le doigt qu’on observe au lieu d’observer la lune (et d’employer les mots pour la montrer…)

Il joue des mots, il joue de ses doigts, il oublie que ce dont il devait parler, c’était la lune, et de la direction que devaient indiquer ses doigts, ses mots !

Ah, que nous sommes ici aux antipodes de ce que recherchaient les anciens !

Ce « poète » qui prend les mots pour la lune !

(A suivre (carnet vert 5/10/14)

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‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 20/24

5 juin 2015

°

fuyubara ya seisho ni ôki toga no moji

Harada Seiji (m) (1919-) A la tête de la revue de haïku Michinoku (« Nord profond »)

des roses d’hiver, et,
toutes éparpillées dans la Bible,
des références au péché

°

gaitô no mama Kannon o manoatari

Kawasaki Tenkô (1927-) Leader du groupe de haïku Marten (« Dix »)

par-dessus encore mis,
entrant dans la présence de
la Déesse de Miséricorde

°

ôbâ no sukoshi ôkina shôkôjo

Saitô Kafû (m) (1931-) Leader du groupe Yane (« Toit »).

La Petite Princesse
portant un par-dessus
un petit peu trop grand

Saitô Kafû compose des haïkus comme s’il écrivait des histoires, et, de fait, la Petite Princesse mentionnée dans cette strophe fait référence à un personnage d’une histoire bien connue de Frances Hodgson Burnett (1849-1925).

°

hadakagi to naritaru sora no fukasa kana

Katô Kôko (f) (1931-) Publia la revue de haïku (« Labour »).

le ciel s’approfondit
par-delà les branches d’un arbre –
totalement effeuillé

°

fuyubachi no shinidokoro naku arukikeri

Murakami Kijô (m) (1865-1938) Commença à écrire du haïku après être devenu sourd dans sa jeunesse, et vécut ensuite dans la pauvreté. Il joua un rôle très actif dans le groupe Hototogisu (« Coucou ») autour de Takahama Kyoshi et fut un des membres moteurs de l’école Kyôgai Haiku (« Haiku de Circonstance »).

une guêpe d’hiver
avec nulle part où mourir
continue de trébucher

°

shimobashira hagane no koe o hanachikeri

Ishihara Yatsuka (1919-1998) Etait le chef de l’école de haïku Aki (« Automne »).

des épines de gel
viennent des voix brillantes
d’un bleu d’acier

°

tsukayama no maue tenrô matatakeri

Sagawa Hiroji (1939-) Edite la revue de haïku Kawa (« Rivière »).

un monticule funèbre
et directement au-dessus
Sirius clignote

Sirius, ou « L’Etoile-Chien ».

°

shinu koto mo wasurete itaru hinataboko

Itô Michiaki (m) (1935-) Leader du groupe de poètes de haïku Hakutô (« Pêche blanche »).

la mortalité aussi
entièrement oubliée
se dorant au soleil

La référence saisonnière « se dorant au soleil » indique un jour clair en hiver.

°

fuyubae no sumi iru mahô no ranpu kau

Arima Akito (m) (1930-) Ancien président de l’Université de Tokyo, un temps Ministre de l’Education, est un physicien renommé ainsi que haijin. Reçut le 11ème Prix Haijin Kyokai pour son troisième recueille haiku appelé Ten’i (« Providence »). Devint leader en 1990 du groupe éponyme.

°

genjitsu ya tôko no yuki no umi e mau

Fukaya Yûdai (m) (1934-) Leader du groupe de haïku Yukihana (« Fleurs de neige »). Membre de l’école de haïku de Ishihara Yatsuka.

