Haïkus, etc. – Py – Oct. 2014 – 2/2

…/…

°

deuxième jour gris d’octobre

un chien hurle à la mort

°

un marron débogué

pile au milieu

d’une feuille rousse

(- trottoir d’octobre)

°

dans la rue d’octobre (ce soir)

sous le marronnier

un canapé double

accueille la pluie

°

Ce « poète » aux tercets si laborieux

(qui puent la sueur des mots)

sait-il respirer « naturellement » ?

– Certain(e)(s) qui respire(nt) (très) laborieusement

écri(ven)t des vers beaucoup plus « naturels » !

le haïku artificiel

le haïku de labo

le haïku-Frankenstein

le haïku-gonflette

le haïku anti-nature

l’anti-haïku

le souffleur de syllabes

Il vous présente

une aile

quelques pattes

encore une aile

il vous fait croire que c’est une mouche,

cet arracheur,

ce recolleur de haïkus !

Qu’on est loin de Kûkai, de Saigyô, … (les) grands inspirateurs de Bashô !

pour qui le mot devait signifier la chose !

(Lui, qui « tripote » les mots

Lui qui est resté

à l’ère des structuralistes

: un-demi siècle en arrière !

Les mots vains…

(Un commandement pour le haïkiste :)

Tu ne prendras pas les mots en vain !

Tu ne changeras pas les mots

en vains tercets !

haïku frelaté !…

haïku de garage

haïku-cambouis

Les haïkus de tête

sont des haïkus de pied(s)

Méfiez-vous

de ceux qui séparent

le vivre

de l’écrire !

Un dissecteur de haïku

(: du haïku comme objet de bureau…)

°

Quelques feuilles entrent

dans la rue

Courtalon *

ce 7 octobre avant midi

* 75001

°

Certains (/ la plupart de ?) ses haïkus

sont des « éléments de langage ».

(des effets de langage,

des trafics de mots,

haïkus stériles,

fossilaïkus,

haïkus aléatoires,

cadavres peu exquis,

battus, coupés, redistribués,

élaborations, élucubrations

haïkuistriques,

dérives mentales,

décompositions et recompositions langagières,

etc. etc.

Il prétend écrire des « haïkus »

– hélas !

Comme un coucou qui prend / squatte

le nid d’autres oiseaux,

le …-l’hermite du haïku :

il écrit des « imit-haïkus »

des haikus de labo,

des haïku-lego

du haïku de chambre obscure

du pharmaceutiqu-aïku

Le haïku est plus que la somme de ses parties !

(des cubaïkus

des je-de-construction-haïkus)

l’antipod-haïku

(du haïku (d’)antipodiste)

– stérilaïku

°

ce matin

six des huit voyageurs

de mon carré

dans leurs écrans

°

en patinette :

« – non !, non ! » :

évitant les grilles rondes

(: jardin Saint-Eustache)

°

« Peugeot veut vendre

sa filiale scooters » *

– Hollande va-t-il intervenir ?

* : Direct-Matin, 8/10/14.

(: Allusion à la paparazziade du Président allant rejoindre sa belle en scooter, incognito, sans garde du corps…)

°

Xavier Dolan, réalisateur québécois : « J’essaie de penser que le cinéma est l’art de raconter une histoire et pas l’art de se raconter soi-même en tant que cinéaste. »

Transposons au haïku :

« Je pense que le haïku est l’art de raconter une expérience et pas l’art de se raconter soi-même en tant que « haïkiste ».

… ce « haïku » qui n’est qu’assemblage de mots plus ou moins creux, plus ou moins vides, plus ou moins morts, plus ou moins signifiants, plus ou moins insignifiants…

Nous sommes toujours dans le nombril-haïku

(= se faire mousser par le haïku…)

un haïku dénaturé

c’est-à-dire un haïku intellectualisé,

un « pensaïku »

au lieu d’un « sensaïku » !

