Haiku, etc. de Py, mai 2015

°

une célosie
piquée d’un brin de muguet
pour mère (95 ans)

le canari muet
et moi
à l’heure du déjeuner

the dumb canary
and i
for lunch

la boule jaune et blanc
du canari –
les moignons de l’arbre
repoussent vert

le temps lent
étalé –

les petits vieux s’inactivent

(Foyer Les Cheveux d’ange, Millau)

il bénit la salade :
vinaigrette
en croix

ni vif ni lent
le temps
(impérial,
souverain,)
monarque

l’emprise du temps,
oui,
parce que le temps est l’empereur

– mais l’espace
se sent-il seul ?

premier mai :
la double feuille d’un muguet
sans la tige à clochettes…

o(p)pressé par le temps —
un camion de pompiers
sort de la caserne
sirénant

dès l’arrivée
dans le foyer de retraite
la bouffée de chaleur

mère, tous sourires quand je pars
et moi
tout mouillé de l’intérieur

genêts du premier mai :
le jaune
à pleine pente

les roues grinceuses de sa valise
– Montpellier-Saint-Roch

longeant la gare Saint-Roch
revu l’instructeur karatéka
de notre formation d’instructeurs

cette fois-ci
le s minuscule d’un ver
trottoir (humide) 2 mai

quatre flamants roses
au-dessus d’une baie bretonne
: ébahissement

« kawazu tobikomu mizu no oto » :
« les grenouilles sautent dans le son de l’eau ».
Il a été dit que c’était au travers de son haïku « furuike ya » que Bashô trouva son style appelé « shôfu » (qui « ouvre l’oeil*, l’illumination ») Ce haïku a été appelé « l’illumination du shôfu ».

ce vieux bassin –
une grenouille saute
bruit de l’eau

« ike » = bassin, piscine (?)

* en ce cas-ci : « qui ouvre l’oreille » !

Certains n’auraient-ils pas (/ N’ai-je pas) la haïcourante ?

(Prenant de l’âge)
devenons-nous
vieux je ?

un escargot en plein trottoir
ce trois mai

(Orly)

déplaçant l’escargot
vers le massif
– sans rien lui dire

un petit gris
sur le trottoir asphalté
– pluie dès mai

sous la pluie
chante un merle
– ah !

un homme fort,
un homme sans effort

fourrés
dans leurs buissons
piaillements
du quatre mai

les vitres de leur voiture
en voile fumé

la rame doit être pleine :
quatre « pardon ! » pour descendre

« pardon !
pardon ! pardon ! pardon !
: RER du matin

un volant
dans le caniveau
– vent de mai

°

5,7,5 :
le ronron
du haïku

(/ le ron rond)

haïku (m)étriqué

comme un faucon à l’affût
dès qu’un haïku « bouge »,
il le descend

°

sur le trottoir
le S d’un ver

(: dp, avril 2015)

: c’est un octopus !
(: il a huit pieds : 4 + 4.)

°

5-7-5
haïku
empaillé

– Les taxidermistes du haïku…

Méfiez-vous
des empailleurs
d’écrire en roue libre !

Le fond dicte la forme –
(Parvenir à l’)
adéquation fond-forme

… Attention
de ne pas marcher pieds nus
sur des vers coupés !

Le costume (5/7/5) si empesé
qu’il craque(ll)e de partout

(A certains « traditionalistes » :)
Seriez-vous pas
un peu
coincés du haïku ?

°

L’affinement du haïku
(Affiner ton haïku)

Je suis pour un
haïku fin

°

couloir de métro –
il empaume la fesse
de sa belle

petites pâquerettes
piquetant la pelouse –
école de la Légion d’Honneur

(Saint-Denis, 6/5/15)

gratte, doigt, le mot !

soir de mai
du haut de l’immeuble
siffle
un merle

Nous préludions à l’amour
Je me levai pour aller aux toilettes
Et je ne pus jamais
réintégrer le rêve

matin suivant
le merle siffle
de l’autre côté de l’immeuble

°

Il est vrai que, très souvent, les gens ne souhaitent pas aborder les questions de f(r)ond. Ils préfèrent aborder celles de la forme : chiffons, broutilles, fadaises superficielles…

ceux qui détournent des « vraies » questions de fond… : ils détournent l’attention, l’intention…

… gérants de la conserverie du haïku…

… ils chipotent sur la forme,
les détourneurs de sens,
les superficialistes du poème !…

(Mon haïku ne supporte
aucun contrainte formelle (/ externe)

sauf celle du rythme (exact / (le plus) naturel) qui le compose.