Une parhélie –
des flocons de neige d’un lac gelé
dérivent vers la mer

°

(A suivre, p. 222)

Haiku, etc. de Py, mai 2015

4 juin 2015

°

une célosie
piquée d’un brin de muguet
pour mère (95 ans)

le canari muet
et moi
à l’heure du déjeuner

the dumb canary
and i
for lunch

la boule jaune et blanc
du canari –
les moignons de l’arbre
repoussent vert

le temps lent
étalé –

les petits vieux s’inactivent

(Foyer Les Cheveux d’ange, Millau)

il bénit la salade :
vinaigrette
en croix

ni vif ni lent
le temps
(impérial,
souverain,)
monarque

l’emprise du temps,
oui,
parce que le temps est l’empereur

– mais l’espace
se sent-il seul ?

premier mai :
la double feuille d’un muguet
sans la tige à clochettes…

o(p)pressé par le temps —
un camion de pompiers
sort de la caserne
sirénant

dès l’arrivée
dans le foyer de retraite
la bouffée de chaleur

mère, tous sourires quand je pars
et moi
tout mouillé de l’intérieur

genêts du premier mai :
le jaune
à pleine pente

les roues grinceuses de sa valise
– Montpellier-Saint-Roch

longeant la gare Saint-Roch
revu l’instructeur karatéka
de notre formation d’instructeurs

cette fois-ci
le s minuscule d’un ver
trottoir (humide) 2 mai

quatre flamants roses
au-dessus d’une baie bretonne
: ébahissement

« kawazu tobikomu mizu no oto » :
« les grenouilles sautent dans le son de l’eau ».
Il a été dit que c’était au travers de son haïku « furuike ya » que Bashô trouva son style appelé « shôfu » (qui « ouvre l’oeil*, l’illumination ») Ce haïku a été appelé « l’illumination du shôfu ».

ce vieux bassin –
une grenouille saute
bruit de l’eau

« ike » = bassin, piscine (?)

* en ce cas-ci : « qui ouvre l’oreille » !

Certains n’auraient-ils pas (/ N’ai-je pas) la haïcourante ?

(Prenant de l’âge)
devenons-nous
vieux je ?

un escargot en plein trottoir
ce trois mai

(Orly)

déplaçant l’escargot
vers le massif
– sans rien lui dire

un petit gris
sur le trottoir asphalté
– pluie dès mai

sous la pluie
chante un merle
– ah !

un homme fort,
un homme sans effort

fourrés
dans leurs buissons
piaillements
du quatre mai

les vitres de leur voiture
en voile fumé

la rame doit être pleine :
quatre « pardon ! » pour descendre

« pardon !
pardon ! pardon ! pardon !
: RER du matin

un volant
dans le caniveau
– vent de mai

°

5,7,5 :
le ronron
du haïku

(/ le ron rond)

haïku (m)étriqué

comme un faucon à l’affût
dès qu’un haïku « bouge »,
il le descend

°

sur le trottoir
le S d’un ver

(: dp, avril 2015)

: c’est un octopus !
(: il a huit pieds : 4 + 4.)

°

5-7-5
haïku
empaillé

– Les taxidermistes du haïku…

Méfiez-vous
des empailleurs
d’écrire en roue libre !

Le fond dicte la forme –
(Parvenir à l’)
adéquation fond-forme

… Attention
de ne pas marcher pieds nus
sur des vers coupés !

Le costume (5/7/5) si empesé
qu’il craque(ll)e de partout

(A certains « traditionalistes » :)
Seriez-vous pas
un peu
coincés du haïku ?

°

L’affinement du haïku
(Affiner ton haïku)

Je suis pour un
haïku fin

°

couloir de métro –
il empaume la fesse
de sa belle

petites pâquerettes
piquetant la pelouse –
école de la Légion d’Honneur

(Saint-Denis, 6/5/15)

gratte, doigt, le mot !

soir de mai
du haut de l’immeuble
siffle
un merle

Nous préludions à l’amour
Je me levai pour aller aux toilettes
Et je ne pus jamais
réintégrer le rêve

matin suivant
le merle siffle
de l’autre côté de l’immeuble

°

Il est vrai que, très souvent, les gens ne souhaitent pas aborder les questions de f(r)ond. Ils préfèrent aborder celles de la forme : chiffons, broutilles, fadaises superficielles…

ceux qui détournent des « vraies » questions de fond… : ils détournent l’attention, l’intention…

… gérants de la conserverie du haïku…

… ils chipotent sur la forme,
les détourneurs de sens,
les superficialistes du poème !…

(Mon haïku ne supporte
aucun contrainte formelle (/ externe)

sauf celle du rythme (exact / (le plus) naturel) qui le compose.

