‘Une mare cachée’ : anthologie moderne de haïku – 23/24

Postface de Katô Kôko :

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La poésie qui s’est développée au Japon, sous ses différentes formes traditionnelles, est une expression des sensations humaines et des sentiments personnels, tout à fait comme elle l’est à l’Ouest.

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La beauté est un attribut naturel d’une telle expression poétique, qui est à la fois sincère avec ce que contient le coeur. Comme le poète John Keats l’énonça : « Beauté est vérité, vérité est beauté ».

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Le mot hokku fut utilisé par Matsuo Bashô le premier, pour décrire sa propre oeuvre. Avant cela, il existait 18 mots de coupe couramment employés. Trois d’entre eux : ya, kana et keri servaient à couper un verset en deux, un peu comme une césure. Le propos de cet arrêt était de permettre au sens du verset de mieux résonner.

(…)

La raison pour laquelle j’ai mentionné l’appartenance des poètes à des groupes de haïkus est que presque tous les poètes au Japon appartiennent à des groupes, chacun desquels est mené par un maître poète. Les membres se réunissent pour faire des sorties appelées ginkô, dans le but de composer des haïkus. Ils tiennent aussi des réunions pendant lesquels ils lisent et choisissent parmi les oeuvres des membres, et ces réunions s’appellent des kukai. Le maître donne des conseils aux poètes membres, et ceci constitue un moyen important pour améliorer la technique individuelle.
Après la réforme de Shiki, le manteau du « leadership » fut porté par ses deux principaux disciples, l’un un expérimentateur, l’autre plus traditionaliste. Takahama Kyoshi (1874-1959) se montra le plus durable. Kyoshi fonda le groupe Hototogisu (« Coucou »), et édita sa revue. Depuis ce temps beaucoup d’autres groupes de haïkus sont apparus, chacun avec sa propre revue dans laquelle sont consignées les oeuvres de ses membres. On dit qu’il y a environ 800 groupes au Japon de nos jours.

Le motto le plus important pour ceux qui souhaitent étudier le haïku et progresser dans leur propre oeuvre est : « Continuer est la mère du succès ». Cela pourrait bien être la seule voie pour maîtriser le haïku. Les haïkistes qui ont écrit depuis longtemps, vingt ans ou plus, réussissent à atteindre finalement à la vraie beauté et à l’originalité. Ils deviennent vraiment formés, comme de vieux arbres qui ont vécu des centaines d’années. »

°°°

(A suivre p. 249)

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