= un haïku de tête

(qui est souvent un haïku de pieds :

pour qu’on puisse reconnaître une forme

qui le rattache(rait) au moulaïku japonais de base

= un semblaïku !,

une apparençaïku !

un imitaïku

un similaïku voire un simulaïku

(= un simulacre de haïku

= un faux-haïku.)

Un haïkiste ?

Non : un penseur-de-haïku

Des clone-haïkus

des sinj-aïkus

°

(Exercices de Qigong :)

je me préoccupe du sort

de la mouche qui (res)sort

de sous la semelle de mon voisin –

puis marche vers la professeur

°

sortie de la chèvrerie :

sentir

les roses épanouies

°

(ancien :)

la fille aux cheveux bouclés

la blancheur de son châle

le soleil de février

the curly-haired girl

the whiteness of her woollen shawl

the sun of February

°

vers le congrès de haïku

entre romarin et lavande

pause-pipi

°

Match en nocturne :

les projos du stade

éclairent la fumée

montant du toit

(Vannes, 10/10/14)

le voyant lumineux

telle une aile d’avion :

une nuit au camping

un gros nuage blanc

habille

l’arbre mort

arbres rouges

dans la cour de l’hôpital,

arbres jaunes,

arbres verts

banc à l’entrée de l’hôpital –

seule la place au centre

sèche

grands et nombreux mulets

dans le bassin du port

– touristes affairés

°

Sonia :

tout l’éventail de(s) couleurs

de son prénom

(: à Sonia Delaunay, peintre.)

°

mort,

vous aurez atteint ce silence

VERS où

tendaient vos mots

j’ai même lu

des haïkus

encombrés

inutilement

de mots

Se

déprendre

des mots

peu à peu

effacer

les mots

(Ne pas en rajouter !)

ouvrir

le silence

ouvrir

au silence

c’est moins ouvrir la bouche

qui compte

qu’ouvrir l’oreille

(moins ouvrir l’oeil

qu’ouvrir l’ouïe)

(L’ouïe,

oui !)

ouvrir l’oeil

ouvrir l’ouïe

(garder le silence *)

* trésor précieux –

le noir de l’encre

pour rehausser

le blanc du silence *

* / le blanc du papier

dans le sumi-e

(ou dans le haïku)

le noir met en valeur

le blanc

(<- Manda)

°

ce matin

sur les branches *

les bourgeons

de la pluie

* / au bout des branches

ce matin

au bout des branches

des bourgeons

d’eau

(: Camping de Cantigol, Séné-Sine, Vannes)

pluie –

un rouge-gorge

monte la première marche

du bungalow

d’à côté

°

fin de l’été –

les mûres parfois

les autres aussi

°

Du congrès de Vannes, retenu :

le noir (de l’encre) qui rehausse * le blanc (du papier)

* pour rehausser

(: en sumi-e ; en haïku — : Manda)

°

Qu’est-ce qu’un « mangeur de rêves » ?…

: ces gens qui font dans la « poésie », qui ne font pas dans le haïku…

qui ne font pas « dans » le haïku,

qui font SUR le haïku !

°

Faire le plancton de garde

devant le (Palais du) silence…

les mots :

îlots du * silence

* de

du silence

parfois

émerge

un haïku

la surface du silence

le canard d’un haïkaï

Il y a la parole intempestive

(: celle qui veut faire son bruit)

et la parole

qui témoigne

du silence…

Considère

le silence

que créent tes mots…

le silence

est un puits

la parole

est un seau

du puits

du silence,

un haïku ?

« Le pape volant » : une illusion ?

« Le mangeur de rêves » : une illusion ?

Ah, tous ces illusionnistes

de la parole !

comme au ciel

un envol d’oies,

au papier, un haïku

le noir

est le blanc

qui s’assemble

– qui se précipite

quelle illusion

crée mon haïku ?