°

Qu’est-ce qu’un requin
comparé à un moustique ?
: un tueur amateur

°

des hommes de métal rouge
sur un chantier
– même pas statues

(: B.F.M.)

dans le train
embarquant leurs poules
encartonnées

(- soir du 8 mai)

A Ivry-sur-Cernes
elle descend du train
avec son chapeau
tirée par ses deux chiens
et son sac-à-dos

(RER C.)

Le vingt mai c’est
« La journée du pied »
– de cochon ou de biche ?

sous les ministres
du pont Henri IV,
la Seine verte

(ancien, -> 8/5/15)

veuf ?
le merle
: sans ailes ?
au bord de la route
: candidat au suicide ?

Saint-Plifier,
(dieu du haïku,)
éclaire-nous !

haïku – mulus

Balmipède
: la danse des canards ?

pour un haïku « déjanté »
(comme la poésie de Houellebecq)
: hors des sentiers rebattus

un parapluie plié
sur le trottoir –
plus loin, son manche

(- 9 mai)

Quel meilleur compagnon de route, aujourd’hui
que Houellebecq ?
– : un auteur jouissif
Sa liberté de ton
de parole,
d’écri(tu)re

Les resucées (les eaux usées de la) de littérature,
du haïku, vous intéressent-elles ?,
le déjà-lu ? : Fi !
Appliquer l’injonction rimbaldienne : Au fond de l’inconnu
(et aussi : au fond de la forme inconnue) (pour) trouver
du mou-de-veau !

Que les choses
de plus en plus
s’éclaircissent !
(- et l’écriture itou !
(: le style, etc.))

: Clarifier !

Eclaircir le haïku

Lâcher les mots

Agrandir le silence…

Faire place muette…

Appauvrir le haïku

°

deux travailleurs rouges
sur le chantier ?
non : 2 palans (?)
de contrepoids (lourds)
pour stabiliser la grue

°

la grève (/ la semaine) des 35 coeurs

°

Les haïkus
qui dégoulinent
: des haïcu-culs ?

Plus de haïkus plan-plan, please !

°

le bananier, là,
à l’arrière du gymnase,
a-t-il du Bashô dans le sang ?

(Gymnase Paul Eluard, Les Saules, Orly)

un chat
pr(ot)estement
s’écrie
– c’est vers la fin d’un match de basket
le lendemain du huit mai

des sentiments
je n’ai rien à cirer

le soleil chauffe le champ
de marguerites
ce soir du 9 mai

une femme voilée
se penche
vers des enfants
normalement attifés
le moteur d’une mobylette
au loin disparaît

°

Il faut parvenir à un haïku libre !
« Qu’importe si mes poèmes sont des poèmes ou pas… » (Ryôkan ?)… ce sont des poèmes, pas des coincés du haïcul !

°

(Passante :)

De l’expression de ses sourcils
elle a fermé tout son être,
descendu toutes ses grilles
/ tous ses volets
s’est enfermée
emmurée
a rejeté l’extérieur
, l’autre

°

« La pensée est le corps » –

la pansée

(Le cerveau primordial : le ventre.)

Le haïku,
c’est la fête de (tous le)s sens

, la fête du ventre :
de la PANSEE…

°

un merle varie
un merle charrie
du plus haut de l’immeuble

(10/5)

un merle
tout au coin de l’immeuble –
la classe d’épée
sort s’entraîner
dans la cour

(- des pollens passent.)