°

Qu’est-ce qu’un requin
comparé à un moustique ?
: un tueur amateur

°

des hommes de métal rouge
sur un chantier
– même pas statues

(: B.F.M.)

dans le train
embarquant leurs poules
encartonnées

(- soir du 8 mai)

A Ivry-sur-Cernes
elle descend du train
avec son chapeau
tirée par ses deux chiens
et son sac-à-dos

(RER C.)

Le vingt mai c’est
« La journée du pied »
– de cochon ou de biche ?

sous les ministres
du pont Henri IV,
la Seine verte

(ancien, -> 8/5/15)

veuf ?
le merle
: sans ailes ?
au bord de la route
: candidat au suicide ?

Saint-Plifier,
(dieu du haïku,)
éclaire-nous !

haïku – mulus

Balmipède
: la danse des canards ?

pour un haïku « déjanté »
(comme la poésie de Houellebecq)
: hors des sentiers rebattus

un parapluie plié
sur le trottoir –
plus loin, son manche

(- 9 mai)

Quel meilleur compagnon de route, aujourd’hui
que Houellebecq ?
– : un auteur jouissif
Sa liberté de ton
de parole,
d’écri(tu)re

Les resucées (les eaux usées de la) de littérature,
du haïku, vous intéressent-elles ?,
le déjà-lu ? : Fi !
Appliquer l’injonction rimbaldienne : Au fond de l’inconnu
(et aussi : au fond de la forme inconnue) (pour) trouver
du mou-de-veau !

Que les choses
de plus en plus
s’éclaircissent !
(- et l’écriture itou !
(: le style, etc.))

: Clarifier !

Eclaircir le haïku

Lâcher les mots

Agrandir le silence…

Faire place muette…

Appauvrir le haïku

°

deux travailleurs rouges
sur le chantier ?
non : 2 palans (?)
de contrepoids (lourds)
pour stabiliser la grue

°

la grève (/ la semaine) des 35 coeurs

°

Les haïkus
qui dégoulinent
: des haïcu-culs ?

Plus de haïkus plan-plan, please !

°

le bananier, là,
à l’arrière du gymnase,
a-t-il du Bashô dans le sang ?

(Gymnase Paul Eluard, Les Saules, Orly)

un chat
pr(ot)estement
s’écrie
– c’est vers la fin d’un match de basket
le lendemain du huit mai

des sentiments
je n’ai rien à cirer

le soleil chauffe le champ
de marguerites
ce soir du 9 mai

une femme voilée
se penche
vers des enfants
normalement attifés
le moteur d’une mobylette
au loin disparaît

°

Il faut parvenir à un haïku libre !
« Qu’importe si mes poèmes sont des poèmes ou pas… » (Ryôkan ?)… ce sont des poèmes, pas des coincés du haïcul !

°

(Passante :)

De l’expression de ses sourcils
elle a fermé tout son être,
descendu toutes ses grilles
/ tous ses volets
s’est enfermée
emmurée
a rejeté l’extérieur
, l’autre

°

« La pensée est le corps » –

la pansée

(Le cerveau primordial : le ventre.)

Le haïku,
c’est la fête de (tous le)s sens

, la fête du ventre :
de la PANSEE…

°

un merle varie
un merle charrie
du plus haut de l’immeuble

(10/5)

un merle
tout au coin de l’immeuble –
la classe d’épée
sort s’entraîner
dans la cour

(- des pollens passent.)