Méfiez-vous

des illusions verbales…

des arnaques verbales…

(: un arnaïku -)

J’ai lu bien des arnaïkus !,

bien gerbé

à leur « pouvoir » d’illusion mentale !

la grande réussite de Rimbaud :

son silence poétique

Tendre

vers le silence

de la poésie

sans encre

l’oie

tra(ver)se le ciel

sa trace efface

tra…..ver…..se

Réduire les mots

: que l’on n’ait plus

que la conscience

du blanc

l’oie

te donne conscience

du ciel

fuyant

Moins rêver

que révéler !

du brouillard

(de la page)

un haïku

(d’) un bain de blanc…

le blanc

qui nous hypnotise

l’hypnose

de l’espace (?)

°

qu’un mot

meuble

la page entière

: haïku

°

oies-bernache-cravant-haïku

(21/10/14)

°

war somewhere :

too much God

– or not enough

une guerre quelconque :

trop de dieu

ou pas assez

°

Rayer le noir

Faire la lumière

Eclaircir

Eclairer

(la page)

°

page lumineuse

page mise en lumière…

enluminée (?)

haïku rare

°

« Verbalisme : utilisation des mots pour eux-mêmes au détriment de l’idée. »

« Logomachie : assemblage de mots creux dans un discours, dans un raisonnement »… dans un haïku ?

Evitez le haïku verbaliste, logomachiste (?) !

°

Tout à ses pensées,

Charles VIII heurta

une porte du château d’Amboise –

Il en mourut.

: Gaffe, quand vous pensez !

°

Trouver un es-pisse vert ?

°

une roue

avec son cadenas doré

appuyés au mur

°

l’étudiante réveillée

replonge dans ses livres

à la bibliothèque

°

dernière demeure

d’un ami de plus de quarante ans

le gris d’octobre

(: Jacky Morel, hautboïste, 63 ans.)

°

R.-H. Blyth : « Le plus grand art de l’artiste est de cacher plutôt que de révéler la beauté. » (in Haiku, vol I, p. 149)

°

« Il faut de la mouche dans la bière

, il faut de la mouche ! »

(: Bar Le Fontenoy, rue de Choiseul, 75002)

°

(sur le trottoir)

en face des « Parfums de Capucine »,

une forte odeur de pisse

(: parfumerie, rue des Capucines, 75002)

°

spar

row

°

été indien –

il relâche une feuille

qui l’a pris à la gorge

°

Ici Issa

ne pissa pas

– ni ne passa

°

Un haïku français * :

en deux hémistiches

(de 6 syllabes chacun)…

* / alexandrin

°

la lune bout aussi

dans la casserole

aux pommes de terre

°

moins il y a de mots

plus l’encre « respire »

°

Jean-Sébastien Bach

au dépose-minute

l’envol des amis Roumains

(Roissy-Ch. de Gaulle)

°

une mouche dans la chambre

un haïku sur la page

°

sur le champ de bataille

Bashô s’assit

et pleura

°

au milieu de haïkus

un oiseau piaille

°

Les répétitions (/ les redites)

bouchent la vue

et l’ouïe

d’un haïku

(sauf en de rares cas…)

: Elles le remplissent

alors qu’un haïku devrait s’évider au possible !

Le remplissage

est à l’opposé

de l’esprit du haïku !

Pour certains, le haïku

serait une forme qu’il faut remplir…
Pour d’autres, c’est une forme

qu’il faut épurer.

les mots réitérés

inutilement

: gonflette-haïku !

a stutterer’s haïku :

un haïku (de) bègue !

– I beg your haiku ?

°

ça gargouille là-d’dans :

la chasse aux calculs biliaires

est ouverte

°

j’ai toujours cru que le haïku

tendait

vers le minimum

vital

°

Nous ne sommes pas

pour l’inflation du haïku

Nous sommes pour sa déflation !

– Crevez les baudruches, les vessies !

(moins de vessies, plus de lanternes !)

°

Moins il y aura de mores,

mieux ça vaudra !