« Le temps des cerises » (:)
son T-shirt blanc

Pour paraphraser Siné :
Nous sommes là pour « vous tirer de votre torpeur »
haïku-cul bénit

ce soir
Dany sur la table
: Sauvons son oeil !

dragon
traversant la rivière
ce pont du Japon

un rare oiseau rigide
rugit * au-dessus d’Orly
-ville

* roaring above

La larmoyance,
ce n’est pas mon fort
Donc le tanka non plus
(ni certain haïku(-cu-cul)…)

jeudi de l’Ascension
tombe la pluie

trying to translate
my haiku (into english)
: none fitting

haijins : écrivains du silence

… du silence qui suit les mots
… du silence qui précède les mots

Filtrer ton haïku

(Qu’il ne reste plus
la moindre scorie)

-> un haïku clair

Creuse ton haïku
Encreuse

Fais naître la lumière de l’encre…

Le haïku
est une scène ouverte (/ vide ?)
où joue l’imagination du lecteur-acteur

Le haïku plein
ne laisse (aucune) place
à l’autre
: lecteur-auditeur

Le haïku
est un espace
créé
(par les quelques mots qui le composent)
pour l’autre
(: lecteur, auditeur…)

Peu de mots : grand espace
Plein de mots : pas de poumons !

Le haïku, c’est le poème du blanc
haïku, poème blanc

Le haïku
c’est comme le gruyère
il y faut des trous

(pour bien respirer !)

des trous d’encre
(/des trous d’air ?)

Ce qui compte dans le haïku,
c’est l’espace (infini)
créé par les mots…

Plus tu les multiplies,
plus l’espace
se restreint

(, moins tu peux respirer)

Les mots
sont les bornes du haïku

Vers un haïku
sans bornes !

°
(seule) la fente des yeux
derrière son voile intégral
: maquillée !

marchant
sur la crête d’une dune
Afrique du Sud-Ouest

(South-West Africa, 197?)

corneille
becquetant la dépouille
d’un pigeon écrasé
– regards noirs

A Cannes
du vent dans le voile
de l’actrice

un oreiller
rayé incidemment
– heure de la sieste

au bord de la mare
un chat
à pas verts

un ta
bouret
sobre

: esthétique zen ?

cinq glaçons
pour entamer un haïku
-Casanis

du dipladenia
chaque matin scrutant
les massues gonflant rouge

son ventre
comme repose-coudes
– floraison printanière

Disparaître :
une fin de moi
difficile ?

on s’en friche ?

cailloux déplacés,
le ruisseau chante autrement

Dès que tu traduis
(du haïku)
tu ne peux plus écrire
en 5/7/5
– irrémédiablement

un haïku :
« tilt ! »

(Très ancien : 1978 ?) :

un journal
roule dans la rue
à trois heures du matin

(Hillbrow, Johannesburg, RSA)

ce soir
une ex-chenille
dans ma soupe bio

la massue rouge
du dipladénia
s’ouvre
enfin
à la fin mai

un vent divin
un vain divan

Action ! :
s’allonger
pour lire le livre en cours
avant la sieste

tranquille
(re)mettre les pendules à l’heure :
plus tard

vents de printemps
le père Noël au balcon
hoche la tête

les pans
de la fenêtre mal fermée
font s’entrechoquer les nuages

une fenêtre bat
les nuages s’écartent
les nuages s’assemblent

A window in May
the clouds split
the clouds gather

cui cui
et (re)cui(t)
17 fois

: cramé !

haïku :
oiseau
au bec b(i)en zen

°

Sarko imite encore les Amerloques :
« Les Républicains »

– contre les Démocrates ?

« Les Républicains » :
un nouveau parti ; un nou
veau Président : Paul Bismuth

°

premier jog depuis des lustres *
« plus vite ! plus vite ! plus vite ! »
siffle un oiseau

– quel con !