« Le temps des cerises » (:)
son T-shirt blanc

Pour paraphraser Siné :
Nous sommes là pour « vous tirer de votre torpeur »
haïku-cul bénit

ce soir
Dany sur la table
: Sauvons son oeil !

dragon
traversant la rivière
ce pont du Japon

un rare oiseau rigide
rugit * au-dessus d’Orly
-ville

* roaring above

La larmoyance,
ce n’est pas mon fort
Donc le tanka non plus
(ni certain haïku(-cu-cul)…)

jeudi de l’Ascension
tombe la pluie

trying to translate
my haiku (into english)
: none fitting

haijins : écrivains du silence

… du silence qui suit les mots
… du silence qui précède les mots

Filtrer ton haïku

(Qu’il ne reste plus
la moindre scorie)

-> un haïku clair

Creuse ton haïku
Encreuse

Fais naître la lumière de l’encre…

Le haïku
est une scène ouverte (/ vide ?)
où joue l’imagination du lecteur-acteur

Le haïku plein
ne laisse (aucune) place
à l’autre
: lecteur-auditeur

Le haïku
est un espace
créé
(par les quelques mots qui le composent)
pour l’autre
(: lecteur, auditeur…)

Peu de mots : grand espace
Plein de mots : pas de poumons !

Le haïku, c’est le poème du blanc
haïku, poème blanc

Le haïku
c’est comme le gruyère
il y faut des trous

(pour bien respirer !)

des trous d’encre
(/des trous d’air ?)

Ce qui compte dans le haïku,
c’est l’espace (infini)
créé par les mots…

Plus tu les multiplies,
plus l’espace
se restreint

(, moins tu peux respirer)

Les mots
sont les bornes du haïku

Vers un haïku
sans bornes !

°
(seule) la fente des yeux
derrière son voile intégral
: maquillée !

marchant
sur la crête d’une dune
Afrique du Sud-Ouest

(South-West Africa, 197?)

corneille
becquetant la dépouille
d’un pigeon écrasé
– regards noirs

A Cannes
du vent dans le voile
de l’actrice

un oreiller
rayé incidemment
– heure de la sieste

au bord de la mare
un chat
à pas verts

un ta
bouret
sobre

: esthétique zen ?

cinq glaçons
pour entamer un haïku
-Casanis

du dipladenia
chaque matin scrutant
les massues gonflant rouge

son ventre
comme repose-coudes
– floraison printanière

Disparaître :
une fin de moi
difficile ?

on s’en friche ?

cailloux déplacés,
le ruisseau chante autrement

Dès que tu traduis
(du haïku)
tu ne peux plus écrire
en 5/7/5
– irrémédiablement

un haïku :
« tilt ! »

(Très ancien : 1978 ?) :

un journal
roule dans la rue
à trois heures du matin

(Hillbrow, Johannesburg, RSA)

ce soir
une ex-chenille
dans ma soupe bio

la massue rouge
du dipladénia
s’ouvre
enfin
à la fin mai

un vent divin
un vain divan

Action ! :
s’allonger
pour lire le livre en cours
avant la sieste

tranquille
(re)mettre les pendules à l’heure :
plus tard

vents de printemps
le père Noël au balcon
hoche la tête

les pans
de la fenêtre mal fermée
font s’entrechoquer les nuages

une fenêtre bat
les nuages s’écartent
les nuages s’assemblent

A window in May
the clouds split
the clouds gather

cui cui
et (re)cui(t)
17 fois

: cramé !

haïku :
oiseau
au bec b(i)en zen

°

Sarko imite encore les Amerloques :
« Les Républicains »

– contre les Démocrates ?

« Les Républicains » :
un nouveau parti ; un nou
veau Président : Paul Bismuth

°

premier jog depuis des lustres *
« plus vite ! plus vite ! plus vite ! »
siffle un oiseau

– quel con !

(: Ceci n’est pas un haïku)

(27/5)

* premier jog depuis lurette

depuis lurette :
lunettes

de mois en mois,
de moins en moins

une -tare électrique

les 94 ans
de mon premier professeur d’instrument –
une feuille rousse sur mon balcon
(le 29 mai)

(Haïku alexandrin) :

pause au milieu du jog :
tous les parfums des roses

dernier jour de mai –
un gobelet blanc oscille
sur le trottoir

dernier mai –
entre deux pétales roses
une cétoine
mandibule

°

dp

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