°

Dieu : le très haut ;

haïku : le très peu

°

gouttes en bas de la vitre,

feuilles en haut des arbres,

les nuages filent vers novembre

°

salle d’attente

à l’hôpital

seul

devant l’extincteur

casaque bleue,

Bétadine rouge et jaune

: résultat des courses ?

odeur de soupe

dans le couloir

vers le bloc opératoire

patiente poireaute

sur un brancard

dans le couloir frais

salle d’op’

la chaleur de l’anesthésiant

me monte aux yeux :

3 secondes chrono !

réveil nauséeux

dans la salle de réanimation

– un peu de morphine

l’infirmière tchétchène

– kiné dans son pays –

m’apporte le repas du soir

rien-gurgité

menace nausée :

soupe claire

compote de pomme

pistolet

au côté

la première nuit

goutte à goutte

NaCl 0,9 –

Bonne nuit, monsieur !

l’écran noir

de la télé,

la nuit noire :

chambre d’hôpital

soir seul et serein :

ablation de la V.B. *

* : vésicule biliaire

chambre double, seul

sec le haricot de carton

(pour vomir)

mouillé le pistolet

(pour pisser)

°

Dommage que chaque haïku

n’engendre pas son propre rythme –

et qu’il reste figé

dans sa momie, son sarcophage (en 5/7/5) !

(L’on finit par s’assoupir à la longue, lassé de ce systématise monotone…)

Il serait temps de s’affranchir de cette monotonie (d’uniforme),

de cette servilité à ce moule convenu…

°

tout en haut de la branche

une feuille (-vigie)

: Vois-tu venir novembre ?

salle de réveil :

les différents rythmes cardiaques

des opérés

le soir tombe

le toit

sombre

une ampoule rouge clignote dans une chambre

mon goutte à goutte transparent

– dernière soirée

chambre double

à l’hôpital :

un moustique

et moi

quel est le bruit d’une seule main ?

: – Pan

vers le moustique !

(repas d’hôpital :)

le fin du fin :

un poisson pané

en forme de poisson

°

litanie

5 7 5

hypnotique

°

l’apéro * du ciel

une heure plus tôt

: heure d’hiver

* rosé

°

Picasso : « La simplicité ne se décrète pas, elle se travaille. »

°

la bouche

a une conception très fine

de la main

(: ceci n’est pas un haïku.)

°

(Fin octobre, 7 heures du matin, gare de Rodez)

des oiseaux noirs croisent le bec

dans de hauts arbres

– (le) bleu naissant

°

du temps a passé :

mère nona-

fils sexa-

(après « Une semaine en Aveyron » in Chemins Croisés, éd. Pippa 2014, p.51)

°

Ah, mouche aveyronnaise

de la fin octobre :

toujours aussi pimpante !

aussi emmerdante

qu’au printemps,

cette mouche de fin octobre !

°

le chat

sur le rebord de la fenêtre

s’aventure du deuxième

°

un fauteuil roulant

fait craquer des feuilles

– approche de novembre

°

à la place de

« pluie pluie pluie pluie pluie »

proposer

« pluie incessante – »

: haïku

Répéter « silence »

c’est l’abolir

°

à Saint-Jean-Pied-de-Port

cette femme s’exclame :

« j’ai toujours craqué sur le raku ! »

°

au doigt, maman

porte la bague de fiancée

de sa mère

– 95 ans plus tôt *

* / en 1919

°

roulant l’r’

en Aveyron

comme caillou

dans un ru

°

la mouche

vers novembre,

vertement

°

immensablement

incommensursable

°

le serin

qui n’est pas du genre à chanter

donne ses plumes

au balai

°

(Rythmes poétiques :)

Rien à faire ! :

le japonais préfère 5 et 7

le français 6 et 6 !

… revenir aux b-a bases

de la métrique française

(même en haïku) !

°

mère

se réchauffe les mains

au verre de café

°

au-dessus du causse

8 parapentes

tournoient au soleil

– veille de novembre

tout le long du causse

les parapentes

et la demi-lune

(veille de novembre)

sur le Causse les parapentes

sur le Tarn les canards

– paix du 31 octobre

pas une feuille

ne bouge à l’arbre

– veille de novembre

au foyer l’on fête

l’anniversaire d’une résidente

– accordéon

°

dp

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