(: Ceci n’est pas un haïku)

(27/5)

* premier jog depuis lurette

depuis lurette :
lunettes

de mois en mois,
de moins en moins

une -tare électrique

les 94 ans
de mon premier professeur d’instrument –
une feuille rousse sur mon balcon
(le 29 mai)

(Haïku alexandrin) :

pause au milieu du jog :
tous les parfums des roses

dernier jour de mai –
un gobelet blanc oscille
sur le trottoir

dernier mai –
entre deux pétales roses
une cétoine
mandibule

°

dp

« L’Anthologie du haïku » – 3) Mykel Board –>

4 juin 2015

Mykel Board :

Au travers de jumelles
une femme me regarde
au travers de jumelles

près de l’affiche « Recherché »
l’homme au bouc

tirant et quémandant
au bout de sa laisse
le propriétaire du chien

Bob Boldman :

miroir mon visage où je l’ai laissé

des feuilles soufflent formant une phrase

brouillard,
petites culottes sur le fil

dans la tête
de la poupée
des coupures de presse

chaleur –
admirant l’ombre dans le chemisier

visage entourant une coupe de champagne

un moment dans la boîte de jade

dans le temple
un
battement de coeur

touchant les cendres de mon père

le jour s’assombrit dans le coquillage

le prêtre
son ombre prise
sous un clou

PREMIER JANVIER
les doigts de la prostituée froids

je termine en ombre

Miriam Borne :

réunion qui dure
j’étudie le dessin
gaufré sur la nappe

Jim Boyd :

ressac matinal
un chien remplit le ciel
de mouettes

Chuck Brickley :

le pantin
penché hors de sa boîte
cligne des yeux sous la pluie

à l’extérieur du pub
le marin
face au vent

quai désert
le mime salue
la lune

David Burleigh :

après la vaisselle
rangeant une assiette chaude
dans le buffet froid

Jack Cain :

le journal de quelqu’un
dérive avec la neige
à quatre heures du matin

attente :
des flocons de neige tombent
contre les phares

una ascenseur vide
s’ouvre
se ferme

°

(A suivre : James Chessing… )

‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 19/24

4 juin 2015

shirobusuma megurite itaru yo no fukasa

Washitani Nakano (f) (1923-) Mène le groupe de haïku Nanpû (« Vent du sud »). Elle vise à composer des haïkus emprunts de beauté philosophique qui révèlera la signification d’un objet.

les blanches portes coulissantes
complètement enveloppées
par les profondeurs de la nuit

°

suêtâ no fusa fuwa o waga toride tosu

Shimizu Kinuko (f) (1929-) Apprit le haïku avec Ueda Gosengoku.

la légèreté pelucheuse
de mon sweater de laine,
je la transforme en forteresse

°

jazu narasu yama bannin ya yuki no mae

Udô Tôru (1920) Un des directeurs du Musée du Haïku à Tokyo, et membre associé du groupe Ashibi (« Andromède japonaise »)

un gardien de montagne
jouant du jazz dans sa hutte
avant la chute de neige

°

taka no su ya taikyo ni sumeru hi hitotsu

Hashimoto Keiji (1907-1990) Fut leader du groupe de haïku Nenrin (« Cycles annuels »). Takahama Kyoshi résuma l’essence de l’oeuvre de cet auteur ainsi : « Frappe avec un bras d’acier, mais suit la nature. »

Le nid d’un aigle –
clair dans l’empyrée
le soleil solitaire

°

kareshi damu soko ni mulashi no kawa nagaru

Murakami Tôen (1914-1997) Membre de l’école de haïku de Yamaguchi Seishi, lui même leader du groupe Momi (« Sapins ») à Nagoya.

sur le lit asséché
derrière le mur d’un barrage
le vieux cours d’eau coule encore

°

tsugi no ta ni aze no kage aru fuyubi kana

Kurata Kôbun (m) (1940-) A la tête de la revue de haïku Fuki («  »).

soleil automnal
projetant l’ombre de la digue
dans la rizière d’à côté

°

ro ni iru ya betsu no onore ga kita o yuki

Matsuzaki Tetsunosuke (1918-) Ancien président de l’Association des Poètes de Haiku. Mène maintenant le groupe Hama (« Plage »).

assis près du feu –
un autre soi marche
dans le vent du nord

°

(A suivre, p.211)